Pendant ce temps, sur le bateau de Sao Feng, Liz faisait face au pirate asiatique.

- Soyez la bienvenue à bord... Calypso.

- Calypso ?

- Oui. Un nom que vous n'aimez pas entendre parmi tous ceux qui vous ont été donnés.

- Je ne comprends pas...

- Vous le confirmez !

- Je confirme quoi ?

- La première confrérie vous a coupée de l'océan, et enfermée dans cette seule forme. Ils n'auraient jamais dû. Vous méritez d'être vénérée.

- Voilà de belles paroles à dire à une captive.

-J'ai l'intention de vous libérer, ma reine...

- Et en échange ?

- Je ne demande rien d'autre que votre protection et vos faveurs.

- Prenez garde, Sao Feng, dit calmement la jeune actrice. Les trois derniers hommes qui ont posés la main sur moi ont connu des fins violentes.

- Alors c'est un risque que je vais prendre, répondit le pirate.

Il s'approcha vivement d'elle pour l'embrasser, mais elle le repoussa. À ce moment exact, une explosion retentit, et le flanc du bateau fut transpercé par un boulet de canon. Liz et Sao Feng furent propulsés par le souffle de l'explosion. Liz se releva difficilement, sonnée et avec une épaule douloureuse. Elle chercha Sao Feng du regard, et le vit, encore vivant mais condamné, empalé par le ventre sur un morceau de bois.

- Non ! Fit-elle.

Elle se précipita vers lui, s'empara d'un bout de tissu, et tenta de compresser la blessure. Le pirate retira un pendentif de jade qu'il portait autour du cou et le mit dans la main de la jeune femme.

- Prenez-le, dit-il. Allez à ma place à la baie des naufragés. Libérez-vous.

- Je vous en prie, restez vivant, Sao Feng !

- Votre prophétie s'est réalisée. J'ai la preuve que vous êtes vraiment elle.

Il poussa un dernier souffle, parti pour de bon. Elle resta un instant sans savoir que faire, puis lui ferma les yeux. À ce moment, un pirate entra en courant.

- Non ! S'écria-t-il en découvrant la scène. Qu'a-t-il dit ?

- Il m'a faite capitaine...

Le pirate secoua la tête.

- Vous n'êtes pas mon capitaine !

Et il remonta en courant sur le pont. Liz se leva et se saisit d'une épée, qu'elle lâcha presque aussitôt tant son bras lui faisait mal. Elle savait cependant qu'elle ne survivrait sans doute pas sans arme, et se dit qu'elle ne devait pas montrer sa faiblesse. Elle reprit donc l'épée, serra les dents, et monta à son tour sur le pont. Là, elle découvrit que son équipage avait été défait par celui de Davy Jones. Elle aperçut le lieutenant Norrington, et déploya toute son énergie à manipuler un aspect précis de ses pensées.

- Qui est le capitaine ? Demanda le lieutenant.

Le pirate qui l'avait reniée quelques instants plus tôt changea soudain d'avis.

- Capitaine ! Elle !

James Norrington la regarda.

- Elizabeth ! S'exclama-t-il.

- Bonsoir, James, dit-elle en s'avançant fièrement de quelques pas vers lui.

- Oh, mon dieu, votre père sera tellement heureux de vous savoir en vie.

Liz fronça les sourcils.

- Mon père ne saurait se réjouir, James. Il est mort.

- Mort ? Non ! C'est impossible. Il est retourné à Londres.

- Qui vous l'a dit ?

Le lieutenant resta silencieux un instant. Liz mis sa main sur sa joue.

- Et bien, que se passe-t-il, James ? Demanda-t-elle, impitoyable. Venez-vous de réaliser quel camp vous aviez choisi ?

- Elizabeth, je vous jure que j'ignorais pour votre père.

- Que fait on du bateau ? Demanda un pirate à tête de requin marteau.

- Coulez-le, dit Davy Jones. Et tuez les prisonniers.

- Non, dit Norrington. Remorquez le bateau, et mettez l'équipage aux fers. Le capitaine partagera mes appartements.

- Je vous remercie, lieutenant, dit Liz en reculant, mais la place d'un capitaine est auprès de son équipage.

Et sur ces mots, elle rejoignit le groupe de pirates qui se placèrent devant elle, en protection. Elle avait gagné leur respect.