*CAIRN DU REBELLE*
LA CREVASSE
BORDECIEL
Les Harfreuses étaient toutes réunies d'un côté de la pièce. Les commandants Parjures de chaque camp étaient représentés : chamanes, cheftaines, ainsi que des Roncecœurs. Le plus imposant du cercle de plume et de Crevassais vêtus de fourrure était un Orc géant, sa tête et ses épaules dépassaient celles de tous les autres.
Borkul la Bête. Pas d'erreur là-dessus.
Penses-tu qu'il est roi maintenant que Madanach est mort ?
J'en doute… Mais je suppose que tout est possible.
« Tu as gagné le respect de Mère Melka, » dit le grand Orc alors que Tala et ses généraux approchaient. « Cela est remonté à nos oreilles. A propos de quel sujet as-tu demandé à nous voir et pourquoi es-tu venue dans la Crevasse ? »
Tala prit une respiration et raconta son histoire, conservant celle de la Rougegarde kidnappée et entraînée dans un rituel de magie noire afin d'éveiller la Reine-Louve. Elle avait toutefois gardé volontairement vague les détails sur comment exactement elle et Potéma partageaient ce corps. Elle était déjà une étrangère moins elle était associée à une Nordique, mieux c'était.
Borkul acquiesça tandis que Tala apportait des précisions sur ses exploits du jour et le sac de Folpertuis.
« Mes escouades ont rapporté qu'une vingtaine de gardes et Huscarls de la Châtellerie de Markarth étaient en route pour ces mines, » informa catégoriquement le grand Orc, mais une question était juste derrière cette déclaration.
« Ils sont venus sécuriser l'argent, » confirma Tala en haussant légèrement les épaules. « Ils ont amené trop peu d'hommes. »
Des rires et cris d'admiration ainsi que d'encouragement se firent entendre à la nouvelle de la défaite des Nordiques.
« Nous les avons pris en embuscade dans les passages montagneux et les avons vaincus. Aucun n'a pu retourner à Markarth. »
Borkul hocha la tête et caressa pensivement sa barbe.
Est-ce qu'il avait une barbe dans les jeux ? Je ne m'en souviens pas…
« Les autres ignorent peut-être certaines choses, Dame Tala, mais mes ancêtres ont combattu dans les Légions Impériales : le nom de Potéma Septim ne m'est pas inconnu. »
Huh. Grand, mais PAS stupide.
Elle commence à apprendre, après tout. Ne juge pas un livre à sa couverture.
« Tu voudrais qu'on se batte pour une pute Nordique morte depuis longtemps ? »
« Non, Borkul, » répondit Tala, contenant avec difficulté la colère de Potéma à l'insulte. Si l'Orsimer était surpris par le fait qu'elle connaissait son nom, il ne le montrait pas. « Je voudrais que vous combattiez pour vous. »
Il y eut un silence que Tala prit comme une permission de continuer.
« Avec mes forces alliées aux vôtres, nous pourrions prendre la Cité de Markarth. J'ai seulement besoin d'un refuge pour mes vampires. La ville souterraine de Nchuand-Zel est infestée de Falmer et de bêtes obscures, mais nous n'avons pas à les craindre »
Un murmure approbateur traversa le camp alors que les esprits vifs commençaient à comprendre. Mais ils étaient trop peu nombreux, alors Tala décida de clarifier :
« Cela sécuriserait les souterrains contre toutes incursions venant de là, sécuriserait les mines desquels vous pourriez récupérer suffisamment d'argent pour sécuriser des armes, de la nourriture… quoi que vous ayez besoin pour assurer le futur de votre peuple. »
Cela provoqua d'autres discussions et chuchotis parmi les meneurs Parjures avant que Borkul ne parle à nouveau.
« Nous aurions besoin de votre serment qu'aucun des vôtres ne se nourrira de notre peuple, » dit-il, gardant le même ton. « Nous avons assez de problèmes pour nous préoccuper de dhampir et vulfwer emportant nos jeunes. »
Les vampires ainsi que les loups-garous derrière Potéma se levèrent et de nombreux Crevassais firent de même en réponse, mais Tala leva une main et d'un simple geste, ses généraux retournèrent à leurs sièges.
« Comme vous pouvez le voir, mes hommes obéissent à mes mots et si vous tenez parole, je n'aurais pas besoin de me confronter à votre peuple. Nous serons comme des boucliers, protégeant les arrières de l'autre en temps de guerre. Seuls, nous sommes vulnérables et des poignards empoisonnés peuvent même duper la garde du plus fort. Mais ensemble, nous pouvons assurer un futur et un foyer pour nos pairs si longtemps en exile. »
Il y eut un murmure parmi les Crevassais, de nombreuses têtes acquiescèrent et de plus en plus de sourires apparurent sur le visage des tribus rassemblées.
Nous les tenons !
Peut-être… Même les plus sceptiques d'entre eux voient qu'il s'agit d'une opportunité qu'il serait mal avisé de décliner.
« Vous n'oubliez pas quelque chose, Crevassais ?! »
Une femme en armure deux-pièces de Parjure, complétées d'une coiffe de plumes, traça son chemin jusqu'à l'avant de la foule. Même Borkul la Bête se leva en respect.
« Kaie, écoute la femme ! Le plan est… »
Kaie… c'est la femme qui te ramène ton équipement à la fin de la Fuite de la Mine de Cidhna.
« Je ne parle pas de la sagesse ou du mérite de ce plan, Borkul, bien qu'il possède les deux, » répondit fermement Kaie, mais avec un hochement de tête respectueux en direction de l'Orc et de Tala. « Mais le fait est que chaque tribu est régie par l'Antique Loi : seul le Roi peut mener son peuple à la guerre. »
« Elle dit la vérité, » intervint l'une des Harfreuses depuis leur perchoir sur le côté du rassemblement d'où elles étaient assises, leurs oreilles ouvertes et leurs yeux fermés. « Elle a raison ! C'est la Loi ! »
Un silence morose remplit la pièce.
« Et merci à ce chien d'Enfant de dragon, » Kaie et de nombreuses personnes présentes tournèrent leur tête et crachèrent à la mention du héro. « Nous n'avons pas de roi pour nous diriger. »
« Alors choisissons en un pour nous guider, » dit une voix dans le fond.
Kaie secoua la tête et ria, mais il n'y avait aucune hilarité dans celui-ci.
« Et qui ça serait, Kalka ? Toi ? Ou ceux qui voudraient suivre Borkul la Bête, un Orsimer de naissance ? »
Des murmures de dissidences se répandirent, certains glissant un nom et d'autres le taisant immédiatement. Kaie cria quelque chose dans la langue de la Crevasse qui, du moins, ramena les conversations à un niveau raisonnable, puis se tourna vers Tala.
« Il n'empêche, qu'avec Madanach parti, il n'y a personne derrière qui les tribus s'uniraient, » dit-elle, un peu désolée.
Fichtre ! Tout ce qu'il manque à ces imbéciles aveugles est un meneur ! Peut-être que je pourrais tenter de revendiquer cette place… ou plutôt tu le pourrais… Une épreuve de combat, peut-être…
Potéma… Regarde l'épée que porte Kaie.
Par Oblivion, qu'est-ce que… OH. Oh chérie, ça C'EST une idée…
« Donne-moi l'épée que tu portes à ta ceinture alors, Kaie de la Crevasse, » rétorqua Tala, tendant sa main ouverte.
De la suspicion et de la méfiance traversa le visage de la femme et une main se porta sur le fourreau de l'arme.
« C'est l'antique épée de mon peuple : l'épée de… »
« L'Aigle Carmin, oui, » finit Tala, impatiente. « Je ne suis pas une voleuse qui voudrait la dérober ! Je la rendrai à son propriétaire légitime. »
Une lueur de colère apparut sur Kaie, mais elle sortit lentement la lame, avec curiosité.
« Et quel propriétaire cela serait, Dame Tala ? »
« La Crevasse n'a pas de roi, » commença Tala d'une voix forte, prenant l'ancienne arme de la femme. « Et personne ici n'a suffisamment de motifs valables pour revendiquer la royauté. Très bien alors, fils et filles de la Crevasse, je vous remets un grand cadeau : je DONNERAI à la Crevasse un Roi ! Et vous verrez que les dieux eux-mêmes sont avec moi et les miens. »
Et sur ce, Tala tourna les talons, traçant son chemin à travers le Cairn du Rebelle. Aussi sacré que l'endroit le fût, même les plus féroces Roncecœurs ne bougèrent pas pour l'arrêter. Tout le monde la suivit simplement, comme des moutons suivant leur meneur, jusqu'à l'antique lieu de repos.
Tala leva une main et se coupa, à l'aide du côté aiguisé de l'arme, une entaille profonde. Le sang coula le long de la lame, la voix de Potéma tonna tandis que les yeux virèrent d'une couleur à l'autre, montrant le changement de contrôle :
« Seigneur Aigle Carmin, l'ancien, d'abord et avant tout parmi les Crevassais, entends l'appel de ton peuple ! »
Il y eut un murmure silencieux et les sœurs Harfreuses s'avancèrent, tapant leurs plumes et perles sur le sol en rythme, ajoutant leurs propres mots obscurs au Rite de l'Aigle Carmin :
« Nous nous battons toujours pour la liberté ! Nos lames sont à jamais maculées de sang ! Tournez-vous vers nous, et accordez-nous à nouveau votre bénédiction ! »
Tala leva bien haut la Furie de l'Aigle Carmin et fit glisser la lame dans l'ouverture étroite de la roche.
« Je renouvelle l'ancienne alliance : quand nos terres seront enfin libres, nous reviendrons, ton épée victorieuse à la main. »
La faille dans la roche s'agrandit, provoquant des halètements de surprise de la part de nombreuses personnes présentes dans la salle. Potéma s'avança, les Harfreuses sur ses talons et le reste du rassemblement suivant. Le passage débouchait sur la vaste chambre funéraire du héro Crevassais, avec un unique sarcophage au fond, entouré de squelettes. Potéma leva ses deux mains, concentrant tout son puissant pouvoir nécromantique dans celles-ci :
« Alors lève-toi, ô grand héro, de ton tombeau honoré ! Revendique ton trône volé ! Règne sur ton peuple, Haut Seigneur de la Crevasse, à tout jamais ! »
Dans un grand crack et un BOOM, le couvercle de l'antique cercueil glissa et tomba, se brisant en deux. Ensuite, un bras sortit du tombeau. Instinctivement, les Parjures dans la pièce ployèrent le genou, leur tête inclinée. Les Harfreuses, d'autre part, scandaient comme si elles voulaient faire s'effondrer la montagne sur elles-mêmes.
Faolan, ou l'Aigle Carmin, dans la Langue Commune, se leva de sa tombe, sa chair desséchée sur ses os. La mâchoire du crâne presque exposé se rabaissa et une voix rauque s'éleva, venant de partout et nulle part à la fois :
« RELEVEZ-VOUS, enfants de la Crevasse. Relevez-vous et marchez vers la GUERRE ! »
Eh bien, on peut dire que maintenant Tala a une sacrée armée : des loups-garous, pas moins de quatre covens de vampire, une fille de Havreglace et maintenant une solide alliance avec les Parjures de la Crevasse.
Quelle direction va prendre cette histoire ? Et qu'en est-il de l'Enfant de dragon et de cette mystérieuse Archi-Mage de Fortdhiver ?
D'excellentes questions… qui auront réponses dans le futur !
Je rappelle que cette fanfiction est une traduction de celle de Tusken1602.
A plus !
Nephariel
