Bonjour, désolée pour le délai !
Je ne vous cache pas que... Que c'est vraiment le chapitre "tournant" de l'histoire qui mène ensuite en ligne droite vers la conclusion haha. Je suis déjà nostalgique alors que je suis encore loin d'avoir fini ...que quelqu'un fasse quelque chose ! je suis hors de contrôle! (la meuf en pyj devant son ordi)
Je tiens à remercier TOUTES LES PERSONNES qui ont laissé un commentaire au chapitre précédent. Franchement vous êtes bénies des dieux. Ma reconnaissance est éternelle.
J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas :)
X
Ron passait une excellente soirée. Il regardait une quelconque émission moldue avec sa femme, confortablement assis sur un canapé qu'ils venaient d'acheter. Leur nouveau-né, Loris, dormait depuis déjà une heure et il ne s'était pas encore réveillé. Ils ne l'avoueraient jamais à haute voix mais ils espéraient secrètement que leur bébé ne se réveillerait pas avant le lendemain matin. Il avait huit mois et les deux parents, épuisés par leur vie active en plus de leur charge de parents, rêvaient de pouvoir dormir une nuit complète sans interruption.
Le présentateur était en train de souligner l'importance de la compétition qui se déroulerait plus tard dans l'émission lorsque la sonnette retentit. Ron et Emma - sa femme - échangèrent un regard. Il contenait une vie de couple heureuse et paisible, ce regard.
Ils comprirent simultanément que ni l'un ni l'autre n'attendait quelqu'un et que c'était, somme toute, parfaitement inhabituel. La sonnette tinta une nouvelle fois. Puis une troisième fois. Et, finalement, une quatrième fois. L'espace entre chaque carillon s'était réduit au fur et à mesure que le (ou la) visiteur appuyait sur le bouton. Ron se releva d'un bond, attrapa sa baguette – il la gardait toujours près de lui - et avança avec précaution vers la porte. Il craignait qu'il s'agisse d'un Mangemort ou - pire - de Voldemort en personne.
Avec une vigilance maîtrisée, la baguette levée, il déverrouilla la porte et l'ouvrit brusquement.
La vision devant lui le soulagea - mais ce sentiment fut de courte durée. Drago et Hermione avaient l'air positivement terrifié. Ils se tenaient l'un contre l'autre, tous les deux leurs baguettes dans les mains. Hermione jeta un regard derrière elle, comme si elle craignait d'avoir pu être suivie et -
Et ils entrèrent chez lui sans lui demander s'ils étaient les bienvenus. Hermione ferma immédiatement la porte derrière eux. Drago utilisa sa baguette pour la verrouiller.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ron, extrêmement inquiet.
Est-ce que quelque chose était arrivé à Harry ? La pensée lui souleva l'estomac. S'ils étaient venus chez lui avant d'aller trouver Harry, c'était forcément que quelque chose lui était arrivé. Il chercha dans les yeux de sa meilleure amie (qui dans d'autres circonstances… aurait pu avoir la place d'Emma sur le canapé…) une réponse à ses angoissantes interrogations.
Sans le moindre commentaire, Hermione brandit une photo et la lui plaça devant les yeux.
Il y avait trois garçons sur la photo. Enfin, jeunes hommes. Ils devaient avoir dix-sept, dix-huit ans. L'un d'entre eux ressemblait étrangement à Drago Malfoy. Le deuxième ne lui disait rien. Mais le troisième… Le troisième, il le connaissait.
-Non… dit-il avec horreur.
Il savait pertinemment quelles conclusions il devait tirer de cette photo. Tom Jedusor, le petit-ami d'Harry Potter - son meilleur ami - avait été à Serpentard. À l'époque où - vraisemblablement - le grand-père de Drago y était aussi. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose.
-Non… répéta-t-il.
C'était bien trop horrible, bien trop aberrant.
-Harry doit être sous le sortilège de l'imperium, déclara rapidement Hermione. Si on arrive à le dissiper, il pourra sans doute nous aider. elle fit une pause puis reprit : le pauvre… quand il réalisera…
Elle revoyait toutes les fois où elle avait surpris les deux garçons en train de s'embrasser. Quel genre de monstre était capable de faire une chose pareille ? Quelle question idiote. Évidemment que Voldemort était capable de commettre de tels actes. De détruire à ce point quelqu'un. Il devait être ravi, bon sang. Maintenant qu'elle y pensait, il arborait toujours ce petit air supérieur, ce petit air qui sous-entendait clairement qu'il savait quelque chose qu'ils ignoraient tous...
Elle avait été tellement bête ! C'était impardonnable.
-Et comment tu comptes faire ça ? demanda Ron. Enfin, reprit-il, loin de moi l'envie d'être défaitiste mais même à nous trois je ne suis pas sûr qu'on puisse le mettre hors d'état de nuire.
-J'ai déjà pensé à une solution. Demain, quand Harry viendra au travail, on l'emmènera à Gringotts. Je suis sûre que Voldemort a mis en place des stratégies pour empêcher Harry de sortir de l'impérium mais… Mais si on arrive à le faire passer sous la cascade, le sort ne tiendra plus.
Ron hocha vivement de la tête :
-Excellente idée !
Emma, qui était restée en retrait, terrifiée à l'idée que quelque chose puisse mettre son mari en danger s'avança doucement vers eux :
-Il est arrivé quelque chose ?
Ron était pris de court. La situation était tellement folle, tellement malsaine, tellement glauque, qu'il ne savait pas comment l'expliquer convenablement à sa femme.
-Harry est prisonnier de son pire ennemi. Depuis des années.
-Dire qu'il n'a pas arrêté de nous faire des sous-entendus, soupira Hermione. La rage était toutefois latente.
Voldemort ne s'était jamais réellement caché. Et le patronus d'Harry…
Pauvre Harry, pensa-t-elle. Pauvre Harry qui allait se réveiller et réaliser qu'il venait de passer des années à faire office d'animal de compagnie. Non. Pire que ça ; d'esclave sexuel. Heureusement, ils seraient autour de lui, avec lui, au moment où il s'en rendrait compte. Et ils pourraient l'aider à surmonter cette épreuve. En plus, ils avaient un avantage de taille : Voldemort ne savait pas qu'ils avaient découvert le pot aux roses. Il ne se douterait de rien lorsque, le lendemain, ils débarqueraient pour l'arrêter.
Ron se laisse tomber contre son canapé. Il prit son visage entre ses mains. Il y avait quelque chose de réellement abominable dans cette situation. C'était sans aucun doute la pire torture qu'on pouvait infliger à Harry. Ron le sentait intimement. Lorsqu'il reprendrait pleinement conscience, lorsqu'il serait à nouveau maître de ses actes…Il serait détruit.
Le monde d'Harry était détruit. C'était un fait indéniable et irréversible.
Peut-être que le monde qu'il pourrait reconstruire avec Tom serait mieux, plus beau et plus réussi que le précédent. Mais il n'avait aucun doute quant au fait qu'un paradigme entier venait de s'effondrer. Ils ne seraient plus jamais juste "Harry et Tom". Parce qu'il savait maintenant - ils savaient, plutôt - qu'il existait un autre Tom.
C'en était presque ridicule. Non ; c'était complètement, entièrement, intégralement ridicule. Tom était papa. Harry avait envie de rire. D'un rire hystérique, bien entendu. Un rire qui n'aurait pas eu beaucoup de joie.
Bien sûr, il avait toujours eu envie d'avoir des enfants. C'était un de ses grands regrets. Mais c'était une chose de fantasmer sur l'idée, et une autre d'apprendre que son petit-ami s'était fait violer et qu'en fait ! Manque de chance ! un enfant était né de cette union.
L'histoire, encore une fois, montrait sa propension à se répéter. C'en était presque terrifiant. Harry n'avait jamais été déterministe, il ne croyait pas au destin ; il croyait en les choix de chaque individu. Pourtant c'était troublant de penser que Tom avait vécu exactement (à peu de chose près, évidemment) la même situation que son père. Tom Riddle Senior avait-il su qu'il avait un fils au moment où il avait abandonné Mérope ? Dumbledore lui avait soutenu que oui mais Harry n'en était plus persuadé. Il imaginait très bien la scène. Un homme qui se réveille à côté d'une inconnue, des souvenirs complètement absurdes pleins la tête. L'horreur d'avoir commis des actes qu'il ne voulait pas. D'avoir été enlevé à sa famille et à ses amis pendant des années. Pas étonné qu'il ait décampé en moins d'une minute.
Exactement comme son fils venait de le faire. Parce que Tom, le petit-ami d'Harry, avait bel et bien décampé.
Harry ne pouvait pas lui en vouloir. Bien sûr, dans un monde idéal, Tom se serait précipité sur son fils, lui aurait expliqué qu'il ne savait pas qu'il existait, qu'il était désolé mais qu'il endosserait désormais son rôle de père. Que maintenant il était là, et qu'ils étaient une famille.
Il était sûr que Tom, à l'orphelinat dans les années quarante, avait espéré les mêmes choses. Et lui, Harry, pendant toute son enfance, avait aussi espéré qu'un membre secret de sa famille vienne le retirer des Dursley.
Qu'ils sont beaux, les mondes imaginaires, pensa Harry alors qu'il était une nouvelle fois devant le foyer. Malheureusement, ils allaient tous devoir faire face à la réalité. Et à son lot de déceptions, de rancune et d'injustice. Comment qualifier autrement la vie du pauvre petit garçon dans la chambre du haut ?
Harry se demanda si lui aussi viendrait tuer son père. Si un jour, Harry et Tom seraient en plein repas ou en train de regarder la télévision, et que Tom Junior Junior arriverait tranquillement pour les assassiner. En voyant à quel point sa vie était ironique, Harry se dit que ce serait tout à fait le genre de fin à laquelle il ferait bien de se préparer.
Tom mourrait comme son propre père et Harry, à défaut d'avoir été tué par Voldemort, serait assassiné par son fils.
C'en était presque poétique. Il avança d'un pas rapide vers le foyer. Il n'avait pas l'intention d'y passer beaucoup de temps. Il allait effacer la mémoire des éducateurs, effacer la mémoire de Simon et de son assistante (quel que soit son nom, impossible de s'en rappeler) et aller expliquer au petit garçon, à Tom, qu'il allait revenir bientôt.
Harry ne pouvait pas - il en était physiquement incapable - imaginer laisser cet enfant là comme si de rien était. Il comprenait son petit-ami et jamais il ne l'obligerait à assumer un rôle dont il ne voulait pas. Mais il y avait forcément quelque chose qu'il pouvait faire. Trouver une famille d'adoption ?
En fait, pensa Harry alors qu'il toquait contre la porte, la meilleure solution serait très probablement de l'envoyer aux États-Unis dans une famille de sorcier. Il pourrait vivre sans l'ombre de Voldemort. Ou alors ce serait une ombre lointaine, un mage noir abstrait. S'il restait au Royaume-Uni et qu'il allait à Poudlard… Harry était persuadé qu'il finirait par faire le lien entre ses propres dons et ceux de Voldemort. Tout le monde savait que Voldemort parlait fourchelangue, après tout. Ce n'était un secret pour personne.
Et tôt ou tard, il réaliserait qu'il était le fils du plus grand mage noir de tous les temps. Harry imaginait que c'était le genre de révélations qui pouvaient détruire une vie. Et si quelqu'un faisait le lien avant lui… S'il se mettait à parler aux serpents innocemment, sans réaliser les implications de telles facultés… Il serait à jamais considéré comme le fils de Voldemort.
Non. C'était impossible pour Harry de laisser un tel destin se dérouler devant lui sans essayer de faire quelque chose. Tom Riddle, son petit ami, était sa priorité numéro 1. C'était ce qu'il s'était juré alors qu'il nettoyait sa cuisine, avant qu'ils ne se remettent ensemble. Mais sa priorité numéro 2 était désormais ce garçon.
La porte s'ouvrit sur la jeune éducatrice qu'Harry avait vue plus tôt. Elle le laissa entrer, se demandant sans doute ce qu'il venait faire là maintenant que le serpent avait disparu.
Il regarda autour de lui. C'était un foyer très pauvre, ça crevait les yeux. Les assiettes étaient ébréchées, la nape trouée. Les chaises, en bois, semblaient tenir par magie. Il y avait des petits bouts de papiers sous leurs pieds. Probablement pour les caler. Mais il y avait aussi quelques livres et des dessins.
Tom ne s'était sans doute pas fait maltraiter ici. Mais suivant ce qu'il avait vécu avant d'y arriver… Il semblait à Harry que les éducateurs avaient parlé d'overdose. En avait-il été témoin ? avait-il vu sa mère mourir ?
Il espérait sincèrement que Ron se rendait compte de la chance qu'il avait. Hermione et Drago aussi avaient eu de la chance. Naître dans des familles saines et aimantes… Enfin "saines" pour ce qui était de Drago. Ses parents l'avaient aimé plus que tout mais c'était vrai que… Qu'ils l'avaient quand même sacrément mal éduqué.
Il hésita. Allait-il d'abord effacer les souvenirs des éducateurs ou était-ce plus logique de se préoccuper d'abord de l'enfant ?
-Merci de me recevoir, je pense qu'il serait bien que j'aie une conversation avec Tom, déclara-t-il doucement.
La jeune femme hocha lentement de la tête. Elle n'avait vraisemblablement rien à opposer à cette idée. Satisfait, Harry s'avança dans le foyer.
Le responsable leva les yeux en le voyant passer devant son bureau. Il était assis devant son bureau et parcourait des documents. Simon et son équipière avaient disparu. Dieu sait ce qu'ils étaient allés faire. N'était-ce pas leur responsabilité de s'occuper de ce gosse ?
C'était quand même curieux qu'ils aient décidés de partir sans attendre son retour. Harry soupira :
-Je viens voir Tom, dit-il à l'homme qui se releva légèrement : vous pouvez rester assis, ajouta Harry : je me souviens de la chambre.
L'homme hocha tranquillement de la tête. Harry gravit les escaliers pour la deuxième fois de la journée. Il régnait un silence de plomb à l'étage supérieur.
Il ne voyait pas d'autres enfants. La seule chose qu'il entendait, c'était le tic-tac régulier d'une énorme horloge. En bois massif, elle trônait au fond du couloir. Sa présence était assez curieuse : elle semblait plutôt avoir sa place dans le salon d'une maison riche et décorée avec les meubles des aïeux. Pas dans le foyer de gosses orphelins ou laissés pour compte.
Peut-être était-ce un don ; en fait, c'était sûrement un don. Il imaginait bien une vielle famille moldue fortunée se dire que cet objet magnifique plairait à des orphelins qui n'avaient rien. C'était fou comme les personnes riches (qu'elles soient moldues ou sorcières) étaient toujours loin des réalités de la vie.
Toutes les portes étaient fermées, à l'exception de la dernière. Qui était précisément l'endroit dans lequel Harry avait l'intention de se rendre.
Arrivé devant, il inspira profondément. Qu'était-il censé expliquer à ce gamin ? Comment pouvait-il rendre la révélation moins douloureuse ? Et surtout comment lui expliquer que son père ne voulait pas de lui ?
Parce qu'Harry avait réellement vu et compris l'expression sur le visage de Tom. Tom n'avait pas l'intention d'adopter ce gosse et de transformer leur couple en une jolie famille parfaite qui rendrait jaloux tous les infortunés croisant leur route. Non, il était évident que Tom n'était ni prêt, ni n'avait envie, ni n'était capable, d'élever cet enfant.
Mais comment annoncer une nouvelle pareille ? Est-ce que Tom junior avait remarqué les similitudes physiques entre son père et lui ? Ou n'avait-il vu qu'un adulte qui partageait son don ?
Impossible à dire sans lui poser directement la question, trancha Harry.
Il toqua doucement contre la porte et entra dans la pièce. Tom était assis par terre, au pied de son lit. Il lisait un livre. Harry remarqua que le petit garçon l'ignorait sciemment. Il n 'était pas particulièrement doué avec les enfants et se sentit mal à l'aise. Enfin, ce n'était pas qu'il n'était pas doué – c'était plutôt qu'il avait rarement eu l'occasion de s'occuper de jeunes de moins de dix ans.
Quand il avait été enseignant, ses élèves avaient plutôt eu entre treize et quinze ans. Rien à voir avec un gamin de six ans, en d'autres termes.
-Qu'est-ce que tu lis ? essaya-t-il en s'asseyant à côté de lui.
Il prit bien garde à ne pas trop s'approcher. A laisser une distance respectable entre eux deux. Il voulait mettre à l'aise l'enfant.
Sans dire un mot, Tom tourna le livre dans la direction d'Harry. Il s'agissait d'une très vieille édition (en très mauvais état) de Frankenstein de Mary Shelley.
Bon dieu, pensa Harry. Pouvait-on faire plus ironique ? Le gosse était littéralement en train de lire l'histoire d'une créature rejetée de tous et plus particulièrement de son père le docteur Frankenstein.
Pendant un instant, il hésita à demander à l'enfant si c'était vraiment une lecture adaptée. Frankenstein n'était pas un livre facile à lire - au contraire - mais…
Il balaya la pièce du regard. Il y avait un petit bureau, un lit, une chaise, une penderie mais c'était tout. Pas de bibliothèque, pas de jouets, pas de décoration.
Peut-être était-ce le seul livre qu'avait l'enfant.
-ça te plaît ? décida-t-il donc de demander
Tom tourna la tête. La ressemblance était plus que frappante elle était tout simplement indéniable. Il n'y avait aucun doute, c'était bien le fils de Lord Voldemort. Ils avaient les mêmes cheveux légèrement bouclés et de la même couleur. La même forme du visage ; la même mâchoire - bien que celle du Tom qu'il avait devant les yeux étaient encore tout ce qu'il y avait d'enfantin.
Mais surtout, la même défiance, la même méfiance. Enfin peut-être était-ce là moins un point commun entre père et fils qu'un point commun entre tous les enfants délaissés par leurs parents puis par la société.
Lentement, Tom hocha de la tête avant de se replonger dans sa lecture.
Harry devait trouver un autre angle d'attaque. Il se doutait bien quel serait le sujet qui serait susceptible de faire réagir l'autre garçon.
-Est-ce que… Est-ce que tu sais pourquoi tu peux parler aux serpents ? demanda-t-il doucement.
Tom ferma son livre d'un bruit sec. Se raidit et, regardant droit devant lui, répondit :
-Je ne peux pas parler aux serpents, j'ai juste beaucoup d'imagination.
C'était tellement triste. Il ne reconnaissait pas les paroles d'un enfant, mais celles de tous les adultes qui - le voyant s'entretenir avec des reptiles - avaient décidés d'être rationnels.
-Je ne doute pas que tu aies beaucoup d'imagination. Mais on sait tous les deux que tu peux vraiment leur parler.
Peut-être était-ce le ton conspirateur - comme si Harry lui révélait un secret - mais Tom tourna la tête dans sa direction. Et il y avait dans son regard… une lueur d'intérêt qui n'avait pas été là avant.
Harry savait qu'il était sur le point de faire quelque chose d'illégal. Il y avait une raison si les sorciers attendaient l'anniversaire des 11 ans pour expliquer aux nés-moldus qu'ils étaient - en fait - des sorciers. C'était pour protéger le Secret Magique, pour éviter que ces enfants passent des années à devoir garder un secret qui était très difficile à porter. Surtout pour des enfants qui naissaient dans un milieu moldu. Il devait être très tentant d'expliquer à tout le monde qu'ils étaient spéciaux, qu'ils étaient magiques.
Mais il ne pouvait tout simplement pas… Abandonner ce gosse de cette manière. De faire comme s'il n'existait pas pour se ramener dans 5 ans environ et lui dire - ah au fait, on ne te l'a pas dit pour ton bien (enfin surtout pour le bien de la communauté sorcière) mais tu es un sorcier ! Bienvenue à Poudlard, voilà ton billet de train.
Non.
C'était une injustice qu'il ne se voyait tout simplement pas commettre.
-Tu as sans doute remarqué que tu pouvais faire des choses inhabituelles ? En plus de pouvoir parler aux serpents ? demanda tranquillement Harry.
Tom hocha vivement de la tête. Il se retenait manifestement de lui donner des détails. Comme si on lui avait asséné tellement de fois qu'il devait se taire qu'il n'arrivait pas à prendre la parole maintenant qu'on l'invitait à le faire.
-En fait, reprit Harry, il y a des gens qui sont capables de faire de la magie. Comme toi et moi.
C'était terriblement nul. Que lui avait dit Hagrid ? "Tu es un sorcier Harry". Peut-être qu'il aurait dû utiliser la même phrase pour Tom.
-La magie n'existe pas, répondit Tom d'une petite voix.
Mais son regard était indubitablement un regard rempli d'espoir. Il avait envie de croire en ce que lui disait le plus âgé. Envie de savoir qu'il n'était pas fou et que les choses étranges qui le suivaient où qu'il aille étaient bien réelles.
Harry sortit sa baguette et la montra à Tom. Le petit garçon n'osa pas la toucher, comme s'il comprenait instinctivement qu'il s'agissait là d'un tabou. Les baguettes étaient des objets si personnels qu'on ne laissait un tiers les toucher qu'en cas d'urgence extrême. Il retroussa sa manche et, doucement, déclara :
-Spero Patronum.
Le gigantesque serpent qu'il avait eu le loisir de voir chez Luna réapparut. Il enroula et déroula ses anneaux dans l'air, le regard dirigé sur Tom. Harry devait bien se l'avouer, c'était un patronus impressionnant. Le cerf de son père lui manquait un peu, réalisa-t-il avec nostalgie. C'était ce cerf qui l'avait sauvé bien des fois dans son adolescence. Mais il y avait quelque chose de beau et de symbolique dans ce serpent. Et lorsqu'il vit l'air positivement émerveillé de Tom Riddle Junior, il se dit que c'était l'animal parfait pour sa démonstration. Que rien d'autre qu'un serpent n'aurait pu engendrer une telle confiance dans le petit garçon.
-Je peux aussi en avoir une ?
Harry lui adressa un sourire qui se figea sur son visage. L'expression du garçon… Ressemblait en tout point à celle de son père lorsqu'il convoitait quelque chose. C'était le genre d'expression qu'il associait plutôt à Voldemort. Aux souvenirs qui lui avait montré Dumbledore alors qu'il avait seize ans. Mais ça ne voulait rien dire, les traits d'un visage n'était pas corrélés à ce qu'il se passait dans une tête.
-Quand tu auras onze ans, répondit Harry.
Le visage de Tom s'affaissa.
-Je sais que l'attente va être longue, reprit-il, mais les sorciers ne peuvent avoir leur baguette que quand ils sont prêts à entrer à Poudlard, l'école de Sorcellerie.
-Il y a une école ?
Harry répondit par l'affirmative. Enfin, si ses plans se déroulaient comme prévus… Tom irait plutôt à Ilvermorny, loin des crimes de son père et des souvenirs des sorciers. Le fait qu'il soit capable de parler fourchelangue ne passerait pas inaperçu. Et Harry… Harry ne voyait pas pourquoi il devrait cacher ce don, il en avait eu honte, lui, dans sa jeunesse…
Peut-être parce qu'il avait senti instinctivement que c'était lié à Voldemort - quoiqu'il en soit, il regrettait un peu de ne pas en avoir profité. Bon sang, il pouvait parler aux serpents, il y a tellement de choses qu'il aurait pu faire grâce à ce don ! Enfin… peu importe.
Il expliqua ensuite au petit garçon que tout ce qu'il venait de lui révéler était un secret. Qu'il devait absolument ne dire à personne, ne pas parler de ce qu'Harry lui avait expliqué, sous peine d'aller en prison. (Harry avait dit ça avec légèreté, en plaisantant, et avait réalisé trop tard qu'il était face à un enfant. Et pas à un pré-adolescent capable de comprendre ce genre de traits d'humour.)
Il lui expliqua ensuite qu'il allait faire en sorte de lui trouver une famille dans le monde sorcier. Peut-être qu'il s'avançait trop et que lui donner des illusions était dangereux. C'était … probable. Mais au moment où il s'était levé, Tom avait eu un geste dans sa direction, comme pour le retenir. Harry pensa à sa propre enfance. Que ce serait-il passé si quelqu'un était venu lui dire qu'il était un sorcier avant ses onze ans ? Aurait-il réussi à laisser cette personne partir alors même qu'elle venait de lui donner de l'espoir ? Qu'elle venait de lui promettre un futur meilleur ?
Harry sentit son cœur se déchirer. Ce pauvre gosse n'avait strictement rien fait. Il méritait qu'on prenne soin de lui et… Ce serait désormais son but numéro un. En plus, quelle chance, il y avait des sorciers américains partout à Londres. Il ne serait pas difficile d'expliquer le problème à l'un d'entre eux en mentant abondamment. Harry, il l'assumait totalement, n'était plus à un mensonge près.
Il sortit de la pièce, le cœur lourd, et se jura d'aller rendre visite au garçon le lendemain et le surlendemain. Il arriverait sûrement à trouver quelque chose à lui offrir. Un jouet approprié pour un sorcier de son âge. N'importe quoi qui prouverait à Tom qu'il ne l'abandonnait pas et qu'il pouvait compter sur lui.
Il descendit les escaliers à pas lent. Sa conscience le suppliait d'aller chercher le gosse dans la chambre et de le prendre avec lui. Ce ne serait pas difficile et… Et le Ministère lui pardonnerait cet écart - il était Harry Potter, bordel, il pouvait faire pratiquement tout ce qu'il voulait.
Les éducateurs étaient tous rassemblés en bas, préparés - apparemment - à lui poser des questions quant à sa présence et, surtout, pour savoir qui était le type qui avait emmené le serpent (et qui, par ailleurs, ressemblait énormément au gosse), et surtout que devaient-ils faire maintenant ?
Harry sortit vivement sa baguette et, avec une aisance qui le surprit lui-même, altéra leurs souvenirs. Il n'en éprouva aucune culpabilité. Après tout, il était dans son droit en tant qu'Auror.
C'était réellement facile. Il lui serait tellement facile d'effacer complètement le gosse de leur mémoire. Mais Tom, son petit-ami… Non. Il ne pouvait pas lui faire ça. C'était d'une cruauté sans nom. Tom n'était pas un mauvais père qui n'assumait pas une nuit enflammée. C'était la victime d'un viol qui voyait le viol se répercuter dans sa vie d'une manière atroce. Harry devrait gérer cette situation seul. Pourquoi tout devait-il être si compliqué ? Dans d'autres circonstances, il aurait pu confier ce gosse à Hermione et Drago. Il avait entendu Hermione dire à la femme de Ron qu'ils essayaient d'avoir un enfant. Ils ne seraient donc pas - Harry supposait - opposé à héberger temporairement un gosse orphelin. Mais que pourrait leur dire Harry ?
Surtout que la ressemblance était vraiment frappante. Hermione arriverait instantanément à faire le lien entre Tom et… Tom. Et s'ils apprenaient que le gosse était un sorcier et en plus pouvait parler fourchelangue, elle comprendrait immédiatement la vérité. Harry ne pouvait pas imaginer de situation plus catastrophique que celle-là. Et surtout maintenant qu'il y avait ce gosse dans l'équation.
Il allait devoir agir en secret. Peut-être que Matthew aurait des conseils à lui donner ? Peut-être qu'il connaissait quelqu'un, aux Etats-Unis, qui mourrait d'envie d'adopter un enfant ? Il devrait lui demander discrètement. Sauf que la discrétion n'était pas vraiment le fort de l'américain. Ethel serait sans doute un pari beaucoup plus sûr.
Il baissa lentement sa baguette. Les éducateurs se retournèrent et, tels des automates rudimentaires, allèrent s'asseoir sur un canapé. Harry avait peut-être exagéré. Les sorts de mémoire n'avaient jamais été son fort. Il espérait qu'ils n'auraient aucune séquelles… Ils étaient quand même censés s'occuper des enfants de la maison. Culpabilisant tout de même passablement, il traversa à grand pas la salle et ouvrit la porte du foyer.
L'adjointe de Simon était sur le point de sonner. La main levée au niveau de la sonnette, elle semblait très surprise de le voir là.
- Monsieur Potter ? demanda-t-elle en regardant subrepticement par-dessus son épaule.
Harry n'avait jamais manqué les regards qu'elle lançait à Tom (son petit-ami) à chaque fois qu'elle le croisait. Peut-être espérait-elle qu'il soit là aussi.
-Bonjour… Olivia ? essaya-t-il.
Elle lui sourit en hochant de la tête :
-C'est bien ça ! je venais juste m'assurer que tout allait bien et Simon m'a demandé d'aller remonter les bretelles du petit garçon… En douceur.
Harry grimaça. Peut-être que la présence d'une policière - à l'heure actuelle - ferait plus de mal que de bien.
-Je viens de m'en charger, déclara-t-il précipitamment : je crois qu'il a compris la leçon.
Elle l'étudia en plissant des yeux. C'était une mimique assez étrange parce qu'elle semblait caricaturale :
-Pourquoi ?
Harry était débile. Évidemment, il n'était pas censé se mêler de ce genre d'histoires. Pourquoi avait-il parlé aussi vite ? Les policiers moldus n'avaient aucune idée qu'il faisait partie de … la police sorcière.
Il lui adressa un sourire qu'il espérait confiant mais qui devait surtout être gêné :
-Je suis aussi un orphelin et j'ai fait pas mal de bêtises dans ma vie… C'est vrai que je n'aurais pas dû m'immiscer.
Il hésita à sortir sa baguette. Mais voyant l'air compatissant de la jeune femme, il se ravisa :
-C'est naturel et je comprends ! s'exclama-t-elle : mais vous concevez que je dois quand même aller vérifier que tout se passe bien.
Harry hocha prestement de la tête et s'effaça pour la laisser entrer :
-Bien sûr.
Elle se tourna une dernière fois vers lui :
-Bonne journée Monsieur Potter et salutations à Monsieur Jedusor.
Harry aurait pu lever les yeux au ciel d'amusement. Il lui répondit qu'il n'y manquerait pas et se mit en route. Aurait-il dû lui effacer la mémoire aussi ? Il ne prenait ni Simon ni Olivia pour des imbéciles… Et la ressemblance entre le père et le fils avait dû être évidente pour eux deux.
Il secoua de la tête. Ils ne pouvaient pas comprendre ce à quoi ils étaient mêlés. C'était tout bonnement impossible. Réalisant qu'il avait promis à Tom de faire un quart d'heure maximum… et constatant qu'il s'était écoulé plus d'une demi-heure, Harry transplana aussitôt.
Tom n'avait pas bougé pendant son absence. Il était toujours prostré sur le canapé. Harry enleva sa veste et ses chaussures et s'approcha doucement. Son petit-ami releva la tête alors qu'Harry s'asseyait à côté de lui.
Il passa un bras autour de ses épaules :
-Tu veux qu'on en parle ?
Tom émit un petit rire sans joie :
-Je ne vois pas ce qu'i dire.
Harry se tut. Ça ne servait à rien de le brusquer ou d'essayer de lui faire dire des choses (qu'il pensait sûrement) s'il n'était pas prêt à aborder le sujet pour l'instant. Il se contenta donc d'attirer Tom contre lui et de s'appuyer contre le dossier de leur canapé. Ils restèrent ainsi en silence pendant de longues minutes. Harry caressait distraitement l'épaule de son petit-ami. Il faudrait fatalement aborder le sujet, ne serait-ce que pour proposer son idée de faire adopter le garçon par des sorciers américains.
Mais c'était sans doute trop tôt. Tom regardait fixement la table basse, perdu dans ses pensées. Finalement il déclara :
-Tu penses que je suis un monstre.
Ce n'était même pas une question. Il devait être terriblement honteux de se comporter de la même façon que son propre père. De n'avoir qu'une envie, fuir et ne pas faire face à la réalité. Il avait un fils. C'était complètement fou.
-Hey, Tom, répondit Harry en tournant délicatement son visage en direction du sien : bien sûr que non.
Tom émit un vague rire sans joie :
-Tu es trop indulgent. Je devrais me ressaisir et assumer mais je - Je n'arrive pas ! il se redressa et lança un regard affolé à Harry : je sais ce qui est la chose à faire, je sais ce qui devrait être décent, mais rien qu'à l'imaginer - je ressens une telle angoisse -
Et effectivement, son beau visage était tordu dans une expression alarmée. C'était normal et naturel et Harry se demandait comment il pourrait lui faire comprendre qu'il ne le jugeait pas - au contraire - il comprenait ;
-Tom, déclara-t-il doucement : je te promets que je comprends. De toutes les circonstances qui peuvent mener à une naissance - bordel je comprends que ce soit trop pour toi ! C'est normal d'être choqué et de ne pas pouvoir faire face à -
-J'ai haï mon père toute ma vie. De quel droit, comment est-ce que je peux prétendre que j'étais dans mon bon droit, que son assassinat était mérité, si je me comporte exactement comme lui ?
Harry lui sourit, un peu perplexe :
-Je ne suis pas sûr que son assassinat était mérité même si tu estimes qu'il t'avait failli.
Tom balaya sa remarque d'un geste de la main. Il se releva :
-Je ne peux vraiment pas imaginer - et tu m'as vu ? Tu as vu qui je suis ? Comment veux-tu qu'il soit heureux, qu'il ait une chance dans sa vie si je suis son putain de père ?
Harry décida de rester assis pour ne pas entraîner Tom encore plus loin sur le chemin de l'hystérie :
-ça, ça n'a rien à voir. Il n'est pas toi, il est innocent… Enfin à part pour le fait d'aller voler des serpents dans un vivarium mais sinon… Personne ne -
-Harry, j'apprécie ce que tu fais mais tu sais aussi bien que moi qu'il n'aura aucun avenir ici. Qu'il sera ostracisé - plus violemment que moi - dès que les gens comprendront d'où il vient. Et ils comprendront ! Il n'y a pas mille personnes capables de parler fourchelangue en Angleterre
Effectivement, il n'y en avait que deux. Les deux Tom Riddle. Enfin le gosse n'avait sûrement pas ce nom de famille mais -
-Écoute… Je me suis dit qu'on pourrait, Tom se tourna vivement vers lui. Harry reprit : on pourrait l'emmener aux Etats-Unis. Je suis sûr qu'on pourrait lui trouver une famille sorcière et comme ça, il sera loin de… de ta réputation.
Il grimaça en terminant sa phrase. Tom le regardait, en se tordant les mains. Il ne l'avait jamais vu faire une chose pareille. C'était vraiment très étrange. Il n'avait pas le même genre de désespoir que lorsqu'ils s'étaient retrouvés. Mais il était évident que cette découverte l'avait atteint à un endroit… qui n'avait jamais été touché avant. Peut-être que personne n'avait jamais complètement compté sur Tom Riddle. Qu'aucune existence n'avait à ce point été entre ses mains, et intrinsèquement.
Bien sûr, Tom savait qu'Harry comptait sur lui. Mais ils savaient les deux qu'Harry était autonome. Qu'il pouvait parfaitement bien se débrouiller seul si le besoin s'en faisait sentir.
-C'est… une bonne idée, finit-il par articuler doucement.
Harry lui sourit. Effectivement, ça règlerait tous les problèmes en une fois. Non seulement Tom n'aurait pas à interagir avec le fruit de son viol, ce qui était tout de même assez normal ; c'était après tout la pire manière de concevoir un enfant - et deuxièmement, Tom Junior Junior n'aurait pas à grandir en réalisant - petit à petit - qu'il avait des similarités étranges avec le mage noir qui avait terrorisé son pays et la communauté dans laquelle il évoluait.
Si Lord Voldemort pouvait rester un nom dans un livre d'histoire américain… C'était parfait. Personne ne serait assez intéressé par les similarités pour essayer de tirer des liens, aux États-Unis. Ils avaient sans doute d'autres problèmes à régler.
Voyant que son idée avait plus ou moins réussi à calmer Tom, il se releva et s'approcha de lui. Doucement, il lui saisit les deux mains :
-Tout va bien se passer, essaya-t-il, se détestant pour le caractère cliché de sa phrase.
-J'aimerais juste qu'il soit heureux, répondit Tom : mais je sais que je ne pourrai jamais être là pour lui. il ricana et ajouta : moi ? un père ? L'univers a décidemment un sens de l'humour vraiment merdique.
Harry éclata de rire :
-Je pense que tu te dévalues et que dans d'autres circonstances, tu aurais pu être fantastique.
Tom qui, jusqu'à présent, regardait leurs mains jointes, releva brusquement la tête. Harry reconnut l'expression. Cet imbécile, ce foutu crétin, s'était imaginé qu'Harry serait…quoi. Déçu ? Qu'il le quitterait ? Mais pour Harry, il n'y avait pas de pensées qui le terrorisait plus que d'imaginer devoir exister sans Tom.
Il lui était nécessaire. Un peu comme… Comme s'ils partageaient la même âme.
Harry aurait bien été incapable de dire qui avait esquissé le geste en premier. Mais le fait était là : ils étaient écrasés l'un contre l'autre, s'embrassant avec force. Leur baiser passa de relativement chaste à extraordinairement enflammé en quelques secondes. Tom débarrassa Harry de son pull et l'attira sur le canapé :
-Tu imagines ? Avoir un gosse ça veut quand même dire ne plus pouvoir ken quand on veut et où on veut
Harry déboutonna la chemise de l'autre garçon :
-Je suis à peu près sûr qu'il y a un truc qui s'appelle "l'école" qui permet d'avoir un peu d'intimité.
Tom lui lança un regarde torve :
-Et tu viendrais me retrouver pendant tes heures de travail ? Quel exemple pour les générations futures franchement je suis -
Harry le fit taire en l'embrassant.
La tristesse était lourde, dans l'air. Il la sentit glisser sur lui et s'installer confortablement sur son dos. Une impression étrange, en sachant que la tristesse émanait plutôt d'en bas. De Tom.
Harry était allongé sur lui. Il avait un peu froid, maintenant qu'ils ne bougeaient plus. Le jogging et le caleçon de Tom était juste en dessus de ses genoux, ils n'avaient pas pris la peine de s'en formaliser. Il portait toujours son t-shirt. Harry aussi, avait encore la chemise qu'il avait enfilée à la hâte, plus tôt dans la journée. Mais son pantalon et son caleçon étaient abandonnés par terre, à côté du canapé.
Ils n'avaient pas pris la peine d'aller jusqu'à la chambre. Harry avait senti s'abattre sur lui, au moment où il l'avait embrassé, le besoin impératif de déshabiller Tom, de s'unir avec lui. Probablement pour lui montrer, lui prouver quelque chose. Quelque chose qui restait coincé dans sa gorge, pour laquelle il ne trouvait pas les mots justes. Une preuve tangible, une assurance totale du fait qu'il ne l'abandonnerait jamais.
Tom l'avait laissé faire tout le travail.
Non. C'était faux, il l'avait arrêté, avait calmé ses gestes brusques. Ce qui avait débuté comme un échange enflammé passionnel à la frontière du violent s'était transformé à mi-chemin en quelque chose de tendre. De lent.
Et il avait réalisé que Tom aussi tentait de communiquer avec lui par des actes. Je t'aime, merci, tant de mots que le plus âgé avait du mal à exprimer en temps normal. Le message était passé, c'était le principal, supposait Harry.
Et pourtant, l'un comme l'autre à moitié nu, leurs deux corps encore largement transpirant, Harry sentait cette tristesse, cet abattement terrible s'insinuer en Tom et le contaminer.
Il ne voulait pas que Tom soit triste, il ne voulait pas qu'il souffre encore. Et pourtant, il savait pertinemment qu'aucune de ses paroles ni aucun de ses gestes ne pourraient panser la plaie. Cela devait venir de Tom.
Harry se redressa, essaya de ne pas écraser son petit-ami, et plongea son regard dans le sien :
-Je vais prendre une semaine de congé.
Tom lui sourit, balaya doucement les cheveux qui recouvraient sa cicatrice. Ils étaient humides. Il essuya sa main sur la chemise d'Harry sous le regard amusé de celui-ci :
-Et qu'est-ce que tu vas faire pendant cette semaine ?
Prendre soin de toi, m'assurer que tu vas bien, pensa Harry sans le dire. Il ne se souvenait que trop bien de l'état dans lequel il avait trouvé Tom, quelques mois plus tôt. Il n'oserait jamais lui dire, parce qu'il ne voulait pas ajouter ce fardeau aux épaules déjà surchargées de Tom, mais l'idée qu'il puisse se sentir à nouveau comme ça le terrifiait. Le maintenait éveillé, certaines nuits. Et il lui était insupportable, physiquement insupportable, d'imaginer qu'il puisse ressentir ce même désespoir. Qu'il puisse à nouveau n'entrevoir qu'une obscurité qu'il croyait mériter.
-On pourrait aller quelque part ? suggéra-t-il. En France ?
-En Italie, le coupa Tom.
C'était catégorique. Harry s'imagina un instant, Tom à ses côtés, en train de parcourir les plages italiennes. Profitant du soleil, de l'air marin plus doux que l'air Britannique. Oui, c'était définitivement une excellente idée.
-Vendu.
Toujours en essayant de ne pas écraser l'autre, il s'extirpa de son étreinte et se redressa. Avec les gestes adroits de quelqu'un à qui ça arrive plutôt régulièrement, il ramassa son pantalon, le remit à la hâte et s'approcha de la table à manger.
-Tu sais où est mon téléphone ? Je vais directement prévenir Ron et Hermione que je ne serai pas là pendant une semaine. Tom se redressa sur ses coudes. Harry l'étudia un instant avant d'ajouter : tu es l'équilibre parfait entre le playboy et le prostitué, là.
Un sourire fendit le visage de son petit-ami, il leva son dos du canapé en s'appuyant sur ses jambes et remonta adroitement son jogging. Comment réussissait-il à faire ça sans paraître complètement demeuré, c'était un mystère.
-Tu es sûr que c'est une bonne idée de prendre des vacances maintenant ? Vu la …situation ?
Harry n'était pas sûr de ce qu'il sous-entendait par là. Faisait-il allusion au retour du faux-Voldemort ou à la découverte de son fils ?
Enfin dans les deux cas, c'était effectivement un bon argument. Mais il n'avait jamais pris de vacances, il travaillait d'arrache-pied et merde, si Harry Potter, le survivant, avait envie de prendre une semaine de vacances, il ne voyait pas qui, au Ministère, se permettrait de lui faire le moindre commentaire.
-Compromis : on va en Italie que deux nuits. Le reste, on reste ici comme ça je suis disponible en cas d'urgence.
Tom se releva et lui tendit son téléphone : il avait dû tomber dans le canapé au moment où ils avaient commencé à s'embrasser violemment.
-Bonne idée, commenta-t-il.
Harry soupira en remarquant qu'il n'arrivait réellement plus à utiliser le système sorcier pour communiquer. Envoyer un hibou lui semblait terriblement fastidieux et utiliser la poudre de cheminette pour « appeler » Hermione au manoir Malfoy lui déplaisait tout autant.
-J'ai hâte, reprit Tom : D'être en Italie avec toi.
Son sourire s'accentua et le cœur d'Harry se serra en reconnaissant le sourire heureux dont Tom le gratifiait parfois.
-Moi aussi.
Il composa le numéro d'Hermione et amena son téléphone près de son oreille. Sa meilleure amie lui répondit au bout de trois sonneries. Typique.
-Harry ? demanda-t-elle.
Il remarqua tout de suite qu'il y avait quelque chose d'étrange dans sa voix. Une tonalité légèrement plus haute que celle qu'elle employait d'habitude. Aucun plaisir de l'avoir au téléphone. Il avait dû l'interrompre dans un moment peu propice.
-Désolé si je te dérange, mais je voulais te prévenir que je prends une semaine de vacances.
Il avait décidé de ne pas se comporter comme il l'aurait fait habituellement. Pas d'excuses, pas de justification. Harry Potter avait bien le droit de prendre des vacances.
-Quoi ?! s'exclama-t-elle.
Harry du repousser légèrement le téléphone de son oreille. Cette réaction était pour le moins…Inattendue. Il reconnaissait la panique dans la voix de sa meilleure amie. Pourquoi le fait qu'il décide de s'absenter momentanément provoquait ce sentiment chez elle ?
-Tout va bien ? demanda-t-il : il s'est passé quelque chose ?
-Non ! Enfin… On avait absolument besoin de toi demain, tu ne peux pas décaler d'un jour ?
Absolument besoin de lui ? Harry fronça des sourcils. Pourquoi ne l'avaient-ils pas mis au courant s'il était d'une quelconque utilité ? En plus, il ne voyait pas quelle tâche spécifique ne pouvait être faite que par lui. À moins qu'il ne s'agisse de s'exprimer devant la presse. Ça faisait toujours bien, de mettre Harry Potter sur le devant de la scène.
Mais il l'aurait su avant. C'était tellement bizarre. Ce n'était pas son anniversaire, donc pas une fête surprise…Il ne comprenait réellement pas.
-Pour faire quoi ? il étudia Tom qui traînait autour de lui, faignant de ne pas écouter la conversation (c'était douloureusement évident qu'il était précisément en train d'écouter aux portes). Dans un sourire, il lui passa la main dans le dos, Tom lui rendit son sourire.
Il était tellement soulagé de pouvoir être là pour lui. Soulagé de s'assurer qu'il ne se laisserait pas submerger par le désespoir qui semblait perpétuellement attendre son heure dans son esprit.
Hermione ne répondit pas tout de suite. Cela agaça prodigieusement Harry. Il savait qu'il était injuste mais il trouvait pénible de devoir encore et toujours arranger les autres. Être là où on voulait qu'il soit, au moment où il était censé l'être.
Il soupira.
-C'est pour aller à Gringotts, finit par répondre Hermione.
-Et en quoi ma présence est nécessaire ?
Sa meilleure amie ne répondit pas.
-Tu peux me rappeler si tu trouves. Sinon, je suis en vacances. Bonne soirée Hermione, ajouta-t-il avec un peu plus de douceur.
Il raccrocha.
-Je t'ai rarement vu aussi sec.
-C'est juste… C'est la première fois que je demande quelque chose. Je ne pensais pas que ce serait compliqué ou qu'ils essayeraient de me convaincre de ne pas le faire.
Tom pinça des lèvres :
-C'est peut-être vraiment important.
-Elle me l'aurait dit, rétorqua Harry : ou elle va débarquer d'ici dix minutes pour m'expliquer ce qu'il en est.
Il eut à peine le temps de se rasseoir sur le canapé, bien décidé à profiter (autant que possible) des dernières heures de cette objectivement terrible journée lorsque la sonnette retentit.
Harry soupira et échangea un regard avec Tom. Ils n'attendaient évidemment personne, au contraire, ils auraient préféré rester seuls mais il semblait que leurs prédictions étaient correctes.
Il y avait effectivement un problème (prédiction de Tom) et Hermione avait décidé de venir chez lui (prédiction d'Harry).
Il sentit son agacement descendre un peu. Si elle venait le déranger, effectivement, c'était qu'il s'était passé quelque chose de grave. Inutile, donc, de lui en vouloir. Et ça faisait partie de son métier de devoir renoncer à certaines choses (comme des vacances improvisées). Pas sûr que le faux Voldemort serait d'accord d'ajourner ses plans si Harry lui expliquait qu'il avait envie de partir en Italie avec son petit-ami.
Qui s'avérait être le vrai Voldemort.
Il se redressa et s'avança vers la porte. Tom était revenu s'installer à côté de lui et ne se releva pas en le voyant avancer.
Harry espérait juste que ça ne soit pas trop grave. Ou alors que ça soit suffisamment grave pour que leurs problèmes soient réglés (du style : on a moyen de localiser le faux-Voldemort). Mais Hermione l'aurait contacté tout de suite… c'était vrai qu'il était étrange que cette histoire ne soit arrivée à ses oreilles que parce qu'il avait appelé Hermione.
Si c'était si urgent que ça, elle l'aurait contacté en premier...Non ?
Harry ne savait pas d'où venait ce sentiment mais les faits étaient là : il avait un mauvais pressentiment. Qui s'accentua à la seconde où il ouvrit la porte.
Il s'était attendu à voir Hermione.
Elle était bien là, mais Ron et Drago se tenaient à côté d'elle. Il fut frappé par cette image, comme si leur trio s'était dissolu pour être reconstitué… Sans lui.
Hermione avait des cernes sous les yeux, elle était tendue et sa main restait au niveau de sa baguette. Ron et Drago semblaient eux aussi sous le joug des mêmes émotions. Particulièrement Drago qui était encore plus pâle que d'habitude.
-Tout va bien ? demanda Harry en s'effaçant.
Une sourde angoisse s'était emparée de lui son être contaminé par la peur qui tenaillait manifestement ses amis.
Ils n'entrèrent pas chez lui. Ron lui lança un regard horrifié qu'Harry ne comprit pas. Il avait dû se passer quelque chose… Ou alors Maugrey Fol'œil avait décidé de venir hanter le monde des vivants et avait pris ses trois amis pour cible.
Hypothèse farfelue mais, en même temps, celle qui expliquait le mieux leur état de nervosité.
-Viens Harry, il faut qu'on aille à Gringotts.
Il fronça des sourcils : il ne comprenait pas ce qu'il pouvait y avoir à Gringotts de si important. Il plissa des yeux. Regarda alternativement le visage de ses trois meilleurs amis (dire qu'il considérait Drago Malfoy comme tel !).
-Si vous m'expliquez pourquoi, je serais peut-être plus enclin à vous suivre.
-Harry, le supplia Hermione.
Une horrible pensée germa dans son esprit. Peut-être étaient-ils les trois « influencés » par le mage-noir qui leur échappait ? Pouvaient-ils être sous le sortilège de l'Imperius ? Ce n'était pas impossible – leur comportement était bizarre, ils semblaient terrorisés…
Dommage qu'ils n'aient pas pensé à cette éventualité et décidé de se donner des mots de passe. Pourquoi avaient-ils oublié de faire un truc aussi fondamental ? En plus ils ne pouvaient pas prétendre ignorer que c'était une pratique : ils avaient vu les membres de l'Ordre utiliser cette méthode de reconnaissance.
Ils étaient de bien piètres aurors.
-Entrez, on pourra discuter, déclara Harry qui sentait une terreur sans nom s'immiscer dans toutes les cellules de son corps. Il n'avait évidemment pas sa baguette sur lui. Elle était sur la table de la salle à manger, posée bien en évidence.
-Harry s'il te plait, déclara Ron.
Harry recula. Un pas. Tous ses sens qui, à force, s'étaient développés pour détecter les dangers divers, lui intimaient que quelque chose ne tournait pas rond. Il risquait de se faire assassiner par la main d'un de ses meilleurs amis (bien sûr, pas réellement par lui) s'il restait comme un crétin dans l'embrasure de sa porte.
-On ferait mieux de boire une tasse de thé avant, je vois bien que quelque chose vous préoccupe.
En essayant de paraître naturel, pour ne pas affoler le mage (ou les mages, évidemment) qui avait pris le contrôle de ses amis, il se retourna et s'avança vers le salon.
Cette petite manœuvre risquait de lui coûter la vie. Tourner le dos à des sorciers sous l'Impérius…c'était réellement une mauvaise idée. En même temps… ça n'avait rien de rassurant de savoir que Hermione, Drago et Ron avaient les trois succombés. Et Tom qui n'avait pas sa baguette et apparemment fait vœu d'abstinence pour une durée indéterminée. C'était vraiment une situation superbe.
À pas rapide il entra dans le salon où il lança un regard qu'il espérait très, très significatif à son petit-ami. Tom s'était relevé entre temps. Son visage avait une expression inquiète qui ne lui ressemblait pas beaucoup – il avait dû sentir que quelque chose sortait dramatiquement de l'ordinaire.
Si Harry s'était douté qu'il devrait un jour protéger Tom – désarmé – de ses amis… il aurait eu du mal à le concevoir.
Les pas résonnèrent dans l'entrée. Il se retourna vivement, inquiet – et toujours désarmé – . Il était entre le trio et Tom. Parfaitement au milieu, tel un bouclier inutile puisqu'il n'avait aucun moyen de se protéger. Il voyait sa baguette au centre de la table à manger – à quelques mètres de là où il se tenait.
Ils pénétrèrent dans la pièce à vivre. Hermione s'arrêta net. Dans d'autres circonstances, Ron et Drago lui seraient probablement rentré dedans, tant son geste fut brusque. Mais… Ils eurent exactement la même réaction.
Leur visage se décomposa. Une horrible terreur s'empara de leur traits et Drago sortit sa baguette. Harry se retourna, horrifié de voir ce qui – dans son appartement – pouvait provoquer une telle frayeur.
Et il croisa le regard de Tom.
Son visage était complètement neutre.
Ils savent. La pensée, impitoyable, s'immisça dans son esprit. C'était la seule explication à leur terreur. Non, pensa-t-il, en essayant de rattraper la certitude qui s'était abattue sur lui. Ils ne pouvaient pas avoir deviné, c'était impossible.
Certes Tom avait souvent été imprudent. Beaucoup de fois, en fait. Mais rien qui pourrait justifier cette terreur assurée chez ses amis. Il essaya désespérément de se raccrocher à sa première hypothèse. Pourquoi tenaient-ils tant à l'amener à Gringotts ?
Les lieux intéressants de la banque défilèrent dans sa tête : son coffre-fort, les gobelins, la casca –
La cascade. Évidemment.
-Accio baguette !
Harry vit avec horreur sa propre baguette, celle qu'il avait bêtement laissée sur la table s'envoler pour atterrir dans les mains de Drago. Ils étaient quittes. Harry lui avait pris la sienne, quelques dix ans plus tôt.
Et ils étaient désormais complètement désarmés. Une résolution aussi téméraire que terrifiée transforma le visage d'Hermione. Elle leva sa baguette :
-Finite Incantatem !
Le sort d'Hermione atteint Harry au niveau de l'épaule. Le léger choc lui fit faire un pas en arrière.
Un silence de plomb s'étira une seconde jusqu'à ce que…
-Non ! s'exclama Tom en faisant un pas dans sa direction.
Et oh, Harry comprit très bien ce qu'il venait de faire. Il venait de lui offrir une porte royale de sortie. Harry n'avait qu'à prétendre « reprendre ses esprits », prétendre être choqué ou traumatisé et Tom se ferait emprisonner alors qu'il serait considéré par tous les autres comme la victime d'un crime abject. Si tant est que ses amis avaient bel et bien compris ce qu'il se passait et qui ils avaient réellement devant eux.
Comment Tom pouvait-il penser qu'il accepterait ça ? Qu'il ferait passer son confort avant le reste ? Et serait-ce vraiment du confort de savoir que Tom serait enfermé à jamais alors qu'il pourrait continuer sa vie tranquillement ? Et quel genre de vie ça serait avec la culpabilité qu'il ne manquerait pas de ressentir ? Et surtout… Sans Tom ?
Harry se tourna lentement. Le visage de Tom était tordu dans une rage (que Harry savait factice) il était à quelques mètres de lui, figé dans sa fausse stupeur.
Il était prêt à le sauver en prétendant avoir manigancé ce plan machiavélique depuis des années. Quelle… générosité.
-Harry ? demanda Ron d'une petite voix qui ne contenait en rien son éclat jovial habituel.
Il balaya la remarque de son meilleur ami d'un geste :
-Tu n'es pas sérieux ? décida-t-il de dire à Tom après avoir tenté cinq fois de commencer une phrase.
Harry était effectivement scandalisé à l'extrême. Comment l'autre pouvait-il croire qu'il… Qu'il allait quoi ? Se précipiter vers ses amis en l'accusant de tous ses maux ?
Tom sembla surpris. Comme s'il avait réellement cru que ce serait effectivement le choix d'Harry. Qu'il… le trahirait pour ne pas avoir à affronter…
… Ce qu'ils devaient maintenant affronter. Désarmés.
-Harry ? Tout va bien ? réessaya Ron.
Manifestement, il ne pouvait pas croire, ne pouvait pas concevoir qu'Harry puisse ne pas avoir été contraint par un sort. Qu'il était dans cet appartement, avec Voldemort, de sa propre volition.
Il soupira. Il croyait en ses amis, il était persuadé qu'ils ne les abattraient pas. Qu'ils ne tueraient pas Voldemort sans que celui-ci n'ait droit à un procès. Est-ce qu'ils pouvaient fuir ? Non, pas contre trois sorciers armés quand ils n'avaient rien.
Harry supposait qu'il pouvait essayer de bluffer. Prétendre que Tom avait sa baguette sur lui. Il était à peu près sûr que Ron, Hermione et Drago ne feraient pas le poids contre lui. Peut-être chercheraient-ils à éviter le conflit, surtout maintenant qu'ils savaient que… Que Harry n'était pas là contre son gré.
Mais était-ce la vie qu'il voulait ? S'ils fuyaient maintenant…Il deviendrait un hors la loi. Il serait recherché, au même titre que Voldemort et... Bon Dieu, la société sorcière pourrait-elle se relever d'une telle trahison ? Si Harry Potter en personne décidait de tourner le dos au monde sorcier actuel et à ses valeurs ?
La plupart des sorciers n'avaient jamais compris qu'il n'avait, en réalité, rien de spécial. Ils pensaient sincèrement qu'il était l'élu, qu'il y avait une raison intrinsèque au fait que ce soit lui qui doive les libérer de l'emprise du mage noir. Ils ne réalisaient pas que… qu'il n'était personne. Que Voldemort s'était manufacturé de toute pièce son pire ennemi et l'instrument de sa propre chute.
Mais ils ne voulaient pas l'entendre. C'était logique – ce serait admettre que Voldemort les dépassait tous à un point inimaginable.
Mais Harry était d'avis que c'était la même chose que d'estimer que Voldemort ne pouvait être vaincu que par un seul homme. Au fond, le monde sorcier le savait bien – personne ne pouvait se dresser contre le mage noir.
Enfin. Il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait pas faire ça à ses amis, à leurs familles respectives, à la communauté sorcière. Une partie de lui se demandait si ce n'était pas son droit. Il était mort pour eux tous. Est-ce qu'il n'avait pas le droit de se dire merde et de se casser avec Tom, de trouver un chalet il ne savait où et d'y passer le reste de sa vie ?
Mais il ne serait pas Harry Potter si c'était réellement ce qu'il avait l'intention de faire, il supposait. Harry Potter faisait ce qui était juste, pas ce qui était facile. Et en voyant l'air affolé, terrifié de ses amis, il ne parvint pas à se résoudre à les abandonner.
Les abandonner à la peur, à l'incompréhension et au mage noir qui subsistait.
Il soupira. Sentit Tom se rapprocher de lui alors que les baguettes de ses amis se faisaient plus assurées dans leur direction.
-S'il vous plaît, commença-t-il.
-Tom Marvolo Riddle, vous êtes en état d'arrestation.
La voix d'Hermione manquait d'assurance. Le ton qu'elle avait employé était plus celui d'une question. Harry se décala légèrement pour se placer devant son petit-ami.
-Hermione, déclara-t-il sèchement.
Un avertissement. Mais il était désarmé – Tom aussi. Son avertissement n'était soutenu par rien. Le visage d'Hermione se tourna brusquement contre lui. Comme si elle avait reçu un coup violent. Ces mots avaient eu l'effet d'une gifle, en effet.
-Vous ne voulez pas vous asseoir ? Je comprends que vous soyez choqués mais
-Choqués ? Ron émit un petit rire : sa baguette oscillait entre Tom et lui. Choqués ? Harry tu ne peux quand même pas –
-Je peux essayer de vous expliquer, on peut en parler si vous vous asseyez !
Les baguettes d'Hermione et de Ron s'abaissèrent d'un centimètre. Tout espoir n'était peut-être pas perdu.
-On est morts si on baisse notre garde, la voix de Drago. Teinte d'une peur extrême contre laquelle il se débattait avec succès.
-Morts ? Si Tom avait voulu vous faire du mal il aurait eu l'occasion de le faire au moins mille fois ! rétorqua Harry qui ne concevait pas que ses meilleurs amis puissent avoir peur d'eux. De lui.
Il vit avec tristesse les baguettes remonter légèrement.
Et il réalisa avec une tristesse d'autant plus grande que…que lui n'osait pas tourner la tête pour échanger un regard avec Tom. Il sentait que la situation pouvait dégénérer à tout instant et qu'il était primordial qu'il ne quitte pas des yeux le trio.
-Il tue des gens, Harry. On doit l'arrêter.
Et il y avait dans le regard d'Hermione la peur absolue que lui aussi se soit mis à tuer des gens. Bon dieu.
-Ce n'est pas lui. Je peux vous le jurer, ce n'est pas lui qui provoque ce qu'il se passe en ce moment !
-Quand bien même, Il a commis des crimes. Il doit être jugé.
Harry fit un pas en avant. Il ne savait pas encore ce qu'il avait l'intention de dire, mais une chose était sûre : il allait dire quelque chose. Hors de question qu'il reste passif dans une situation comme celle-là.
Il ne vit même pas le sort. Il entendit juste une exclamation venant de Tom alors que le sort l'atteignait. Il se retourna, horrifié. Si Malfoy l'avait blessé ou… Ou pire, il ne garantissait rien –
Des cordes enroulaient le torse de Tom. Ses bras étaient pliés dans son dos.
-Relâche-le, tonna Harry.
Avec honte, il sentit des larmes lui monter aux yeux.
-Harry… déclara doucement Hermione.
La seconde d'après, des liens l'enserraient aussi.
Tom s'exprima pour la première fois :
-Vous n'êtes quand même pas sérieux ?
Il semblait accepter son arrestation avec calme. Un peu comme s'il s'était attendu à ce moment depuis toujours. Et Harry supposait que ça lui ressemblait bien, de s'être préparé à cette éventualité.
-Harry Potter, Tom Riddle, vous êtes suspectés d'avoir assassiné des moldus et profané des cimetières afin de créer des inferis.
Tom s'avança devant Hermione. Elle leva instinctivement sa baguette, même s'il était entravé et hors d'état de nuire :
-Que vous m'arrêtiez, que vous me soupçonniez je l'accepte. Mais Harry ? Après tout ce qu'il a fait pour vous ? Comment vous pouvez imaginer qu'il est responsable d'avoir–
-Silencio.
Tom ferma immédiatement la bouche. Des larmes coulaient le long des joues d'Hermione.
-Hermione, reprit Harry, essayant de donner un ton raisonnable à sa voix. il savait qu'elle sonnait hystérique, bien loin du calme dont il aurait voulu faire preuve : relâche-nous. On est les deux innocents et on est vos meilleurs éléments. Quelqu'un essaye de se faire passer pour Volde –
Drago se plaça devant lui, protégeant Hermione de son regard :
-Peut-être. Mais on est des aurors, Harry. Et on se doit de protéger la population britannique. Même si on a pas tous les mêmes priorités.
La pique blessa Harry bien plus qu'il n'aurait plus l'exprimer. Il pensait réellement que sa rivalité avec Drago était de l'histoire ancienne, qu'elle ne lui traverserait plus jamais l'esprit. Et pourtant, le voir devant lui, en train de l'arrêter, en l'accusant de ne pas avoir fait son travail ?
Il aurait pu se jeter sur lui. Peut-être avaient-ils bien fait de le ligoter aussi.
-On vous emmène au Ministère.
-Est-ce que tu es sûr que c'est ce que vous voulez faire ? M'arrêter et me pavaner au Ministère ? Vous feriez mieux de faire ce que vous avez à faire ici. Ce n'est pas comme si Tom ou moi on pouvait faire quoique ce soit, de toute façon, cracha Harry.
-Il n'a pas tort, commenta Ron : les gens vont paniquer s'ils pensent qu'Harry n'est plus dans notre camp.
-Où est la baguette de – de Volde -, Hermione grimaça, incapable de prononcer le mot devant Tom. Ron s'avança et palpa rapidement les poches du sorcier.
-Il ne l'a pas sur lui, conclut-il après son examen.
-Elle est où ? demanda brusquement Drago à Tom.
En guise de réponse, il lui adressa un sourire pincé quoiqu'empreint d'un terrible mépris. En jurant, Drago retira son sort et Tom déclara tranquillement :
-Je l'ai enterrée.
Trois exclamations choquées fusèrent.
-Comment ça enterrée ?
-J'ai pris une pelle, j'ai fait un trou dans le sol –
-On sait ce que veut dire le mot « enterrer », le coupa Hermione avec colère : Mais où ? et pourquoi ?
-Dans mon jardin.
-C'est vrai, ajouta Harry, désespéré de faire comprendre à ses amis qu'ils pouvaient faire confiance à Tom. Que les apparences étaient trompeuses et que personne n'avait rien à craindre les uns des autres.
-Tu crois à ces conneries ? demanda Drago avec horreur, comme si Harry était fou et naïf et stupide. Tu penses vraiment qu'il a enterré sa baguette dans son jardin ?
-Oui, répondit simplement Harry.
-Et la baguette de sureau ? demanda Ron qui était peut-être la seule personne de la pièce à ne pas être complètement hystérique : Où est-elle ?
-Je l'ai remise où je l'avais trouvée.
Un silence interloqué. Harry priait pour qu'ils réalisent, qu'ils comprennent que c'était une gigantesque erreur que de les arrêter.
-Il faut que quelqu'un aille vérifier, trancha Hermione.
-Et comment on pourra être sûr que ce n'est pas une fausse ? S'il y a bien une baguette là-bas ?
-Ollivander, répondit Hermione sèchement.
Harry jubilait. Le vieux sorcier serait capable d'affirmer qu'il s'agissait bien de la bonne baguette. Il pourrait prouver que Tom l'avait rendue sans aucune autre raison que…que parce qu'il avait changé de camp ? qu'il avait décidé de se retirer complètement du monde sorcier ?
-à votre place, je ne ferais pas ça.
Choqué, Harry se tourna vers son petit-ami qui s'était tranquillement appuyé contre un canapé. Il dégageait une assurance qui était peut-être l'expression de sa tension ou de son stress. Difficile à dire, mais en tout cas, il donnait l'impression d'avoir toutes les cartes en main. Comme si le fait d'être ligoté et arrêté ne le surprenait pas, pire même, que ça faisait partie d'un plan savamment orchestré. Harry, qui sentait des larmes couler le long de ses joues sans interruption, ne pouvait qu'admirer cette maîtrise.
-Pourquoi ? demanda Ron.
-Parce que, si vous la sortez, la faites expertiser, et la remettez ensuite, vous permettrez à un certain nombre de sorcier d'apprendre ce qu'elle est devenue. Elle sera convoitée et vous pouvez être sûr que d'ici quelques années, quelqu'un d'autre aura mis la main dessus et recommencera à se croire tout puissant.
-Alors que si on la laisse, on peut la laisser entrer dans la légende et –
-Et si Harry meurt sans que personne le tue, elle n'aura plus jamais de maître.
-C'est du bluff, cracha Drago : C'est du bluff et je suis sûr qu'elle n'est pas dans la tombe et que s'il y a une baguette, c'est une fausse.
Tom se contenta d'hausser des épaules.
Les deux Aurors et Hermione semblaient être pris entre deux feu.
-Emmenons-les au Ministère. Sans ébruiter l'affaire, proposa Ron : on pourra regarder avec Matthew et Ethel
Un ricanement sinistre s'échappa de Tom.
-Quelle excellente idée : impliquer des sorciers américains.
-La ferme, s'exclama Drago.
Il y avait tellement de haine et de rancœur dans sa voix. Bien sûr, Harry n'avait pas oublié ce que Voldemort avait fait subir à la famille Malfoy. Les tourments divers, les tâches impossibles, simplement par cruauté. Parce qu'il le pouvait.
Parce qu'il pouvait faire ramper l'une des familles sorcières les plus éminentes du monde.
Tom regarda tranquillement le blond. Harry ne voyait que son profil et ne pouvait donc que deviner l'expression de son beau visage. Il lui semblait qu'elle était tranquille.
Mais Drago en blanchit. Et il avait de quoi, il venait de dire au sorcier le plus puissant d'Angleterre de la fermer. C'en était courageux (ou stupide) à un point tel qu'Harry se dit que Drago aurait presque pu faire un bon gryffondor.
Hermione reprit la parole après avoir regardé Drago. Elle était fière de lui, Harry pouvait le constater. Peut-être que son mari souffrait encore des divers tourments infligés par Tom ? Peut-être que son « la ferme » représentait le témoignage d'une amélioration psychologique ? Harry n'en savait strictement rien mais il ne pouvait pas ignorer que pour Hermione, Drago était désormais plus important que lui.
C'était normal, c'était son mari et lui n'était « qu'un » ami…mais…
Mais c'était quand même douloureux.
-Ron a raison, emmenons-les discrètement, déclara Hermione : on pourra les interroger séparément.
Oui c'était logique. Son estomac se contracta : quand est-ce qu'il allait pouvoir revoir Tom ? C'était difficile à dire, et une partie monstrueuse de son cerveau lui indiqua qu'il ne le verrait peut-être plus jamais. Harry n'était pas expert en droit et il avait l'impression de n'avoir enfreint aucune loi mais…
Mais il avait sciemment caché un criminel. Cela faisait probablement de lui un complice.
Tom s'avança à grand pas vers lui. Son visage avait une tournure impassible mais Harry le connaissait trop bien, voyait la peur dans ses yeux, la colère dans le pli de sa bouche.
Il fit aussi un pas dans sa direction et, les deux ligotés, pressant désespérément leur torse l'un contre l'autre alors que leurs mains qui pourtant ne réclamaient que le corps de l'autre étaient liées dans leur dos, s'embrassèrent. Un baiser court et intense qui fut brisé par la voix choquée de Ron et d'Hermione :
-Oh mon Dieu.
Ils ne voyaient plus Harry embrasser son petit-ami, ils voyaient Harry Potter embrasser Lord Voldemort.
-Vas-y embrasse le, nargua Draco. Parce que ton prochain baiser sera celui d'un détraqueur.
Harry fit un pas en arrière, constata que Drago était absolument sérieux. Il se débattit, horrifié d'apprendre cette nouvelle mais Hermione l'avait déjà tiré contre elle et, l'instant d'après, ils étaient dans son bureau. Enfin. Son ancien bureau, si sa position pouvait indiquer quel serait son avenir professionnel.
Son bureau était exactement tel qu'il l'avait laissé la veille. Des dossiers étaient éparpillés sur toute la surface en bois. Une plume dont l'extrémité était criminellement mâchouillée trainait près d'une des nombreuses tasses à café qu'il utilisait.
Et pourtant, Harry était certain qu'il ne s'assiérait plus jamais là. Comment pouvait-il faire un tour du propriétaire alors qu'il venait d'apprendre ce qui allait arriver à Tom ?
-Vous ne pouvez pas faire ça ! s'exclama-t-il en tirant inutilement contre les liens qui lui mordait les poignets : Hermione, je t'en supplie, vous ne pouvez pas –
Elle lui lança un regard triste qui éteignit toute rébellion. Il y aurait un procès – probablement. Ce n'était pas aujourd'hui qu'ils allaient soumettre Tom à un détraqueur. Mais, à en voir le regard de sa meilleure amie, c'était bien la seule conclusion possible au règne de Voldemort.
-Et si on discutait ? demanda-t-elle. J'ai envie de te croire Harry, j'ai envie de croire que ce n'est pas vous – pas toi qui –
Elle pensait toujours qu'il était responsable de la mort des moldus. Alors qu'il avait souvent été avec eux lorsque les crimes s'étaient passés.
Mais évidemment, s'il avait été de mèche avec Tom, ils auraient très bien pu orchestrer un coup pareil.
Il s'assit, sentit la colère qui l'avait saisi plus tôt remonter dans son estomac :
-Très bien, tu veux qu'on discute ?
Elle hocha de la tête, un peu effrayée. Harry hocha de la tête à son tour. Trop de fois. Il devait donner l'impression d'être terriblement instable. Ron entra dans la pièce, blanc comme un linge :
-On l'a mis dans une cellule. Drago a appelé Ethel et Matthew : ils arrivent. Ça va Harry ?
Que Ron puisse lui poser la question, que malgré tout il – des larmes recommencèrent à couler le long de ses joues. Sa poitrine lui faisait désespérément mal. Pourquoi ne pouvaient-ils pas comprendre qu'ils étaient les deux innocents ? Et le traiter comme ça, comme si lui aussi, après avoir consacré son enfance et son adolescence à protéger le monde sorcier…tout ça pour finir entravé dans son propre bureau ?
C'était tellement injuste, tellement scandaleux.
-Je l'ai rencontré à l'Université.
Ron s'assit devant lui et Hermione fit de même. Au moins, ils semblaient prêts à écouter ce qu'il avait à dire. Il supposait que c'était toujours mieux que d'être mis dans une cellule sans même avoir le temps d'expliquer que… Qu'il n'était pas fou et qu'il ne les avait pas trahis non plus.
-Vous voyez ce genre de comédies romantiques qui passent vers Noël ? C'était exactement la même chose. J'étais pas hyper bien, j'habitais de nouveau chez les Dursley, il manquait un énorme bout de ma vie et tout à coup, je rencontre par hasard l'homme parfait ?
Il émit un petit rire. Hermione avait une main plaquée sur sa bouche :
-Franchement, j'étais tellement heureux, tout allait tellement bien ! On se comprenait à cent-pour-cent et en plus, il avait aussi perdu la mémoire ! C'était juste… tellement parfait.
Il inspira. Fusilla du regard ses deux amis qui l'écoutaient avec attention. Ce qu'il leur racontait n'était évidemment pas à la hauteur de ce qu'il avait vécu et ressenti. Mais dans les circonstances… il ne pouvait pas faire mieux. Il expira lentement, cherchant déjà les mots qu'il allait leur présenter :
-Et je suppose que vous savez déjà ce qu'il s'est passé ensuite ! On habitait ensemble, c'était une soirée totalement normale, on venait de se mettre au lit et –
Sa voix se brisa. Ça faisait des années maintenant. Littéralement. Et pourtant l'angoisse et l'horreur qui lui étaient tombé dessus était aussi fraiche que si c'était arrivé la veille. Et une partie de lui était encore endeuillée de cette période. De leur vie « d'avant ». Tout avait été…si simple.
-Je suis désolée Harry, déclara Hermione. elle pleurait : je m'étais toujours demandée pourquoi tu étais si mal mais –
-Ah oui, c'est sûr que c'est plus compréhensible maintenant, n'est-ce pas ? s'exclama Harry en se redressant : se rendre compte soudainement qu'on vient de passer quatre ans en couple avec l'assassin de ses parents, avec la personne qui a désespérément essayé de nous tuer depuis qu'on est né, ça –
Ses mots se mélangèrent dans un grognement impuissant.
-Bref, j'ai mis du temps à me pardonner à moi ce que j'avais fait. Et je ne comprenais pas pourquoi il ne m'avait pas tué tout de suite. Il m'avait mis complètement hors d'état de nuire, il avait la baguette de sureau, pourquoi ne m'avait-il pas tué ? Et il y a eu ce nouvel an –
-Celui où tu as couru chez lui comme un taré, compléta Ron, c'était la première fois qu'il intervenait depuis le début de son récit.
-Oui. Et j'y suis allé en me disant que j'allais tout vous dire, malgré ma honte, malgré ma culpabilité, et qu'on l'arrêterait et que je pourrais enfin passer à autre chose mais…, il inspira et expira plusieurs fois, la tête baissée. Il la releva soudainement : Tom était endormi sur son canapé. Je l'ai insulté, il s'est moqué de moi mais… Mais je ne voyais pas Voldemort, je voyais juste mon… la personne la plus importante de ma vie.
-Et tu lui as pardonné, termina Hermione en voyant Harry hésiter.
Il n'avait pas envie de parler de la souffrance de Tom, de l'état dans lequel il avait fini par le repécher. Il n'avait pas envie non plus de parler de son fils à lui, dont il venait d'apprendre l'existence. Tout cela ne lui appartenait pas.
-Oui, après quelques mois. Même en essayant désespérément de m'éloigner et de tirer une croix – je n'ai pas pu. Il se mit à sangloter : je l'aime tellement. Je suis désolé mais vous ne pouvez pas faire ça.
Hermione s'approcha de lui et l'enlaça timidement. Le début de son geste avait été précipité, assuré, un réflexe mais la fin…Elle avait dû réaliser qu'Harry ne voudrait probablement pas de son réconfort. En réalité, évidemment qu'il voulait son réconfort. Il avait besoin de ses amis – mais par-dessus tout il avait besoin qu'ils comprennent.
-Donc tu soutiens que vous êtes les deux complètement innocent…, Ron grimaça : de ce qu'il s'est passé depuis qu'on a retrouvé la mémoire ?
Harry hocha faiblement de la tête. La précision de Ron faisait sens : Tom était toujours coupable de tous les horribles actes, meurtres, tortures, et compagnie qu'il avait fait avant… Avant qu'ils ne perdent la mémoire.
Et il devrait en payer le prix.
Ils pensaient lui faire une faveur en l'assignant à domicile. Mais, en réalité, être seul dans leur appartement, en sachant que Tom était dans une cellule quelconque du Ministère… était une torture difficile à endurer.
Surtout que Tom n'était pas « parti », il lui avait été arraché. Il y avait encore du thé dans sa tasse, sur la table basse.
Les habits qu'il avait prévu de mettre dans la journée étaient toujours dans la salle de bain. Le côté de son lit était défait. Quelques indices qui soulignaient…Qui montraient qu'il n'était pas parti de son plein gré.
Comment pouvait-on être si triste en regardant une simple tasse ? C'était… tellement absurde, c'était une tasse, elle n'était différente en rien des dix autres tasses de l'appartement. Si ce n'était qu'il restait du thé dedans. Que Tom n'avait pas eu le temps de finir.
Et qu'il ne finirait sûrement jamais.
Est-ce qu'ils lui avaient proposé quelque chose à boire ? Cette interrogation lui serra le cœur d'une façon absurde.
Mais imaginer Tom, seul dans sa cellule, sans avoir ni à boire ni à manger… et pour quoi ?
Pour des crimes dont la gravité était immesurable.
Ils auraient dû partir. Ils auraient dû fuir à la seconde où ils s'étaient remis ensemble. Harry se tordait les mains, une minute sur le canapé, trente secondes devant la fenêtre.
Debout devant l'évier.
Cette cruelle hésitation, ce désœuvrement accablant prit soudainement fin.
Il repensait aux différents crimes de Tom. Ce qui l'amena à se souvenir de toutes les fois où il l'avait arrêté. Il repensa au parcours pour la pierre philosophale, à la chambre des secrets, au tournois des trois sorciers.
Au fait qu'il avait infiltré le Ministère de la Magie à quinze ans.
Il était Harry Potter. Il finirait bien par avoir une idée et il pourrait alors sauver Tom et ils s'enfuiraient. Peu importe s'ils passaient ensuite le restant de leurs jours comme des criminels. Il ne pouvait pas laisser Tom comme ça. Parce qu'au final, Harry Potter ne voulait pas – ne pouvait pas vivre sans Tom Riddle.
« Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre ne survit » mon cul, pensa-t-il.
Il essaya de passer la porte d'entrée. Impossible – et il n'avait pas sa baguette.
Est-ce qu'ils se rendaient compte à quel point c'était dangereux ? Le faux Voldemort pouvait débarquer comme il le voulait et il ne pourrait strictement rien faire. À part mourir comme son père, sans sa baguette, le dos droit.
Impossible aussi de sortir par la fenêtre. De toute manière, leur appartement était trop haut pour pouvoir sauter.
Il faut que j'appelle Hermione, se dit-il.
Ce qu'il fit immédiatement. Elle ne répondit pas. Il essaya Ron, essaya même Drago. Aucun d'entre eux ne daigna lui répondre.
Cette trahison le blessait au plus profond de son être : Ron et Hermione… ils l'avaient accompagné dans chacune de ses « aventures », dans chacun de ses plans complètement idiots... C'était un miracle qu'ils soient les trois encore en vie.
Qu'ils l'abandonnent comme ça…Qu'était Harry sans Ron et Hermione ?
Mais…était-ce réellement eux qui l'avaient trahi ? N'était-ce pas plutôt l'inverse ? Hermione avait perdu ses parents, ils étaient toujours en Australie, Ron avait perdu un frère et une sœur.
À cause de Voldemort.
Et ils apprenaient maintenant qu'Harry avait su où se terrait l'homme qui avait brisé la vie de tant d'innocent et qu'en plus de le cacher il avait… il avait couché avec. Vécu avec.
Harry essaya vaguement d'imaginer ce qu'il aurait pu ressentir si c'était Hermione qui avait rencontré Tom et – en dépit de l'orientation sexuelle de ce dernier – que ce soient eux qui aient décidé d'être un couple.
Impossible de faire abstraction de ses sentiments et de ce qu'il savait. Il essaya encore, pensa à la haine qui l'avait habité… Mais était-ce de la haine ? Lorsqu'il s'était mis en route pour la forêt interdite, est-ce qu'il avait ressenti de la haine ?
Il était persuadé que non. Il avait eu de l'empathie pour le mage noir – si perdu dans les ténèbres qu'il n'avait pas compris qu'il serait sa propre chute. Pourquoi avait-il ressenti de l'empathie pour un monstre pareil ? Il pensa à l'horcruxe qu'il avait été pendant toutes ces années. Il y avait bien eu un lien entre eux. Peut-être avait-il ressenti, à l'époque, la souffrance du bout d'âme échoué en lui ?
Probablement pas. Il était probablement en train d'essayer d'innocenter Tom ou de rendre Voldemort une figure plus tragique qu'il ne l'était.
Il pouvait comprendre ses amis.
Il rappela Hermione. Cette fois, après deux sonneries, elle répondit :
-Harry ? sa voix était fatiguée.
Harry ne savait pas trop ce qu'il avait l'intention de lui dire. Jusqu'à ce que les mots sortent naturellement :
-Hermione, laisse-moi le voir, vociféra-t-il : Vous me devez bien ça ! Hermione avant qu'il ne soit formellement arrêté, laisse-moi le voir ! je t'en prie
À l'autre bout du combiné, il n'y eut aucune réponse pendant quelques secondes. Hermione qui suivait les règles, qui faisait toujours ce qui était juste. (qui avait enfermé Rita Skeeter dans une bouteille pendant des semaines). Elle était inflexible. Harry le savait bien. Voldemort ne méritait pas de voir Harry une dernière fois avant d'être formellement arrêté.
Ils auraient dû s'enfuir, pensa une nouvelle fois Harry. Ils auraient dû quitter l'Angleterre dès qu'il avait décidé de recommencer avec Tom. C'était la pire erreur de sa vie.
Il entendit un soupir à l'autre bout du combiné.
-D'accord, murmura-t-elle.
Hermione vint le chercher quelques minutes plus tard. Les cernes sous ses yeux étaient grotesques. Malgré lui, malgré sa colère et le sentiment d'injustice qui l'habitait depuis le début de la soirée, Harry lui demanda :
-Tout va bien ?
Elle lui répondit par un sourire ironique :
-Aussi bien que quelqu'un qui doit gérer une crise pareille.
Il y avait une pointe d'humour dans son ton. Et même si elle le regardait toujours comme s'il était un étranger, ou comme si un être malfaisant avait décidé de prendre son apparence et de se faire passer pour lui, Harry reconnu une mince branche d'olivier.
Il essaya de sourire, remarqua qu'il n'y arriverait pas.
-Quelle est la situation ? demanda-t-il.
Hermione détourna les yeux. Regarda intensément la fenêtre qui se trouvait à sa droite. Elle ne donnait sur rien d'intéressant, juste l'immeuble d'en face. Rien qui justifie cet intérêt.
-On a rassemblé l'équipe. Et mis au courant McGonagall et Kingsley.
-Tu leur as tout dit ? demanda Harry, horrifié.
Il n'avait même pas pensé à ça. Que le procès de Voldemort serait un peu aussi le sien.
Hermione hocha brusquement de la tête :
-Désolée. Nous n'avions pas trop le choix.
C'était bien un signe. Signe que la machine était lancée. Que Tom était bien arrêté et que les conséquences de ces actes qui, jusqu'à présent, étaient uniquement psychologique, prendraient une tournure officielle prochainement.
-Allons-y, répondit Harry.
Comme plus tôt dans la soirée, Hermione lui attrapa le bras.
Ils étaient dans une salle qu'Harry ne connaissait pas. Ce n'était pas surprenant, il était loin de prétendre avoir visité le Ministère dans sa totalité. Le plafond était en pierre, de même que les murs. La pièce était composée de petites voutes soutenues par des arches de pierres.
Elles pouvaient être découpée en neuf petit carrés distinct. Huit d'entre eux étaient totalement ouvert les uns sur les autres. Matthew et Ethel, excités, faisaient voler des quantités de parchemins assez impressionnantes. Drago était penché sur un parchemin en particulier. Ron et Minerva se tenaient près du dernier carré. Celui qui était, de toute évidence, une cellule.
Dans laquelle était tranquillement assis Tom. Voldemort.
Tous les visages convergèrent dans leur direction lorsqu'ils entendirent le « pop » caractéristique d'un transplanage.
Ethel et Matthew lancèrent un regard horrifié à Harry. Il aurait dû s'y attendre. Comment considérer autrement celui qui a « trahi » le monde sorcier ?
C'était bel et bien ce qu'il avait fait.
Ce serait des problèmes pour plus tard. À pas vif, il s'approcha de Tom qui se leva également.
Il avait bien deviné. Il n'y avait qu'une simple chaise en plastique, inconfortable et bancale, dans sa cellule. Rien d'autre. Ni à boire ni à manger.
Harry se pressa contre le mur invisible qui le séparait de son petit-ami. Quel cliché, enfermer le criminel dans une cage transparente.
-Est-ce que ça va ?
Il avait des milliers de choses à lui dire, évidemment. Qu'il l'aimait, que Tom lui manquait déjà, qu'il ne savait pas quoi faire sans lui, qu'il le sortirait de là – mais étrangement, s'assurer de son bien-être était la priorité. Ce qui n'était, en réalité, pas étrange du tout.
Et Tom avait l'air parfaitement bien. Dans cette salle en pleine effervescence, ou tous semblaient au bord d'une crise de nerf, il semblait tranquille, assuré.
Encore un cliché, pensa Harry avec amertume. Le méchant serein et sûr de son coup.
Il sentit une main sur son épaule, il se retourna, agacé qu'on détourne son attention de Tom. Mais en voyant à qui appartenait le propriétaire de la main, son énervement disparût. Minerva McGonagall.
Et soudain, il eut honte. Pour la première fois de la journée, il eut honte de ce qu'il avait fait. Face à cette femme qui avait était témoin des deux guerres. Qui avait perdu des connaissances, des élèves, des amis à cause de l'homme auprès de qui il venait de se précipiter.
Il allait s'excuser mais, contre toute attente, elle le serra brièvement contre elle. Elle avait perdu du poids. Elle avait toujours été mince, donnait presque l'impression d'être sèche de cœur et de corps – ce qu'elle n'était évidemment pas – mais là…Harry voyait pour la première fois à quel point elle était âgée.
Et Tom était son ainé.
Dans l'étreinte de son professeur, il eut soudain désespérément envie de pleurer. Mais elle s'écarta et le tint à bout de bras, les deux mains vissées sur ses épaules.
-ça aurait pu être n'importe qui. elle lui sourit faiblement.
Harry comprit le sens de sa phrase. Elle lui pardonnait d'être « tombé dans le panneau ». D'avoir cru que Tom avait changé. Mais il avait changé ! eut-il envie de crier : il n'est pas le même –
-Harry, il faut que je te ramène chez toi.
La voix d'Hermione était douce. C'était rare, témoin du côté exceptionnel de la situation.
-Non ! s'exclama-t-il.
Il regarda Tom, apeuré. Apeuré que ça soit la dernière fois qu'il puisse le voir, que cette « fleur » qu'on venait de lui faire serait la dernière. Il n'avait pas dit le millième de ce qu'il voulait exprimer et –
Hermione s'avança vers lui. Il se plaqua contre le mur invisible, essayant d'échapper au contact qui serait synonyme de transplanage.
Lorsque Neville entra précipitamment dans la pièce :
-La marque des ténèbres ! s'exclama-t-il à bout de souffle : elle est apparue en ville.
C'était comme s'il venait de lancer un pétrificus totalus à toute la pièce.
-Je vous l'avais dit ! s'exclama Harry : ce n'est ni lui, il montra fiévreusement Tom du doigt, - ni moi !
-Il pourrait avoir ordonné de lancer une attaque s'il disparaissait, pointa Hermione en fronçant des sourcils.
-Où est-ce qu'elle est apparue ? demanda Matthew.
Neville, qui s'était penché pour reprendre son souffle déclara :
-Dans la banlieue. Apparemment au-dessus d'un foyer pour enfants.
Harry avait ressenti un triomphe victorieux. Le faux-Voldemort avait commis un crime alors que Tom était hors d'état de nuire, sous la surveillance des aurors les plus compétents du Royaume-Unis.
Ce sentiment disparut.
Tom et lui échangèrent un regard. Il n'y avait plus la moindre trace d'assurance sur le visage de son petit-ami. Il était blanc comme un linge, ses yeux cherchaient désespérément à être rassurés.
Harry se détourna et se précipita vers Neville. Il le saisit par son pull :
-Où ça ? NEVILLE !
Il secoua son ami.
Bien sûr, ça pouvait être une simple coïncidence. Que le faux-Voldemort attaque un foyer pour enfant alors même qu'Harry et Tom venaient de passer la majeure partie de leur après-midi dans l'un d'entre eux. Que le fils de Voldemort habitait dans l'un d'entre eux.
-Quartier d'Holloway je crois –
Quelqu'un cria un « non » déchirant. Harry ne savait pas si c'était lui ou Tom. C'était vraisemblablement les deux. Il pensa au petit garçon qu'il avait laissé plus tôt dans la journée, à qui il avait promis de revenir.
-Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? Ron était devant lui, le tenait de la même manière que Minerva l'avait fait quelques secondes plus tôt. Harry sentait que son meilleur ami était à deux doigts de le secouer.
Harry regarda Tom, il était à genou dans la cellule, le visage entre les mains.
-On a découvert aujourd'hui – il sentit sa respiration se couper dans son torse – que Tom, ici présent, avait un fils. Qui vivait dans un foyer –
Ethel émit un bruit horrifié.
-Rendez-moi ma baguette, reprit Harry. il se tourna vers ses amis, repoussant les bras de Ron : il faut qu'on y aille maintenant. Rendez-moi ma baguette, reprit-il, ou je serai mort avant demain matin.
Tous les sorciers de la pièce échangèrent un regard.
-Vous ne comprenez pas ?
Il avait envie de tous les secouer, de leur faire comprendre que ce n'était pas un hasard, qu'ils venaient d'arrêter Tom –
L'attaque du foyer ne voulait dire qu'une seule chose : qu'ils (qui qu'ils soient) étaient prêts. C'était une provocation. Provocation le soir où Tom était enfermé et complètement impuissant.
-C'est peut-être du bluff, essaya Drago
-Tu te fous de ma gueule ? s'exclama Harry. il était à deux doigts d'en venir aux mains : comment tu peux dire ça ?
Il pensa aux autres enfants du foyer, à l'éducateur. À Tom.
Il espérait que ça avait été rapide. Il aurait dû le prendre avec lui, bon sang pourquoi avait-il hésité ?
-Je n'aurais jamais tué mon fils.
Tom s'était relevé. Harry sentit pour la première fois… les vagues de magie qui émanaient de lui. Instinctivement, il fit un pas en arrière. Il était assez persuadé que le mur magique qui emprisonnait Tom était censé contenir toute manifestation magique.
-Le sang mort ne sert à rien. Même à l'apogée de mon pouvoir, je n'aurais jamais gaspillé une telle ressource.
C'était horriblement cynique. Garantir qu'on n'aurait jamais tué son enfant parce qu'on aurait voulu utiliser son sang pour faire de la magie noire…Mais c'était un argument convaincant.
-Il faut qu'on y aille. reprit Harry : et rappelez tous les aurors. Je pense qu'on risque de découvrir ce soir ce à quoi servaient tous les cadavres.
Neville hocha de la tête et détala hors de la pièce.
Un tsunami de reconnaissance s'abattit sur Harry. C'était tellement injuste qu'il n'ait jamais considéré Neville comme un ami au même titre qu'Hermione et Ron, alors que c'était lui qui lui avait toujours été le plus fidèle.
-Mais comment ils ont pu savoir ? demanda Ethel. Si vous y êtes allés aujourd'hui, comment ils ont pu faire le lien ? Et s'attaquer spécifiquement à … à votre fils ? demanda-t-elle en se tournant vers Tom.
Harry et Tom échangèrent un regard. Ça parût soudainement évident.
-Simon Angels. Essaya Harry.
Tom plissa des yeux. Puis répondit :
-Non. Impossible, je l'aurais su.
Impossible ? Pourtant c'était lui qui avait engagé Tom pour retrouver l'enfant capable de parler aux serpents et –
Non.
Non. C'était quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui s'était retrouvé dans un cimetière à des kilomètres de Londres avant d'apparaitre miraculeusement à Londres à peine quelques heures plus tard.
Quelqu'un qu'il avait croisé dans le foyer plus tôt dans la journée.
Quelqu'un qui se faisait passer pour une moldue.
-Olivia, déclarèrent de concert Tom et Harry.
RAR
Marie : Merci beaucoup ! J'espère que ce chapitre ne t'aura pas trop déçue ! Merci d'avoir pris la peine de me donner ton avis, c'est hyper précieux :)
Dialmonds: Olala, j'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue ! Merci beaucoup (!) d'avoir pris la peine de me laisser un commentaire. Honnêtement, je vis pour ça haha. Merci pour tous les compliments, j'espère que ce chapitre ne t'aura pas (trop) déçue.
Dia: Merci d'avoir pris la peine de me laisser un commentaire ! J'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue !
Guest: Merci infiniment pour le commentaire ! Et je suis ravie si tu trouves que c'était une bonne idée de faire un chapitre spécial Voldemort haha. J'ai longuement hésité mais je voulais pas qu'il y ait de doute pour la fin... Quant à s'il était coupable ou pas... haha. Le pauvre, il a déjà suffisamment souffert dans cette histoire pour que j'en rajoute encore une couche haha
Missgrindy451: merci INFINIMNEnt pour le commentaire ! Je suis flattée si tu apprécies cette modeste fanfiction ! J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes :)
Rose: merci beaucoup d'avoir pris la peine de me laisser un commentaire ! Olala et je suis contente si le chapitre précédent t'a plu ! J'étais vraiment pas sûre de mon coup du tout haha. :) Pour les passages tristes... j'avoue que c'était le but. Ah ! Je suiis aussi trèèèèès contente si c'est ce que tu t'imaginais de sa part ! Encore merci, c'est toujours super d'avoir les avis des lecteurs MERCI
Guest: merci INFINIMENT pour le commentaire ! Je suis vraiment flattée si tu apprécies mon style haah. Je vais rajouter ça dans mon CV. J'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue!
Guest : merci infiniment ! Je suis contente si tu as apprécié. Haha deux jours ! Wow je suis impressionnée haha ! J'espère que ce chapitre ne t'a pas déçue. Et je suis ravie si tu trouves que c'était une bonne idée de mettre les pensées de Voldemort - j'avais vraiment un gros doute là-dessus.
Guest : MERCI d'avoir pris la peine de me laisser un mot ! MERCI!
Marion: Franchement, je pourrais commencer cette réponse de la même manière que tu as commencé ton commentaire : je-waouh! merci infiniment pour ton commentaire ça me fait vraiment plaisir! je suis trop contente si c'est un de tes chapitres préférés... Franchement j'étais tellement pas sûre de moi haha ! Skaelds a du me materner haha ! J'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue !
Cela va sans dire que je remercie aussi les personnes inscrites qui ont laissé un commentaire. Honnêtement ma gratitude est indescriptible ! Sachez juste que c'est hyper motivant et que ça met du soleil dans ma journée (ha ha ha et on a tous besoin de soleil en novembre pour lutter contre la dépression saisonnière!)
Je serais vraiment très curieuse de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre :)) donc n'hésitez surtout pas à m'insulter (ou autre, à votre guise) pour me donner votre ressenti/avis.
:) - (c'est ma tête après avoir posté cette abomination)
