Cette histoire est un GROS TEST. Lisez les Trigger-Warnings, ils ne sont pas là pour faire joli.
C'est du torture porn à 200%, si vous vous attendez à de l'intrigue, à une réflexion quelconque passez votre chemin. Je le dis pour vous, sérieux, c'est pas un « joli texte » du tout.
TW : gore, cannibalisme érotisé, PWPWP (Porn Without Plot Without Porn)
Le goût, bis
Carence
Du fer.
Des carences en fer, c'est ce que le médecin avait dit.
Tu n'avais jamais mangé quelqu'un.
Quelqu'un dont tu savais que c'était quelqu'un, s'entend.
Le médecin avait dit, des carences en fer, c'est pour ça que tu grandis pas.
Et ça t'avait sauté au visage comme une araignée géante.
Tu savais que tu devais.
Il avait ce profil Grindrr. Une photo de lui habillé en noir – à peine habillé, vraiment, le plus lourd vêtement qu'il portait ça devait être ses cuissardes.
Vampire cherche repas.
Et il t'avait plu, comme ça d'un coup, et tu t'étais dit non, puis tu t'étais dit oui, puis tu avais envoyé une photo de toi et un message :
Échange équivalent ?
Il avait répondu :
Tu veux quoi ? J'ai pas de bite, j'encule pas.
Et t'avais répondu :
Goule cherche repas.
Et il t'avait envoyé son adresse et attaché sur une chaise.
C'est son tour sur la chaise, aujourd'hui.
Il est assis les jambes écartées, ses pieds font sonner les chaînes quand il les bouge.
Tu te demandes comment t'as pu avoir le courage d'arriver jusque là.
Tu comprends pas.
T'as encore envie, mais ta morale te bloque.
Si tu manges, tu tues.
C'est normal. La moindre des politesses.
Mais lui il est vivant, et il a bien l'intention de le rester, et t'as quand même bien l'intention d'en goûter un bout. Il sent bon.
La pièce, elle, sent bizarre. C'est plein d'odeurs de sang mélangées, et ça te fait froncer le nez. Et te voir froncer le nez ça le fait ricaner.
« Quoi ? Tu veux plus ? »
Ses poignets sont attachés dans son dos, tu frémis. Si, tu veux. Tu regardes la table à côté de la chaise. Les pinces, les couteaux, le briquet. Des bouts de verre. Ils t'attirent. Il suit ton regard.
« Je les aime bien aussi. Allez. Fais pas ta flipette. »
Tu en attrapes un. Tu le fais glisser entre tes doigts, lentement. Il se penche vers toi. Il te provoque.
« Minus. »
Tu voulais prendre ton temps, raté, parce que ton sang n'a fait qu'un tour et déjà tu as senti la chair s'écarter sous ton coup, transpercée par le bris de verre. Tu ne contrôles pas, tu ne fais pas exprès, c'est le bruit qui te fait saliver, et l'odeur qui d'un coup est plus forte et le cri qui rugit. Tu lâches l'arme de fortune, tu la laisses là. Elle empêche le sang de couler, toujours enfoncée dans la cuisse blanche.
« Tu vois quand tu veux. »
Tu te penches sur lui, tu attrapes sa bouche. Tu l'embrasses ou il t'embrasse, ce n'est pas bien certain, en tout cas il a le goût du sang d'un autre et tu dois avoir le goût de la chair d'un autre parce qu'il brise les chaînes de ses mains pour t'attirer plus près, tenir ton crâne, t'empêcher de bouger quand il te mord la lèvre mais tu es plus rapide pour une fois. Une petite déchirure, à la commissure de ses lèvres, et il s'immobilise. Tes dents tiennent fermement la chair. Il attend. Tu voudrais lui demander de supplier, mais il ne pourrait pas. Tu passes ta langue sur la chair, tu mords plus fort, et il gémit, tu mords encore plus fort et il recule la tête par réflexe et ça tire la chair et la déchirure s'agrandit, et tu suis le mouvement. Tu ne veux pas aller trop vite mais il tire tes cheveux.
C'est seulement la troisième fois que vous vous voyez, et pourtant tu crois avoir déjà compris son langage. Tu serres la mâchoire autant que tu peux, et quand tu en as presque mal aux dents tu t'écartes, d'un coup, c'est du fer dans ta bouche, seulement du fer et son menton est rouge, moitié sang moitié chair. Ses dents du bas sont nues, et tu prends entre les doigts sa lèvre qui a rougi sous tes dents.
C'est méconnaissable. Un petit bout tout rouge, tout mou. Il te fixe. Il te fixe quand tu lèches pour nettoyer le sang – rapidement, c'est loin d'être ce que tu préfères, quand tu presses la chair entre tes mains pour faire couler les gouttes rouges. Et maintenant tu peux croquer.
Découvrir.
C'est différent, cru. Cru et pas froid. C'est encore tiède de sa vie, presque la même température que ta langue et c'est enivrant. Ça goûte le sang et autre chose, et de ta vie jamais tu n'avais goûté la chair d'un vampire. C'est une bonne ressource, pourtant, et déjà tu vois les muscles arrachés qui se reforment. Tu poses le doigt dessus, et il claque sa langue contre ses dents. La chair se referme autour de la tienne et quand il a à nouveau deux lèvres il dit :
« Ça pique. »
Et tu avales. Tu observes ton doigt, qui n'est plus sur mais dans son menton, tu essaies de bouger. Tu l'arraches de là, et il ricane. Tu mâches, avales, et tu as encore faim.
Tu reviens ver lui, tu passes la main sur sa cuisse. Autour du bout de verre, aussi, la chair a cicatrisé. Alors tu en prends un autre, mais cette fois tu prends le temps. Tu le sens frémir quand tu passes le côté coupant sur la peau, à peine. Puis les dents. La langue. Son goût a changé. Il est plus pressé. Tout dans la pièce est plus humides et tu remontes vers l'intérieur des cuisses et sa voix t'arrête.
« Wow. Si tu bouffes ici, c'est sans les dents. »
Tu sais. Vous en avez discuté. Tu remontes, la main tenant le bout de verre sur sa cuisse, tu ouvres la bouche sur sa taille, et tu t'arrêtes d'un coup. Tu te dis que tu ne devrais pas. Tu recules.
« Qu'est-ce que tu fous ? »
Tu ne crois pas que tu as fait ça, que tu allais continuer, tu te recules encore. Il fronce les sourcils.
« Eh, tu vas pas me laisser en plan ? »
Ta respiration est plus haletante qu'avant. Il se lève. Il laisse tomber la chaise dans un bruit qui claque. Il t'attrape le menton. Debout, il te dépasse de plusieurs centimètres.
« C'est quoi ton problème ? »
Tu as encore son goût sur ta langue, et c'est peut-être la faim, c'est peut-être ses yeux, ou peut-être c'est qu'il est debout et plus assis, les mains sur toi et plus attachées, mais d'un coup ça va. D'un coup ça va et tu peux l'embrasser, et il essaie de mordre mais c'est ton tour alors tu mords l'oreille, c'est du gâchis. T'aimes pas ça, le cartilage. Alors tu mords l'épaule plutôt, la poitrine, la peau fine sur les côtes et bientôt c'est dans ton poignet qu'il y a un bout de verre et tu te débattrais bien mais il te regarde alors tu peux seulement mordre plus fort. Il boit salement, en plus, il y en a plein ses lèvres et son menton, et même sur son nez. Tu ne dois pas être mieux. Il sourit rouge.
« Tu goûtes moi. »
Et tu le laisses boire, pour voir si lui aussi, il goûtera toi après ça. On dit qu'on est ce qu'on mange et tu te demandes, si vous faîtes ça longtemps, longtemps et souvent, si arrivera le moment étrange où vous ne saurez plus qui est qui, où tu seras jaloux de lui et où il mangera ta chair, où tu boiras du sang et où il portera ton manteau rouge. Peut-être dans dix ans, on retrouvera vos corps si mêlés, si déformés, si brisés qu'il sera impossible de vous reconnaître. Tu goûtes la chair de sa joue. Oui, c'est vrai. Il goûte toi.
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Je sais pas, OK ?
J'essaie et je sais même pas ce que j'en pense. Si vous avez lu, quel que soit votre avis, je prends ! Même si vous trouvez que ça n'avait aucun intérêt, je prends (fin si vous trouviez un truc positif dans lequel creuser où une raison pour laquelle ça avait pas d'intérêt c'est mieux) !
Voilà.
Sur ce il est bientôt quatre heures alors je vais gentiment me pieuter.
