Chapitre 10 – Joyeux anniversaire!

Préoccupée par le sort de Jack, Mérida était allée s'assoir seule à la table des Gryffondors en attendant que les autres élèves de sa maison la rejoignent. Jack avait eu l'autorisation de l'infirmerie d'aller se coucher et devait rester au lit pour la prochaine semaine. Aucun cours et aucun entrainement ne lui étaient permis. Il resterait même à l'infirmerie ce soir-là pour être en observation. Il semblait que Jack avait subi un très grand coup sur la tête, ce qu'ils savaient tous déjà, mais que seul le temps pouvait réparer ce type de blessure. Même la magie connue à ce jour n'était pas efficace. La jeune fille parcourait donc son livre de runes que Raiponce lui avait donnée de sa part et celle de Jack. Il était beaucoup plus facile à comprendre que ses notes brouillonnes, que celles affreuses d'Harold et même que celles de Raiponce, qui semblait être la seule à fournir un effort pour la qualité de ses notes.

Samuel apparut soudain en face d'elle. Depuis le début de l'année, le né moldu se tenait beaucoup avec Mérida lorsqu'elle n'était pas avec ses amis. Si, au départ, elle avait trouvé ça étrange, elle s'était souvenue de la mort de sa famille l'année précédente à la guerre. Elle se disait qu'il devait croire qu'elle aussi, en tant que née moldue, pouvait partager un peu de l'angoisse de ce conflit. Mérida n'était surement pas la mieux placée n'ayant perdu personne de proche d'elle à cette guerre, mais Samuel et ses amis étaient amusants, alors elle appréciait bien se tenir avec eux dans la salle commune ou lors des rassemblements officiels.

« Hey ! Joyeux anniversaire DunBrush ! Ça va ? Tu lis quoi, comme ça ? »

« Bien. C'est Raiponce et Jack qui m'ont donné ça pour ma fête. C'est un livre pour tirer les runes. »

« Ah trop bien ! C'est vrai que je te vois souvent dans la salle commune jouer avec ton sac de runes. »

Mérida fit un étrange sourire. Est-ce que Samuel insinuait qu'il l'espionnait lorsqu'elle tentait de réviser dans la salle commune ? Elle trouvait ça étrange. Elle n'eut pas le temps de s'attarder davantage, puisqu'un groupe de Serpentards fit un détour pour passer près d'elle et lui jeter en rigolant :

« Sang de bourbe. »

Mérida se retourna, la baguette en main vers eux. Ils devaient être en troisième année environ, puisque l'un d'eux perdit son sourire en voyant la mine de la lionne, ou plutôt... celle de Samuel qui s'était levé lui aussi. Mérida ne put s'empêcher d'être agacée. Agacée qu'ils eussent peur de Samuel, mais pas vraiment d'elle. L'élève à la tête qui ressemblait beaucoup aux Black et qui devait donc sans doute en être un leva le menton.

« Redis ça pour voir », siffla Samuel, volant du même fait la réplique de Mérida.

« Vous n'êtes que deux minables sangs de bourbes et je n'ai pas peur de le dire, même à toi, Henry. »

Mérida leva sa baguette, mais Samuel baissa soudainement la sienne avec un coup d'œil aux enseignants qui ne semblaient pas encore les avoir remarqués, mais ça ne saurait tarder. Mérida, elle, ne voulait pas baisser la sienne. Elle s'en fichait d'une retenue supplémentaire, elle les cumulait, de toute façon, depuis le dernier mois à cause de ces stupides petites vermines.

« Rassis-toi Mérida, ils n'en valent pas la peine. »

Samuel lui mit une main sur l'épaule, mais la rousse ne bougea pas, c'était tellement tentant de colorer tout le visage en rouge et or à ce petit imbu de lui-même. Il ferait bien moins le malin avec les couleurs de la maison des lions devant toute sa maison.

« Écoute le DunBrush. Mieux vaut que tu n'attires pas l'attention sur toi et ta stupide personne. Tu l'as déjà fait assez en t'attaquant à Alphart. »

« Tu ravaleras tes paroles tôt ou tard, Black », lança Samuel.

« Ton frère a juste à venir m'affronter en face s'il le souhaite ! À moins qu'il soit trop honteux d'avoir été volé par un enfant, un moldu, de quatre ans ! »

Si Mérida espérait choquer les Serpentards, elle ne s'attendait pas à ce qu'ils éclatent de rire.

« Tous les Black ne sont pas des frères et soeurs, c'est mon cousin du second degré, tête de troll. T'es vraiment pas une lumière, hein Dunbrush ? Bulstrode nous l'avait pourtant dit, mais je croyais qu'il exagérait, faut croire que non, haha. »

Juste au moment où Mérida allait pulvériser ce stupide petit Black à la famille compliquée, Brûlopot passa juste à côté l'obligeant à lui faire baisser en vitesse la baguette.

Le Black et ses amis en avaient profité pour fuir comme des lâches à leur table. Mérida serra les dents, hésitant à les poursuivre, quitte à sauter par-dessus la table des Poufsouffle et des Serdaigles pour aller plus vite, mais Olive, qui venait d'arriver, interrompit ses pensées :

« Par Merlin, Mérida, t'en fais une tête... »

Samuel lui jeta un regard inquiet et lui chuchota :

« T'auras un moment pour te venger, soit patiente. »

La gryffonne avait l'impression que des volutes de fumée de colère émanaient d'elle. Ça lui prit un moment avant de reprendre sa respiration et se rassoir en face d'Olive et Élizabeth et à côté de Samuel. Visiblement, elle n'était pas la seule dans tous ses états. Élizabeth arborait une mine étrange. Elle les questionna du regard. Olive leva les yeux au ciel. Agacée, Mérida demanda froidement :

« Mais qu'est-ce qui se passe avec vous deux ? »

« Pas la peine de t'énerver, Mérida… » siffla Olive « Élizabeth voulait juste te demander ce qui s'était passé avec Jack… »

« Overland ? » demanda Samuel, d'un drôle de ton.

Mérida n'eut pas le temps de noter, puisque Élizabeth s'exclama, visiblement stressée :

« Oh oui ! On vous a vu entrer à l'infirmerie avec lui ce midi ! Il avait l'air vraiment pas bien ! Et là, il n'est pas dans la Grande Salle ! Qu'est-ce qui se passe ? »

« Pourquoi ça t'inquiète ? » demanda Mérida surprise, laissant de côté pour l'instant l'épisode Serpentard, « Tu ne lui parles jamais… »

« Bien sûr que si, voyons ! Il est tellement charmant avec moi ! Je suis certaine, qu'il, qu'il… a des sentiments, tu vois ? »

Mérida pouffa, mais s'arrêta en voyant qu'Élizabeth était sérieuse. Elle toussa donc, faisant passer son hilarité pour une vulgaire toux et elle dit :

« Il est blessé, effectivement. »

« Mais il a quoi ? Quand va-t-il aller mieux ? »

« On ne sait pas ce qu'il a. Il s'est cogné la tête en tombant dans un... euh, de son balai au début de l'année et ça a empiré. Et puis, Monsieur Jones a dit qu'il serait minimum une semaine couché. »

Mérida tentait d'être le plus informative possible, sans laisser l'inquiétude transparaitre dans sa voix, mais ce n'était pas facile. En plus, elle sentait le regard préoccupé de Samuel sur elle. Comment pouvait-il bien connaitre Jack, lui ? Il était deux ans plus vieux et pas dans la même maison…

« Oh non ! » s'exclama Élizabeth, alors qu'Olive soupirait, agacée par sa meilleure amie « Tu crois qu'il aura besoin de quelque chose ? »

« Il a surtout besoin de repos, Élizabeth… » souffla Mérida.

Élizabeth parut contrariée, mais Samuel intervint.

« Tu ne veux pas essayer de tirer des runes, Mérida ? »

Le sourire de Mérida revint aussitôt, alors qu'Élizabeth boudait et Olive levait un sourcil, elle aussi, intéressée, visiblement.

« D'accord, mais il me faut une question ! »

« Demande si tu seras choisi pour le tournoi ? » proposa Samuel.

« Mais je sais que je ne serai pas choisie. Prewett a donné son nom. Je n'ai aucune chance. »

« Ben si tu connais déjà la réponse, on pourra vérifier si t'es vraiment capable de tirer des runes », conclut Olive.

Mérida piocha trois runes en pensant fort à la question que Samuel lui avait proposée. Elle les plaça au hasard devant elle. Déjà, deux d'entre elles étaient à l'envers, ce qui ne présageait rien de bon, surtout parce qu'il s'agissait de son présent et son avenir. Samuel, Olive et maintenant Élizabeth attendaient qu'elle dise quelque chose. Elle ouvrit donc son manuel. Elle était capable de les reconnaitre, mais elle préférait se fier à la définition qui y était inscrite pour ne pas se tromper.

« Bon… Au niveau de mon passé, ça semble plutôt positif. Tiwaz est la rune de l'énergie, de l'intelligence, de la vitalité. Pour le présent, j'ai Naudhiz à l'envers, donc je vais vivre des épreuves, un orage, genre. Et au niveau du futur, j'ai la rune de l'eau, Laguz. Pis à l'endroit elle aurait été très positive, mais vu que je l'ai pigée à l'envers, ben un raz de marée va s'effondrer sur moi… »

« Au sens littéral ? » demanda Élizabeth.

« À moins que je provoque un tsunami avec le lac à côté du château, j'imagine que ça ne sera pas "littéralement"… », rétorqua Mérida en levant les yeux au ciel.

« Non, mais tu n'es pas la princesse des Highlands ? » demanda Samuel.

Mérida serra les dents, elle n'aimait pas qu'on lui rappelle ce détail à Poudlard. Ici, elle était une sorcière comme les autres.

« Ouais… ça fait quoi ? »

« Ben ton île, elle est entourée de la mer, on ne sait jamais, il pourrait y avoir des tsunamis ? »

« Bah, des grosses vagues, oui, mais un tsunami, ce n'est jamais arrivé, quand même… »

« Je rigole, Mérida… » sourit, Samuel.

La rousse leva les yeux au ciel en voyant le gryffondor rigoler.

« Donc, au final, tes runes, elles disent que tu seras prise ou pas ? » demanda Olive.

Mérida haussa les épaules, elle devait réfléchir. Apparemment, elle vivait présentement une épreuve difficile par rapport au tournoi. L'attente du résultat, peut-être ? Cela ne lui semblait pas particulièrement pénible. Puis dans le futur, elle se ferait submerger. Submerger par le tournoi ? Mais elle savait déjà qu'elle n'en ferait pas partie. Peut-être qu'un de ses amis proches qui seraient choisis se ferait blesser pendant le tournoi ? Mais ni Raiponce, ni Harold et surtout pas Jack n'avaient postulé et y participeraient. Peut-être juste une connaissance… Elle se tourna vers Samuel qui attendait qu'elle donne son verdict :

« T'as mis ton nom, toi, pour le tournoi ? »

« Oh non… Je n'avais pas vraiment envie et trop de personnes avaient déjà donné leurs noms. »

Mérida se mordit une lèvre. Elle n'y comprenait rien.

« Bon, je n'y comprends rien ! Vu que j'ai deux runes sur trois négatives, j'imagine que ça veut tout simplement dire non. »

Olive leva ses sourcils, pas très impressionnée par les « talents » de divination de sa camarade de chambre. Élizabeth, elle, s'était remise à bouder.

« Pis, les runes, ce n'est pas juste de la divination, c'est surtout un langage, des protections, des codes et tout… On n'a pas vu encore la divination en classe », se justifia-t-elle.

« Vous avez bien raison, Miss. DunBrush », s'exclama Nick quasi sans tête en apparaissant de la table.

Mérida sursauta. Visiblement, même après quatre ans, elle ne s'était toujours pas habituée aux apparitions soudaines du fantôme de sa maison.

« Bonjour Nick ! » sourit Samuel.

« Mes salutations Monsieur Henry et Mesdames Hornby et Peterson. Et donc, Miss. DunBrush, qu'essayez-vous de faire avec vos runes ? » demanda le fantôme.

« Elle essaie de voir si elle va participer au tournoi », expliqua Olive, visiblement peu convaincue.

Mérida rougit, elle ne voulait pas qu'en plus Nick voit lui aussi qu'elle n'y arrivait pas du tout.

« Ah ! La divination ! Ce n'est pas vraiment mon fort… Mais j'ai déjà appris les runes il y a fort longtemps, lorsque j'étais qu'un jeune et naïf fantôme. C'était pour impressionner une demoiselle, voyez-vous… Elle avait été très connaissante des runes de son vivant… Malheureusement, il semblerait que je n'aie jamais eu le troisième œil ! Mais vous, Miss, montrez-moi donc vos résultats… »

« Oh, je n'arrive à rien non plus. Pourtant ce sont les feux-follets qui m'ont conduite à elles. Je ne vois vraiment pas à quoi elles me servent… »

Nick observa le résultat des runes en écoutant le récit de Mérida, intéressé.

« Hum, Tiwaz, Naudhiz et Laguz… Si mes vieilles connaissances ne sont pas trop rouillées, vous vous préparez à de rudes épreuves. Si j'étais un voyant, je parierais même sur une perte importante. »

« Mérida se demandait si elle serait choisie pour le tournoi. Du coup, ça veut surement dire qu'elle ne le sera pas ? » proposa Élizabeth.

Olive et Samuel semblèrent en accord, mais Mérida fixa Nick qui fronçait les sourcils avant de soupirer.

« Vous avez peut-être raison. »

Samuel sourit et lui dit pour la rassurer :

« On verra bien de toute façon. Souvent, on ne comprend des prophéties seulement après qu'elles se soient réalisées tellement elles ne sont pas claires. »

Mérida haussa les épaules, alors que Nick la fixait étrangement. Elle détourna son regard. Elle n'aurait qu'à demander à Harold ensuite. Il était bien meilleur qu'elle en runes.

Les amis de Samuel arrivèrent et le sixième année se mit à leur parler, alors que Nick allait discuter avec des élèves plus jeunes de la table de Gryffondor en traversant la table sans aucune gêne malgré les exclamations de surprise de certains élèves. Olive et Élizabeth parlaient ensemble et Mérida se coucha la tête sur la table en attendant que Dippet commence à parler. Cela ne prit pas longtemps, il était toujours pile à l'heure et avec lui, gare à ceux qui étaient en retard.

« Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui sera le moment tant attendu par beaucoup d'entre vous, la révélation des candidates et des candidats choisis pour faire le tournoi des quatre maisons. »

Les gens se mirent à applaudir partout dans la Grande Salle. Tout le monde semblait très enthousiaste et même Mérida se laissa entrainer par l'énergie de la table des gryffondors. Lorsque le calme fut revenu, Dippet continua :

« Sans plus attendre, le candidat des Poufsouffles choisi par son Directeur Professeur Brûlopot… Peter Hornby ! »

Mérida se retourna vers Olive qui avait la bouche grande ouverte de stupeur alors que les Poufsouffles s'étaient levés pour manifester leur joie suivie par des applaudissements cordiaux des autres maisons :

« C'est ton frère ! » s'exclama Élizabeth.

« Tu feras mieux d'encourager quand même notre maison », rit Samuel qui avait entendu Élizabeth.

Un peu ressaisie, Olive fronça les sourcils :

« Bien évidemment. »

« Chez les Serpentards, Professeur Slughorn a choisi Tom Jedusor ! Félicitations », continua Dippet.

Ce fut au tour des Serpentards d'applaudir avec force, même si tout le monde s'attendait à sa nomination. Après tout, tous les enseignants et enseignantes semblaient déjà avoir en tête que Tom serait le futur ministre de la magie.

« Chez les Serdaigles, c'est Milicent Bagnold qui a été sélectionnée par la Professeure Têtenjoy. »

Mérida retint son souffle. Elle savait n'avoir aucune chance, mais elle avait quand même un espoir fou au fond de sa poitrine qui grondait. Elle se retourna vers Dumbledore et eut l'impression qu'il la fixait au moment où elle entendit :

« Finalement, le professeur Dumbledore a déterminé que son choix le plus judicieux chez les gryffondors serait… Mérida DunBrush. »

Mérida resta collée à son banc. Cela ne pouvait pas être elle. Elle venait juste d'avoir 15 ans aujourd'hui. Elle n'entendait plus rien autour d'elle, comme si tous les sons s'étaient évaporés au moment où elle avait entendu son nom. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Elle avait l'impression d'être dans un rêve ou que quelqu'un lui faisait une farce pour son anniversaire. Elle croisa le regard d'Olive qui était aussi étonnée qu'elle. Sa bouche en forme de poisson était grande ouverte, encore plus que pour son frère. Tous les regards s'étaient tournés vers elle à sa table et même aux autres tables. Elle avait l'impression qu'il y avait eu un moment d'hésitation avant de l'applaudir, comme si les autres avaient cru à une erreur. Maintenant, ce n'était plus le cas, tout le monde à Gryffondor l'acclamait. Soudain, Samuel lui donna une tape dans le dos et lui parla, mais elle n'arrivait pas à l'entendre. Le bruit était assourdissant autour d'eux. Un ami de Samuel la souleva finalement de son banc et Mérida se laissa faire. Elle n'avait pas entendu Dippet lui demander de le rejoindre, mais les trois autres candidats se dirigeaient vers lui et ses camarades de maisons l'encourageaient déjà. Elle en déduit, qu'elle devait elle aussi suivre le mouvement.

Tout autour d'elle, des gryffondors étaient à la fois surpris et contents. Ils l'encourageaient en tapant des mains et en lui disant des choses qu'elle n'entendait pas. Mérida marcha comme un automate jusqu'à l'estrade des professeurs. Elle osa finalement regarder Harold qui avait l'air stupéfait, tout autant qu'elle. À cet instant, elle aurait voulu voir le regard de Jack qui lui, elle en était certaine, l'aurait encouragée et l'aurait soutenue. Mais il était à l'infirmerie et elle devait rejoindre le directeur ainsi que les candidats des autres maisons. Elle se laissa guider par Dippet qui les força à se tourner vers la foule.

« Félicitations à tous les quatre », dit-il « Je vous prierai de bien les applaudir, car ils auront besoin de bien du courage pour affronter les épreuves qui s'en viennent. La première épreuve se déroulera le 27 octobre à 10 h au stade de Quidditch. Le premier match entre les Serdaigles et les Gryffondors sera d'ailleurs devancé au 7 octobre et celui entre les Serpentards et Poufsouffles ne sera que le 10 novembre. La première épreuve demandera de l'endurance, de la débrouillardise et de l'esprit. Maintenant vous pouvez profiter du repas, puis disposer. N'oubliez pas que malgré l'annonce de ce soir, le couvre-feu devra être respecté. Bonne soirée. »

Choquée, Mérida se tourna vers Dippet qui les appelait pour leur parler en privé. Elle le suivit, entourée de Tom, Milicent et Peter. Elle se sentait ridiculement petite. Ils arrivèrent dans une pièce assez sombre qui semblait servir de local de réunion avec sa longue table et ses tableaux. Dippet ne les invita pas à s'assoir. Mérida en aurait été incapable de toute façon. Elle avait à la fois les jambes en coton, mais elle sentait aussi une énergie bouillante dans l'ensemble de ses membres.

« Bon, je vous rappelle que le tournoi est une compétition saine. Vous ne devrez en aucun cas vous affronter les uns les autres d'ici là et vous serez responsables de contrôler vos camarades de maison. Pour la première épreuve, vous n'aurez pas le droit à des indices, mais je vous conseille de bien réviser vos acquis et être reposé pour l'épreuve. Elle sera exigeante autant physiquement que mentalement. »

Milicent hocha la tête et Mérida eut l'impression qu'elle était déjà prête à affronter ce qui suivrait. Peter, lui, avait un large sourire, heureux d'être là et confiant. Tom, finalement, avait un petit sourire, une lueur déterminée et fourbe dans le visage. Elle avait l'impression d'être la seule, complètement à l'ouest. Lorsqu'elle avait donné son nom, elle n'avait pas réellement cru pouvoir être choisie. Maintenant qu'elle l'était et qu'elle découvrait que ses adversaires étaient plus vieux et connaissants qu'elle, aurait-elle pris la même décision ?

« L'ensemble du tournoi devra refléter vos propres compétences. Aucun enseignant n'a l'autorisation de vous aider ou vous donner des indices. Vos camarades de maison peuvent vous appuyer, mais vous devrez trouver vous-mêmes les solutions. Suis-je clair ? »

« Oui, Monsieur », confirma Peter alors que les autres hochaient leur tête.

Mérida, elle, était encore tétanisée.

« Bon, très bien. Avez-vous des questions ? »

Tout le monde secoua la tête à l'exception de Mérida qui réussit enfin à dénouer sa langue pour dire, d'une petite voix :

« Euh… Pourquoi c'est nous qui avons été choisis ? »

Peter ne put retenir un petit rire, alors que Milicent la regardait avec un air de pitié et Tom blasé. Dippet la regarda droit dans les yeux et Mérida dut trouver tout son courage pour maintenir le contact visuel et ignorer les regards des autres participants qui l'avaient sûrement éliminée d'office.

« Chacun des directeurs de maisons avait leurs propres critères. Vous semblez avoir rempli ceux du professeur Dumbledore. »

Mérida hocha lentement la tête, pas très satisfaite de la réponse du directeur, mais elle n'avait pas le choix de l'accepter.

« Alors, retournez dans la Grande Salle. Vous recevrez sans doute un hibou pour certains préparatifs. La gazette du sorcier aimerait publier un article sur vous. Vous faites maintenant partie d'un évènement historique. Soyez fiers. »

Mérida vit le sourire sur le visage des autres apparaitre. Elle, elle n'arrivait qu'à grimacer. Elle était effrayée. Elle les suivit malgré tout dans la Grande Salle. Aussitôt, les applaudissements reprirent et Mérida se fit entrainer à sa table. Harold et Raiponce étaient aux portes de la Grande Salle et Mérida tenta tant bien que mal de les rejoindre, mais les Gryffondors étaient déjà autour d'elle. Brian, le préfet de sixième année avait un large sourire sur les lèvres.

« Pas si vite, Miss. DunBrush… Ce soir, nous avons prévu quelque chose pour toi. »

Mérida jeta un regard à Harold et Raiponce, ils semblaient vouloir la rejoindre, mais avec tous ces Gryffondors, ça s'avérait difficile. En plus, sa maison l'apportait déjà à l'extérieur de la Grande Salle. En les croisant à la porte, elle attrapa la main d'Harold et articula :

« Dans une heure, je m'échappe. »

Mérida ne savait pas ce qu'ils arriveraient à lire sur ses lèvres, mais elle vit Harold hocher la tête et se reculer avec Raiponce. En arrivant dans sa salle commune, quelqu'un avait enchanté un tourne-disque qui jouait du jazz. Aussitôt, le regard de Mérida s'éclaira. Elle adorait cette musique. Cependant, on la plaça directement sur la table basse et on arrêta le morceau et tout le monde se mit à scander son nom. Elle devait dire quelque chose. Elle réfléchit à toute vitesse en se laissant peu à peu gagner par l'euphorie de sa maison. Elle lança un regard à Samuel qui l'encouragea.

« Alors, je sais que je ne suis pas la personne à qui vous vous attendiez… mais si Dumbledore m'a choisie, c'est certainement pour une bonne raison. Alors je vais tout faire pour gagner ce tournoi ! »

Tout le monde cria et Mérida rougit de plaisir et de fierté. Elle adorait avoir ce genre d'attention. Elle faisait la fierté de sa maison. Elle n'était plus la née moldue de quatrième année pas foutue d'avoir d'amis dans sa propre maison, harcelée par des Serpentards. Elle était Mérida, la candidate des Gryffondors, la future championne du tournoi des quatre maisons. Elle serait la plus jeune et la meilleure !

« Allez ! On remet la musique ! Faut que même les Serdaigles nous entendent ! »

« Comme si c'était fait, Miss ! » s'exclama Brian.

Il fit aller sa baguette et le morceau reprit. Tout le monde se mit à danser et à boire. On circulait autour d'elle et même des gens à qui elle n'avait jamais parlé lui souhaitaient bonne chance. Elle riait, elle parlait et elle dansait. Au bout d'un moment, elle s'écrasa sur le divan où se trouvait Rubeus qui prenait plus de la moitié à lui tout seul. Celui-ci se pencha et cria :

« Bonne chance ! »

Mérida sourit et répondit :

« Tu vois, ce n'est pas parce que je suis née moldue que j'ai moins de chance que les autres ! »

Mérida ne savait pas pourquoi elle avait dit ça à Hagrid, mais il se renfrogna immédiatement, comprenant l'attaque. La jeune fille sentit une once de culpabilité lui nouer le ventre, mais quelqu'un l'appela :

« DunBrush, il y a un poufsouffle qui veut te parler devant la Grosse Dame ! Je lui ai dit de ficher le camp, mais il est tenace. »

Harold. Il lui avait dit cet après-midi qu'il avait un cadeau à lui donner pour son anniversaire, mais qu'elle devait attendre le soir, après l'annonce. Ils ne s'attendaient pas que ce soit elle qui soit nommée. Mérida se leva donc pour le rejoindre, laissant les autres faire la fête en son honneur sans elle. Elle n'eut le temps que d'attraper une pomme qu'elle gardait toujours dans son sac pour les fringales. Elle avait bien trop hâte de découvrir ce que lui préparait Harold de toute façon.

Aussitôt qu'elle fut en dehors du dortoir et que la porte se renferma, le bruit s'étouffa. Les murs devaient être particulièrement isolés ou ensorcelés pour ne pas laisser le vacarme passer. Elle lui sauta dans les bras, trop excitée pour se retenir d'exprimer sa joie, maintenant que le choc était passé :

« J'ai été choisie ! » s'exclama-t-elle en se reculant.

Harold, rouge pivoine, rit.

« Hey ! Ne ris pas de moi ! Tu vas voir que je vais l'écraser ton préfet ! Je vais tous les écraser », dit-elle, déterminée.

« Oui, j'en suis certain », dit-il sérieusement avec un sourire aux lèvres.

Mérida sautilla sur place. La fête chez les gryffondors lui avait donné une énergie nouvelle et elle avait déjà hâte à la première épreuve.

« Donc… tu voulais me donner ton cadeau ? C'est ça ? » demanda-t-elle, très curieuse.

« Euh oui… Viens… »

Mérida le suivit dans les escaliers qu'ils commencèrent à descendre.

« On va où, dis-moi ? »

« On va rejoindre, tu sais qui… »

« Oh, tu l'as caché là-bas ? »

« En quelque sorte. »

Mérida fronça les sourcils, curieuse et songeuse. Elle n'avait aucune idée de ce qu'Harold lui avait préparé. Heureusement, le samedi le couvre-feu était à 23h et il était à peine 18h30. Ils avaient encore beaucoup de temps pour se rendre et revenir. Ils pourraient même passer à l'infirmerie voir Jack si Monsieur Jones les autorisait.

Mérida suivit Harold dans le passage secret derrière le miroir comme ils le faisaient chaque jour depuis le début de l'année. Elle se sentait revigorée. La panique face à l'annonce de Dippet s'était transformée en effervescence. Elle se mit à gambader alors qu'Harold éclatait de rire en voyant la grande dose de bonheur que Mérida ressentait et exprimait. La seule chose qui aurait manqué à cet instant était la musique jazz de tourne-disque dans sa salle commune. Elle se mit donc à chantonner et tournoyer sur elle-même alors que Harold la suivait en souriant. Mérida se sentait tellement bien.

Elle dut néanmoins arrêter sa fanfaronnade, lorsqu'ils durent finir le trajet à quatre pattes. Elle riait et racontait à Harold à quel point elle était excitée par ce qui s'en venait. Elle racontait à quel point elle était tellement fière qu'on l'ait choisi. Elle racontait à quel point elle était tellement impatiente de pouvoir enfin prouver sa valeur.

Harold l'écoutait, commentant ici et là. Et elle sentait son sourire en arrière d'elle, même si elle ne pouvait pas le voir. Ils débarquèrent finalement dans la carrière et Krokmou les accueillit avec joie. Il bondissait sur place. Il attendait toujours ce moment avec impatience et Mérida bondit vers lui. Elle le caressa avec énergie et bonne humeur. Ravi, le dragon se laissa faire en ronronnant, les yeux dans le beurre.

« Alors, tu avais prévu quoi ? » demanda Mérida impatiente en se tournant alors que le dragon était rendu sur le dos profitant du fait qu'une humaine lui gratte le ventre.

Harold n'était plus là. La rousse sentit une boule se former au creux de son ventre. Elle n'aimait pas se retrouver seule dans la forêt. Même si elle associait ces moments avec Harold et Krokmou comme du bonheur et de la détente, la forêt la rendait toujours de plus en plus nerveuse. Parfois, elle se disait que ce n'était que les menaces de Dippet au début de l'année qui l'inquiétait. Il y avait toujours une atmosphère pesante dans ces bois. Même Krokmou, parfois, n'en menait pas large et avait la queue basse.

« Harold ? » demanda Mérida, anxieuse.

Plusieurs secondes s'écroulèrent. Une brise glacée la fit frissonner en emportant avec elle d'étranges murmures. Le vent s'engouffra dans le tunnel et elle eut l'impression d'entendre la voix sourde de Raiponce hurler lors de leur première fois ici lorsque Jack était tombé. Elle revit le Serpentard tomber au fond du trou et toutes les conséquences que ça avait eues. Ses pas la menèrent inévitablement vers le tunnel. Elle devait vérifier que Harold n'y était pas. En regardant vers le fond, Mérida eut l'impression que sa hauteur avait au moins doublé. Pourtant, lorsque Jack était tombé, elle avait pratiquement sauté le rejoindre, s'accrochant ici et là aux racines des branches sur les parois. Là, elle savait que si elle sautait de la même façon, elle avait de bonnes chances de se rompre le cou.

La Gryffondor n'arrivait pas à bien voir ce qui se trouvait en bas. Il faisait trop sombre et le mince filet de soleil qui se couchait n'arrivait pas à traverser suffisamment les arbres de la forêt interdite pour éclairer le tunnel. Elle pointa sa baguette et prononça la formule dans un chuchotement :

« Lumos… »

Il y avait quelque chose au fond. C'était trop petit pour être Harold et c'était tellement noir. Qu'est-ce que c'était ? Mérida plissa les yeux et bougea sa baguette, tentant d'ajuster sa vision afin d'en comprendre plus sur ce qui était tapi au fond du tunnel.

Soudain, la chose bougea et Mérida sursauta. Elle tomba à la renverse, assise.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda une voix masculine.

Mérida sursauta une deuxième fois en entendant Harold derrière elle qui venait d'arriver. Elle se remit à genou et regarda à nouveau dans le tunnel. Il était redevenu d'une hauteur normale et il n'y avait aucune forme noire. Harold la dévisageait et Mérida lui lança un regard accusateur :

« T'étais où ? »

« Oh, j'ai juste été chercher ta surprise… », sourit-il.

Mérida descendit son regard et vit qu'il avait une selle en cuir dans ses mains. Elle ne ressemblait cependant pas à la selle qu'elle avait pour Angus, son cheval.

« Qu'est-ce que… »

Mérida additionna A+B. Harold ne pouvait pas, il n'envisageait tout de même pas, il ne lui proposait pas…

« Tu… on va… ? » demanda Mérida pressentant la réponse.

« Joyeux anniversaire… ? » demanda Harold, inquiet.

Mérida ne comprenait pas pourquoi le dragonnier était inquiet. Il venait de lui proposer de faire la chose la plus dingue de toute sa vie. C'était incroyable, fabuleux et tellement excitant. Krokmou, qui était toujours sur le dos dans l'espoir que Mérida revienne le caresser redressa une oreille, puis ouvrit les yeux. Il observa à l'envers ses amis et particulièrement ce que tenait Harold. Soudain, elle aperçut le regard du dragon changer. Il se releva précipitamment et bondit jusqu'à Harold. Apparemment, il avait très hâte de voler. Puisque c'était exactement ça que Harold lui proposait non ?

« T'es vraiment sérieux ? »

Harold rougit.

« Euh, juste si tu en as envie… Et puis ça fait depuis qu'on est arrivé ici que Krokmou n'a pas pu voler. J'ai toujours peur qu'on nous voie, mais je ne crois pas que ce soit un réel risque. Personne au château ne va s'imaginer qu'un élève va grimper sur un dragon et voler au-dessus de la forêt interdite. Je crois que franchir les règlements à ce point-là, au final, c'est plutôt sécuritaire. »

Mérida sentait l'adrénaline et la fébrilité s'emparer d'elle. Elle se releva et sauta dans les bras d'Harold et l'embrassa sur la joue.

« C'est le plus beau cadeau du monde, Harold ! »

Harold s'empourpra. Mérida se dit qu'il ne s'était sûrement pas attendu à une réaction aussi intense. Après, il fallait dire que ce qu'il proposait lui semblait peut-être anodin, pour lui, qui avait déjà chevauché avec son dragon depuis Beurk, mais Mérida, en tant que née moldue, n'aurait juste jamais cru ça possible. Ensuite, elle se doutait bien que c'était aussi le cas de la majorité ou même de tous les autres sorciers.

Elle relâcha Harold et sautilla sur place, plus que prête à voler. Harold sembla reprendre ses esprits et rit nerveusement en installant la selle sur un dragon qui n'en pouvait plus de tenir en place :

« Aide-moi un peu, vieux », souffla-t-il alors que Krokmou n'en faisait qu'à sa tête.

Il attacha ensuite une corde qui partait de la selle jusqu'à l'aileron arrière et s'expliqua :

« C'est pour remplacer son aileron manquant, c'est moi qui le contrôle. »

« Un peu comme les vitesses dans les voitures ? »

Harold la regarda étrangement, ne sachant pas de quoi elle parlait :

« Tsé, les boites métalliques qui avancent toutes seules des moldus ? Pour la faire avancer, il faut changer les vitesses avec un levier au pied. À Londres c'est assez populaire, on nous a conduits à la gare de cette façon. Bref… continue. »

« Euh, donc quand on sera sur Krokmou, tu seras en arrière, mais fais juste attention à la corde, car si on la brise, ben, on va s'écraser. Et puis, la forêt interdite, Bari m'a dit qu'elle était très dangereuse. »

« Je ferai attention, promis ! »

« Ok. Aussi, accroche-toi bien, car ça va vite et c'est vraiment plus instable qu'un balai. »

« J'ai fait de l'équitation toute ma vie, Harold. Ça doit être un peu un mélange des deux, non ? »

« Euh, je n'ai jamais fait d'équitation, mais vu qu'on sera à mille pieds dans les airs, je ne sais pas trop si c'est comparable. Mais peut-être un mélange des deux. En tout cas, tu verras bien. Si jamais tu tombes, on va essayer de te rattraper, mais c'est toujours vraiment dangereux. Et puis, je ne suis jamais monté à deux sur lui, alors je ne sais pas si ça va être encore plus instable que d'habitude, alors tu ferais mieux de vraiment faire attention. Surtout que toi, tu ne seras pas sur la selle, mais derrière, alors faudra bien serrer les cuisses. »

« Oui, oui, Harold. T'inquiètes, je ferais gaffe. »

Harold releva la tête et dit d'un ton qui mélangeait l'inquiétude et l'autorité :

« C'est vraiment dangereux Mer'. »

Mérida sourit et s'approcha de lui en le regardant droit dans les yeux. Elle lui prit doucement la main et dit d'un ton qui se voulait rassurant :

« Je vais faire attention et je te fais confiance. »

Harold détourna la tête, mais Mérida eut le temps de voir qu'il rougissait de plus belle.

« Bon, allons-y, alors. »

Il grimpa sur Krokmou et lui tendit la main pour l'aider. Habituée à Angus, Mérida sauta sans mal sur le dragon qui se tourna la tête vers eux, la langue sortie, excité de commencer leur balade.

« Ne t'approche pas du château, mon grand, ok ? »

Krokmou piétina d'impatience et Mérida resserra sa prise autour d'Harold. Un grand coup fut donné et Krokmou s'envola à la verticale, alors que Harold changeait en vitesse la position de l'aileron. Heureusement, que la lionne anticipait, car elle aurait sûrement pris la plus grande débarque de sa vie. Elle serra les cuisses et ferma les yeux en sentant les branches des arbres lui lacérer le visage. Cette montée n'était pas des plus agréable. Cependant, une fois dans le ciel, lorsque Krokmou se stabilisa et que Harold eut trouvé la bonne position de son aileron, elle sentit enfin le vent lui chatouiller les joues et elle décida que c'était le bon moment pour regarder autour d'elle.

Le regard de Mérida s'éclaira. C'était magnifique. Les arbres avaient commencé à se préparer pour l'hiver et leurs feuilles commençaient à jaunir et rougir. Le soleil se couchait doucement à l'ouest et la vue du château était grandiose. Même avec son balai, elle n'avait jamais eu une vue aussi spectaculaire. Elle voyait le lac briller de mille feux sous les rayons rouges, rose et orange du soleil et de là, les nuages semblaient encore plus cotonneux et doux.

Harold se tourna légèrement vers elle :

« Ça va ? »

Elle hocha la tête, n'ayant aucun mot pour exprimer tout son émerveillement à ce moment-là. La dernière fois qu'elle avait ressenti ce sentiment d'immensité, c'était lorsqu'elle avait finalement réussi à grimper en haut de la montagne de feu pendant l'été. Le paysage était tout aussi magnifique. Cependant, cette fois, elle partageait ce moment avec l'un de ses meilleurs amis sur le dos d'un dragon. La magie était merveilleuse.

« On va aller explorer un peu, ça te dit ? » cria Harold.

« Carrément ! » répondit-elle.

Harold reporta son regard à l'avant et s'accrocha au cou de Krokmou. Mérida n'entendait pas ce qu'il lui disait, mais elle profita du moment, rassasiant tous ses sens de cette expérience.

Les trois survolèrent un moment la forêt interdite. De temps à autre, Harold pointait des mouvements dans la forêt et lui expliquait qu'il s'agissait là de telle ou telle créature. Mérida ne savait pas comment il faisait pour en connaitre autant sur chacune d'entre elles, mais elle hochait la tête assimilant les informations qu'elle entendait parfois seulement à moitié à cause du vent. Après une vingtaine de minutes, ils s'étaient assez éloignés et ils rebroussèrent chemin. Mérida pointa une montagne près du lac de Poudlard. Le versant était beaucoup trop loin pour que quiconque les aperçoive au château et ils décidèrent de s'y poser un moment.

Mérida se laissa glisser jusqu'au sol et elle se dirigea directement vers la tête de Krokmou qu'elle flatta :

« T'es le meilleur dragon du monde, tu sais ça ? »

Devant tant de compliments et de câlins, Krokmou se redressa, fier. Harold sortit un morceau de poisson cru de sa poche et lui lança. Krokmou le mangea avec avidité. Mérida préféra ne pas faire de commentaires, même si elle trouvait que les habitudes de salubrité d'Harold laissaient à désirer. Elle alla s'assoir au bord du précipice, bientôt rejointe par Harold. Elle laissa tomber sa tête sur son épaule :

« Merci… »

Harold passa un bras autour de ses épaules.

« Ça me fait plaisir… »

Les deux adolescents se turent et observèrent le soleil finir de se coucher, alors que Krokmou était venu coucher sa grosse tête sur les genoux d'Harold.

« Tu sais », dit Harold, « c'est de ma faute s'il est comme ça, Krokmou… »

Mérida tourna un peu sa tête pour regarder le dragonnier. Elle pouvait voir la culpabilité dans ses yeux.

« Ouais, c'est moi qui ai lancé le filet sur lui, mais quand je l'ai retrouvé pour, ben… en finir… je n'ai pas pu. Je suis le pire Viking qui n'ait jamais existé… »

« Mais non, Harold… »

« Si, mais je ne pense plus que ce soit une si mauvaise chose. »

« Moi non plus. »

Sans décrocher son regard de l'horizon, il sourit. Mérida aussi sourit. Elle avait vraiment les meilleurs amis du monde. Elle était tellement chanceuse d'être une sorcière pour les avoir rencontrés. Le ciel devenait noir et Harold s'exclama soudain :

« Ah ! Dégueu ! Krokmou ! »

Il se leva, faisant presque perdre l'équilibre à Mérida qui était accotée sur lui. Elle se tourna vers Harold et découvrit que son pantalon était recouvert de bave. Elle éclata de rire et le Poufsouffle se retourna vers elle avant de la suivre :

« Ce n'est pas drôle ! C'est mon seul uniforme ! »

« Ton seul ? Tu veux dire que tu portes toujours les mêmes vêtements depuis le début de l'année ? »

« Ben, j'ai aussi une tenue de sport, une robe de sorcier noire et une tenue régulière, mais ouais… Je n'avais pas beaucoup de place dans mon sac à dos quand je suis arrivé sur Krokmou… Mais les elfes les lavent, hein… »

Mérida recommença à rire fortement. Décidément, Harold la surprendrait toujours. Il faisait semblant d'être vexé de son hilarité, mais elle voyait bien qu'il se trouvait un peu ridicule. Elle n'en pouvait plus de rire et Krokmou, ne comprenant visiblement pas ce qui se passait, mais voulant participer, sauta par-dessus Mérida qui se protégea de ses bras. Harold tenta de le calmer sans succès, alors il se joignit à leur hilarité. C'était un jour merveilleux.