Rating : M

Warning : Sexe.


11 - Hisoka

~ Secret, privé ~

Le jet d'eau chaude coulait sur les épaules nues de Thatch.

L'homme se pencha légèrement en avant, le front contre son bras appuyé sur la paroi de la cabine de douche. Son souffle saccadé écorchait ses lèvres comme il retenait ses gémissements. Son cœur battait la mesure de son désir, alors qu'il caressait avec empressement sa verge durcie. Le plaisir montait en vagues brûlantes depuis son aine.

Il imaginait les doigts d'Izou à la place des siens.

Un frisson impétueux traversa son corps, puis franchit la barrière de ses lèvres sous la forme d'une plainte grave et sonore. Troublé par l'effervescence dans ses veines, il ralentit ses mouvements, relâcha la prise sur son membre alors qu'il prenait une longue inspiration. Les douches communes étaient désertes à cette heure, mais Thatch préférait rester discret. Il profitait habituellement de l'intimité de sa chambre privative de commandant pour satisfaire ses envies, toutefois le désir avait surgi ce matin de façon brutale et imprévue. Avant même qu'il ne songe à repousser ces sensations, l'image d'Izou s'était glissée dans son esprit et il n'avait plus été capable de retenir sa fièvre. Ses fantasmes se cristallisaient derrière ses paupières closes.

Thatch visualisait la jeune femme, enfermée avec lui dans l'étroite cabine de douche.

Leurs corps nus pressés l'un contre l'autre.

Il pouvait presque sentir sa peau contre la sienne, le goût de ses lèvres rougies par leurs baisers, son souffle brûlant au creux de sa nuque. Il l'entendait soupirer, et haleter, et gémir, les joues roses, le regard brillant.

Il imaginait Izou caresser fièrement son érection alors qu'il tremblait sous son contact. Il s'imaginait, lui, la toucher et la masser, se figurant la forme et la chaleur de sa verge sous ses doigts. Il inventait des paroles grivoises, des demandes empressées, des murmures impérieux qui attisaient son plaisir comme un feu ardent.

Thatch se mordit les lèvres alors qu'il serrait plus fort son sexe dans sa paume.

Les sensations grandissaient trop vite, trop fort, il ne pouvait s'empêcher d'y plonger tout entier. Ce n'était pas la première fois que le désir, fulgurant et aveugle, le saisissait ainsi par surprise. Le phénomène devenait même de plus en plus fréquent à mesure que les jours passaient. Il ne comprenait pas d'où venait cette effervescence de passion, qui chaque fois le laissait étrangement démuni sous la force du plaisir. Thatch s'abandonnait, emporté par la vague comme une brindille dans le vent.

Il avait construit plusieurs scénarios pour accompagner ses instants solitaires, certains basiques, d'autres plus élaborés, mais il n'y recourrait presque plus, tant les images se télescopaient dans sa tête.

La main de la jeune femme enserrant son érection. La verge d'Izou contre son visage, qu'il embrassait et léchait. Son corps collé au sien, ses doigts sur son torse et son sexe contre ses fesses.

Les pensées se mélangeaient sans la moindre cohérence.

Thatch grogna et se crispa, le corps arc-bouté, alors qu'il jouissait contre la paroi de la cabine. La fureur de l'orgasme le laissa tremblant sur ses jambes tandis qu'il accompagnait la lente redescente de gestes paresseux. Il entrouvrit les yeux, juste à temps pour voir les traces blanches de son plaisir être emportées par le jet d'eau. Immobile alors que sa respiration retrouvait un rythme plus mesuré, l'eau sur sa nuque lui parut soudain poisseuse et collante.

Un nœud douloureux contracta son estomac. Il réduisait Izou à un caractère sexuel dans le seul but d'assouvir ses pulsions, et cela lui laissait un goût amer au fond de la bouche. Thatch n'avait rien contre la masturbation, bien au contraire ; il ne s'était jamais senti coupable d'y recourir et considérait cet acte comme l'un des plus naturels qui soient. Toutefois imaginer sa compagne dans de telles situations le mettait mal à l'aise. Il avait la sensation confuse de profiter d'elle à son insu.

Le jeune homme s'efforçait de se raisonner.

Après tout, cela ne quittait pas le secret de ses pensées et ne blessait personne, pas même la concernée. Mais il ne pouvait se défaire de l'idée qu'il lui manquait de respect, en s'appropriant une vision d'elle qu'Izou lui avait refusée. Étouffant un grognement, Thatch se redressa et agrippa la bouteille de gel douche.

Ce n'était pas grave, se répétait-il. Il ne faisait rien de mal, Izou ne serait probablement jamais au courant. Cela resterait son secret et n'aurait aucun impact sur sa relation avec la jeune femme. La situation était très bien ainsi, rien ne changerait. Tout irait pour le mieux. Une dose généreuse de savon dans le creux de la paume, il commença à se nettoyer, se lavant de ses plaisirs coupables sans toutefois parvenir à effacer la sensation de fausseté de ses pensées répétées en boucle.