Disclamer : Les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fic.

Mot du début :

Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez bien et que vous prenez soin de vous et de vos proches ! Franchement, la vie réelle est loin d'être un rayon de soleil alors j'espère vous détourner un instant de ces tristes nouvelles avec un nouveau chapitre de ma fic ! Je m'évade beaucoup dans mon histoire en ce moment pour me changer les idées.

Encore mille merci à tous ceux qui sont fidèles depuis toutes ces années et à toutes ces nouvelles personnes qui font leur apparition dans les reviews, dans les MP ou bien encore dans les favoris ou les followers ! Vous êtes mon moteur, mon carburant... et ma voiture qui va avec ! :p Pour avoir discuter avec plusieurs personnes, il est vrai que le fandom de KnB attire de moins en moins de monde car le manga est terminé depuis un long moment déjà mais vous êtes toujours là si vous lisez ce pavé... c'est un honneur pour moi ! Je vous fais tout plein de bisous sains et je souhaite une très bonne continuation à tous ceux qui ont pris des chemins différents dans le vaste univers de la fiction :) Je ne vous dirai jamais assez merci de m'avoir lu !

Concernant ce chapitre, il ne fait pas loin des 20 000 mots.

Bonne lecture !


« Qu'est-ce que c'est que cette photo sur la page des Jeux, quelqu'un sait ?

- Tu parles de cette photo de ciel étoilé Aominecchi ? questionna Kise en levant le nez de sa vidéo sur son téléphone

- Elle était très jolie Mine-chin.

- Sauf que c'était pas Kiyoshi qui avait gagné ?

- C'est ça que j'ai pas compris Aominecchi. Pourtant dans les commentaires, il a dit que c'était pas lui qui avait posté ça.

- En même temps, il n'a pas les identifiants de la page… rappela Midorima. Surtout depuis qu'on a changé les mots de passe.

- Ouais c'est bizarre… bon sang y fait quoi Tetsu ?

- Il m'a envoyé un message, il arrive » prévint le Rakuzan.

Tout le monde était installé, les verres déjà remplis et la bouteille au milieu. Les joueurs n'attendaient plus que le dernier à l'appel.

Décidément, cela devenait une manie ces derniers temps et cela en inquiétait toujours plus d'un.

« S'il ramène encore quelqu'un, je le fous dehors, menaça Aomine en jetant des coups d'œil rapides vers l'entrée.

- Il ne m'a rien dit, annonça simplement le rouge.

- J'ai bientôt fini de regarder les vidéos Akashicchi, dit le blond en replongeant son attention sur son portable. En fait, comment va Momoicchi, Aominecchi ? Je n'ai pas voulu lui envoyer de message par peur de ressasser tout ça.

- Oh bah el… »

La sonnette alerta que le retardataire venait d'arriver. Quelques secondes plus tard, Kuroko enlevait son manteau et se présentait à ses anciens coéquipiers, un léger sourire.

« Bonsoir tout le monde.

- Kurokocchi ! On t'attendait ! lui sourit Kise

- Coucou Kuro-chin.

- Bah alors Tetsu ! Qu'est-ce tu foutais ?

- Je suis désolé du retard.

- Pas grave ! Le principal c'est que tu sois là. Viens t'installer ! »

Tout le groupe le salua et sa discrète bonne humeur ne se départit pas jusqu'à ce qu'il vit l'espace habituel réservé à sa personne. Les adolescents devinèrent que cela devait lui rappeler de mauvais souvenirs.

Il s'assit malgré tout et releva ses yeux sur l'assemblé qui essayait de lire ses états d'âmes sur son visage.

« Kuro-chin a l'air en pleine forme.

- Je le suis Murasakibara-kun. Je suis content d'être ici.

- Nous aussi ça nous fait toujours plaisir Kurokocchi !

- J'ai quelque chose à vous dire, annonça sans transition Kuroko, non sans jeter un œil un peu plus insistant sur leur hôte. Donc je préfère le faire maintenant, comme ça c'est fait. »

Akashi le regardait fixement, attendant qu'il daigne parler.

Même le mannequin quitta une nouvelle fois son portable des yeux.

« Avec Kagami-kun, nous avons décidé d'essayer. »

Un blanc accueillit cette déclaration avant que Kise ne lâche un petit cri – et son téléphone au passage.

« Non j'y crois pas ! sautilla t-il sur place. Kurokocchi ! Toi et Kagami-kun avaient discuté finalement ! C'est géniaaaaaaaaaaaaaaaaaal !

- Il est gentil, opina Murasakibara. En plus Muro-chin l'aime bien alors je l'aime bien.

- Merci Kise-kun et Murasakibara-kun.

- J'espère qu'il n'y aura plus de problèmes maintenant, soupira Midorima.

- Mouais…. fit le bleu, méfiant. J'espère surtout qu'il est réglo. Tetsu, s'il y a quoique ce soit, tu me le dis et je lui enfonce mon poing dans les gencives.

- Cela ne sera pas la peine d'être violent Aomine-kun. Kagami-kun est quelqu'un de tout à fait digne de confiance. »

Bien évidemment, un seul ne s'était pas exprimé et personne ne l'incita à le faire.

Le cas Akashi était toujours très complexe.

« Bien, fit ce dernier. Commençons maintenant que tout le monde est présent.

- Attends Akashicchi ! Aominecchi nous a pas dit pour Momoicchi. Comment elle va ?

- Momoi-san m'a envoyé un message pour s'excuser encore pour la semaine dernière. Je crois qu'elle va mieux.

- Ça fait plaisir à entendre !

- Elle arrive même à en rigoler depuis hier, continua le baraqué. Et moi j'adore la faire chier en l'appelant Maman.

- T'es pas cool Aominecchi…

- Oh ça va ! Vaut mieux en rire qu'en pleurer maintenant…

- J'aurai plutôt dit « Mieux vaut en rire que frapper Izuki »…

- Toujours très drôle Midorima… j'aurai plutôt dit « tarter » pour un vrai trait d'humour…

- Moi j'ai trouvé ça déjà drôle, sourit Kise

- Moi je préfère faire des tartes, hocha Murasakibara

- Et que dit Momoicchi quand tu lui dis ça ?

- Que je suis son fils attardé » répondit-il en grommelant

Cela fit exploser de rire ses interlocuteurs.

Kuroko sourit à la réplique épicée de son ancienne manageuse.

« Que regardes-tu Kise-kun ? questionna t-il en le voyant fixer son téléphone à nouveau.

- Hein ? Ah ça ? Je regarde des tutos Youtube pour réparer l'évier de la salle de bain d'Akashi à l'étage.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- L'évier était bouché et le robinet fuyait – ou du moins, il fuit encore. Akashicchi a même essayé d'utiliser du produit pour décongestionner les tuyaux mais ça n'a pas marché. Et ça urgeait car l'évier n'était pas loin d'être à ras-bord.

- Mince. C'est arrivé quand Akashi-kun ?

- Environ une heure avant que les premiers n'arrivent, répondit-il. Je n'ai pas réussi à joindre un réparateur, surtout à cette heure-ci.

- Du coup je me suis proposé pour le faire, sourit le blond en replongeant ses yeux sur les dernières minutes de la vidéo. J'ai jeté un œil en arrivant et malheureusement, j'ai dû démonter le tuyau pour le nettoyer. Mais impossible de le remettre et le robinet goutte toujours. J'ai mis un seau en attendant de comprendre comment réparer ça. Pour le moment j'ai bientôt fini d'apprendre… J'espère juste qu'il y aura le matériel nécessaire... bref, la totale quoi.

- Il y a des jours comme ça… » marmonna le rouge.

Cela surprit l'ensemble du cercle de voir le Rakuzan laisser échapper de telles pensées. Devant les regards de ses camarades, il se reprit bien vite.

« Bref, tu verras ça tout à l'heure Ryouta, ce n'est plus aussi pressé.

- Pas pressé ? Mais le seau va finir par être rempli Akashicchi…

- Je préfère que l'on commence à jouer afin de ne pas finir trop tard.

- Ah bon ? fit Aomine, étonné. C'est bien la première fois que ça te dérange…

- Bien, enchaina l'Empereur. Ce soir, j'ai autorisé Daiki à choisir un jeu.

- Hé ouais, clama le nommé, un grand sourire sur le visage. Je l'ai découvert dans la semaine et franchement… pas mal.

- Les règles, Daiki.

- Alors en gros, t'as des cartes qui commencent avec « Les gens qui… » comme par exemple « Les gens qui lèchent leur doigt pour tourner les pages d'une livre que tu lui as prêté », des phrases comme ça… Chacun à 4 cartes : « Cœur sur vous », « Juste un doigt », « Un an de goulag » et « Peine de mort ». Un juge va juger ces gens par une des cartes et on va devoir deviner laquelle il a mis.

- Donc j'imagine que « Cœur sur vous » on les juge positivement, « Juste un doigt » c'est leur faire un doigt d'honneur, « Un an de goulag » c'est encore moins bien et « Peine de mort » c'est le pire du pire ?

- C'est ça, t'as tout compris Kise. Ceux qui ne trouvent pas la bonne réponse du Juge boivent.

- C'est un jeu vulgaire Aomine-kun.

- Mais non Tetsu… on juge les gens, c'est cool !

- Parce que tu as besoin d'un jeu pour ça ?

- Moi non… et toi non plus d'ailleurs Midorima…

- Pff…

- Ça va être duuuuuur ! souffla Kise en éteignant son téléphone

- A défaut d'utiliser des cartes nous utiliserons des ardoises, dit Akashi en se levant. Cela sera beaucoup plus pratique. »

Kuroko réprima un soupir en le voyant se diriger vers l'endroit attitré du matériel. Mais quel ne fut pas sa surprise lorsque le rouge déposa le carton au milieu, de voir des ardoises toutes neuves, d'une autre marque ainsi que des vélédas différents.

« Super ! Tu as changé ces vieilles ardoises ! sourit Kise en les regardant une à une. Même les nouvelles ! Oh ! En forme de poisson j'adore !

- Elles étaient bien abîmées et il était temps de les changer.

- En même temps… elles ont plus servies de missiles que leur usage premier. Même les dernières arrivées. » commenta le vert

Kuroko échangea un long regard avec le rouge avant que ce dernier ne détourne les yeux pour saisir la sienne.

« Elles sont plus confortables, je préfère Aka-chin.

- C'est pas comme si c'était un fringue…

- Moi c'est les feutres que je préfère ! Ça glisse tout seul c'est top ! s'exclama le blond en dessinant des gribouillis devant des yeux blasés de Midorima

- En alcool cela sera du Martini blanc comme vous pouvez le constater.

- C'est assez amer… j'aurai préféré le rouge, avoua le bleu. Enfin bon, je peux pas tout choisir ! Tu peux me passer ton téléphone Akashi ? T'as installé l'appli ?

- Oui.

- Je peux commencer ? demanda t-il

- Oui.

- Oh cool ! Donc je suis le Juge ! J'ai réussi à trouver une espèce d'application qui génère des phrases aléatoires qu'ont créées des gens pour ce jeu. Alors voyons voir… Les gens qui répondent « oui » quand tu leur demandes comment ils vont. …. Ayez » dit-il après avoir rapidement écrit sur son ardoise.

Tout le monde l'imita après une courte réflexion et finit par se tourner vers Kuroko qui arborait une ardoise « Cœur sur vous ».

« Non mais Kurokocchi ! Tu crois sérieusement qu'Aominecchi aime bien ce type de personne ?

- Je pense que cela doit faire rire Aomine-kun.

- Remarque, Murasakibaracchi a mis la peine de mort…

- Je n'aime pas quand les gens font ça Kise-chin.

- Et c'est toi qui dit ça ? rit Aomine. Le mec qui est toujours à côté de la plaque ? »

Le violet lui envoya un regard mécontent.

Un « Juste un doigt » était écrit sur les ardoises des trois autres joueurs et c'est ravi que l'As retourna la sienne.

« Peine de mort ? T'es sérieux Aominecchi ?

- Je ne peux pas m'encadrer les gens qui font ça. J'ai envie d'encastrer leur tête dans le mur.

- C'est quand même très extrême Aomine-kun.

- C'est plus fort que moi : je déteste ces gens. C'est quand même pas compliqué de répondre à une question aussi simple, merde !

- Moi je n'arrive pas à croire que Murasakibara ait trouvé » soupira le lunetteux

Le glouton eut un petit sourire triomphant.

« A la boisson tout le monde ! Franchement, respect Murasakibara. »

Les perdants s'y attelèrent avant que le basané ne donne le téléphone à son voisin.

« A toi Tetsu. »

Ce dernier le prit avec un pincement de lèvres. Visiblement, ce jeu était loin d'être le favori du turquoise.

« Les gens qui font semblant de ne pas t'avoir vu pour ne pas te dire bonjour ».

Il s'accorda quelques secondes avant d'écrire, suivit des autres qui dévoilèrent leur ardoise une fois que tout le monde eut terminé.

Aomine lâcha un petit rire devant les résultats.

« Au moins, on est tous d'accord que tu le prendrais mal, s'esclaffa t-il. Cette question était faite pour toi Tetsu ! Sauf que moi je suis sûr que ce serait peine de mort direct !

- Kurokocchi n'est pas si violent ! Il ferait juste un doigt d'honneur… enfin façon de parler hein ?

- Moi je pense que le goulash c'est mieux. C'est ce que ferait Kuro-chin. »

Finalement les derniers regards bifurquèrent vers le meneur de la soirée.

« Donc toi Akashicchi tu penses que Kurokocchi ferait juste un doigt aussi ?

- Tetsuya est habitué à ce genre de comportement donc cela ne le surprend plus. Cependant, il déteste qu'on l'ignore ostensiblement par malpolitesse. Et comme à son habitude, il irait voir la personne concernée pour la saluer de lui-même. Je me trompe ? » rajouta t-il en se tournant vers lui.

Pour toute réponse, le fantôme retourna son ardoise où était effectivement écrits les mots supposés du Rakuzan et du Kaijo.

Le capitaine ne se targua même pas de triompher, au contraire du jaune.

« Je le savais ! gigota t-il. Je te connais par cœur Kurokocchi ! T'es pas aussi méchant ! Buvez vous autres ! … C'est à moi maintenant ! dit-il en prenant le téléphone à son tour. Alors… Les gens qui ne s'épilent pas le maillot… sérieusement ? »

Quelques secondes plus tard, les réponses des joueurs résonnèrent en chœur.

« Hé ! On est assez raccord encore une fois, constata Aomine. Le goulag pour tout le monde !

- Mais… comment vous avez deviné ? lâcha le blond, estomaqué

- En même temps, toi qui es assez attentif au physique ça paraissait évident ! Mais de là à une peine de mort…

- Mais oui ! Un an enfermé dans un goulag avec épilation obligatoire et tu verras un peu ! Le maillot c'est important Aominecchi, surtout à la piscine !

- Tu dis ça parce que tu es imberbe…

- … c'est pas faux… mais quand même ! Et puis je pense qu'il faut être solidaire aussi avec les femmes ! Si elles le font, on peut le faire aussi ! Que l'on soit homme ou femme, c'est mieux sans poils !

- Elles n'ont pas qu'à avoir des maillots de bain aussi échancrés aussi ! répliqua le Touhou

- Et c'est toi qui dit ça ?! hallucina Midorima

- Ouais… moi je matte certes, mais je les oblige pas à porter des maillots aussi ras la moule… pas que je m'en plaigne, bien sûr hein ?

- Moi je trouve ça bien que les filles mettent des maillots aussi jolis Mine-chin.

- Mais j'ai pas dit le contraire - j'ai dit ! C'est juste que c'est elles qui le veulent c'est tout. On va quand même pas s'épiler par solidarité c'est n'importe quoi… Moi sans épilation je mets un short de bain et voilà, je me fais pas chier.

- Si toutes les filles étaient en short de bain par flemme de s'épiler, ça ne te plairait pas Aominecchi.

- … j'avoue…

- Et si elles portaient des maillots de bain échancrés avec plein de poils qui sortent non plus…

- Beurk ! Tais-toi Kise !

- Moi je pense que les filles font ce qu'elles veulent, commenta Kuroko. Mais elles n'ont pas vraiment la chance de pouvoir réellement choisir.

- Pourquoi Kuro-chin ?

- Elles sont un peu forcées de le faire à cause de la société et…

- Oh là là… chut toi, le coupa le bleu en mettant une main devant sa bouche. Autant je suis content que tu sois là Tetsu mais je sens que ça va être chiant et moralisateur. Et j'aime pas. Alors tais-toi.

- Aominecchi... lui lança Kise tandis que le turquoise repoussa sa main avec une moue mécontente.

- Je vois que dès que quelqu'un remonte un peu le niveau de la conversation, la censure s'impose, piqua le vert

- On pourrait demander l'avis de Momoicchi sur la question la prochaine fois, pour un vrai débat !

- En parlant de maillot de bain, t'as déjà vu le maillot de Satsu, Kise ?

- Celui du collège ? Il n'a rien d'extraordinaire : toutes les filles ont le même. Un une pièce avec shorty.

- Ouais nan je parle pas de celui-là… Tu l'as jamais vu ? Bleu turquoise ? Un deux pièces ?

- Parce que tu crois que je suis déjà allé avec Momoicchi à la piscine moi ?! Demande plutôt à Kurokocchi ! »

Tous les regards dérivèrent vers le nommé.

« Il est très beau Aomine-kun.

- J'EN ÉTAIS SÛR ! s'exclama Kise, triomphant. Faut toujours demander à Kurokocchi !... Mais tu l'as vu quand ça d'ailleurs ?

- Momoi-san est venue me voir à un entraînement à la piscine avant notre premier match contre Touhou.

- Ça m'étonne pas d'elle, râla Aomine. Elle choisit bien ses moments elle !

- Momoicchi devait être belle dedans la connaissant !

- Je suis sûr que sa poitrine devait encore prendre la fuite… elle l'a acheté avec deux tailles en-dessous je crois bien…

- Je n'ai pas fais attention Aomine-kun et je n'y tiens pas.

- …Est-ce qu'on est vraiment en train d'avoir cette conversation ? souffla Midorima

- Enfin bref, enchaîna le basané. Il est clair qu'il faut un coup d'épilateur pour le porter comme elle le fait. Sinon elle l'aurait jamais mis la connaissant ! Surtout pour aller te voir Tetsu. Donc si elle voulait pas le porter, elle avait qu'à mettre un short de bain elle aussi, celui du collège. Donc c'est bien un choix !

- Si ça se trouve elle est imberbe aussi Aominecchi.

- Mon cul ouais.

- T'as qu'à demander à Izuki…

- Ouais je demanderai à Izu… KISE ! »

Ce dernier était écroulé de rire devant la tête fulminante du Touhou.

« Arrête de le chercher toi aussi, soupira le vert

- Il vaut mieux en rire qu'en tarter Izuki non Aominecchi ?

- Ne reprends pas mes mots toi !

- Momoi-san doit avoir les oreilles qui sifflent… » désespéra à son tour le passeur.

L'Ombre jeta un regard en coin à leur hôte qui venait de verrouiller fermement son téléphone.

« Bien. Reprenons, interrompit le rouge sans élever la voix. Si tout le monde trouve, personne ne boit. A mon tour…. »

Ses yeux parcoururent le texte sur l'écran du bleu.

« Les gens qui mettent l'eau avant le dentifrice sur leur brosse à dent… très bien. »

Les ardoises se révélèrent rapidement.

« Cœur sur vous » pour Kuroko et Murasakibara

« Juste un doigt » pour Kise et Midorima

« Peine de mort direct ! » pour Aomine

« Aominecchi ! Même si je suis d'accord avec toi, Akashicchi n'irait pas aussi loin pour le fait de mettre l'eau avant le dentifrice…

- Akashi est la personne la plus extrême dans ce cercle non ? Alors bon, c'est vite fait !

- Je ne suis pas d'accord Aomine-kun et Kise-kun. Je pense qu'Akashi-kun fait partie des personnes qui mettent l'eau avant.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? »

Il ouvrit la bouche avant de la refermer. C'était une intuition donc il n'en avait aucune idée.

« C'est bien ce que je pensais ! Les gens normaux mettent le dentifrice en premier.

- Moi je ne suis pas d'accord non plus Mine-chin. Car je trouve ça dégoutant et désagréable de poser le dentifrice sur une brosse à dent sèche, continua le géant tandis que le turquoise hochait la tête à ses propos.

- Je vous rappelle qu'on doit deviner ce qu'a mis Akashi, et non pas voter ce que nous voudrions » dit Midorima

Pivotant son ardoise d'un geste souple de la main, Akashi découvrit un cœur tracé.

« Quoi ? Sérieusement ? L'eau en premier ?

- C'est une règle de base que tu devrais connaître Daiki. L'eau versée sur le dentifrice altère les qualités même de la pâte et diminue l'impact du fluor au brossage.

- Ah bon ? fit Kise

- Moi je le savais Aka-chin.

- D'autant plus avec une brosse à dent prolétaire.

- La phrase de trop… soupira le shooter

- Non mais sérieusement, il y a des études sur ça ? hallucina Aomine. Il y a vraiment de l'argent qui se suicide par les fenêtres…

- Akashicchi en sait des choses quand même…

- C'est vrai Akashi-kun ? demanda Kuroko

- Pas du tout » répondit-il avec un léger sourire en coin

Tout le monde ouvrit de grands yeux avant de rire, à l'exception de certains.

« Tu m'as dis quoi déjà Murasakibara ? Tu savais hein c'est ça ?

- Mpf… Aka-chin n'est pas gentil.

- Je me disais aussi ! C'était trop pointu pour être vrai Akashicchi !

- Je ne me pose pas autant de questions que vous, dit le Rakuzan en effaçant son ardoise pendant que les perdants s'acquittèrent de leur pénalité.

- Il était mignon ton cœur Aka-chin.

- C'est parce que c'est le premier et le dernier que tu verras, se moqua Aomine

- Je peux également t'en tatouer un à même la peau Daiki…

- Euh… je ne sais pas si je dois prendre ça pour des avances ou pour une menace…

- Tu veux que je t'aide à trancher ?

- … ta tête ?

- Non non ! Ça ira… hé Kise ! rajouta t-il tandis que ce dernier gloussait de sa propre blague

- Bien, à toi Shintaro.

- Les gens qui pensent que le Bescherelle est une sauce lut-il en soupirant… super... »

Au vu de l'expression du vert qui en disait déjà beaucoup malgré lui, les résultats tombèrent avec rapidité.

« Au goulag » pour Akashi et Kise

« Peine de mort » pour Aomine, Kuroko et Murasakibara

« En tout cas, j'aimerai pas t'avoir en dictateur Aominecchi… t'es pire qu'Akashicchi !

- Mais c'est pas moi qui choisis c'est Midorimaaaaaa !

- C'est la Béchamel la vraie sauce, bougonna Murasakibara

- Waouh. Heureusement que tu es là pour rétablir la vérité Murasakibara…

- Ça suffit, coupa Midorima rapidement en dévoilant sa réponse. Voilà pour moi c'est un an de goulag. Il y a des gens qui mériteraient de revoir toute leur culture…

- Je suis tellement bon que je vous offre une petite danse de la victoire ! » sourit Kise

Pour illustrer ses propos il se mit debout pour faire un déhancher du tonnerre jusqu'à ce qu'Aomine l'attrape par la ceinture pour le rassoir.

« Il y a des choses qu'il faut épargner au genre humain Kise…

- Aieuh… On dirait Midorimacchi qui parle ! »

Les fautifs de ce tour vidèrent leur verre après les avoir remplis tandis que Murasakibara prit le téléphone et entama la lecture.

« Les gens qui postent des photos de toi sans te demander ton accord avant » lut-il

L'hésitation sur les visages ne fut pas longue avant que les réponses se dévoilent.

« Cœur sur vous » par Akashi

« Juste un doigt » par Kise, Midorima, Aomine et Kuroko

« On peut quand même en conclure que tu n'en as pas grand-chose à foutre Murasakibara ! »

Le nommé présenta son ardoise où un cœur était dessiné – et même colorié.

« Moi je m'en fiche Mine-chin du moment que ça ne créé pas de problème avec Muro-chin.

- Mince, j'ai hésité Murasakibara-kun… »

La majorité perdante but, non sans soupirer.

« Moi je ne sais pas comment tu fais Murasakibara-kun car je n'apprécierais pas.

- En même temps… on peut compter sur les doigts de la main le nombre de fois où tu apparais sur des photos Tetsu…

- Moi ça ne me dérange pas, sourit le mannequin. Et je ne dis pas ça parce que je suis photogénique en toute circonstance !

- Bah non, bien sûr que non voyons, ironisa le bleu. En attendant, je pense que ça te dérangerait de te retrouver sur certains sites…

- … ça c'est vrai Aominecchi… je me respecte quand même !

- Parfois on se pose quand même la question Kise… tiens d'ailleurs, c'est où le pire endroit où vous avez trouvez une photo de vous ?

- Sur la page Facebook, répondit aussitôt le vert, bras croisés en le tuant du regard.

- … bon ok, je continue… grommela le basané en regardant son écran. Les gens qui pensent que l'hymen est un pays … »

A l'unanimité une nouvelle fois, toutes les ardoises désignaient un même jugement.

« Cœur sur vous »

« Mais en même temps comment ne pas se foutre de leur gueule ! explosa de rire Aomine qui s'était retenu jusqu'à là. Sérieusement ! Heureusement qu'il y a des gens comme eux pour rigoler ! Ce sont des génies ! Des génies ! …Et on en a un parmi nous !

- J'ai compris Mine-chin… et non, moi je le savais d'abord…

- Tu es de plus en plus perspicace Murasakibara c'est assez flippant… »

Le téléphone passa dans la main de son voisin turquoise.

« Je m'attendais quand même à ce que tu me sortes Murasakibara : « L'hymen, c'est pas la chanson nationale d'un pays ? »

- Et bah non Mine-chin.

- Je te le cache pas, je suis un peu déçu ! avoua t-il tandis que Kise rit discrètement. D'autant plus que tu ne risques pas de croiser un hymen de sitôt !

- Quelle poésie... » grogna Midorima

Kuroko qui avait récupéré le portable commença à lire sa nouvelle phrase qui lui était attribuée.

« Les gens qui donnent leur avis alors que tu ne leur as pas demandé »…

Certains se jetèrent des coups d'œil entendus avant de rédiger leur réponse.

« Juste un doigt » pour Akashi, Kise, Midorima et Murasakibara

« Peine de mort pour sa gueule » pour Aomine

« Comme c'est étonnant… lâcha le superstitieux en voyant l'ardoise de ce dernier

- Et toi t'aime bien les doigts, hein Midorima ? Surtout dans le cul !

- AOMINECCHI ! s'indigna le blond tandis que la victime leva simplement les yeux au ciel

- Tu n'es pas correct Aomine-kun, renchérit le turquoise en secouant la tête

- C'est que vous semblez surpris en plus ! » sourit le bronzé

Soupirant, Kuroko tourna son ardoise pour couper court à la conversation, révélant un « Cœur sur vous ».

« Je te comprends pas Tetsu. C'est grave chiant les gens qui la ramènent alors que t'en a rien à foutre de leur avis.

- Je confirme, dit Midorima avec un coup d'œil appuyé

- Moi je pense que tout avis est bon à prendre Aomine-kun. C'est comme cela que l'on peut progresser.

- Mais parfois ça doit bien te gonfler quand même Kurokocchi ?

- Oui parfois mais cela n'arrive pas souvent. Et cela dépend aussi des personnes et du sujet de la conversation.

- Kuro-chin est patient. »

Midorima fixa son verre avec désespoir : il était déjà à sa cinquième descente. A ce rythme là il n'allait même pas tenir jusqu'à minuit…

Mais la tronche du bleu qui se reflétait en miroir face à lui fut une brève vengeance qu'il savoura.

« A moi, dit Kise… voyons-voir… Les gens qui testent les déodorants dans les magasins avant d'en acheter un »

Quelques secondes plus tard, le verdict tomba.

« Cœur sur vous » pour Akashi

« Juste un doigt » pour Kuroko et Murasakibara

« Peine de mort +++ » pour Aomine et Midorima

« Et bien c'est Akashicchi qui avait raison !

- Oh non Kise… me dis pas que tu fais partie de l'un d'entre eux ! » s'indigna Aomine, autant outré que Midorima

Le blond passa sa main dans ses cheveux avec un sourire crispé.

« Bah si… même si je sais que c'est pas top, je le reconnais !

- Oui Kise-kun. Ça ne se fait pas.

- Me fais pas la moral Kurokocchi ! couina t-il. Mais en même temps devant tous ces flacons, c'est pas facile de choisir ! Ils sont tous si attrayants ! Et il faut bien savoir s'ils sentent aussi bons qu'ils sont beaux !

- Tu apprécierais toi avoir ton déodorant à moitié vide lorsque tu l'achètes ? gronda Midorima

- Ça sent le vécu Shintaro…

- Bah non justement… grogna t-il, ce qui fit fleurir un sourire sur le visage de son interlocuteur

- N'abuse pas Midorimacchi ! Je fais juste un léger « Pschit ! »

- Si c'est ce que tout le monde fait, le déo est forcément vide chez quelqu'un ! maugréa Aomine

- Mais je le mets au fond du rayon après !

- ENCORE MIEUX !

- C'est vrai que même-moi je ne le fais pas Kise-chin.

- Hé ho ! C'est mon procès ou quoi ? pleurnicha t-il. Imaginez, vous en achetez-un qui pue ! C'est de l'argent jeté en l'air ! En plus il y a des parfums où c'est n'importe quoi ! Genre « Dark Temptation » ! C'est censé sentir quoi ? Le bois ? La cerise ? LE FUMIER ? »

Pendant leur petite querelle, Akashi récupéra le téléphone pour lire la phrase suivante, ce qui stoppa immédiatemennt le débat.

« Les gens qui te demandent une petite pièce dans la rue et qui ne te proposent même pas le sans contact …

- C'est d'un goût ! s'offusqua le Kaijo. Et après on dit de moi avec le déo !

- J'avoue que celui qui a mis ça c'est plus pour de l'humour que pour y répondre véritablement, se marra Aomine

- Humour humour… c'est vite dit, commenta Midorima

- Moi je n'ai pas trouvé ça drôle, dit Murasakibara

- Moi non plus, dit Kuroko

- Je passe à la suivante. Les gens qui disent ''c'est pour ton bien'' »

La réponse fut unanime et drastique pour tout le monde : Peine de mort.

Ce que confirma Akashi en dévoilant son ardoise.

« Mais c'était sûr, sourit Aomine

- Je ne dis pas cela en gage de punition, corrigea le rouge dans un calme implacable. Seulement parce que ces personnes n'existent pas et n'existeront jamais. »

Ouh… ça sentait presque la menace dans l'air…

« Même pas ton père ?

- Encore moins mon père. »

Super les relations familiales.

Mais ce n'était un secret pour personne. Le paternel d'Akashi était très loin de s'entendre avec son fils, et inversement. « Leur relation est plus tendue que le string que Satsu ne porte pas » selon les propos d'Aomine qu'il avait osé sortir une fois à Teiko… avant de ne plus tenter de métaphore sur ce sujet depuis.

C'est posément qu'Akashi donna le téléphone à son voisin sans plus de commentaires.

« A moi… dit le violetLes gens qui te spoilent la série que tu es en train de regarder… »

Tous tournèrent leur ardoise après avoir fini d'écrire.

« Juste un doigt » pour Akashi

« Au goulag » pour Kuroko et Midorima

« Peine de mort » pour Kise et « Mort et enterré » pour Aomine

« Je suis sûr que même toi ça doit te soûler Murasakibaracchi… c'est juste horrible de se faire spoil !

- Moi perso je lui éclate la tronche à celui qui fait ça.

- Je ne serai pas content non plus Aomine-kun. »

Le Yosen présenta son ardoise avec « Peine de mort » inscrit dessus.

« Je déteste ces gens… même si ça vient de Muro-chin.

- Ah ouais ?

- Une fois, il m'a dévoilé la fin d'une série sans le faire exprès, en pensant que je l'avais déjà vu. Je ne lui ai pas parlé pendant une semaine.

- Ah ouais ! Quand même !

- Ça ne devait pas être évident sur le terrain Murasakibara-kun.

- M'en fiche. C'était de sa faute. »

Les perdants burent leur gorgée et Midorima loucha en le reposant. Un mal de crâne intense qui lui vrillait son cortex cérébral débuta tandis qu'Aomine faillit s'étouffer avec le liquide en voulant parler en même temps. Kuroko lui tapa gentiment le dos jusqu'à ce qu'il se calme.

« … Merci Tetsu !... attendez ! Faut que je vous raconte ! sourit-il. Mais une minute... avant... tout le monde a vu le dernier Avengers ? »

Le groupe hocha la tête de concert.

« Ok... Je suis allé au ciné avec Satsu y a quoi ? Une semaine allez… non même pas puisqu'elle devait sûrement penser être enceinte encore à ce moment-là car elle avait rien suivit du film… Bref. On attend devant la porte le temps que les autres sortent de la salle et qu'on puisse rentrer à notre tour. Et là… un connard qui nous spoil à tous dans la rangée la fin du film ! « Et les gars, Iron Man meurt à la fin du film après avoir tué Thanos avec le gant incrusté des pierres d'Infinités ! »

- Non ! souffla Kise en ouvrant de grands yeux

- C'est méchant ça, bougonna Murasakibara

- Tsss… des personnes comme ça existent encore de nos jours, siffla Midorima

- On s'est tous regardé dans le rang en se demandant s'il était sérieux…

- Tu m'étonnes ! acquiesça le blond

- … puis j'ai sauté de l'autre côté et je l'ai choppé par le colbac. »

Akashi eut un sourire en coin, imité par Kuroko.

« Je l'ai envoyé voler à l'autre bout de la pièce en l'insultant avant de repartir dans le rang.

- Ah parce que tu es quand même allé le voir le film Aominecchi ?!

- Ben ouais !

- Et ceux qui attendaient avec toi n'ont pas réagi quand tu as cogné l'autre ? demanda le lunetteux

- J'ai été applaudis en héro et on m'a laissé passer en premier avec Satsu. Pas mal hein ?

- Oui enfin… pour voir un film où tu connais la fin…

- Ouais mais je savais pas tout ! Enfin bref, j'avais l'impression d'être un VIP et ça c'était cool.

- C'est bien la première fois que personne ne te réprimande quand tu frappes quelqu'un, remarqua le vert.

- Je suis étonné que les employés du cinéma ne t'ont pas rappelé à l'ordre Aomine-kun.

- A quoi ça sert quand le problème se règle tout seul ? Personne ne s'est plaint et le mec que j'ai envoyé dans le décor encore moins.

- C'était une sacrée anecdote Aominecchi.

- Vaut mieux en rire qu'en pleurer non ?

- Elle revient beaucoup trop cette expression ce soir, commenta Midorima. Je persiste à croire que tu aurais pu le laisser s'étouffer Kuroko pour une anecdote de ce genre…

- Ouais c'est ça ! Et j'aurai porté plainte pour assistance à personne en danger !

- Bah non justement. C'est « non assistance à personne en danger »…

- T'as compris, c'est le principal !

- Bref, je ne risquai absolument rien.

- Midorimaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa… grommela t-il en lui lançant une ardoise non utilisée qu'il esquiva avec facilité

- Ah non ! Commence pas Aominecchi ! Les pauvres ardoises !

- A ton tour Shintaro. »

Le superstitieux fit abstraction des pupilles tueuses qui le perforaient mentalement – il y avait déjà sa migraine pour ça - et saisit le téléphone pour lire sa phrase.

« Les gens qui disent ''Je ne comprends pas mais je respecte'' »

Les réponses furent unanimes.

« Je pense qu'on te connait un peu trop bien Midorimacchi.

- En même temps, Mido-chin fait partie de ces gens-là.

- Sauf qu'il ne respecte rien du tout. C'est du flan. Et il ne comprend pas du tout borné comme il est.

- Mpff… » répliqua simplement le Shutoku en présentant son ardoise avec la réponse de tous écrite en bleue.

« Cœur sur vous »

« Si prévisible » dit narquoisement Akashi

Le vert ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
C'est lui qui disait ça ?

« Alleeeeeez ! A moi ! lança Aomine. Les gens qui financent leurs voyages en tournant des films pornos »

Même si cette phrase en fit glousser plus d'un, les joueurs étaient déchirés parmi les réponses possibles.

« Cœur sur vous » pour Midorima et Kuroko

« Juste un doigt » pour Akashi

« Au goulag pour tournage » pour Kise

« Peine de mort » pour Murasakibara

« Je suis sûr que tu veux les enfermer pour qu'ils en tournent d'autres Aominecchi.

- Oh pas con Kise ! J'y avais pas pensé ! sourit ce dernier

- Est-ce qu'il faut que je vous rappelle que le « goulag » n'est pas une maison de vacances ? soupira Midorima. Il s'agit quand même d'un camp où l'on forçait les gens à travailler. Et quand je dis ça, je suis soft.

- Tu veux pas nous faire un exposé pendant que tu y es ?

- Ah moi je pensais qu'il fallait dire « goulash », dit Murasakibara

- Sérieusement ? Qu'est-ce que le goulash a à foutre là-dedans ?

- Je pensais que c'était une expression pour dire qu'on voulait réduire ces personnes en bouillie. »

La GDM explosa de rire.

« Tu me surprendras toujours Murasakibaracchi !

- T'arrêteras jamais de me faire rire toi... En tout cas, j'ai mis cœur sur vous car je m'en tape bien comment les gens paient leur vacances. Et sans eux on aurait pas tous ces beaux films à mater sur Por…

- Merci Aomine-kun, on a compris. »

Les perdants burent l'alcool qui chauffa une nouvelle fois leurs joues, à l'exception de Kise qui se mit debout.

« Bon, je vais jeter un coup d'œil à ta salle de bain Akashicchi… j'ai peur après ce verre d'être un peu moins concentré pour pouvoir bien m'appliquer.

- Tu connais le chemin Ryouta.

- C'est pas plus mal de faire une pause, avoua Aomine. Tu veux un coup de main Kise ?

- Non ça devrait aller Aominecchi c'est gentil. Alors… j'ai laissé la caisse à out' à l'étage, il me faut juste du matériel. Je peux trouver ça où Akashicchi ?

- « Caisse à out' »… je ne savais pas que c'était encore légal d'utiliser ce raccourci… commenta Midorima

- Dans la cave. Passe par la cuisine. Il doit y avoir un placard où il y a plusieurs éléments de bricolages.

- Ok ! Je vais voir ça ! »

Et il disparut en un éclair.

« Je me demande si je devrais pas changer le papier peint et le parquet de ma chambre. Comme y bosse gratos et qu'il apprend vite… et je suis sûr que je peux négocier le crépi de la maison. » songea le bleu à voix haute

Cela fit sourire Kuroko.

« Et Takao en fait ? Comment y va ? questionna Aomine de manière vicieuse avec un rictus en coin. T'as vu ? Tu as eu aucune réflexion depuis le début de la soirée.

- Et c'était très bien ainsi. Continue.

- Ouais bah continue à pas me répondre et tu vas déguster juste après.

- … Je suppose qu'il a l'air de bien aller…

- Comment ça « tu supposes ? ». Il a quitté Shutoku ?

- Malheureusement non mais…

- « Malheureusement non »… non mais quel escroc, ricana l'As. Pardon tu disais ? » fit-il faussement

Midorima remonta rapidement les lunettes sur son nez.

« Nous sommes plutôt en froid en ce moment…

- Hein ? En froid ? s'étonna le bronzé

- Si tu pouvais arrêter de répéter tout ce que je dis… cela m'agace fortement.

- Il s'est passé quelque chose avec Takao-kun ? demanda Kuroko

- Vos disputes sont monnaies courantes mais de là à être en froid, voilà qui sort de l'ordinaire, dit à son tour Akashi

- Qu'est-ce qu'il a foutu encore Takao au point de t'énerver sérieusement cette fois ?

- Moi je pense que c'est Midorimacchi le coupable ! dit Kise qui venait de réapparaître rapide comme le vent et les bras chargés, ce qui fit bondir ses coéquipiers. C'est toujours la faute de Midorimacchi !

- Ce ne sont pas vos affaires, grogna le concerné, bien alimenté par l'alcool.

- Je pense qu'il a raison, opina Kuroko. Nous ne devrions pas nous en mêler.

- Je veux juste éviter de passer trop de temps avec lui pour le moment…

- Ouuuuuuuh…. fit Aomine avec un sourire entendu.

- Pff…

- Bon moi je suis parti…. annonça le blond en montant les escaliers. J'espère que ça sera rapide. S'il y a des ragots, tenez-moi au courant ! »

Le bleu ricassa avant de lâcher l'affaire. Il avait déjà appris la leçon qu'était de trop forcer.

« J'ai cru que Kise-chin avait dit ragoût et j'ai faim maintenant.

- … t'es en train de bouloter depuis que t'es arrivé Murasakibara…

- Oui mais du salé me donne plus envie que du sucré.

- Tu peux rajouter les larmes de Midorima sur tes bonbecs. C'est un marais salin à lui tout seul.

- Hilarant… » lâcha seulement le vert

La conversation dériva alors sur leur envie culinaire respective du moment mais ils furent interrompus par le ramdam à l'étage.

« Hé ho ! lança Aomine avec force. On s'entend plus ici Kise !

- Excuse-moi de bosser !... » cria t-il aussi fort pour se faire entendre à son tour

Mais il lâcha un cri qui les fit tous sursauter.

« AOMINECCHIIIIIIIIIIIII ! Des serviettes, viiiiiiiiiiiite !

- T'es marrant toi ! lança le bleu en se levant. Je trouve ça où ? rajouta t-il en se tournant vers le propriétaire des lieux.

- Le placard derrière lui. »

Le baraqué monta les escaliers quatre à quatre, non sans jurer.

« Bon sang… elles sont là tes serviettes Kise !

- Appuies sur là où l'eau sort Aominecchi au lieu de me regarder bêtement comme ça !

- Mais c'est trempé !

- Naaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! Sans déconner Aominecchi ! » lâcha t-il, énervé

Leur échange amusa ceux du bas.

« Akashicchi ! appela le bricoleur du dimanche. Je croyais que tu avais coupé l'eau !

- Mais c'est le cas.

- Je comprends paaaaaaaaaas !

- Crétin ! Tu as donné un coup dans le robinet avec ton tube !

- Mais dans tous les cas l'eau était coupée Aominecchi ! C'est pas normal !

- Andouille ! Si l'eau était coupée il fuirait pas ce putain de robinet de mes deux alors c'est qu'il y a aussi un problème avec le compteur d'eau !... ARRÊTE DE M'ECLABOUSSER BORDEL ! Je l'ai fermé regarde !

- Je crois que l'on ne pourra plus appeler cela une salle de bain, constata l'Empereur sans émotion

- Plutôt une piscine Akashi-kun.

- J'en ai bien peur. »

Kuroko jeta un coup d'œil à l'adolescent. Des discussions normales. Le turquoise devait avouer que cela était agréable.

« Kise-chin s'en sort ? interrogea à son tour Murasakibara lors d'un long silence pour être sûr de se faire entendre

- Ça va ça va… c'est un peu galère… tiens ça mieux que ça Aominecchi !

- Heureusement que t'avais pas besoin de mon aide toi !... Qu'est-ce tu fabriques ?

- Attends… maintiens le manchon… le temps que je sers les bagues…»

Pendant que le duo d'enfer à l'étage continuait à travailler enfin dans le calme, les conversations reprirent au rez-de chaussée.

« Mido-chin n'a pas apporté son porte-bonheur aujourd'hui ? demanda le violet en regardant autour de lui.

- Si. Il est dans l'entrée, comme toujours.

- Qu'est-ce que c'est aujourd'hui Midorima-kun ?

- Une souris d'ordinateur à bille.

- C'est petit aujourd'hui, commenta le glouton

- Ce ne devait pas être évident à trouver Midorima-kun. Les souris de ce genre ne se font plus maintenant.

- J'en ai trouvé une d'occasion sur internet et j'ai pu aller la chercher en main propre.

- Où mets-tu tous tes objets Shintaro ?

- J'en revends une partie et j'en stocke certains.

- Tu vends sur internet Mido-chin ?

- Évidemment. Je ne fais pas des brocantes tous les week-ends... »

Ce qui fit sourire le cercle.

« Moi aussi j'achète sur internet Mido-chin mais des fois on peut être déçu. Une fois, je m'étais acheté une paire de basket car les miennes m'avaient lâché et les magasins n'avaient plus ma pointure.

- Kagami-kun connait ça…

- Et la pointure n'était pas correcte ? se renseigna le vert

- Il faut se méfier des contrefaçons. prévint le leader

- La couleur n'était pas celle que tu avais demandé Murasakibara-kun ? fit à son tour Kuroko

- Il y avait marqué que le colis serait envoyé avec un petit sachet de bonbons à l'intérieur.

- Ok d'accord j'ai compris, soupira le superstitieux

- Ils n'étaient pas bons Mido-chin. Vraiment pas bons. C'est la première fois que j'ai recraché des bonbons qui n'étaient pas périmés.

- C'est inhabituel oui, dit Akashi.

- Mais heureusement on fait de bonnes surprises parfois. Comme ce paquet-là, dit-il en montrant la boite presque vide dans ses mains.

- Et ce goût de pockys est correct ? questionna le rouge

- Hmm ? » fit ce dernier, totalement surpris par la question et par son instigateur– tous comme les autres.

Ils observèrent leur hôte qui semblait s'intéresser à l'emballage, lisant les ingrédients au dos après l'avoir pris des mains de son propriétaire.

« Pourquoi cette question Akashi ? ne put s'empêcher de laisser s'échapper Midorima.

- Je ne vois pas en quoi cela est étrange Shintaro.

- Moi si Akashi-kun. »

Mais s'il y en avait bien un qui avait des étoiles dans les yeux, c'était Murasakibara.

« Ce ne sont pas les meilleurs Aka-chin. Car tu vois, ceux au chocolat ils sont plutôt… »

Et le voilà qui était parti dans un traité sur les différents goûts de pockys et informant sur ces derniers lesquels étaient les plus digestes ou procuraient plus de sensations aux papilles selon les moments de la journée. Mais le plus ahurissant dans cette scène était l'Empereur qui l'écoutait sérieusement et hochait parfois la tête ou posait davantage de questions.

Kuroko risqua un coup d'œil vers le Shutoku et ce dernier le lui rendit, tout aussi perdu que lui apparemment.

A vrai dire, Midorima pensait qu'avec le retour du passeur, certaines choses seraient différentes mais…

« …et c'est pour ça que pour des trajets longs, je te conseille ceux au chocolat que j'ai là Aka-chin. Par contre pour des petits creux entre 13h25 et 13h45, je te conseille ceux à l'orange. Après pour les ceux à la fraise…

- Je te remercie Atsushi, cela suffira.

- De rien Aka-chin, répondit ce dernier avec un sourire, content d'avoir eu cette discussion. Tiens je te donne ce paquet s'il t'intéresse, je ne l'ai pas encore entamé, rajouta t-il en tendant les chocolatés.

- Merci Atsushi, le remercia t-il en l'acceptant et le déposant près de lui, sous les yeux toujours incrédules des autres spectateurs.

- Depuis quand Akashi-kun s'intéresse à la nourriture de Murasakibara-kun ?

- Il faut un début à tout Tetsuya. Bien, je pense que nous devrions reprendre.

- Et pour les deux là-haut ? interrogea Midorima d'un geste de la tête

- Laissons-les travailler. Ils nous rejoindrons une fois fini. Il me semble que c'était à toi Tetsuya.

- …Oui Akashi-kun, déclara t-il malgré tout. J'ai… Les gens qui font toujours le même dessert. »

La réponse fut unanime une nouvelle fois, comme-ci les jeunes hommes se connaissaient beaucoup trop bien.

« Cœur sur vous » pour l'intégralité des joueurs.

« Je ne vois pas pourquoi cela te dérangerait Tetsuya.

- C'est vrai Akashi-kun. Je trouve déjà très gentil de la part de la personne d'avoir pris le temps d'en faire un.

- Je vous ai dis que j'aimais bien faire le poirier ? commenta Murasakibara

- Oui on s'en souvient oui… lâcha Midorima

- Je le fais sans alcool maintenant.

- J'aimerai bien y regoûter Murasakibara-kun.

- Je t'en ferai un Kuro-chin.

- C'est gentil Murasakibara-kun. Kagami-kun est fort en cuisine aussi. Il fait de très bons gâteaux également. Il en a fait un cette semaine.

- Lequel ?

- Je ne sais plus… je crois que c'est le fondant au chocolat… ou le moelleux…

- Ça va ! Y a pas de quoi se la péter non plus !

- Aomine-kun…

- Bah quoi ? fit-il avec un sourire moqueur sur le visage, apparaissant dans les escaliers.

- Tu n'étais pas en train de travailler toi ?

- Pourquoi ? Tu veux donner un coup de main Midorima ?

- Je m'en passerai volontiers.

- Ouais bah moi aussi !

- Vous avez besoin d'aide Aomine-kun ?

- Nan t'inquiète Tetsu, on en a plus pour long. Je venais juste prendre mon portable. Kise veut vérifier un truc vite fait pour le robinet qui fuit. Heureusement que t'as tout chez toi Akashi… une vraie quincaillerie ton placard apparemment…

- Va te changer Daiki. Tu mets de l'eau partout. »

Effectivement, l'adolescent était trempé de la tête au pied et gouttait sévère sur son passage.

« Ouais j'ai essayé d'éponger mais ils sont à tordre les vêtements.

- Fais-le dans la baignoire. Puis change de vêtements.

- Tu veux… que j'en prenne… à toi ? dit l'As en essayant de faire disparaître ce rictus moqueur qui naissait sur son visage.

- Enlève ce sourire Daiki.

- Non mais je te remercie, c'est vrai que je n'avais pas de crop top dans ma garde-robe. »

Ce silence éloquent fit frissonner les restants.

« Oh ça va ! se reprit-il en voyant leur tronche. Je déconne ! En plus je t'en ai déjà empruntés une fois il me semble.

- Très bien Daiki. Va égoutter tes vêtements, termine d'aider Ryouta et reviens t'asseoir.

- Ouais… bon je les prends où tes fringues ?

- Fais ce que je te dis. »

Ok… bon… il valait mieux obéir pour le moment.

Il retourna en grognant à l'étage après avoir récupéré ce pour quoi il était descendu.

« Bien. Comme Ryouta est en haut, c'est mon tour. Voyons-voir… Les gens qui passent leur temps à parler de leur ex. »

Kuroko opta pour « Peine de mort »

Midorima un « Goulag »

Murasakibara « Juste un doigt »

« Dans tous les cas, nous sommes plutôt d'accord sur le fait que cela ne te plaît pas.

- Effectivement Shintaro. Et vous avez raison.

- Vu comment Akashi-kun n'en parle jamais, cela ne pouvait qu'être une de ces trois réponses. »

Ils se fixèrent du regard.

« A quoi cela sert de ressasser des choses passées ? A rien. asséna le leader

- Je suis d'accord Akashi-kun.

- Tant mieux Tetsuya. »

Conversation cordiale en apparence mais une légère tension emplissait tout de même la pièce. Peut-être plus par habitude que par réelle intention ? Ces deux-là éprouvaient quelques difficultés à retrouver une vraie communication normale.

Quoique… c'était peut-être ça la normalité entre eux….

« Je suis d'accord avec vous ! lança Kise depuis l'étage. Parce que bon, ça le ferait moyen si je passais tout mon temps à parler de mon ex avec Pippo ! Elle m'aurait quitté au bout d'un moment !

- De tes ex même Kise ! Tu peux utiliser le pluriel ! T'imagine si tu en parlais tout le temps ? Là, elle aurait au moins carrément quitté la Terre oui !

- Aominecchi, la serviette n'est pas à sa place…

- MPPFFF !

- Là au moins, pas de fuite.

- On vous entend en bas vous savez ? soupira Midorima

- On a bientôt fini, on va arriver ! »

Akashi de son côté, finit par retourner son ardoise, révélant une « Peine de mort ».

« Si l'on passe son temps à parler de son ex, c'est que l'on est pas bien avec la personne avec qui l'on est actuellement, expliqua le rouge. Tout simplement. »

Les adolescents hochèrent simplement la tête à cette phrase remplie de bon sens.

« C'est sûr que ça blesse la personne avec qui on est Aka-chin.

- Exactement. Il vaut mieux dans ce cas se poser les bonnes questions. »

Il ne tenta pas d'appuyer ses dires en fixant une certaine paire de prunelles alors que ce dernier pensait que cette pique lui était destinée. Mais Kuroko fut favorablement surpris de voir qu'il n'en était rien. Akashi passa tout simplement à autre chose en tendant le téléphone à Murasakibara après que celui-ci – comme Midorima – eut terminé de boire.

« J'en peux plus… marmonna difficilement le vert

- Les gens qui préfèrent les Playmobils aux Legos. » lut le violet

Les joueurs prirent un instant de réflexion en le fixant, comme si la réponse pouvait de nouveau être lu sur les traits si expressifs du géant. Le verdict finit par tomber :

« Au goulag » pour Kuroko et Akashi

« Cœur sur vous » pour Midorima

« Je pense que Murasakibara-kun préfère les Legos.

- Je pencherai plutôt pour une préférence pour les Playmobils, contredit Midorima. C'est plus… ou du moins, ça demande moins de créativité.

- Les Legos c'est nul, grimaça le Yosen en retournant son ardoise, dévoilant un « Cœur sur vous ».

- Qu'est-ce que je vous disais… » dit simplement le shooter.

L'Ombre descendit son verre non sans gémir.

« Bois plus lentement, lui conseilla le meneur, qui lui aussi commençait à développer un léger mal de tête.

- Akashicchi ! appela le blond depuis l'étage. J'ai enfin fini !

- Je te remercie Ryouta.

- Et moi je pue ? lâcha Aomine

- Par contre, le plombier qui est venu s'occuper de l'évier avant a fait ça n'importe comment. Il a fait dilater un tube pour qu'il puisse rentrer dans l'autre et il a soudé ça grossièrement. Ce n'est vraiment pas professionnel. Alors je t'ai posé un manchon à bagues pour parer au plus pressé mais le mieux serait qu'un vrai professionnel te fasse ça dans les règles.

- Très bien. Je le ferai remonter.

- Quand je pense qu'il y a quelques heures encore il ne savait même pas ce qu'était un siphon... marmonna Midorima pour lui-même en soupirant

- Et moi je pense que t'as un problème avec ton arrivée d'eau, continua l'assistant. C'est pas normal que si t'as tout coupé, on soit aspergé dès qu'on ouvre le robinet.

- Il devait rester de l'eau dans les tuyaux, tout simplement, expliqua Akashi. Je ne veux pas d'un problème de plus.

- J'espère Akashicchi ! …Je peux te piquer un t-shirt ?

- Dans mon armoire, étagère du bas.

- En même temps, étagère du haut m'aurait étonné.

- Je t'entends toujours Daiki…

- Ah merde ! »

Midorima leva les yeux au ciel.

« Bien reprenons avec toi Shinta… »

Le Rakuzan marqua une subite pause avant de pivoter sa tête à nouveau vers l'étage.

« Ryouta, lança t-il d'une voix forte pour se faire entendre. Redescends, je vais t'en donner u… »

BADABOUUUUUUUUUUUUUUUM !

Un gros vacarme se fit entendre suivit de la voix plaintive du copieur.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? questionna Murasakibara

- Attendez je vais voir… lança Aomine, avant de revenir vers le haut de l'escalier. Ouais c'est rien, il s'est viandé dans la chambre d'Akashi. »

Ce dernier pinça les lèvres.

« Allume la lumière Ducon ! râla la voix forte mais très éloignée du basané. Ça t'évitera de tomber sur… une valise ?! »

Pendant que les regards se plantèrent droit sur l'hôte de la maison, les deux adolescents furent en bas à grandes enjambées.

« Akashicchi ! C'est quoi ça ? fit Kise, presque en se jetant sur lui

- Tu te casses ? Tu déménages ?

- Tu reviens quand ?

- Vous déménagez ?

- Oh là… doucement, on ne comprend rien, interrompit Midorima. Qu'est-ce qu'il se passe là haut ?

- Vous mettez de l'eau partout, dit dangereusement Akashi en observant les gouttes au sol.

- Non mais attends Akashicchi ! Tu n'as pas répondu à nos questions !

- Et je n'en ai aucune obligation. Ryouta, va te changer.

- Mais…

- Va te changer. »

Devant le regard impérieux du rouge, le mannequin ravala sa salive et retourna à l'étage à contrecœur.

« Et moi ? dit le bleu en se pointant du doigt.

- Va essorer tes vêtements et redescends.

- Je peux te piquer un t-shirt aussi ?

- Certainement pas.

- Quoi ?!

- Et ça t'étonne ? soupira le vert

- Mine-chin n'a pas été respectueux.

- Ni gentil, renchérit le fantôme.

- Ok c'est bon… je lutte pas, je remonte… » grogna t-il en faisant demi-tour

Tandis que les deux réparateurs improvisés s'occupèrent de leurs vêtements, les regards se concentrèrent encore une fois sur le nouveau sujet de conversation.

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire Akashi ? questionna Midorima

- A toi de jouer Shintaro. »

Résistant légèrement à la pression du regard, le lunetteux abandonna bien vite en se disant que ce n'était pas ses affaires.

« … très bien. Les gens qui ne veulent pas d'enfant. »

En quelques secondes, tout le monde présenta ses trois mots.

« Comment… comment vous savez ? dit-il en voyant la bonne réponse sur chaque ardoise

- Mido-chin l'a dit il y a deux semaines.

- C'est vrai Murasakibara-kun.

- Je ne parlais pas forcément de moi pour ce tour-là…

- Mais il est vrai que si les personnes n'ont pas d'enfants, tu n'es plus embêté par eux non plus, sous-entendit l'Empereur

- Je n'aime pas les gamins.

- On croirait entendre Aomine-kun.

- Mido-chin ne veut pas d'enfant plus tard.

- Exactement.

- Tu dis ça maintenant Mido-chin mais tu changeras peut-être d'avis.

- Je ne pense pas non.

- En même temps, même Takao ne voudrait pas un gamin de toi ! se marra Aomine qui regagnait le cercle – et la discussion - toujours humide, serviette sur la tête.

- Laisse Takao en dehors de ça, asséna le Shutoku fermement

- Du calme Midorimacchi. Tu connais Aominecchi… fit à son tour le Kaijo en apparaissant. Je t'ai pris ce t-shirt et cette veste Akashicchi, ça va ?

- Très bien. »

Le Touhou perdit son sourire pour fusiller de ses iris le rouge qui ne daigna toujours pas lui accorder un regard... et encore moins un vêtement.

Il grelottait légèrement dans ses fringues collantes.

« Tu veux ma veste Aomine-kun ?

- Nan ça va… bon… c'est à moi c'est ça ? dit le bleu.

- Attends ! l'interrompit Kise en se tournant vers le meneur. Akashicchi… cette valise… tu pars en vacances ?

- Mais y a pas moyen sur le temps scolaire Kise ! lui rappela Aomine. Même à Rakuzan.

- … je ne vois pas pourquoi je partirai en vacances, commenta simplement le capitaine. Bien, c'est à toi Daiki.

- Mais Akashicchi… »

Un regard noir le transperça et il se statufia. Cette demi-réponse du rouge avait glacé le reste de la GDM. Qu'est-ce qu'il voulait dire alors ? Est-ce que…

Aomine secoua la tête en soupirant. Akashi avait décidé de ne rien dire et il n'allait pas se mettre à genoux pour le supplier. Il préféra opter pour un changement de conversation.

« Alors… Les gens qui réussissent en passant sous le bureau »

Heureusement pour lui, la phrase capta leur attention et même si les traits soucieux persistaient sur certains visages, la lecture les dérida quelque peu.

Akashi, Kise et Midorima votèrent pour un « Cœur sur vous »

Kuroko opta pour « Au goulag »

Murasakibara trancha pour « Peine de mort »

« Alors là vous n'y êtes pas du tout les gars ! Vous me décevez ! dit-il en tournant son ardoise où il avait dessiné un doigt d'honneur.

- …Ah bon ? C'est étonnant de ta part Aominecchi !

- Je dis pas, j'ai pas de souci avec ça, chacun fait comme il peut pour son avancement mais l'idéal c'est quand même d'y arriver par ses compétences non ?

- Aomine-kun a dit quelque chose de sensé.

- Fais pas cette tête surprise Tetsu ! C'est vexant ! »

Le passeur laissa échapper un sourire.

« Ca me donne pas hâte d'être dans le monde du travail, soupira Kise

- Après moi si on me dit de passer sous le bureau, je le ferai, sourit Aomine

- Mine-chin ne pense qu'à ça.

- Aomine-kun…

- … pour lui broyer les parties, homme ou femme ! Je peux te dire qu'on risque pas de me le demander une nouvelle fois !

- On risque surtout de te virer… rectifia Midorima

- M'en fou. J'ai mon honneur.

- Ton honneur fluctue autant que le cours de la bourse…

- MIDORIMA !

- Malheureusement, nous devons tous boire » annonça Akashi.

Une décharge électrique passa dans le cerveau du Rakuzan qui pinça fortement les lèvres à la fin du verre.

Kuroko tangua légèrement avant de se ressaisir et Midorima donnait tout ce qu'il pouvait pour ne pas tourner de l'œil.

« Hey Kise, ça va ? »

Le nommé était devenu silencieux et avait une mine triste.

« Je suis inquiet pour Akashicchi… »

Les regards pivotèrent dans la direction du nommé.

« C'était quoi cette valise Akashicchi ?

- Est-ce que Akashi-kun va déménager ? » enchaina le turquoise en braquant ses prunelles sur lui

Un grand silence rempli d'attente retentit dans la pièce et tous les yeux étaient droits sur l'Empereur.

« Il me semble vous avoir dit que cela ne vous regardait aucunement.

- Mais on veut savoir Aka-chin.

- Je ne veux pas qu'Akashicchi déménage !

- Tu ne vas tout de même pas quitter le pays ? fit à son tour Midorima

- Tu peux quand même répondre à une question aussi simple que ça non ? grogna le bleu, croisant les bras. Arrête d'entretenir du drama là où la réponse est simple ! »

Kuroko ne s'était pas exprimé davantage et fixa le rouge pour essayer de décrypter ses pensées. Sentant ses yeux encore plus instigateurs sur lui, Akashi pivota dans sa direction.

« Qu'est-ce qu'il y a Tetsuya ?

- Rien. J'attends simplement la réponse d'Akashi-kun. »

Le passeur le fixait tellement qu'il en oubliait de cligner des yeux.

« Très bien, capitula le centre de l'attention. Non, je ne déménage pas. »

L'intégralité du cercle poussa un profond soupir de soulagement. Le plus surpris fut celui qui venait de parler qui dévisagea chacun des adolescents.

« Oh bon sang Akashicchi ! Tu m'as fais peur !

- Je voulais pas qu'Aka-chin parte.

- Je trouvais cela étonnant aussi que vous déménagiez, dit Midorima en remontant ses lunettes.

- Mais alors, si tu ne pars pas en voyage et que tu ne déménages pas, tu vas où ? demanda Aomine

- A toi Tetsuya.

- Akashi-kun n'a toujours pas répondu à la question.

- A toi Tetsuya. »

Les sourcils du joueur se froncèrent avant d'abandonner pour prendre le téléphone qui était tendu.

« Les serveurs qui te prennent ton verre alors qu'il te reste une dernière gorgée » lut-il.

L'ambiance toujours tendue de l'absence de réponse claire du capitaine n'empêcha pas un léger sourire sur les lèvres à l'entente de cette phrase et surtout, dans l'attende de l'avis du Seirin sur la question.

Akashi, Aomine, Kise et Midorima optèrent pour « Juste un doigt »

Murasakibara pencha pour « Au goulag »

« Je déteste les gens qui font ça, dit le baraqué.

- C'est vrai que c'est pénible Aominecchi ! C'est toujours la gorgée qu'on se garde pour la dernière cacahuète ou alors on attend que les glaçons fondent pour pouvoir en boire plus… mais non ! Il faut qu'on nous retire le verre !

- C'est vrai Kise-chin.

- Cela doit t'arriver plus souvent qu'à nous autres Tetsuya.

- Oui Akashi-kun, dit ce dernier en pinçant les lèvres. Et c'est ennuyant parce qu'on retire souvent mon verre alors qu'il est encore à moitié plein.

- Ils croient que tu es parti Kurokocchi j'imagine.

- Oui…

- Encore faut-il qu'ils captent que tu es arrivé déjà...

- Pas facile Kuro-chin. »

Kise avait subitement le regard perdu dans le vide. Soupirant, le seul perdant descendit son verre.

Même sans le finir, le vert se prit la tête entre les deux mains. Il était sans conteste celui qui avait le plus bu et la cacophonie qui se déroulait dans son crâne était des plus atroces.

« Décidemment, tu ne tiens vraiment plus l'alcool Midorima.

- Je suis fatigué, ça n'aide pas, dit-il en se massant les tempes.

- Tiens, mange ça Mido-chin, Ca ira mieux. »

Le souffrant le remercia et entama le paquet de biscuits tendu.

« Dis voir Kise, tu n'aurais pas oublié de boire tout à l'heure ? Après avoir réparé l'évier.

- Mince ! sursauta t-il, tiré de sa rêverie, j'ai oublié Aominecchi ! »

Tout en gémissant, il prit son verre et le vida.

Il le reposa ensuite bruyamment au sol avec une tête à fendre l'âme.

« Je crois qu'il a l'alcool triste ce soir, se marra le bleu en le regardant

- Arrête Aominecchi, gémit le blond. C'est pas drôle ! J'ai vraiment eu peur !

- De quoi tu parles encore ?

- Qu'Akashicchi déménage. »

Le basané leva les yeux au ciel.

« C'est bon c'est fini, on va pas en reparler pendant cent cinquante ans non plus. »

Mais le mannequin partit dans une crise de larmes incontrôlable et soudaine qui surprit tout le monde.

« Et je… triste que Midorimacchi… fâché avec Takao… et… et… je… heureux que Kurokocchi… revenu et… Akashicchi… et… Kurokocchi avec Kagamicchi… je… hips !... con… content… »

Et il continua d'aligner des mots sans queue ni tête parsemés par ci et là d'hoquets.

Le copieur était certes une fontaine déclenchée par l'alcool mais derrière cette raison plutôt facile, l'adolescent en avait également gros sur le cœur. Les derniers événements avaient plutôt malmené son quotient émotionnel qui était bien plus élevé que la moyenne.

Aomine glissa pour se placer près du blond et passa sa main dans ses cheveux.

« Hé Kise… ça va aller… calme-toi… »

Petit à petit ses spasmes se firent moins nombreux et il renifla, ayant de temps en temps quelques sanglots.

« Essuie-toi sur le t-shirt d'Akashi… tu vas le laver de toute façon.

- Va plutôt chercher des mouchoirs Ryouta.

- Je ne pense qu'il soit en état, soupira Midorima en lui jetant un œil

- Je vais lui chercher un verre d'eau Aomine-kun, annonça Kuroko en se levant doucement pour se rendre à la cuisine, non sans trembler sur ses jambes

- Tu veux un gâteau Kise-chin ? proposa le violet en lui tendant un biscuit

- Allez… faut se ressaisir Kise là… dit Aomine d'une voix plus calme en passant un bras sur ses épaules. Sinon je vais recommencer à t'appeler Papy Geinard hein ?

- Aominecchiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

Akashi se leva - avec précaution - pour se rendre près du meuble de la salle à manger afin de chercher une boite de mouchoir. Mais cette dernière était vide. Retenant un soupir agacé, il disparut à l'étage pour en prendre une nouvelle.

Soufflant une nouvelle fois, Midorima qui observait les miasmes du joueur avec dégoût, décida de se lever - avec autant de délicatesse que ses prédécesseurs - pour en chercher une lui-même pour aller plus vite.

Son premier réflexe fut de se rendre près du meuble de l'entrée car il se souvenait avoir déposé son objet fétiche près de ladite boite. Il profita d'ailleurs d'un coup d'œil que sa souris était toujours à sa place – croyant l'espace d'un instant que cette dernière avait bougé d'elle-même, même s'il avait encore conscience que c'était loin d'être une véritable souris. Il balança ensuite la boite au dunker qui la saisit en plein vol avant de tendre son contenu au pleurnichard.

Kuroko revint avec la boisson et le blond l'avala d'une traite. Il se moucha bruyamment sous le regard toujours écoeuré du vert qui attrapa la petite corbeille à papier sous le meuble de l'entrée pour la maintenir devant le copieur, bras tendu, lui priant ainsi de ne pas répandre sa mucosité partout – et surtout près de lui.

Alors que Kise avait amorcé son geste, le lunetteux replaça brutalement la poubelle sous ses propres yeux, faisant manquer son tir à l'adolescent et le mouchoir usagé roula plus loin.

« Midorima ! râla le bleu

- Beurk, fit Murasakibara

- C'est pas drôle Midorimacchi !

- Attendez… »

Du bout des doigts, il sortit un papier tout chiffonné qui avait attiré son attention.

« Depuis quand tu fais les poubelles toi ? » se marra le bronzé

Mais le shooter ne l'écoutait pas et fronça les sourcils devant l'entête de la feuille.

« Résultats d'Akashi Seijuro aux examens d'entrainements »

Il la défroissa du plat de la main pour essayer de lire le papier, ayant du mal croire qu'un document d'une telle importance pouvait se trouver à cet endroit.

Mais non.

Il ne rêvait pas.

Il ouvrit de grands yeux à la suite de la lecture.

« Mathématiques : 98/100

Japonais : 100/100

Anglais : 100/100

EPS : 99,5/100

Histoire : 100/100

Géographie : 100/100

Art visuel : 98/100

Musique : 98,5/100 »

« Qu'est-ce que… »

Midorima relut plusieurs fois le document, peinant à admettre ce qu'il avait sous les yeux, mettant sur le compte de l'alcool que sa vision n'était plus ce qu'elle était.

« Que fais-tu Shintaro ? »

La voix tendue d'Akashi avait fait sursauter tout le monde. L'hôte était revenu de l'étage, boite dans les mains, jetant un regard incendiaire à l'éboueur improvisé qui montra simplement le papier, sourcils froncés.

« Qu'est-ce que c'est que ça Akashi ?

- Mêle-toi de ce qui te regarde Shintaro, claqua t-il sèchement

- C'est quoi Mido-chin ? »

Les deux joueurs se défièrent violemment du regard avant que le vert ne tourne ses iris vers le géant.

« Ce sont les résultats d'Akashi aux derniers examens blancs.

- Repose. Ca. Tout de suite. Shintaro. »

Kuroko et les autres tiquèrent devant les voix des deux adolescents. Midorima n'avait pas pour habitude de résister à l'Empereur et ce dernier semblait littéralement envahit d'une colère polaire.

Kuroko se pencha pour prendre des mains le papier qui sollicitait tant d'animosité. Les yeux du passeur s'ouvrirent plus grands avant de s'installer sur leur ancien leader, incrédules.

« Akashi-kun… »

Le regard du Rakuzan se posa sur sa personne avec tout autant de force, lui intimant de ne pas commenter à son tour.

Kise, toujours à moitié sonné par son état, eut une expression interrogatrice.

« Akashi, ces notes… ne te ressemblent pas. »

Midorima cachait difficilement sa voix soucieuse.

C'était bien la première fois depuis qu'ils se connaissaient que le rouge n'obtenait pas les notes maximales dans l'ensemble des matières.

Et ça, c'était une situation totalement inédite.

Akashi s'approcha à grandes jambes du turquoise pour lui arracher le papier des mains qu'il déchira en plusieurs morceaux avant de les remettre dans la poubelle qu'il remit à sa place.

Il se rassit et Midorima déglutit difficilement.

C'est vrai qu'il aurait peut-être pu lui parler en privé avant de faire une scène malgré lui devant tout le monde. Mais son cerveau n'était plus en état de prendre les bonnes décisions.

Kise, Aomine et Murasakibara prirent une tête choquée, comprenant petit à petit ce qu'il se passait.

« Me dis pas que tu as eu un 99 quand même !? hallucina Aomine

- Ce n'est pas possible Mine-chin. Aka-chin a toujours eu des 100.

- Il a eu trois 98, Murasakibara-kun. »

Le plus grand en perdit son gâteau qui vint s'écraser au sol.

« Mais... les examens… les examens sont dans trois semaines Akashicchi ! geignit le blond

- Ah non ! Chiale pas Kise hein ? »

Midorima, toujours debout, le fixait et Akashi fit de même mais plus intensément, le visage calmement furieux et les lèvres pincées.

« Mais qu'est-ce qu'il s'est passé Aka-chin ? »

Le vert ne comprenait pas non plus. Jamais Akashi Seijuro ne se laissait distraire de ses études. Surtout avec son père sur le dos.

Non vraiment, jamais il ne…

A moins que…

Oh…

Mais bien sûr.

C'était si criant d'évidences que le joueur se maudit de ne pas avoir comprit de suite.

Quel idiot.

« Je vois que tu te mêles de mes affaires Shintaro. dit le rouge, ignorant royalement la question du violet

- Je… ne l'ai pas fait exprès, expliqua t-il calmement en remontant rapidement ses lunettes.

- Bien sûr, fit faussement le capitaine. Fouiller les poubelles est ton passe-temps favori Shintaro. C'est bien connu.

- Je pensais que c'était une erreur.

- C'est toi qui as commis la seule erreur ici Shintaro. »

Ses yeux lançaient des éclairs et semblaient vouloir le transpercer jusqu'au plus profond de son âme. La salive avait du mal à passer. Il finit par s'asseoir, se sentant abandonné par ses jambes.

« C'est n'est pas la faute de Midorimacchi, moi aussi je me serais inquiété à sa place !

- J'ai pas tout compris. Je ne comprends pas comment ça a pu arriver Mine-chin » commenta Murasakibara

Midorima se frappa mentalement.

Evidemment.

Les notes d'Akashi n'avaient pas baissé par hasard. Et d'ailleurs, personne n'était vraiment dupe. Mais les raisons profondes de ces résultats n'étaient que le fruit de causes et de conséquences que le vert avait facilement déduit. Les derniers évènements de la vie privée de l'Empereur avaient été mouvementés et la période des entraînements blancs à Rakuzan commençait plus tôt que les autres lycées au vu de son prestige, surtout pour organiser les camps de révision intensifs qui se déroulaient dans la foulée.

Il suffisait de faire correspondre la période des examens blancs et les problèmes avec Kuroko et le tour était jo…

Oh…

Décidemment il était long à la détente ce soir. Ou plutôt, c'était un miracle que son cerveau arrive encore à faire de telles conclusions à ce stade de la soirée.

« Mais alors… ta valise… »

Oups. Vu le regard encore plus meurtrier que le précédent, sa langue, elle, était bien trop rapide.

Et ce qu'il ne vit pas venir entre autre, fut la boite de mouchoir droit sur sa tête qu'il se reçut avec force.

« Aïe ! » geignit Midorima en se massant le nez

Même un idiot comme Murasakibara saurait se taire dans une telle situation. se fustigea t-il mentalement

Le plus petit croisa les bras en signe de mécontentement.

« Quoi ? Quoi ? fit Aomine, sentant que des choses lui échappaient

- Il n'y a vraiment pas de quoi en tenir une discussion. Et Shintaro, quand je te dis de reposer ce que tu as dans la main, tu le reposes. Quand je te dis de te taire, tu te tais. C'est tout. »

Alors Midorima comprit de nouveau.

Akashi n'avait pas l'intention de créer un suspense particulier en ne répondant pas aux questions sur sa valise. Il ne supportait tout simplement pas l'idée que ses anciens coéquipiers sachent que ses notes avaient baissé.

Il abhorrait la perspective qu'ils sachent que son père l'avait condamné à se rendre au camp de révision.

Akashi Seijuro avait toujours beaucoup trop de fierté.

« Je comprends rien, chouina Kise

- Akashi-kun… fit la voix de Kuroko. S'il te plaît…

- Explique-nous Akashi ! »

Le rouge expira lentement en fermant les yeux pour tenter de calmer sa fureur.

« Très bien. asséna le capitaine en relevant le menton avec superbe. Je vais être absent pour deux semaines. Il n'y aura donc pas de soirée durant les deux dimanches à venir. »

Un silence de stupeur se fit, le temps que l'information gagne leur cerveau.

« Hein ? Mais pourquoi ? s'exclama le bleu

- Je serai au camp de révision de Rakuzan. »

Les mâchoires qui étaient déjà pourtant bien grandes ouvertes trouvèrent une amplitude plus exagérée encore.

« Nooooooooooooooooon !? hallucina Aomine. Genre toi, TOI ? Tu vas au camp ? POUR REVISER ? REVISEEEEEEEEEEEEEEEEEEER ?!

- Je ne l'ai pas choisi, rétorqua le joueur toujours aussi cinglant. C'est mon père qui m'y a inscrit au vu de mes notes. Et sans me prévenir. Je ne l'ai su que ce matin. »

Le groupe restait hébété de cette nouvelle.

Mais c'était son père tout craché. Akashi se souvenait de ses mots remplis de colère froide qui lui intimaient de faire beaucoup mieux aux vrais examens après avoir jeté sa feuille dans la poubelle avec force juste avant de partir pour un séminaire de cinq jours. Et bien sûr, il fut averti qu'une voiture le conduirait demain pour le déposer au point de rendez-vous.

Il lâcha un bref rire noir à cette pensée devant leur yeux toujours atterrés.

« Je me disais aussi que c'était étrange qu'il soit aussi conciliant pour me prêter une voiture la semaine dernière. J'aurai dû me douter que cela cachait quelque chose. »

Un lourd silence vint accompagner cette fin de tirade.

« J'arrive pas à y croire… C'est pas vrai Akashicchi ?!

- C'est vrai que le père d'Aka-chin n'est pas très gentil…

- Akashi-kun…

- Je suis choqué, lâcha le bronzé

- Moi je n'aime pas les camps de révision… bouda Murasakibara

- Il n'y en a qu'à Rakuzan, soupira le vert. Tous les lycées n'ont pas les moyens de faire partir leur élèves en révision intensive, et encore moins sur deux semaines et sur temps scolaire. Les places doivent être limitées non ?

- Effectivement. »

Il y avait tant d'amertume dans la bouche d'Akashi que certains pouvaient presque la ressentir soi-même.

Midorima se surprit à compatir pour son ancien coéquipier. A Shutoku, il n'y avait que les stages de remises à niveau durant les vacances, comme dans les autres lycées lambda. Ce n'était pas si dur mais lui-même détestait l'idée-même d'y aller un jour. Mais en plus de bien travailler, il pouvait également compter sur sa chance donc les risques étaient nuls. Cependant, à Rakuzan c'était tout autre. Midorima se souvenait avoir lu une brochure à ce sujet lorsqu'il cherchait dans quel lycée se rendre à la fin du collège. Le camp de révision intensif était vu comme une punition par l'ensemble du lycée. Seuls les moins bons, risquant de faire de l'ombre à la réputation de l'école étaient sélectionnés pour s'y rendre.

Alors de là à ce qu'Akashi s'y rende lui aussi…

« Ton père s'est arrangé pour que tu sois pris n'est-ce pas ? conclut Midorima.

- Evidemment. Il sait très bien quoi faire pour obtenir ce qu'il veut.

- Je crois me souvenir que la pression est telle que beaucoup abandonnent et ne passent pas les examens. Il s'avère qu'il faut suivre les cours en plus de réviser.

- C'est exact. Mais ce n'est pas de ça dont je me soucie.

- Moi je me fais du souci Akashi-kun. »

Les iris des plus petits se croisèrent et le rouge vit le regard préoccupé du passeur l'envelopper.

« Je ne vois pas en quoi Tetsuya.

- Akashi-kun ne mérite pas d'aller dans ce camp.

- C'est vrai Kuro-chin.

- J'avoue qu'il abuse ton père, reconnut le Touhou. Tu deviens normal… enfin quand je dis « normal », aucun élève normal a plus de 98 partout mais bref, tu deviens un élève normal, c'est pas trop tôt…

- Mes notes ne sont pas à la hauteur, le fait est là » dit simplement l'Empereur coupant court à la conversation et voulant la clôturer définitivement.

Kuroko le regardait en fronçant les sourcils, montrant malgré lui qu'il était en désaccord avec le discours tenu par son ancien capitaine.

« Mes notes sont déplorables ouais, sourit Aomine. Même si j'avoue je sais pas trop ce que t'as foutu aux éval' d'entrainements pour ne pas obtenir les notes maximums comme à chaque fois.

- Arrête d'en rajouter une couche Aominecchi ! »

Le rouge le regarda avec une expression presque moqueuse. Tout le monde n'avait pas deviné apparemment.

Pour le moment en tout cas.

« ...C'est à cause de ta main Akashi, c'est ça ? »

L'interpellé plissa les yeux pour sonder les prunelles du shooter qui tentait de se racheter après une langue bien trop pendue.

« … effectivement. J'ai fais au mieux lors des examens. »

Le reste du groupe s'échangea des regards sceptiques mais comme cette hypothèse n'était pas à exclure – et qu'une nouvelle dispute avec le Rakuzan ne les tentait pas - ils préférèrent ne pas débattre sur la véracité de ses dires à l'heure actuelle.

« Tu n'as plus rien Akashi-kun ?

- Plus rien, dit-il en ouvrant sa paume et en la lui présentant – avec suffisamment de distance.

- Tant mieux Aka-chin.

- Bien, reprenons. Je pense que tout est clair maintenant.

- Aka-chin va faire des soirées là-bas ?

- Certainement pas. C'est à…

- Je suis triste pour toi Akashicchi...

- Arrête de dire des bêtises et joue Ryouta.

- Je ne pense pas qu'il soit encore en état. Heureusement qu'il t'a pas réparé ton évier dans cet état, tu pouvais dire adieu à ta baraque !

- Si ! protesta t-il en faisant une moue. Si je peux jouer ! Je m'en fiche j'ai pas perdu encore ! »

Il essuya d'un revers de main ses dernières traces de larmes, laissa échapper un « ok » se voulant motivant avant de saisir maladroitement le téléphone.

« Les gens qui veulent absolument te caser avec le premier venu… pff… » grogna t-il en fronçant les sourcils

Aomine l'observa, amusé. Cet idiot laissait tout paraître sur son visage.

« Peine de mort » pour le basané

« Juste un doigt » pour tous les autres

Ce fut surprenant de voir la première « Peine de mort » sur l'ardoise du blond.

« Je déteste les gens qui font ça, bougonna t-il en croisant les bras. Comme si on s'intéressait à tout ce qui bouge !

- T'as un ami comme ça toi ? se moqua le bleu. Purée il a pas fini s'il veut te caser avec toutes les filles qui te courent après. »

Il secoua la tête avec véhémence.

« Pas moi. Mais ça m'énerve quand même ! On est assez grand pour choisir par nous-même !

- C'est le mec casé qui dit ça bien sûr… et le mec qui a le plus de choix.

- C'est pas parce que je suis beau, talentueux, gentil, poli et que je plais aux filles que je veux toutes les avoir dans mon lit !

- Tu serais le melon le plus cher du magasin Kise, rit-il, même en promo !

- Et toi Aominecchi ? lança le mannequin. Me fais pas croire que personne n'est jamais venu t'aborder ! Je ne te croirai pas ! »

Le questionné afficha un large sourire mystérieux.

« A part la française ?

- Tu le fais exprès ? bougonna le blond en gonflant ses joues.

- Peut-être … dit-il en tirant légèrement la langue.

- Peut-être tu as déjà été abordé ou peut-être tu te fiches de moi ?

- Devine !

- Mine-chin a rencontré quelqu'un ?

- Tout de suite les grands mots, dit le bronzé en levant les yeux au ciel. Je suis simplement sorti à des soirées et j'ai passé du bon temps c'est tout…. Et certains devraient en faire autant. » rajouta t-il en appuyant son regard sur le rouge.

Ce dernier releva ses yeux sur sa personne et fronça ses sourcils.

« Non ! J'y crois pas Aominecchi ! hallucina le Kaijo. Sérieusement ?!

- Tu vas me vexer là Kise, se marra le bleu. J'ai bien le droit de m'amuser aussi si ça ne dérange personne ! Hors de question de me caser là !

- Et tu nous as caché ça !

- Je n'ai rien caché du tout, j'ai même complètement zappé. Et puis à moins que tu ne veuilles des détails de mes nuits, j'ai pas grand-chose de croustillant à vous raconter…

- Non merci Aomine-kun.

- On va s'en passer Aominecchi…

- Est-ce qu'on peut continuer ? soupira Midorima. C'est à toi Akashi.

- Buvons avant. »

Chacun s'exécuta avant de se prendre la tête dans les mains. Difficile. Très difficile ce verre-là. Midorima était à deux doigts de rendre définitivement les armes. Kuroko tressaillit et tint sa tête dans les mains un long moment avant de pouvoir la relever. Kise semblait hors ligne actuellement.

« B.. bien, se reconcentra le rouge. Les gens qui se roulent une pelle incroyable au cinéma sur les sièges devant toi »

Aomine esquissa un sourire.

« J'en connais qui seront six pieds sous terres, s'esclaffa t-il en retournant son ardoise avec « Vos sièges en velours sont vos cercueils », équivalant à une « Peine de mort » pour tous les autres

- Et bien non, fit le joueur en dévoilant sa réponse.

- Quoi ? Juste un doigt ? fit Aomine, étonné

- C'est certes gênant, je ne le nie pas mais c'est quelque chose de naturel. Du moment que cela ne dure pas tout le film.

- Ah parce que tu te gênerais pas pour le faire au cinéma toi ? »

Le sourire en coin sur les lèvres du Rakuzan continua de les surprendre.

« Je ne vois pas où est le problème Daiki. »

Ah bon ? Car il avait franchement du mal à imaginer l'Empereur embrasser fougueusement une personne devant des spectateurs sans la moindre gêne.

Mais… en fait… non… il avait déjà fait bien pire que ça durant les soirées.

Soupirant, tout le monde but son verre dans un concert de gémissements.

« Oh là… fit l'As en se tenant la tête. Pause pause pause là ! Il faut que je prenne l'air. Sinon je vais craquer comme lui. »

Il montra d'un geste de la main le blond qui semblait être en arrêt sur image, le regard dans le vide, un léger filet de bave coulant le long de sa bouche ouverte. Le copieur était déconnecté, le verre toujours dans la main.

Doucement, très doucement, Aomine se leva. Un voila blanc gagna ses yeux et le sang dans ses tempes se répercuta dans tout son corps comme une caisse de résonnance.

« Attention Aomine-kun »

Le turquoise le stabilisa, non s'en s'aider de son corps pour se mettre debout à son tour.

« Purée… je déteste ce moment de la soirée où je vois tout en double, grommela le bleu

- On a vraiment beaucoup bu ce soir Aomine-kun. Pour moi c'est encore plus dur… »

Effectivement, l'Ombre suait abondamment et sa respiration était haletante. Il dégustait sévère.

« Viens prendre l'air avec moi Tetsu. »

Ce dernier ne se fit pas prier et lentement, les deux se rendirent sur le palier. Une fois à l'extérieur, ils préfèrèrent s'accouder à la rambarde des escaliers plutôt que de prendre le risque de les descendre ou bien de se rasseoir et de rester bloqués dehors.

Mais Aomine – qui avait été jusqu'à là réchauffé par l'alcool - grelottait de froid dans ses vêtements mouillés et maudit intérieurement Akashi et son humour inexistant.

…En même temps, il aurait pu choper son manteau sur le passage. Mais maintenant il avait la flemme de faire deux mètres de plus.

Le passeur ferma les yeux, prit une grande inspiration avant d'expirer doucement, son torse montrant toujours une respiration hachurée.

« Hé, comment tu te sens Tetsu ?

- Oui.

- … »

Le sourire mutin sur les lèvres du turquoise le fit froncer les sourcils.

« Tu me cherches Tetsu ?

- Désolé Aomine-kun mais c'était trop tentant. »

Mais son visage perdit son sourire avant de crisper les traits.

« Je crois que j'ai trop forcé ce soir Aomine-kun.

- Vas-y doucement. On peut aménager les règles pour toi. Tu as été sevré de l'alcool un long moment quand même. Déjà que ton niveau de résistance en temps normal n'est pas extraordinaire. »

Ce dernier opina doucement.

« C'est aussi ce que m'a dit Kagami-kun… »

Le dunker prit un temps de réflexion. Il ne savait pas s'il avait le droit de s'aventurer vers ce type de discussion mais si son ancien coéquipier avait amorcé le sujet, c'est qu'il en avait sûrement l'autorisation.

« Il m'a conseillé de ne pas venir ce soir pour éviter que je termine dans ce genre de situation. J'aurai peut-être dû l'écouter…

- Bien sûr que non, grogna le basané. Il fallait juste que tu réduises l'allure, c'est tout. »

Puis il ouvrit la bouche avant de la refermer… avant de l'ouvrir à nouveau.

« Qu'y a-t-il Aomine-kun ?

- … c'est arrivé quand ? Avec Bakagami je veux dire ?

- … A la dernière soirée. Quand tout le monde dormait.

- Ah ok… c'était vous la photo sur Facebook alors…

- Oui. C'est moi qui l'ai mise.

- Les autres sont au courant ? Pour vous deux ? »

Il fit un mouvement négatif de la tête.

« Pour le moment, c'est difficile à assumer Aomine-kun… surtout pour Kagami-kun. Donc nous avons préféré ne rien dire. J'ai d'ailleurs oublié de vous demander de rester discret à ce sujet…

- T'inquiète, on risque pas de l'ouvrir crois-moi… se mêler des affaires des autres, on risque pas de le refaire avant un moment. »

Cela tira un sourire au fantôme.

« Et Izuki, ça va lui ? »

Kuroko reprit son air impassible.

« Ca va. On évite de lui en reparler. Izuki-kun est redevenu lui-même mais il est souvent dans ses pensées. Il y a un peu de tension entre lui et la Coach aussi.

- Ca va lui passer… tout comme pour Satsu.

- J'espère… mais… »

Le plus petit mit subitement une main devant sa bouche avant de vomir par-dessus la rambarde. Le bleu le soutint car ses jambes ne le tenaient plus.

Il vomit une seconde fois, plus forte que la première. D'un coup de pied, Aomine ouvrit la porte d'entrée.

« Hé, quelqu'un peut amener de l'eau, y a Tetsu qui vomit » lança t-il.

S'il y avait une personne qu'il était sûr de ne pas voir venir, c'était bien le vert. Ce fut donc – oh quel hasard – le rouge qui apparut, une bouteille à la main et des mouchoirs, le regard froncé.

Le nouvel arrivé ne lui accorda pas une oeillade et vint frotter le dos du joueur.

« Tu aurais dû dire que tu n'en pouvais plus Tetsuya. »

Ce dernier releva son visage vers lui, plus pâle que jamais et les lèvres encore légèrement souillées. Le Rakuzan esquissa un geste avec le mouchoir avant de se raviser, lui tendant simplement. Difficilement, le turquoise le prit pour s'essuyer la bouche. Il n'avait d'ailleurs plus aucuns pieds touchant le sol puisque c'était son ancienne Lumière qui le tenait toujours dans un simulacre d'homme debout.

Une fois fait, l'hôte récupéra le mouchoir et dévissa la bouteille pour lui donner. Kuroko prit une grosse gorgée qu'il cracha pour se nettoyer la gorge avant de boire goulûment.

« Ca… ça va mieux. Merci Akashi-kun. Merci Aomine-kun. »

L'Empereur récupéra également la bouteille et le fixa, plutôt mécontent.

« Tu ne devrais pas jouer avec tes limites Tetsuya.

- Je ne l'ai pas vu venir Akashi-kun. Tu peux me reposer Aomine-kun.

- C'est ça ouais, raillât-il en raffermissant sa prise sur lui.

- Emmène-le sur le canapé. »

Le mal en point ne trouva pas la force de les contredire.

« Ne vomis pas sur le chemin Tetsu s'te plaît. »

Ce qu'il ne fit pas, heureusement. Une fois bien allongé sur le divan, Kuroko dodelina plusieurs fois de la tête et commença à divaguer. Le bleu essaya de le mettre sur le côté mais à chaque fois, le passeur retournait sur le dos. Akashi qui s'était éclipsé dans la salle de bain revint avec une bassine qu'il déposa à côté de lui.

« Bon, faut lui jeter un coup d'œil de temps en temps comme il est sur le dos, dit le plus grand. Il ne faudrait pas qu'il s'étouffe.

- Oui. »

Ils restèrent quelques secondes à l'observer avant de prendre le chemin pour se rasseoir à leur place.

« A… Akashi-kun… »

Les deux hommes se retournèrent. Les iris océans étaient posés sur sa personne.

« Bon… bon courage… à… à dans deux semaines Akashi-kun… »

Le rouge, surpris, n'en laissa rien paraître.

« … à dans deux semaines Tetsuya. »

Akashi fut le premier à couper le contact visuel. L'As lui jeta un œil. Un mur impassible.

Murasakibara qui les observait depuis tout à l'heure en reprenant son grignotage posa ses questions en les voyant revenir.

« Kuro-chin va bien ?

- Ouais ça va. Mais alors lui par contre…

- Kise-chin est endormi, même s'il a les yeux ouverts. Il ronfle. Et il me fait peur.

- Nan je parle de l'autre là… »

Le shooter était voûté, la tête dans la paume de sa main et surtout – marmonnait à voix haute.

« De toute façon je n'ai rien à faire… ce n'est pas de ma faute… il faut attendre… oui attendre…

- Je comprends rien de ce que raconte Mido-chin.

- Ca me rappelle quand on était chez Takao. On dirait que l'alcool a tendance à lui faire sortir tout ce qu'il a en tête, se marra le bleu. J'aimerai bien qu'il sorte un truc compromettant, rajouta t-il en se frottant les mains. Il en serait bien capable cette andouille ! »

Ouh là… il devait éviter de se secouer de la sorte car lui aussi n'allait pas faire long feu lui non plus.

« Tu devrais manger quelque chose Mine-chin. Ca va mieux en mangeant.

- Ouais vas-y. File un gâteau.

- Je n'ai jamais dis que Mine-chin devait prendre les miens, dit-il en rapprochant ses paquets vers lui.

- Radin, bougonna l'adolescent en croisant les bras. Ta générosité le soir varie comme l'humour de Midorima ou bien ?

- J'ai rien compris Mine-chin.

- Je m'en doute !

- … de toute façon je dois juste attendre… mais… on ne peut pas continuer comme ça éternellement… je m'en fiche de…

- OH TA GUEULE TOI ! »

Le vert sursauta violemment en se tournant vers lui, comme s'il le voyait pour la première fois.

« De quel droit me parles-tu ainsi Takao ! fit-il en fronçant les sourcils, mécontent. Ce n'est parce que… tu… »

Il se leva d'un bond, visiblement furieux et se rendit à son tour à l'entrée. Sauf que contrairement aux joueurs avant lui, lui n'arriva pas à atteindre la porte. Il perdit l'équilibre au bout de deux pas et s'écroula comme une masse au sol.

Aomine avait regardé toute la scène, amusé et intrigué.

« Je m'inquiète plus pour lui que pour Tetsu. Sa santé mentale est grave là ! Me confondre avec Takao… même sous crack, personne – je dis bien personne - ne m'aurait confondu avec lui ! Le seul point commun c'est qu'on aime le faire chier. N'importe quoi lui… »

Cherchant du soutien dans sa critique, il se tourna vers le meneur. Mais ce dernier était perdu dans ses pensées, fixant le blond, bras croisés. De temps en temps, il jetait des œillades au turquoise qui avait une somnolence agitée.

« Je veux dormir Aka-chin, se plaignit Murasakibara, lui faisant relever la tête dans leur direction. J'ai mal à la tête.

- Tu peux dormir si tu le souhaites. Mais tu auras perdu. »

Le Yosen réfléchit. Il avait tendance à abandonner un peu trop facilement ces derniers temps. Et Muro-chin lui reprochait beaucoup en ce moment. Il faut dire que sa unique et dernière victoire remontait à loin.

« Je vais essayer de résister un peu Aka-chin.

- Très bien.

- Alors à qui le tour ? questionna Aomine en baillant

- Une seconde, fit le rouge en se mouvant presque à quatre pattes vers l'étrange endormi. Ryouta. »

Il le secoua vivement pour le réveiller. Murasakibara frissonna. Le décoloré était effrayant, dormant les yeux ainsi. Ca le stoppait presque dans son appétit.

« Ryouta. Réveille-toi. »

Sa pression se fit de plus en plus forte, espérant le sortir de sa torpeur. Autant dire qu'à cette heure de la soirée avec autant d'alcool ingurgité, cela relevait du miracle.

Mais Akashi était capable de réaliser ce genre de prodige.

« Mais fous-lui la paix… le pauvre, tu vois bien qu'il pionce.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis Daiki.

- Ouais bah vas-y doucement alors Akashi. En plus il va finir par te vomir dessus. »

L'Empereur n'en avait cure et agrémenta ses bousculades d'une baffe en tout bien tout honneur.

« … hu ? fit le blond en ouvrant un œil. A…Ashikashikashi ?

- Aïe aïe aïe ! plaisanta le bleu avant de la fermer face au regard meurtrier

- J'ai à te parler. »

Mais Kise était dans une autre dimension. Ses yeux se refermèrent aussitôt, lâchant un ronflement qui ennuya profondément son vis-à-vis. Il l'agita de nouveau.

« A… Aerrppete… Shi-chhi ! réussit à articuler le mannequin en mettant une main devant sa bouche.

- Pitié ne vomis pas aussi Kise, supplia Aomine en reculant, glissant sur les fesses

- Akashishi…cchi… ? »

Il cligna des yeux de multiples fois comme pour essayer de le voir réellement. Il grimaça à plusieurs reprises, essayant de vaincre sa tête à ne pas partir en avant ou en arrière.

« Keskiya… ? Shikacchi ? »

Le Rakuzan jeta un œil en biais au deux survivants qui attendaient eux aussi, de savoir ce qu'il se tramait. Pas le temps de s'occuper d'eux, le temps pressait.

« Ryouta. »

Il orienta son visage bien face au sien pour être sûr que le blond le comprenne bien.

« Réponds-moi sérieusement Ryouta. Avant Pippo, tu as eu d'autres relations longues n'est-ce pas ? »

Kise ne fut pas le seul à cligner plusieurs fois des yeux cette fois.

« …de… déquoi ? »

Le bronzé n'était pas sûr d'avoir bien compris. C'était bien la première fois que leur ancien coéquipier parlait de ce sujet avec le Kaijo !

Le Rakuzan croisa ses bras sur sa poitrine avec prestance.

« Lors de ta précédente longue relation, au bout de combien de temps es-tu passé à l'étape supérieure ? »

Aomine manqua de s'étouffer avec sa salive. Non mais qu'est-ce que c'était que ces questions ?! Le violet semblait lui aussi quitter peu à peu le monde réel car il paraissait ne plus suivre la conversation.

Pour sa défense, cette discussion était surréaliste.

Kise était resté bugué à la question posée, la bouche ouverte.

« Hein ? fit-il

- Concentre-toi sur ta réponse Ryouta. »

Le pauvre réveillé prit ses deux mains dans sa tête en gémissant. Quelqu'un faisait une partie de ping-pong niveau expert dedans actuellement.

« Je…

- Ressaisis-toi Ryouta et réponds à ma question.

- Moi… petite amie… euh… »

Le blond fit un effort monumental pour reconstruire la phrase du rouge qui semblait se borner à ne pas vouloir répéter. Quant à donner sa réponse, la difficulté fut encore plus grande.

« Je… sais plus… Akacchi… je… une semaine ? Un mois ?... je crois…

- Réfléchis bien Ryouta. »

Une nouvelle complainte s'échappa de ses lèvres durant une nouvelle concentration.

« Je sais plus Akcchi… je crois … bien… oui… trois… trois semaines… un mois... ça dépendait de… moi… et de… d'elle…

- Bien. Merci pour ta réponse Ryouta. Tu peux te rendormir. »

Il ne se fit absolument pas prier, aidé par Aomine qui le pencha vers lui pour positionner sa tête sur ses cuisses en envoyant un regard sombre au Rakuzan.

« T'abuses Akashi. C'était pas urgent comme question. Tu vois bien que Kise n'était pas en état.

- Et toi Atsushi ? continua le rouge en l'ignorant magnifiquement

- Mmh ? fit ce dernier en relevant vivement la tête. Pardon Aka-chin, j'ai eu une absence. Je n'ai pas tout compris.

- Il te demande quand t'as franchi le cap sous la couette avec Himuro en gros, répéta grossièrement le bleu avec un sourire amusé.

- Je ne sais plus trop Aka-chin… pourquoi ?

- Réponds simplement. »

Il se fit songeur.

« Je ne sais pas si je peux en parler. Ca concerne Muro-chin aussi.

- C'est pas comme si tu dévoilais les détails de ce qu'il se passait entre vous, dit Aomine en haussant les épaules. Et crois-moi personne veut les connaitre. »

Le géant opina doucement de la tête, se montrant convaincu par les paroles du basané.

« C'est différent Aka-chin. J'étais ami avec Muro-chin avant que l'on soit ensemble. Je crois que c'était… mmh… cela faisait presque un mois ?

- T'as pas l'air sûr de toi, se moqua le baraqué

- Non Mine-chin… parce qu'on avait rien prévu donc je ne me souviens pas de la date. Ca c'est fait comme ça.

- Himuro a glissé et tu te trouvais à côté, c'est pas de sa faute, ni de la tienne hein ? C'est ce qu'on appelle être au mauvais endroit au mauvais moment non ? Ou plutôt l'inverse ? s'esclaffa t-il

- Ce n'est pas drôle Mine-chin…

- Bon et moi ? Tu me le demandes pas Akashi ? »

Mais le questionneur ne l'écoutait déjà plus, toujours les bras croisés mais avec un visage visiblement soucieux, sourcils froncés.

Une expression assez rare chez l'Empereur pour la souligner.

« J'ai quand même pas compris Mine-chin.

- …

- ... Mine-chin ?

- ...T'as rien loupé, éluda t-il. C'est... Akashi. Bon… on continue ? » lança t-il à ce dernier

Toujours aucune réponse. Il agita une main devant ses yeux mais celui-ci ne le regardait véritablement pas, fixant un point invisible au sol face à lui.

Aomine soupira. Le voilà déconnecté à son tour.

Mais le Touhou sursauta quand le rouge se leva subitement avec le paquet offert par Murasakibara, non sans jeter un œil au passeur assoupi. Bien évidemment, face à ce mouvement soudain, il peina à rester debout et il se tint la tête avant d'ouvrir les paupières.

« Je monte me coucher. Une voiture passe me chercher tôt demain. La clé pour fermer la maison est au même endroit que d'habitude.

- Hein ? Tu te casses ?

- Surveille Tetsuya. » dit-il simplement en se dirigeant vers l'escalier.

A l'aide de ses deux mains, il s'accrocha à la rambarde pour monter péniblement les marches. Aomine crut plus d'une fois qu'il allait tomber à la renverse.

Mais il finit par disparaître à l'étage.

« Au revoir Aka-chin. Bonne nuit et bon courage. » dit le violet, un peu en retard.

BOUM

« C'était quoi ça Mine-chin ? sursauta t-il

- Je suis prêt à parier qu'il s'est mangé sa valise. Bah écoute, s'il est déjà dedans, il gagne du temps pour demain, se marra le bleu

- On devrait peut-être aller voir Mine-chin.

- Meuh non t'inquiète… tiens d'ailleurs maintenant que le tyran est parti… »

Aomine déposa doucement la tête du blond sur le sol et glissa sur les fesses jusqu'au canapé où dormait Kuroko et leva ses jambes pour prendre le plaid s'y trouvant. Il retourna à sa place en le rabattant sur son corps.

« J'me les caille moi ! Bon, il n'y a plus qu'à continuer. Murasakibara ?

- Mine-chin, il faut peut-être déplacer Mido-chin, dit-il en le pointant du doigt. Le sol n'est pas agréable pour dormir, surtout dans cette position.

- On s'en fou de lui… oh mais attends ! »

Le baraqué traina son derrière jusqu'au corps du vert et farfouilla dans ses poches pour en tirer le téléphone avant de retourner à sa place par le même procédé.

« Qu'est-ce que tu fais Mine-chin ?

- J'ai décidé de faire une bonne action, dit-il avec une tête exprimant tout le contraire. Je veux savoir ce qu'il se trame entre Takao et ce crétin.

- Ce n'est pas bien Mine-chin, dit le glouton en faisant la moue.

- Ecoute, à un moment donné faut mettre les pieds dans le plat ! Ils ont l'air de se faire la gueule les deux-là, faut peut-être les aider à se rabibocher non ? »

Mais Murasakibara gardait une mine négative. Le dunker soupira.

« Je sais… en plus j'ai encore redis récemment à Tetsu que l'on ne mettait plus notre nez dans les affaires de chacun mais là, c'est pour la bonne cause non ? Promis je créé pas d'emmerde ok ? »

Il ne savait pas pourquoi il avait besoin de se justifier et d'avoir l'accord de quelqu'un – de Murasakibara qui plus est !

Peut-être pour se persuader lui-même qu'il n'agissait plus comme auparavant ?

Mais cela sembla convaincre le violet.

« Si c'est pour aider Mido-chin je suis d'accord.

- Faudrait déjà connaître son code, grommela le basané en triturant son téléphone … non mais regarde moi son écran de verrouillage ! »

Il le tourna vers le Yosen qui haussa simplement les épaules.

« Ca ne m'étonne pas de Mido-chin. Le logo de Oha-Asa est peut-être aussi son fond d'écran Mine-chin.

- Ce type est d'une tristesse… bref, attends, je vais essayer de voir quelles touches il a le plus tapé. »

Il orienta l'écran vers la lumière pour essayer de distinguer des traces de graisses. Un sourire de vainqueur s'installa sur ses lèvres.

« AH AH ! Je crois que la zone de la touche 7 a été pas mal utilisée ! Heureusement qu'il nettoie souvent son téléphone ! On voit beaucoup mieux !

- Ca ne nous aide pas beaucoup Mine-chin.

- Mouais c'est vrai… et s'il a mis des lettres on n'est pas sorti de l'aubergine… »

Soupirant, Aomine essaya diverses combinaisons sans réelle conviction mais il finit par bloquer le téléphone durant une minute.

« Putain fait chier, grogna t-il. Je veux trop aller dans ses messages pour voir c'est quoi le problème avec Takao !

- Mais Mine-chin, je crois que Mido-chin utilise ses empreintes pour déverrouiller son téléphone non ? »

L'enquêteur en herbe releva subitement la tête.

… outch… un peu trop vite…

« Murasakibara… t'es un génie ! »

De nouveau à quatre pattes, Aomine retourna près de l'endormi pour saisir son doigt et l'apposer sur la partie sensible du téléphone.

« Ca marche pas ! grommela t-il

- Ce sont ses doigts qui sont normalement bandés Mine-chin. »

Le bleu dévisagea son interlocuteur avec surprise. Bordel… c'était lui le plus con des deux ce soir !

Il saisit donc son autre main et – hourra – cela fonctionna. Le sourire jusqu'aux oreilles, l'espion retourna s'asseoir près de son acolyte.

« Et bah voilà… j'avais raison… c'est aussi son fond d'écran… il faut vraiment que ce mec fasse quelque chose de sa vie… c'est pas possible ça ! Bon voyons-voir… messages… ah c'est là… »

Avec frénésie, il parcourut ses conversations pour cliquer sur le fameux « Bakao »… qui semblait avoir muté en « Triple Bakao » durant ces dernières semaines.

« Je sais pas ce qu'il a fait mais il a gagné trois niveaux » s'esclaffa t-il

Ce fameux coéquipier controversé était – paradoxalement – presque en haut de sa liste tout en ayant envoyé son dernier message il y a trois jours.

« Mouais… refit Aomine, je retire ce que j'ai dis. Ce mec n'est pas un accro du nettoyage de son téléphone, c'est juste qu'il a personne à qui parler !

- C'est triste Mine-chin.

- Tu m'étonnes… bon alors… voyons-voir. »

Déjà ce qui frappa les joueurs fut que la conversation tournait à sens unique dernièrement : pour faire plus simple, seul Takao semblait envoyer des messages tandis que le vert les ignorait ouvertement.

« Attends, je vais remonter la conversation et on va descendre, on va mieux piger. »

Ils remontèrent assez loin, voyant qu'il y a encore un mois, les échanges étaient cordiaux, et même si les discussions étaient souvent initiées par le plus petit, le superstitieux lui répondait, même par monosyllabe.

Cependant, depuis trois semaines, Midorima s'abstenait de répondre.

[De : Triple Bakao

Salut Shin-chan ! T'as récupéré ? Je sais qu'on se voit tout à l'heure mais je voulais savoir si t'allais mieux… ou même si t'allait venir tout court d'ailleurs :p ]

[De : Triple Bakao

Tu m'as à peine adressé la parole aujourd'hui…]

[De : Triple Bakao

Salut Shin-chan, nouvelle journée aujourd'hui. J'espère que tu me snoberas pas comme hier, c'est pas cool :'(…]

Et finalement, les joueurs comprirent que leur ancien coéquipier n'avait pas menti. C'était tout juste s'ils se parlaient au lycée. Ca devait être plutôt galère pour les entraînements.

Ouais mais bon, vu la conscience professionnelle de Midorima, cela ne devait entacher en rien les victoires de Shutoku.

Encore que…

Il y avait un exemple bien précis dans cette salle qui montrait bien qu'aussi consciencieux qu'il était possible de l'être, certaines choses étaient capables de les détourner de leur perfection.

Il y a un Empereur qui allait en camp de révision tout de même…

« Il n'y a rien dans ces messages Mine-chin.

- Ouais… admit-il en continuant de scroller indéfiniment l'écran des SMS sans intérêt de Takao… hé mais attends ! »

[De : Triple Bakao

Bon, comme tu sembles toujours ne pas vouloir en parler, je le fais ici Shin-chan. J'ai bien compris que tu ne digérais toujours pas ce qu'il s'est passé dans la cuisine mais quoi ?... Je ne suis pas le seul fautif si tu te rappelles bien…]

« Attends ! Attends ! fit le bleu, les yeux brillants d'une lueur intelligente. Il parle de la cuisine… les messages datent peu de temps après la soirée chez Takao… bordel c'est ça ! Il s'est passé quelque chose chez lui ! Je le savais ! Je l'avais dit ! J'ai loupé un truc ? J'ai loupé un truc ! »

Il relut plusieurs fois le message avant de prendre un air choqué.

« Oh mais… nan… c'est pas possible… ça peut pas être ça…

- Qu'est-ce qu'il a Mine-chin ?

- Je crois que j'ai compris, dit-il, sérieux et amusé à la fois.

- De quoi Mine-chin ?

- Il parle du moment où il a bouffé son yaourt ! s'exclama t-il, victorieux. Regarde ! Il dit « tu ne digères pas ce qu'il s'est passé… », c'est quand il s'est gouré pour le sucre ! Quand il a mis du harissa !

- Je ne comprends absolument rien de ce que dit Mine-chin.

- Pas grave, moi je me comprends ! Tu m'étonnes que tu ne peux pas digérer du harissa avec un yaourt… et Midorima est tellement susceptible ! »

Par curiosité, Aomine continua la lecture des messages suivants le pavé.

[De : Triple Bakao

Je trouve ça un peu facile de tout me mettre sur le dos Shin-chan. Tu es injuste.]

[De : Triple Bakao

Alors quoi ? Tu vas continuer à m'éviter jusqu'à la fin du lycée ?]

Il se passa plusieurs jours sans messages du brun. Finalement, le dernier SMS d'il y a trois jours était tout aussi rempli de questionnement et d'impuissance de la part du Faucon.

[De : Triple Bako

Shin-chan… vraiment… ce n'est plus possible là… je dois faire quoi pour que tu me reparles comme avant ? Dis-le moi ! Tu veux que je m'excuse ? Mais encore une fois ce n'est pas que de ma faute… c'est vraiment pas cool Shin-chan :'(]

« Tu m'étonnes, dit Aomine, moi aussi je me suis foutu de sa gueule quand il bouffait son yaourt qui lui arrachait la gueule… j'avoue j'aurai pas aimé non plus…

- Même si je n'ai rien compris Mine-chin, comment on peut les aider ?

- Bah je crois que je vais devoir faire un truc que je n'ai jamais fait avant à Midorima, maugréa t-il… purée… c'est bien pour faire plaisir à Kise

- A Kise-chin ?

- Bah ouais… il voulait que les deux se réconcilient alors… putain… va falloir que je m'excuse auprès de Midorima… de MIDORIMA quoi ! Tetsu c'est une chose mais alors lui s'en est carrément une autre ! »

Puis il rajouta en grommelant.

« Tout ça parce que Môssieur est susceptible… putain quel casse-c… il aurait prit le sucre et pas le harissa on n'en serait pas là… »

Il verrouilla le téléphone avant de le glisser jusqu'à son propriétaire.

Bon… il n'allait certainement pas le réveiller exprès pour le faire dans la minute.

« Bon… on fait quoi ? soupira le bleu en contemplant la pièce silencieuse. Ca sert à rien de continuer, on arrête là et vas-y on se prend en photo devant les cadavres !

- Je ne suis pas d'accord Mine-chin. J'ai promis à Muro-chin de faire des efforts pour gagner donc je veux encore jouer.

- Quel casse-pied ! râla le basané. Ok vas-y, balance le téléphone d'Akashi.

- Aka-chin l'a pris avec lui.

- Et merde… bon bah on laisse tomber…

- On peut inventer nos propres phrases Mine-chin ? Et celui qui se trompe boit.

- Mouais… mais si l'autre a raison, c'est l'autre qui doit boire alors.

- D'accord Mine-chin. Ca me va.

- Mais t'as une idée de phrase toi ?

- Mmmh… fit-il, prenant un air interrogateur, les chiens qui…

- Faut commencer par « Les gens qui » Murasakibara….

- Ah oui Mine-chin… les gens qui se mêlent des affaires des autres ?

- Très drôle Murasakibara… vraiment très drôle.

- Je n'ai pas d'idée Mine-chin, c'est pour ça.

- Bon attends c'est moi qui commence… à ton avis, qu'est-ce que je pense des gens qui ne savent pas cuisiner ?

- Je croyais qu'il fallait commencer avec « Les gens qui » Mine-chin.

- T'as compris, quoi !

- Mmh… je pense que Mine-chin apprécie ces gens car lui-même ne cuisine pas.

- T'es fou Murasakibara ! Je les déteste ces gens ! C'est direct un an de goulag pour cuisine forcée ! Et j'y fou Satsu au passage. Si personne ne sait cuisiner, qui va me faire la bouffe hein ?

- Mine-chin peut apprendre aussi.

- Dans tes rêves ouais…

- C'est super bien de cuisiner… j'adore cuisiner avec Muro-chin.

- Laisse-moi deviner… ça part en partie de jambes en l'air à chaque fois ? se moqua l'As avec un sourire entendu

- Pas du tout Mine-chin. La cuisine, c'est sérieux, on ne plaisante pas avec » fit ce dernier sur le même ton catégorique.

Avant de reprendre plus songeur.

« La dernière fois, on a fait un Mille-feuille. C'était pas facile mais on s'est bien réparti les tâches avec Muro-chin. Et il était très bon. »

Il sortit son téléphone, tapota son écran avant de le tourner vers son adversaire.

« Regarde Mine-chin. Il a l'air appétissant. »

Le couple posait avec le gâteau, tablier autour de la taille et un sourire véritablement heureux du résultat qu'ils tenaient dans les mains.

« Qui ça ? Ton mec ou le gâteau ? »

Le violet ne prit pas la peine de répondre et continua de faire défiler les images de la pâtisserie d'un mouvement de doigt, pris sous toutes les coutures, un sourire au coin des lèvres.

« Arrête avec ça, grogna le dunker en l'éloignant. Je sais pas c'est quoi le pire ! Que tu m'exposes ton bonheur à la gueule, que tu me donnes atrocement faim ou que tu me fais bien comprendre que je suis une merde en cuisine !

- Seulement la troisième option Mine-chin, c'est promis.

- C'EST PAS CENSE ME FAIRE PLAISIR ! »

Finalement, le glouton rangea son portable avant de prendre son verre qu'il remplit pour boire. De son côté, Aomine jeta une œillade au squatteur du canapé. Ce dernier semblait enfin avoir trouvé le repos et allongé sur le côté cette fois.

« Beuh… je ne veux plus boire, grimaça le Murasakibara

- A toi maintenant.

- Mmh… je ne sais toujours pas Mine-chin… mmh… les gens qui disent des mensonges ?

- Tout le monde en dit Murasakibara…

- C'est pas pour autant que j'apprécie qu'on me mente Mine-chin…

- Parfois, ta lucidité me fait peur tu sais… n'empêche que tu viens de me donner un indice ! Je dirais… que tu leur ferais juste un doigt non ? »

Vu la tête de son concurrent, il avait vu juste.

« Allez ! Bois ! Bois ! Bois ! »

Il s'exécuta non sans bougonner à son tour.

« C'est pas juste…

- En même temps personne n'aime qu'on lui mente.

- Ca dépend surtout venant de qui Mine-chin.

- C'est sûr. Y en a plein où je m'en contrefous. Bon à moi ! Euh… à ton avis qu'est-ce que je pense des gens qui se font tatouer le prénom de leur mec ou meuf sur le corps ?

- Je pense que Mine-chin est contre, dit-il comme une évidence

- Jusqu'à quel degré ?

- Mmh… jusqu'à la peine de mort.

- Bingo ! En même temps c'est criminel de faire ça ! Bordel… c'est vraiment comme être tatoué comme les clébards avec le numéro de leur maître quoi !

- Moi non plus je n'aime pas l'idée Mine-chin. Si on est bien avec la personne, il n'y a pas besoin d'avoir son prénom quelque part.

- Bien dit Murasakibara… mais attends… si je suis ton raisonnement… si on est mal avec la personne, alors on peut porter son nom non ? »

Le cerveau du Yosen fumait et était tout retourné.

« Oui Mine-chin… je crois…

- Niark niark niark… » fit ce dernier en se frottant les mains et en se tournant vers le vert.

Il rampa pour se rendre près du meuble au marqueur pour le saisir le fameux instrument de torture avant de se placer toujours avec précaution près de Midorima.

« Ce n'est pas une bonne idée Mine-chin.

- Oh allez… c'est pour que tout s'arrange entre eux d'une certaine manière. »

Mais le géant secoua la tête de nouveau, ce qui fit soupirer le joueur. Il reposa le feutre et retourna à sa place en bougonnant.

« T'es pas drôle Murasakibara. » dit-il avant de boire son verre avec difficulté.

Vu leur état à tous les deux, la question qui allait suivre risquait d'être fortement la dernière.

« C'est à moi de choisir Mine-chin.

- Interdit de trichier hein ?

- Trichier ?

- Oui : interdit de tricher ni de me faire chier.

- Moi je ne triche jamais Mine-chin. Sinon c'est ennuyant. Mmh… voyons-voir… je dirais… Les gens qui entament de la nourriture dans la queue avant de payer en caisse.

- Oh là là… attends… ça sent le piège là… »

Le basané fronça les sourcils en essayant d'analyser l'adolescent. La réponse était évidente pour lui : sûrement un « Cœur sur vous » puisque lui-même en était adepte, pour l'avoir vu faire de nombreuses fois à l'époque de Teiko.

Mais il ne pouvait pas avoir choisi une réflexion aussi facile alors qu'il avait dit il y a peu vouloir gagner.

Ou alors il le faisait exprès en espérant qu'il se trompe ? Ou alors…

Une minute. C'était Murasakibara qui parlait et non Akashi.

Oui mais le violet se montrait plutôt épatant finalement en creusant un peu.

« Oh allez ! On va pas y passer la nuit ! Je pense que c'est carrément un « Cœur sur vous » non ?

- C'est pas juste, fit le violet. Mine-chin a gagné.

- Quoi ? Sérieusement ? Mais il n'y avait aucune difficulté là !

- Je n'ai jamais dit ça Mine-chin.

- Bah oui je vois bien… bon bah à ta santé hein ? »

La moue installée sur son visage, Murasakibara soupira longuement avant de boire tout doucement.

« Ce… ce sera mon dernier Mine-chin… je n'en peux plus… désolé Muro-chin.

- Excuse-moi hein ? Mais c'est quand même con de perdre aussi bêtement… »

Mais le perdant était déjà dodelinant de la tête. Aomine l'obligea à s'allonger en le poussant. Lorsque sa tête toucha le sol, il ronflait déjà.

« Bon bah voilà une nouvelle victoire, sourit le bleu. Je me demande si j'ai pas dépassé celles d'Akashi ? Faudra que je compte… »

Son sourire disparut bien vite quand il sentit que le calme de la pièce avait un effet somnolant sur lui.

Il devait faire vite s'il voulait immortaliser sa victoire.

Il regarda autour de lui comment il pourrait prendre une photo digne de ce nom. Ce n'était même pas la peine d'envisager de se mettre debout, il n'y survivrait pas.

Il se mit à plat ventre pour ramper une nouvelle fois vers l'entrée. Il tendit la main au-dessus du meuble pour en tirer l'objet chanceux du vert qui manqua de peu de lui tomber sur la tête. Cela avait du bon d'arriver en même temps que Midorima finalement. Puis il rampa de nouveau vers le Shutoku, toujours face contre terre.

Avec un cruel sourire, le vainqueur déroula l'objet pour placer l'embout USB au niveau d'un endroit stratégique des fesses du shooter, puis il posa la souris à côté.

Ravi de son idée, il sortit son téléphone de sa poche pour saisir ce moment de raffinement et en profita pour rapidement la poster sur Facebook avec comme titre « Cliché rare d'un chat qui bouffe avec les fesses »

« Désolé Midorima, j'ai pas pu résister ! »

Mais son sourire s'élargit lorsque dans les minutes qui suivirent, il vit Takao qui avait liké la photo et commenté à son tour.

« Quand j'ai dis à Shin-chan de rester connecté, je pensais pas comme ça… :p ».

Aomine ne put s'empêcher de rire. Pas mal ! Mais pas sûr que ce commentaire les rabiboche demain. Ou alors c'était pour forcer le superstitieux à lui adresser la parole ? Bref, pour le moment, l'As savoura ces traits d'humour.

Et en plus, pas de soirée durant deux semaines. Pas d'Akashi sur le dos.

Libre le dimanche soir depuis longtemps.

Parfait.


Mot de la fin : Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? ^^ En 5 ans le pression ne descend pas ! xD Il me tarde d'écrire les chapitres suivants surtout que je croule sous l'inspiration !

Le saviez-vous ? Le jeu "Les gens qui..." est un jeu de société qui existe réellement ^^ Et vous pouvez créer vous-même des cartes pour alimenter le jeu.

Encore une fois, je vous fais tout plein de bisous et je vous remercie grandement de m'avoir lu. N'hésitez pas à me donner votre avis que je prendrai plaisir à lire - même les critiques ! On n'arrête jamais d'apprendre ! J'espère d'ailleurs avoir répondu à tout le monde à chaque fois, n'hésitez pas à me prévenir si j'ai oublié quelqu'un ! Je suis très tête en l'air !

D'ailleurs certains d'entre vous m'ont dit qu'ils n'avaient pas reçu la notification de la sortie du dernier chapitre. Pourriez-vous me dire pour celui-là s'il vous plaît que je sache ce qu'il en est ? Merci !

PS : L'eau avant ou après le dentifrice ? Lego ou Playmobil ? Pain au chocolat ou chocolatine ? :p

Merci de votre lecture ! Vous êtes les meilleurs !