Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.

Un gros MERCI à Lune d'argent (ma Beta) et Miss Wendy Malfoy (ma pré-reader) qui m'ont suivi dans cette aventure de reprise d'écriture.


L'ange qui naîtra de nous deux
{La suite}


*****ATTENTION : Scène sans consentement. Soyez avertis.******


Chapitre 22- La démission du professeur Rogue

La salle sur demande était méconnaissable. Elle était immense, avec un éclairage tamisé; les tables qui longeaient le mur du fond offraient un festin de roi; les étendards aux couleurs des quatre maisons étaient accrochés au plafond; la musique des Bizarr'Sisters résonnait sur la piste de danse emplie de jeunes sorciers et sorcières. L'ambiance était à la fête, ce qui changeait de l'atmosphère lourde d'après-guerre.

Il semblait à Hermione que ce soir était la première fois que les élèves de Poudlard s'autorisaient à célébrer cette victoire tant espérée.

La jeune femme sirotait une bièraubeurre fort savoureuse en se félicitant d'avoir opté pour des souliers ballerines qui s'agençaient parfaitement à la robe d'été d'un bleu pâle qu'elle avait choisi de porter, plutôt que les escarpins que Parvati et Lavande lui avaient fortement conseillés.

« Hey, Hermione, tu t'amuses? » Demanda soudain une voix sur sa gauche et Hermione accueillit Neville avec un sourire et un hochement de tête.

« Toi? »

« Ouais! » Répondit le sorcier blond avec un sourire un peu niais. Il fallait dire que les consommations que les jumeaux Weasley et Lee Jordan avaient apportées par le passage secret qui débouchait à La Tête de Sanglier de Pré-au-Lard n'étaient pas toutes sans alcool. Quelques anciens élèves de Poudlard les avaient également accompagnés; ceux, surtout, qui avaient fait partie de la première Armée de Dumbledore.

La fête était un vrai succès. Néanmoins, Hermione, qui avait faussement attribué l'expression de contentement de Neville à l'alcool, réévalua l'air niais du jeune homme lorsque celui-ci lui tendit une lettre.

Bien que légèrement pompette, c'était un sourire de soulagement et de contentement que Neville arborait avec fierté. Hermione agrippa la lettre et la lut rapidement. Neville, avec ses notes suffisantes en potions et celles, bien plus que suffisantes en botanique, avait été accepté à l'Université.

« Oh, Neville! Félicitations! » S'exclama Hermione en lui sautant au cou. Sa propre lettre n'était pas encore arrivée, mais la jeune femme ne s'en inquiétait pas trop, chaque programme envoyant leurs lettres séparément les unes des autres, elle devrait arriver d'ici un jour ou deux.

Le jeune homme fit tourner Hermione dans ses bras, laissant échapper un éclat de rire bien sonore.

« Je n'y serai jamais arrivé sans ton aide, Hermione. Merci d'avoir trouvé un peu de temps pour m'aider— » Hermione allait l'interrompre, lui dire que ce n'était vraiment pas grand-chose, mais Neville insista. « —je sais que tu avais un emploi du temps chargé cette année, avec fiston et tes propres cours; merci, du fond du cœur. »

Hermione lui sourit plus doucement, acceptant les remerciements. « Je suis vraiment contente pour toi, Neville. Tes parents seraient fiers. »

Le sourire du garçon s'élargit, puis, comme pour mettre fin au moment sentimental avant que celui-ci ne devienne maladroit, il entraîna soudainement la jeune sorcière sur la piste de danse. Accompagnés de Luna et Harry, Hermione et Neville passèrent plusieurs minutes à danser comme des idiots.

Ron et Ginny étaient un peu plus loin, en conversation avec les jumeaux qui, accompagnés de Lee et de Angelina, préparaient un jeu sur table que les sorciers appelaient « Souaffle ta soif » —soit une version simplifiée de Quidditch miniature qui impliquait de boire des quantités indécentes d'alcool; un jeu qui, selon Hermione, s'apparentait au fameux Bière-Pong moldu.

La soirée d'Hermione passa rapidement, entre conversations légères et éclats de rire. Avec Luna et Ginny, elles s'organisèrent une soirée de filles un peu plus tard dans l'été.

« On pourrait même faire ça chez moi, si vous le souhaitez, » avait proposé Hermione avec un pincement d'excitation au creux du ventre.

« Tu veux dire chez toi, chez toi? Dans le genre de, chez toi et chez Rogue? » Avait demandé Ginny les yeux écarquillés et un sourire taquin aux lèvres. « Oh, j'accepte volontiers! » Puis les trois amies avaient partagé une étreinte secouée de rires et d'une certaine fébrilité.

Un peu plus tard, Hermione retrouva son meilleur ami, le parrain de son fils, et ensemble, ils s'avancèrent pour encourager le troisième membre de leur trio qui livrait le combat de sa vie.

« Tu vas y jouer? » Demanda Harry à Hermione qui sirotait un vin elfique.

« Aucune chance, » répondit celle-ci alors qu'ils se placèrent, accompagnés de quelques Gryffondor, derrière un Ron bien décidé à vaincre.

Dès la première manche, son souaffle miniature rebondit sur la table avant de passer dans l'un des anneaux dorés et de terminer sa course dans l'une des six chopes de bière-au-beurre de son adversaire. Michael Corner déclara forfait après sa troisième consommation, laissant la place à un Blaise Zabini plutôt confiant. Aussitôt, un petit groupe de Serpentard vinrent l'encourager et la fameuse rivalité Gryffondor-Serpentard redevint, l'instant d'un moment, bien palpable.

« Allez, Ron! » Cria Ginny en sautillant telle une cheerleader aux côtés d'Hermione, Luna et Harry.

« Montre-lui comment on fait, » suggéra Drago à Blaise, tous deux encadrés par les garçons partageant leur dortoir, ainsi que Millicent, Daphné et sa jeune sœur.

Hermione regarda autour d'elle. Le jeu avait attiré un bon nombre de fêtards et, reprenant le chant de victoire de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, elle entama doucement : « Weasley est notre roi! Weasley et notre roi! »

Ce ne fut pas très long avant que ses camarades n'y soient entraînés et bientôt, Gryffondor, Pouffsouffle et Serdaigle confondus clamaient ladite chanson.

« WEASLEY EST NOTRE ROI! »

« Oi! » S'exclama Blaise avec indignation. « T'es qu'une traîtresse, Granger! Je croyais que tu aimais bien les Serpentard! »

Il y eut un « OOOOOhhh! » généralisé parmi la foule amusée et Hermione sentit son visage chauffer. Néanmoins, elle garda son sang-froid et répliqua « Seulement quelques-uns, » à Blaise, avant d'envoyer un clin d'œil vers Malefoy qui éclata de rire en frappant le dos de son ami comme pour lui dire : « Bien essayé, mec! »

Ron eut beaucoup de succès à « Souaffle ta soif », mais après quelques consommations, il prit une pause bien méritée, s'installa dans l'un des fauteuils de la salle sur demande et, entraînant Luna sur ses genoux, entreprit de l'embrasser jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus respirer. Hermione rigola et passa un moment en compagnie de Padma Patil et Hannah Abbott afin de distribuer des potions anti-gueule de bois que certains élèves avaient dérobées à Mrs. Pomfresh au cours de la journée et qui aiderait un peu à dégriser les élèves possédant un stade plus avancé d'alcoolémie. Hermione prit grand soin d'en donner une dose à chacun de ses amis.

Lorsque minuit arriva, la musique rythmée des Bizarr'Sisters se changea en une musique plus douce sur laquelle les différents couples se ravirent de pouvoir danser.

Hermione regarda avec affection Luna entraîner un Ron un peu plus lucide vers la piste de danse, où il enveloppa la sorcière blonde dans une étreinte tout à fait charmante. Derrière eux, Hermione remarqua qu'Harry et Ginny, qui se balançaient doucement d'un pied à l'autre tout près de la fenêtre, avaient leurs fronts joints dans une discussion intime. Hermione leur laissa leur intimité et balaya la salle du regard. Près de la table des boissons, accompagnée de son amie Tracey, Pansy Parkinson sirotait un verre dans lequel un liquide ressemblant à du Whisky-pur-feu y était présent, un regard triste fixé sur Drago et Astoria Greengrass qui s'embrassaient comme s'il n'y avait pas de lendemain. Néanmoins, lorsqu'elle réalisa le regard d'une certaine Gryffondor braqué elle, elle détourna les yeux et dit quelques mots à Tracey.

Hermione réalisa soudain que la soirée tirait à sa fin. L'ambiance avait quelque peu changé dans les dernières minutes et elle décida de laisser ses amis faire leurs adieux. En effet, Harry et Ron, tout comme Drago, avaient une copine d'un an, et même deux, leur cadette et ils venaient s'en doute de réaliser que de quitter Poudlard voulait aussi dire quitter leur amour pour l'année suivante.

Hermione eut un pincement au cœur pour eux, mais ressentit un soulagement à ne pas partager leur situation. Doucement, la jeune femme se dirigea vers la porte et quitta la fête afin d'aller retrouver son propre sorcier.

Elle ne remarqua pas l'intérêt qu'une certaine Serpentard eut pour elle, pas plus qu'elle ne vit son expression se transformer en inquiétude quelques minutes plus tard alors que la Serpentard nota le départ d'un autre élève.

oOo

Hermione marchait tranquillement dans les couloirs sombres de l'immense château. La soirée avait été palpitante et amusante, mais la jeune maman avait hâte de retrouver les deux hommes de sa vie dans les quartiers privés de Severus.

Severus. Hermione gloussa avec excitation alors qu'elle se remémorait la conversation qu'ils avaient eue un peu plus tôt dans la journée. Elle n'arrivait toujours pas à croire la promesse qu'il lui avait faite : il voulait qu'elle devienne sa femme! Hermione n'y croyait toujours pas, des papillons de bonheur et d'excitation dans l'estomac chaque fois qu'elle se remémorait ses mots.

Elle avait tenté de se contenir toute la soirée –Severus n'aurait sans doute pas apprécié qu'elle dévoile ses intentions à tous ses amis– mais maintenant qu'elle était seule, en direction des appartements de l'homme en question, avec qui elle avait bien l'intention de célébrer ce développement, Hermione osa quelques petits pas de danse et une pirouette, le cœur léger.

Elle descendit un autre escalier -elle devait descendre du 7e étage jusqu'au 3e- et tourna dans le couloir de l'aile Est. Ses pas résonnaient dans le château et Hermione eut tout juste le temps de se dire que c'était là l'une des dernières fois qu'elle entendrait ce son si particulier lorsqu'un second écho se fit entendre.

Hermione s'arrêta et regarda derrière elle, s'attendant à y voir Rusard ou Miss Teigne. À la place, seule son ombre vibrant à la lueur des torches se fit visible. Fronçant les sourcils, Hermione reprit sa route. Néanmoins, elle sortit sa baguette de la poche longue et fine qui était présente dans sa robe, comme c'était souvent le cas avec les vêtements sorciers, et la garda bien en main. Hermione avait assez de vécue dans cette école pour savoir que, même si elle considérait Poudlard et ses couloirs comme son deuxième chez-soi, elle devait faire confiance à ses instincts lorsqu'elle sentait que quelque chose clochait.

La jeune femme continua sa route, l'oreille aux aguets et les yeux grands ouverts, mais le temps qu'elle atteignit le 4e étage, sa panique s'était déjà calmée. Les chances qu'elle rencontre Touffu, le chien à trois têtes d'Hagrid, ou bien un basilic, un loup-garou, un détraqueur ou encore un mangemort ce soir étaient bien faibles. Avec un petit rire dérisoire envers elle-même, Hermione replaça sa baguette dans la poche de sa robe.

Puis, elle tourna un coin et tomba nez à nez avec Théodore Nott.

« Oh! » S'exclama-t-elle.

Nott tendit les bras vers elle, comme pour la retenir de tomber alors qu'elle faisait un pas vacillant vers l'arrière, mais il se retint de la toucher.

« Hermione, » ricana-t-il gentiment. « Je suis désolé de t'avoir fait peur. »

Hermione se calma et reprit sur elle. « Non, ça va. Je ne m'attendais pas à te voir ici, » dit-elle avec un sourire un peu forcé, tentant de se rappeler la dernière fois qu'elle avait vu Nott ce soir; il était à la table de « Souaffle-ta-soif » avec Draco et sa bande.

Le jeune homme hocha la tête et passa une main dans ses cheveux noirs, l'air soudainement nerveux.

« En fait, j'avais espéré te parler ce soir, avant que l'on quitte cette école—» Il regarda autour de lui avec un léger air de dédain; décidément, il ne partageait pas la même nostalgie qu'Hermione quant à ses moments passés à Poudlard. «—mais tu es partie trop tôt de la fête. »

Son ton était un peu accusateur, mais Hermione ne le releva pas, espérant mettre rapidement fin à cette discussion qui la mettait mal à l'aise.

« Oui, j'étais fatiguée, » dit-elle simplement en regardant vers sa gauche où l'escalier descendant vers le troisième étage l'attendait.

Nott suivit son regard et haussa un sourcil. « Ce n'est pas le chemin le plus court vers la tour de Gryffondor. »

Hermione fronça les sourcils, ne sachant pas trop quoi répondre à cela.

« Mais, » poursuivit Nott en avança d'un pas, « j'imagine que ce n'était pas ta destination finale. »

Hermione releva les yeux vers lui, devant également lever le menton tant qu'il était grand… et près d'elle.

« L'endroit où je vais ne te concerne pas, » répliqua Hermione, sa main descendant vers sa jupe, là où elle avait stupidement replacé sa baguette un peu plus tôt.

Les yeux de Nott baissèrent vers le mouvement et d'un seul élan, il agrippa le poignet de la jeune fille et le releva, la faisant ainsi reculer jusqu'au mur de pierres derrière elle. Il retint sa main aux côtés de son visage sur le mur et Hermione sentit la pointe de la baguette du garçon instable s'enfoncer dans la peau de son sternum, là où sa robe bleue présentait un modeste décolleté. La main libre d'Hermione vint s'enrouler autour du poignet de l'adolescent, mais elle ne put déplacer sa prise.

Les yeux ronds, effrayée, Hermione attendit de voir ce que Nott allait faire ensuite. Celui-ci la regardait avec un mélange de dégoût et de désir. Il approcha son visage du sien et déplaça une mèche de cheveux bouclés avec son nez alors qu'il humecta l'odeur de la jeune femme. Puis, Hermione sentit son souffle sur son cou et son oreille alors que Nott lui dit, tout bas : « Il ne te mérite pas. »

Hermione savait qu'il parlait de Severus; le jeune homme avait tout de suite deviné l'endroit où elle se rendait et cela avait semblé l'énerver au plus haut point. Et alors que l'esprit d'Hermione cherchait à comprendre pourquoi, tout en cherchant une solution pour se sortir de cette situation, Nott lui lâcha le poignet et vint plutôt agripper son sein droit, sa bouche attaquant soudainement celle d'Hermione.

Le cerveau de la jeune femme cessa de fonctionner sous l'assaut, son corps prenant la relève. De façon instinctive, elle poussa sur le torse du sorcier dérangé qui l'agressait afin de l'éloigner, mais celui-ci se fit plus fort et imposant. Son corps entier se colla au sien et Hermione se retrouva définitivement coincée entre le Serpentard et le mur de pierres. Lorsqu'il caressa durement sa poitrine et qu'il enfonça sa langue dans sa bouche, Hermione vint connecter son genou à son entrejambe tout en mordant sauvagement ses lèvres jusqu'au sang.

Nott se recula avec un grognement et Hermione se détourna rapidement pour s'en aller, son cœur battant la chamade, sa respiration saccadée.

« Pétasse! » Gronda Nott en l'agrippant par les cheveux et en la tirant vers lui.

« OW! » Hurla Hermione, ses deux mains allant à la racine de ses cheveux, tentant d'amoindrir la douleur.

Il la ramena face à lui et la gifla. Hermione sentit sa lèvre se fendre et un goût de fer envahit sa bouche.

« Tu as perdu la tête, Granger! C'est quoi ton problème? » Lui hurla Nott, comme si elle était responsable du fait qu'il l'ait giflé.

Hermione eut une exclamation étouffée. « Mon problème? »

Nott eut un autre grondement et il s'avança vers elle, menaçant. Hermione glissa sa main dans sa robe afin d'y sortir sa baguette, mais avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, la baguette de Nott se pointa de nouveau sur elle, dangereusement près.

« Théodore, » tenta de le calmer Hermione en levant les mains de chaque côté de son visage. Au moins, elle n'était plus coincée au mur et aurait pu tenter de s'enfuir si seulement Nott ne la menaçait pas de sa baguette. « Ne fais rien de stupide » le supplia-t-elle d'un ton sensé.

« Stupide? C'est toi qui es stupide! » Répliqua méchamment le garçon, crachant du sang qui éclaboussa sa chemise. « Tu préfères la compagnie de Rogue, ce grand-père méprisant, plutôt que la mienne! »

Hermione cligna des yeux et déglutit. Comment devait-elle répondre à cela. Son premier instinct aurait été de défendre Severus —bien sûr qu'elle préférait la compagnie de l'homme qu'elle aimait plutôt que celle d'un adolescent instable et dangereux— mais opta pour le tact.

« On ne choisit pas celui qu'on aime, » dit-elle doucement, gentiment, tentant d'amadouer le garçon. « Ce n'est rien contre toi— »

« Je pourrai t'y obliger, tu sais? » Hermione ne dit rien; il s'agissait d'une question rhétorique. « Je connais le sortilège impardonnable pour ça. »

Hermione hocha négativement la tête, ses mains tremblantes devant elle.

« Théodore, je t'en prie, ne fais pas ça… »

« Tu oublieras Rogue. Tu seras obligée de m'aimer. Tu aimeras ça, tu verras. »

Hermione regarda frénétiquement autour d'elle. Quelles étaient les chances qu'elle se sauve (tout en descendant un escalier) avant que le sortilège de Nott ne l'atteigne?

« Théodo— »

« IMPERO! »

oOo

« Très bien, veuillez déglutir. »

Severus s'exécuta et le jeune médicomage fronça les sourcils, replaçant ses doigts quelques millimètres plus haut sur la gorge du professeur.

« Encore une fois. »

Severus s'exécuta de nouveau.

« Sur une échelle de un à dix—»

« Huit, » l'interrompit Severus, reculant sa tête d'un mouvement brusque afin que le médicomage lui libère le cou.

« Mmh, » marmonna le guérisseur pour lui-même en écrivant quelque chose sur la fiche médicale du professeur.

Non loin de Severus, tout prêt d'un lit d'infirmerie vide, Mrs. Pomfresh demanda : « Est-ce que c'est normal qu'il ressente encore autant de douleur? Après toutes ces semaines…? »

Poppy avait les yeux cernés et ses bras étaient semi-croisés, une paume à la base de son cou; geste involontaire qui trahissait sa compassion envers lui. Les yeux noirs de Severus allèrent de Poppy au jeune sorcier, lequel soupira.

« Ce n'est pas anormal, » commença le médicomage, « mais ce n'est pas ce que l'on souhaite. »

Ce fut au tour de Severus d'émettre un « mmh » évasif alors qu'il reboutonnait son col de robe de sorcier sur sa gorge défigurée et douloureuse.

Il était tard – très tard. Augustus Pye, le médicomage qui avait fait le suivi du rétablissement de Severus, et qui avait pour mandat de poursuivre l'évolution de sa convalescence à Poudlard était, pour cette semaine-là, sur l'horaire de nuit. Il était donc arrivé tard en soirée à l'école de sorcellerie, juste avant le début de sa garde de nuit.

Severus, qui avait attendu le rendez-vous, s'était assoupi avec Ethan sur le divan et lorsque Mrs. Pomfresh avait utilisé le foyer pour l'avertir de l'arrivée du médicomage, Severus avait sursauté et réveillé Ethan qui avait mis un temps fou à se rendormir. Le temps que le petit se calme et somnole enfin dans son propre lit, un elfe de maison du château veillant sur lui, il était tout près de minuit. Severus avait néanmoins pris quelques minutes afin de gribouiller une note à Hermione pour l'avertir de son départ –il ne doutait pas que la jeune femme allait venir le voir dans ses appartements ce soir, après sa fameuse fête, en particulier après la conversation qu'ils avaient eue cet après-midi même!- puis il s'était rendu à l'infirmerie pour son bilan de santé journalier.

« Il n'y aura pas trente-six mille solutions, » concéda le guérisseur. « Sans magie, nous sommes plutôt limités. La Docteure Walters a renouvelé votre prescription d'antidouleur. Elle suggère aussi la physiothérapie pour vos muscles du cou et de la gorge. »

Severus acquiesça, déjà familier avec les petites pilules moldues que la Docteure Walters lui avait prescrites.

Mrs. Pomfresh s'approcha d'eux. « La physiothérapie? »

Le jeune guérisseur haussa des épaules. « Une méthode de médecine moldue. Je ne m'y connais pas tellement. » Puis, après considération, il se tourna vers Severus. « Serez-vous en mesure de prendre un rendez-vous dans le monde Moldu? »

Severus eut un rictus amusé. « Je connais quelqu'un qui pourra m'aider, » avoua-t-il.

Le médicomage acquiesça et Poppy eut un sourire discret, quand soudain, les trois adultes entendirent un bruit et des pas de course dans le couloir.

« Pour l'amour d'Helga, » souffla Mrs. Pomfresh, « que se passe-t-il? »

Poppy s'avança vers la porte, curieuse. Severus se releva du lit sur lequel il était assis, intrigué, et le médicomage de Ste-Mangouste recula un peu pour libérer le passage, lorsque la porte s'ouvrit brusquement et qu'Harry Potter pénétra dans l'infirmerie, un air sombre sur ses traits. Du bout de sa baguette, il faisait léviter le corps d'un adolescent inconscient aux vêtements parsemés de sang.

« Madame Pomfresh, nous avons besoin de votre aide! » Il s'arrêta un moment lorsqu'il vit son auditoire, sembla surpris, puis fit brutalement descendre le corps vers un lit quelconque de l'infirmerie. Poppy se dirigea aussitôt vers l'élève évanoui, un air inquiet sur le visage, mais le Survivant ne sembla pas y prêter attention, son regard sombre croisant celui de son professeur de Défense.

Severus sentit instinctivement que quelque chose clochait.

« Que lui est-il arrivé? » Demanda l'infirmière d'une voix anxieuse.

L'attention de Potter revient vers elle et il fronça les sourcils avec dégoût.

« Pas lui! Elle. »

Il tourna son regard vers la porte, invitant les trois adultes à faire pareil, au moment où le jeune Mr. Weasley arriva, transportant dans ses bras, telle une mariée, une Hermione Granger en état de choc.

Si Mrs. Pomfresh et le médicomage Pye restèrent abasourdis, il n'en fallut pas davantage à Severus pour qu'il réagisse, le cœur dans les talons.

« Hermione! » S'exclama-t-il avec panique en s'approchant du rouquin. Celui-ci s'avança vers un lit et y déposa la jeune femme qui s'accrochait toujours à lui, ses bras enroulés autour de son cou avec fermeté. Il dut s'asseoir à ses côtés.

Le regard bleu et désolé du jeune Mr. Weasley croisa les yeux alarmés de son professeur lorsque celui-ci prit place de l'autre côté d'Hermione sur le petit lit d'infirmerie et qu'il toucha une de ses épaules dénudées.

« Hermione, » répéta-t-il plus doucement, « ma chérie, regarde-moi. »

La jeune femme eut alors un sanglot, abandonna enfin l'étreinte de Weasley et se tourna vers son amant avec des yeux marron larmoyants.

Severus eut une exclamation étouffée —seule indication que l'état d'Hermione l'avait surpris— puis, il posa ses deux paumes sur les joues de la jeune femme, son pouce caressant doucement sa lèvre boursouflée et fendue.

Ses yeux noirs firent des allers-retours sur les traits meurtris de sa compagne; sur sa chevelure en désordre; sur ses vêtements fripés; sur son poignet bleuté. « Oh, Hermione, » souffla-t-il doucement. Pour unique réponse, Hermione ferma les yeux et deux grosses larmes roulèrent sur ses joues.

« Je suis désolée, » pleura-t-elle et Rogue secoua la tête.

« Non. » Il l'attira doucement vers lui et la jeune femme enfouit son visage dans le torse de son amant en sanglotant de nouveau, ses bras s'enroulant autour de la taille du professeur. Severus lui caressa les cheveux avec douceur. « Chuttt, » la berça-t-il.

« Que s'est-il passé? » Redemanda Mrs. Pomfresh. Sa question était très clairement adressée aux deux jeunes hommes et ils échangèrent un regard avant de répondre.

« Nott. » Cracha Potter avec dégoût.

« Il a tenté de l'agresser, » ajouta Weasley.

Le sang de Severus se figea dans ses veines. Hermione eut un hoquet et elle le serra davantage contre elle, comme si elle avait senti qu'il s'était raidi à l'annonce de la nouvelle et qu'elle craignait son retrait.

« Doux Merlin, » s'exclama Poppy, scandalisée. De toute sa carrière à Poudlard, jamais elle n'avait eu un tel cas. « Dilys! » Scanda-t-elle. « Dilys, pourriez-vous avertir Albus immédiatement? »

L'ancienne directrice de Poudlard, Dilys Derwent, s'anima soudain et quitta aussitôt son tableau pour rejoindre celui qui l'attendait dans les appartements du Directeur actuel.

Poppy s'approcha d'Hermione et de Severus. Weasley se leva, afin de lui laisser la place.

« Miss Granger, » cajola doucement l'infirmière. « Miss Granger, je suis désolée, mais je dois savoir. Dois-je vous redonner une dose de potion contraceptive? »

Les dents serrées, Severus ferma les yeux et expira bruyamment par le nez, affecté par la question qu'il savait pourtant essentielle. Il sentit le médicomage Pye se rapprocher d'eux, comme pour offrir son aide et son expertise. Weasley et Potter échangèrent un regard inconfortable.

Dans l'attente de la réponse de la jeune femme, Poppy fit léviter une couverture bleue vers elle, qu'elle réchauffa d'un coup de baguette et qu'elle déposa sur les épaules d'Hermione qui tremblaient. Severus entreprit de l'aider, enroulant la couverture autour de la jeune femme.

« Miss Granger? » Insista Poppy.

« Hermione, » murmura Severus, embrassant le dessus de la tête de la Gryffondor. « Hermione, il faut qu'elle le sache. » Il se recula et força gentiment Hermione à relever le visage avec le bout de ses doigts sur la mâchoire de la jeune femme.

Si le médicomage trouvait étrange la familiarité entre l'élève et le professeur de Poudlard, il se garde de passer quelconque commentaire. Il avait sans doute saisit, dès l'arrivée d'Hermione à l'infirmerie, qui elle était.

Hermione plongea ses yeux dans ceux de Severus et déglutit.

« Non. Je— Il n'a pas… La potion n'est pas nécessaire. »

Severus referma les yeux et acquiesça en soupirant, soulagé.

« Okay. Okay, » murmura-t-il pour lui-même, comme pour se calmer, alors qu'il fit glisser sa paume sur la mâchoire meurtrie de sa compagne jusqu'à sa nuque et l'attira une fois de plus dans son étreinte. Hermione le laissa faire, ayant besoin du contact presque autant que l'homme.

Mrs. Pomfresh se retourna vers les deux adolescents. « Nous allons attendre le Directeur, mais il faudra un récit complet de ce qui s'est passé. »

Potter acquiesça, ses poings serrés de chaque côté de ses cuisses. Weasley dévisagea le corps inerte du Serpentard avec haine. Pye s'approcha de ce dernier et posa deux doigts à sa gorge, comme pour vérifier son pouls.

« L'est encore en vie… pour l'instant, » vociféra le rouquin entre les dents.

Poppy fit léviter une dose de philtre calmant et tendit le flacon à Severus, qui le fit boire à Hermione. Aussitôt, ses tremblements se calmèrent et son corps devint lourd dans l'étreinte de l'homme. Ils recommencèrent le même processus avec une solution de 'dépuratif sanguin', qui permettrait de s'assurer que le sang de Nott qui aurait pu entrer dans l'organisme d'Hermione soit entièrement éliminé. Après avoir ingurgité ces deux potions, Hermione se sentait déjà un peu mieux.

Dumbledore arriva enfin, accompagné de Minerva. Tous deux semblèrent au courant de la situation et également choqués.

« Oh, Miss Granger, » souffla le professeur McGonagall en s'approchant de la jeune sorcière et en lui touchant gentiment le bras en guise de support.

Dumbledore, lui, s'approcha de Théodore Nott, une expression inhabituellement dure sur ses traits affaiblis.

« Que s'est-il passé? »

Les cinq adultes tournèrent leurs yeux vers Harry Potter et Ron Weasley qui échangèrent un regard avant que l'un n'acquiesce en direction de son ami.

« On célébrait la fin de nos études dans la salle sur demande, » commença Potter, le visage sombre. « Hermione est partie plus tôt, seule. Quelques instants après, Pansy Parkinson est venu nous voir et nous a mis en garde contre Nott qui, selon elle, avait suivi Hermione. »

Severus fronça les sourcils. Pourquoi Parkinson, Weasley et Potter avaient tous redouté quelconque agissement de la part de Nott? Qu'il ait quitté la salle quelques instants après Hermione n'aurait dû être ni inquiétant ni soupçonneux.

« Ces derniers mois, le mec avait développé une obsession pour Hermione, » expliqua Ronald. « Tout le monde l'avait remarqué, même Malefoy et Parkinson. »

« Vous voulez dire que ce n'était pas la première fois qu'il s'en prenait à elle? » demanda Minerva, scandalisée.

Severus sentait la rage monter en lui. Hermione dut le ressentir, car elle se recula et leva les yeux vers lui, mais il évita son regard; il ne voulait pas qu'elle pense qu'il était en colère contre elle.

Hermione en profita pour regarder, pour la première fois, les autres sorciers présents dans la pièce, évitant le corps inanimé de Théodore, avant de reposer son regard humide et honteux sur l'homme qu'elle aimait.

« Je suis désolée, » murmura difficilement Hermione, ce qui eut l'effet d'une douche froide sur Severus.

« Non, » dit-il avec ferveur, s'assurant que la jeune femme le regardait droit dans les yeux, cette fois. « Hermione, ce n'est pas de ta faute. »

Les yeux d'Hermione se remplirent une nouvelle fois de larmes.

« Sauf que ça l'est— » Severus secoua la tête, préparant sans doute un discours sur le faux sentiment de culpabilité des victimes, mais Hermione l'interrompit avant qu'il ne puisse ouvrir les lèves. « Il y avait des signes, que j'ai ignoré. J'aurais pu l'empêcher. »

Severus fronça les sourcils, mais ne dit rien.

« Des signes? » S'enquit le professeur McGonagall.

Hermione acquiesça, sa lèvre inférieure tremblotante.

« Depuis janvier dernier. » Severus eut un soupir de contrariété. Hermione ne le releva pas. « Il—Il m'a fait plusieurs avances. Parfois il était gentil, d'autre fois il se faisait grossier et insultant. Il y a même une fois où Draco a dû intervenir. » Les narines de Severus se tendirent, sa rage quant à l'aveu d'Hermione bien évident sur ses traits. Pourquoi donc personne ne lui en avait parlé?!

« Je suis désolée, » répéta Hermione d'une toute petite voix.

« Non. » Le sorcier, peu soucieux de leur public, encadra le visage de sa douce entre ses paumes et vint poser son front contre le sien. « Non. Ce n'était pas de ta faute. »

« Tu es en colère, » souleva la Gryffondor.

« Pas contre toi. » Il embrassa doucement ses lèvres contusionnées. « Jamais contre toi. »

« Contre Nott? » Demanda Hermione. Tout ça avait commencé au moment où Hermione et Severus lui avaient offert son aide alors que sa Marque le faisait souffrir. Hermione avait attiré son attention à cause de sa gentillesse et parce qu'elle entretenait une relation avec son directeur de maison et que Nott s'était mis en tête qu'il était un meilleur choix que l'homme.

Severus acquiesça d'un hochement de tête muet. « Contre moi, aussi. J'aurais dû m'en apercevoir. »

Hermione secoua la tête et ferma les yeux. Dans toute cette histoire, Severus n'était pas à blâmer. Elle passa ses bras autour du cou de l'homme et le serra contre elle.

Derrière elle, il y eut un faible raclement de gorge.

« Que s'est-il passé, exactement, ce soir? » Demanda Dumbledore en reposant son regard sur les amis de la Gryffondor.

Ron et Harry échangèrent un regard. Ron expliqua d'un ton neutre qui cachait mal son dégoût et sa haine.

« Nous n'avons pas tout vu. Il l'a clairement brutalisée, mais on ne connaît pas les détails. Nous étions tout près, dans le couloir adjacent lorsque nous avons entendu des cris et des insultes. Et puis il a—il a insinué qu'il pourrait faire ce qu'il voudrait d'elle… et nous l'avons entendu lancer le sortilège Imperium. » Il se tut alors et tous entendirent ses dents grincer.

Dans ses bras, Severus sentit Hermione recommencer à trembler. Mrs. Pomfresh hoqueta d'horreur, Minerva et Albus échangèrent un regard lourd de sens et le médicomage de Ste-Mangouste lança un regard de répulsion à l'adolescent inconscient.

« Nous avons accéléré notre course, » poursuivit le Survivant, voyant bien que son ami était incapable de finir le récit. « Lorsque nous sommes arrivés… nous n'avons pas pris le temps d'analyser la situation, si ce n'est que le sang de Nott coulait déjà sur son menton et qu'Hermione avait vraisemblablement été giflée. Nous avons attaqué. »

« Il est présentement sous l'emprise du sortilège Petrificus Totalus, » nota le médicomage. « Il est inconscient cependant, sûrement dû à une contusion à la tête. Sa lèvre inférieure a été mordue jusqu'au sang; la blessure est déjà en train de guérir. » Comme n'importe quelle blessure à la bouche, celle-ci avait abondamment saignée, mais cicatriserait rapidement. Tous, néanmoins, devinèrent dans quelles circonstances l'adolescent s'était vu infliger cette blessure par la Gryffondor.

Hermione releva la tête et s'adressa à Severus. Tous entendirent.

« Il. Était. Dans. Ma. Tête, » articula-t-elle avec difficulté et écœurement, comme si cela avait été une des pires expériences de sa vie.

Severus acquiesça, affligé. « Je sais, oui. » Il passa tendrement une main dans les cheveux en broussaille de la jeune femme. « Il y a une raison de ce pourquoi ce sort est un impardonnable; non seulement celui qui le lance peut faire faire ce qu'il veut à sa victime, mais il s'agit aussi de la pire des agressions. »

La lèvre inférieure d'Hermione se remit à trembler et elle la mordit afin de s'empêcher de pleurer de nouveau. La douleur ressentie liée à sa blessure ne fit qu'accentuer son désir de ne pas succomber aux larmes une fois de plus.

Severus serra les mâchoires et s'adressa à Dumbledore.

« Albus, ce garçon mérite Azkaban. »

Les yeux bleus inhabituellement sérieux du vieux directeur regardèrent le couple un court instant, avant d'acquiescer.

« Minerva, contactez le département de la justice magique. Poppy, assurez-vous que Miss Granger se rétablisse sans séquelles. J'accompagnerai moi-même Mr. Nott à Ste-Mangouste le temps que les Aurors viennent le réclamer. Severus, vous contacterez sa mère; son père étant déjà à Azkaban—»

« Non. »

Il y eut un court silence. Puis, Albus haussa un sourcil. « Non? »

Hermione, ainsi que tous les sorciers présents dans l'infirmerie, regardèrent le professeur de Défense avec stupeur. Ses traits étaient tirés et fatigués, et ses sourcils froncés montraient clairement sa contrariété.

« Vous m'avez bien entendu, Albus; non. Je ne vais pas m'occuper d'avertir qui que ce soit. Ça fait plus de quinze ans que je fais exactement ce que vous attendez tous de moi. »

Albus soupira.

« Severus, je suis bien conscient que la situation est… sans précédent. » Ses yeux se posèrent sur Hermione un court instant, laquelle était toujours dans les bras de son amant. « Mais en tant que directeur de la maison Serpentard, vous vous devez de remplir certaines tâches, aussi désagréables soient-elles. »

« Ma tâche, en ce moment, est de prendre soin de la FEMME QUE J'AIME! » rugit Severus. « Demandez donc à Poppy d'avertir la mère de ce déchet, moi, j'ai d'autres dragons à fouetter! »

Il se pencha alors vers Hermione et caressa sa joue du bout des doigts, ne remarquant pas les airs choqués des autres sorciers autour d'eux ni les sourires amusés des deux adolescents.

« Tu veux rentrer à la maison? »

Abasourdie par l'entièreté de la conversation et le changement de ton drastique de son professeur, Hermione cligna des yeux. « La maison? »

Severus sourit tendrement et acquiesça. « C'était censé être ta surprise pour ta remise de diplôme. Notre cottage ? Il est prêt. »

Hermione eut son premier vrai sourire –un qui fut tremblotant– de la soirée depuis l'agression de Nott et hocha doucement la tête. Il n'en fallut pas davantage à Severus qui se redressa et aida Hermione à se relever. La couverture de l'infirmerie tomba au sol. Severus fit léviter sa canne jusqu'à lui.

« Ethan? » S'enquit naturellement la jeune maman. C'était le beau milieu de la nuit, mais en aucun cas ils ne pouvaient quitter Poudlard et y laisser leur enfant.

Severus hocha la tête. « Nous allons le chercher. » Ils se dirigèrent vers le foyer de l'infirmerie afin d'utiliser la poudre de Cheminette pour regagner les appartements du professeur.

« Severus, » retentit soudain la voix de Dumbledore derrière eux. Le couple se retourna. Hermione remarqua ses deux meilleurs amis qui la regardaient avec appréhension et optimiste à la fois. Elle leur sourit faiblement. Elle remarqua aussi Mrs. Pomfresh qui avait une main appuyée sur ses lèvres, les yeux vitreux d'un trop-plein d'émotions. Le professeur McGonagall arborait un sourire fier alors qu'elle regardait Severus, mais celui-ci se changea en une expression d'encouragement lorsqu'elle regarda Hermione ensuite. Le médicomage semblait tout simplement désorienté.

Albus Dumbledore, lui, souriait avec bienveillance et fierté.

« Vous n'aurez qu'à inscrire 'raisons familiales' sur votre lettre de démission. »

oOo

Quitter Poudlard dans ces conditions était plutôt amer, pensa Hermione, les yeux pleins d'eau, mais dès que Severus lui avait proposé de partir, elle avait su que cela était la bonne décision. Pour elle, pour eux deux.

Le cottage était magnifique, beaucoup mieux en vrai que ce qu'elle avait pu voir dans la Pensine à Noël dernier. Severus avoua qu'il avait demandé de l'aide à Narcissa pour la décoration et tout était parfait, réalisa Hermione. Minimaliste et fonctionnel et tellement… eux!

Ethan ne s'était même pas réveillé malgré le voyage et le transplanage. Le petit garçon de 15 mois dégageait une douce odeur de lavande et ses longs cils noirs reposaient sur ses petites joues grassouillettes alors que ses lèvres roses faisaient la moue. Les mots « Fais de beaux rêves » étaient inscrits sur son pyjama bleuté orné d'étoiles blanches. Hermione l'avait gardé contre elle pendant tout le voyage, son petit corps chaud et souple bien ancré dans ses bras, et cela avait eu un effet calmant sur la jeune mère.

Elle était désormais adossée au cadre de la porte de la nouvelle chambre de leur fils et regardait avec tendresse Severus qui le remettait doucement au lit sous une douillette couverture bleue et argentée. La chambre était petite, mais chaleureuse. Une photo du petit garçon du temps où il n'était encore qu'un nourrisson était accroché au mur du fond avec ses initiales peintes en bleu et blanc. Sa fenêtre donnait sur la cour, où un jardin et petite remise étaient visibles. Severus ferma les rideaux bleus et, posant ses mains sur les épaules de la jeune femme, la conduisit dans le couloir et jusqu'à leur chambre.

Celle-ci arborait un foyer en pierre que Severus alluma d'un coup de baguette magique. La soudaine lumière révéla un miroir dans le coin de la pièce, dans lequel Hermione put apercevoir son reflet. Sa jolie robe d'été était fripée et déchirée et quelques gouttes de sang y étaient restées imprégnées. Sa lèvre fendue s'était croûtée et sa joue virait au mauve. Ses cheveux partaient dans toutes les directions.

Les larmes lui revinrent aux yeux et elle tenta, sans succès, de retirer les plis de sa robe avec empressement, frottant frénétiquement, mais sans succès, les gouttes de sang séchées. Un sanglot s'échappa de sa gorge.

Severus vint lui agripper les poignets et la tira gentiment dans la salle de bain. Puis, avant même qu'Hermione n'ait pu se déshabiller, il fit fonctionner la douche aux parois de céramique beige et l'y amena.

Hermione rigola un court instant, tous deux étant trempés dans leurs vêtements, mais bientôt, son rire se transforma en sanglot.

« Je sais, oui, je sais, » murmurait à répétition Severus, la laissant pleurer tout ce dont elle avait besoin d'expulser sans jamais la juger. Il ne fit que la serrer dans ses bras, ses longs doigts se perdant dans ses cheveux d'un geste apaisant.

Après un long moment, lorsqu'Hermione fut enfin calmée, il vint embrasser son front et entreprit, doucement, de lui retirer ses vêtements souillés. Hermione se laissa faire, épuisée. Et lorsque Severus vint déposer du shampooing dans ses longs cheveux, l'odeur habituelle de ses effets personnels la réconforta.

Lorsque ses cheveux furent enfin propres, les doigts de Severus descendirent vers ses épaules et ses lèvres vinrent se poser sur son cou, l'embrassant doucement; trop doucement. Comme s'il testait les limites.

Réalisait-il seulement à quel point ses caresses et ses baisers étaient différents – à cent mille lieues, vraiment – de ce que l'agression de Nott avait été?

Il aimait Hermione. Il le lui prouvait constamment avec ses actions, et ce soir, il l'avait déclaré haut et fort à qui voulait l'entendre.

Par Godric, il avait démissionné pour elle!

« Severus. »

« Mmh? »

Hermione se retourna et observa l'homme devant elle. Mis à part ses pieds nus, il était encore vêtu et complètement trempé, ce qui fit sourire Hermione. Ses cheveux courts lui collaient au front, mais ses yeux expressifs étaient encore visibles, ce qui changeait de d'habitude, lui qui avait cette manie de cacher ses émotions derrière le rideau que créaient ses cheveux.

Les mains d'Hermione montèrent sur ses bras et vinrent déboutonner le col de la chemise de Severus, exposant son cou, puis son torse.

Le sorcier ne dit rien, déglutit, et se contenta de la laisser faire, ses yeux sombres fixés sur elle. Une fois le vêtement déboutonné en entier, il l'aida à le retirer, les manches restant collées à ses bras.

Hermione vint alors se coller contre son torse, d'abord ses paumes, puis sa poitrine et son visage. Il plaça une paume sur sa tête bouclée.

« Redis-le, » demanda-t-elle soudain.

Severus fronça les sourcils, incertain quant à sa demande. Il perdit d'ailleurs le cours de sa pensée lorsque les doigts d'Hermione entreprirent de lui retirer sa ceinture.

Il se recula et lui agrippa gentiment les doigts.

« Hermione. Tu es sûre? »

La jeune femme acquiesça.

« Redis-le, » demanda-t-elle encore une fois, mais avant même que Severus ne puisse ouvrir la bouche, elle se dressa sur ses orteils et vint l'embrasser. Severus répondit au baiser sans s'y faire prier. Ses mains encadrèrent le visage de sa douce et il caressa ses lèvres de sa langue. Hermione gémit doucement, poussant son pantalon vers le bas.

« Redis-le. »

« Hermione… » Il allait lui demander ce à quoi elle faisait allusion, mais lorsqu'elle plongea ses beaux yeux pleins de confiance dans les siens, il saisit enfin. « Oh! »

Hermione acquiesça avec un sourire. « Redis-le, » supplia-t-elle une fois de plus, comprenant que désormais, l'homme avait saisi ce qu'elle attendait de lui.

Severus sourit et fixa un regard intense dans le sien.

« La femme que j'aime. »

Hermione rigola et ferma les yeux, comme pour savourer le moment, un doux sourire aux lèvres.

« Encore. »

« La femme que j'aime. »

D'un coup de pied, il se débarrassa des vêtements mouillés qui s'étaient enroulés autour de ses chevilles, puis il se pencha, repoussa les cheveux trempés d'Hermione vers l'arrière et vint caresser ses lèvres des siennes.

« La femme que j'aime, » susurra-t-il encore une fois, et toute la nuit durant.

oOo

La convalescence de Severus les avaient obligé à déplacer leur étreinte amoureuse jusqu'au lit, là où la chaleur du foyer avait agréablement réchauffé la pièce. Il était prêt de 4 heures du matin lorsque le couple avait enfin sombré dans le sommeil.

Le feu était pratiquement éteint en ce moment, mais les braises diffusaient encore une faible lueur et chaleur. Emmêlé dans les draps, Severus dormait encore paisiblement. Hermione s'extirpa de son étreinte et regarda autour d'elle afin de localiser le sac de vêtements qu'ils avaient apporté avec eux la veille au soir, au lieu de quoi elle remarqua deux robes de chambre blanches accrochées sur les crochets au dos de la porte de bois foncé.

Avec un sourire, elle enfila la plus petite et sortie dans le couloir en refermant doucement la porte derrière elle. Celui-ci était plutôt sombre, les murs blancs étant, à mi-hauteur, recouverts de lattes de bois foncé, mais les torches donnaient suffisamment de lumière pour qu'on puisse y voir clair. Et puis, ce couloir ne faisait que se rendre aux chambres.

Hermione remarqua une autre photo accrochée au mur, une qui avait sans aucun doute été prise l'été précédent; on y voyait Hermione, en costume de bain bleu et chapeau de plage, jouer dans le sable avec Ethan qui n'avait pas plus de 5 mois, une petite pelle à la main et une grenouillère de plage rouge, rayée blanche. Derrière eux, on voyait les vagues de la Méditerranée balayer le sable et en avant-plan, sur le côté droit, les robes noires de Severus volaient au vent. Hermione eut un sourire, caressant du bout des doigts le cadre. C'était probablement l'une de leurs seules photos de famille et on n'y voyait même pas le visage de Severus, mais sa présence faisait toute la différence.

Hermione se rendit à la cuisine, rustique, mais charmante et très propre. D'un coup de baguette, elle enclencha la cafetière. Puis, s'approchant du mur où un grand pan de rideau était fermé, elle le tira sur le côté et révéla une porte vitrée qui donnait sur l'extérieur. Un petit patio avec une table et des chaises y était et, un peu plus loin, le jardin qu'elle avait aperçu de la chambre d'Ethan. Au fond de la cour, délimitant leur terrain, se trouvait un petit muret de pierre. Au-delà de ce muret, les collines et les falaises menaient à l'océan qu'on apercevait de la maison.

« Oh! » souffla Hermione, avec un sourire. « Wow. »

Elle entendit soudain un son venant du couloir et reconnaissant la voix d'Ethan, elle se rendit immédiatement dans sa chambre, espérant que le petit garçon ne soit pas trop alarmé par le changement de décor.

« Mama! Mama! » Gazouilla l'enfant lorsqu'Hermione entra dans la petite pièce. Il était debout dans sa couchette et sautillait sur le matelas, aucunement affecté par le changement de lieu.

« Allô, mon amour, » sourit Hermione en prenant Ethan dans ses bras. Elle l'amena sur la table à langer et changea rapidement sa couche pleine. « Est-ce que tu aimes ta nouvelle chambre? »

Ethan gazouilla avec bonne humeur. Puis, lorsqu'Hermione eut terminé, Ethan gigota afin qu'elle le repose au sol et il se dirigea maladroitement vers un bac à jouets qu'il avait vraisemblablement repéré plus tôt et commença à en vider le contenu.

Hermione rigola et alla ouvrir les rideaux de la chambre.

« Est-ce que tu as faim? » Demanda-t-elle à son fils.

Ethan tourna la tête vers elle, ses deux beaux grands yeux noirs brillant à la lumière du soleil.

« Miam-miam? »

« Oui, » sourit Hermione. « Allez, viens! » Elle lui prit la main et le petit garçon suivit sa mère jusque dans la cuisine. Pour la première fois, il regarda autour, comme s'il venait de réaliser qu'il n'était plus à Poudlard. Hermione n'attendit pas qu'il se sauve de nouveau et l'installa dans la chaise haute qui se trouvait au bout de la table.

« Voyons ce que papa et Mrs. Malefoy ont apporté pour nous, » dit Hermione en ouvrant les armoires, l'odeur de café frais déjà bien présent dans la cuisine.

Elle trouva quelques fruits frais dans la penderie, ainsi que du pain sur le comptoir. Elle en beurra un morceau pour elle et Ethan et coupa une orange et quelques raisins, qu'elle déposa ensuite devant le petit-homme.

« Ne t'empiffre pas, Ethan, tu vas t'étouffer, » gronda-t-elle en versant du lait dans un gobelet.

Une fois Ethan occupé à manger, Hermione se servit une tasse de café et s'accota au comptoir de la cuisine avec un soupir d'aise. Elle aimait déjà cette maison! Le salon, séparé de la cuisine par une poutre de bois au plafond, était sublime; un deuxième foyer, des canopés confortables et plusieurs étagères de livres. La lumière qui pénétrait dans le cottage par l'immense porte vitrée de la cuisine éclairait les deux pièces en entier. La porte d'entrée, située dans le salon, était fait du même bois foncé que toutes les poutres et moulures, et elle avait le haut courbé. À sa droite, un escalier descendait à la cave, là où Severus avait prévu d'installer son laboratoire personnel.

Les pensées d'Hermione vagabondèrent jusqu'à l'homme en question.

Cet homme qui avait toujours démontré ses sentiments par ses actions plutôt que par des mots. Hier soir, il avait fait les deux!

Il avait été tellement exceptionnel, la veille. Le fait qu'il ait été présent dans l'infirmerie et que, aucunement préoccupé par la présence des autres autour d'eux, il était tout naturellement venu la réconforter, avait fait toute la différence pour Hermione. Pour elle qui avait été honteuse, effrayée et en état de choc, la tendresse et la compréhension de Severus l'avaient ramené dans l'instant présent. Pas une seule fois il n'avait songé au fait qu'ils s'exposaient entièrement, simplement soucieux de son bien-être à elle.

Et puis lorsqu'il avait demandé à ce que Nott aille à Azkaban, et qu'il lui ait proposé, par la suite, de quitter Poudlard, il avait prouvé une fois de plus combien ses actions révélaient le véritable amour qu'il avait pour elle.

Néanmoins, se le faire murmurer à l'oreille toute la nuit avait été plus que plaisant, pensa Hermione avec un sourire en coin.

La jeune femme utilisa le sort Tempus pour vérifier l'heure. 7h23. Pas étonnant que Severus dorme encore. Ethan, lui, finissait son petit-déjeuner jouant plus qu'il ne mangeait la nourriture restante sur son plateau. Hermione utilisa un gant de toilette humide pour lui laver la bouille et les mains. Puis, posant Ethan sur sa hanche, une tasse de café fumante en main, elle se dirigea vers la chambre à coucher des maîtres.

Severus n'avait pas bougé d'un centimètre depuis le départ d'Hermione, ses jambes toujours emmêlées dans les draps, un bras au-dessus de sa tête, le visage tourné en direction opposé de la lumière traversant le rideau de la fenêtre.

Hermione déposa Ethan au pied du lit, qui aussitôt se mit à escalader le corps endormi de son père.

« Ugh! » Gronda Severus dans un sursaut. « Qu'est-ce que—»

Hermione rigola et posa la tasse de café sur la table de chevet, à côté de la baguette du sorcier qui avait servi au sort de contraception quelques heures plus tôt, et du pot de pommade que Severus avait utilisé sur sa joue meurtrie.

« Bonjour, » dit-elle avec un doux sourire lorsque les yeux noirs de Severus se braquèrent sur elle. « Bien dormi? »

Severus acquiesça et se redressa difficilement, s'accotant à la tête de lit. Il se sentait vieux et ses blessures de guerre le faisaient souffrir, mais il ne s'en plaignit pas et étira deux bras afin d'agripper Ethan sous les aisselles et de l'amener jusqu'à lui afin d'éviter que le petit garçon ne lui donne un ou des coups de pieds dans des endroits peu enviables.

« C'est pour moi? » Demanda Severus en regardant le café avec envie.

Hermione acquiesça alors qu'elle ouvrit les rideaux de la chambre. Severus cligna des yeux, prit la tasse de café, puis, essayant de tenir Ethan à l'écart, trempa ses lèvres dans le liquide brûlant.

« Mhm! »

Hermione sourit et vint s'installer aux côtés de son amant et de leur fils. Severus lâcha Ethan, qui rampa jusqu'à sa mère. Elle l'attrapa et couvrit ses joues de baisers. Puis, réalisant que Severus la regardait curieusement, elle releva le regard sur lui.

« Quoi? »

« Comment te sens-tu? » Demanda l'ex-professeur.

Hermione sourit. « Bien. » Une pause. « Mieux. »

Severus acquiesça. « Tu as réussi à dormir? »

« Un peu, » avoua Hermione. Puis, elle changea complètement de sujet. « Severus, la maison… Elle est magnifique! »

Severus eut un rictus. Il ne l'avait pas lui-même visité encore, mais Narcissa lui avait assuré qu'elle était prête et parfaite pour eux. Tout avait été pensé et arrangé lors de son séjour à l'hôpital.

« Je suis content que tu l'aimes, » dit-il à Hermione.

La Gryffondor acquiesça. « Je l'adore. » Elle se déplaça dans le lit afin d'être en mesure de venir l'embrasser chastement. Il n'y eut par contre rien de chaste dans le regard que Severus lui lança lorsque sa robe de chambre s'ouvrit à la suite du mouvement, et que sa poitrine fut exposée le temps de quelques secondes.

Hermione rigola et se recouvrit, son propre regard allant sur Ethan, désormais assis sur les genoux de son père.

Un son rauque s'échappa de la gorge de l'homme. « Espèce de trouble-fête, » lâcha-t-il à son enfant, qui éclata d'un rire franc, comme s'il avait compris la situation.

Ses deux parents l'imitèrent.

Et sans le savoir, tous deux pensèrent que c'était-là le genre de matins qu'ils souhaitaient revivre encore et encore pour de longues années à venir! Tous les deux ensembles, en compagnie de leur petit ange.

oOoOoOoOoOo

Bonus :

Ethan soupira. Cette maison était nulle! Oh, elle était pleine de potentielle, mais maman et papa avaient non seulement mit en place une barrière invisible qui l'empêchait de toucher aux livres du salon, il en était de même pour les armoires de cuisine, le feu dans le foyer et l'escalier de la cave! Tout ce dont il pouvait faire, c'était de jouer avec les jouets dans sa chambre…

Ennuyeux!

Il attrapa une baguette de bois qu'il frappa sur un nounours, et celui-ci ne s'anima même pas! Que de la camelote! Que des imitations! Ce qu'il voulait, c'était une baguette comme celles de papa et maman.

Ethan se leva, tomba, puis se releva et se rendit dans la chambre de papa et maman. Il croisa les longues jambes de papa, ses yeux arrivant à la hauteur de ses genoux, et sentit papa lui ébouriffer les cheveux.

« Hey, bonhomme, » dit la voix de son père.

« Severus, tu m'aides avec la fermeture éclair? » Dit soudain la voix de sa maman. Ethan releva les yeux vers elle et sourit.

Maman était magnifique!

Elle portait une robe de sorcière noire qui épousait parfaitement son torse, mais dont la jupe bougeait et flottait au gré de ses mouvements. Elle portait des talons hauts noirs aux semelles rouges, ce qui, Ethan le remarqua, concordait avec la cape d'été qui l'attendait sur le lit; noire, avec l'intérieur rouge. C'était sans doute parce que maman était une lionne et qu'elle terminait ses études aujourd'hui même.

« Tu es sûr que tu ne veux pas venir? » Demanda maman à papa.

Papa secoua la tête. « Je ne suis plus ni professeur ni directeur de maison. »

Maman eut un sourire. « Tu pourrais m'accompagner. Tu sais, en tant que mon… »

« En tant que ton quoi? » Insista papa, un sourcil arqué, mais il n'attendit pas la réponse et embrassa maman qui gloussait.

C'était le moment parfait, décida Ethan. D'un pas rapide et maladroit, il atteignit la table de chevet et s'empara de la baguette de bois foncé de papa, la secouant dans les airs. Des étincelles multicolores s'en échappèrent et Ethan rigola.

« ETHAN! »

Oups! Ethan se sentit prendre dans les airs et les doigts de papa lui arrachèrent la baguette. C'était trop injuste! Il bouda alors que papa l'installait sur sa hanche.

« Je ferais mieux d'y aller, » gloussa maman, « avant qu'Ethan ne change la couleur de mes cheveux. » Elle vint chatouiller le petit bedon d'Ethan qui s'esclaffa. Maman, c'était vraiment la meilleure!

« À tout à l'heure! » Elle embrassa papa sur la joue, puis sembla hésiter. « Tu viendras nous rejoindre au Terrier après, par contre, oui? »

Papa poussa un soupir. « Puisqu'il le faut. » Ethan devina que son papa roulait les yeux d'un air ennuyé.

Il devina également que son papa ferait toujours exactement ce que sa maman lui demanderait.

oOo

La matinée passa rapidement. Ethan ne s'ennuyait jamais avec papa qui lui parlait toujours comme s'il était un grand!

Accompagné de son père, il avait la permission de descendre à la cave et ensemble, ils commencèrent à mettre de l'ordre dans le laboratoire de potions. Ethan avait même son propre petit établi avec de petits chaudrons, des papiers et des crayons. Il en profita pour faire un joli dessin pour maman. La maison qu'il dessinait ressemblait plus à une spirale orange et l'Hippogriffe une simple barre grise, mais maman était la sorcière la plus intelligente qu'il connaissait; elle allait apprécier l'effort!

Lorsque l'heure du midi arriva, Ethan fit savoir à son papa qu'il avait faim de la manière qui fonctionnait le mieux; il devint grognon et fit une crise.

Papa sembla réaliser l'heure et amena Ethan à la cuisine avec un mot d'excuse. Il lui fit un rapide goûter qu'Ethan dévora seul alors que papa semblait se préparer à partir. Puis, lorsqu'Ethan renversa son bol de soupe sur lui, la seule réaction de papa fut de claquer sa langue à son palais d'un air ennuyé, mais il ne le gronda pas. Il l'amena dans sa chambre pour le changer, lui expliquant gentiment qu'il venait très probablement de les mettre en retard.

Lorsque papa eut fini de l'habiller, il reposa Ethan au sol et celui-ci regarda ses vêtements. Un pantalon noir beaucoup trop propre pour un enfant de son âge et une chemise blanche. Ethan fronça les sourcils et voulut exclamer sa réticence, mais lorsqu'il regarda papa, celui-ci semblait songeur, une petite boîte de velours en main alors qu'il regardait le truc qui brillait à l'intérieur.

Ethan décida de ne rien dire.

« Tu viens? » Demanda gentiment papa, retrouvant son attitude sûre de lui habituelle et plaçant la boîte dans sa poche. Ethan s'avança et lui donna la main. Ensemble, ils allèrent jusqu'au foyer du salon que papa alluma d'un coup de baguette avant d'y jeter une pincée de poudre. Les flammes devinrent vertes et papa souleva Ethan avant de s'y engouffrer.

« Le Terrier, » clama-t-il.

oOo

« Aww, qu'il est beau! »

Ethan se retrouva dans une grande cuisine inconnue, et il aurait sans doute été déstabilisé s'il n'avait pas été dans les bras de son papa et que la personne les accueillant n'avait pas été l'une des personnes qu'il préférait le plus au monde.

« Ninny! » S'exclama-t-il et papa laissa sa marraine le prendre dans ses bras.

Tante Ninny aussi était magnifique, aujourd'hui! Ses longs cheveux orange étaient retenus vers l'arrière à l'aide de barrettes étincelantes qu'Ethan essaya aussitôt d'attraper, mais tante Ninny enroula ses doigts autour des siens.

« Hermione et tous les autres sont dehors, » dit-elle à son papa. Celui-ci acquiesça et sortit de la maison, tante Ninny et Ethan sur les talons.

« Regardez qui j'ai trouvé! » S'exclama tante Ninny et aussitôt, Ethan fut entouré de visages resplendissants et heureux de le voir. L'enfant gazouilla son bonheur.

Oncle Won s'approcha alors de lui, accompagné de tantie Loona, et la joie d'Ethan redoubla. Oncle Won était toujours celui qui l'amusait le plus! Encore une fois, celui-ci répondit parfaitement aux attentes de l'enfant en le faisait tourner et en le lançant dans les airs.

Yipeeeeee! pensa Ethan en s'esclaffant.

« Si j'étais toi, Ron, je ne le brasserais pas trop. Il vient de manger, » dit soudain la voix de maman et Ethan se retourna pour tenter de l'apercevoir.

« Mama! »

Maman était aux côtés de son oncle Hawwy, qui portait le même type de cape qu'elle. Tous des lions, pensa Ethan qui avait bien l'intention un jour d'en être un, lui aussi. Papa était un serpent, mais Ethan avait entendu grand-père Dumby dire qu'il avait le cœur d'un lion, et s'était tout aussi valable.

« Oh, vraiment, Hermione? » S'enquit oncle Won. « Nous qui voulions l'amener jouer au Quidditch. »

Oh, oui! pensa Ethan en tapant des mains. Quidditch; voilà un mot dont il comprenait le sens.

Maman s'empourpra. « Quoi?! Vous avez perdu la tête! »

Ethan bouda. Jamais maman ne permettrait quelque chose d'aussi 'amusant'. Mais voilà que papa posa ses mains sur les épaules de maman et lui dit tout bas : « Allons, Hermione, je suis sûr que Weasley et Potter sauront s'en occuper convenablement. »

Ethan ne sut dire qui avait l'air le plus surpris entre maman, oncle Hawwy ou oncle Won. Ce fut tante Ninny qui l'agrippa soudain et scanda : « T'es dans mon équipe, bébé! » Et Ethan fut entraîné sur le terrain de Quidditch avec son parrain, sa marraine et toute la famille élargie de maman.

oOo

Voler sur un balai était sans aucun doute la chose la plus cool au monde! Assis sur le manche devant son parrain, Ethan était en train de vivre le moment le plus génial de toute sa courte vie. Il se moquait du fait que les pieds d'oncle Hawwy avaient à peine quittés le sol, et que celui-ci allait à la vitesse de l'escargot; Ethan, petit sorcier au potentiel encore endormi, exultait de joie! Et lorsque son parrain l'agrippa un peu plus fermement et qu'il s'éleva plus haut dans les airs, Ethan cria son excitation.

Ses yeux noirs scannèrent les alentours avec énervement et adrénaline. La maison des parents d'oncle Won et tante Ninny était visible d'ici et tous les invités semblèrent partager un bon moment.

« Tu oses la foudre d'Hermione, » commenta soudain tante Ninny qui apparut à leurs côtés sur son propre balai. « Tu es au moins à 2 mètres du sol. »

Ethan sentit oncle Hawwy rigoler dans son dos.

« Hermione est… occupée. »

Curieux, Ethan chercha sa maman du regard. Que pouvait-elle donc faire de si important qu'elle ne puisse le regarder voler comme les hiboux de Poudlard?

Regardant autour de lui, Ethan repéra soudain son papa et sa maman. Ils n'étaient pas trop loin; ils s'étaient sans aucun doute rapprochés pour veiller sur lui, mais oncle Hawwy avait raison : ils étaient clairement occupés.

Pour une raison obscure, papa avait un genou au sol. Maman avait une main sur sa bouche et rigolait avec émotion. Elle passa alors son autre main dans les cheveux courts et drôles de papa, les ramenant vers l'arrière, puis elle dit quelque chose qu'Ethan n'entendit pas, en acquiesçant. Papa sortit alors le truc brillant de la boîte de velours qu'Ethan l'avait vu regarder plus tôt dans la journée, et le passa au doigt de maman.

Papa se releva, s'aidant de sa canne, et maman se lança, sans censure, dans ses bras. La canne de papa tomba au sol lorsqu'il la réceptionna dans une étreinte. Puis, ils s'embrassèrent.

Encore une fois. Comme d'habitude. Ethan Rogue eut un rictus amusé et roula les yeux.


Fin.


Chanson:
Rest of my life, by Bruno Mars.

N/A:

X Alors voilà, c'était le dernier chapitre. Si tu as lu, aimé, mais que tu n'as encore jamais reviewé, c'est le temps de le faire! ;)

–Kat