Camarades !
Tout ce que je peux dire, c'est que les choses vont enfin commencer à avancer. Je suis vraiment contente d'avoir pu enfin écrire et poster ce chapitre. :D
Bonne lecture !
15 décembre
Pour la première fois depuis des années, Victor se surpris à espérer à être heureux, à envisager une potentielle relation, essayant de ne pas penser au fait qu'il n'était ici que pour quelques jours et qu'il allait devoir repartir. Il avait envie que ça dure et était prêt à affronter la distance pour cette relation qui n'avait même pas encore commencé ou presque. Et encore fallait-il que ce soit réciproque, que Jefferson en aie envie aussi. Bien que Ruby et Granny lui aient assuré qu'il devait ressentir la même chose, il se montrait sur ses gardes. Il ne pouvait pas ignorer que Jefferson aimait toujours sa femme et il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça et que sa disparition était encore douloureuse, la plaie n'avait pas cicatrisé.
Et il y avait Grace. Pour le peu qu'il avait échangé avec elle, il la trouvait adorable et gentille, mais l'appréciait-elle de son côté ? Il n'y connaissait pas grand-chose en adolescents, hormis tout ce qui touchait au domaine médical, mais il savait que s'incruster dans une famille n'était pas toujours facile, que les changements n'étaient pas toujours bien vus par les plus jeunes.
Il n'avait pas envie de bouleverser tout ça. Du peu qu'il en savait, les choses avaient été très dures pour eux et il n'avait pas envie d'envenimer les choses, ne rien précipiter.
C'est pourquoi, après avoir terminé de remercier Granny et Ruby, il ne s'était pas précipité chez Jefferson mais avait préféré attendre un peu, se poser seul pour réfléchir à ce qui pourrait changer pour lui, pour eux si il venait à réellement entamer une relation avec Jefferson.
Et il devait avouer qu'il redoutait un peu de sortir, de se déclarer. Il essayait de trouver le courage, les bons mots à lui adresser.
Et avec tout ça, les souvenirs de la relation qu'il avait partagé avec Ian refaisaient surface. A cette époque il avait été seul contre son père, sa mère n'était plus là, car il en était persuadée, elle, elle l'aurait défendu, l'aurait accepté à bras ouverts, mais elle n'était déjà plus de ce monde. Quand il avait sortit cet argument à son père pour se défendre, ce dernier lui avait répliqué qu'elle n'était plus là pour voir ses horribles penchants, heureusement pour elle.
Et son frère n'était pas présent à ce moment là, bien qu'il aie tenté de le défendre par la suite.
C'était très étrange de se sentir accepté et soutenu, de se sentir… normal. Ruby et Granny l'avaient encouragé sans jamais poser une différence quelconque et même la remarque du pseudo Père Noël avait eu quelque chose de réconfortant. Bien qu'il ne faisait que son travail, le fait qu'il ai suggéré le plus naturellement du monde qu'ils étaient en couple le réconfortait, bien qu'il se doutait que malgré son aspect de livre de conte de fées, tous les habitants de Storybrooke n'étaient pas aussi tolérants. Le monde n'était pas parfait et avait encore beaucoup de progrès à faire malheureusement, même en cette période de Noël.
Alors qu'il réfléchissait encore à la manière dont il allait bien pouvoir parler à Jefferson, son téléphone se mit à vibrer. Le nom de Jefferson s'affichait justement sur l'écran et attendit quelques secondes avant de décrocher et tenta de répondre le plus posément possible :
« Oui ?
- Victor ? »
Il sentit que quelque chose n'allait pas. Sa voix tremblait un peu, il semblait paniqué.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Tout va bien ?
- Je… c'est Grace, elle est tombée et…
- J'arrive tout de suite. Tu es chez toi ?
- Oui.
- Ne bouge pas et calme toi, j'arrive. »
Il raccrocha aussitôt et sortit dehors sans prendre le temps d'enfiler un manteau et sauta dans sa voiture, les mains crispées sur le volant. Ce n'est qu'au bout de cinq minutes qu'il se rendit compte que la neige le ralentissait et qu'il devait se montrer prudent. Encore plus crispé, il du prendre son mal en patience, mais fort heureusement, les rues de Storybrooke n'étaient pas aussi bondées que celles de Boston et arriva moins de vingt-minutes chez Jefferson.
Quand celui-ci vint lui ouvrir, il semblait être sur le point de craquer. Sans plus attendre il le conduisit vers la salle de bain où Grace, assise sur le sol, tenait contre sa tête un morceau de coton et se massait la cheville en grimaçant.
« Grace, tout va bien ? Que s'est-il passé ?
- Je suis tombée… je voulais monter au grenier mais un barreau de l'échelle s'est cassé et je suis tombée.
- Je vais voir ça. Tu es tombée de haut ?
- Non, du troisième barreau, à peu près la hauteur du meuble là – elle désigna un meuble de rangement – mais j'ai très mal à la cheville. Je vais devoir aller à l'hôpital ?
- Je ne pense pas. Tu veux bien me laisser regarder ? Je vais voir ce que je peux faire avant. »
Il avait bien ressentit l'inquiétude de Grace à la pensée d'aller à l'hôpital. Il alla d'abord chercher de quoi la soigner dans l'armoire à pharmacie indiquée par Jefferson. Elle saignait un peu à l'endroit où elle s'était cogné la tête, mais ce n'était pas profond et ne nécessitait pas de point de suture. Il nettoya et désinfecta la blessure, avant de la panser, puis s'occupa de sa cheville. Il tâta délicatement son pied avec douceur.
« Il me semble que tu as une petite foulure. Ce n'est pas bien grave, tu va juste devoir reposer et élever ton pied pendant quelques jours. Et peut-être prendre quelques médicaments pour la douleur mais rien qui ne nécessite d'aller à l'hôpital d'après moi. »
Grace sembla à la fois soulagée et déçue.
« Je voulais aller jouer dans la neige moi…
- Tu pourras dans quelques jours, si tu fais attention, mais pour le moment il vaut mieux que tu évites de bouger pendant au moins trois jours. C'est la même chose pour ta tête, il faudra changer le pansement tous les jours mais ça sera vite partit. Tu as eu plus de peur que de mal. »
Grace fit la moue, puis se tourna vers son père :
« Je peux demander à Henry et Violet de venir ? On devait aller faire une bataille de boule de neige tous les trois…
- Je veux bien à condition que tu me dises ce que tu voulais faire dans le grenier. Je t'ai défendu d'y aller, c'est dangereux, tu le sais.
- Je voulais juste chercher quelque chose dans les affaires de maman…
- Quoi ?
- Je ne peux pas te le dire... »
Jefferson sembla vouloir dire quelque chose, mais n'osa pas élever la voix ni faire de scène devant Victor.
« Bon d'accord, mais on en rediscutera plus tard. Allez, je vais t'installer dans ta chambre. »
Aidé de Victor, il la porta et l'installa sur son lit, de manière à ce qu'elle se sente le mieux possible. Quand il fut assuré qu'elle allait bien, il la laissa téléphoner à ses amis et retourna dans la salle de bain pour ranger les affaires de soins.
« Il va falloir que je fasse réparer cette échelle. Je ne comprends pas, je lui avais pourtant interdit d'y aller et de toucher à ses affaires. Elle m'a fait si peur… »
Victor posa une main sur son épaule, compatissant.
« C'est une adolescente, tu sais qu'ils aiment bien faire le contraire de ce qu'on leur dit. Si tu savais le nombre d'ados que je soigne toutes les semaines parce qu'ils auront fait des bêtises ou parfois pire. Elle ne pensait pas à mal, elle voulait juste voir les affaires de sa mère. Je ne veux pas m'immiscer dans vos histoires de famille ou te dire quoi faire, mais je crois qu'elle a besoin de se sentir… proche d'elle par le biais de ses affaires.
- Comment peux-tu en être sûr ?
- J'ai fais pareil quand ma mère est morte. J'ai gardé certains de ses livres, objets qu'elle aimait et même son écharpe. J'avais l'impression qu'elle était avec moi quand je les regardaient. C'était rassurant.
- Je ne savais pas que tu n'avais plus ta mère.
- Je n'aime pas trop en parler d'ordinaire… j'étais un peu plus âgé que Grace. Un cancer aussi. »
Jefferson ne dit rien. Il baissa la tête, complètement perdu.
« Ne t'en veux pas, tu pensais bien faire.
- Mais j'ai tout fait de travers… je suis un horrible père !
- Ne dis pas ça ! De ce que je peux voir tu es un père qui aime sa fille à tel point qu'il veut la protéger de tout et tu l'élèves très bien. Tu as peut-être fait une erreur mais qui n'en fait pas ? »
Jefferson semblait un peu plus convaincu.
« Parfois je me dis qu'elle doit se sentir très seule… je ne suis pas toujours là quand il faut malheureusement.
- Elle sait que tu fais de ton mieux. Et de ce que je vois, elle a deux amis sur qui elle peut compter. Tiens, tu sais ce qu'on va faire ? Une fois qu'ils seront ici, on ira à la bibliothèque lui prendre de quoi lire pendant qu'elle se repose. D'accord ? »
Jefferson hocha la tête. Une fois la salle de bain remise en ordre, ils attendirent l'arrivée de Henry et Violet. Ceux-ci ne tardèrent pas à arriver, accompagnés une fois de plus par Regina. Celle-ci allait rester avec les enfants le temps que Jefferson et Victor ne reviennent de la bibliothèque.
« Je vais lui faire un chausson aux pommes. Et je vais aussi faire des lasagnes maisons, ça la réconfortera – ignorant totalement les protestations de Jefferson – vous êtes sûrs qu'elle n'a pas besoin d'aller à l'hôpital ?
- Pas le moins du monde, il y a eu plus de peur que de mal. J'ai déjà vu des cas bien pires vous savez. »
Regina sembla suspicieuse mais finit par céder. Elle ne lâcha cependant pas Victor du regard, semblant le juger, puis fixa Jefferson un moment, avant de promettre de garder un œil sur eux et surtout de ne pas mettre de bazar dans la cuisine.
C'est une fois dehors que Victor réalisa qu'il avait totalement oublié de prendre de quoi se couvrir.
« Ce n'est pas grave, je peux te prêter quelque chose si tu veux. »
Victor se retrouva ainsi affublé d'une épaisse veste et d'une écharpe aux couleurs de Serdaigle, qui avait la particularité d'avoir été tricoté par Jefferson lui même. Devant l'air interrogatif de Victor, ce dernier s'expliqua, tout en conduisant.
« Les filles étaient dingues de Harry Potter à la maison et comme elles n'arrivaient pas à trouver les écharpes officielles à l'époque, j'en ai tricoté pour elles. Mais j'ai du faire plusieurs modèles avant de parvenir au résultat parfait, tu n'as le droit qu'à un prototype, apparemment il y a trop de rayures et ce n'est pas le bon bleu…
- Ce n'est pas grave, c'est parfait. Comment tu as deviné que j'étais à Serdaigle ?
- Ce n'est pas compliqué à deviner. Et je le suis aussi d'ailleurs.
- Je l'aurai parié. Je suis sûr que tu aurais été le meilleur ami de Luna Lovegood à Poudlard.
- C'est ce que me disais toujours Priscilla. »
Il y eu un moment de silence jusqu'à ce qu'ils arrivent à la bibliothèque. Quand ils entrèrent, Belle sembla surprise de les voir arriver ensemble, mais quand ils lui expliquèrent la raison de leur venue, elle s'inquiéta elle aussi pour Grace.
Elle disparu aussitôt derrière les étagère pour revenir avec un gros livre, très large, sur lequel était inscrit « Once upon a time... ».
« C'est un livre de contes. Enfin ce sont des réécritures, mais je sais que Grace l'adore. Il vous faudra autre chose ? Je sais qu'elle a déjà des livres en cours de prêt mais je peux faire une exception si vous me les rapportez dans trois jours.
- Non je pense que ça ira, merci. »
Après avoir promis à Belle de rapporter les livres à temps et lui transmettre un message de rétablissement, les deux hommes se reprirent le chemin du retour.
Grace fut plus que ravie de retrouver le livre de contes qu'elle avait tant emprunté plus jeune et commença immédiatement à le lire en compagnie de ses amis.
Regina ayant insisté pour préparer des lasagnes, Jefferson lui proposa de rester dîner. Il autorisa les enfants à manger dans la chambre à condition de faire attention et les adultes dînèrent ensemble. Regina essaya de distraire Jefferson en lui parlant des autres projets de Noël qui auraient lieu dans le mois et posa quelques questions à Victor, qui ne lui répondit que vaguement. Il était bien plus préoccupé par l'état de Jefferson que la future parade de Noël que comptait organiser la maire de Storybrooke.
Après le départ de Regina et des autres, Grace n'avait pas tardé à s'endormir, épuisée par sa journée.
Et quand Jefferson se laissa tomber sur la canapé en soupirant, Victor ne pu s'empêcher de venir lui prendre de nouveau la main.
« Tu ferais mieux de te reposer aussi. Tu es épuisé.
- Merci mais ça va aller. Et… merci pour tout, tu as été formidable.
- Ce n'était rien, je n'ai fait que mon travail, enfin d'une certaine manière.
- Tu as prévenu Ruby au moins ?
- Oui, ne t'inquiète pas, j'ai pensé à lui dire où j'étais, je n'ai pas envie que l'armée débarque dans ton salon. »
Ils se mirent à rire avant de se rapprocher lentement l'un de l'autre.
« Je voulais vraiment te remercier pour aujourd'hui, même si je suis désolé d'avoir probablement gâché tes plans.
- Je peux t'assurer que tu n'as rien gâché du tout… en fait je pensais à toi quand tu m'a appelé. J'avais envie de te voir.
- Ah oui ? »
Victor sentit son courage faiblir, mais il avait toujours la main de Jefferson dans la sienne et le fait d'y penser lui redonna la force de continuer.
« Je pensais à hier et autres jours. Je… suis vraiment content de t'avoir rencontré et d'avoir passé des moments avec toi, en particulier hier. Et je dois t'avouer que l'idée qu'on pense que nous étions ensemble ne me dérangeais pas tant que ça. »
Jefferson continuait de l'écouter, le coeur battant.
« Je n'aimerais pas gâcher l'amitié qu'il y a entre nous mais je sais que je dois repartir bientôt et je ne sais pas quand j'aurai l'occasion de revenir. Mais… je crois que j'aimerais être bien plus que ton ami. »
Il ne savait comment il n'arrivait pas à baisser les yeux ou a prendre la fuite comme il l'avait fait la dernière fois. Jefferson resserra sa prise dans sa main avec douceur. Il hésita, avant de reprendre :
« Tu sais, je crois que c'est la même chose pour moi. J'aime être avec toi et j'aime être ton ami, mais je t'avoue qu'en réalité, j'aimerais être avec toi d'une autre façon... »
Victor cru que son coeur allait sortir de sa poitrine quand Jefferson passa son autre main derrière sa tête et l'attira vers lui. Et Jefferson se sentit frissonner quand il sentit Victor poser une main sur sa taille. Leur lèvres se rencontrèrent et la chaleur qu'ils avaient ressentit la veille revint de nouveau les envelopper, comme un cocon qu'ils ne voulaient plus quitter.
*Regarde Ruby, Dorothy, Granny et Grace d'un air satisfait* Et bien, il était temps !
Edit: J'avais totalement oublié de préciser que ce chapitre répondait également au défi du discord de l'Enfer de Dante : Premier baiser. *s'auto-gifle*
