Réponse au défi de noël : « intégrer un membre du discord en tant que OC », vous vous créez votre propre petit OC basé sur un.e membre de notre fabuleux Discord et vous l'intégrez d'une façon ou d'une autre dans votre écrit. Il ne doit pas forcément s'agir d'un personnage principal qui détient un rôle important à l'intrigue, mais il doit être présent. (Vous avez parfaitement le droit de faire plus d'un perso, et donc plus d'une représentation d'un.e membre !)
Réponse au défi de noël bis : « Cadeau à un.e autre », c'est Noël, faites plaisir à un.e de vos camarades !
Cette entrée est un peu particulière. Il s'agit plus de private joke avec les membres du discord mélangés aux personnages de Saint Seiya. Vous êtes bien évidemment en droit de la lire, mais il se peut que vous ne compreniez pas qui sont les OC et certaines références.
Dans cette entrée, il y a 4 petites histoires indépendantes les unes des autres avec pour thème l'amouuuuuur *avalanche de petits cœurs*. Donc vous n'êtes pas obligés de toutes les lire, mais juste celles qui vous concernent ou qui vous intéressent.
Les histoires de passent dans notre monde, à notre époque (pas dans l'univers de Saint Seiya)
Je dédie cette entrée aux OC présents à savoir : Cat-a-combe ; Sea-Rune ; Wei Wuxian ; Koyalau ; Arthygold ; Jotunn-Ray et Petit Pigeon font également office de figurants.
J'ai d'autres idées pour compléter ce défi avec d'autres personnages du discord mais dans une autre ambiance. Elles viendront plus tard.
A lire avec légèreté. A ne pas prendre au sérieux.
Je n'ai fait que deux relectures, donc je m'excuse en avance pour les éventuelles fautes laissées. N'hésitez pas à me les signaler.
Bonne lecture.
Personnages : Cat x Orphée
Folle demande
Ils étaient au milieu de la nuit dans la capitale italienne. Il faisait un froid mordant en ce mois de décembre, et la plupart des rues étaient désertes à cette heure plus que tardive.
– Orphée, pourquoi on se promène à trois heures du matin ? bailla la jeune fille que tout le monde avait pris l'habitude de surnommer Cat à cause de son kawaïsme digne d'un adorable minou.
– J'ai une surprise pour toi.
– Ce ne pouvait pas attendre demain ? En plus, j'ai encore les pizzas sur l'estomac.
Le jeune couple en vacances avaient dîné dans une pizzéria renommée de la capitale. Un passage obligatoire pour tous les amoureux de la gastronomie italienne. Ils avaient fait plus d'une heure de queue pour avoir le privilège de goûter aux pizzas du chef Krabby, du moins c'était un surnom. Un homme austère qui prenait son travail à cœur et qui beuglait sur ses deux employés. Shura, son vieil ami mais aussi son amant selon les rumeurs, et Jotunn, passionné de l'alchimie entre son patron et son collègue. Un drôle d'ambiance, une décoration du restaurant plus que douteuse, mais des pizzas succulentes, gigantesques aussi, qu'ils avaient avalé jusqu'au dernier champignon. C'était incroyablement bon mais bien trop copieux. Orphée et Cat étaient allés se coucher le ventre plein à leur hôtel, du moins jusqu'à ce qu'Orphée ne la réveille au beau milieu de la nuit.
– On y est, dit le jeune homme. Tu reconnais cet endroit ?
– La fontaine de Trevi, déduit Cat. Mais qu'est-ce qu'on fait là maintenant ? On avait prévu de s'y rendre demain.
– Demain en pleine journée, il y aura trop de monde pour ce que j'ai l'intention de faire.
– Quoi ?
– Tiens, dit Orphée en tendant une pièce à sa compagne. Fais un vœu.
Ils étaient seuls à cette heure-ci. La fontaine et le palais derrière les éclairaient dans la nuit noire. Leurs monnaies volèrent dans les airs avant rejoindre les autres au fond du bassin. Le couple joignirent leurs mains pour entonner un vœu. Cat faisait le même depuis bien des mois.
– Qu'est-ce que tu as souhaité ? demanda Orphée.
– Ça doit rester secret, sourit Cat.
– Moi, je vais te le dire.
– Si tu le dis, il ne se réalisera pas.
– Je peux t'assurer qu'il va se réaliser. Ce soir, j'ai souhaité faire la chose la plus folle de ma vie.
– Toi qui est si sérieux, faire quelque chose de fou ? rit la jeune femme. T'oseras jamais.
– Tu vas voir.
Orphée recula pour prendre de l'élan puis s'élança en flèche vers la fontaine pour plonger carrément dedans sous l'œil médusé de sa compagne.
– Alors ?
– Mais… tu es fou ! Sors de là, c'est interdit.
– Ça ne serait pas fou si ce n'était pas interdit.
– Orphée, sors de là ! ordonna Cat paniquée, qui regardait dans tous les sens la possible arrivée d'un membre des forces de l'ordre. En plus, elle doit être glaciale.
– Pas très chaude en effet. Mais c'est bon pour la circulation.
– Bon, t'es content, t'as pris ton bain de nuit ? C'est bon, t'as gagné, t'as réussi à faire une chose folle. Ton vœu s'est réalisé, c'est génial ! dit sarcastiquement la jeune femme. Maintenant, tu sors.
– Ah, mais j'ai pas dit que sauter dans la fontaine était la chose folle que j'envisageais de faire.
– Va falloir que tu fasses preuve d'imagination pour m'impressionner plus.
– Oh, j'ai trouvé quelque chose dans l'eau.
– Et maintenant tu piques les offrandes, se scandalisa encore plus Cat qui levait les bras au ciel. Mais t'es complètement taré. Pourtant j'ai bien regardé, t'as pas picolé ce soir.
– Mais non, c'est pas du vol ou du vandalisme. Je sens que cette chose était là pour que je vienne le chercher ? Approche que je te montre.
– Ben voyons, c'est quoi ce fameux tré…
Cat ne put finir sa phrase. Les doigts froids et humides d'Orphée prirent sa main pour lui glisser une bague de fiançailles à son annulaire.
– Il me fallait au moins plonger dans la fontaine pour me donner du courage. Je ne suis plus à une chose folle près. Cat, mon chaton, veux-tu bien m'épouser ?
La jeune femme ne put répondre de suite. La gorge nouée, elle se jeta sur son compagnon, son futur mari, plongeant avec lui dans la fontaine qu'elle ne trouvait pas si froide dans les bras de son bien-aimé. Son ivresse était telle qu'elle se moquait bien qu'on les surprenne et les verbalise sévèrement. Dans cette nuit de décembre, à l'approche des fêtes de noël, Cat venait de vivre le moment le plus fou de sa vie.
Et son vœu à elle s'était réalisé aussi.
Personnages : Sea, Wei et le Rhadanon
Célébration
Sea était fier(e). En tant que maire tout juste élu(e), ol allait célébrer le premier mariage de son mandat. Et en plus, c'était un couple homosexuel. Ol, qui prônait l'évolution des mœurs, souhaitait encourager les habitants à vivre en coordination avec leur genre ou leur orientation sexuelle. Quoi de mieux pour démarrer ses nouvelles fonctions que de célébrer l'union de deux hommes !
Accompagné(e) de sa dévouée adjointe Wei, Sea, motivé(e) comme jamais, ouvrit largement et énergiquement les portes de la pièce où les attendaient les mariés et leurs invités avant de les refermer tout aussi brusquement.
– Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Wei dubitative.
– Purée, c'est rempli de canons là-dedans !
– A ce point ?
– Mais vise-moi ça, dit-ol en jetant un œil à travers l'entrebâillement de la porte.
– Ah ouais, quand même ! approuva l'adjointe.
– Regarde les mariés, celui avec les longs cheveux marins.
– Ah, c'est sûr que s'il était pas sur point de se marier, je tenterai bien ma chance, bava Wei. Quel beau morceau ! Mais l'autre...
– L'autre est d'une grande beauté aussi.
– Il est un peu velu, non ?
– « La pilosité ne fait pas l'homme », chère amie, récita Sea avec fierté.
– On dit « l'habit ne fait pas le moine ».
– Peu importe. Tu as bien compris ce que je voulais dire, donc mon expression est valide. En voilà un bien beau couple. L'idéal pour débuter mon mandat. Et les invités aussi. Mamamia, un des témoins plairait à Arthy.
– Ah oui, celui avec les cheveux pourpres. C'est carrément son genre. Je peux m'arranger pour lui demander ses coordonnées si tu veux.
– Et le témoin de l'autre, celui avec les longs cheveux bleus frisotants, une bombe !
– Je préfère le marié.
– Mais tu peux pas l'avoir puisqu'il va se marier.
– Les divorce, ça existe.
– Pendant mon mandat, je vais interdire les divorces. Mais assez discuté, il est temps de passer à la cérémonie. C'est parti !
Sea débarqua brusquement dans la salle avant de prendre humblement position à son pupitre et commencer à réciter les lois relatives au mariage.
– Nous célébrons donc aujourd'hui l'union de Rhadamanthe Judgofhell, juge charismatique à la cour... ouah, ça envoie sur le CV ça. Ainsi que de Kanon Gemini, intérimaire entre la poissonnerie Poséidon et la maison d'archéologie Sanctuary, bombe sexuelle à domicile également... oh, un homme polyvalent à ce que je vois, sourit grandement Sea qui détaillait bien la physionomie du dénommé Kanon sous l'œil jaloux de son futur mari.
Wei leva les yeux au ciel. Elle savait que Sea ne pourrait s'empêcher de commenter.
– Ces deux citoyens ont désigné comme témoins de leur union Minos Judgofhell, couturier et proprio d'un sex-shop spécialiste du BDSM...
– Euh... sembla protester le dénommé Minos.
– Eaque Judgofhell, vingt-deux ans, 1m86, célibataire, contactez-le au 06XXXXXXXX, et vite pitié il nous envahit...
– C'est noté, dit Wei avec son calepin. J'aurai éventuellement une intéressée.
– Saga Gemini, jumeau bien-aimé mais sacré emmerdeur... mais enfin, qui est-ce qui a rempli ces formulaires ?
Le marié aux cheveux marins se retenait difficilement de glousser, pendant que son frère le regardait sidéré qu'il ait osé lui faire un tel outrage. Celui-là, c'était un rigolo ! Sea l'aimait bien. Ol lui proposerait un poste à la mairie, tiens !
– Sea, continue, l'incita Wei.
– Et de Milo Scorpio, amant de Camus, pas la peine de le mater, il est déjà maqué... j'admets qu'un beau morceau comme ça ne doit pas rester célib bien longtemps. Bon, je vais à présent demander aux époux de se lever pour la question traditionnelle qui scellera leur union. Avant cela, si quelqu'un souhaite s'opposer à cette union... ben qu'il se taise ! Fallait y penser avant. Non mais, vous croyez quoi ? Un mariage, ça s'annule pas le jour même ! Et quand bien même, on s'en fiche de votre avis. Laissez les couples se gérer tout seul. Ça vous regarde pas, non mais !
Le marié blond regarda le maire avec respect. Il semblait très en accord avec ses principes et son sens de la justice. Enfin un(e) bon représentant(e) dans leur ville. En plus, il avait voté pour ol.
Le témoin Saga se figea sur son siège. Zut, il venait de voir s'envoler sa dernière chance d'arrêter la folie de son frère. Désormais, son bien-aimé jumeau allait s'unir à cet homme qui lui semblait si antipathique. Quelle poisse ! Mais en même temps, Kanon semblait tellement heureux. Et le frère de Rhadamanthe, celui avec les long cheveux neige, il lui faisait bien de l'effet. Au moins, ce voleur de petit frère lui avait permis de rencontrer son idéal masculin.
L'audace de Sea fit jaser l'assemblée. Certains étaient admiratifs de son autorité naturelle qui allait de pair avec la fonction de maire, d'autre étaient dubitatifs de sa façon de contourner une cérémonie de mariage, mais amusés tout de même. Les chuchotements allaient et venaient dans tous les recoins de la salle, si bien que Sea se sentit dans l'obligation de réclamer le silence afin d'en arriver au moment décisif.
– Hé, au fond de la salle, floodez pas… ben mince alors, pourquoi j'ai dit ça ? Hum hum, silence dans la salle. Wei, donne-moi les contrats.
– Voilà voilà, tendit la jeune femme avec un sourire bien trop prononcé sur son visage, tellement qu'il en paraissait suspect.
– Alors, Rhadamanthe, souhaitez-vous prendre Kanon pour époux ?
– Oui, répondit le blond qui serrait la main de son fiancé.
– Et vous, Kanon, souhaitez-vous prendre Wei pour épou... bordel Wei ! Ne modifie pas les papiers.
– Ben quoi, j'ai pas le droit de tenter ma chance ? Ils ont encore rien signé, donc théoriquement, je peux.
– Excusez-la, c'est son premier mariage. Donc je disais, Kanon, souhaitez-vous prendre Rhadamanthe pour époux ?
– Oui je le veux, déclara Kanon en sautant sur son nouveau mari pour l'embrasser à perdre haleine.
– Hé, mais j'ai pas encore dit que vous pouviez... oh et puis on s'en fiche. Par les pleins pouvoirs qui me permettront de dominer le monde, je vous déclare unis par le mariage. VIVE LES MARIES, cria Sea en balançant tous ses papiers en l'air.
Ce fut l'allégresse dans la salle de mairie. Tandis que les nouveaux mariés ne cessaient de s'embrasser sous les yeux choqués du frère jumeau, Minos décida d'emmener Saga à l'extérieur pour le remettre de ses émotions. Milo avait aussi sauté sur son compagnon et lui demanda s'il ne voulait pas l'épouser puisque le maire de cette commune semblait bien sympa.
Wei alla à la rencontre d'Eaque pour lui donner les coordonnées de son amie Arthy et elle glissa discrètement un formulaire de divorce dans le sac de Kanon, sait-on jamais.
Sea essuya presque une larme et bombarda les nouveaux époux de photos, jusqu'à en saturer la mémoire de son téléphone. Ils étaient trop beaux, juste faits l'un pour l'autre.
Son mandat commençait bien.
Personnages : Koyalau x Sisyphe, Pigeon + Jotunn en guest
Première danse
Les premières notes de la chanson « Belle-île en mer » retentirent dans salle. Derrière son piano, celle que tout le monde appelait Pigeon s'appliquait comme elle pouvait. On l'avait forcé à apprendre le piano puisque c'était, semblait-il, la seule à avoir des notions de musique. Qu'importe ses protestations, elle devait juste pouvoir jouer cette musique en ce jour, sous peine d'ouvrir l'enclot de ses poneys en pleine nuit pour qu'ils s'enfuient, ses très chers Seiya et Jabu. Les fourbes ! Pigeon s'en souviendrait de celle-là.
La voix de Jotunn s'éleva également pour interpréter les paroles de la chanson, mais tous les yeux des invités étaient tournés vers les mariés.
Sisyphe invita sa toute nouvelle épouse sur la piste pour entamer le bal. Magnifique dans son costume, bien des invités lorgnaient sur lui, et son adorable neveu souriait, tout content que son tonton adoré ait trouvé sa promise.
Régulus aimait beaucoup sa nouvelle tante, Koyalau, qui était tout aussi ravissante dans sa robe champagne qui voltigeait. Elle savait combien Sisyphe était beau, et c'était son homme à elle et elle seule. Il la fit tournoyer sur toute la piste sur cette chanson qu'ils avaient choisi ensemble. Cette mélodie qu'interprétait si bien Jotunn – Koyalau savait qu'il avait une âme sensible –, et qui parlait de leur futur voyage de noce.
Vraiment, elle avait hâte d'y être et de s'isoler avec son nouvel époux, profiter pleinement de lui sans que personne ne vienne lui demander un service. Son natif du Sagittaire était décidément trop gentil et serviable avec tout le monde. Tellement dévoué à autrui et bienveillant, c'était certainement ce qui l'avait charmée chez lui. Et sa divine musculature rentrait également dans la balance. Du bonbon pour ses yeux ! Elle se hâtait tellement de retrouver leurs draps. Chaque jour, elle avait l'impression de retomber amoureuse, et puis Sisyphe se montrait tellement attentionné avec elle. Comment ne pas l'aimer ?
Koyalau s'estimait bien chanceuse et heureuse. Elle souriait à pleine dent pendant que Seiya – oui, Pigeon avait piqué son nom pour un de ses poneys – les prenait en photo. Il courait à chaque coin de la piste de danse pour obtenir des clichés sous tous les angles. La jeune femme lui faisait confiance. Dès qu'il était investi d'une mission, le brave Seiya l'accomplissait avec ardeur et succès.
Les notes s'enchainèrent, et les jeunes mariés ne se lâchaient pas des yeux, subjugués par les sentiments qu'ils portaient l'un envers l'autre. Ils s'étaient unis et aimés bien avant ce jour. Seuls dans leur bulle d'amour, Koyalau avait l'impression que Sisyphe étendait des ailes majestueuses dans son dos pour les faire s'envoler. C'était bien son mari, toute auréolé d'or. Qu'importe où il l'emmenait, elle le suivrait, car sa confiance envers cet homme était sans limite.
Ils s'embrassèrent à la fin de la musique, sourds aux applaudissements des autres invités, bombardés de flash de par le photographe officiel mais aussi de l'assemblée. Certains essuyaient leurs larmes de joie, comme Illias, le frère de Sisyphe, plus ému qu'il n'en laissait paraitre, rassuré de voir son petit frère entre de si bonnes mains.
L'orchestre improvisé descendit de scène pour se rendre aux cuisines et réclamer double coupe de champagne pour leur performance.
C'était définitivement le plus beau jour de sa vie.
Personnage : Arthy x Eaque léger
Premier rendez-vous
Arthy allait tuer ses amis qui lui avait posée le plus majestueux lapin du monde, pour la larguer avec cet homme sorti de ses plus grands fantasmes. Evidemment qu'il lui plaisait, ce fameux, Eaque. Sea et Wei l'avaient soi-disant rencontré lors qu'une cérémonie de mariage. Quel drôle de hasard ! Et donc, en toute logique, ils se sont dit que ça serait une bonne idée de lui organiser un rencard sans même lui demander son avis. Bon, d'accord, elle aurait surement refusé, timide comme elle était.
– Alors, qu'est-ce que tu aimes faire ? demanda le jeune homme.
– Oh, et bien pas grand-chose.
– On peut aller boire un café ?
– Ça me parait bien.
– Je connais une adresse sympa. Suis-moi.
Par le décolleté d'Aphrodite et le caveau d'Hadès, il lui prenait carrément la main ! Pour sûr, cet homme semblait confiant. Enfin, en même temps, rien ne plus normal pour quelqu'un qui possédait une telle prestance. Définitivement tout ce qu'elle aimait. Comment un homme comme ça pouvait être célibataire ? C'était à n'y rien comprendre.
– Alors, tu fais quoi dans la vie ?
– Je suis encore étudiante. Et toi ?
– La même. Je fais des études de droit. Je voudrais être juge ou avocat comme mes frères.
– Ah ouais, quand même ! répliqua Arthy impressionnée. Ce n'est pas trop difficile ?
– Mes deux frangins sont aussi dans la branche et ils m'aident pas mal. De toute façon, ils me renieronent si je ne me hisse pas au moins au même niveau qu'eux. Ils ne savent juste pas que j'ai bien l'intention de les dépasser. Ne dit-on pas que le benjamin est le meilleur ?
Arthy rit des remarques de son compagnon du jour. En un rien de temps, il était parvenu à la mettre à l'aise, et son sourire en demi-teinte entre assurance et bienfaisance était le combo parfait pour la charmer. Purée, ses amis la connaissaient vraiment trop bien. Son imaginaire se mit en marche bien malgré elle. Elle n'avait pas envie de se donner trop d'espoir, mais l'opération séduction fonctionnait à merveille. Elle était aux anges.
– Et tu n'as personne dans ta vie ? demanda Arthy.
Mais bon sang, pourquoi elle demandait ça ? Ça faisait clairement celle qui est intéressée. Enfin, bien sûr qu'elle est intéressée, mais elle n'avait pas l'habitude d'être directe comme ça.
– Je sortais avec une copine du lycée, Violate, mais c'était juste une amourette de jeunesse. Elle a réalisé qu'elle préférait les femmes, et moi je suis pas mal occupé avec mes études. Même si j'avoue, j'ai un peu pleuré quand elle m'a largué, rit jaune Eaque.
Mais quel sacrilège de larguer cet homme !
– Mes frères se sont un peu moqués de moi, mais quand ils ont vu que j'étais vraiment touché, ils se sont montrés plus affectueux.
– C'est gentil de leur part.
– Sauf que maintenant, ils surveillent scrupuleusement mes fréquentations pour que je n'ai plus à subir de déception. Je les adore, c'est mes grands frères. Ils sont bien gentils mais un peu envahissants. Et en plus, ils détournent leur profession pour juger mes amis et rencarts. Surtout Minos en fait. Rhadamanthe est plus leste depuis qu'il est en couple.
– Ah vraiment ? s'inquiéta subitement Arthy. Je vais devoir passer à la casserole moi-aussi ?
– Oh, mais ça a déjà commencé. Regarde.
Eaque lui indiqua un point dans son dos. Misérablement cachés derrière la carte du café, deux hommes, un imposant blond à la pilosité surhumaine et un autre plus svelte mais au regard des plus inquisiteur, la dardaient de leurs yeux. Arthy eut un frisson. Elle allait vraiment faire regretter ses amis. Elle ne savait pas encore comment mais elle le ferait. En les chatouillant peut-être ?
– Ça doit te mettre dans l'embarras. Peut-être que je devrais partir, dit la jeune fille.
– Pas du tout. Approche-toi, je dois te dire quelque chose.
Arthy tendit son oreille, plutôt emballée par le souffle chaud d'Eaque.
– Est-ce que ça te dit de décoller avec moi ?
Par l'anguille électrique de Zeus, ce gars lui proposait déjà de s'envoyer en l'air ! Il manquait pas d'air quand même.
– Quoi ?
– Ma devise, c'est d'aller toujours plus haut. Je rêve de surpasser mes frères, tout comme je rêve de trouver une partenaire idéale, et je n'ai pas besoin d'eux pour ça. Je ne sais pas où ça va nous mener, mais veux-tu bien t'envoler avec moi ?
– Je ne comprends pas.
– Ils commencent à trouver mes chuchotements suspects. A trois, je prends ta main et on file d'ici. On court le plus vite et le plus loin possible. Si tu es fatiguée, je te porterai sur mon dos. Je suis bon sportif et je n'aurais aucun mal. Mais tu verras que dépasser ses limites, c'est vraiment grisant.
– Mais pour aller où ?
– Va savoir, là où mes ailes me guideront. Je ne veux pas te kidnapper, parole d'homme.
– Pourquoi tu veux t'envoler avec moi ?
– Je sais pas, tu inspires confiance. Je suis du genre à foncer vers ce qui m'inspire.
– Euh… ben je sais pas.
– A trois, soit tu prends ma main, soit je serais obligé de partir seul. Désolé de te mettre la pression, mais mes frères sont à deux doigts de débouler à notre table. Un…
– Euh…
Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Bien sûr que cet homme lui plaisait, mais elle ne s'était pas attendue à ce que son rendez-vous se termine en course effrénée. L'idée paraissait amusante et ce garçon semblait savoir ce qu'il faisait. Mais quand même, foncer dans l'inconnu comme ça, est-ce qu'elle en serait capable ?
– Deux…
Décide-toi, se disait-elle. Elle avait un peu peur, mais cette idée d'aventure l'excitait pas mal aussi.
Face à elle, deux tables plus loin, Arthy remarqua soudain la présence de ses amis Sea et Wei qui l'avaient mise dans cette situation. Les deux se cachaient tout aussi grossièrement derrière les cartes du café. Les sales petits… alors eux aussi l'espionnaient, hein ? Non, mais vraiment, aucune gêne !
– Trois !
En une fraction de seconde, Arthy prit la main de son rencard et courut à l'extérieur du café sous les yeux stupéfaits des voyeurs qui ne s'attendaient pas à ça.
– C'est énorme, n'est-ce pas ? Ils ont rien vu venir, souriait allégrement Eaque qui l'entrainait dans sa folle course.
Arthy ne répondit pas. Elle avait bien du mal à suivre le rythme. Elle courrait à perdre haleine, d'abord éreintée et souffrante de ce sprint qui demandait bien des efforts à son corps pas assez entrainé. Mais passé la première minute, l'adrénaline se mit en marche, et elle prit plaisir à filer droit devant sans se retourner, sa main dans celle de cet homme aussi magnifique que sauvage, tel un rapace majestueux.
Elle ne s'était jamais sentie aussi confiante, aussi libre alors qu'elle ne faisait que courir. Et portant, elle avait vraiment l'impression de voler tant le paysage défilait vite devant ses yeux. Ne souhaitant certainement pas perdre la trace de celui qui l'avait entrainée dans une telle ivresse, elle resserra sa main sur celle d'Eaque, lequel la serra également à son tour.
