Commentaire d'auteur :

Coucou tout le monde, j'espère que vous allez bien ! Perso moi oui, j'avance à une vitesse monstre sur mon roman donc ça me fait plaisir, j'ai enfin dépassé la première moitié que j'avais prévu (80k) donc je suis en bonne voie !

Sinon, on se retrouve aujourd'hui pour le dixième chapitre, déjà ! Le temps passe vite ! Lors de celui de la dernière fois, Bilbo et Smaug se sont battus et on terminait le chapitre sur Bilbo, bien décidé à garder le trésor d'Erebor pour lui tout seul ! Comment vont donc devoir agir les nains pour le ramener à eux ? Je ne vous en dit pas plus ahah !

Pas grand chose à ajouter, donc je vous laisse à votre lecture pour l'instant, et on se retrouve en bas ! :)


Chapitre 10

Les nains se trouvaient toujours dans leur couloir, cachés à la vue du dragon. Thorin avait envoyé Fili en reconnaissance, espérant que ce dernier parviendrait à rester discret, alors que le silence avait finit par se faire dans la montagne. Une chose était certaine, l'un des dragons avait vaincu l'autre - restait à savoir lequel ils allaient devoir tuer, et dans quel état il se trouvait.

Fili revint peu de temps après, les sourcils froncés. La compagnie se pressa autour de lui, demandant des explications sur ce qu'il se passait plus loin dans les salles.

- Smaug est mort, avoua-t-il, le coin de ses lèvres étiré d'un sourire. Le dragon de cuivre l'a poussé dans un trou et il a finit par s'empaler sur un large rocher pointu.

Les nains retinrent une exclamation de joie, se regardant entre eux - après tout, Smaug était mort, mais le second dragon était toujours là, tapit dans les ombres de la montagne, prêt à protéger l'or qu'il venait juste de voler.

- Que fait le second ? demanda Thorin, qui ne souhaitait pas crier victoire trop vite.

- Il est retourné s'installer sur l'or, expliqua le plus vieux des deux frères. Mais il est en très mauvais état, sa queue semble brisée en deux, et une bonne partie de ses écailles a subit le feu de Smaug, les rendant noires et cassées - elles seront faciles à percer pour nous.

Oakenshield se permit alors un sourire - il ne parvenait pas à croire qu'ils soient si chanceux, au point d'arriver au milieu d'un combat entre deux dragons, ne laissant que le gagnant terriblement affaiblit, presque à leur merci. Lui qui avait voulu récupérer l'Arkenstone et fuir sans demander son reste, espérant convaincre le reste des nains de venir pour tuer la bête... il avait à présent l'occasion de tuer le second dragon de ses propres mains ! Malgré tout cela, il restait une ombre au tableau, quelque chose qu'il ne pouvait oublier.

- As-tu vu Bilbo ? demanda le roi à son neveu, les sourcils froncés d'inquiétude.

Le nain secoua la tête, l'air tout aussi inquiet que lui. Il n'avait pas vu leur cambrioleur, comme si ce dernier s'était soudain volatilisé. Bilbo n'avait pas pu fuir - cela ne lui ressemblait pas, ils refusaient de le croire - ce qui voulait dire qu'il lui était sûrement arrivé quelque chose, et Thorin ne voulait pas penser à ce que cela impliquait.

- Je vais aller chercher Bilbo tout seul, fit-il après un moment de réflexion, coupant les autres nains qui voulurent protester. Et voir si je peux trouver l'Arkenstone par la même occasion.

Le reste de la compagnie le fixa d'un air anxieux, et Dwalin secoua la tête avec véhémence. Il jeta un regard aux autres avant d'avancer jusqu'au roi, posant une main sur son épaule avant de faire remarquer :

- Bilbo est un membre de cette compagnie à part entière, et nous ne te laisserons pas te mettre en danger seul - nous aussi voulons le retrouver.

Thorin secoua la tête, néanmoins amusé par leur air déterminé, et finit par accepter, puisqu'il savait qu'il ne pourrait les en empêcher de toute manière. Leur ordonnant d'être le plus discret possible, ils sortirent un à un de l'endroit où ils étaient terrés, et se mirent à la recherche de Bilbo, espérant plus que tout qu'il n'était rien arrivé de mal à ce dernier, et que le dragon ne les verrait pas.

Esquivant de hautes tours composées de pièces et de pierres précieuses, Thorin ne pouvait s'empêcher d'être assaillit d'émotions - il n'avait pas revu cet endroit, cet or depuis si longtemps qu'il en avait oublié sa splendeur. Les salles, gigantesques, soutenues par de larges piliers, et le plafond si haut que l'on ne voyait pas le fond - il espérait voir Erebor revenir un jour à sa grandeur passée, même si cela ne semblait pour l'instant n'être qu'un rêve à peine atteignable, et qu'il y aurait tellement de travail à faire durant si longtemps que cela n'était pas encore prêt d'arriver.

Continuant son chemin, il arriva finalement un peu plus loin dans la salle, remarquant la forme imposante du dragon, roulé en boule sur un tas de pierres brillantes. Se cachant derrière un morceau brisé d'un pilier, il observa la bête avec attention. Comme l'avait dit Fili, le dragon cuivré avait l'air dans un piteux état - sa queue pendait misérablement sur le sol, tordue dans un angle étrange qui laissait penser qu'elle avait effectivement été brisée d'un geste sec, et les écailles de tout son flanc gauche étaient noire de suie, craquelées et sur le point de tomber. La bête avait également de nombreuses plaies ouvertes, qu'elle rebouchait à l'aide de pièces d'or - c'était un geste commun des dragons de se protéger grâce à leurs trésors. Et, il y avait ses yeux, d'une couleur aussi cuivrée que les écailles, avec une touche de vert que le roi ne pouvait s'enlever de la tête, comme un souvenir de quelque chose qu'il ne parvenait pas à retrouver dans son esprit étouffé.

Il y avait quelque chose que Thorin ne comprenait pas en voyant ce dragon - plus petit, et pourtant l'air tout aussi vicieux et violent que Smaug, puisqu'il avait réussi à tuer ce dernier, le roi sous la montagne ne ressentait pas la moindre peur en le regardant. A vrai dire, il était même plutôt curieux. Comment ce dragon était-il arrivé ici, et pourquoi avait-il décidé de se battre contre Smaug à l'instant même où les nains revenaient à la montagne ? Il y avait quelque chose qui n'était pas logique, et il ne parvenait pas à trouver d'explication.

Bougeant pour se rapprocher un peu, Thorin glissa légèrement, faisant ruisseler des pièces en contrebas, et jura avant de se cacher à nouveau, remarquant que le dragon venait de tourner la tête dans sa direction, le cherchant du regard. Il sentit le sol trembler, et remarqua une ombre projetée sur l'or - le dragon bougeait. Retenant un juron, il hésita, se refusant à faire le moindre pas qui allait trahir sa présence. Malgré tout, c'était trop tard, et la voix du dragon gronda, roulant par-dessus le trésor :

- Qui est là ?

C'est à cet instant que Thorin comprit.

La voix du dragon, bien que déformée par sa taille et la douleur de ses blessures, lui rappelait celle de quelqu'un qu'il avait entendu se plaindre bien trop de fois du manque de confort, et l'absence de livres et d'un bon thé, tout au début de leur voyage. Il l'avait aussi entendu à maintes reprises lui tenir tête, mais aussi le défendre, lui et le reste de la compagnie, alors même que tout était perdu.

Cette voix, c'était celle de Bilbo.

Sur le coup, le roi pensa être fou, mais les preuves qu'il avait accumulées depuis le début de cette aventure ne mentaient pas - que ce soit la peur et la colère apparente des elfes comme Thranduil et Elrond lorsqu'ils rencontraient Bilbo, refusant de voir ce dernier entre leurs murs plus longtemps que nécessaire, la réaction excessive de Beorn, furieux de voir un dragon entrer sur ses terres. Il l'avait dit lui-même, qu'ils avaient été traqués, l'un comme l'autre, et cela était si évident, car les dragons avaient été décimés, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une poignée, se terrant tout au fond des montagnes les plus sombres et inhabitées qui soient. Chaque réaction étrange ou déplacée de leur cambrioleur, jusqu'à la petite comptine soi-disant "innocente" qu'il avait chanté peu de temps après leur départ prenait enfin tout son sens, et Thorin comprit avec horreur que la famille de Bilbo avait sûrement été réduite à néant, découpés pour fabriquer des armes et des armures.

Et surtout, le regard du dragon, il le reconnaissait à présent, car c'était le même que celui du cambrioleur lorsqu'il avait menacé Thranduil, l'obligeant à relâcher le reste de la compagnie.

Sur le coup, il ne put s'empêcher de ressentir une terrible colère - comment le semi-homme avait-il osé leur cacher une telle chose ?! Et puis il remarqua le reste des nains, tous cachés, fixant le dragon avec colère, comme s'ils s'apprêtaient à se jeter dessus pour lui couper la tête, et il comprit - Bilbo avait eu très certainement peur qu'ils ne le tuent à l'instant même où ils apprendraient la vérité, et cela aurait sûrement été le cas, s'il ne leur avait pas sauvé la vie maintes et maintes fois par la suite, prouvant une loyauté sans faille à la compagnie qu'il avait finit par accepter comme sa propre famille.

Thorin ne savait plus quoi faire à présent - pouvait-il faire confiance à Bilbo, qui semblait affamé de l'or sur lequel il reposait ? Avait-il perdu l'esprit, ou se souvenait-il d'eux ? Allait-il devoir... le tuer ?

Hésitant un instant, il finit par comprendre qu'il n'avait pas le choix, et qu'il devait tenter de ramener le cambrioleur à eux - il se leva, sortant de la cachette qu'il s'était trouvée, le regard du dragon se braquant immédiatement sur lui, un grondement sourd lui échappant.

- Bilbo, commença le nain, les mains levée en signe de paix, loin de son épée. Je ne suis pas là pour te faire du mal.

Il avait abandonné le vouvoiement familier avec le hobbit - à présent qu'il connaissait son plus terrible secret, il n'y avait plus vraiment besoin de maintenir cette distance entre eux. Le dragon le fixa sans un mot, tournant autour de lui comme un vautour en quête de chair fraîche.

Plus loin, le reste de la compagnie fixait leur chef comme s'il était devenu fou.

- Qu'est-ce qu'il lui prend ?! chuchota furieusement Kili, les yeux braqués sur son oncle et le dragon. Est-ce qu'il vient vraiment d'appeler ce monstre Bilbo ?

- Il semblerait, répondit son frère, les sourcils froncés, le regard fixé sur le lézard géant avec attention, comme s'il tentait de recoller les pièces d'une énigme qu'il était le seul à connaître.

Thorin quant à lui n'avait toujours pas bougé - le dragon le fixait, et il se demanda un instant si Bilbo parvenait au moins à le reconnaître, ou alors était-il déjà perdu par l'or qui l'entourait, lui faisant croire qu'il devait à tout prix le protéger, même contre ceux avec lesquels il avait si longtemps voyagé, et donné sa vie à de trop nombreuses occasions.

- Je sais que tu me reconnais, tenta-t-il à mi-voix, le regard braqué sur la bête blessée.

Le dragon, toujours aussi immobile, sembla perdre l'équilibre et son regard se voila légèrement alors qu'il regardait le roi sous la montagne avec attention, comme s'il tentait de retrouver un souvenir perdu depuis longtemps, de le tirer hors des méandres de sa mémoire pour le ramener à la surface. Après un temps qui semblait infini, il gronda néanmoins, l'air incertain :

- Thorin ?

Le visage de ce dernier sembla s'illuminer et il confirma avec véhémence, avançant encore d'un pas, tandis qu'il priait qu'aucun des nains n'intervienne en le voyant agir d'une manière aussi déraisonnée. Malgré tout cela, il avait raison ! Ce gigantesque dragon n'était nulle autre que Bilbo, qui avait vaincu Smaug - et que ce soit pour eux ou par folie de l'or, il ne pouvait que vouloir le remercier, le serrer contre lui à lui en briser les os pour l'avoir débarrassé de ce fléau qu'il avait enduré pendant si longtemps, que les siens avaient dû subit sans rien pouvoir faire.

- Reviens vers nous, demanda le roi avec une douceur que les autres nains ne lui avaient jamais vu. Tu as réussi, il n'y a plus d'ennemis à affronter, l'or est en sécurité à présent.

- L'or est à moi, répliqua Bilbo en guise de réponse, le sifflement évident dans sa voix.

- Non, Bilbo, ce n'est pas vrai. Tu n'en as qu'une partie, il est à chacun de nous-

Thorin ne se rendit compte que trop tard que ce n'était pas la chose à dire, lorsque le dragon de cuivre s'agita et se jeta vers lui, le renversant d'un revers de la patte, l'envoyant glisser dans les monceaux d'or. Rugissant avec colère, la bête glissa vers lui, et s'arrêta en voyant le reste des nains sortir de leurs cachettes respectives, courant vers leur roi pour le soutenir.

A cette vue, le dragon sembla vacillé, comme frappé d'un souvenir oublié, et il les regarda d'un air aussi surprit qu'une telle créature pouvait l'être. Il gronda, mais ce bruit semblait plus être vain qu'autre chose et il commença soudainement à rapetisser sous le regard écarquillé de stupeur du reste de la compagnie, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le pauvre hobbit, minuscule au milieu de cette immensité d'or, le corps en piteux état. Jurant, Thorin courut jusqu'à lui et le ramassa sans effort, remarquant avec inquiétude que les blessures faites par Smaug étaient toujours là - tout le côté de Bilbo semblait avoir tant brûlé que la chair était noire, et si sa queue brisée ne pouvait être visible ici, la douleur devait sûrement toujours être inscrite dans son esprit.

L'éloignant de la folie de l'or, les nains s'agglutinèrent dans l'un des couloirs, déposant soigneusement leur cambrioleur tandis que Oin s'attelait à s'occuper de ses blessures.

- Va-t-il s'en sortir ? demanda Oakenshield, les sourcils froncés d'inquiétude, les lèvres pincées.

- Laisse-moi d'abord finir mon travail, répliqua le nain d'un ton bourru, s'affairant aux côtés du semi-homme pour tenter de le ramener de leur côté.

Jurant à mi-voix, Thorin entreprit de faire les cent pas, tandis que les autres nains s'affaissaient lourdement, s'installant tout autour du malade en attendant de voir si Oin parvenait à le ramener à eux. A présent, il n'y avait plus grand chose d'autre à faire qu'attendre.


Lorsque Bilbo tenta d'ouvrir les yeux, il fut surprit de ne pas être immédiatement aveuglé par une lumière vive, son regard encore à moitié endormi se portant sur le plafond bas sous lequel il se trouvait, parfaitement lisse et taillé de décorations et gravures qu'il en reconnut pas.

- Il est réveillé, allez chercher Thorin, fit une voix sur sa gauche, le forçant à tourner la tête.

Le regard perdu et épuisé du hobbit se porta sur Oin et il fronça légèrement les sourcils. On lui apporta aussitôt un peu d'eau qu'il but avec joie, sa gorge semblant être embrasée et encore plus sèche que la montagne solitaire elle-même. Tentant de se redresser, il sentit une douleur vive sur son côté gauche et il grimaça sans comprendre, un gémissement de douleur lui échappant.

- Oh là, pas si vite ! Vous n'êtes pas en état de vous lever tout de suite, Bilbo, fit remarquer le nain d'un ton autoritaire, le forçant à se rallonger.

Le concerné retint une protestation - il était un dragon, tout de même, il n'était pas en sucre !

A cette pensée, il se figea brutalement, et son coeur se serra dans sa poitrine, manquant de l'étouffer. Les nains avaient vu qui il était réellement ?! Et Thorin aussi ! Alors pourquoi était-il toujours en vie, non, pourquoi même soignait-on ses blessures ?!

Il n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage en voyant Gloin revenir rapidement, suivit de Thorin. Ce dernier écarquilla les yeux en le voyant et se précipita à son chevet, son lit d'appoint grossièrement fait avec de vieilles couvertures qui trainaient dans les longs couloirs d'Erebor, sur une large pierre lisse et brisée.

- Allez-vous bien, Bilbo ? demanda le roi, les sourcils encore plus froncés que lorsqu'il était mécontent.

Le cambrioleur remarqua distraitement que Thorin avait de nouveau reprit le vouvoiement, alors même qu'il l'avait abandonné face à sa forme de dragon. Blessé de voir la distance à nouveau mise entre eux, il n'osa pas y faire de remarque et ferma un instant les yeux pour tenter de reprendre son souffle qui avait tendance à se perdre, et il se focalisa ensuite sur Thorin, la question qui lui brûlait les lèvres sur le coin de la langue :

- Pourquoi ne m'avez-vous pas tué ?

Un silence de mort régna suite à sa question, et le roi le fixa comme si une seconde tête venait de lui pousser dans le cou. A vrai dire, le reste des nains avait l'air tout aussi surpris que lui, et Bifur semblait sur le point de l'assommer avec la première chose à sa portée.

- Pourquoi aurions nous fait une chose pareille ?! s'exclama Kili sans comprendre, l'air paniqué de voir que leur hobbit semblait les penser capable d'un tel acte.

- Je suis un dragon, répliqua le hobbit, comme si cela expliquait tout. Je suis dangereux, et vous avez bien vu comme j'ai faillit m'en prendre à Thorin. Vous ne pouvez pas me laisser ainsi, je-

- C'est ridicule, répliqua Thorin d'un ton sans appel. Vous étiez possédé par l'appel de l'or, et nous savons tous comme cela peut affecter un esprit. Qui tuerait un ami comme vous pour un simple écart, alors même que vous avez risqué votre vie à de si nombreuses reprises pour nous tirer hors du danger ? Je ferai un bien piètre roi, si je décidais de sacrifier celui ayant déjà donné sa vie pour me sauver.

- C'est ce que tout le monde aurait fait, répondit le Baggins en secouant la tête, un pauvre sourire s'étirant sur ses lèvres.

Thorin repensa à Azog, dressé de toute sa hauteur sur son Warg blanc, prêt à le faire tuer par la légion d'orcs qui les avaient suivis par delà les montagnes des gobelins, et un sourire traversa son visage. Comment son cambrioleur pouvait-il encore douter de lui-même de cette manière ?! Il ne pouvait pas laisser cela ainsi, ne pouvait pas laisser le dragon penser qu'il ne valait rien.

- Non, Bilbo. Je connais très peu de gens qui se seraient jetés face à l'orc pâle pour me sauver la vie - et le peu de monde prêt à faire cela n'aurait certainement pas été autre chose que des nains.

- Mais, l'attrait de l'or- tenta encore le hobbit.

- Nous trouverons une solution, répondit Thorin. Tout d'abord, nous devons envoyer un message à nos frères - la montagne est vide de dragon, et les oiseaux vont s'en revenir vers la montagne. Ce n'est qu'une question de temps avant que la rumeur n'atteigne les voleurs, et il faut que les nôtres nous aient rejoint d'ici là. De plus, nous devons également trouver l'Arkenstone.

Bilbo repensa à la pierre blanche, qui avait roulé lors de son combat contre Smaug, les paroles de ce dernier lui revenant en tête. Il avait proclamé que la pierre les rendraient fous, lui comme Thorin, et qu'ils finiraient par se détruire. Le hobbit ne savait pas si il devait croire le dragon, mais ce dernier ne pouvait pas mentir - il suffisait de voir comment lui-même avait réagit face à l'or - Thorin ne parviendrait sûrement pas à résister. Dans tous les cas, et pour éviter une catastrophe, il valait mieux que Bilbo récupère la pierre et la cache, voir même s'en débarrasse dès qu'il en aurait l'occasion. Décidé, il se força à se lever malgré les protestations d'Oin qui lui répétait qu'il était sensé rester couché, et s'exclama :

- Je vais vous aider à la chercher.


Les jours qui suivirent, la recherche acharnée qu'ils avaient entreprit pour la pierre n'avait toujours rien donné. Bilbo l'avait déjà récupérée le premier jour, une fois certain d'être seul, et l'avait cachée dans une poche intérieure de sa veste, la gardant soigneusement sur lui. Après tout, cette dernière avait roulé hors de la salle principale, et personne n'avait pensé à la chercher non loin du cadavre de Smaug, et il avait pu la retrouver cachée dans des débris sans le moindre mal.

Ce n'était plus qu'une question de temps avant que d'autres nains les rejoignent dans la montagne, Dain et les siens étant les plus proches et les premiers informés, et pourtant Thorin continuait de chercher l'Arkenstone avec une obsession qui semblait presque malsaine. Il fouillait chaque recoin du regard, et Bilbo remarqua ses coups d'oeil vers la plupart des nains, comme s'il ne leur faisait pas confiance, comme s'il pensait que l'un d'eux ait pu la voler.

Pourtant, ce n'était pas la seule chose qui inquiétait Bilbo - il savait qu'en plus des nains, les hommes de Lacville allaient probablement venir réclamer l'or promit par le roi sous la montagne - hors, ce dernier semblait avoir totalement oublié ce détail, trop occupé à passer ses journées à retourner l'or pour trouver la plus belle pierre du lot, une lourde couronne d'or pointue encerclant sa tête, lui donnant l'air aussi froid et innaccessible que lorsque Bilbo l'avait connu le premier jour.

Un jour, alors que les nains cherchaient en vain l'Arkenstone depuis presque une semaine, Thorin entraîna Bilbo a part du reste de la compagnie, l'attirant dans un couloir sombre jusqu'à arriver dans une armurerie. Il se tourna vers le hobbit, l'observant un instant, comme pour se demander si il pouvait lui accorder sa confiance. Finalement, il avança jusqu'à lui, et murmura furieusement :

- Bilbo, j'ai besoin de votre aide.

- Comment cela ? demanda le dragon, intrigué autant qu'inquiet face à la manière d'agir du roi.

- Je sais que l'un d'eux a volé l'Arkenstone, nous l'aurions déjà retrouvé, sinon !

Bilbo le fixa un instant, complètement sous le choc, alors que le poids de la pierre dans sa poche lui rappela soudainement sa propre culpabilité. Comment Thorin pouvait-il accuser les nains qu'il connaissait depuis si longtemps, mais pas le dragon assoiffé d'or qui avait déjà perdu l'esprit une fois face à la richesse des nains, et qu'il ne connaissait que depuis quelques mois, en plus de cela ? Rien n'avait de sens aux yeux du hobbit, et il regarda le roi avec une tristesse sans nom, le voyant lentement sombrer dans la folie qu'il aurait tant voulu éviter - à croire que l'Arkenstone n'était pas responsable, et que c'était l'or tout entier qui semblait maudit, retournant la tête du roi sous la montagne.

- Thorin, ils n'y sont pour rien. Ils ont toujours été loyaux, tout comme moi.

Le roi secoua la tête, comme si il venait de lui mentir, et il se tourna, fouillant dans l'un des coffres de l'armurerie jusqu'à en sortir une sorte de cotte de mailles scintillante, la tenant devant lui avec un reflet de fierté au fond du regard.

- Je ne leur fais pas confiance, souffla-t-il d'un air froid, mauvais. Je veux que vous preniez ceci pour vous protéger, si l'un d'eux tentait de se retourner contre nous.

Bilbo observa la cotte, la bouche entrouverte - il avait le sentiment que le cadeau du roi valait une somme exorbitante d'or, et il savait pas comment réagir. Le "nous" de Thorin n'incluait qu'eux deux, comme s'il était le seul en qui il pouvait croire. Hésitant, le hobbit prit la cotte entre ses mains, et releva les yeux jusqu'au nain qui expliqua :

- Mithril. Avec cela, aucune lame ne pourra jamais vous transpercer.

- Thorin, je ne peux accepter un tel cadeau-

- Acceptez-le, répliqua le roi, d'un ton qui ne laissait pas place à la moindre discussion. En symbole de notre amitié.

Bilbo acquiesça d'un air incertain avant de lever les yeux, fixant Thorin avec attention. Il ne savait plus quoi faire pour le ramener du bon côté de la lumière, et il avait déjà demandé à Balin - ce dernier avait bel et bien confirmé que donner dès maintenant l'Arkenstone à leur roi ne ferait qu'empirer les choses, et rien d'autre.

- Thorin, les autres nains vont bientôt arriver. Et les hommes attendent l'or que nous vous leur avez promis...

- Ils n'auront pas la moindre pièce, répliqua aussitôt le roi d'un ton sec, la colère se reflétant au fond de ses prunelles.

Il avança jusqu'à Bilbo, lui agrippant le bras avec une force inhabituelle pour l'attirer jusqu'à lui, et chuchoter à son oreille d'un ton venimeux, sifflant autant que Smaug lui-même :

- Je ne me séparerai pas d'une seule pièce d'or. Pas la moindre.

Quelque part au fond de lui, Bilbo sentit son coeur se serrer, et le dragon au fond de lui pleura de voir leur roi perdre la raison peu à peu, alors qu'ils ne pouvaient rien faire pour le ramener à eux. Le hobbit ressentait cette peine, la partageant avec son esprit brisé et détruit par sa bataille contre Smaug, et jura contre les cieux, qui avaient rendu fou celui qui n'était rien d'autre que la personne dont il se souciait le plus au monde.

Thorin était son coeur d'écailles dont avait parlé sa mère pendant des lunes sous le désert ardent, et il était en train de sombrer dans la folie.


Commentaire d'auteur :

Et voilà Tout d'abord, j'espère que le chapitre d'aujourd'hui vous a plu ! :) Sans surprise, il fallait bien que la folie touche Thorin à son tour, et il ne va malheureusement pas s'en débarrasser de sitôt, mais je ne peux pas vous en dire plus x)

Je n'ai rien d'autre à dire sur ce chapitre pour être honnête ahah ! Mais sinon, pour ceux que ça intéresse je vais sûrement bientôt poster sur ma fic HP tomarry, et la drarry aussi, donc guettez leur retour ! :)

Breeeef, merci encore pour votre lecture les petits loups, on se retrouve samedi prochain pour la suite ( ce sera votre cadeau de saint valentin ahahah) et merci encore pour toutes vos reviews vous êtes des choux ! :) des bisous !