Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Déesse''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !

Contexte : Pendant/Après l'épisode 10 de la saison 3, ''Mhysa''


Enfin.

Jaime était enfin à Port-Réal.

Il était sale, déguenillé et dépenaillé, une barbe hirsute, du sang et de la crasse lui couvrant le visage.

Mais peu importait.

Il était rentré.

A la maison.

A Cersei.

Cersei... Il ne pouvait pas s'en rapprocher assez... Pourtant, il allait aussi vite que ses jambes le lui permettaient.

Depuis qu'il avait quitté la capitale après leur petite discorde, à Ned Stark et à lui, il n'avait pensé qu'à une seule chose : revoir Cersei.

Il se rappelait de la tristesse avec laquelle il était venu lui dire au revoir. Elle l'avait supplié de rester, de ne pas partir, je t'en prie, Jaime, je t'en supplie, ne me laisse pas seule ici, ne me laisse pas seule avec Robert...

Mais il ne pouvait pas rester. Il devait partir. Il avait attaqué le meilleur ami du roi, un roi qui ne l'aimait déjà guère. Il n'avait pas tué Lord Eddard, et si ce dernier racontait à Robert ce qu'il s'était passé, ce qui était probable, sa tête serait sur une pique aux portes de la ville avant la nouvelle lune.

Il espérait seulement que Robert ne serait pas assez bête ou méchant pour s'en prendre à Cersei en guise de représailles.

Il était donc parti rejoindre son père qui avait levé une armée contre les Stark, vengeance pour l'emprisonnement de Tyrion au Val.

De toute manière, Ned Stark était toujours à Port-Réal, quelle chance avaient les loups quand ils n'avaient pas leur mâle alpha alors que les lions en avaient deux ?

Il était donc parti avec l'idée qu'il reviendrait vite auprès de sa jumelle, une fois les Stark écrasés par les Lannister.

Mais les choses n'avaient pas été aussi simples, malheureusement.

Jaime avait été fait prisonnier par Robb Stark, contraint à briser son serment envers Cersei, celui de toujours lui revenir très vite.

Avaient suivis de longs mois d'incarcération, loin, trop loin, beaucoup trop loin de sa moitié.

S'il avait eu l'illusion de pouvoir s'évader et quitter ce foutu camp de guerre pour retourner auprès d'elle quand il avait tué leur cousin, ses espoirs avaient été très rapidement anéantis, quand ces sauvages de Nordiens l'avaient rattrapé pour le remettre au fin fond de sa cellule, au milieu des excréments et de la boue.

Contre toute attente, Catelyn Stark l'avait libéré, contre la promesse qu'il renverrait ses filles de Port-Réal quand il y serait arrivé sous la garde de Brienne de Torth.

Il avait donc été traîné au bout d'une chaîne à travers le Conflans, jusqu'à ce qu'ils rencontrent Locke et les hommes de Roose Bolton.

Si, au début, il avait cru pouvoir s'en sortir avec des promesses d'or et le nom de Tywin Lannister flottant entre eux, Locke l'avait ramené à la dure réalité en lui coupant sa main, sa main droite, sa main d'épée.

Et maintenant, il était là, à Port-Réal, manchot, crasseux, éreinté.

Mais il était rentré.


Il marchait aussi vite qu'il le pouvait dans le Donjon Rouge.

Au premier abord, les gardes ne l'avaient pas reconnu, et avaient menacé de le jeter aux oubliettes du château. Ils avaient vite déchanté, quand ils s'étaient enfin rendus compte de qui il était.

Il arriva devant la porte des appartements de Cersei.

Il hésita brièvement avant de poser sa main sur la poignée.

Et si Cersei ne voulait plus de lui ? Et si elle n'avait plus envie de le voir ? Et si, pendant son absence, elle avait trouvé quelqu'un d'autre que lui, quelqu'un pour le remplacer ?

Il se sentit idiot de penser cela.

C'était Cersei.

Bien sûr, qu'elle voudrait toujours de lui. Après tout, ils avaient toujours été destinés à être ensemble. Qu'est-ce qui aurait bien pu changer ?

Il entra.

Elle était là, assise sur son lit, lui tournant le dos. Elle n'avait visiblement pas entendu la porte s'ouvrir, puisqu'elle ne se retourna pas quand il pénétra dans la pièce.

Il eut tout le loisir de la contempler, de l'admirer comme la déesse qu'elle était pour lui, ne craignant qu'une seule chose, que ce soit un rêve, un magnifique rêve et que, quand il serait sur le point de la toucher, tout s'efface, tout s'étiole, tout disparaisse et qu'il se réveille dans cellule dans le camp des Stark.

Ses longues boucles blondes tombaient en une superbe cascade dorée le long de son dos et de ses bras nus, couvrant sa peau blanche comme du marbre, comme un halo d'or, un halo de gloire, irréelle, comme la plus belle des illusions, la seule divinité qu'il vénérait vraiment.

Une fois qu'il fut resté silencieux pendant de longues minutes, il se décida enfin à prononcer son nom, comme une formule magique qui mettrait fin à tous ses problèmes.

''Cersei...''


Quand elle entendit son prénom, elle crut d'abord qu'elle rêvait. Qu'elle imaginait sa voix, parce qu'il lui manquait trop, beaucoup trop, comme si une part d'elle-même lui avait été arrachée, ce qui était le cas, puisqu'ils n'étaient qu'un.

Mais elle se retourna, et le vit.

Il était là.

Son Jaime était là.

Il était revenu.

Elle resta immobile quelques minutes, qui leur parurent à tous deux interminables, ne voulant pas se précipiter, au cas où ce serait un rêve dont le réveil ne serait que trop douloureux.

Une fois qu'elle eut compris que ce n'était pas un rêve, et que Jaime était vraiment là, en chair et en os devant elle, elle se leva doucement, et se dirigea vers lui.

Quand il n'y eut presque plus d'espace entre lui et elle, Cersei leva la main et effleura la joue de Jaime du bout des doigts, comme s'il allait se dissiper dès que sa main entrerait en contact avec sa joue.

Mais ce ne fut pas le cas.

Et avant que Jaime n'ait eu le temps de réagir, elle s'était jetée dans ses bras, ses larmes chaudes inondant son cou quand elle enfouit son visage dedans, et il ne put que lui rendre son étreinte.

Il était enfin à la maison. Avec sa déesse dorée.


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