Oliver avait déposé les enfants chez leur mère après leur sortie au parc aquatique. En principe c'était elle qui devait passer les prendre chez lui en ville, mais elle lui avait envoyé un message lui demandant s'il ne pouvait pas les déposer sur le chemin du retour. Elle lui avait expliqué qu'elle n'avait pas terminé tout ce qu'elle avait à faire et qu'elle était fatiguée. Il lui avait répondu que ça ne le dérangeait pas. De toute façon c'était bien plus logique, ça ne lui faisait pas faire de détour puisque c'était sur le chemin du retour. Il lui avait demandé l'adresse même s'il savait où elle restait. Un sourire c'était dessiné sur ses lèvres en voyant qu'il avait visé juste la veille lorsque Lucas avait dépeint l'appartement à sa tante.

Il était maintenant de retour chez lui après un week-end à s'occuper exclusivement de ses enfants. Il ne savait pas trop comment il se sentait face à tout ça mais une chose était sûre il avait pris beaucoup de plaisir avec eux et l'ambiance du week-end lui manquait déjà. L'absence des rires et les voix des enfants qui comblaient les silences lui filait le bourdon.

Il n'aimait pas ce calme alors qu'il l'avait apprécié le week-end dernier. Il prit place sur le canapé et alluma la télévision pour combler ce vide. Ça n'était pas parfait mais ça l'apaisait tout de même. Il ne savait pas quoi faire de ses mains. Il avait fait tourner une machine en rentrant après avoir débarrassé les sacs de piscine. Il avait enlevé les draps des lits des enfants ainsi que les siens puis en avait placé des propres.

La maison n'était pas sale, l'aspirateur avait été passé le matin même, la vaisselle faite. Il tournait en rond. Il n'avait aucunement envie de travailler et pourtant il avait quelques dossiers à étudier.

Il aurait pu s'installer à son bureau et y travailler jusqu'à pas d'heure mais il voulait éviter de repartir dans ses travers alors pour passer le temps il s'installa devant la télévision, trouva un vieux match de base-ball et regarda les photos qu'il avait sauvegardé sur son MacBook.

Il y avait de tout. Les fêtes de noël, les réunions familiales, les anniversaires. Il était sur beaucoup de ses photos posant avec ses enfants, sa femme ou encore en famille.

Puis il vit qu'il y était de moins en moins jusqu'à disparaître totalement des clichés, ne restant plus que Felicity et les enfants. Ça devait bien faire une année qu'il n'y avait plus de photos avec lui. Oh des photos de lui seul il y en avait. Beaucoup. Il suffisait de taper son nom sur la toile pour le trouver entouré de personnes mais aucune avec sa famille.

Même avec Felicity il n'y en avait plus. Pourtant, elle l'accompagnait encore au gala de charité, ou aux fêtes de noël organisées à l'occasion. Elle était même présente aux vœux du maire.

Mais lui était focalisé sur tout, sauf sur elle. Il discutait avec tout le monde, sauf elle. Il avait beau chercher dans sa mémoire il était incapable de dire ce qu'elle faisait lors de ces galas.

Il ferma brusquement l'ordinateur. S'en était trop. Il se sentait monstrueux de l'avoir ignorée ainsi. Il savait qu'il n'était pas beaucoup présent, mais maintenant qu'il venait de faire face à ses agissements il se trouvait plus que misérable.

Comment en était-il arrivé là ? Le thérapeute lui avait dit qu'il n'avait pas fait le deuil de l'attentat. Qu'il se sentait coupable de ce qui était arrivé et que c'était pour ça qu'il se noyait dans le travail. Et il avait visé juste. Il se sentait coupable. Il n'avait pas su protéger la population et il s'était promis de sécuriser la ville avant la fin de son mandat.

Il avait travaillé durement pour y arriver. Ça n'était pas encore parfait mais il touchait au but. Son mandat se terminait dans une petite année et il savait que la ville aurait atteint tout ce qu'il projetait en termes de sécurité.

Mais cela en valait-il vraiment la peine ? Thea avait peut-être eu raison lorsqu'elle était venue lui assener ses vérités en début de semaine. Les gens vivaient leurs vies.

Ils étaient très heureux des améliorations en ville. Plusieurs fois il avait eu des remerciements pour tout ce qu'il avait entrepris. Il avait aussi reçu beaucoup de requêtes qu'il tentait toujours de combler dans la mesure du possible.

Comme l'installation de caméras supplémentaires, la réfection des maisons sociales qui n'étaient pas aux normes.

Il s'était déplacé en personne pour constater que les citoyens disaient vrai et il trouvait toujours des solutions. Il n'était pas las de les aider au contraire, ça lui donnait le sentiment d'être une bonne personne, le héros de cette ville qui avait été décimée par des bombes.

La ville se portait mieux, les délinquants de toute sorte étaient fichés. Ceux qui avaient été condamnés pour des petits crimes avait dû suivre un programme pour devenir de bons citoyens et s'ils n'y arrivaient pas ils étaient placés dans des centres financés par la mairie, n'en ressortant qu'une fois certain qu'ils ne causeraient plus de tort.

Il n'y avait pas de murs les séparant des villes avoisinantes mais ça n'empêchait pas que personne n'entrait dans cette ville sans que les forces de l'ordre ne le sache.

Un logiciel d'une puissance inégalable avait été mis en place où était recensé toute la population. Ainsi dès qu'un étranger entrait à Starling, une alerte se créait dans les commissariats de la ville et la personne était arrêtée et interrogée sur ses intentions.

C'était poussé à l'extrême, Oliver en avait conscience mais il n'y avait que comme ça qu'il allait bien. Qu'il repoussait ses angoisses et ses peurs. Lui-même ne sortait jamais de la ville ayant bien trop peur pour sa vie.

C'était l'une des raisons pour laquelle il ne voulait plus partir en vacances également. Le pire dans tout ça, c'était que le logiciel avait été créé par sa femme.

C'était un petit bijou technologique qui se vendait à prix d'or. Depuis sa naissance, QC en avait vendu des milliers et en vendait encore. Toutes les villes voulaient s'équiper de Xxcity.

Elle l'avait développé et mis au point en moins d'un an. Il n'avait jamais été aussi fier d'elle. Elle avait répondu à toutes ses attentes avec ce logiciel et lui tout ce qu'il avait fait n'avait été que de l'ignorer durant l'année écoulée. Il se prit la tête entre les mains. Et maintenant ?

Maintenant que la ville se portait mieux, que son mandat prenait bientôt fin, que tout le monde semblait serein, il avait perdu ce qu'il avait de plus cher à ses yeux, celle qui l'avait toujours soutenu. Il ne pouvait pas la perdre. S'il la perdait, il se perdrait. Elle était son roc, sa force, sa lumière. Elle illuminait son chemin depuis dix-neuf ans maintenant. Il se souvenait encore de leur rencontre.

Il venait de terminer ses études de sciences politiques et avait eu ses diplômes avec brio. Ses parents avaient été fiers de lui et de son parcours ne lui ayant jamais mis la pression sur une quelconque passation de la société. Ils l'avaient laissé faire ce qu'il avait envie.

Il était né pour une être un leader et avait toujours aimé la politique et tout ce qui l'accompagnait. Mais il devait se faire une place dans ce monde et ça n'était pas évident. Il avait donc travaillé un temps au côté de son père et c'était là qu'il l'avait rencontrée.

Son père l'avait fait appelée pour il ne savait quelle raison et elle était montée au quarantième étage. Elle marchait d'un bon pas, la tête basse, inspirant et expirant.

Elle semblait stressée et n'avait pas vu Oliver qui sortait du bureau. Il était de dos, écoutant les dernières indications de son père avant de refermer la porte, il s'était retourné et la jeune femme lui avait marché sur le pied avant de tomber dans ses bras, lâchant le dossier qu'elle chérissait contre sa poitrine.

Il l'avait tenue fermement entre ses bras, l'empêchant de perdre l'équilibre et ce qu'il avait ressenti en la tenant contre lui avait été indescriptible.

Son cœur s'était mis à battre la chamade, ses joues s'étaient colorées comme un adolescent de quinze ans et elle ne l'avait pas laissé indifférent. Pourtant Oliver avait eu des tas de petites amies mais aucune ne lui avait fait cet effet. Il avait eu un coup de foudre. Il n'y avait pas d'autre mot. Il l'avait relâché dès l'instant où elle avait été stabilisée.

Leur étreinte n'avait pas duré longtemps, dix secondes tout au plus, mais ça avait suffi pour changer sa vie.

Felicity s'était confondue en excuses. Elle était rouge. De honte ? De désir ? Il ne l'avait pas vraiment su mais il avait deviné que c'était plus de honte. Elle l'avait appelé Mr Queen et il lui avait répondu que c'était son père, qu'elle pouvait l'appeler Oliver. Son père avait mis fin à leur échange en intervenant.

Il l'avait fait entrer dans son bureau et avait refermé la porte. Oliver était resté devant celle-ci interdit, avant de prendre conscience qu'il regardait la porte close comme un idiot.

Après ça, il n'avait fait que penser à elle et dans l'après-midi il était descendu à l'étage où elle travaillait puis l'avait invitée à prendre un café. À la fin de la semaine suivante, ils étaient en couple. Trois ans plus tard, ils s'étaient fiancés et l'année d'après le mariage avait eu lieu.

Ils avaient profité de leur vie avant d'entreprendre la conception d'un enfant. Ils avaient voyagé à travers le monde plus amoureux que jamais. Leur amour n'avait fait que croître au fil des années.

Huit ans après leur rencontre, la naissance de Mia avait encore renforcé leurs liens déjà très forts à l'époque. Puis ensuite, trois plus tard, Lucas était venu agrandir la famille.

Oliver avait adoré voir le ventre de Felicity s'arrondir. Il avait pris grand soin d'elle. Il s'était levé à n'importe quel moment de la nuit pour assouvir ses désirs de femme enceinte. Elle lui disait toujours qu'elle était chanceuse d'avoir un mari comme lui. Qu'elle faisait des envieuses.

Quand il lui avait dit qu'il voulait se présenter à la mairie elle l'avait soutenu et il avait été élu. Puis réélu une seconde fois trois ans plus tôt. Les mandats ne duraient que quatre ans. Il en était à sa septième année en tant que maire et il adorait son métier. Il faisait enfin ce qu'il aimait.

Travailler à QC était bien mais il savait que ça n'était que provisoire. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu. Il n'était pas question de politique. Même s'il aurait pu devenir avocat et représenter l'entreprise. Ça ne le passionnait pas. Non, Oliver voulait être au cœur de l'action, des problèmes. Il voulait être celui qui rendrait le monde meilleur. Et il avait failli à ses principes. On ne le reprendrait plus. Il s'en était assuré.

Un sourire triste s'étira sur ses lèvres. Ils avaient eu une belle vie jusqu'à présent et il ferait tout pour la récupérer. Il le devait à leurs enfants et à Felicity. Il n'allait pas mettre dix-neuf ans d'amour derrière lui sans agir. Il allait reconquérir le cœur de sa femme même si pour le moment un monde les séparait.

Les enfants étaient retournés à l'école mais aucun d'eux n'en avaient vraiment eu envie. Le redémarrage avait été difficile après cette semaine passée au paradis. L'annonce de la séparation avait été un choc pour eux mais finalement le week-end s'était plutôt bien passé et Mia avait accepté la nouvelle situation sans trop de difficulté.

Lucas ne disait trop rien mais Felicity avait remarqué que l'espace lui manquait. Il adorait se divertir dans le jardin ce qu'il ne pouvait faire à l'appartement. Ça lui serrait un peu le cœur de voir que son fils s'ennuyer chez elle mais pour le moment elle n'avait pas d'autre solution. Les maisons étaient assez rares en ville. Tout le monde rêvant de vivre à Starling où la sécurité était de mise.

Elle était assise au petit café se situant pas très loin de QC. Elle aimait s'y arrêter le matin avant de prendre son poste. Elle avait envoyé un message à John la veille lui demandant s'il pouvait la rejoindre. Elle lui avait déjà pris sa commande, un café noir sans sucre qu'elle regardait d'un sale œil, se demandant comment son ami pouvait boire une horreur pareille. Elle était sûre que ça devait avoir un goût amer, loin de la douceur de son cappuccino saveur chocolat blanc qu'elle affectionnait depuis des années. Il lui fit signe depuis l'entrée. Il était là. Elle se leva et il la serra entre ses gros bras musclés.

-Bonjour ma belle. Tu es magnifique. Le bronzage te donne bonne mine.

-Merci John.

-Alors comment tu vas ?

John prit place face à elle et la remercia pour le café. Il était heureux de son invitation. Il ne l'avait pas vue depuis un moment et son amie lui manquait.

-Ça pourrait aller mieux...

Elle avait un air triste sur le visage et John aurait donné n'importe quoi pour lui redonner le sourire et voir ses yeux s'illuminer de bonheur mais il n'était pas magicien. Il savait que le seul capable de lui rendre vie était Oliver.

Il était triste pour ses amis. Il connaissait Oliver depuis son enfance. Ils avaient grandi ensemble. Ils formaient une petite bande avec Tommy. Un autre de leur ami qui avait quitté la ville avec sa femme qui était cardiologue et travaillait dans la capitale du pays.

Un joli trio. Ils avaient fait les pires bêtises ensemble, rendant leurs parents fous d'inquiétude à plusieurs reprises. C'étaient des casses cous et John était heureux que ses enfants ne suivent pas le même chemin qu'eux. Il n'aurait pas supporté, ni survécu à l'inquiétude.

-John ? Est-ce que tu vas au camping ce week-end ?

-Évidemment je ne raterais ça pour rien au monde.

Il rigola. Il aimait beaucoup ça. Il passait toujours un agréable moment. Ça faisait des années que Lara fêtait son anniversaire de la sorte et sa petite Sarah y avait toujours été invitée de même que Mia.

-Tu pourrais emmener Mia ? C'est mon week-end avec les enfants et Lucas a un match. Je vous rejoindrai après.

-Aucun problème Felicity. J'en connais un qui va être heureux.

-Je n'ai aucun doute là-dessus. Merci John.

Celui qui serait heureux était Connor le neveu de John et Lila. Il était orphelin. Il avait perdu son père qui était le frère de Lila lorsqu'il n'était encore qu'un bambin. Mort au combat. Il avait ensuite été élevé par sa mère puis celle-ci était tombée gravement malade et avait succombé à la maladie l'année de son dixième anniversaire. Connor venait de souffler sa quatorzième bougies.

Les débuts chez les Diggle n'avait pas été facile pour lui. Il connaissait un peu son oncle et sa tante mais ne les voyait que très rarement. Plus de mille kilomètres les séparaient. John et Lila avaient dû être très patients avec lui.

Au départ il ne faisait que des bêtises, tournant délinquant. Il volait dans les magasins, frappait les autres enfants. Il faisait ressortir sa peine par la violence.

Sarah avait huit ans et John Junior alias JJ en avait quatre. Ils avaient pensé qu'il s'entendrait bien avec Sarah mais c'était tout l'inverse qui s'était produit. Il la méprisait et lui balançait des méchancetés au visage. John l'avait emmené en thérapie et ça l'avait aidé mais sa plus grande aide avait été Mia.

Dès qu'il l'avait vu, il s'était pris d'amitié pour elle. Elle n'avait que sept ans à l'époque mais il l'avait adorée. Ils avaient passé l'après-midi dans la piscine à rire et à jouer. Ça avait été la première fois que John et Lila le voyait de la sorte, détendu et heureux.

Depuis cette première rencontre, rien n'avait changé entre eux. Ils s'adoraient. Son comportement avec Sara avait changé également. Il faut dire que Mia aimait beaucoup Sara. Ça avait dû aider, car tout ce que Mia aimait, Connor l'aimait en retour. C'était marrant à voir et John et Oliver disaient tout le temps qu'ils se marieraient tellement leur complicité était grande.

-Tu n'as pas à me remercier Felicity. Je ferais n'importe quoi pour toi, tu le sais non ?

-Oui. Tu es peut-être bien le seul.

-N'importe quoi. Tu as des tas d'amis ma belle. Tu n'es pas toute seule tu sais.

-J'avais des tas d'amies... mais... depuis que je ne sors plus avec elles... je n'ai plus de nouvelles de personnes. Tu es le seul ami qui me reste. Ceci dit au moins je vois sur qui je peux compter.

John n'en savait rien. Il savait qu'elle ne sortait plus, qu'elle s'était renfermée sur elle-même mais il ne savait absolument pas qu'elle était très seule.

-Et Gaby ?

Gaby était la maman de Lara. Elles étaient devenues amies au fil du temps. Elle faisait beaucoup de choses avec leurs filles pour le plus grand bonheur de Mia, des sorties entre filles, du shopping, des cinémas. Mais Felicity avait dû mettre un frein à ses sorties quand Oliver n'avait plus été disponible pour leurs enfants. Sa vie sociale en avait pris un coup. Elle en était consciente.

-Oh tu sais. Elle a sa vie et moi la mienne.

Elle se leva. Il était temps pour elle de partir. Elle avait une réunion dans moins d'une demi-heure et elle devait relire ses notes et faire une mise au point avec Curtis.

-Je vois. Oh Felicity avant que tu partes. Je sais que tu t'en fiches probablement mais Oliver a changé durant cette semaine.

-C'est bien. J'espère juste que ça va durer pour les enfants.

-J'en suis sûr. Te voir le quitter a été un choc. Je ne l'ai jamais vu aussi mal, ni malheureux.

Felicity haussa simplement les épaules. Il était malheureux, elle le savait. Elle l'avait vu dans son regard qu'elle évitait la plupart du temps mais le dimanche au brunch, il avait eu les yeux larmoyants durant toute la durée du repas. Elle aussi avait été dans cet état. Elle avait eu envie qu'il la prenne dans ses bras et lui murmure que maintenant tout irait bien. Mais elle avait été trop déçue ces derniers temps.

-Il a commencé une thérapie aussi. Il te l'a dit ?

-Ouais... je crois...

-Je te raccompagne.

Diggle ne lui laissa pas le choix. Il passa son bras autour de sa taille et la colla contre lui. Par ce geste il voulait lui faire comprendre qu'il était présent et la soutiendrait.

La semaine s'était écoulée avec une rapidité déconcertante pour Felicity. C'était déjà jeudi. Le week-end arrivait à grand pas et elle n'avait encore rien préparé.

Elle n'avait pas de tente, elle devait en racheter une, de même que des duvets. Les leurs étaient restés chez Oliver. Elle aurait très bien pu les récupérer, il les lui aurait donnés si elle lui avait demandé mais de toute façon elle devait les remplacer. Elle irait le lendemain. Les enfants quittaient l'école plus tôt le vendredi et elle prenait toujours son après-midi pour être avec eux.

Elle attendait que Mia ait fini son cours de théâtre pour aller récupérer Lucas à son entraînement de soccer. Elle espérait qu'elle ne tarderait plus sinon elles seraient en retard. L'entraîneur de Lucas savait que parfois les horaires se chevauchaient et il patientait avec Lucas et d'autres enfants qui étaient dans la même situation jusqu'à l'arrivé des parents.

Mia arriva dix minutes plus tard, boudeuse.

-Hé ma chérie qu'est-ce qui se passe ?

-Rien maman.

-Tu boudes chérie alors ne me dis pas qu'il n'y a rien. La vérité Mia Queen.

La petite fille inspira. Elle ne voulait pas embêter sa mère avec ses soucis. Elle en avait déjà bien assez pour elle. Mais quand elle l'appelait par son prénom et son nom ça n'était jamais bon signe.

-J'ai foiré mon audition pour le premier rôle.

Des larmes perlaient aux coins de ses yeux et Felicity la prit dans ses bras. Elle la berça quelques minutes. Elle s'en voulait un peu. C'était probablement de sa faute. Mia avait dû apprendre son texte en début de semaine alors que les autres avaient eu toute la semaine pour l'apprendre.

-Peut-être que tu as l'impression de t'être plantée mais que ce n'est pas le cas. Ça arrive parfois d'avoir de mauvaises impressions, chérie.

-Je ne crois pas non. J'ai bafouillé maman et ça ne m'arrive jamais. Je n'aurais pas ce rôle. C'est sûr.

-Nous verrons mais qu'importe ma chérie. Tu as du talent et premier rôle ou pas, personne ne pourra t'enlever ça d'accord ?

-Si j'avais du talent maman je ne me serais pas plantée. Bref allons-y Lucas va nous attendre.

Elles montèrent en voiture. L'entraînement était fini depuis dix minutes maintenant. Elles étaient très en retard mais malgré tout Felicity respecta les limitations de vitesse ne voulant pas créer un accident, valait mieux être en retard de quelques minutes.

De toute façon Lucas n'était pas seul et ne serait pas le dernier. Elle se gara, puis descendit de voiture. Elle remonta l'allée les menant au terrain et vit au loin Lucas et Oliver s'échangeant quelques balles. Son cœur chavira à les voir ainsi. Lucas riait comme un fou de son père qui était un peu maladroit avec la balle.

Mia rit de bon cœur aussi notamment quand Lucas tira et que le ballon atterrit dans la tête de son père. Oliver se baissa, frotta son visage avant de s'effondrer sur le terrain.

Felicity et Mia cessèrent de rire et pressèrent le pas. La panique les gagnant toutes les deux. Elles entendirent Lucas crier après lui tout en courant à son chevet. Il se jeta au sol, posa ses petites mains sur celle de son père se confondant en excuses, lui demandant si ça allait.

Il chercha de l'aide du regard et Oliver en profita pour l'attraper et le chatouiller faisant hurler Lucas de rire. Felicity et Mia rirent à leurs tours soulagées qu'Oliver ne leur ait joué qu'un sale tour.

-Tu t'es toujours demandé d'où me venait mon talent d'actrice. On a peut-être trouvé la source.

Felicity pouffa de rire à la réflexion de Mia. Elle avait peut-être raison.

-Hé mon champion, regarde qui est là !

Oliver se redressa dès qu'il vit les deux filles. Il aida Lucas à se relever puis ils les rejoignirent.

-Maman, maman ! Papa est venu me voir à l'entraînement. Il m'a dit que j'avais beaucoup progressé depuis la dernière fois qu'il m'avait vu. Et aussi que je courrais plus vite. Tu as entendu ça Mia on peut faire la course jusqu'au parking et cette fois je vais te battre.

Oliver sourit devant l'excitation de son fils. Il ne doutait pas une seconde qu'il s'était amélioré en course mais de là à battre sa sœur qui était plus âgée que lui, il y avait un monde.

-Bonsoir ma puce. Tu vas bien ? Comment était ton cours de théâtre ?

Mia haussa simplement les épaules. Elle donna un baiser à son père et tapa sur l'épaule de son frère, acceptant son défi. Elle lui laissa quelques longueurs d'avance avant de se lancer. Elle le rattrapa aisément et le dépassa. Mais Lucas donna un peu plus de puissance afin de ne pas se laisser distancer. Les deux adultes avaient un large sourire aux lèvres en voyant leurs enfants s'amuser de la sorte.

-C'était quoi ce haussement d'épaules ?

Felicity se tourna vers Oliver à sa question.

-Oh... elle pense avoir raté son audition.

-Impossible ! Elle est exceptionnelle.

-Comment pourrais-tu même le savoir ? Tu as raté ses dernières interprétations. Pire même tu l'as déçue. Elle n'a même pas pu profiter de sa réussite, elle était trop triste que tu lui aies fait une promesse que tu n'as même pas su tenir.

Elle lui répondit méchamment, se souvenant encore de l'air de sa petite fille quand elle s'était aperçue de l'absence de son père. De la façon dont elle s'était jetée sur elle en larmes, hoquetant qu'il lui avait promis et qu'il n'était pas là.

Elle n'avait même pas profité des tas de félicitations qu'elle avait reçu de la part du public. Ni même de la fierté de ses grands-parents. Tout ce qu'elle avait retenu de sa soirée était la trahison de son père. Elle ne supportait pas qu'il fasse comme s'il y connaissait quelque chose alors que ça n'était pas le cas.

-En effet... je... je n'étais pas là mais j'ai vu son interprétation sur le site internet du club de théâtre. Elle a été géniale. Je... je m'excuse Felicity.

-Tu ne me dois aucune excuse. C'est ta fille que tu as déçue ce soir-là.

Elle tourna les talons et partie en direction du parking. Elle était en colère alors que quelques minutes auparavant elle riait de ses bêtises. Comment avait-elle pu passer d'un sentiment de béatitude à de la colère en quelques minutes ?

-Felicity ?

Elle souffla et s'arrêta dans ses pas se tournant vers Oliver qui l'avait suivie.

-Je me suis excusé auprès de Mia et elle m'a pardonné.

-Parfait ! Tout le monde te pardonne facilement on dirait. C'est bien pour toi.

Elle était sarcastique, mais elle le pensait vraiment. Personne ne lui en voulait de son comportement ceci dit elle était peut-être la seule à en avoir vraiment souffert ? Ça devait être ça.

Moira réussissait tout de même à passer un peu de temps avec lui en allant le voir au bureau. Et il parlait encore avec sa mère alors qu'avec elle, il n'y avait plus de discussion possible. Il avait peut-être vraiment une dent contre elle. Il ne l'aimait sûrement plus. Pour quelle autre raison n'aurait-il plus voulu lui parler sinon celle-là ?

Une boule se forma dans sa gorge et ses yeux lui piquèrent à cette pensée. Son mariage était peut-être vraiment mort. Elle devrait commencer à en faire le deuil.

Il avait peut-être une autre femme dans sa vie ? Ça devait être la raison. Peut-être sa secrétaire ? Après tout elle était jeune, jolie et surtout amoureuse de lui. Elle en était certaine. Elle avait remarqué les coups d'œil qu'elle lui avait jeté lors du dernier gala que la ville avait organisé. Comment s'appelait-elle déjà ? Felicity n'arrivait plus à se souvenir de son prénom. Quelle importance cela faisait-il de toute façon ?

-Sauf-toi...

Il le murmura et elle ne l'entendit pas. Trop perdue dans ses pensées et son raisonnement qui tenait la route. Après tout il passait beaucoup de temps avec sa secrétaire. Bien plus qu'avec elle.

John était peut-être même au courant de ses tromperies mais n'avait rien dit pour la préserver. Tout était possible. C'était son ami mais c'était avant tout celui d'Oliver. Il serait normal que sa loyauté aille vers lui.

Mais elle pensa au dimanche qu'ils avaient passé, à son regard vitreux. Est-ce qu'un homme qui n'aimait plus sa femme aurait cet air sur le visage ? Elle n'en savait rien, elle était totalement perdue.

-J'ai gagné maman. Je l'ai fait. Mia est arrivé à ça de moi.

Il montra la distance en écartant les bras. C'était peu mais il avait battu sa sœur et en était fier bien que Felicity se doutait que Mia avait dû ralentir pour le laisser gagner.

-C'est bien chaton. Allez en route.

-Felicity attend. Je sais que ce week-end c'est l'anniversaire de Lara au camping et je... je voulais savoir comment tu allais t'organiser avec les enfants.

-Comme d'habitude Oliver. Je vais gérer. Seule.

Mia ouvrit de grands yeux effarés au ton que venait d'employer sa mère et son cœur se serra pour son père. Il leur avait fait beaucoup de mal mais il essayait vraiment de se racheter une conduite.

Pour preuve il était là ce soir, et était resté avec Lucas. Mardi il avait passé la soirée avec eux. Il avait demandé à Felicity et elle avait accepté. Mia n'avait pas vu son père aussi impliqué depuis des mois. Elle pensait que sa mère serait heureuse mais à l'évidence rien n'était réglé. Felicity claqua la portière et démarra le moteur. Elle quitta le parking alors qu'Oliver y resta immobile, regardant la voiture s'éloigner.

-Ton attitude n'était pas très cool maman.

-Mon attitude Mia ? Et on en parle de l'attitude qu'a eu ton père ces derniers temps ? Où tu as oublié ?

Felicity était fâchée et secouée par ce qu'elle venait de déduire. Son mari la trompait. Enfin elle n'en était pas sûre mais son comportement pointait dans cette direction.

-Je n'ai rien oublié maman. Mais il essaie de faire des efforts. Pour nous. Il veut nous rendre heureux et il essaie. Mais si tu ne lui laisses pas sa chance, il n'y arrivera pas. Je ne veux pas aller au camping avec John. Je veux que ce soit papa qui m'y emmène maman et je veux aussi qu'il y reste et passe la soirée avec nous.

-Mia... c'est... impossible...

-Non ! Ce n'est pas impossible maman. C'est toi qui veux rendre les choses impossibles. Je sais qu'il t'a blessée. Il nous a blessé aussi. Mais... mais maintenant qu'il veut s'investir, je veux lui donner sa chance. Je veux y croire maman parce que quand on était à la maison avec lui il n'a pas travaillé une seule fois. Et... j'avais l'impression d'être à nouveau cette petite fille de neuf ans avec un papa qui se préoccupe de moi. Laisse-lui sa chance maman. Je veux qu'on redevienne une famille.

Felicity essuya ses larmes. Elle n'avait pas voulu décevoir sa fille. Ça n'avait pas été ses intentions. Peut-être que d'envoyer balader Oliver devant elle n'avait pas été une bonne idée. Il faisait des efforts d'après Mia. Elle le savait, sa fille n'avait fait que lui en parler mais ça ne changeait pas vraiment les choses pour elle.

-Je ne sais pas si on pourra redevenir une famille Mia. Je... je ne suis même pas certaine que ton père m'aime encore.

Elle devait lui dire, lui avouer. Elle ne voulait pas que sa fille espère de choses qui n'étaient plus possible.

-Bien sûr qu'il t'aime encore maman. Il...

Mia se ressaisit. Elle ne savait pas si elle pouvait partager avec elle ce qu'elle avait vu dans la chambre de son père le mardi soir quand elle avait dîner dans leur maison.

-Il quoi Mia ?

-Il a une photo de nous trois sur sa table de nuit. Celle de nos vacances avec la baleine qui saute. Elle est dans un cadre.

Lucas cria cette phrase des larmes ruisselants sur son visage. Le petit garçon avait détesté le comportement de sa mère. Il n'avait pas les mêmes compétences que Mia pour la discussion mais ça n'enlevait rien au fait qu'il se rangeait du côté de sa sœur sur tous les points. Sa mère avait exagéré en envoyant bouler leur père de la sorte. Et lui aussi aurait aimé que son père assiste à son match. Qu'il soit fier de lui.

-Et moi aussi je veux le voir à mon match maman.

Felicity se pinça l'arête du nez. Elle avait vraiment fait n'importe quoi. Il avait fait imprimer une photo d'eux. Il devait encore l'aimer. A moins que cette photo ne fût là que parce que les enfants étaient dessus.

Puis elle se souvint qu'il avait fait une capture d'écran d'elle lorsqu'il lui avait fait son monologue. Peut-être qu'elle l'avait jugé trop vite et qu'il l'aimait encore. Mais dans ce cas pourquoi avait-il réagi comme ça avec elle ? Pourquoi l'avait-il envoyée sur les roses à plusieurs reprises ?

Le dîner avait été silencieux. Les enfants lui en voulaient toujours de son comportement. Ils avaient mangé, puis s'étaient douchés et couchés dans la foulée.

Elle était allée les embrasser et leur avait promis qu'elle arrangerait les choses avec leur père. Elle était maintenant installée dans son lit, son téléphone en main. Elle inspira un grand coup et composa son numéro.

Oliver était rentré chez lui, dépité. Il avait pensé que Felicity aurait vu les efforts qu'il faisait mais il n'en était rien. Pourtant elle lui avait semblé détendue quand elle était arrivée.

Il l'avait même entendue rire avec Mia, un son qu'il n'avait plus entendu depuis des lustres. Ils discutaient et tout semblait aller bien hormis les reproches justifiés qu'elle lui avait fait.

Puis quelque chose avait changé. Elle s'était fermée d'un coup et est devenue agressive. C'était comme s'il lui avait fait plus de mal que ce qu'il lui avait déjà fait. Un truc impardonnable. Mais il ne voyait pas de quoi il pouvait s'agir.

Il l'avait blessée avec son ignorance et c'était déjà beaucoup mais là ça semblait différent et Oliver ne savait pas de quoi il pouvait en découdre. Il aurait donné n'importe quoi pour entrer dans son cerveau de génie et y découvrir ses pensées.

Son téléphone vibra sur la table de nuit. C'était elle. Il hésita à répondre pas vraiment prêt à se faire éconduire de nouveau. Puis la curiosité l'emporta sur la crainte. Il décrocha.

-Je suis désolée... Je... je ne sais pas ce qui m'a pris Oliver. J'ai été détestable... j'ai cru que...

-Qu'est-ce que tu as cru, Felicity ?

-Que... que tu me trompais. Avec ta secrétaire.

Elle pleurait. Oliver détestait ça. Il n'avait jamais aimé voir ses larmes couler sur son visage angélique. Aucune femme ne méritait de pleurer pour un homme et sa femme encore moins.

Elle avait été déçue par beaucoup d'hommes dans sa vie et il s'était juré de prendre soin d'elle, de l'aimer et la chérir jusqu'à son dernier souffle. Il l'avait faite souffrir et s'en voulait. Mais il s'était promis que plus jamais il ne la ferait pleurer s'il la récupérait.

Il avait encore failli à sa promesse, alors même qu'il n'avait pas avancé d'un pas dans leur réconciliation.

-Non... chérie écoute-moi... je sais que je n'ai pas été un très bon mari mais jamais, jamais je ne te tromperais. C'est impensable Felicity. Je t'aime trop. Et si ça n'avait pas été le cas, j'aurais mis fin à notre mariage avant d'entreprendre toute autre relation. Tu peux m'accuser et m'en vouloir pour beaucoup de choses mais pas pour ça. C'est juste impensable Felicity.

Le silence s'éternisait, mais il était sûr qu'elle était toujours en ligne car il entendait sa respiration.

-Alors... pourquoi tu me fuyais et me repoussais ?

-Je n'ai pas encore de réponse à te donner. Je... j'y travaille avec mon thérapeute. J'ai beaucoup de problème Felicity. Et... je ne le savais pas... mais je vais les résoudre... je vais aller mieux... pour nous... Je vais faire les choses bien cette fois parce que je ne veux pas te perdre. C'est trop dur de vivre sans toi.

Felicity renifla.

-Mia... elle veut que tu l'accompagnes au camping et que tu y passes la nuit... et Lucas veut que tu ailles voir son match.

-D'accord. Et toi qu'est-ce que tu veux ? Est-ce que tu veux que je le fasse ? Que je sois présent au camping ? Dis-moi chérie. Je ferai tout ce que tu voudras. Si tu préfères que je ne vienne pas, je ne viendrais pas.

-Je veux juste que les enfants soient heureux Oliver. C'est tout.

-D'accord dans ce cas, j'irai déposer Mia au camping et je reviendrai pour la seconde période du match de Lucas. C'est possible en partant tôt. De toutes façons les parents de Lara seront déjà sur place. Je laisserai Mia avec eux.

-Ok. Je leur dirais tout ça demain. Bonne nuit Oliver.

-Bonne nuit chérie.

Voilà, bon les choses stagnent. Felicity se pose beaucoup de questions et elle est toujours en colère après lui pour la vie qu'elle a mené à ses côtés ses dernières années. J'ai hâte de lire votre ressentit.

Mise à jour ce week end probablement.