Elle a recommencé. Elle le sait. C'est comme une drogue, comme si elle ne pouvait pas s'empêcher de perdre pied. Elle glisse hors de son lit, elle sait qu'elle ne fait pas de bruit.

- Combien de temps ça va durer ?

La voix de Steve la cloue sur place. Elle s'immobilise avant d'enfiler son tee shirt, le vent chatouillant sa peau nue.

- De quoi ?

Sa voix est un moins tranchante qu'elle ne l'aurait voulu.

- Joues pas à ça avec moi, je parle de ce petit manège entre nous.

Elle se retourne vers lui, et chavire devant son regard orage, sa peau de marbre.

- Je ne sais pas.

- Ça rime à quoi ?

Elle hausse les épaules, se fait charmeuse, d'un coup. Mais il la connaît il sait que ses mascarades ne servent qu'à la protéger. Steve n'est pas n'importe qui, avant tout il est son ami.

- Ça ne te plaît pas ?

- Tu sais bien que si. J'aimerais juste savoir dans quoi je m'engage.

Sa main comme une pression légère soulève la sienne, un baiser glisse dans son cou, elle frémit. Ses doigts frôle ses cuisses et elle sait, elle sait qu'elle ne pourra jamais s'en passer.

- Je n'aime pas les étiquettes, Rogers. On est bien non, ça ne te suffit pas ?

- Pour l'instant, si.

- Je ne suis pas faite pour toi.

Il fronce les sourcils, se rembrunit.

- J'ai ma part d'ombre moi aussi...

Elle a ouvert la bouche pour parler mais la porte s'est ouverte à la volée, Sam a ce don d'entrer dans une pièce sans frapper. Il passe de l'un à l'autre, les yeux agités, son regard glisse sur la peau nue de Natasha qui n'a même pas pris la peine de se rhabiller. Il a l'air un peu gêné mais ne fait rien pour le montrer. Il fronce les sourcils, a l'air de vouloir dire quelque chose mais se ravise.

- Ils arrivent. On se tire.

Ils ont déjà sauté du lit, empêtrés dans le drap avec lequel ils essaient de se protéger. Sam fait un pas vers la porte mais reviens vers eux doucement.

- Habillez-vous, bordel.

Natasha sourit doucement, y a longtemps qu'il le sait, Sam, il ne dit rien. Patient. Parfois ils leurs lancent une deux vanne, quelque chose qui colorent les joues de Steve et qui la fait sourire. Mais ils ne disent rien, c'est comme un accord tacite.
Elle s'habille rapidement, et glisse son revolver contre sa hanche. Elle s'apprête à partir mais revient sur ses pas, le prenant par surprise avant de l'embrasser avidement.

- Sois prudent.

Il hausse un sourcil, avec un léger sourire.

- Oh. Tu t'inquiètes pour moi Romanoff ? Je crois qu'on a passé un cap dans notre relation.

Elle lève les yeux au ciel, amusée cependant.

- Ferme-la.

Et elle saute par la fenêtre, le laissant là, bras ballants.