Bonus 3 : L'éducation selon Eina Tulle

Bell avait promis à Eina qu'il ferait avec elle une nouvelle sortie shopping, pour se faire pardonner de toute cette histoire. Et elle avait fini par le contacter pour lui proposer une journée. Ce qu'il ne savait pas en revanche, c'était que cette dernière avait des idées bien précises en tête. Et qu'une nouvelle fois, le jeune homme ne pourrait pas finir sa journée de manière normale. Mais en même temps, depuis l'éveil du cadeau d'Ishtar, plus aucune journée ne l'était.

Bell attendait donc sa superviseuse sur la même place que la dernière fois et elle ne tarda pas à venir, vêtue d'une tenue similaire à leur première sortie. Mais à sa grande surprise, elle n'était pas seule, car une jeune femme qu'il connaissait bien, aux longs cheveux noirs, se trouvait à ses côtés.

Eina-san ! Et Cassandra-san ? Je ne m'y attendais pas. Surtout que la prophétesse avait troqué son habituelle longue tenue noire pour une robe plus courte, mettant plus en avant sa féminité et qu'elle avait fait un effort sur la coiffure pour dégager son visage qui portait de subtiles traces de maquillages.

Le destin est une chose amusante Bell-kun. Il se trouve que pour certaines raisons administratives, je suis également devenue la conseillère d'Ilion-san, tu imagines ma surprise quand on s'est… reconnu.

Effectivement, les deux avaient participé à LA fameuse nuit, du coup, il leur était difficile de ne pas se rappeler s'être croisée. Après un tel réveil, on avait tendance à mémoriser le visage de tous les participants.

Je-Je vous en prie Eina-san, appelez-moi juste Cassandra.

Comme tu préfères. Et du coup Bell-kun, je me suis dit que j'allais l'inviter à notre séance de shopping, ça ne te dérange pas j'espère.

Ho ! Non, pas du tout. Répondit-il aux deux femmes avec un sourire tendre comme il savait si bien les faire naturellement.

Parfait ! Alors en route ! reprit la semi-elfe sur un ton enjoué. Elle avait un très bon pressentiment sur cette journée.

Les deux femmes surprirent Bell en disant vouloir faire quelques boutiques de vêtements et avoir besoin de son avis. Mais il était vrai que le jeune homme ne s'était pas plus renseigné que ça sur ce que voulait faire la conseillère. Quant à Cassandra, Eina lui avait dit de lui faire confiance et de la suivre.


La matinée commença par des boutiques de vêtements tout à fait ordinaires. Les deux femmes essayaient des tenues diverses et variées, tout en demandant son avis à Bell qui leur faisait des petits compliments maladroits, ce qui le rendait encore plus craquant à leurs yeux. Au début, les tenues étaient tout ce qu'il y avait de plus normales, puis elles commencèrent à s'amuser à essayer des choses plus exotiques, pour le plaisir et l'amusement. Elles poussèrent même le jeu à essayer des tenues d'amazones, ce qui fit rougir Bell instantanément, même si leurs peaux claires ne rendaient pas bien avec ce genre de tenues.

Vers midi, le trio convint de faire une petite pause et trouvèrent une table sur la terrasse d'un petit restaurant sympathique où ils partagèrent un bon repas en parlant de tout et de rien. Avec l'aide d'Eina qui l'encourageait un peu plus, Cassandra apprenait à passer outre sa timidité et faisait la conversation de manière plus ouverte. Bell était heureux, pour lui, c'était une journée de détente ordinaire, avec des amies à lui, sans se prendre la tête et sans que cette histoire de skill bizarre ne revienne tout rendre fou. Seulement, rien ne serait plus comme avant, grâce à Ishtar.


La consultante avait ourdi un plan démoniaque et lorsqu'ils reprirent leur séance de shopping dans l'après-midi, la semi-elfe les guida dans une boutique de lingerie fine. Cassandra eut bien quelques rougeurs, mais la suivit malgré tout. Cependant, le jeune homme ne put que devenir à nouveau une tomate bien mûre et se retourna avec l'intention d'aller attendre plus loin, mais ce fut avant qu'Eina ne l'attrape par le col et ne le tire vers l'intérieur.

Allons Bell-kun, inutile de faire le timide, viens donner ton avis.

Dire que la situation était gênante pour le garçon serait extrêmement réducteur, il était dans un état de gêne comme il n'avait jamais connu. Il y avait autour de lui trop de pièces… d'un type d'équipement trop particulier. Et en général, un homme qui trainait dans ce genre de boutiques avait toutes les chances d'être taxé de pervers.

Sauf qu'avec sa bouille de lapin adorable et son air de tomate mûre, il attirait plutôt la sympathie des deux vendeuses de la boutique et des autres rares clientes qui trainaient là. À le voir, rouge jusqu'aux oreilles, ne sachant pas où poser le regard, il était adorablement mignon.

Et effectivement, il lui était difficile de regarder ce que vendait la boutique, surtout qu'elle avait pour devise « tout pour transformer votre compagnon en fauve ». Et il y en avait pour toutes les tailles et morphologies raciales. Bell savait qu'il ne pourrait pas regarder un seul modèle en exposition sans penser à l'une des nombreuses femmes de sa connaissance dedans. Et malheureusement, c'était plus facile de les imaginer avec dorénavant.

Bell-kun. La voix d'Eina le sortit de sa concentration et il vit son bras dépasser depuis l'une des cabines d'essayage pour lui faire signe d'approcher. Hésitant, le lapin s'approcha tout de même et Eina ouvrit partiellement le rideau derrière lequel se trouvaient les deux femmes, maintenant vêtues d'une dentelle plus affriolante.

Alors Bell-kun ? Tu nous trouves comment ? fit-elle d'une voix douce et complice. Les ensembles qu'elles avaient choisis étaient pour le moment relativement soft, mais cela suffisait à le faire rougir et incapable d'aligner un mot. Dès qu'il essayait d'ouvrir la bouche, aucun son n'arrivait à en sortir. Et ce n'était pas mieux pour Cassandra qui se triturait les doigts nerveusement en ayant le regard fuyant, prise entre la contradiction de sa gêne et son désir que le jeune homme la regarde.

J'en déduis que ça te plait. Fit la semi-elfe. Essayons autre chose Cassandra-san. Le rideau se referma à nouveau et Bell resta figé, n'entendant plus que les bruits de tissus et les rires amusés d'Eina.

Bell vit de nouveau le bras d'Eina apparaitre et lui faire signe de venir. Déglutissant un bon coup, il s'approcha et elle lui attrapa subitement le bras, le trainant rapidement dans la grande cabine, sans qu'aucune des personnes présentes ne le remarque. Une fois dos au mur, il put enfin voir les deux femmes et son cœur manqua un battement. Parce que cette fois, elles avaient vraiment sorti l'artillerie lourde. Les deux portaient des ensembles plus complets, des soutiens-gorges faits pour mettre en avant leurs poitrines, des strings ne cachant que le nécessaire vital, des porte-jarretelles et des bas, le tout fait dans de la dentelle brodée de la plus haute qualité… et accessoirement semi-transparente. Cassandra avait opté pour un ensemble vert émeraude qui se mariait à merveille avec ses yeux alors qu'Eina était partie sur un ensemble noir plus provocant.

Et bien Bell-kun ? On reste sans voix ?

E-E-E-Eina-s…

Elle l'interrompit d'un doigt sur les lèvres quand elle se rendit compte qu'il s'apprêtait à crier.

Doucement Bell-kun, inutile d'attirer l'attention. Dit-elle de sa voix taquine. Et tu ne dis toujours pas si cela te plait.

Bell-san, est-ce que… ça me va ? demanda Cassandra de sa petite voix timide, le visage rouge de se montrer devant lui avec quelque chose d'aussi audacieux sur le dos. Incapable de répondre par des mots, il se contenta d'acquiescer de la tête vigoureusement. Cependant, il ne savait plus où donner de la tête, car peu importait où il posait son regard, cela tombait forcément sur un corps féminin en tenue affriolante. Bell était présentement en train de découvrir à quel point de la jolie lingerie pouvait sublimer la beauté d'un corps et le désir qu'il pouvait susciter.

Et malheureusement, une nouvelle fois, son propre corps le trahit, ce qui fut visible par une certaine bosse dans son pantalon, laquelle n'échappa pas au regard des deux femmes. Cassandra était rouge comme une tomate, partagée entre la flatterie de savoir qu'elle était en partie à l'origine d'une telle réaction, et sa timidité naturelle. Eina se passa subtilement la langue sur les lèvres, la réaction de Bell réveillant la gourmandise en elle.

Voilà qui est terrible ma chère Cassandra. Comment notre pauvre Bell-kun va pouvoir sortir dans cet état ?

On-on-on doit l'aider Eina-san !

Les deux avaient visiblement l'air parti dans leur petit jeu et vu la façon dont elles entouraient le garçon, il n'avait aucune chance de s'échapper.

Précisément ma chère Cassandra. Après l'avoir rendu ainsi, il est de notre devoir de l'aider à se détendre. Ne vous en faites pas, Eina-sensei va vous apprendre comment faire. Dit alors la semi-elfe d'une voix sensuelle et taquine, avant de s'installer à genoux devant le lapin, accompagnée de la prophétesse, qui en fit autant.

Et autant dire que quand des mains taquines commencèrent à s'attaquer à une certaine partie de l'anatomie de Bell, il ne put empêcher son cœur de se mettre à jouer du Death Metal. Très rapidement, il se retrouva à découvert devant les deux demoiselles.

E-Eina-san ! Si quelqu'un nous voit…

Tu as peur Bell-kun ? Allons, un aventurier se doit d'être plus courageux que ça.

C'était vous qui me disiez qu'un bon aventurier ne devait pas partir à l'aventure. Fit-il en citant l'adage qu'elle lui avait enseigné, sa métaphore sur le fait d'être prudent, qu'il n'avait jamais vraiment suivi au passage.

Tu n'as jamais écouté ce conseil Bell-kun. Et puis, en tant que conseillère, je dois montrer à Cassandra-san que faire dans ces circonstances.

Ce n'est pas du travail de conseillère ça. Essaya-t-il d'argumenter, mais sans grand succès. Avant de ne plus pouvoir réfléchir, dû au fait qu'Eina avait commencé une démonstration pratique incluant une utilisation particulière de sa langue. En fait, la semi-elfe était en train de se découvrir un petit côté exhibitionniste, le fait de le faire dans une boutique, avec le risque d'être découverte, cela l'excitait étrangement, comme si elle était en train de découvrir de nouveaux traits de sa personnalité. Malgré sa gêne, Cassandra était rassurée, son don lui avait envoyé une vision qu'elle avait interprétée comme lui disant qu'elles ne seraient pas prises sur le fait. Alors, elle se concentra sur la « leçon » que lui dispensait la professeure autoproclamée.

Vous avez bien retenu Cassandra-san ? Alors à votre tour de passer à la pratique.

Timide et hésitante, elle se mit néanmoins au travail et Bell, qui avait à peine eu le temps de souffler, se crispa encore quand il sentit qu'on s'attaquait de nouveau à quelque chose de sensible. Très rapidement, les choses s'amplifièrent et ce furent les deux qui menèrent un assaut conjoint contre sa personne. Malgré tout ce qu'il avait vécu depuis le début de cette drôle d'aventure, il était encore incapable de gérer correctement ce genre d'émotions. Yeux fermés, mains plaquées sur la bouche, il essayait de ne pas faire de bruits. Honnêtement, il n'arrivait même plus à savoir qui lui faisait quoi exactement. Au bout d'un certain moment, elles parvinrent tout de même à leur fin et Bell dut faire un effort monstrueux pour retenir le gémissement qui menaçait de quitter sa gorge pour témoigner de sa… joie soudaine.

Dans la même idée, trop occupé à essayer de reprendre ses forces, il ne sut pas qui s'occupa « d'effacer les preuves » du méfait. Car quand il arriva enfin à retrouver ses esprits et rouvrir les yeux, il vit les deux femmes en train d'échanger un baiser qui n'avait strictement rien de chaste. Après rangement du matériel, il parvint à quitter discrètement la cabine d'essayage pendant que les deux demoiselles taquines se rhabillaient aussi. Perdu, le garçon avait la tête dans les nuages et ne fit pas attention à ce qu'elles achetèrent. Comme depuis le début de la journée, il se contentait de porter les sacs.

Bien, vous deux. Commença Eina. J'ai un autre endroit sympa à vous montrer pour terminer cette journée, c'est par là.


La jeune femme guida le trio dans une série de petites rues plus tranquilles avant de les faire rentrer dans un bâtiment situé un peu à l'écart. Les lieux ressemblaient à une auberge, avec un gros bonhomme barbu affalé derrière son comptoir. Eina posa de l'argent sur le comptoir, le tenancier lui donna une clé et un numéro, sans même prendre la peine de regarder le petit groupe.

L'endroit était effectivement une auberge, mais pas une vraiment ordinaire où on loue à la nuit, plutôt le genre d'endroit qu'on loue en fonction de ses besoins, même dans la journée. Patron pas regardant qui ne pose pas de questions, chambres isolées et correctement insonorisées, grand ménage fait après le passage de chaque client. Un rendez-vous connu des quelques initiés, le genre d'établissement où des amants désireux d'être discrets viennent chercher du bon temps au calme, l'espace de quelques heures. Bon, on trouvait aussi dans le tas des gens venus conclure des affaires discrètes, mais c'était loin d'être le gros de la clientèle.

Eina les mena dans une chambre à l'étage, un peu à l'écart. La pièce était simple, mais propre et bien entretenue, il y avait un grand lit, draps propres inclus, des meubles basiques, une bassine pour le bain, ainsi qu'un grand paravent.

Maintenant, Bell-kun, on va jouer à un jeu, tu mets ça et tu ne l'enlèves pas tant que je ne te le dis pas. L'objet en question était un simple bandeau pour les yeux. Il se demandait vraiment ce qu'Eina lui réservait, mais il lui avait toujours fait confiance, alors il ne voyait pas de raisons de douter d'elle maintenant. Il acquiesça de la tête et noua l'objet après s'être assis sur le lit.

Il n'entendit ensuite que le son des deux femmes prenant des sacs parmi ce qu'elles avaient acheté et s'éloigner derrière le paravent. Il ne les entendit pas dire un mot, ne pouvant se fier qu'à son audition, il entendait seulement le bruit du tissu qui se froisse et quelques gloussements amusés, surtout de la part d'Eina. Puis enfin, des petits pas légers qui revinrent vers lui.

C'est bon Bell-kun, tu as le droit de regarder maintenant.

Il enleva donc son bandeau et le choc fut violent, car il devint de nouveau une tomate bien mûre. Les deux avaient mis des tenues qui n'avaient rien à envier à ce qu'elles avaient en boutiques. Elles portaient des nuisettes transparentes à la découpe idéale pour mettre en avant le physique, de charmants petits dessous qui semblaient conçus pour ne pas avoir besoin d'être enlevés, peu importe les circonstances, y compris les plus coquines et des bas qui se mariaient à l'ensemble. Cassandra portait un ensemble blanc qui donnait faux air d'innocence, mais lui allait à la perfection, tandis qu'Eina avait opté pour le rouge plus provocant.

Bell-kun, il ne faut pas rester comme ça sans rien dire, quand une femme fait l'effort de se faire désirable pour toi, la moindre des choses, c'est de lui faire des compliments. Lui fit Eina en reprenant son attitude de professeure.

P-p-p-pardon ! Mais vous êtes tellement… tellement… C'était tellement de stimulation pour lui qu'il en perdait littéralement ses mots. Mais les deux femmes ne le prirent pas mal et se mirent à rire d'amusement.

Et bien, on va dire qu'on te fait tellement d'effet que tu ne sais plus quoi dire, c'est quand même très flatteur Bell-kun.

Le concerné rougit de plus belle, si tant est que cela soit possible et n'osait plus les regarder en face, car justement, elles lui faisaient trop d'effet.

Bon, reprenons la leçon. Ma chère Cassandra, selon vous, quel problème y a-t-il présentement ? Eina parlait volontairement avec un ton d'enseignante enjouée et c'est en bégayant quelque peu que l'autre femme parvint à répondre.

Il-il-il-il est trop habillé !

Bonne réponse ma chère élève ! Dans ce cas, tu sais ce qu'il nous reste à faire ?

O-o-oui Eina-sensei !

Les deux femmes s'approchèrent de lui, une de chaque côté et avant d'avoir le temps d'étaler un quelconque argument, il sentit leurs mains qui commençaient à lentement le débarrasser de ses vêtements. Doucement, délicatement, avec sensualité, caressant sa peau au passage, elle se permettait même de déposer de doux baisers ici et là, jusqu'à ce que le jeune aventurier se retrouve dans son plus simple appareil. Et bien sûr, sans aucun moyen de cacher sa… joie. La semi-elfe enlaça alors la prophétesse par derrière, se frottant à elle et la taquinant de sa voix sensuelle.

Vois-tu l'effet que nous lui faisons ? Cassandra-san, exprime-toi, de quoi as-tu envie là, maintenant ?

Je veux… je veux… l'exercice n'était pas facile pour elle, naturellement timide, c'était bien pour ça qu'Eina l'encourageait à s'exprimer, à dire ce qu'elle voulait.

Dis-le Cassandra, certains hommes ont besoin qu'on les encourage. N'ais pas honte de tes envies, exprime-les, tout restera entre nous.

Je veux… Je veux que Bell-san me dévore ! Qu'il me prenne toute entière, qu'il me fasse toutes ces choses folles qui hantent mes rêves ! Elle s'exprima, aussi rouge qu'une tomate, mais le jeune homme l'était tout autant.

Tu as entendu Bell-kun ? la conseillère quitta le dos de Cassandra et passa derrière Bell, lui posant des mains douces et caressantes sur les épaules.

Alors au travail ! Elle le poussa en avant, il bascula et entraina la prophétesse dans son élan. Le jeune homme était maintenant installé au-dessus de Cassandra, allongée sur le dos, complètement à sa merci. La semi-elfe se colla ensuite sur le dos du lapin, lui parlant à l'oreille.

Tu as trop tendance à te laisser faire Bell-kun. Il faut savoir prendre l'initiative. Regarde-là Bell-kun, elle est là pour toi, elle s'offre parce qu'elle te désire, prête à faire des efforts pour se surpasser elle-même. Vas-tu laisser sa bonne volonté ne servir à rien ? Toi qui veut être un héros, vas-tu laisser la demoiselle en pleurs alors que tu peux la sauver juste en acceptant son amour et la comblant du tiens ?

Eina avait toujours eu un certain talent pour lui expliquer les choses, bien que ce soit à sa manière. Ses paroles étaient comme du miel à ses oreilles, une tentation terrible. Et le regard à la fois ardent et timide de Cassandra ne l'aidait pas à réfléchir. Finalement, il se rappela du vieil adage de son grand-père « le harem est l'ultime romantisme de l'homme ». Avait-il vraiment le pouvoir d'offrir autant d'amour à autant de femmes ? Étrangement, ce furent les paroles d'Ishtar qui lui revinrent en mémoire, sur l'amour comme un échange, sur le fait de ne pas être enfermé dans une vieille idéologie. Et puis, après tout ce qu'il s'était passé, il ne pouvait plus faire l'innocent, il avait goûté au fruit défendu et l'avait aimé. Alors, si une femme pour qu'il avait tout de même de l'affection sincère voulait le croquer avec lui, pourquoi ne pas le dévorer avec elle ?

C'est l'esprit perdu dans cette réflexion qu'il rompit la distance avec le visage de Cassandra et captura timidement ses lèvres. Un baiser doux et mignon, typique de deux personnes naturellement timides, qui gagna progressivement en intensité à mesure qu'ils se réchauffaient l'un l'autre.

Tu vois quand tu veux Bell-kun… murmura Eina tout en mordillant la nuque de son petit aventurier préféré.

Le reste fut tendresse et volupté. Devant le regard fiévreux et les petits mots doux qu'on lui soufflait à l'oreille, Bell se fit finalement plus entreprenant, laissant ses mains et ses lèvres parcourir le corps de Cassandra, le découvrir, savourer sa douceur, repérer ses petits points sensibles et finalement, s'unir à elle dans une étreinte brûlante et intense.

Cassandra se rendit compte que sa prophétie ne lui avait pas tout dit, ce moment qu'elle avait vu, se révélait tellement meilleur en vrai, tellement savoureux, tant de sensations délicieuses qui la rendaient folle. Ce fut sans hésitation ni aucun regret qu'elle s'abandonna totalement à cette étreinte endiablée et laissa son esprit librement s'envoler très haut alors qu'elle obtenait la plus délicieuse des délivrances.

Eina n'était pas resté qu'à regarder, elle avait dispensé elle aussi moult baisers et caresses, mais il fut évident qu'elle désirait que vienne son tour. Ainsi, pendant que l'humaine prenait le temps de redescendre de son petit nuage, elle prit le visage de Bell entre ses mains et l'embrassa avec fougue, avant de l'attirer vers elle pour lui faire comprendre qu'elle n'attendait pas moins envers elle.

Sauf qu'à un moment de leurs ébats, il fut prit de la même idée saugrenue qu'avec les autres elfes de sa connaissance, il lui mordillage gentiment la pointe d'une oreille. Eina poussa un profond gémissement venu du fond du cœur, puis, les fit basculer pour se retrouver sur le dessus.

Allons, allons, Bell-kun, on dirait que tu as déjà envie de passer aux leçons avancées. La semi-elfe le regardait avec un soupçon de sadisme et de provocation dans le regard. Visiblement, Bell s'était planté, chez Eina, mordiller les oreilles ne semblaient pas la rendre toute molle comme Ryuu ou Lefiya, mais avait plutôt l'air d'être une sorte d'interrupteur pour déclencher un mode frénésie. Était-ce dut à sa nature de semi-elfe ou n'était-ce qu'un trait de caractère ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir, car son amante se fit beaucoup plus agressive.

Il n'eut pas vraiment le temps de respirer les deux heures suivantes, car Eina fut dominante, gourmande, demandeuse et lui imposa un sacré rythme. Cassandra ne resta pas sur la touche, et dut mettre en application les « leçons avancées d'Eina-sensei », ce qui furent deux heures d'ébats d'une grande intensité, dont les trois ressortirent épuisés, chancelants, mais ivres de plaisir.


Après une demi-heure de plus à essayer de reprendre des forces pour pouvoir tenir debout, ils se trainèrent jusqu'à la grande bassine pour se laver des différentes traces de leurs dernières activités et se rafraichir les idées, avant de pouvoir finalement se rhabiller et remballer leurs affaires. Quand ils quittèrent les lieux, Eina disposa quelques pièces de plus sur le comptoir pour le dépassement horaire au tenancier qui ne regarda même pas le trio. Dès qu'ils furent assez loin, ce fut finalement Eina qui brisa le silence.

Bon… heu… c'était une journée intense… géniale… mais intense. Par contre, je compte sur vous deux pour rester discrets et rappelez-vous qu'à la Guilde, on reste professionnels.

« Oui ! » firent les deux aventuriers à l'unisson. Eina avait franchi une certaine limite et elle l'assumait, mais elle ne voulait pas que cela leur nuise, alors ce genre de petite parenthèse devait rester discrète.

Les trois se séparèrent alors. Bell rentra dans la demeure de sa familia, un peu épuisé, mais les idées un peu plus claires après les réflexions d'Eina. Cette dernière était aussi fatiguée que satisfaite, elle avait assumé une bonne fois pour toutes et ce serait un regret en moins dans sa vie. Par contre Cassandra se sentait dans une forme olympique, malgré tout ça, elle était débordante d'énergie, elle était même prête à attraper Daphne pour l'emmener au Donjon avec elle.


Ailleurs, seule dans sa grande pièce au sommet de Babel, une certaine déesse à la chevelure d'argent avait passé une bonne partie de la journée vautrée dans son immense fauteuil à regarder son miroir divin. Le garçon avait remis ça et il se montrait un peu plus aventureux.

Continuez autant que vous voulez mesdemoiselles, sortez tous les artifices que vous voulez. Au final, je sais que ma simple vision et mon corps suffiront pour qu'il soit fou de moi.

Elle n'avait pas décroché les yeux du miroir divin de toute la durée de leurs ébats, une main caressant l'image qui lui apparaissait et l'autre… faisant des choses plus personnelles.

Bell… bientôt ma belle âme… bientôt et je te promets que ce sera le plus grand délice de ta vie…

En résumé, pendant que Bell découvrait quelques nouveaux jeux, Freya était en plein dans l'exploration de ses nouveaux fantasmes voyeuristes.

A suivre…