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Christina arriva devant la porte de l'appartement de Tris et frappa. Elle venait prendre des nouvelles de son amie et fut surprise lorsque personne ne lui ouvrit. Elle savait que Tris l'aurait prévenue si elle avait été en retard alors elle tourna la poignée et constata que la porte s'ouvrit. Elle appela après son amie mais n'eut aucune réponse. Elle continua alors d'avancer dans l'appartement et s'approcha du couloir menant aux chambres quand elle entendit quelqu'un sangloter. L'inquiétude s'empara d'elle puis elle se dirigea vers ce bruit et trouva Tris par terre, dans la chambre de Quatre, seule. Elle se mit à genoux à la hauteur de son amie :
- Mais enfin Tris, que se passe-t-il ? Tu as mal, c'est le bébé ?
- Non, soupira-t-elle. C'est Tobias, continua-t-elle, en pleurant.
- Et bien où est-il ?
- Il est parti !
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Il a découvert qu'Evelyn est vivante et que je le lui ai caché. Il m'en veut Chris, il m'a dit qu'il n'avait plus confiance en moi. Je crois que je l'ai définitivement perdu.
- Il est en colère, ça se comprend mais il reviendra, ne t'inquiète pas, répondit-elle en la prenant dans ses bras et en la berçant.
- Je ne sais pas où il est parti, j'ai peur pour lui.
- On va le retrouver. Allez, ne reste pas par terre. Viens, je vais te faire du thé.
Christina aida Tris à se relever et la dirigea dans la cuisine. Elle l'assit sur une chaise tandis qu'elle lui prépara le thé. Dans la foulée, elle appela Zeke et lui expliqua la situation. Le jeune homme lui dit qu'il partait à sa recherche et qu'il la tiendrait au courant dès qu'il le retrouverait. Le jeune homme ne perdit pas un instant, il expliqua rapidement la situation à sa femme qui lui proposa de chercher du côté de l'ancien secteur des Altruistes puisque c'était véritablement le seul endroit dont il se rappelait. Zeke acquiesça et partit immédiatement. Il lui fallut un bon moment avant de mettre enfin la main sur lui. Il l'aperçut au coin d'une des maisons où il semblait observer dans la direction opposée. Il s'approcha discrètement de son ami.
- Tu n'es pas facile à trouver, dit Zeke en faisant sursauter Tobias.
- Mais c'est pas vrai ! Tu pourrais prévenir avant d'arriver ! Ne recommence jamais ça.
- Ok, ok ! Je vois que ton mode "Quatre" est activé. Tu m'expliques ce que tu fais là, tout seul ?
- Rien, je me baladais.
- Quatre, pas à moi, ok ?
- Excuse-moi, dit-il, penaud. Je marchais et inconsciemment je me suis retrouvé ici. Je pensais que j'y verrais Marcus car c'est mon ancienne maison là-bas, ajouta-t-il en la pointant du doigt.
- Mais pas de Marcus...
- Non, elle est habitée par ma mère.
- Ah.
- Toi aussi tu étais au courant ? le questionna-t-il, sur la défensive.
- En effet.
- Je suis fatigué que tout le monde me cache des informations primordiales de ma vie ! Même la personne en qui j'avais le plus confiance m'a trahi.
- Tu parles de Tris ?
- La liste de mes amis proches est restreinte donc oui.
- Et donc, tu es en colère.
- Je n'ai pas le droit ? dit-il sèchement.
- Si, tu as le droit mais avant de te défouler sur moi comme je suppose que tu as dû le faire avec Tris, je veux que tu répondes à une question.
- Vas-y.
- Est-ce qu'à un seul moment, tu t'es seulement demandé que si elle t'avait caché cette information, c'était pour te préserver de ce genre de réaction ? Tu crois vraiment que c'est de cette façon dont elle voulait que tu l'apprennes ? Je comprends que c'est difficile pour toi mais tu n'es pas seul à vivre ce qu'il t'est arrivé. Tris a été là depuis le premier jour alors le moins que tu puisses faire serait peut-être de lui accorder le bénéfice du doute, tu ne crois pas ? Et honnêtement, ne crois-tu pas que tu aurais agi de la même façon si les rôles avaient été inversés ?
Tobias regarda son ami sans pouvoir répliquer. La réponse était pourtant évidente puisqu'il aurait fait exactement la même chose. Sa colère était en réalité de la frustration et il comprit à cet instant qu'il s'était complètement défoulé sur Tris. Zeke lui avait ouvert les yeux sur cette réalité mais il était blessé du comportement de la jeune femme et il lui faudrait du temps pour l'accepter.
- Tu as peut-être raison.
- Peut-être ? répondit-il en fronçant les sourcils.
- Mais je ne peux pas rentrer chez Tris, j'ai besoin de temps pour faire le point.
- Ça, je peux le comprendre. Ecoute, voilà ce que je te propose : tu viens à la maison, on t'héberge le temps que tu y vois plus clair mais en contrepartie, j'appelle Tris pour lui dire où tu es parce que là, maman ours est à deux doigts d'exploser !
- Ok.
Zeke s'empressa de passer l'appel à Tris et lui expliqua que Quatre allait rester chez lui un petit moment. La jeune femme n'insista pas, étant déjà heureuse qu'il l'ait retrouvé et qu'il ne le laisse pas seul. Une fois cela fait, Zeke ramena son ami chez lui. Lorsqu'il entra, Shauna accueillit Tobias en le serrant dans ses bras, ce qui le mettait toujours mal à l'aise, sa nature d'Altruiste lui collant à la peau. Zeke lui montra sa chambre et il lui demanda de tenir compagnie à Shauna le temps qu'il prenne une douche. Le jeune homme se retrouva donc dans le salon avec son amie mais cela se voyait qu'il n'était pas à l'aise. De ce qu'il s'en rappelait, Tobias n'avait jamais eu de véritable ami, de peur que Marcus ne l'apprenne et ne lui reproche d'être égoïste alors depuis tout petit, il avait appris à se débrouiller toujours seul et de faire avec. Son amie remarqua aussitôt son mal être :
- Tu sais, tu n'es pas obligé de rester avec moi ici, même si je sais pertinemment que c'est Zeke qui te l'a demandé.
- Cela ne me dérange pas de te tenir compagnie.
- Quand Zeke me regarde, il ne voit que mon handicap et il me considère comme une petite chose fragile.
- Je connais ce sentiment.
- Je sais qu'il m'aime et qu'il veut bien faire mais j'aimerais parfois pouvoir faire les choses moi-même. C'est dans sa nature, on ne peut rien y faire. Quatre, j'aimerais pouvoir t'aider comme tu l'as fait lorsque j'ai eu besoin de conseil pour les combats lors de notre initiation.
- J'ai fait ça pour toi ?
- Je ne t'ai pas vraiment laissé le choix il faut dire ! Je sais que c'est difficile pour toi mais tu dois nous laisser t'aider.
- Ça va aller, merci.
- C'est ce que tu crois parce que tu as été formaté de la sorte. Pour toi, être Audacieux ce n'était pas seulement foncer dans le tas, il fallait faire les choses intelligemment et protéger les plus faibles.
- C'est en effet l'idée que j'ai de cette faction…
- Qui a été la tienne ces deux dernières années et dont tu as été un leader. Tu ne dois pas douter de ce que tu es capable de faire.
- J'ai déjà entendu ça quelque part, répondit-il avec un sourire discret.
- Tris, j'imagine.
- Ouais.
- Ah ça change une vie ! dit Zeke en les rejoignant. Ça fait du bien une bonne douche. Tu peux y aller si tu veux.
- Merci Zeke.
- Je vais te donner une serviette, commença Shauna.
- Oh non, ne bouge pas, je m'en occupe ! ajouta Zeke mais il sentit la main de Tobias le retenant.
- Tu ne veux pas la laisser faire ?
- Merci Quatre, dit-elle en lui prenant amicalement la main.
Tobias se laissa faire car il allait bien devoir se faire à cette proximité des Audacieux quand soudain il revit des images de lui, apprenant comment se battre à son amie. Il perdit l'équilibre et se rattrapa sur le canapé où il s'assit. Ses amis, inquiets, l'appelèrent :
- Quatre, ça va ? demanda Shauna.
- Oui, je… je me suis rappelé que je t'ai aidé pendant l'initiation.
- C'est génial ça ! hurla presque Zeke.
- Wow, baisse le son s'il te plait, réagit Tobias. Je me suis peut-être souvenu mais j'ai un sacré mal de tête.
- Viens, je vais te donner de quoi prendre ta douche et pendant ce temps, Zeke va t'apporter de l'aspirine.
- Merci.
- N'empêche que c'est une super nouvelle ! ajouta Zeke.
Une semaine entière s'était passée depuis la rencontre avec Evelyn et la dispute entre Tris et Tobias. Ces derniers faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour s'éviter et lorsque leurs amis leur parlaient d'une éventuelle rencontre, chacun éludait le sujet. Mais cela était mal connaître Christina, Shauna et Zeke ! Après concertation, ils élaborèrent un plan pour remédier au problème sachant pertinemment que les choses ne se résoudraient pas d'elles-mêmes puisqu'aucun des deux ne ferait le premier pas !
Un beau matin, Shauna voulut faire un gâteau quand elle s'aperçut qu'elle n'avait plus de sucre. Elle reçut en même temps un sms de Christina lui donnant le feu vert pour mettre à bien leur plan. Elle demanda donc à Tobias d'aller à l'épicerie du coin pour le lui en rapporter, ce qu'il accepta bien évidemment, content de pouvoir aider son amie. Il s'y rendit immédiatement et se retrouva devant l'épicerie où il entra. Il se dirigea vers le rayon concerné puis il s'arrêta en voyant qui se trouvait devant lui. Tris était en train d'essayer d'attraper un paquet de sucre mais ses petites jambes ne l'aidaient pas vraiment. Il avait le cœur qui battait vite et se demanda s'il devait repartir aussi sec mais il la vit perdre l'équilibre et il se précipita pour la rattraper avant qu'elle ne s'écroule par terre.
- Oh, merci c'est gen… commença-t-elle, se rendant subitement compte qu'il s'agissait de Tobias. Oh… Tobias, continua-t-elle, gênée. Merci pour ton aide.
- C'est normal. Tu as besoin de sucre toi aussi ? Ajouta-t-il, tentant de rendre la conversation banale.
- Oui, Christina voulait faire un gâteau…
- Mais elle n'en avait plus ?
- Oui, comment le sais-tu ?
- Parce qu'étrangement, Shauna a décidé d'en faire autant et par le plus grand des hasards, elle n'en avait plus non plus, dit-il, ironiquement.
- Je vois… Nos amis nous ont piégés ?
- Je le crois bien.
- Alors, comment te portes-tu ?
- Bien. De plus en plus fort chaque jour. Pour le moment j'ai quelques bribes de mon initiation qui reviennent.
- C'est fabuleux Tobias, euh Quatre, excuse-moi, la force de l'habitude.
- Ne m'appelle pas comme ça, dit-il tendrement. Ça ne sonne pas bien venant de toi tout compte fait.
- Très bien. Tu continues de faire des séances d'étirements avec Zeke ?
- A vrai dire, j'ai demandé à Zeke de m'entrainer comme un Audacieux.
- Tu n'es vraiment pas raisonnable !
- Ce n'est pas nouveau ! Enfin bref, il s'avère que je n'ai pas perdu mes compétences en termes de combat rapproché.
- Dis-moi que vous y allez doucement quand même ?
- Oh ne t'inquiète pas, Zeke a bien trop peur de toi pour me surmener pendant les entrainements. Il continue de t'appeller maman Ours, poursuivit-t-il en riant. Je ne te voyais pas si menaçante.
- C'est mon côté Audacieuse je suppose.
- On va dire ça. Comment se passe ta grossesse ? As-tu des nouvelles du père ?
Tobias vit Tris, qui rayonnait jusque-là, perdre aussitôt son sourire et baisser la tête, tentant visiblement de retenir quelques larmes. Le jeune homme se sentit subitement mal d'avoir plombé l'ambiance mais surtout d'avoir rendu malheureuse Tris.
- Excuse-moi, c'est personnel, je n'aurais pas dû te le demander.
- Ce n'est pas grave, répondit-elle en relevant la tête, les larmes plein les yeux mais le sourire tout de même.
- Cela m'a fait plaisir de te revoir, rétorqua-t-il, gêné.
- Moi aussi Tobias.
Chacun sourit timidement à l'autre, ne voulant pas se séparer. Une femme voulant passer dans le rayon, les interrompit. Tobias s'apprêtait alors à repartir.
- Tobias ?
- Oui.
- As-tu quelque chose de prévu dans l'heure qui vient ?
- Non, pourquoi ?
- J'aimerais t'emmener quelque part.
- Oh… euh…
- Je te demande de me faire confiance sur ce coup, s'il te plait.
Tobias resta figé un instant, ne sachant pas quoi répondre mais au fond de lui, il connaissait déjà la réponse.
- Je te suis.
Tris lui prit la main et le guida dans la ville, ne voulant pas lui indiquer où ils se rendaient. Rapidement, ils se retrouvèrent dans le secteur de la ville où la faction des Audacieux se situait et se rendirent au cœur de l'endroit maintenant abandonné. Il y avait encore quelques nostalgiques qui se baladaient dans l'enceinte. Elle le guida dans la salle de formation et ils se retrouvèrent devant les cibles. Elle lui dit de l'attendre et elle partit quelques instants puis revint avec une douzaine de couteaux.
- C'est toi qui m'a appris à les lancer alors il est temps de te rendre la pareille.
- Oh, je ne sais pas si je suis doué avec ce genre d'arme Tris.
- Tu sais quoi, je vais faire comme tu avais fait. Je vais simplement lancer les couteaux, tu vas m'observer et ensuite, tu essaieras. Tu ne crains rien. Ça te va ?
- Ok.
La jeune femme se positionna devant la cible, prit un couteau puis le lança où il atterrit presque au centre.
- Je suis un peu rouillée ! J'en envoie encore un et c'est à toi.
Tris recommença le mouvement et le couteau se colla quasiment au premier qu'elle avait envoyé. Elle proposa ensuite à Tobias d'en faire autant. Elle lui donna un couteau, le positionna et lui dit de l'envoyer. Le jeune homme repensa à la gestuelle de Tris quelques instants auparavant et envoya le couteau d'un coup sec et précis. Ce dernier atteignit précisément le centre de la cible, le surprenant.
- Tu vois ! C'est inné chez toi ! Tu veux recommencer ?
Timidement, Tobias accepta, ne voulant pas vraiment avouer que cela lui plaisait. Quand il envoyait les couteaux, il se sentait contrôler son corps, ses mouvements et presque ses pensées. Elle le laissa envoyer les couteaux qui restaient puis il les récupéra et elle les remit à leur place. Ensuite, ils parcoururent la salle et se retrouvèrent devant les sacs où il se demanda s'il y avait passé beaucoup de temps, ce que comprit immédiatement Tris. Cette dernière s'approcha de lui et prit les mains de Tobias dans les siennes, frôlant de ses pouces les articulations meurtries du jeune homme.
- A voir les cicatrices sur les jointures de tes doigts, je pense que tu as passé beaucoup de temps dans cette pièce lors de ton initiation.
- Je n'avais pas beaucoup d'amis alors oui, je le pense aussi. A vrai dire, Zeke et Shauna étaient mes seuls amis et encore, je ne me suis pas attachés à eux immédiatement, tu dois t'en douter.
- Tu t'en rappelles ? demanda-t-elle en lui lâchant les mains à regret.
- Petit à petit, le puzzle se met en place.
- D'autres souvenirs ? continua-t-elle, tentant de savoir s'il se rappelait quelque chose entre eux.
- Non.
- Il y a déjà du progrès.
- Ça ne va pas assez vite à mon goût.
- Tu dois être patient.
- Ouais… on y va ?
Tris accepta et le guida vers la sortie. Elle se demanda si elle devait l'emmener au gouffre mais il semblait encore fragile émotionnellement. Ne voulant pas l'assaillir d'émotions, elle y renonça, pensant que leur prochaine visite se ferait là-bas. Ils retournèrent dans leur quartier quand Tobias s'arrêta devant un café.
- Veux-tu boire un thé ou autre chose ? A vrai dire, je n'ai pas très envie de rentrer maintenant, demanda-t-il.
-Bien sûr, je te suis.
Tris sourit, heureuse qu'il ne veuille pas se séparer d'elle tout de suite. Il avait l'air de bien se sentir avec elle et cela lui donnait du baume au cœur. Ils se retrouvèrent donc à une table, contre la baie vitrée, attendant leur commande.
- Ton travail se passe bien ? demanda-t-il.
- Oui, je continue mon travail d'agent de liaison. J'essaie de tout mettre en ordre avant mon congé maternité. Et toi, tu as défini quelle carrière tu allais embrasser ?
- J'accompagne souvent Zeke au poste de police.
- Oh, ajouta-t-elle, de la déception dans son expression.
- Qu'y a-t-il ?
- Ce va être un métier dangereux.
- En fait, j'y ai rencontré Johanna qui est désormais une des membres actifs du gouvernement à Chicago.
- Oui, je la connais bien.
- Elle m'a proposé de travailler dans son équipe lorsque je me sentirai d'attaque.
- La politique… C'est intéressant. Il est vrai que tu es quelqu'un d'intelligent.
- C'est ce qu'elle dit aussi même si j'ai été étonné qu'elle dise cela de moi.
- Tobias, tu as été dirigeant d'une faction, même si c'était pendant une courte période mais tu nous as démontré que tu avais un don pour rassembler les troupes et prendre des décisions importantes donc ça ne m'étonne pas vraiment.
Tobias rougit à ces compliments. Zeke avait répondu à peu près la même chose, ce qui l'avait mis tout autant mal à l'aise. Il sourit bêtement à Tris quand il la vit redevenir subitement sérieuse.
- Tobias. Même si tu n'as pas envie d'entendre ça, je dois te présenter des excuses pour ce qu'il s'est passé avec Evelyn.
- Non Tris, je ne peux pas accepter tes excuses.
La jeune femme blanchit soudainement, craignant la réaction de Tobias. Jusque-là, les moments passés avec lui depuis ces dernières heures avaient été une joie mais cela risquait de virer au cauchemar. Elle s'attendit au pire quand elle le vit poser sa main sur la sienne.
- C'est à moi de m'excuser. Je n'aurais jamais dû me défouler sur toi de la sorte.
- Ce n'est…
- Laisse-moi finir s'il te plait. J'ai profondément été déçu que tu m'ais menti et puis j'ai réalisé que c'était en fait pour mon bien que tu avais fait ça. A vrai dire, j'aurais probablement fait la même chose si les rôles avaient été inversés donc je ne t'en veux pas. J'ai mis un moment à l'accepter. Tu me pardonnes ?
- Je n'ai rien à te pardonner enfin ! Pour tout t'avouer, j'y ai beaucoup réfléchi et moi aussi je me suis mise à ta place. Ta réaction était légitime. Ce sont tes mots qui ont été blessants mais encore une fois, je comprends pourquoi tu étais bouleversé.
- Tu as bon cœur Tris.
- Tout comme toi. As-tu revu Evelyn ?
- Non, à vrai dire, je ne sais pas comment gérer cela.
- Tu sais, elle a été là tout au long de ton coma. Souvent, elle venait et restait avec toi pendant des heures.
- Tu la défends malgré ce que j'ai subi après qu'elle m'ait abandonné à Marcus ? dit-il sur la défensive.
- D'abord, je veux que tu te calmes, dit-elle en caressant le dessus de la main de Tobias avec son pouce. Ensuite, je te dis simplement ce qu'il s'est passé. A toi de décider ce que tu vas faire de ces informations.
- Excuse-moi, répondit-il, détendu. Je t'écoute.
- Elle m'a raconté qu'elle avait accepté d'abandonner la gérance de la ville de Chicago pour te suivre et retisser des liens avec toi, même si elle savait que ce serait long et laborieux. Tu sais, je ne m'entendais pas du tout avec elle au début et puis j'ai appris à la connaître.
- Pourquoi m'a-t-elle abandonné ?
- Ce n'est pas à moi que tu dois poser cette question Tobias.
- Merci de m'avoir dit cela.
- Je ferai tout pour t'aider, au cas où tu ne l'aurais pas encore compris.
Ils se sourirent, les mains toujours posées l'une sur l'autre mais ce silence n'était pas gênant contrairement aux fois précédentes. Celui-ci était confortable, chacun se contentant d'observer l'autre. Tris était heureuse, ce sentiment ne lui était pas arrivé depuis un bon moment. Elle se perdait dans ses yeux bleus profonds quand une silhouette, au coin de la rue, attira son attention. Elle bloqua alors dessus, persuadée qu'elle l'avait déjà vu quelque part. Malheureusement, il portait un chapeau et des lunettes mais elle se sentait observée et voulut en avoir le cœur net.
Tobias se sentait bien en présence de Tris. Elle semblait parvenir à l'apaiser en toute circonstance et il profita de cet instant de plénitude pour se fondre dans son regard quand il s'aperçut qu'elle avait le regard qui avait changé et qu'elle était subitement tendue. Elle ne le regardait plus et avant qu'il ne se retourne pour voir ce qu'elle fixait, elle lui dit de l'attendre et sortit du café en courant. Il ne comprit pas immédiatement ce qu'il venait de se passer et se retourna vers l'extérieur où il la vit se précipiter au coin de la rue et disparaître. Tobias ne perdit pas un instant et se dirigea en courant vers la même direction.
Tris suivit la silhouette qui se mit à courir immédiatement après qu'elle se soit dirigée vers elle. Elle ne parvenait toujours pas à la voir mais il ressemblait à un homme d'un certain âge. Tris continua à le suivre quand il tourna dans une petite ruelle déserte. Lorsqu'elle s'y rendit, elle ne le vit plus. Elle avança alors prudemment, sentant qu'elle devait être sur ses gardes quand soudain, elle reçut un uppercut sur sa tempe gauche, la faisant tomber à terre, lui troublant la vue. Il la toisa de toute sa hauteur et lui donna un violent coup de pied dans le ventre, lui coupant ainsi la respiration. La douleur envahit son ventre et l'angoisse la prit, persuadée qu'il allait s'acharner sur son bébé. Elle le vit s'apprêter à recommencer quand elle entendit Tobias l'appeler à l'autre bout de la rue. L'agresseur fuit aussitôt et le jeune homme se retrouva à ses côtés. Elle le vit hésiter une fraction de seconde entre le poursuivre ou rester auprès d'elle puis elle l'aperçut se mettre accroupi devant elle, de l'inquiétude dans son regard :
- Hey, Tris, où as-tu mal ?
- Tobias, mon ventre. Le bébé ! dit-elle, paniquée.
Le jeune homme ne perdit pas un instant et la prit dans ses bras puis elle posa sa tête contre le torse de son homme. L'odeur masculine de ce dernier la rassura et elle perdit aussitôt connaissance.
