Alors, je sais, j'avais dit que je reprenais avec plus de sérieux. MDR. En vrai, j'avais repris dardar et j'avançais rapidement. Seulement, du jour au lendemain, j'ai été acceptée pour un emploi et je me suis retrouvée avec une tonne de boulot sur les bras et plus du tout de temps libre. Heureusement les brevets blancs sont arrivés et, après avoir corrigé des copies, j'ai continué en scred ma fic pendant que mes élèves travaillaient héhé (j'espère qu'aucun d'eux ne lit ça...).
Bref, petit chapitre pour moins vous faire patienter (le prochain est déjà en cours d'écriture) et surtout pour boucler cet arc. Bref, trêve de bavardage, enjoy !
Chapitre 11
Jack atterrit doucement sur la pelouse verte, sans un bruit.
A quelques pas de là, Bunny l'aperçut et se dirigea vers lui. Mais il s'arrêta au bout de deux pas en voyant l'expression de Jack : le jeune esprit le regardait avec intensité mais semblait choqué, perdu.
« Ca va, Jack ? » s'inquiéta le lapin, n'osant s'approcher.
Le gardien ouvrit la bouche comme pour répondre, mais aucun son ne passa la barrière de ses lèvres. Bunny sentit une boule se former au creux de son ventre et celle-ci ne fit que croître lorsque Jack, d'une voix éteinte, finit par parler.
« Je reviens du pôle nord. »
Il n'en fallut pas davantage à Bunny pour comprendre. Ses oreilles, dans un réflexe animal, s'abaissèrent derrière sa tête et ses pieds se posèrent à plat sur le sol : il ressentait soudain une grande fatigue s'abattre sur ses épaules.
« Alors Nord t'a parlé, » devina-t-il. Jack hocha simplement la tête, les yeux brillants et désolés. « Jack, je… Je sais que tu n'es pas sûr de tes sentiments envers moi. Et… bordel… Ca fait mal, je vais pas te mentir, mais si tu décides de partir, je ne te retiendrai pas. Je savais, dès le début, que… que ma déclaration était risquée ? Comment dire ? J'ai bien vu que tu ne ressentais pas les mêmes choses que moi. Mais si j'ai finalement craqué et que je t'ai avoué, à demi-mots certes, mon amour, c'est parce que j'avais de l'espoir. Il existe plusieurs formes d'amour. Le mien… » Bunny soupira, baissa les yeux. S'il n'avait jamais parlé qu'en sous-entendus, il devait à présent être complètement honnête. « Mon amour pour toi est ardent, parfois j'ai l'impression qu'il me consume. Il a mis du temps à venir, mais il a été très rapide à prendre possession de mon cœur. Si rapide que, parfois, je me demande s'il n'a pas toujours été là et que, par peur, je l'ai rejeté pendant des siècles, te rejetant toi aussi. Mais le fait est que, lorsque j'ai ouvert la porte à cet amour, ça a été… puissant. Il m'a dévoré de l'intérieur. Et je le sais, Jack, je le sais pertinemment : tu ne ressens pas cet amour. Mais je garde espoir, c'est dans ma nature. J'ai l'espoir que tu puisses ressentir quelque chose pour moi. Un désir qui se transforme doucement en amour. Pas un sentiment puissant comme le mien, mais un amour calme et paisible qui t'apporte du bonheur, du réconfort. »
Bunny fut contraint de faire une pause pour ravaler la boule qui menaçait de bloquer sa voix dans sa gorge. Jack le regardait fixement, les yeux plus brillants que jamais. Mais il ne disait toujours rien. Alors Bunny continua.
« Mais je sais que les sentiments ne sont pas aisés. Je sais que je t'ai fait beaucoup de mal, je sais que tu es quelqu'un de libre. Je sais… » Sa voix s'étrangla, ses yeux lui piquaient. Il reprit son souffle. « Jack, si tu choisis de partir, je le comprendrais, je ne t'en voudrais jamais. On restera amis. Et je… »
Bunny pleurait. Il ferma les yeux dans une vaine tentative de retenir les larmes. Mais c'était trop, même pour le gardien de l'espoir. Il s'était enfermé dans son silence pendant trop longtemps et avait été trop heureux de pouvoir goûter au bonheur dans les bras de Jack – et maintenant quoi ? On le lui enlevait déjà ?
Le lapin essaya de reprendre contenance pour ne pas accabler le jeune homme qui devait déjà avoir tant à penser et à prendre en compte – Bunny ne voulait pas qu'il se sente coupable.
Mais alors qu'il luttait contre ses propres sentiments, Bunny sentit des doigts délicats effleurer sa joue, doucement. Surpris, il ouvrit les yeux et tomba nez à nez avec Jack – il ne l'avait pas entendu se déplacer. Les sourcils étaient froncés, les yeux songeurs : Jack ne savait toujours pas bien ce qu'il faisait. Mais il y eut un sourire, tout petit, léger comme frémissement des lèvres.
« Transforme-toi. »
Bunny obéit dans l'instant et déclencha sa transformation. Avant même que son museau ne se soit complètement aplati en nez, Jack plongea sur ses lèvres et l'embrassa. Il lui offrit un baiser profond et plein d'espoir. Bunny sentit une douce chaleur envahir ses entrailles et il ne put s'empêcher d'attirer Jack plus encore contre lui.
Le baiser dura de longues secondes pourtant trop courtes. Ils finirent par se séparer mais gardèrent leurs fronts l'un contre l'autre. Ils restèrent un petit moment ainsi. Puis Jack prit la parole.
« Je sais pas ce que je ressens pour toi Bunny. Mais ce qui est certain, c'est que j'ai envie d'être avec toi. Alors si tu veux bien de moi, même si je suis incertain et complètement perdu, je serais très heureux de rester à tes côtés. »
« Je voudrais toujours de toi, glaçon. »
Un petit rire accueillit la réponse et ils replongèrent sur la bouche l'un de l'autre. Mais cette fois ils ne mirent pas fin au baiser et Bunny entreprit de soulever le jeune esprit dans ses bras pour le mener dans sa cabane afin qu'ils puissent passer une soirée des plus agréables.
Ce matin-là, lorsque Jack se réveilla, il était plus léger qu'à l'ordinaire. Pour un esprit, cela pouvait paraître habituel. Mais pour Jack, cela relevait de l'exploit – il était habitué à avoir le cœur lourd et l'âme pesante. Pourtant, ce jour-là, au creux des bras de Bunnymund, il se sentait serein et apaisé. Oh, évidemment, il avait toujours des doutes et était incapable de poser des mots sur les sentiments envers l'autre gardien. Mais cela lui importait peu. Il savait qu'il ressentait quelque chose, que c'était réciproque, et il était heureux – cela lui suffisait amplement.
Le cœur et le corps léger, une heure plus tard, il s'envola, bien déterminé à créer le Noël Blanc le plus joli du siècle, voire du millénaire !
