Chapitre 11 : Mâter l'insolent.

Harlock se retrouvait à nouveau face à sa geôlière qui le toisait du regard, un sourire méprisant aux lèvres, certaine de la docilité que lui offraient les nanos. Le capitaine ne bougeait pas, la reine ne lui ayant donné l'ordre de s'approcher. Sylvidra observait sa proie, le regard du capitaine parlait pour lui et cela la mettait en colère. Certes, elle ne voulait pas d'un mouton docile mais d'un meneur d'hommes qui permettrait à Isabelle d'accéder au pouvoir mais elle ne pouvait s'empêcher de vouloir le briser, voire même de le détruire. Elle n'aspirait qu'à une seule chose la vengeance. Harlock ne l'aimait pas et elle l'acceptait mais elle refusait de subir son insolence ainsi que sa brutalité. La manière dont il l'avait repoussé la dernière fois l'avait mise hors d'elle. Il ne se donnerait jamais à elle volontairement, elle allait devoir l'éduquer en ce sens. Après tout, pour lui, il ne serait que profitable qu'elle mette au monde la nouvelle reine, il serait libéré plus tôt de son rôle de reproducteur.

Face au regard haineux d'Harlock la colère l'emporta sur la raison. Elle se doutait de ce que voulait le capitaine. Il souhaitait qu'elle perde patience et qu'elle le tue mais la reine allait lui faire comprendre que cela n'arriverait jamais. Elle allait le dresser, le faire obéir comme le vulgaire animal évolué qu'il était. Les Mazones avaient faire renaître les hommes, les avaient domestiqué de quel droit espéraient-ils se rebeller et affirmer leur suprématie ? Après tout elle pouvait le blesser moralement, les nanos lors des combats le transformeraient en machine de guerre, sans âme, sans conscience. Il n'était, par conséquent, pas nécessaire qu'Harlock reste lui-même. De plus, un mari docile avantagerait la jeune Isabelle. Harlock allait goûter aux réflexes conditionnés. Il allait trembler malgré lui au moindre claquement de fouet et obéirait au moindre claquement de doigts. Isabelle était bien trop naïve, elle pensait à tort qu'elle pouvait négocier avec Harlock, Sylvidra savait qu'il n'en n'était rien. Le capitaine de l'Arcadia était un homme dur, fier qui préférerait mourir plutôt que de renoncer à son idéal. De plus son cœur appartenait totalement à Eliza Zone. Celle-ci lorsqu'elle apprendrait sa survie ferait tout pour le récupérer. Sylvidra avait étudié les différents enregistrements audio et vidéo de l'assaut d'Eliza Zone contre son père et le duc de Péhant. Elle était obligée de reconnaître que cette femme était effrayante, elle était prête à tout pour cet homme. Elle prendrait tous les risques pour le sauver. Sylvidra n'était pas complètement certaine que la Résistance ne récupérerait qu'un cadavre, Eliza Zone pouvait très bien être capable de trouver le contre poison qui sauverait l'amour de sa vie tout comme la Résistance pouvait disposer d'informaticiens formés par Ryo Kimura capable de contrer leur programmation. Quel délectable plaisir si par malheur Eliza Zone finissait par le récupérer vivant, qu'elle se rende compte une fois qu'il serait entre ses mains, qu'il se retrouvait incapable à jamais d'honorer une femme ou même de se battre. Comment réagirait-elle alors ? Si on lui brisait cet homme qu'elle aime à la folie. La reine durcit le regard en s'approchant du capitaine.

- A ce que je peux constater tu ne comptes guère changer d'attitude, reprocha-t-elle.

- Je n'y peux rien si tu as choisi des nanos qui ne me font pas croire que je suis auprès de celle que j'aime, ricana Harlock. Tu ne peux quand même pas espérer étant donné les circonstances que je me montre amoureux. C'est sûr que si j'avais l'illusion de me trouver face à Ellie les choses seraient très différentes mais cela tu le sais déjà. Je te hais Sylvidra autant que je l'aime de toute mon âme !

La reine excédée, le gifla de toutes ses forces. Harlock encaissa le coup puis riposta la giflant à son tour, chose qui surprit la reine.

- Comment se peut-il que tu puisses me frapper ? S'étonna-t-elle.

- Les nanos m'empêchent d'attenter à ta vie mais elles ne m'interdisent pas une torgnole plus que méritée apparemment, se délecta Harlock. Plaint toi à tes ingénieurs !

- Ne t'inquiètes pas pour cela, je vais faire régler ce problème mais tu vas payer cet affront ! Rugit-elle.

Elle se rendit près de son lit, appuya sur un bouton qui alluma une alarme qui retentit dans la salle des gardes ameutant l'ensemble des unités qui se ruèrent vers les appartements de la reine où ils entrèrent armes au poing, les braquant directement sur le capitaine de l'Arcadia qui ne bougeait pas, les observant d'un air goguenard.

- Je vais faire disparaître ce sourire de tes lèvres, Hans. Je vais t'apprendre la docilité, crois-moi face à la douleur tu finiras par plier.

- Cela m'étonnerait, douta Harlock moqueur.

- C'est là où tu te trompes, je suis maîtresse en la matière, révéla la reine. Tous les hommes qui ont fait preuve de résistance à mon égard ont fini par plier. Tu ne feras pas exception à la règle !

Harlock ne cessait de sourire.

- Passez-lui les menottes magnétiques ! Ordonna-t-elle aux soldates.

Elle s'approcha à nouveau du capitaine qui, incapable de bouger, fut entravé.

- Tu verras, tu finiras par me manger dans la main, affirma-t-elle en ricanant. Il ne restera plus rien de l'homme qu'Eliza Zone aime éperdument !

Elle fit signe aux soldats qui poussèrent Harlock du bout de leur canon. Le capitaine tenta de résister mais son corps ne lui obéissait plus à nouveau, les nanos reprenant le contrôle. Il suivit docilement les soldates qui le menèrent jusque dans une vaste salle où elles le laissèrent après lui avoir retiré ses menottes. Les nanos ne cessèrent guère leur emprise forçant le capitaine à attendre bien sagement sans bouger au milieu de la pièce. Harlock soupira. Il avait réagi par réflexe, sa haine lui faisant oublier toute prudence mais le contact de la reine l'écœurait tant qu'il n'arrivait pas à jouer la comédie. Depuis la mort de son fils, il n'espérait qu'une seule chose pouvoir lui faire rendre gorge de ses propres mains. Sylvidra entra à son tour le toisant du regard, un sourire cruel aux lèvres suivi par une Mazone médecin qui poussait devant elle une desserte médicale.

- Laissez-nous seuls ! Ordonna-t-elle.

- Vous êtes sûre votre altesse ? S'inquiéta la Mazone. Il semblerait que les nanos que j'ai conçues donnent des signes de faiblesse.

- On va vérifier leur fonctionnement, proposa-t-elle.

Elle s'approcha du capitaine, planta son regard dans le sien puis intima d'une voix glaciale :

- Déshabilles toi !

- Non mais tu rêves là ! Rugit Harlock en résistant de toute sa volonté aux nanos qui commandaient au centre moteur.

- C'est un ordre ! Insista-t-elle.

- Je pense qu'il faut vraiment que je vérifie leur programmation, cette résistance est anormale ! S'inquiéta la praticienne.

La reine observait le capitaine, il refusait de plier, usant ses forces mentales à contrecarrer les nanos. Face à son regard haineux elle ricana. Harlock serrait sa mâchoire convulsivement sous la colère. Les nanos commençaient à s'en prendre au centre de la douleur pour le faire céder. Les souffrances allaient en s'intensifiant. Harlock à bout de force plia, ses muscles raidis commencèrent à retirer les armes puis la veste qui chuta brutalement.

- Arrêtes-toi là ! Intima-t-elle. Dehors docteur ! Le reste m'appartient. Je tiens à être la seule à profiter de ses charmes !

La praticienne nullement rassurée sorti, retournant à son laboratoire pour s'assurer grâce à son ordinateur du bon fonctionnement des nanos.

- Je ne sais pas si tu t'en rappelles mais c'est dans cette pièce que tu as été enfermé puis enchaîné lors de ta capture. Se souvint Sylvidra. A l'époque tu avais la grande gueule et cela n'a pas changé. J'ai gagné ce jour-là et dis-toi que cette fois-ci cela va être pareil voire même mieux pour ce qui me concerne et bien pire pour toi. Les nanos te contrôlent. Isabelle voulait que tu conserves ta personnalité intacte seulement j'en ai décidé autrement. Elle se fera une raison. Elle est tombée amoureuse du même homme qu'Eliza Zone mais elle ne pourra l'avoir. Contrairement à la fille d'Aristote, elle saura se faire une raison.

- Tandis que pour toi il ne s'agit pas d'amour mais juste de pouvoir ! Grinça Harlock.

- C'est là où tu te trompes, affirma la reine. Mais que veux-tu, je suis avant tout une femme de pouvoir et même si j'apprécierai que tu restes le même homme que par le passé, je ne supporte plus ton insolence ! Il va falloir que tu apprennes à te taire et que tu accomplisses ta tâche sans rechigner ! Réfléchis deux minutes, plus tu résistes plus cela risque de prendre du temps pour que je tombe enceinte ce qui fera que tu souffriras beaucoup plus longtemps !

- Je ne te supporte pas. Ton contact me révulse et l'idée même de satisfaire tes besoins que ce soit en matière de descendance ou de sexe m'est insupportable ! Ce serait plutôt à toi d'être raisonnable et d'envisager une fécondation in vitro plutôt que de te t'acharner à me grimper dessus comme tu le fais ! A ton âge, ce ne serait pas un luxe d'ailleurs ! Tu as combien de centaines d'années au compteur ?

La reine rouge de colère et de honte le gifla à nouveau mais cette fois ci les nanos bloquèrent la réaction du capitaine qui ne put lui rendre son geste comme il en avait farouchement envie. Harlock éclata de rire malgré la gifle. La reine était donc sensible au sujet de son âge comme toutes les femmes. Sylvidra en colère décida de commencer à lui faire payer ses affronts permanents. Elle se rendit près de la desserte, en sortit une seringue, retourna près du capitaine puis elle la lui enfonça dans la carotide sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Harlock à cause de son manque d'appétit se retrouvait l'estomac vide et le calmant eut très vite raison de ses forces, la digestion ne freinant en aucune façon sa pénétration dans l'organisme. Le capitaine sentit le sommeil l'envahir très rapidement. Il mit un genou à terre, luttant du mieux qu'il le pouvait. Il regarda la reine. Il sentit brutalement que celle-ci allait fait preuve d'une cruauté maximale. Il ricana en se disant qu'elle ne pouvait pas lui faire plus de mal que lorsqu'elle avait tué Mark et comme ses jumeaux ainsi que leur mère se trouvaient loin d'ici, il pensa qu'elle ne pourrait égaler la souffrance qu'elle lui avait déjà infligée. Cependant il avait oublié la souffrance physique ce que Sylvidra n'allait pas se gêner à utiliser pour rendre son mâle un peu plus respectueux. Comme elle ne pouvait le transformer en mouton en utilisant les nanos car elle avait besoin de ses capacités de combat, qu'elle ne pouvait sacrifier le meilleur atout d'Isabelle ainsi que le sien en l'abîmant quelque peu, elle allait le rendre ivre de douleurs jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il ne devait plus se montrer insolent mais apprendre à se taire. Harlock finit par s'endormir. La reine le poussa du pied, le faisant rouler pour qu'il reposât sur le dos. Elle l'enchaîna elle-même après l'avoir entièrement déshabillé puis elle utilisa la commande mural pour que le treuil place le capitaine debout, incapable de se défendre. A côté de ce qu'il l'attendait, les blessures qu'il avait subies lors de l'attaque de l'Arcadia allaient lui faire penser à de douces caresses. Elle attendit patiemment le réveil d'Harlock. Celui-ci advint une vingtaine de minutes plus tard. Il ouvrit l'œil, regarda la reine qui le toisait en silence, les bras croisés, puis il aperçut ses vêtements sur une chaise. Il regarda à nouveau la reine. Celle-ci pu y voir toute la haine et tout le mépris qu'il lui portait. Sylvidra s'approcha d'un pan de mur sur sa gauche qui se trouvait dans l'ombre, s'empara d'un objet puis vint se placer face au capitaine Il regarda l'objet puis raidit ses muscles en réalisant ce qui l'attendait. Ainsi donc, la reine des Mazones, lassée de son insolence avait décidé de faire appel à la violence. Le fouet claqua, dans le silence de la salle, frappa le torse du capitaine avec force alors qu'il s'enroulait autour de lui entamant la peau qui se mit à saigner. Harlock serra les dents pour n'émettre aucun son. Si elle avait décidé de le torturer pendant des heures il ne la supplierait jamais d'arrêter. Il supporterait tout et si cela pouvait le tuer cela n'en serait que mieux. Le fouet s'enfonça un peu plus dans les chairs alors que la reine tirait quelque peu sur le manche en riant cruellement. L'étau se desserra, la reine récupérant son arme. Quelques secondes plus tard, un second claquement retenti frappant à nouveau Harlock au torse puis les coups s'enchaînèrent de plus en plus rapides déchirant la peau de celui qui les subissait, son sang coulant le long de son corps pour tomber goutte à goutte sur le sol. Le capitaine avait bien commencé à les compter mais il avait fini par s'y perdre, la douleur vrillant son cerveau le rendant incapable de penser à autre chose que ce qu'il était en train de subir. La reine tout en frappant regarda son reproducteur, il pâlissait de plus en plus. Les claquements cessèrent. La reine rangea son instrument de torture. Le cœur d'Harlock battait à une vitesse folle. Elle contempla le résultat, la seule zone épargnée était celle qui contenait l'intimité d'Harlock, le fouet étant si destructeur, la reine avait bien pris garde de ne pas y toucher, un seul coup aurait sectionné en deux le dragon du capitaine, le rendant inutilisable. Tout le reste du corps était déchiré, saignant. Hans était forcé de reconnaître que la reine savait de quoi elle parlait lorsqu'elle le menaçait de le torturer. Il le sentait, son agonie allait être longue et encore si elle acceptait de le laisser mourir car elle pourrait bien pouvoir le faire soigner pour pouvoir ensuite recommencer cette barbarie encore et encore jusqu'à ce qu'il plie. Harlock ne savait pas combien de temps il tiendrait, il espérait juste que sa volonté de fer l'empêcherait de devenir un petit animal peureux qui obéirait à sa maîtresse de crainte de se faire battre. Il respira profondément, le sang battant contre ses tempes. La douleur était atroce. Il ne s'attendait pas à une telle cruauté.

- Cette petite leçon t'as suffi j'espère ? Se moqua la reine.

Harlock ne répondit pas la regardant avec la même haine.

- Apparemment non, ricana la reine. Tu as tort de t'obstiner.

Elle se rendit près du mur, appuya sur le bouton du communicateur et ordonna au médecin de venir soigner le capitaine. Elle manœuvra ensuite la commande des chaînes qui se détendirent faisant choir Harlock rudement sur le sol. Le médecin entra dans la salle, se dirigea vers la console qu'elle poussa jusque près du blessé. Elle observa les marques sur le corps puis elle sortit une seringue de la desserte médicale. Elle s'apprêtait à en injecter le contenu dans le biceps droit du capitaine lorsqu'elle fut arrêtée par la reine.

- Que lui injectes-tu ? L'interrogea la reine.

- Un antidouleur votre altesse pour le soulager lorsque je désinfecterai les blessures et que je les refermerai.

- Hors de question ! Décida la reine. Tout se fera à vif ! Il est temps qu'il comprenne qu'il ne doit pas être insolent ou violent.

Le médecin regarda son patient. Les plaies étaient nombreuses, certaines étaient très profondes. Harlock allait souffrir durant toute la durée des soins. La praticienne sortit le désinfectant ainsi que des gazes stériles qu'elle imprégna du produit puis elle commença à désinfecter une des entailles qui traversaient le torse. Harlock serra les dents sous la brûlure du produit mais ne gémit pas. La Mazone prépara ensuite le matériel de suture puis elle commença à recoudre les bords de la plaie. Il y en avait pour des heures à soigner le capitaine en intégralité.

Isabelle par habitude s'était rendue aux appartements de la reine afin de s'assurer que celle-ci suivait le plan établi et s'amusait avec le capitaine. La première fois qu'elle s'était livrée à cette vérification, elle avait eu mal au cœur en entendant les cris de plaisir de la reine et les larmes avaient coulées d'elles-mêmes, Isabelle souffrant en imaginant la reine des Mazones chevauchant le capitaine sans vergogne. Elle était ensuite retournée à sa cabine où elle s'était allongée. Elle passa la nuit les yeux grands ouverts, incapable de trouver le sommeil en pleurant. Elle avait senti la jalousie lui envahir le cœur pourtant elle devait se contenir. Elle avait besoin de l'aide de la reine et si pour cela elle devait accepter que celle-ci couche avec Harlock en échange, elle devait le supporter. Son plan devait réussir et tôt ou tard elle saurait remettre Sylvidra à sa place. Ce soir-là, comme le précédent, elle se rendit aux appartements de la reine. Alors qu'elle s'approchait de la porte elle fut très surprise de n'entendre rien d'autre que le silence ce qui était anormal, la reine était plutôt insatiable en amour et guère discrète, ses cris de plaisir résonnant à travers le couloir qui menait à son logement personnel. Isabelle inquiète colla son oreille contre la porte. Elle n'entendit rien. Elle tourna ensuite la poignée, la porte n'étant pas verrouillée elle put entrer dans l'immense chambre déserte. L'inquiétude la gagna, elle n'était pas très loin de la panique. Sylvidra pouvait très bien avoir changé d'avis et fait exécuter Harlock sans prendre la peine de la prévenir. Angoissée elle quitta précipitamment la zone, se ruant vers la première salle des gardes où elle s'enquit de l'endroit où avait été emmené Harlock. La reine n'ayant pas interdit de le révéler à son invitée, les soldates lui indiquèrent que le capitaine avait été convié à participer à une séance très spéciale. Isabelle se fit indiquer très précisément où son atout avait été emmené puis elle courut jusqu'à l'endroit indiqué. Une fois qu'elle fut face à la porte, elle entra en tremblant. Son sang se glaça d'horreur en voyant dans quel triste état se trouvait Harlock.

- Mais qu'est-ce qu'il vous a pris Sylvidra ? S'indigna-t-elle. Si vous le brisez il ne nous servira plus à rien !

- Ne vous inquiétez pas pour ça ! Qui plus est je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous ! La rabroua la reine. Je veux bien suivre votre plan mais Harlock va devoir faire preuve de respect et je vais m'atteler à le lui faire comprendre ! Allez-vous-en !

- Je vous en prie ne faîtes pas cela ! La supplia Isabelle. Comment pourrait-il combattre mon époux et les Illumidas s'il est complètement traumatisé ?

- Ne vous inquiétez pas pour ça, ricana la reine. Les nanos le transformeront en bête sanguinaire, piochant dans ses pires instincts et ses connaissances guerrières pour le faire combattre ! Par contre une fois qu'il sera bien dressé, il obéira sans discuter. Croyez-moi vous me remercierez lorsqu'il finira dans votre lit.

- Mais je ne veux pas d'un mouton ! Je le veux lui ! S'insurgea Isabelle.

- Cette décision ne vous appartient pas ! Répliqua la reine. Je pense que vous devriez y réfléchir Isabelle et vous rangez à mon avis sans quoi je crains que nous serons obligées de mettre fin à notre collaboration !

Isabelle, choquée, se tu. Elle regarda Harlock. Son œil valide d'une tristesse infinie, sa mâchoire contractée sous la douleur pour ne pas hurler, ses muscles raidis que le médecin tentait de décontracter en même temps qu'elle le soignait. Elle n'avait pas le choix, elle allait devoir s'incliner mais elle se jura d'avoir sa revanche. Les regards d'Harlock et de la jeune Isabelle se croisèrent. La jeune femme baissa les yeux de honte

Isabelle l'opportuniste est de retour, pensa Harlock. Elle va s'incliner afin de pouvoir mettre son plan en place, sacrifiant tout pour parvenir à son objectif final.

Leur regard se croisa à nouveau et la jeune femme pu voir dans l'œil valide d'Harlock tout le mépris du monde. Elle serra les poings de colère puis sortit sans dire un mot. Désormais, il valait mieux que la reine arrive vraiment à obtenir qu'Harlock leur obéisse au doigt et à l'œil sans quoi sa vengeance serait terrible. En revanche, le plaisir qu'elle aurait à le mettre dans son lit plus tard serait gâché si Harlock perdait sa véritable personnalité. A l'extérieur de la salle de torture ses larmes se mirent à couler avec force alors qu'elle s'effondrait contre la cloison. Cet homme qu'elle aimait allait être brisé pour qu'elle réussisse à devenir reine. Si Eliza Zone finissait par l'apprendre, elle viendrait automatiquement le venger et elle savait exactement de quoi elle était capable. La peur la gagna. Eliza Zone les massacrerait pour avoir osé détruire Harlock et elles n'auraient pas la chance d'en réchapper comme Oscar ainsi que son complice Aristote Zone. D'un certains côté si elle tentait quoi que ce soit il suffirait d'envoyer Harlock la tuer, cela pousserait les deux amants à un affrontement mortel et elle n'avait aucune idée duquel des deux en réchapperait ce qui provoqua en elle une nouvelle inquiétude. Isabelle ne voulait pas perdre Harlock, il faudrait donc trouver une autre stratégie, de plus elle ne savait pas exactement ce que Sylvidra tramait. Harlock l'avait prévenu, il ne fallait pas lui faire confiance. La future reine avait commis un impair en accordant sa confiance à la reine des Mazones. Celle-ci même si elle reconnaissait ses sentiments pour Harlock, elle refusait qu'ils guident ses décisions en se montrant ne serait-ce que tendre ou douce vis à vis de son ennemi. Il était urgent de passer à la phase suivante du plan mais Oscar ne semblait guère pressé de la récupérer. Il était trop occupé par son amant ou à tenter de localiser les troupes de son père. Tandis qu'elle retournait à sa cabine, la reine ne quittait pas son médecin des yeux. Elle tenait à être présente tout le temps de la procédure craignant que si elle laissait la praticienne seule avec sa proie celle-ci ne finisse par avoir pitié du capitaine et ne lui injecte un antidouleur. La procédure dura pendant des heures, Harlock ivre de douleur n'était plus très loin de lâcher. Une fois les soins terminés le médecin mis du baume cicatrisant qui ferait disparaître toutes les cicatrices en quelques jours puis elle installa une perfusion. Les deux Mazones laissèrent ensuite Harlock seul, nu, allongé sur le sol glacé prendre un peu de repos. Le capitaine sentait son cœur battre violemment dans sa poitrine. Il ne savait combien de temps durerait son répit aussi, il ferma son œil valide en espérant s'endormir le plus rapidement possible. Cependant le sommeil tardait à venir et ce malgré l'épuisement généralisé de son corps. Il tenta de se détendre en respirant profondément puis il se servit de ses souvenirs pour apaiser son âme. Son cerveau épuisé s'imagina être loin de cet enfer dans les bras de la femme qu'il aimait à bord de l'Arcadia. Il se calma, son cœur ralentit son rythme puis il s'endormit. Quelques heures plus tard, le médecin revint afin d'installer une perfusion emplie de traitement ainsi qu'une seconde destinée à fournir au capitaine les nutriments qui l'aideraient à recharger son organisme affaibli. Elle observa Harlock, le baume agissait déjà. Elle regarda plus attentivement le visage et fut troublée par sa grande sérénité ainsi que sa grande douceur. Émue, elle quitta la pièce. Harlock se réveilla douze heures plus tard. Il regarda le haut plafond, les instruments de torture en se demandant combien d'hommes avaient subi ce qu'il endurait. Sylvidra ne le tuerait pas, il en était certain à présent. Elle le torturait jusqu'à ce qu'il cède et les nanos l'empêchaient d'attenter à sa vie. Il ne serait plus jamais libre sauf si la Résistance ayant eu vent de l'affaire ne le faisait exécuter. Il pensa à Kurt Wilson, à sa ferme résolution de mourir plutôt que d'être interrogé par les bourreaux aux ordres de sa mère. Il avait pris la bonne décision, Harlock le savait à présent. Après avoir goûté aux tortures Mazones, Kurt, les connaissant lui aussi, savait que malgré toute la volonté du monde, les bourreaux avaient raison de toutes leurs victimes aussi avait-il choisi de se faire exécuter par la Résistance. Harlock craignait lui aussi de céder comme ces centaines d'hommes passés entre les griffes de Sylvidra. Il repensa à Ellie et dans le triste état dans lequel il l'avait récupéré après que les soldats du Consortium l'aient torturé une fois cette parodie de procès qu'elle avait subi terminée. Son cœur se serra, il s'étouffait rien qu'en repensant à cela tellement cette vision lui était insupportable. Il s'efforça de retrouver son calme. Ellie était en sécurité avec leurs jumeaux, elle ne risquait plus rien. Pour lui c'était tout ce qui importait. Il entendit la porte s'ouvrir. Sylvidra se plaça devant lui, le regardant durement. Harlock lui jeta un œil meurtrier qui fit ricaner la reine.

- Tu dois être maso Harlock pour refuser d'entendre raison ! Se moqua-t-elle en se dirigeant vers la commande des chaînes.

Elle activa le moteur qui tendit les chaînes au maximum en remettant le capitaine debout. Le baume cicatrisant faisait des miracles, les blessures étaient en très bonne voie de guérison. Elle poussa vers Harlock un appareil où étaient posés différents patchs reliés à des câbles. Le capitaine ne fut pas long à comprendre ce qui l'attendait. Elle en disposa sur le torse, les bras et sur la partie intime du capitaine. Elle retourna près de l'appareil, l'activa et le régla.

- Qu'est-ce que tu décides ? L'interrogea-t-elle.

- Va au diable ! Jeta Harlock.

La reine appuya sur le bouton et la décharge électrique parcourut tout son corps, le brûlant de l'intérieur. Harlock ne put retenir ses cris de douleur. Un hurlement violent déchira le silence tandis que la reine envoyait une deuxième décharge. Elle poursuivit ainsi inlassablement pendant des heures, interrogeant sa victime du regard pour voir si celle-ci cédait enfin mais Harlock, obstiné, résistait toujours. Elle avait demandé au médecin l'intensité à ne pas dépasser afin de ne pas abîmer les nanos et elle avait programmé le maximum sur l'appareil pour être certaine de ne pas courir à la catastrophe. Au bout de plusieurs heures elle regarda le moniteur. Le cœur d'Harlock donnait des signes de faiblesse, aussi dût elle s'arrêter. Comme la première fois elle fit se détendre les chaînes. Harlock épuisé, couvert de sueurs haletait. Il était vidé de ses forces. Elle s'approcha, le poussa du pied pour le mettre sur le dos, le regarda. Harlock ne pliait toujours pas. Elle quitta alors la pièce. Hans était au plus mal. Son corps malmené, épuisé était douloureux, les muscles étant parcourus de spasmes. Il lui fallut plus de temps pour se calmer. La doctoresse entra, s'approcha et déposa près de lui un récipient dont l'ouverture était faite d'un large embout en forme de petit tuyau

- Je le pose près de vous si jamais vous avez besoin de vous soulager, indiqua-t-elle tristement.

Elle s'en alla précipitamment, une larme roulant sur sa joue. Le capitaine regarda l'objet. La reine ne tenait pas à ce qu'il se fasse dessus apparemment, l'odeur risquait d'incommoder son nez délicat. Il eut un rictus de colère. Pourquoi devrait-il prendre cette peine ? Il s'apprêtait à lancer l'objet au loin mais les nanos le bloquèrent sans problème cette fois-ci. Sa volonté faiblissait. Ce qu'Harlock redoutait le plus était en train de se produire. Il avait réussi jusqu'à présent à pouvoir un tant soit peu résister mais à présent, affaibli, les nanos faisaient de lui ce qu'elles voulaient. Il ne voulait pas devenir la chose de Sylvidra qui se retrouverait à avoir peur d'elle dès qu'elle hausserait le ton. Une larme roula sur sa joue. La séance de torture l'avait épuisé, vidé de ses forces. Il s'endormit pour ne se réveiller que lorsque les chaînes furent à nouveau tendues. Il se réveilla le cœur battant la chamade, appréhendant ce qui l'attendait. La reine ne l'interrogea même pas, elle s'approcha directement avec un objet brûlant qu'elle posa insidieusement sur une des blessures fraîchement cicatrisées ce qui fit hurler le capitaine de douleurs. Sylvidra ne s'arrêterait jamais. Harlock était à bout. La reine eut un sourire cruel en voyant que sa victime cédait enfin. Harlock brûlé, haletait. La reine le laissa respirer quelques secondes puis plaça le tison à un nouvel endroit faisant à nouveau hurler sa proie. Elle multiplia les brûlures pendant des heures puis elle s'en alla. Les jours suivants se poursuivirent inlassablement provoquant chez le capitaine de nouvelles souffrances. Sylvidra savait qu'elle avait gagné. Harlock au bout de deux semaines de ce traitement fut brisé. La reine ayant obtenu ce qu'elle voulait n'insista pas, Hans était à bout et même si il l'avait mise en colère elle ne pouvait se résoudre à le tuer. Quinze jours après être entré dans la salle des tortures, Harlock fut libéré de ses entraves puis emmené à l'infirmerie où il restât les quinze jours suivants. La reine alla le voir souvent, elle ne le reconnaissait plus, il gardait la tête basse, il se recroquevillait sur lui-même. Il n'osait même pas parlé de crainte de subir un nouveau traitement de choc. La reine, en le voyant dans ce triste état, eut un pincement au cœur, elle y était allée trop fort, bien trop fort. Sa colère avait été longue et le capitaine en avait fait les frais. Lorsqu'elle posa la main sur lui, elle le sentit trembler à ce contact. A présent elle allait devoir perdre du temps à le rassurer. Lorsqu'elle l'embrassa, le baiser fut sans saveur, Hans se laissant simplement faire. Elle comprit alors que côté relations intimes, ces séances de tortures seraient lourdes de conséquences. Même si elle regrettait son geste, elle n'en montra rien, se contentant d'accompagner Harlock dans ses appartements en compagnie des gardes et des médecins. Elle l'observa à la dérobée pendant tout le trajet et une fois qu'ils furent arrivés près du logement du capitaine la lumière crue de l'éclairage accentua l'extrême pâleur du capitaine. Harlock ne semblait plus être vraiment là comme si son esprit volait très loin du vaisseau de la reine. Il suivit docilement les gardes sans même que les nanos n'aient à intervenir Il entra gentiment dans son logement, s'installa sur le lit attendant les ordres de sa maîtresse qui entra avec le sourire de la victoire sur ses lèvres suivie par une Isabelle très inquiète de ce qu'elle allait trouver. Ce qu'elle vit lui glaça le sang, le regard d'Harlock semblait éteint, toute volonté ayant disparue. Elle eut un hoquet de surprise, c'était encore pire que ce qu'elle redoutait. Sylvidra s'approcha de sa proie.

- Tu vas te doucher, une Mazone viendra se charger de ta tenue de pirate. Passe les vêtements qui sont dans ton armoire et rejoins-moi ! Ordonna-t-elle.

- Oui, accepta Harlock dans un souffle.

- Pardon ? Gronda la reine.

- A vos ordres votre altesse, s'empressa de rectifier Harlock.

- Je préfère ça ! Ricana la reine glaciale. Autre chose, je ne veux plus entendre le nom d'Eliza Zone dans ta bouche. Dès ce soir, tu passeras tes nuits avec moi et que je n'ai pas à te le rappeler car tu sais ce qu'il en coûte de me désobéir.

Les muscles d'Harlock se raidirent alors que son visage devenait livide. Isabelle horrifiée tremblait, Harlock n'était plus que l'ombre de lui-même. Son cœur se brisa en croisant le regard du capitaine une nouvelle fois. Elle sortit précipitamment pour ne pas pleurer devant la reine qui ricana en la voyant fuir. Harlock se leva, se déshabilla devant la reine puis alla prendre une douche. La peau du capitaine était couverte de marques, de cicatrices des différentes tortures subies. Il faudrait près d'un an avant qu'elles ne disparaissent totalement. La science Mazone avait ses limites, les plaies avaient été rouvertes trop souvent pour disparaître en quelques mois. La reine quitta la pièce pendant qu'une servante s'empressait de récupérer les effets d'Harlock. A présent que la docilité d'Harlock était acquise, le plan allait pouvoir se poursuivre sans encombre.

Non loin de là, dans la base secrète de l'Arcadia, Ryo Kimura se remettait difficilement de sa crise cardiaque. Les médecins avaient exigé un repos absolu. Personne n'était autorisé à lui parler de ce qu'il se passait à l'extérieur. Lorsqu'il avait repris connaissance, il avait bien essayé d'obtenir des informations mais le jeune Thomas qui était le seul à être autorisé à le voir éludait toutes ses questions, l'incitant au repos et à se détendre. Pour parvenir à cela, les médecins avaient opté pour une méthode radicale, Ryo fut sédaté la plupart du temps, n'étant conscient que quatre heures par jour, juste ce qu'il fallait pour sa toilette quotidienne et manger. Il avait malgré tout, la possibilité de voir à travers la baie vitrée de sa chambre la progression des réparations de l'Arcadia. La remise en état du vaisseau avançait lentement, l'Arcadia étant meurtri au plus haut point. Yattaran avec l'aide de Toshiro avait commencé l'étude des plans et apporté des améliorations. Les membres d'équipage aidés des Mazones en étaient au démontage complet du vaisseau. Aucun élément n'ayant eu la chance de demeurer en état, il fallait reconstruire totalement le sublime bâtiment. Les machines destinées à fabriquer les pièces de rechange tournaient à plein régime. Yattaran ne dormait presque plus, angoissé par l'état du vaisseau et la situation du capitaine. Kei le voyait s'enfoncer de plus en plus et craignait qu'il ne tienne plus très longtemps. Lorsque Ryo fut enfin autorisé à quitter l'hôpital créé par les Mazones, Thomas l'emmena jusqu'au vaisseau démantelé qui reposait sur les quais. La seule zone demeurée entière était celle chargée de conserver l'âme de Toshiro. En voyant les larmes de l'ancien chef du gouvernement couler, l'ordinateur pensa que Ryo était loin d'être remis. Ryo Kimura s'approcha de l'ordinateur en tremblant.

- Tu fais peine à voir Ryo, commenta Toshiro tristement. Ce n'est pas aussi catastrophique que cela.

- Vraiment ? Ricana Ryo désespéré. Tu as vu dans quel état est l'Arcadia ?

- Ryo, calmes toi, tu es encore fragile, conseilla Toshiro.

- Je vais bien, affirma Ryo d'une voix sourde.

- On doit avoir une réunion sur l'avancée des travaux, tu veux y assister ? S'enquit l'ordinateur pour la forme.

- D'après toi ? Répliqua Ryo. Ne t'inquiètes pas je vais mieux, je prends mon traitement et c'est promis je me ménagerai.

Yattaran, suivi de Kei entra. La jeune femme pris l'informaticien dans ses bras pour le réconforter, soulagée de le retrouver sur pieds même s'il était très pâle et avait considérablement maigri. Elle retourna ensuite auprès de Yattaran.

- On a terminé la réalisation des nouveaux canons, indiqua Yattaran.

- Ils seront installés sur les nouveaux pas de tirs dès demain, termina Kei.

- C'est une bonne nouvelle, se réjouit Toshiro. Et la zone des cabines ?

- Il y a beaucoup de dégâts, révéla Kei d'une voix triste. La cabine la plus touchée étant celle d'Harlock.

En entendant le nom de son ami le cœur de Ryo se serra et pâlit un peu plus comme si cela pouvait encore être possible.

- Parlons de ce qui avance bien, d'accord ? Décida Toshiro désireux de ménager l'ancien chef du gouvernement qui ne pouvait s'empêcher de s'angoisser pour le sort du capitaine de l'Arcadia.

- Les moteurs sont réparés ainsi que la génératrice on va pouvoir te relier à elle dès la fin de cette réunion, Annonça Yattaran heureux. Tu pourras ainsi utiliser pleinement tes capacités.

- Parfait ! S'enthousiasma Toshiro. Je vais pouvoir faire des diagnostics en temps réel et ainsi cela nous évitera les oublis liés aux réparations en urgence.

- Bon, ben alors on y retourne, proposa Yattaran.

- Minute, décida Kei en souriant. Pourquoi ne poses-tu pas la question qui te brûle les lèvres à Thomas.

Yattaran, gêné, détourna le regard du jeune roi.

- Quelle question Yattaran ? S'étonna Thomas. Vous savez que je n'ai rien à cacher si vous avez la moindre inquiétude il ne faut pas hésiter.

L'ingénieur piétinait dans son coin, il ne savait pas comment le jeune souverain allait réagir à son idée.

- Tu n'oses pas alors je le fais ! Se moqua Kei. Voilà, ce qui a surpris tout le monde c'est comment vous avez fait pour arriver à temps et Yattaran a eu une idée. Il pense que c'est le fantôme de votre père qui vous a prévenu.

Thomas surpris, ne répondit pas regardant l'ingénieur qui rougissait comme une tomate

- Laissez tomber c'est une idée absurde ! S'empressa de répondre Yattaran.

- Pourquoi ? C'est amusant ! S'exclama Kei en souriant. Un scientifique qui croit aux fantômes ce n'est pas commun !

- C'est-à-dire que, commença Thomas avant de s'interrompre tandis qu'une lumière dorée aveuglante envahissait la pièce.

Le halo doré se résorba au bout de quelques secondes laissant place à Mark dont les vastes ailes déployées se remirent en place derrière son dos. Un silence de mort régnait dans la salle. Ryo à deux doigts de s'évanouir s'appuya contre la cloison. Thomas inquiet s'approcha de lui, vérifia ses pulsations cardiaques puis il se rendit près de son père.

- Bonjour papa, le salua Thomas.

Kei avait reculé par réflexe, une main sur sa bouche pour ne pas hurler.

- Vous allez pouvoir vous passez de la séance de spiritisme mademoiselle Yuki, je me présente volontairement devant vous, ricana Mark.

Le cœur de la jeune femme battait violemment dans sa poitrine. Elle devait retrouver son calme à tout prix. Mark s'approcha de son fils.

- Ton grand-père va très mal, il faut hâter sa récupération, indiqua-t-il d'une voix douce.

- Je ne peux pas pour le moment, on est en pleine réparation, avoua Thomas gêné. Tu as vu dans quel état est l'Arcadia sans compter que pour le moment la reine le garde jalousement caché. Tu ne devais pas veiller sur lui ?

- Je l'ai fait mais ta grand-mère l'avait déjà tant abîmé lors du premier contact que j'ai utilisé toute mon énergie pour l'aider. Résultat j'ai été incapable d'agir pendant plusieurs jours.

- Et tonton Kurt ? S'enquit Thomas

- Il était en mission, je crois qu'il essaye d'obtenir des infos.

- Dans quel état est Hans ? S'inquiéta Ryo en s'approchant toujours aussi livide.

L'ancien souverain de Gaïa regarda son fils qui lui fit un petit signe pour que son père si la situation était très mauvaise ne donne pas toutes les informations trop brutalement.

- Il ne va pas bien. Il est entre les mains de Sylvidra et je n'arrive plus à entrer en osmose avec lui pendant son sommeil. Il fait des cauchemars tous les soirs.

- Qu'est-ce que Sylvidra lui a fait ? Paniqua Ryo

- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? Eructa Mark en colère. J'avais conseillé à mon fils de la faire éliminer ! Eliza Zone elle-même vous a dit qu'il fallait la tuer mais vous n'avez rien écouté pourquoi ? Pourquoi avez-vous pris un risque pareil ?

La dernière question avait été posée avec rage, frappant Ryo en plein cœur qui embarrassé baissa les yeux.

- Papa! Intima Thomas. Je pense qu'il ne l'a pas fait de gaieté de cœur ! Il devait avoir une bonne raison.

- C'était un risque calculé, reconnut Ryo. Que ce soit Hans ou moi, aucun de nous deux n'aurait dû en réchapper, Sylvidra n'aurait dû trouver que nos cadavres.

- Pourquoi l'avez-vous épargnée ? Gronda Mark.

- Sylvidra, tout du moins les généticiens Mazones qui avaient fertilisés différentes planètes dans l'univers afin d'y faire prospérer l'humanité étaient les plus à même de soigner les hybrides, se justifia Ryo d'une voix faible.

- Et qu'est-ce qu'il vous garantissait qu'elle le ferait ? Insista Mark.

- Sylvidra en connaissant les conséquences de cette manipulation, leur dangerosité et leur avidité au pouvoir ne voudra surtout pas qu'ils viennent envahir l'endroit où elle a implanté sa civilisation…De plus vous savez tout aussi bien que moi qu'étant privés de conscience, ils se moquent de ce qui arrivera à la population mais une fois guéris, leur conscience les travaillera et je pense que les officiers d'Oscar vont se rebeller et s'opposer à lui ce qui arrêtera ce fou sanguinaire !

- Vous ne pensez pas qu'il s'arrêtera de lui-même une fois soigné ?

- Non, affirma Ryo. Ce n'est pas l'ADN qui a modifié la personnalité d'Oscar contrairement aux autres. D'après mes recherches celui-ci bien avant l'hybridation nourrissait des désirs de conquêtes, il a juste vu dans l'hybridation le moyen d'y arriver.

- Et une mutinerie mettant à bas l'autorité du duc offrirait le pouvoir à Von Kiel, qui lui, sera incapable de s'opposer aux stratèges Illumidas ! Tempêta Mark. Vous jouez avec le feu.

- Normalement cela laissait le temps à la Résistance de préparer la contre-offensive !

Le chef du gouvernement planta son regard dans celui du fils d'Harlock. Les yeux de l'informaticien reflétaient sa personnalité, ils étaient francs, fermes, résolus à se battre mais aussi terriblement inquiets.

- Dans quel état est Hans ? Insista Ryo.

Mark hésita quelques secondes mais il se devait de lui répondre sans quoi cela rongerait cet homme constamment.

- Ma mère l'a mis sous nanos, les mêmes que celle qui m'ont tué, révéla-t-il calmement.

- Oh mon Dieu ! S'exclama Kei horrifiée.

L'ancien chef du gouvernement épouvanté s'appuya sur la cloison, son ami était perdu.

- Et psychologiquement ? Insista-t-il rongé par l'angoisse.

- Elle l'a brisé, il ne lutte plus contre les nanos et cède à ses moindres caprices, affirma Mark.

- Personne ne peut briser notre capitaine c'est impossible ! S'exclama Kei en colère.

- Ça c'est parce que vous ne connaissez pas mère. Elle l'a torturé pendant quinze jours, cela briserait n'importe qui ! Soutint Mark.

- Dans ce cas on n'a pas le choix, se désola Yattaran. Je refuse qu'il reste l'esclave de votre mère. Nous devons envisager de le faire éliminer. Qu'en penses-tu Toshiro ?

L'ordinateur ne répondit pas, son âme pleurant pour son ami.

- Hors de question ! Hurla Ryo. Tant qu'il reste une chance de le sauver on doit la tenter !

- Et laquelle Ryo ? Cria Yattaran.

- Toshiro connaît le remède pour vaincre le poison, il faut juste le trouver ! Rappela Ryo pâle comme un linge en s'avançant en titubant vers l'ordinateur.

Thomas en voyant le triste état de l'informaticien le pris par la taille offrant son appui pour qu'il puisse tenir debout.

- N'est-ce pas Toshiro tu sais ce qu'il faut pour le soigner ? Interrogea Ryo d'une voix blanche.

- Oui, il s'agit d'une plante, la fleur des anges mais je ne sais pas où on peut en trouver. Pour les Mazones elle a disparu, indiqua Toshiro tristement.

- Et vous Mark ? Cracha Ryo. Vu ce que vous avez dans le dos vous ne sauriez pas où la trouver ?

- Je me doute que je suis bien le dernier à mériter l'honneur de faire partie des anges gardiens, ricana Mark tristement. Pas comme Kurt, chez lui, cela faisait partie de sa nature profonde. Il suffit de voir avec quelle abnégation il a donné sa vie pour protéger l'humanité !

Il soupira. Il ne devait pas se mettre en colère. Après tout c'était lui qui avait commencé en agressant l'ancien chef du gouvernement.

- Je ne sais pas où la trouver, je suis désolé, avoua Mark.

Un halo doré se matérialisa à nouveau puis disparu laissant apparaître un Kurt Wilson resplendissant.

- Alors est ce que tu as trouvé des informations supplémentaires ? L'interrogea Mark plein d'espoir.

- Rien du tout ! Reconnut Kurt. Ils n'ont rien voulu lâcher concernant ces fameux protecteurs censés aidés ton père. Je pense que ce qu'il nous faut c'est une archéologue…

- Tu veux mêler Ellie à tout ça ? S'indigna Mark. Elle n'est pas en état de nous aider !

- Tu n'en sais rien ! S'il s'agit de le sauver, elle sera prête à tout ! Affirma Kurt.

- Hors de question ! Tu oublies que mon père lui a laissé un petit cadeau avant de la mettre en sécurité ! Tu l'as dit toi-même la priorité va à la génération suivante !

- Ellie est enceinte ! S'exclama Ryo d'une voix blanche.

- Oui, elle en est à quatre mois et pour l'instant tout va bien ! Indiqua Mark.

- Quatre mois, c'est-à-dire lors de la soirée d'Halloween, sourit Ryo avec de l'émotion dans la voix. Cette vieille canaille de Hans ! Comment va Nynna ?

Les deux anges se regardèrent. Kurt haussa les épaules d'impuissance.

- Elle va bien, son sixième mois se passe normalement mais ça vous le sauriez si vous aviez les couilles de la contacter ! Rétorqua Mark.

- Je suis d'accord ! Se réjouit Kurt. Il l'appelle et lui demande de venir !

- Cela ne servirait à rien Kurt, affirma Ryo. On doit remettre l'Arcadia en état avant tout ensuite nous irons les rejoindre…De plus vu le taux d'espionnage des communications dans cette portion de la galaxie nous serions très vite repérés…Est-ce qu'il y a une chance de trouver le contre poison ?

- Il est possible que la plante se trouve sur une ancienne planète Mazone ou sur une terraformée puis fertilisée par celles-ci et dont elles auraient oublié l'existence, supposa Kurt. Mais les chances sont très minces…

- Il faut la tenter, décida Toshiro. Ellie ne nous pardonnerait jamais de laisser mourir Hans. On doit lui rendre le père de ses enfants. Nous devons remettre l'Arcadia en état, ensuite nous rejoindrons Destiny pour informer les Résistants de la situation. Désolé les garçons mais on ne peut mettre la charrue avant les bœufs. Sylvidra ne tuera pas Hans, apparemment elle a besoin de lui.

- Isabelle Von Kiel également, précisa Mark. Elle aussi c'est une belle garce !

- Donc tu vois nous avons le temps, confirma Toshiro. Si ces deux-là ont décidé de se servir des compétences guerrières de Hans pour vaincre elles ne le sacrifieront pas !

- Je préférerai pourtant accélérer les choses ! Insista Mark.

- Pourquoi ? S'étonna Toshiro. Hans n'est pas en danger de mort et son état psychologique ne peut empirer.

- Sauf que ma mère veut qu'il lui donne la prochaine reine ! Répliqua Mark gêné. Il a déjà subi cela pour que je vienne au monde et je ne pense pas qu'il supportera à nouveau une chose pareille !

Un silence embarrassé suivit cette déclaration. Toshiro se doutait bien que la reine tramait quelque chose dans ce genre mais il espérait se tromper. Si Hans était libéré et que Sylvidra se trouvait enceinte, il ferait tout pour récupérer l'enfant. Il choisirait de l'élever, de s'en occuper et ce, malgré les souffrances endurées, qui plus est, est-ce qu'Ellie aurait la générosité de l'élever avec lui ? Il l'espérait mais si la petite devenait le portrait craché de sa mère cela deviendrait terrible pour les deux amoureux. Pourtant il devait se faire une raison, il ne pouvait aller plus vite, L'Arcadia devait être réparé et si il envoyait l'îlot rejoindre Destiny, ce qui prendrait deux mois de voyage, toute l'énergie partirait dans les moteurs privant les machines de l'électricité nécessaire pour fonctionner et réparer l'Arcadia.

- Priorité à l'Arcadia, décida Toshiro. Je suis désolé Mark.

- Je comprends, s'inclina l'ancien souverain de Gaïa. Nous repasserons vous voir plus tard.

Les deux anges gardiens prirent congé, laissant les protagonistes de la réunion perplexes et très inquiets.

Loin de là, les chevaliers d'Athéna tenaient une réunion sur la décision à prendre concernant la suite des événements. Athéna était installée au bout de la longue table, le grand pope à sa droite, Dohko à sa gauche, les chevaliers divins ainsi que les chevaliers d'or se partageant le reste de la table.

- Shiriyu a terminé d'analyser l'ordinateur et il va nous faire un exposé complet de ses découvertes ! Ordonna Saori.

Le chevalier du dragon se leva en tenant de nombreux feuillets dans sa main.

- Il y a de cela des milliards d'années, l'humanité est née sur Gaïa. Suite à une très grave maladie l'ensemble des femmes sont mortes. L'humanité privée de la possibilité d'avoir une descendance s'est éteinte après avoir créé des êtres, les Mazones, destinés à faire renaître la civilisation humaine sur différentes planètes dont la Terre. Il semblerait que petit à petit, elles se sont affranchies de cette tâche, créant leur propre civilisation. Ayant donné la vie aux humains, elles estimaient leur être supérieures et qu'ils leurs appartenaient. Elles ont commencés à se servir des hommes pour la reproduction mais elles ont dû faire face à des rébellions liées à la rapide évolution de l'humanité. Pour se débarrasser du problème elles sont exterminées tous les humains des planètes rebelles. Lassées de ces rébellions, elles ont décidé de créer des mâles dociles mais apparemment elles auraient commis quelques petites erreurs de conception génétique car ceux-ci se sont montrés encore plus rebelles que les hommes. Apparemment elles ont dû renoncer à eux pour la reproduction et aurait repris les humains. Seulement à force de se livrer à des massacres sur les autres planètes, leur cheptel s'est réduit de plus en plus, à la fin il ne restait que la Terre. Les Illumidas et les Mazones se sont alors mis d'accord pour se partager cette dernière manne sauf que les terriens supportaient de plus en plus mal cette situation. Il semblerait que les Mazones se sont retrouvées à devoir affronter une rébellion organisée qui les a pris de court. Pour une raison qu'elles ignorent il semblerait que des humains vêtus d'armures d'or, d'argent et de bronze dégageant une énergie phénoménale sont venus les affronter et ont éliminé toutes les Mazones chargées sur Terre de réguler le cheptel. La reine des Mazones de l'époque ayant eu vent du problème aurait envoyé des vaisseaux détruire ces humains encombrants mais les appareils auraient été vaincus eux aussi ainsi que l'expédition envoyée des années plus tard. Étrangement, elles purent plus tard réinstaller quelques colonies mais très succinctes et elles durent limiter les enlèvements tout comme les Illumidas, se contentant du minimum par crainte que les chevaliers ne se chargent à nouveau de les faire partir. Quelques milliers d'années plus tard, la Terre a été envahi par les Illumidas sans que les chevaliers n'interviennent privant les Mazones de reproducteurs, Harlock, les a affronté, a été contraint à l'exil mais la déesse dorée a fini par se ranger de son côté en détruisant la planète d'origine des Illumidas. Ensuite Sylvidra a essayé et s'est fait battre par Harlock. Elle a donc plus tard, enlevé celui-ci pour obtenir de lui un enfant qui mena les Mazones à la victoire. L'Arcadia ayant fini dans les limbes six ans auparavant il ne put s'y opposer. Par contre il y a quatre ans il est réapparu, Eliza Zone l'aurait sauvé et Harlock serait tombé amoureux d'elle. Il aurait ensuite affronté la secte de Gaïa, nom de leur planète d'origine donc, dirigée par les Mazones et l'aurait vaincu mais il semblerait qu'ensuite, il y a eu de graves problèmes politiques. Le vaisseau s'étant crashé chez nous il y a deux ans je n'ai pas tous les détails mais il semblerait que les Mazones sont encore très présentes et prépareraient une contre-offensive.

- Donc en gros les armures ont été créées à cause d'elles, comprit Shion. Mais dans ce cas qui les a créés ? Athéna est ce qu'il y a un lien entre toutes les divinités et les premiers hommes ?

Saori baissa la tête, étrangement la déesse qui habitait son corps hésitait à répondre. Quelque chose l'inquiétait, Saori le sentait. La déesse qui était en elle semblait vouloir bloquer les informations, elle semblait avoir peur. Elle tenta de forcer un peu mais la peur l'envahit à son tour et elle s'arrêta.

- Tu peux t'exprimer en toute confiance, insista Saori auprès de la déesse. Exprimes-toi !

- Ce n'est pas aussi simple, avoua celle-ci. Je ne sais si j'ai le droit de parler un secret millénaire qui ne devait être révélé à l'humanité qu'au moment où elle aurait atteint la sagesse des premiers hommes.

Un long silence se fit. La part divine de Saori faisait de la résistance. Pour la jeune femme cette situation de double personnalité avait toujours été étrange. Elle avait l'étrange sensation qu'Athéna était à la fois une partie d'elle et en même temps un être à part. Saori attendait patiemment qu'Athéna prenne le contrôle de son corps. Pour la divinité ce n'était pas une décision facile à prendre. Elle ne pouvait que donner des informations limitées, elle n'avait pas eu le feu vert des anges gardiens et des autres divinités pour ce qui était de dire toute la vérité à ses chevaliers, sans compter qu'elle le sentait alors qu'elle était une déesse elle avait un accès relativement limité aux informations, quelque chose ou quelqu'un semblait faire barrage. Sans compter que s'ils venaient à connaître tout ce que la déesse savait cela serait un terrible choc pour eux. Un halo d'énergie se forma autour de Saori qui ferma les yeux sombrant dans l'inconscience, la déesse envahissant son corps.

Je ne peux tout leur dire, ils ne sont pas prêts, l'humanité n'est pas prête, songea la déesse. Que faire ?

Son cosmos s'intensifia et elle entra en contact avec la cité des gardiens. Son âme observait les lieux à la recherche d'un des personnages les plus importants de cette confrérie. Elle trouva enfin Zeus à proximité de la fontaine. Il était toujours aussi resplendissant, d'une beauté irréelle, divine, ses longs cheveux blonds flottant au vent. L'âme d'Athéna se posa face à lui. Zeus lui sourit avec douceur

-Zeus, qu'ai-je droit de leur dire ? S'enquit elle inquiète.

-Le minimum, répondit Zeus. On ne peut griller les étapes, sans compter que l'entité du bien veille.

-Mais ce que je sais me semble erroné, avoua la déesse.

-C'est le cas, reconnut Zeus. Ton âme est volontairement bridée. Comme tu te réincarnes auprès des humains tout comme Hilda la plupart de tes souvenirs de l'époque de Gaïa sont bloqués par sécurité.

-Je ne veux pas leur mentir, affirma Athéna tristement.

-Si l'entité du bien estime que l'humanité est prête alors la vérité ne tardera pas à apparaître. Soutint Zeus. Les informations dont tu disposes les prépareront à affronter celle-ci.

-Hadès est venu me voir, révéla la déesse angoissée.

-Hadès ? Tressaillit Zeus. Mais il a été définitivement vaincu !

-Il est de retour, affirma Athéna.

-C'est impossible, douta Zeus en regardant la fontaine. On savait qu'il y aurait une guerre terrible au sein même de l'humanité, c'est pour cette raison que nous avons mis les armures en sécurité ainsi que ceux qui étaient destinés à les porter loin de la Terre. Mais Hadès ne faisait pas partie de cette guerre, vous l'aviez vaincus, lui et ses cent huit étoiles maléfiques sans compter les Dieux jumeaux.

-C'est très mauvais signe, se désola Athéna.

-Révèles ce que tu sais, accorda Zeus.

La déesse quitta la cité des Gardiens afin de rejoindre son corps. Les chevaliers regardaient inquiets du côté de Saori, son cosmos avait brusquement disparu. Shion très inquiet s'était approché du corps de la déesse. Il recula en voyant qu'elle rouvrait les yeux. Il retourna s'asseoir. Athéna posa les yeux sur ses chevaliers et leur sourit avec douceur. A ses yeux Zeus avait raison, la vérité allait apparaître, ces chevaliers étaient prêts, c'était sans aucun doute pour cette raison qu'ils étaient tous de retour en ces temps troublés, les chevaliers de mille neuf cent quatre-vingt-six. Ils feraient face à la menace.

- Très bien, je vais vous révélez tout ce que je suis autorisée à vous dire, décida Athéna tandis qu'un halo doré se dégageait de Saori. Il y a de cela quatre virgule six milliards d'années régnaient sur Gaïa une humanité éclairée disposant de grands pouvoirs. Lorsque la maladie frappa l'ensemble des femmes, les rois et souveraines prirent la décision qui s'imposait.

Le chevalier d'or du cancer leva la main

- Oui chevalier ? L'autorisa Athéna.

- Les souverains en question, ce ne serait pas Zeus, Hadès, Chronos, Aphrodite, Era, en gros tous les membres des différentes mythologies à travers le monde ?

- C'est exact, avoua Athéna. Lorsque nous nous sommes éteints nous avons continué à veiller sur l'humanité balbutiante mais les Mazones crées pour la faire renaître étaient devenues de véritables monstres. Il était trop tard lorsque nous avons décidé d'intervenir.

- Pourquoi avoir tardé ? L'interrogea le chevalier d'or du scorpion.

- Beaucoup des anciens rois refusaient que l'humanité ne renaisse ailleurs en pensant que de toute manière l'humanité à venir serait inférieure à la première, aussi s'opposaient-ils à toute intervention.

- Hadès, comprit Camus.

- Par exemple, reconnut Athéna. Nous étions des observateurs, les anges gardiens de l'humanité. Nous espérions vraiment que les Mazones avaient oublié ce qu'elles avaient semé sur Terre mais elles ont fini par s'en rappeler. Je soupçonne d'ailleurs Hadès de l'avoir rappeler à leurs souvenirs. Elles sont donc venues l'exploiter. Nous savions que les humains ne supporteraient plus longtemps le traitement qui leur était imposé, notamment les premières grandes civilisations comme celle de l'Égypte Antique. Nous sommes donc intervenus en faisant fabriquer les armures et en nous réincarnant régulièrement. Bien entendu ceux qui étaient contre en ont fait de même et depuis je lutte contre Hadès et sa volonté de faire disparaître toute l'humanité.

- Ensuite il y a eu cette prédiction qui a fait que les armures ont quitté la Terre, rappela Ikki.

- Les Mazones ne gagneront pas ni Hadès, je vous le garanti, affirma Athéna.

- Pourtant si les armures étaient restées sur Terre, les chevaliers auraient pu battre les Mazones Ainsi que Gaïa. Pourquoi avoir laissé tout reposer sur un seul homme ? L'interrogea Camus.

- Harlock est l'espoir réincarné, indiqua Athéna. Il était capable de vaincre mais à présent, il a besoin de votre aide.

- Je voudrai savoir pourquoi nous ? S'étonna Aphrodite.

- Car vous êtes les mieux placés pour vaincre, vous avez l'expérience, vous avez été au contact d'Hadès plus que tous les autres ce qui a renforcé vos âmes. Nous avons donc favorisé votre réincarnation et choisis pour redevenir chevaliers, affirma la déesse.

- Je voudrai savoir, qui a formé les premiers chevaliers ? S'enquit Saga.

- Les gardiens qui s'étaient réincarnés à ce moment-là, révéla Athéna. Ils sont choisis à travers le monde ceux qui étaient les mieux placés pour vaincre et depuis, de génération en génération, sans que vous ne le sachiez, les chevaliers sont prélevés toujours dans les mêmes lignées qu'elles soient féminines ou masculines

- Vous êtes sérieuses ? S'étonna Shion. Ce n'était pas au hasard ?

- Bien sûr que non, afin de déclencher un tel pouvoir nous avons dû modifier l'ADN des humains choisis ce qui a fait accélérer leur évolution, soutint Athéna. Il était donc logique que les chevaliers renaîtraient dans les mêmes lignées. Mais il est vrai qu'au fur et à mesure les lignées ont prospéré offrant plus de choix quant aux futurs chevaliers. La lignée des Von Harlock en fait d'ailleurs partie.

- Il fait partie de la famille de l'un d'entre nous ? S'étonna Aldébaran.

- En quelque sorte, reconnut Athéna. Mais il faut éviter les raccourcis, il n'est pas un parent proche !

- Qui ? L'interrogea Seiya.

- Camus, révéla Athéna.

Les regards se tournèrent vers le chevalier du verseau en cherchant un air de famille qu'ils ne trouvèrent pas.

- Le côté glacial ! S'exclama Ikki en riant.

- Va te faire foutre Ikki ! S'insurgea Camus vexé.

Le chevalier divin du phœnix éclata de rire tandis que quelques rires discrets résonnaient aux oreilles du chevalier d'or du verseau.

- Que devons-nous faire Athéna ? S'inquiéta Shion.

- Il va falloir aller voir ce qu'il se passe là-bas, m'étant réincarné je n'ai plus accès aux connaissances des autres anges gardiens ce qui fait que je suis dans la même situation que vous, j'ignore ce qu'il se passe, je dispose de connaissances très sommaires et il fort probable que les informations dont je dispose soit erronées ou incomplètes. Deux d'entre vous vont devoir se rendre dans la zone de la Terre. Est-ce que tu penses pouvoir te servir des connaissances Mazones pour créer un vaisseau Shiriyu ?

- Je pense que c'est faisable, approuva le chevalier du dragon. Mu et Shaka m'ont aidé à étudier l'appareil Mazone, Shaka s'est même chargé de la traduction grâce à sa grande connaissance des langues disparues.

- Tu rigoles ? Se moqua Deathmask. Little Bouddha a plutôt demandé à son protecteur de tout lui traduire !

- Très spirituel le cancer ! S'exclama Shaka. Qui se rendra là-bas ?

- Camus et….Décida Athéna

- Pourquoi moi ? S'insurgea l'intéressé

- Tu n'as pas entendu ce qu'a dit la déesse, le fameux Harlock fait partie de ta famille, se moqua Milo

- Et Milo ! Termina la déesse. Cela t'apprendra à te moquer de ton meilleur ami !

- Parce qu'en plus il va falloir que je le supporte ? S'insurgea Camus.

Athéna ne put s'empêcher de rire légèrement avant de laisser la place à Saori

- Bon vous savez tous ce qu'il vous reste à faire, acheva-t-elle. Vous allez tous travailler sur le vaisseau. Je vais voir avec Shiriyu, Shaka et Mu pour le matériel et les minerais nécessaires.

La réunion terminée, les chevaliers s'en allèrent. Les responsables de la conception du vaisseau s'attelèrent à la tâche le jour même en faisant une ébauche de plan. Le minerai fut livré quelques jours plus tard. Il fut fondu pour faire les premières pièces. Mu grâce à ses connaissances sur les armures créa le blindage. Le vaisseau fut achevé en un mois, il était suffisant pour deux hommes, très rapide et il disposait d'un bouclier furtif bien que le chevalier du dragon doutait de son efficacité. Les deux chevaliers en tenue de civil montèrent à bord puis s'envolèrent pour un monde inconnu qui serait probablement hostile