Lexy regarda le grand mur rouge avec dégoût. C'était la huitième fois maintenant qu'ils repassaient devant. Thomas, juste derrière elle, lâchait des grognements de rage, commençant à avoir sérieusement des envies de meurtre, et la fille d'Apollon préférait être le plus loin possible de lui au moment où il passerait à l'action. En fait, elle espérait que ce serait au moment où les choses qui grouillaient ici se décideraient à montrer le bout de leur nez.

- Dis, Thomas, dans tes ancêtres, tu n'aurais pas Janus par hasard ?

- Qu'est-ce que j'en sais moi ? Tu crois que je sais qui sont les centaines de dieux qui constituent notre lignée ? répondit-il avec hargne avant de se tourner dos à la jeune fille.

- Bah dit donc, heureusement que Cassie est là pour te contrôler un minimum. Tu es vraiment grognon quand tu t'y mets toi.

- Oh, ça va, lâche-moi la grappe. Quand je pense que je ne voulais même pas venir moi à la base.

Lexy grogna à son tour, pestant contre ses amis qui avaient été dégotter ce type on ne peut plus désagréable. Et dire qu'il avait réussi à trouver une petite amie malgré ça ET la malédiction. C'en était incompréhensible.

La demi-déesse pinça son menton entre deux doigts, se mettant à réfléchir à toute vitesse, histoire de comprendre comment sortir de ce dédale. Franchement, elle allait finir par se montrer aussi acariâtre que son cousin éloigné si ça continuait.

Cecil trébucha. Pour la quatrième fois. Il n'y voyait rien, et en plus, Lou Ellen courrait comme si sa vie en dépendait... Ce qui était un peu le cas, mais quand même, elle se la jouait "je t'abandonne et sauve ma peau", ou quoi ? Le pauvre garçon se releva en entendant la voix féminine derrière eux qui l'appelait pour l'attirer dans ses griffes. Ou plutôt dans ses anneaux de serpent déguisé... Il détestait les serpents ! Lou lui cria de se grouiller, ce à quoi il rétorqua que c'était exactement ce qu'il essayait de faire.

- Cecil, sérieux, si je me fait déchiqueter parce que cette créature veut te séduire, j'irais chercher ton fantôme dans les Enfers pour lui faire vivre la pire mort de sa vie ! râla la magicienne.

- Tu sais que ça ne veut rien dire ?

- Je m'en fiche ! hurla-t-elle avant de sentir quelque chose se prendre dans ses chevilles et de se manger le sol à son tour.

Si Cecil avait été méchant, il aurait rigolé à gorge déployée, mais comme il était gentil et qu'en plus il était amoureux de Lou, il émit simplement un petit rire discret... Avant d'être à son tour immobilisé au sol. Ils pestèrent tous les deux, Lou lançant plusieurs sorts sur les chaines qui lui faisaient mal, en vain. La Lamia les avait rattrapé et elle n'allait pas tarder à la tuer et à emporter Cecil pour sa collection personnelle.

- Je suis désolé ! s'exclama le brun. C'est de ma faute si tu vas être tuée par cette chose ! Pardon !

- Arrête de dire des bêtises, tu sais bien que je ne le pensais pas quand je t'ai dit que c'était de ta faute ! Essaye plutôt de te libérer au lieu de rester à terre sans rien faire !

La boule lumineuse qu'avait créé Lou semblait ne pas avoir besoin de toucher la paume de la jeune fille pour rester allumer, car elle se trouvait non loin d'eux, ayant roulé après la chute de sa propriétaire. Ils entendirent un cri de douleur, soudainement, puis le bruit spécifique d'un monstre qui se désintègre, et quelques secondes plus tard, un garçon à peine plus âgé qu'eux apparu dans la lumière.

- Salut ! fit-il d'une voix enjouée, plissant ses yeux d'un noir profond. Heureusement que je suis arrivé à temps.

Cecil et Lou se regardèrent, sans comprendre, tandis que l'inconnu se penchait pour les libérer de leurs liens tout emmêlés, sans un mot. Une fois qu'il eut fini, il se redressa, aidant les deux autres à se relever, puis s'exclama avec un grand sourire et toujours enjoué :

- Bon. Nous allons retrouver vos copains maintenant ?

Cassandra, Aporripse et Gabriella tournaient eux aussi en rond depuis un moment, mais en plus, ils n'y voyaient presque rien, n'ayant qu'une lance en Or Impérial pour source de lumière. La dispute entre les deux demi-dieux du passé avait semble-t-il mis quelques choses au point, et ils ne se lançaient plus des regards en coin l'un à l'autre.

- Bon. Je commence à en avoir marre. On n'y voit rien, et on repasse toujours devant ce mur vert et noir. Difficile de ne pas se souvenir de l'aigle qui mange le foie de Prométhée.

- Je suis d'accord avec Cassie. Je ne sais pas comment nous allons faire si un Clairvoyant n'est pas avec nous.

- Vous ne baissez quand même pas les bras après tout ce que nous avons déjà fait ?

- Roh, ça va toi, grinça Gabi en s'asseyant à même le sol, prenant une grande inspiration. Je ne vois pas d'autres moyens. Nous tournons en rond, c'est indéniable. Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi nous en revenons toujours à ce mur. Qu'est-ce qu'il a de spécial ?

Les deux autres regardèrent la scène avec surprise. Ce ne pouvait pas être un hasard si c'était toujours ici qu'ils se retrouvaient. Gabi venait de soulever une question tout à fait fondée. Qu'est-ce que ce mur pouvait avoir de si spécial pour qu'ils y reviennent à chaque fois ? La fille de Juventas s'en approcha, posant sa main dessus tout en traçant du bout des doigts les contours du Titan enchaîné sur le Caucase, attendant chaque jour son supplice. La brune fronça les sourcils, remarquant un détail qui ne devrait pas être là. Au niveau de la hanche du prisonnier, un chiffre et un flèche étaient gravés.

- Les gars, venez voir. Qu'est-ce que ça veut dire 6 et flèche vers la droite ?

- Aucune idée, soupira Aporripse.

- Une direction peut-être ? Et un nombre de pas à faire ? proposa Gabi en regardant à droite.

Malheureusement, il n'y avait qu'un mur à droite. Un mur dans une enclave. La fille d'Aphrodite s'en approcha, posa ses deux mains à plat dessus, révélant ainsi une illusion parfaitement réalisée par le Labyrinthe. Là, une deuxième fresque les attendait, et après avoir fouillé partout, ils trouvèrent un onze et une flèche vers la droite puis une autre pointant une position en face d'eux. Ils effectuèrent les onze pas à droite, puis arrivèrent à un carrefour tout aussi sombre que le reste des tunnels. Ils choisirent la gauche, pour correspondre à la seconde flèche de la peinture. Les voilà donc lancés dans un jeu de piste.

- Super, soupira Gabi.