Bonjour, bonjour !
Avant de vous laisser à ma fiction…
Wow ! Quel plaisir de voir que cette histoire vous plait ! Je souhaitais vous remercier ! J'apprécie les quelques commentaires, les mentions favoris et les follows que certains m'ont laissé ces dernières semaines ! Ça m'encourage beaucoup et ça me réchauffe le cœur chaque fois que je vois une notification dans ma boîte courriel ! J'en saute de joie chaque fois ! Ça me permet de croire que cette aventure est vraie ! J'avais si peur de publier… Si peur d'être ignorée… Mais, j'ai eu peur pour rien ! À ce jour, vous êtes près de 500 à avoir cliqué pour lire ma fanfiction sur Jacob et Erin ! C'est incroyable ! J'ai peine à croire tout ça… Merci encore ! Mille fois ! Qui que vous soyez ! Merci !
Cela dit, je vous laisse à ce 13e chapitre ! Dans l'espoir qu'il vous plaira…
Merci (pour la Xième fois)!
Lilas
Chapitre 13
Jacob : Les séquelles de la tempête
Une fois le repas terminé, la propriétaire du restaurant vint s'excuser une fois de plus à notre table des propos de son fils et de son comportement déplacé.
– J'espère que cela lui aura servi de leçon. Répondis-je avec un sourire crispé.
Dans tous les cas, il avait tout intérêt à se tenir loin d'Erin, parce que la prochaine fois il se pourrait qu'il ait affaire à mes crocs.
– En tout cas, je vous souhaite une excellente fin de soirée. Et ne vous en faites pas, je vous offre le dîner et le suivant aussi. Il est clair que je vais faire ce qui est en mon pouvoir pour éloigner Desmond du service à la clientèle.
– Merci. Ajouta Erin.
Sur ce, la dame nous quitta et Erin prit les devants, en se levant. Je la suivis en me levant à mon tour, attrapant mon blouson de cuir sur le dossier de la chaise et lui emboîtait le pas jusqu'à l'entrée.
Personnellement, je n'avais aucune envie d'écourter notre soirée, quoiqu'il soit déjà près de 20 heures 30 et que la seule option qui me restait pour être avec elle le plus longtemps possible était d'aller chez moi. Et aller chez moi… Ce n'était pas l'idée du siècle… Cette vieille maison toute pourrie tombait en ruine et avec le paquet de seaux qui trainait çà et là… Évidemment, je commençai fortement à regretter de ne pas avoir fait réparer la toiture ou tout débâtir… Maintenant, je m'en mordais les doigts. Et aller chez Sam et Emily… Ce n'était pas la meilleure option non plus…
J'étais coincé.
-O-O-O-
Lorsqu'Erin prit son parapluie près de la porte, je pris la décision de la laisser aller, malgré mon envie de passer encore un moment avec elle.
Une fois de retour sous cette pluie torrentielle, Erin m'invita à m'abriter avec elle sous son parapluie. J'acceptai et elle me tendit le parapluie afin qu'il soit à la bonne hauteur pour moi. Erin était plutôt grande pour une femme (environ 5 pieds 6 pouces), mais il lui manquait plusieurs pouces pour me rejoindre en termes de grandeur. Face à face, à une si courte distance l'un de l'autre, je la vis me fixer de ses adorables iris couleur noisette. Puis, voyant que je la fixais du regard à mon tour, elle commença à rosir et à sourire. Ensuite, d'un coup, elle gloussa et me dit :
– Voir que tu as frappé le serveur ! Je n'en reviens pas. Tu as eu de la chance qu'on ne se fasse pas jeter du restaurant, Jake.
Un sourire ourla mes lèvres en l'entendant prononcer mon surnom. Puis, je remarquai que son air était loin d'être sérieux, mais plus amusé qu'autre chose.
– Ça te fait marrer, que j'ai foutu une raclée à cet idiot ? dis-je curieux et légèrement ravis.
– Un peu, oui. J'ai trouvé ça… presque chevaleresque. En tout cas… J'ai beaucoup apprécié ce rendez-vous. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il était divertissant…
À ses mots, mon cœur s'emballa dans ma poitrine, plus qu'heureux qu'elle eût autant apprécié notre premier rencard. J'avais eu légèrement peur de sa réaction après que j'eus frappé le serveur, mais, visiblement, cela l'avait amusé, et même charmé de me voir la défendre.
– Ravis que ça t'ait plu.
Puis, alors qu'elle continuait de me regarder si intensément, sans ajouter quoi que ce soit, je la vis passer de mes yeux à mes lèvres et je reconnus ce « subtil » message.
Doucement, je passai mon bras autour de sa taille et me penchai afin d'initier notre deuxième baiser. Se hissant un peu sur la pointe des pieds, elle finit par combler la distance et posa une main sur mon torse et l'autre sur ma nuque. Mon corps frissonna à son contact et j'approchai son corps encore plus près du mien. Rapidement, notre baiser se transforma en quelque chose d'avide. Sa main sur mon torse passa à mon cou et celle qui était sur ma nuque remonta à mes cheveux qu'elle caressa. Lorsqu'elle s'écarta de moi pour reprendre brièvement son souffle, j'ouvris les yeux pour rencontrer les siennes assombris par le désir. Doucement, je remontai ma main et caressai sa joue chaude et rouge et posait un dernier baiser sur ses lèvres.
Cela fait, nous nous séparâmes un peu et je la vis sourire timidement et baisser les yeux.
– Merci… pour la belle soirée, Jacob… Finit-elle par dire d'une voix timide.
– Tout le plaisir est pour moi, Erin. Viens, je te raccompagne à ta voiture. Dis-je, quelque peu déçu que cela se termine ici, dans le stationnement du restaurant.
-O-O-O-
Le chemin du retour fut pénible, d'une part, parce que les routes étaient submergées sous l'eau de pluie à cause de cette fichue tempête et d'autre part parce que je me sentais gorgé d'un tas de tensions.
Je savais qu'en rentrant à la maison, la première chose que j'allais faire allait être de prendre une douche chaude pour me libérer de toutes ses tensions. Il y avait l'option de la transformation qui m'attirait, mais en frappant le serveur je m'étais un peu défoulé et je ne ressentais plus la même fureur. La plus grande tension était plutôt d'ordre sexuel et, comme c'était devenu presque une habitude depuis que je m'étais imprégné sur Erin Young, il n'y avait rien de mieux que de me masturber pour me libérer.
Bref, en arrivant devant la maison, je remarquai tout de suite quelque chose d'étrange. Plissant les yeux pour y voir mieux à travers le rideau de pluie qui ne cessait de passer sous les essuie-glaces, je constatai avec horreur qu'une partie du toit de la maison, soit en plein sur ma chambre et une partie de la cuisine, avait cédé surement sous le poids de l'eau accumulée entre les diverses couches du plafond.
Devant ce spectacle, je sentis les larmes me monter aux yeux. Un énorme poids s'écrasa sur mes épaules, d'un seul coup. Ma première pensée fut de me dire que je n'avais plus de maison et la seconde pensée qui me traversa fut de me dire que j'aurais pu mettre ma vie et celle d'Erin en danger si nous y avions été ce soir. Cette dernière me fit tressaillir.
Mon rythme cardiaque augmenta et je sentis ma respiration devenir difficile. Puis, je pensai à ce que j'allais faire, maintenant… Bien sûr, là, cette baraque était irrécupérable… Encore une fois, je regrettai de ne pas avoir agi plus tôt, de ne pas avoir été assez « fort » après la mort de mon père pour prendre les choses en main et rénover cette maison.
– Eh, merde ! Dis-je en laissant les larmes couler.
Appuyant ma tête sur le volant, afin de dissimuler cette catastrophe de ma vue, je me flagellai intérieurement sur ce que j'aurais dû faire avant d'en arriver là… J'avais honte… J'avais honte d'avoir laissé la maison de mon père dépérir à ce point et je me sentais aussi responsable de mon malheur. J'avais mérité ce qui m'arrivait… Puis, je pensai à ce qu'Erin allait penser de moi quand elle allait savoir tout cela…
-O-O-O-
Ne sachant que faire à une heure pareille, je pris la décision d'appeler Sam. J'avais bien trop honte de moi pour appeler ma sœur. Rachel allait m'en vouloir, c'était certain, moins que Becca, mais tout de même…
Par contre, ce fut sa femme qui me répondit à la troisième sonnerie :
– Oui, bonsoir ?
Sa voix douce me perturba et je sentis les larmes rouler à nouveau sur mon visage. Je me sentais vraiment bête de chialer comme un gamin. Puis, Emily réitéra :
– Allô ? Il y a quelqu'un ?
– Salut, Emily… C'est… C'est Jacob. Est-ce que Sam est là ? Dis-je la gorge serrée sous l'émotion.
– Euh… Oui, oui. Je te le passe. Mais, dis-moi, tout va bien Jacob ? Tu as une drôle de voix ?
– Euh… Non, mais…
Tout à coup, j'entendis du bruit et je compris qu'Emily venait de passer le téléphone à son mari.
- Jacob ? demanda Sam.
– Salut, Sam… J'ai… disons… un petit… souci.
Ma voix se brisa et je serrai les mâchoires. Je me sentais… faible… J'avais honte et je m'écœurais…
– Qu'est-ce qui se passe ? Tu es blessé ou en danger ? lâcha Sam désormais inquiet.
– La maison… Le toit… Il s'est effondré. Je sais que j'aurais dû le réparer il y a longtemps, mais…
– Tu n'es pas blessé ? Tu étais à l'intérieur quand ça s'est produit ? Tu veux que j'aille te chercher ?
– Non… Ça va… Je n'ai… rien.
– Tu veux que j'aille te chercher ?
– Non… Mais…
– Si tu es en état de conduire, viens à la maison. Viens passer la nuit. On trouvera une solution quand il fera jour.
Laissant le silence m'envahir, je réfléchis quelques secondes à sa proposition.
– Jacob ? demanda Sam d'une voix assez forte pour me sortir de mes pensées.
Qu'avais-je d'autre comme option ? Passer la nuit dans mon pick-up ? Me transformer et passer la nuit sous la pluie ou dans une grotte miteuse ? Du moins, si j'allais chez Sam je pourrais retrouver Erin. Seule, elle pouvait apaiser ma douleur d'un simple regard.
– Merci. Oui, j'arrive.
-O-O-O-
En arrivant chez Sam, je coupai le moteur de ma voiture, et j'attendis un instant. J'avais besoin d'une minute pour me calmer. Fermant les yeux, je laissai le silence se faire dans la voiture, écoutant le son de la pluie contre le toit.
Puis, au bout d'une minute, j'ouvris les yeux, finalement prêt à affronter ce qui allait suivre.
Pénétrant dans la demeure de mon chef, je le trouvai, lui, sa femme et mon imprégnée dans la cuisine.
En me voyant apparaître, Sam se leva le premier et vint à ma rencontre, mais, pendant qu'il s'avançait vers moi, je posai les yeux sur Erin. En croisant son regard, j'y lus un peu de pitié, de l'empathie, mais surtout un réconfort immense. Le poids qui s'était abattu sur moi quelques minutes plus tôt sembla diminuer et je pus enfin respirer. Finalement, j'avais eu raison de venir… Je me sentais déjà mieux…
Doucement, Emily et Erin s'avancèrent et Sam posa une main sur mon épaule en disant :
– Demain, lorsqu'il fera jour, nous irons constater les dégâts et nous trouverons une solution, mais pour l'instant tu es le bienvenu chez nous, Jacob.
– Nous sommes vraiment désolés de ce qui t'arrive. Lâcha tristement Emily.
– Merci. Dis-je, en sentant mon cœur se serrer.
Tout le monde hocha la tête et un silence nous enveloppa. Au bout d'un moment, Sam et Emily nous quittèrent, Erin et moi, pour monter à l'étage afin d'aller se coucher.
Une fois mon chef et sa femme disparus, je jetai un second coup d'œil à mon Élue. Erin semblait inquiète. Son visage la trahissait.
– Comment vas-tu ? Me demanda-t-elle en pivotant complètement vers moi.
Comment allais-je ? Je n'avais plus de maison, mais je l'avais, elle… C'était tout ce qui importait vraiment, au fond.
– Ça va… Dis-je peu convaincu.
Elle grimaça un peu à ma réponse et je compris qu'elle ne me croyait pas.
– Euh… Emily, elle t'a sorti un oreiller et des couvertures, qu'elle a posées sur le sofa, mais si tu préfères, tu peux prendre le lit de la chambre d'ami, je vais prendre le sofa. Ou… euh… On peut partager le lit de la chambre d'ami, si… ça ne te dérange pas de dormir avec moi.
Mon cœur bondit dans ma poitrine en entendant la dernière option proposée par Erin et je vis son visage virer au rouge cerise. Moi, qui espérait que cela dure plus longtemps que ce simple dîner au restaurant… J'étais servi à présent. Mais, c'était aussi un véritable cadeau empoisonné… D'une part, parce qu'il avait fallu que je perde ma maison au passage pour réaliser ce souhait et, d'autre part, je me demandai : est-ce que c'était trop tôt, trop vite ? Être près d'elle, c'est ce que je voulais le plus au monde et c'était aussi tellement tentant de… jouer avec le feu. Je ne voulais pas brusquer les choses… Allais-je être capable de résister à la tentation, à la passion, à… l'imprégnation ?
Depuis le début, j'essayais de « contrôler » mon imprégnation, afin de respecter Erin et ne pas lui faire peur… mais c'était, incroyablement, demandant de ne pas être avec elle en permanence. Je pensais et avais envie d'elle tout le temps, à chaque seconde qui s'écoulait.
– Alors ? Tu choisis quoi ? demanda Erin puisque j'étais perdu dans mes pensées.
– La dernière option, mais seulement si ça te convient aussi. Dis-je en sentant mon sang affluer vers mon visage.
Ma respiration devint alors saccadée et mon cœur s'emballa dans ma poitrine. Comme si je n'avais pas assez vécu de sensation forte pour la journée…
– D'accord. Alors, viens. Lâcha Erin en se dirigeant vers l'escalier.
Inspirant fortement, j'essayai de me calmer et de réprimer mon sourire. Je tentais le diable sans aucun doute.
Quelques secondes plus tard, je montai les escaliers pour aller retrouver Erin, qui m'attendait en haut des marches.
En passant devant la chambre de mon chef, je songeai à quelque chose de plutôt indécent, ce qui me fit pouffer. Une seule pièce de la maison séparait la chambre d'Erin et celle de Sam. Et si, nous faisons l'amour… J'allais devoir me faire discret…
Pas une semaine ne s'était encore écoulée depuis ma rencontre avec Erin et même si j'avais terriblement envie de lui faire l'amour, je ne voulais pas… me faire rejeter… Je savais que le rejet d'Erin me pousserait à ma perte… Je n'allais jamais m'en remettre… Pas une fois imprégné… C'était elle, mon âme sœur… C'était elle que je voulais… À la vie… À la mort…
-O-O-O-
En entrant dans la chambre d'ami, qui était aussi la chambre d'Erin, je vis mon Élue aller sagement s'assoir sur le lit. Soudain, mon regard s'attarda davantage à elle et je remarquai qu'elle ne portait plus la robe pourpre et qu'à la place, elle portait un short en flanelle gris, un débardeur noir et un chandail noir.
– Tu peux entrer, tu sais… Je ne vais pas te manger…
Rigolant devant son petit air mutin, je me déridai et avançai vers le lit. Retirant mes bottes et mon blouson, que je déposai à même le sol. Je pris, ensuite, place à son côté. Le silence tomba dans la pièce et je sentis la tension monter.
Puis, soudain, Erin lâcha :
– Euh… Je suis vraiment désolée pour ce qui t'arrive. Ça doit être affreux… Mais… Si je peux t'aider… J'ai… Le meilleur ami de mon frère, Lucas, il travaille dans la construction de bâtiments, peut-être, qu'il pourra t'aider soit à réparer ou à te bâtir une nouvelle maison, si c'est ce que tu souhaites… Je vais justement chez mes parents ce week-end, alors si tu veux et que tu n'as rien de prévu… Tu peux venir avec moi ou bien… je peux parler, directement, à…
– J'accepte. Dis-je promptement, sans lui laisser le temps de terminer sa phrase.
Sans dire qu'Erin semblait assez mal à l'aise comme ça, je n'allais pas lui laisser encore le temps s'embourber de la sorte.
– Tu acceptes de venir avec moi sur la réserve Makah ?
– Oui. J'avais congé de toute façon ce week-end, alors… Oui, j'accepte d'aller rencontrer l'ami de ton frère…
Un sourire ourla ses lèvres pleines et roses et je vis dans son regard une sorte d'étincelle.
Incapable de résister davantage à son sourire, je m'étirai un peu et, sans que je m'y attende, elle combla elle-même le vide entre nous pour m'embrasser avidement. Une fois de plus, je sentis mon corps s'enflammer d'une envie puissante. Souriant contre ses lèvres, je la sentis se rapprocher de moi et poser sa main tiède contre ma joue.
À bout de souffle, lorsqu'elle s'écarta de mes lèvres et posa son front contre mon épaule, un soupir m'échappa.
– Pourquoi est-ce si… facile avec toi, Jake ? On se connaît depuis à peine six jours et j'ai l'impression… que tout est… naturel avec toi… Soupira à son tour Erin sur un ton amusé.
Brusquement, je me crispai et essayai de penser le plus vite possible à une réponse convenable. L'imprégnation… Cette réponse ricocha contre mon crâne, mais refusa de passer la barrière de mes lèvres.
– La vie est pleine de mystères, Erin… Répondis-je en glissant mon bras derrière son dos pour poser ma main sur sa hanche.
Mon geste la fit frissonner et cela provoqua en moi une bouffée de chaleur. Son corps répondait si aisément au mien. Elle avait raison, c'était si facile entre nous. Il n'y avait pas d'ambiguïté sur la nature de notre relation en développement… Nous ne voulions pas rester simplement amis.
Tout d'un coup, Erin se décala de moi et me toisa d'un regard étrange. Avais-je dit quelque chose de mal ?
– Toi et le mystère… Pourquoi tout semble tourné autour de ça ? J'ai l'impression que tu me caches… Une partie de toi. Comme ton plus grand rêve ou cette façon que tu as de ne pas répondre franchement à certaines questions…
Sa voix était douce et calme, mais je sentais une pointe de frustration malgré tout. Cela me fit sentir mal. Erin n'était clairement pas dupe. Elle se doutait que je ne lui disais pas tout. Bien que je ne lui eusse pas menti, je me sentais comme un imposteur.
Ça me déchirait de prendre cette décision, car je savais que l'imprégnation me poussait à satisfaire Erin, mais une part de moi était terrorisée à l'idée de lui déplaire par la suite…
Fermant les yeux, je pris une grande inspiration, question de me laisser une demi-seconde de réflexion. Je devais prendre une décision rapidement.
En ouvrant les yeux, je plantai mon regard dans celui d'Erin avec la ferme intention de… lui dévoiler une part de mon secret. Avec Erin, c'était différent d'avec… la fille à vampire que j'eusse aimé… Bella Swan avait en partie deviné seule, mais Erin ne savait même pas pour les vampires, ni rien de nos légendes… Devais-je commencer par les légendes ou lui dire simplement ?
Mon cœur battait si fort dans ma poitrine que j'étais convaincu qu'elle pouvait entendre les pulsations.
– Promets-moi de ne pas me juger, de ne pas t'enfuir et de ne pas me détester. Dis-je en la suppliant.
– Jake… Est-ce que c'est si terrible que ça ? demanda Erin sur un ton de voix inquiet.
– S'il te plait, Erin… Promet-moi…
Plissant les yeux, Erin évalua ma demande et répondit :
– D'accord, mais parle parce que tu commences à me faire vraiment peur.
Rassemblant expressément toutes mes pensées, je me mis à formuler une phrase, sans, vraiment, savoir par où aller et par où commencer.
– D'abord, je n'ai eu aucun contrôle ou choix sur cette condition… Je suis né avec. Je ne sais pas si tu connais certaines légendes de notre tribu, mais on raconte que les Quileutes descendent des… loups.
Prenant une pose, j'essayai d'analyser Erin. Puis, voyant qu'elle ne réagissait pas, je pris cela pour une bonne chose.
– Euh… Bon… Selon nos légendes certains membres de notre tribu ont développé une sorte de moyen de défense afin de se protéger contre une menace. Compte tenu du sang qui coulait dans leur veine, ils ont pu éloigner cette menace en prenant la forme d'un prédateur capable de les affronter.
– Jake… Je… Je ne comprends pas où tu vas avec tout ça… La seule chose que j'ai comprise, c'est que tu es né avec une condition « spéciale »… Mais pourquoi me parles-tu de légendes sur… oh !
Lorsqu'Erin écarquilla les yeux, sa bouche resta entre-ouverte et je vis son visage pâlir. Mon cœur cessa instantanément de battre et j'attendis qu'elle émerge, ce qui arriva au bout de quelques secondes qui me parurent une éternité.
– Euh… Tu… es un loup ? Un loup-garou ? Comme Remus Lupin, dans Harry Potter, une sorte d'hybride humain et loup, ou tu te transformes en un loup complètement, un peu comme Sirius Black ?
Sa comparaison me fit sourire, mais je restai sérieux. J'étais à la fois soulagé et heureux qu'elle connaisse cette saga ! La comparaison était tout simplement parfaite en tout point ! Brièvement, je remerciai, mentalement, J.K. Rowling et répondis à Erin :
– Je ne suis pas un loup-garou comme le professeur Lupin. Je ne me transforme pas en bête assoiffée de chair humaine à la pleine lune. Je suis un modificateur, comme Sirius Black… À la différence que… ma forme une fois transformée est simplement un énorme loup au pelage brun-roux.
– Wow… Je… Mais… Tu n'es pas en train de te foutre de moi. Hein ? Dis ?
– Non, pas du tout, Erin. Lançai-je avec le plus de conviction possible.
– Et tout le reste ? Les dragons ? Les licornes ? Les sorciers ? Ça existe aussi ?
Après ma transformation, je m'étais déjà posé cette même question. C'était ridicule de croire que si nous, les modificateurs, ainsi que les vampires existions, d'autres créatures n'existaient pas, dissimuler aux yeux de tous.
– Peut-être… Je n'en sais rien. Dis-je le plus sérieusement du monde, avant de voir Erin écarquiller les yeux de surprise.
– Et la menace contre qui tu te bats, c'est quoi ?
Inévitablement, une image de certaines personnes s'insinua dans mon esprit et je serrai les dents en grimaçant. Bien que le statut des Cullen soit un secret, il était impossible de cacher ses choses à Erin. Cette fille allait faire partie de ma vie, à jamais, et tous les autres imprégnés étaient déjà au courant, alors, je lui répondis de but en blanc :
– Des vampires.
Le visage d'Erin pâlit encore plus que je ne l'eusse cru. Elle sembla être sur le point de perdre connaissance.
– Erin… ? lâchai-je inquiet.
– Je… D'accord. Des vampires et des hommes-loups. Laisse-moi seulement quelques secondes pour digérer tout ça. Je vais… à la salle de bain et je reviens…
Regardant Erin sortir, rapidement, de sa chambre, je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine. Puis, doucement, j'entendis la voix d'Emily dans le couloir et je perçus les pas des deux femmes descendant l'escalier.
