Il n'était même pas revenu. Elle pensait qu'il viendrait au moins dire au revoir à son frère et sa sœur, mais même pas. Hermione avait un goût de bile dans la bouche. Elle ne savait pas trop ce qui la frustrait le plus entre qu'il ne soit pas revenu ou qu'il soit en colère contre elle. En fait cela la frustrait d'être en colère contre lui. Elle savait bien qu'il avait fait cela pour la protéger mais elle n'appréciait pas la manière dont il s'y était pris. Mais cela l'attristait qu'il ne lui parle plus. Tout ça était compliqué

Qu'est-ce qui se passe avec mon frère ? demanda enfin Ron alors qu'il préparait tous leurs valises pour partir de Poudlard.

Comment cela ?

Je ne suis pas idiot Hermione même si on peut penser le contraire, soupira Ron. Fred n'est pas passé nous dire au revoir, et je ne pense pas que cela soit parce qu'il rentre à la maison. Puis vous vous êtes isolés… et depuis ce jour, plus rien. Tu ne reçois pas de lettre.

Hermione se mordilla la lèvre. Elle ne pouvait vraiment rien cacher à ses meilleurs amis. Harry avait autre chose à faire que de l'aider dans ses histoires de cœurs, mais apparemment cela ne dérangeait absolument pas Ron de le faire. Surtout que cela mêlait la famille du jeune homme. Elle vérifia s'il n'y avait personne dans les parages et elle déballa tous à son meilleur ami. Ron l'écouta attentivement.

Tu devrais lui parler.

Pour quoi faire ?

Mais enfin Hermione ! Pour clarifier la situation idiote. Rassure-le au moins. Là il doit se dire que tu le détestes et que tu ne veux plus jamais le voir. Dis-lui que tu l'aimes toujours et que tu as besoin d'un peu de temps.

Je lui ai dit que j'avais besoin de temps. Et il a répondu qu'on n'en avait pas. Je… je ne sais pas ce qu'il s'imagine.

Il n'y a que lui qui peut te le dire. Donc va le voir.

Et comment ? Je rentre chez mes parents cet été. Je ne peux pas passer le voir.

Envoie-lui une lettre pour un rendez-vous, et il passera sûrement te chercher.

Et après quoi ? Qu'est-ce qu'on va dire, j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'issus.

Bien-sûr que si, contesta Ron. La clé, c'est la communication. Comment voulez-vous surmonter les disputes si vous ne partagez pas vos points de vue ? Juste calme toi, et tente de le comprendre. On a tous des raisons qui justifient nos actes, et je connais mon frère Mione, rarement des mauvaises, surtout à ton égard.

La jeune fille hocha la tête et Ron alla chercher Harry. L'adolescente voulait se donner du temps pour réfléchir à tout cela, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas laisser Fred sans nouvelles plus longtemps. Certes, il n'en donnait pas non plus, mais c'était elle qui avait jeté un froid entre eux. Elle ne l'avait jamais vu énerver contre elle auparavant, et cette vision l'avait beaucoup marqué. Harry débarqua et le trio plia bagage. Aucun d'eux trois ne fut très bavard pendant le trajet de retour. Ginny aurait pu faire la conversation sauf qu'elle était allée avec Neville et Luna. Hermione avait remarqué Lavande qui les avait scrutés de loin mais elle ne s'était pas incrustée. Peut-être cela serait pour l'année prochaine ? Lorsqu'ils arrivèrent à la gare, Molly vint la serrer dans ses bras tout comme Harry. Elle regarda autour d'elle et ne vit pas les jumeaux. Ron avait raison, elle devait tenter de le contacter. Harry ne resta pas plus longtemps avec eux car son oncle et sa tante l'attendaient sûrement dans la gare des Moldu. Hermione l'accompagna car elle ne voyait pas ses parents. Même à l'extérieur de la gare, elle ne les voyait pas.

On peut te déposer quelque part si tu veux trouver un endroit pour attendre tes parents ? proposa Harry sans se soucier des contestations de son oncle.

Je crois qu'ils se sont trompés de jour… j'ai dû leur confirmer une mauvaise date avec tout ce qui s'est passé ! Je vais sûrement demander aux Weasley s'ils peuvent m'accueillir un ou deux jours.

Tes parents ne sont jamais allés au Terrier. Tu pourrais aller voir Fred, au Chemin de Traverse… ils savent aller au Chaudron Baveur donc tu pourras les retrouver plus facilement.

Je ne veux pas embêter, fit Hermione en se pinçant la lèvre.

Mais tu n'embêtes pas, assura Harry. Ils peuvent bien faire cela, ce n'est pas grand-chose ! Puis, rajouta-t-il en murmurant. Tu pourras te réconcilier avec Fred.

Nous n'aurons pas un autre monstre de plus dans cette voiture ! s'énerva Vernon en s'approchant d'Harry.

Et pourquoi pas ? Hermione est bientôt majeure mais ne transplanne pas encore donc on peut très bien la déposer pour une fois.

JAMAIS !

Chéri calme-toi. Bon… on dépose ton amie mais c'est la dernière fois, répondit Pétunia d'un ton sévère en lançant un regard noir à Hermione.

Parfait ! s'écria Harry en attrapant le bras pour l'entraîner avec lui.

Apparemment cela l'arrangeait d'embêter son oncle et sa tante. Harry saisissait toujours l'occasion. Hermione garda sa valise avec elle et la cala sur ses genoux. Harry indiqua à son oncle et à sa tante l'endroit où ils devaient s'arrêter. C'était tendu dans la voiture, Hermione sentait bien que l'oncle d'Harry s'énervait contre le jeune homme, mais d'un autre côté, il avait peur, donc il le faisait quand même.

Ta jambe cela va mieux ? demanda Harry.

Je boite encore légèrement mais cela passera. Et toi ? Cela va aller après tout cela ?

Je dois trouver un moyen de vaincre Voldemort pour qu'il arrête de tuer les gens que j'aime.

Et avec Ron on sera toujours là pour t'aider, affirma Hermione. Tu peux compter sur beaucoup de personnes Harry.

Le jeune homme hocha la tête. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, Harry salua son amie et le couple Dursley repartit dès qu'Hermione eut claqué la porte. La sorcière soupira, navrée pour Harry qu'il doive passer l'été avec ses abominables personnages. La jeune fille pénétra dans le Chaudron Baveur où beaucoup de personnes s'y rassemblaient. En temps normal, cela n'aurait pas étonné Hermione, mais cela l'étonnait qu'à cette époque il y ait autant de personnes. La jeune fille traversa le lieu sans s'arrêter et ressortit dans la rue qu'elle souhaita : Le chemin de Traverse. La jeune fille se sentait plus à l'aise avec cette partie-là, même si venant d'une famille de Moldu elle savait se fondre dans leur masse aussi. Puis elle pila nette : elle ne s'était encore jamais rendue à la boutique de Fred et George. Elle ignorait son emplacement, mais elle se décida bien à scruter toute l'allée pour la trouver. Avec chance elle se retrouverait peut-être face à George. Ou Fred… Elle commençait donc à marcher dans la rue, heureusement pour elle il ne faisait pas du tout froid. Cependant elle reconnut très rapidement leur magasin : c'était le seul qui tapait à l'œil et n'avait pas de teintes foncées. Hermione prit une grande inspiration et bougea jusqu'à la boutique. Elle dormirait au Chaudron Baveur mais au moins elle pouvait parler à Fred ! Puis elle hésita à entrer malgré tout… est-ce que Fred lui en voulait tellement ? La jeune fille s'infligea une claque mentale et ouvrit la porte. Il y avait déjà pleins de farces et attrapes sur les étagères même si la boutique n'était pas encore officiellement ouverte. Hermione contempla l'endroit un petit moment, elle vagabonda dans les rayons, espérant se cacher. Et elle entendit des voix provenant de l'autre bout. Ce n'était pas celle de Fred, donc sûrement George mais elle reconnut aussi Angelina. Elle s'avança vers l'entrée et les vit discuter à la caisse. George s'arrête de parler lorsqu'il la vit :

Salut vous deux, prononça l'adolescente timidement. Comment ça va ?

Bien et toi ? fit Angelina en souriant.

Hermione répondit par un geste de la tête et George fouillait dans un tiroir. Il lui lança des clés qu'elle attrapa.

C'est celle de droite. Fred est à l'appartement. Tu trouveras la porte d'entrée à la réserve. Essayez de ne pas vous entre-tuer.

Merci…

La jeune femme fila rapidement à la réserve et trouva la fameuse porte. Après s'être trompée de clé elle monta un escalier et débarqua dans l'appartement des jumeaux. Le salon était orné de farces et attrapes. Elle tourna sur elle-même pour observer les lieux, ce n'était pas comme Le Terrier, mais cela semblait convivial et accueillant, à l'image des jumeaux. Hermione ne savait pas trop quoi faire, crier le prénom de Fred ? Très mauvaise entrée en matière pour parler posément. Elle entendit une porte s'ouvrir et claquer contre un mur. Elle se retourna. Fred sortait tout juste de sa chambre, en pyjama et les cheveux en bataille. Hermione ne s'empêcha pas de penser qu'il était terriblement mignon comme cela, surtout avec l'air inquiet qu'il affichait lorsqu'il l'aperçut, cela le rendait encore plus craquant.

Salut, murmura Fred. Que fais-tu ici ? Quelque chose s'est passé ?

Salut, souffla Hermione. Non, il ne s'est rien passé. C'est juste que mes parents m'ont oublié, du coup je me suis dit que cela serait l'occasion que l'on parle tous les deux.

Tu voulais dormir ici…

Non, je ne suis pas profiteuse à ce point, je comptais dormir au Chaudron Baveur. Je voulais surtout que l'on mette les choses à plat toi et moi, protesta Hermione en s'approchant de lui, elle allait toucher sa joue et se ravisa. Fred… je n'aime pas être brouillée avec toi.

Moi non plus, avoua le jeune homme en se laissant tomber sur le canapé. Comment va ta jambe ?

Mieux, mais ce n'est pas le plus important. Je suis désolée.

Non, c'est moi qui suis désolé. J'aurai dû t'en parler dès le début, je n'aurai pas dû te le cacher. Mais j'avais peur que cela affecte notre relation Hermione. Et au final oui…

Je n'aurai pas dû te tenir responsable pour ce que l'on te demande de faire. Je n'aurai pas dû être si en colère contre toi. J'aurai dû te laisser parler, coupa la jeune fille la voix tremblante. Tout est de ma faute.

Bien-sûr que non, assura Fred en la prenant dans ses bras alors qu'elle pleurait. Je n'aurai pas dû m'énerver

Mais la dernière fois… t'as dit quelque chose. Tu as dis qu'on avait peut-être plus tout le temps… depuis quand as-tu peur de mourir ? Comment peux-tu même penser que tu vas mourir ?

Je n'ai pas peur de mourir Mione, déclara Fred en jouant avec les cheveux de la jeune fille. J'ai peur de devoir supporter ta mort si un jour cela arrivait. C'est toi la plus proche d'Harry, c'est toi qui prends le plus de risques.

Je ne mourrai pas, affirma Hermione en encadrant le visage de Fred de ses deux mains. Et toi non plus, et on sera heureux.

Fred rigola en enfonçant la tête d'Hermione dans sa nuque.

Ce n'est pas moi qui suis censé être optimiste ?

Faut croire qu'on déteint l'un sur l'autre.

Ce n'est peut-être pas pour le pire.

Fred embrassa la joue d'Hermione et posa son front contre le sien.

On reprend doucement ? souffla Hermione.

Hmmmm, seulement si tu restes chez moi quelques jours.

Tu me fais du chantage ! s'écria Hermione en lui tapant l'épaule.

Pas du tout, je m'assure juste de rattraper le temps qu'on a perdu à se bouder.

Il est vrai que cela serait une bonne idée.

Donc tu restes pendant les vacances ? espéra Fred.

Je reste quelques jours ici, puis j'irai voir mes parents car je ne les vois que pendant les vacances d'été, et je reviendrais te voir au moins les deux dernières semaines avant les vacances. C'est promis.

Hum… cela me va ! De toute façon je sais où tu habites, je n'ai plus qu'à transplanner pour venir t'embêter.

Parce que tu comptes venir m'embêter souvent ?

Plus souvent que tu ne le penses !

Hermione alla l'embrasser mais s'immobilisa quand elle entendit la porte s'ouvrir mais Fred avait comblé de lui-même le vide entre leurs lèvres.

Ah bah vous faites des séparations de l'éclair vous deux ! Bonne nouvelle du coup ?

Et toi bonne nouvelle ? T'as enfin donné son rendez-vous à Angelina ? Celui qu'elle attendait temps ? déclara son frère avec plein de sous-entendu qu'Hermione comprit bien.

Oui, marmonna George. Mais ce n'est pas amusant de parler de moi alors qu'on pourrait parler de vous deux. Je veux tout savoir sur votre rabibochage !

Tu m'épuises déjà !

C'est le but, mais sache que papa sera content de savoir que vous vous êtes remis ensemble car il culpabilisait.

Sérieux ?

Bah, en même temps c'était un peu de sa faute.

Non, ce n'est pas lui qui a soumis l'idée, il s'est juste contenté de la faire transmettre. Il ne le souhaitait pas plus que moi je pense, défendit Fred.

Et si juste on ne parlait juste plus de cela ? proposa Hermione.

Houlà c'est quand même toujours sensible ! Faites-moi penser de ne plus l'aborder ! Bon tu restes combien de temps belle-sœur ?

Les vacances, répliqua Fred avec un sourire malicieux.

Menteur ! s'esclaffa Hermione. Je viens quelques jours mais je reviendrai en fin de vacances vous importuner !

Toi, nous importuner ? s'étonna faussement Fred.

T'importuner toi surtout.

Ah bah j'espère bien !

PAUSE ! hurla George. Hors-de-question que je tienne la chandelle.