Chapitre 11 Pourquoi ?

- Logement de fonction -

Hermione Granger était à ce moment là la sorcière la plus surprise du monde, n'ayant qu'à peine décroisé les bras. Elle n'arrivait pas à croire que Luc Bertier était en train de l'embrasser. Mais sa façon de faire était assez différente de celle de tous ses prédécesseurs. Certes les prédécesseurs n'étaient pas si nombreux non plus, deux en réalité, mais tellement différents. Viktor était un peu maladroit, à la fois un peu gêné et hésitant sans doute à cause de la différence d'âge. Ron était fiévreux et empressé, souvent il laissait aussi ses mains vagabonder avec même un peu trop d'insistance. Luc Bertier, lui, était assez loin de ces deux là. Il était doux et mesuré sans doute peu enclin à la brusquer. La preuve en était qu'il ne cherchait nullement à prolonger passionnément le baiser. Bien au contraire en réalité, tellement qu'il se rendit compte aisément qu'elle n'était pas à l'aise et le rompit rapidement. Mais il avait le regard plongé dans celui d'Hermione.

- Excuse moi, je n'aurai pas dû. Pas sans ta permission.

" Ma permission ? Qu'est-ce qu'il raconte ?"

- Si tu veux me gifler n'hésite pas.

- Luc... pourquoi ? Si c'est pour délirer je n'apprécie pas du tout, fit elle légèrement stoïque.

- Je ne délire nullement, je... je voulais t'embrasser.

- Tu as perdu la tête ou quoi?

- Non je sais très bien ce que je fais.

Hermione était assez surprise et cela se voyait sur son visage, elle ne savait plus trop quoi penser de la situation.

- Luc ce n'est pas une bonne idée. On ne devrait pas.

- J'embrasse si mal que ça ?

- Luc, cette situation, notre cohabitation, ça doit t'embrouiller.

- M'embrouiller ? Non Hermione pas le moins du monde. Mais si ça t'incommode tant que cela, oublions.

Il se dégageait lentement et mûe par un besoin d'explications, Hermione l'attrapa par le revers de sa veste.

- Attends... tu es sérieux ?

- Comme jamais Hermione, tu es la femme la plus extraordinaire qu'il m'aie été donné de rencontrer et je sais que tu ne cherches sans doute rien mais...

- Mais?

- J'y peux rien... tu m'obsèdes. Je n'ai jamais rencontré une personne qui soit aussi proche de moi dans ma façon de penser et d'être.

Hermione le regardait surprise, c'est vrai qu'ils étaient assez complémentaires, la même volonté de bien faire et de réfléchir.

- Luc, je ne sais pas si je suis prête à quoi que ce soit en réalité.

- C'est pour ça que j'hésitais, je ne voulais pas t'imposer une relation alors que toi comme moi savons qu'une fois cette affaire résolue, tu rentreras en Angleterre.

- Une relation ?

- Je suis du genre sérieux Hermione, je ne cherche pas juste à assouvir certains besoins.

- Tu ne veux pas juste coucher avec moi?

- Non Hermione, je ne suis pas homme obnubilé à l'idée de coucher avec quelqu'un.

Hermione fut encore plus dubitative en réalité. Luc cherchait en réalité à créer quelque chose et s'était même fait un devoir de ne pas tenter quoi que ce soit pour ne pas la brusquer. Elle devait bien reconnaître qu'il y avait quelque chose chez lui d'attirant et d'intriguant. Il réunissait pas mal de choses qui lui plaisaient chez un homme : de l'intelligence, de la modération, de la conversation et même si ce n'était pas le plus important pour elle, un physique qui ne la laissait pas indifférente. Même cette façon de s'excuser pour l'avoir embrassée était plaisante, il ne désirait pas la brusquer. Son cerveau se mit en marche cherchant à comprendre d'éventuels signes de ce qu'elle ressentait pour lui. Elle adorait discuter et comparer leurs vies, jamais il ne l'avait rabaissée et toujours il la soutenait dans sa façon d'être. Cependant, elle doutait grandement de la viabilité de cette relation, et de son avenir.

- Luc... je...

- Si tu ne le désire pas je peux tout à fait le comprendre et je ne peux t'en vouloir.

Comme un déclic, elle se souvint de ce qu'avait dit Madame Maxime, que l'hésitation pouvait apporter des déceptions et que les déceptions avaient déjà été assez nombreuses précédemment. Elle ne voulait plus de ces déceptions... Elle l'attira doucement à elle et cette fois, ce fut elle qui initia un baiser d'une tendresse incroyable, rien de fiévreux juste un désir important. Elle le sentit poser doucement sa main sur sa joue tandis que ce baiser se fit plus intense et que leurs langues s'effleurèrent lentement entamant un ballet de caresses. Leurs souffles s'unissant dans un moment de volupté qu'elle désirait voir s'éterniser en passant sa main sur le crâne au cheveux courts de cet homme près d'elle. Une douce odeur envahissait même ses narines, celle du parfum de Luc, un mélange de menthe et d'agrumes. Elle réalisa soudain que c'était ce qu'elle avait senti sous l'amortentia dans la maison close et comprit qu'inconsciemment sans doute, elle était déjà attirée par cet homme. Le baiser s'interrompit tandis que leur front entrèrent en contact posés doucement l'un contre l'autre.

- Dois-je comprendre que tu laisses tomber tes doutes ? fit il en lui souriant.

- Devine... fit elle rougissante et redéposant un petit baiser sur les lèvres de Luc.

- J'ai encore un doute... fit il avec un clin d'œil.

Hermione ne put que sourire en se mordillant la lèvre doucement. Elle appréhendait tellement la suite qu'elle fut surprise quand il s'adressa à nouveau à elle.

- J'espère que cela ne t'empêchera pas de dormir.

Hermione le regarda étonnée avant de comprendre ce qu'il insinuait. Il ne tenterait rien de plus ce soir.

- Dois je lire de la déception Mademoiselle Granger ?

- Non, je préfère d'ailleurs.

- C'est bien ce que je pensais.

- Comment savais-tu que je ne serai pas...

- Du genre à finir immédiatement dans une de nos chambres ? Simple, tu m'as dit une chose sur ta rupture et la raison, j'en ai donc conclu que tu serais plus encline à prendre ton temps.

- Au moins je n'ai pas à le préciser moi-même.

C'était un certain avantage pour elle, elle n'était pas prête à aller plus loin aussi vite et surtout à se montrer dans le plus simple appareil avec son corps meurtri. Et c'était même avec gratitude qu'elle le vit repartir dans sa partie du logement après lui avoir souhaité une bonne nuit.

Dans sa chambre cependant, c'était à nouveau les doutes qui s'emparèrent d'elle, surtout sur la patience dont pouvait faire preuve Luc.

- 17 novembre 1992 - Bureau d'enquête

Tandis que les jours passaient pour que l'unité prépare le contact avec Le Cercle du Livre Noir, la relation entre Hermione et Luc s'était fait plus naturelle. Celle-ci commençait peu à peu à se laisser aller à des élans de tendresse avec Luc surtout lorsqu'ils se retrouvaient seuls le soir et dinaient ensemble. La soirée finissait en général sur le canapé à s'échanger baisers et câlins sans jamais aller trop loin. C'était en réalité autant par crainte d'Hermione que par le désir de savoir si Luc était réellement quelqu'un de sérieux. Et étonnamment cet homme la rassurait, il ne cherchait jamais à la pousser plus loin dans leur relation préférant laisser les choses se faire des plus lentement. Était-ce lié à son éducation ou même encore à son savoir vivre mais jamais il ne laissait ses mains explorer le corps d'Hermione. Elle était même assez circonspecte par moment hésitant parfois à le laisser caresser son corps avec la même tendresse qu'il pouvait l'embrasser.

D'un commun accord, ils décidèrent d'agir avec une totale discrétion. En effet, hors de ce logement jamais ils n'avaient le moindre geste d'affection l'un envers l'autre à part parfois laisser leurs doigts s'effleurer ou quelques regards se voir échanger.

C'est ainsi que le dix-septième jour de novembre, le capitaine Martin leur annonça la nouvelle.

- Bon écoutez moi tous, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

- Commencez par la bonne, fit Delphine.

- On peut tenter d'entrer en contact avec le Cercle du Livre Noir. J'ai eu l'accord des supérieurs et de la ministre.

C'était en effet une excellente nouvelle mais cela ne laissait présager rien de bon quant à la mauvaise.

- Ensuite, pour la mauvaise il s'agira d'agir discrètement sans éveiller les soupçons.

- Vous pouvez expliquer? demanda Coralie.

- Nous ne devons que recueillir des renseignements, aucune interpellation et aucun renfort.

- Super ça va être compliqué pour se pointer, fit Luc.

- Il y a une solution Lieutenant Bertier, infiltrer quelqu'un lors de leurs soirées.

Hermione fut surprise qu'ils n'aient en réalité aucun moyen de pression, sans doute était-ce lié à la corruption que le Cercle devait exercer. Puis alors qu'elle regardait attentivement le capitaine, Hermione se rendit compte qu'il l'observait avec une certaine insistance.

- Une seconde, vous voulez dire moi?

- Vous n'irez pas seule, avec Delphine.

- Mais je sais pas faire ça moi... justifia Hermione.

- Vous allez devoir apprendre vitesse grand V. Leur soirée est demain.

- Mais...

- Je m'y oppose, fit Luc.

- Je vous demande pardon Lieutenant ?

Hermione regarda Luc méchamment, elle lui avait pourtant bien indiqué qu'elle ne désirait pas être surprotégée par lui durant leur enquête. Luc la regarda rapidement préférant se justifier.

- Ce sont des gens habitués à rouler tout le monde. Pas des crétins sous amphétamines.

- Justement, le Lieutenant Granger est la seule à pouvoir passer pour une étrangère cherchant à embaucher.

- Je dois donc jouer à l'anglaise ? Ça va me changer.

- Et le Lieutenant Albin jouera le rôle de votre assistante pour vous couvrir.

- Mission entre filles, fit celle-ci.

- Ça va changer.

- Mais le Lieutenant Bertier va essayer de vous briefer lui qui s'est déjà infiltré par le passé.

L'équipe choisit alors d'installer diverses chaises tandis que Coralie lui cherchait une tenue dans les pièces à conviction pour passer pour une richissime cliente du cercle.

- On commence par simple, trouve toi un nom que tu ne peux pas oublier. Et surtout pas quelqu'un que tu connais.

Hermione réfléchit à quel pseudonyme utiliser. Ce n'était pas chose facile et elle utilisa alors sa culture générale préférant mélanger les noms d'auteurs moldus.

- Agatha Doyle, fit elle avec un sourire.

- Si tu peux le retenir, fit Delphine. Tu m'appelles Griselda. Je serai comme ton employée, habitue toi à m'appeler comme ça, si ils nous renseignent nous devrons dormir dans cet hôtel. Il serait compliqué de repartir immédiatement.

- Parle nous de toi, fit Jean.

- J'ai euh, vingt ans, fit elle en posant ses mains sur ses genoux, j'ai été élevée à Londres...

- Tuuut, fit Luc.

- Quoi?

- Tu viens de te faire griller.

- Mais pourquoi ?

- Tu fais trop première de classe.

Hermione le regarda méchamment.

" Celle-là tu vas me la payer ce soir..."

- C'est pas une critique mais ces gens sont snobs et imbus d'eux-mêmes. Tu dois avoir l'air plus riche et sûre de toi.

Hermione réfléchit et se dit qu'au moins une fois dans sa vie Drago Malefoy allait être utile. Elle essaya d'imiter sa nonchalance et son maintien, croisant les jambes et adoptant un regard hautain.

- Je suis un pur produit de la noblesse Londonnienne, écrasant et manipulant sans vergogne les moldus et les sorciers de plus basses extractions.

- Elle le tient bien, fit Delphine. Juste un peu plus dédaigneuse et c'est parfait.

Hermione tenta alors le petit truc en plus en regardant Delphine.

- Silence Griselda, le petit personnel doit rester à sa place.

Hermione se surprit elle-même et entendre l'équipe rire de cela la rassura. Elle semblait crédible.

- Un souvenir ? fit Delphine souriant des progrès rapides d'Hermione.

- Je me rappelle qu'avec Montague, un de mes amis...

- Tuuut.

- Quoi encore?

- Hermione, utiliser des noms de ton passé pour crédibiliser ton histoire peut sembler une bonne idée.

- Ça ne l'est pas?

- Imagine que ce Montague soit en lien avec eux. Tu finis avec un joli Avada Kedavra dans le dos.

- D'ailleurs tu sais t'en servir ? demanda Jean.

- D'un impardonnable ? T'es dingue?

- Ça fait partie de nos prérogatives, si il existe un cas de danger extrême tu peux en user.

- L'un de vous s'en est déjà servi? demanda-t-elle inquiète.

Elle regardait surtout Luc espérant que ce ne soit pas le cas. Mais il était évident aussi qu'il s'agissait peut-être de l'arme de dernier recours.

- Le capitaine il paraît, pour sauver son équipier, mais en général on fait autrement, dit Delphine. Mais si tu n'hésites pas en cas de besoin cela pourrait être utile.

- Je préfèrerais ne pas m'en servir. Donc je fais quoi pour une anecdote?

- Tu racontes une chose mais tu ne donnes aucun nom ni détails trop précis.

Hermione reprit donc le personnage d'Agatha Doyle et choisit soigneusement son anecdote.

- Plus jeune j'adorais faire souffrir les filles des autres maisons, un petit dentesaugmento bien senti et ces êtres inférieurs étaient ridicules.

- Ça sent le sadisme, c'est pas mal, fit Jean.

- Alors, vu que tu es moldue à l'origine, il faudrait que tu restes concentrée sur l'idée des méchants dans les James Bond, fit Delphine.

- Sérieux ? Drôle de référence.

- Oui mais plus c'est caricatural plus ça peut passer facilement.

- Ok...

- Maintenant, il faudrait trouver la raison pour laquelle on cherche des spécialistes en sorts de dissimulation et de protection.

- Ça c'est assez simple...

- Ha bon? fit Luc

- Oui, en Angleterre, depuis la fin de la guerre, le ministère s'est fait un devoir de retrouver toutes les sources de magies noires dans les familles sorcières de sang-purs et des différents partisans. On pourrait imaginer qu'Agatha Doyle aie besoin de dissimuler divers artéfacts étranges.

- Pas mal, fit Delphine. Mais il va vraiment falloir ruser.

- Pourquoi ?

- On ne sait pas réellement qui tu vas rencontrer du Cercle du Livre Noir et le nombre de clients risque d'être élevés. Pas mal de gens louches vont tenter de créer des liens avec eux comme souvent quand ils organisent ce genre de soirée mondaine, justifia Luc.

- Et surtout je peux pas annoncer immédiatement vouloir Isabelle Leblanc.

- Par contre, ajouta Delphine, on pourra s'en servir.

- Comment ? demanda Jean prenant de vitesse Hermione.

- On pourrait dire qu'on nous a conseillé ses services.

- Ça va compliquer pas mal toutes ces choses auxquelles faire attention.

La conversation s'interrompit sur la porte du service qui claqua, laissant apparaître une Coralie plus que chargée de vêtements divers.

- Superbe ma journée shopping, fit Coralie en déposant sur un bureau tout ce qui pouvait faire assez riche et en imposer.

- Wouah... merde c'est quoi ce truc?

Hermione venait de retirer de la pile une robe dorée dont le bas arrivait sans doute à la limite des fesses et où le décolleté devait descendre jusqu'au nombril.

- Ça claque hein?

- Mais je vais pas porter ça, t'es folle?

- Bah quoi?

- C'est une bourgeoise pas une tapineuse, fit Delphine en riant.

- Et puis tu sais pourquoi... fit Hermione en chuchotant.

- Ha oui? Bon ben... tant pis... vous croyez que je peux la garder? demanda Coralie.

- Tu comptes sortir avec ça ? demanda Luc.

- Sortir non... mais pour une petite soirée coquine avec Damien...

- Pas de détails, fit Hermione amusée.

- Bon allez Julia Roberts, on va la jouer Pretty Woman...

Coralie emmena sa pile de vêtements et Hermione dans les vestiaires, présentant ainsi à celle-ci divers tenues.

- Uniquement avec des manches, fit Hermione.

- Bon, ben la moitié de côté.

- C'est possible en pantalon, s'il-te-plaît.

- Pourquoi ?

- J'ai pas envie de me faire draguer toutes la mission, on doit bosser.

- D'autres choses ? Tu dis oui au décolleté ou pas?

- Si tu veux, fit Hermione en soupirant.

C'est ainsi qu'au fur et à mesure, la tenue fut choisie et était très loin de ce que portait Hermione en général. Un pantalon de cuir gris extrêmement moulant, qui nécessiterait des dessous très petits et très fin; ce pantalon serait porté avec de grandes cuissardes noires à talons hauts qui donnaient quelques difficultés à Hermione. Le haut serait de la même matière mais d'un rouge sang très imposant et dont la fermeture éclair resterait ouverte jusque la moitié de la poitrine dévoilant largement plus que nécessaire mais qui irait bien au personnage selon Coralie. Le dernier détail : une paire de lunettes de soleil aux verres bleus. Elle ressemblait réellement aux femmes fatales d'un James Bond.

- Bon vous êtes prêts ? fit Coralie à l'équipe d'enquête.

" Merlin, c'est vraiment pas moi, je me sens pas à l'aise et ce putain décolleté est vraiment pas discret."

- Je vous présente Agatha Doyle.

Hermione sortit alors du vestiaire en arborant un port de tête altier et des airs de duchesse friquée et jetseteuse. Elle décida d'agrémenter d'une petite réplique.

- Griselda, apportez moi du champagne.

L'équipe la regardait amusée et elle observa avec beaucoup d'attention le visage de son désormais petit ami. Il semblait le plus étonné de tous, la regardant avec un certain désir en plus.

" Merlin... ça va lui donner des idées."

- Alors, je suis crédible?

- Je serai vingt ans plus jeune, je veux bien être corrompu directement, fi Jean.

Hermione eut un petit sourire en coin quand elle vit le regard noir de Luc envers Jean. Ainsi donc Luc avait un petit côté jaloux qui ne lui déplut aucunement. Elle s'approcha du bureau où les plans de l'hôtel avaient été disposés pour mieux étudier les éventuels moyens de fuite qui resteraient à sa disposition en cas de besoin. Le fait de devoir s'habituer à sa tenue et ses talons la mettait assez mal à l'aise et tandis que les autres collègues préparaient d'autres informations elle interrogea discrètement Luc.

- Ça fait pas trop bizarre?

- Surprenant, fit celui-ci amusé.

- D'avance n'imagine pas que je porterai ce genre de tenue souvent. Pas trop vulgaire ?

- Ça va avec le rôle, mais ce pantalon a le don de te mettre en valeur. Même si tu es sublime à la base.

- Je vous jure, fit elle en levant les yeux au ciel.

- Mais je me demande quelque chose...

- Quoi donc?

- Où dissimule-tu ta baguette ? fit il avec un sourire en coin.

Elle le regarda amusée et préféra rester dans le personnage et lui répondit en haussant les sourcils.

- Il n'y a pas beaucoup d'endroits envisageables, Lieutenant Bertier.

Elle le vit alors déglutir assez nerveusement, lui confirmant que son air de séductrice était au point et cela lui fit assez plaisir d'ailleurs mais elle ne cessait de penser que peut-être elle devrait discuter de ses craintes avec lui car elle espérait que cette relation devienne plus sérieuse encore. En effet, même si leurs sessions câlines dans le canapé lui plaisaient, il faudrait bien aller plus loin un jour.

Le reste de la journée fut surtout une succession d'enregistrement d'informations et de préparation pour rester constamment dans le rôle d'Agatha Doyle.

- Logement de fonction -

Lorsqu'ils rentrèrent le soir même, Hermione avait un peu la boîte crânienne en ébullition. Elle avait dû mémoriser pas mal de choses sur les gens qui risquaient de s'y trouver et en plus créer son personnage. Étant donné qu'elle aimait lire, elle croyait que ce serait aussi simple qu'écrire une histoire mais à la différence de cela, elle devait surtout créer des détails sans en donner trop justement. Et ça c'était compliqué, bien plus que le reste. Jouer un rôle était amusant mais mentir en utilisant ses souvenirs mais de sorte que ce ne soit pas vérifiable était une véritable gymnastique intellectuelle. Heureusement qu'elle était assez loin d'être stupide.

La soirée était plus calme que d'habitude et lorsqu'ils s'installèrent sur le canapé, Hermione à califourchon sur lui pour mieux l'embrasser, elle espérait surtout plus discuter que de roucouler.

- Ça va Hermione ?

- Je suis un peu inquiète en fait.

- C'est normal. Et sans te mentir ce sera pire demain. À chaque instant tu vas te dire que tu vas faire une connerie et te faire descendre.

- Tu sentais cela à chaque fois ?

- Les deux premiers mois en fait. Après je m'y suis habitué.

- Tu as de vrais conseils, des trucs utiles?

- Le genre d'anecdotes que tu as donné, comment tu t'en prenais aux nés moldus.

- Crédible ?

- Ça sentait le vécu.

- Je l'ai vécu... attends, fit elle en quittant ses genoux et filant dans sa chambre.

Hermione ressortit quelques instants plus tôt et lui tendit une photo d'elle lors de ses premières années.

- Je n'avais pas une très belle dentition. Mes dents avaient une taille supérieure à la normale.

- Ça n'enlevait rien à ta beauté.

- Merci... Mes parents sont dentistes, ils disaient toujours que la médecine suffirait pour corriger.

- Je peux comprendre vu qu'il n'avait pas de notions magiques au premier abord.

- J'ai subi ce sortilège, encore Malefoy...

- Un petit merdeux j'ai l'impression.

- Pas qu'un peu, et j'ai saisi l'occasion. Madame Pomfresh m'a dit de confirmer la longueur d'origine, j'ai réduit un peu plus. Je ne voulais plus qu'on se moque de moi.

- Le talent attire la jalousie.

- Mouais si tu le dis...

Hermione regardait Luc avec beaucoup d'attention désirant lui annoncer la vérité sur ses craintes et elle avait réfléchi. Déjà parce qu'elle avait peur pour l'infiltration mais aussi parce que elle voulait lui prouver la confiance qu'elle avait en lui.

- Luc... est-ce que tu voudrais dormir avec moi ce soir... j'ai... peur pour demain.

- D'accord aucun problème, fit celui-ci surpris.

- Luc... dormir.

- Hermione je ne suis pas sourd.

- Je précise, je vais me changer.

- Préviens moi quand tu es prête.

Hermione appréciait ce petit détail chez lui, à l'inverse de Ron, il lui laissait autant que possible de l'intimité. Elle choisit soigneusement sa tenue pour le soir: un pantalon noir et un débardeur noir, avec un gilet pour l'instant.

- Tu peux venir... dit elle.

- J'arrive, fit il au loin, sans doute était il allé lui même se changer.

Elle attendait debout touchant nerveusement la fermeture éclair du bout des doigts.

- J'aime bien ta déco, dit il en rentrant. La dernière fois j'ai pas eu trop le temps de l'admirer.

Hermione s'était en effet fait un devoir de s'inspirer des dortoirs et salles communes de Gryffondor pour décorer sa chambre afin de se sentir plus aisément à sa place.

- Assieds toi Luc, fit elle en indiquant son lit.

Celui s'exécuta en la regardant surprise. Elle s'assit en face de lui et inspira profondément et très lentement réfléchissant à comment se lancer.

- Vu qu'on va dormir ensemble, il faut que je t'explique quelque chose.

- Je saurai me retenir.

- Hein? Non pas ça, fit elle amusée de sa précision. Par rapport à mes cauchemars.

- Tu n'es pas obligée tu sais.

- Je le veux... En fait, durant la guerre, moi, Harry et Ron nous sommes retrouvés à nous cacher dans une tente car notre cachette n'était plus sûre.

Elle réfléchissait à comment amener son explication.

- Pour nous cacher je lançais des "salveo malefica", des "protego totalum", des " repello moldum" et même des "assurdiato"...

- Tu m'impressionnes.

- Je m'étais préparée activement, Dumbledore nous avait confié une mission importante. Dont je ne peux pas parler d'ailleurs.

- D'accord, ce n'est pas grave.

- Nous nous cachions et nous avions faim, mais nous progressions, nous avions mis la main sur l'épée de Godric Gryffondor. Et Harry a fait une erreur.

- Laquelle ?

- Il a prononcé le nom de Voldemort. C'était un tabou.

- Ho pas bête, seuls ses ennemis devaient prononcer son nom. Désolé je t'interrompts.

- Non c'était exactement l'idée. Et alors des rafleurs sont arrivés. C'était des partisans qui...

- Hermione, je suis français.

- Et? fit elle ne comprenant pas trop.

- L'histoire moldue, la seconde guerre mondiale, en France le mot rafle a pris de l'importance, je crois comprendre.

- D'accord ça facilite l'explication. Et ils nous ont emmenés au Manoir Malefoy.

- Le même que...

- Oui ce Malefoy là mais le manoir était surtout un point de chute pour mangemorts. Bref, plusieurs détails sans importance plus tard. Bellatrix Lestrange a découvert l'épée... Elle était censée la posséder dans un coffre à Gringotts et elle a voulu m'interroger.

Hermione leva alors la jambe de son pyjama dévoilant certaines traces qui le temps passant avaient déjà bien cicatrisées.

- Elle a commencé par les jambes.

- Hermione...

- Laisse moi finir Luc. Pendant qu'elle me... torturait elle parlait de ce coffre et ça nous a bien aidé ensuite...

- Tu as mémorisé l'information en te faisant torturer? Et tes amis?

- Pas eux... je pense que c'est parce que tous les deux étaient issus de lignées sang-purs, on ne fait pas couler leur sang.

Hermione fit glisser la fermeture éclair de son gilet et souleva un peu le débardeur pour dévoiler les traces de son ventre. Elle ne regardait même plus Luc dans les yeux.

- Elle a enchaîné sur mon ventre et ma poitrine..., fit elle un peu au bord des larmes.

Elle attrapa les deux côtés du gilet et pour l'enlever quand Luc posa ses mains sur les siennes. Elle le regarda surprise.

- Ça te dégoûte ? demanda-t-elle un peu inquiète.

- Non mais ça te fait du mal.

- Je veux que tu saches, ce que je vais te montrer seules deux... non trois personnes sont au courant. La première est ton amie Fleur quand elle a soigné mes blessures après notre fuite, la seconde est Madame Pomfresh après la grande bataille pour soigner mes nouvelles blessures. Et puis Coralie...

- Coralie ?

- Quand j'ai dû essayer le gilet pare-sortilèges.

- Ha d'accord.

- Mais je n'ai jamais montré cela ni à Harry, ni à Ron. Tu es... le premier homme à le voir.

Elle enleva alors le gilet en poursuivant son histoire.

- Bellatrix a choisit de me marquer avec une lame enchantée qui empêche les plaies de cicatriser totalement.

Elle l'entendit presque grincer des dents comme par colère. Elle sentait les larmes couler quand elle continua:

- Mon... mon nom devait apparaître sur mon bras pour que jamais... je n'oublie, fit elle en tendant son bras et les mots horribles qui y figuraient.

Luc prit son bras qu'elle lui tendait et le regarda avant de plonger son regard dans ses yeux.

- Je suis désolé, je ne savais pas que c'était à ce point là.

- Tu trouves cela horrible hein?

- Hermione, dit il en posant sa main sur sa joue essuyant la larme qui coulait de son pouce, ce n'est pas horrible à voir mais cela a dû l'être à vivre. Tu n'as jamais parlé de cela?

- Jamais, fit elle en se préparant à remettre le gilet mais Luc l'en empêcha. Qu'est-ce que tu...

- N'aie pas honte, pas devant moi.

Il l'embrassa alors et elle fut rassurée que son corps meurtri ne le dégoûtait pas, se laissant s'allonger sur le lit près de lui.

- Tu es encore plus courageuse que je ne pensais.

- Pour?

- Tu as subi la torture et tu as conservé presque le secret.

- En fait Harry et Ron m'ont entendue être torturée mais ils étaient enfermés. Mais ils pouvaient rien faire.

- Tu sais je pense que tu aurais pu en parler à ton ami Harry.

- Pourquoi ?

- Si c'est lui qui a prononcé le tabou et que tu as subi cela ensuite, as tu pensé qu'il pouvait se sentir responsable ?

Hermione se rendit compte alors qu'elle n'avait même pas pensé à cela. Elle s'était enfermée dans son mutisme là-dessus et n'avait jamais partagé sa peine.

- Cela ne te gêne vraiment pas? Mon corps je veux dire...

- Pas du tout, je serai mal placé pour juger après tout.

- C'est vrai que ce n'est pas très sexy non plus.

- Merci bien, fit il avec un sourire.

Elle s'approcha alors pour l'embrasser langoureusement sentant pour la première fois la mains de Luc lui carresser le bras. Elle se sentait en confiance avec lui et elle commençait à désirer bien plus, se disant qu'après cette infiltration, il serait temps de songer à lui permettre plus de choses. Elle interrompit alors le baiser sentant quelque chose d'assez dur contre son bassin.

" Merlin, c'est bien ce que je pense ? C'est gros..."

- Luc? Rassure moi... c'est ta baguette ou dans le cas contraire tu dors dans ta chambre.

- Nous dirons donc que c'est ma baguette.

- Luc... Je ne... comment dire... je suis pas encore prête à plus.

- Aucun problème.

- L'esprit dit quelque chose et le corps autre chose.

- Mais lequel est le plus dangereux ? dit il avec un sourire mesquin.

- Luc!

- Je plaisante... je me tiens bien promis.

- T'as intérêt...

- J'ai le droit de t'embrasser quand même ?

Elle était allongée sur le dos en le regardant et lui fit signe de s'approcher. Ce qu'il fit sans se faire prier. Elle appréciait son respect plus que certains même si sa bonne résolution faillit exploser en plein vol lorsqu'elle entendit la phrase de Luc qu'il glissa à son oreille d'une voix suave.

- Ces marques je les ferais disparaitre en inscrivant l'amour sur chaque grain de ta peau.

Réponse au review

Katymyny: je te rassure dans les reviews qu'importe l'orthographe :) Ensuite j'essaye d'en faire un couple assez naturel pour les décrire surtout avec les traumatismes ( même si quand ca va devenir croustillant ça sera assez poussé). Mais l'enquête reste assez prioritaire par rapport à l'initiation charnelle d'Hermione. Ensuite pour Sherlock Holmes de Guy Ritchie c'était le concept même si je n'ai las regardé le film exprès et même si ce sont les bases du CQC militaire. Bonne continuation. ( Au fait je ne connais nullement Paris, je suis belge lol)