Chapitre 12: Attaque et Dumbledore
Nous commençames par les livres de cours, puis passâmes chez Madame Guipure pour James, qui avait besoin de nouveaux uniformes, ayant encore grandi durant l'été. Alors que l'on se dirigeait vers la boutique de chaudrons, je remarquai un couple qui me regardaient. Je ne croyais pas les connaître, leurs visages ne m'étaient pas familiers. La femme semblait être dans la trentaine, avec de longs cheveux bruns et une belle peau de teinte cuivrée et l'homme, qui devait être un peu dans la même tranche d'âge, avait des cheveux noirs noués à la nuque et des yeux un peu bridés. Ils me dévisageaient et ça me rendait un peu mal à l'aise. Sirius m'attrapa par le bras alors que j'allais passer droit devant notre destination, pour m'entraîner avec eux à l'intérieur. Une fois entrée, je retournai à la porte et regardai de nouveau dans la rue, les cherchant du regard. Ils n'y étaient plus, ils devaient être repartis parmi la foule de passants. Sirius vint me rejoindre et regarda dans la même direction que moi.
- Qu'est-ce que tu regardes? me demanda-t-il.
- Oh. Rien… Il y avait des gens bizarres qui me regardaient, mais ils sont partis…
Il jeta un autre regard par la fenêtre en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce qui se passe? Demanda James, s'approchant de nous avec un air préoccupé.
- Probablement rien… Dis-je. Bon, je vais acheter mon chaudron. À quel point c'est excitant? Dis-je avec un ton sarcastique.
- Dor, tu dois commencer à apprécier davantage les Potions, dit Lily, entourant mes épaules de son bras affectueusement.
- Je devrais, mais c'est impossible, boudais-je, les Potions ne m'aiment pas non plus, c'est réciproque.
- Regarde celui-là, il serait parfait, me dit-elle, pointant un chaudron.
- Parfait, voilà, je vais acheter ce bidule, dis-je, prenant le chaudron, alors que Lily roulait des yeux découragés de mon attitude.
Ça nous avait pris quelque chose comme deux minutes pour trouver et acheter le chaudron. Je le rangeai dans le sac de Lily, son joli fourre-tout brodé qu'elle avait magiquement élargi pour qu'on puisse y mettre tous nos achats. Je passai la bretelle par-dessus ma tête pour le transporter sans qu'il ne glisse de mon épaule, avant de sortir de la boutique. Alors que Lily marchait devant, bien collée à James, les deux se taquinant et rigolant, et que Sirius s'arrêtait pour regarder le nouveau Comète dans la vitrine du magasin d'accessoires de Quidditch, j'entendis quelque chose d'étrange à ma droite. Quelque chose comme un pleur d'enfant. C'était tout de même commun, dans des endroits bondés de monde comme ici, qu'un enfant ne s'écarte de ses parents par inadvertance. Je me retournai en direction du son et vis une petite ruelle entre deux boutiques, au bout de laquelle il y avait en effet une petite fille en pleurs. Je marchai dans sa direction, planifiant de la rassurer et de l'aider à retrouver ses parents dans la foule. La ruelle était plutôt étroite et sombre, je pouvais comprendre son état de panique, il y avait environ l'espace pour que deux personnes ne se tiennent côte à côte.
- Hey, salut, toi, dis-je gentiment à la petite fille, marchant lentement dans sa direction pour ne pas lui faire peur.
Elle pleurait encore, semblant complètement en panique. Quand j'arrivai en face d'elle, je me mis à sa hauteur pour lui parler, la regardant dans les yeux. Quelque chose n'allait pas, elle ne retournait pas mon regard, comme si elle ne me voyait pas… Et elle n'arrêtait pas de pleurer… Puis, elle a disparu. Comme ça. Comme si elle n'avait été qu'une projection ou quelque chose du genre. Mon cerveau tenta de comprendre, mais mes tripes me disaient de sortir ma baguette. Pendant que je la sortais, j'entendis des bruits derrière moi. Je me tournai juste à temps pour voir deux sorciers encapuchonés lever leur baguette vers moi. Ils portaient des masques. LES masques. Des mangemorts. Oh, Merlin. Des mangemorts. Sur le chemin de traverse. J'eus l'impression que le couple bizarre qui me dévisageait tout à l'heure, que c'étaient les mêmes que les deux mangemorts debouts devant moi. Quels lâches, tout de même, de se cacher derrière un masque...
- C'est elle, aucun doute, dit une voix de femme, pointant toujours sa baguette sur moi.
J'avais la mienne en main aussi, pointée sur eux, mais ils étaient tout de même deux contre un. Et deux adultes contre une adolescente…
- Que diable voulez-vous de moi? leur demandais-je, essayant de sonner brave, alors que je me sentais en réalité sur le bord de la crise de nerfs.
Tentant de ne pas céder à la panique, je vis que, alors que la femme pointait toujours sa baguette sur moi, l'homme était occupé à lancer des sorts de protection derrière eux, vers la rue, j'imagine qu'il s'arrangeait pour nous isoler de la foule du Chemin de traverse, le son provenant de la rue achalandée diminuant jusqu'à ne plus exister du tout quelques secondes plus tard. Je songeai à transplaner…
- Juste au cas où tu espérais transplaner, nous avons bloqué le transplanage dans la ruelle, dit la femme, me devançant.
- J'imagine que vous vous trouvez très brillants, n'est-ce pas? J'ai des amis avec moi, ils vont me chercher… Tentais-je.
- Ne perdons pas de temps, alors, qu'est-ce que tu en dis? Tes parents, ils ont mis beaucoup de nos amis à Azkaban, commença la femme, alors que l'homme revenait à ses côtés, pointant sa baguette sur moi de nouveau.
- Peut-être que vous devriez avoir des amis plus fréquentables, donc? Suggérais-je, tentant encore une fois de sonner brave.
- Et peut-être que si on t'amoche suffisamment, tes parents vont enfin peut-être comprendre l'avertissement? Dit l'homme, plus près de moi, maintenant.
- Me tuer ne changera rien, leur crachais-je.
- On n'a pas l'intention de te tuer, si c'était le cas, tu ferais une bien piètre messagère, n'est-ce pas? L'homme expliqua.
- Doloris! Entendis-je la femme formuler.
- Protego! Rétorquais-je rapidement, créant un bouclier me protégeant du sortilège impardonnable.
J'étais consciente d'être en très mauvaise posture, une sorcière de 17 ans devant deux mangemorts. Ma seule chance était de parvenir à me faufiler pour me sauver vers le Chemin de traverse.
- Experliarmus! Tentais-je sur la femme, la manquant.
L'homme lança un sort informulé vers moi, et puisque je ne l'avais pas entendu, je ne le vis pas venir à temps pour m'en protéger ou l'éviter en bougeant. Un rayon violet me percuta sur le bras gauche, causant une intense sensation de brûlure. Ne regardant pas l'étendue des dégâts, je tentai de le viser pour riposter.
- Petrificus totallus! Tentais-je, tournant ma baguette à la dernière seconde en direction de la femme, la prenant par surprise, alors qu'elle tentait encore une fois le sortilège Doloris sur moi.
Je l'évitai, mais pas elle. Elle tomba par terre, paralysée. L'homme ne la regarda même pas, puisque nos baguettes étaient brandies l'une contre l'autre. Me souvenant qu'il pouvait faire des sorts informulés, je restai sur mes gardes.
- Petite ordure, si tu penses pour une seconde que tu peux l'emporter…
- Eh bien, j'aime mes chances, un contre un, n'est-ce-pas? Dis-je, tentant de ne pas regarder vers mon bras, d'où je sentais un liquide chaud s'écouler par terre (clairement du sang).
- Il est en route, tu ne m'as pas vu l'appeler, n'est-ce pas? Cracha-t-il.
- Comment? N'est-ce pas impossible de transplaner ici?
- La voie est fermée pour transplaner hors d'ici, pas pour y venir.
- Et pourquoi par Merlin souhaiterait-il me rencontrer?
- C'est devenu plutôt personnel, entre tes parents et lui. Le Seigneur des ténèbres souhaitait qu'ils sachent que le message venait directement de lui.
Je l'écoutai, sans baisser ma garde. J'étais très concentrée sur sa baguette, attendant son prochain mouvement, sa prochaine attaque. Elle bougea effectivement peu après et automatiquement, je lançai un Protego pour me protéger de son attaque. Après deux autres fois à répéter la même tactique, je pensai que je devais tenter des sorts offensifs, afin de parvenir à me débarrasser de lui et d'être en mesure de me sauver d'ici avant l'arrivée de Voldemort. Parce que je n'étais pas complètement idiote, ma seule chance contre lui était de m'enfuir avant son arrivée…
- Experlliarmus! Tentais-je de nouveau, mais il l'évita aisément, et il y eut un autre rayon violet qui se dirigea vers moi.
Je tentai de l'éviter, mais il frôla mon genou droit, causant une autre brûlure à ma peau. Je serrai les dents, ne souhaitant pas qu'il voit que je souffrait, et eût une idée un peu folle. Ce dont j'avais besoin, c'était une distraction, qui pourrait lui faire perdre momentanément sa concentration sur moi. Sans prendre le temps de trop réfléchir, je levai ma baguette.
- Lumos maxima!
Une lumière vraiment intense vint contraster avec la pénombre de la ruelle et nous aveugla. Je savais que ça l'empêcherait de voir pendant quelques précieuses secondes. Me fermant les yeux aussitôt que la lumière sortit de ma baguette, je fis un bond de côté. Alors que la lumière disparaîssait, il regarda l'endroit où j'étais une seconde plus tôt et ça me donna l'avantage, que je saisis immédiatement.
- Experlliarmus! Criais-je de nouveau, mais cette fois, ça fonctionna.
Sa baguette quitta sa main et je l'attrapai rapidement. Maintenant quoi? Devais-je l'attacher? Est-ce que c'était vrai, pour Voldemort? Devrais-je juste m'enfuir d'ici? Alors que je réfléchissais à toute vitesse, je vis une ombre noire arriver entre moi et le mangemort devant moi. Étant donné que je tournais le dos au Chemin de traverse, je me retournai et courru dans cette direction, la baguette du mangemort toujours en main. Je n'allais certainement pas attendre pour voir qui arrivait. Alors que je traversais la barrière magique créée par le mangemort pour nous isoler du Chemin de traverse, le son de la foule revint tout autour de moi et me fis frissonner de soulagement. Je repérai rapidement mes amis, tout près, parlant ensemble avec agitation, clairement en train de se demander où j'avais disparu. Je courrus vers eux.
- ON PART, MAINTENANT! Leur criais-je, avant de transplaner sur-le-champ.
Étonnament, la première place qui me vint en tête en transplanant fût la chambre que j'occupais au manoir Potter. Je restai figée pour un court instant, avant d'entendre Sirius crier mon nom, suivi de bruits de pas dans le couloir. Je fermai les yeux pour tenter de garder mon sang-froid devant lui.
- Dorcas?
J'ouvris les yeux et le vis entrer dans la chambre.
- Je vais bien, Sirius, murmurais-je, alors qu'il s'approchait de moi d'un air inquiet.
- T'es couverte de sang! Qu'est-ce qui t'es arrivé par Merlin? me demanda-t-il.
- J'ai été attaquée par des mangemorts, dis-je, tentant encore une fois de rester forte, évitant de regarder mes blessures, qui me faisaient toujorus souffrir. Où sont James et Lily? Demandais-je.
- Je ne sais pas. Quand tu nous a crié de rentrer, il y a comme eu une confusion par rapport à l'endroit où nous devions te rejoindre. Ils sont sans doute chez ta grand-mère, ils vont comprendre et s'en venir bientôt… T'es blessée? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait? Me demanda-t-il, prenant mon visage dans ses mains et me regardant très intensément dans les yeux.
- Je vais bien, arrête de t'inquiéter, dis-je encore, plongeant mon regard dans le sien pour le rassurer.
Il se passait quelque chose d'intense entre nous deux. Nos regards étaient connectés et il se tenait si près de moi que je pouvais sentir la chaleur de sa respiration sur mon visage. Une de ses mains commença à caresser ma joue, et je sentis ma respiration se bloquer momentanément. Ses yeux descendirent pour se fixer sur mes lèvres et j'eus l'impression qu'il allait m'embrasser, et je l'espérais, de tout mon être…
- Dorcas?
C'était Lily qui criait mon nom dans le couloir. Sirius secoua sa tête, comme pour se sortir d'une transe. Ses mains laissèrent mon visage et tombèrent le long de son corps, puis il fit un pas en arrière, s'éloignant de moi.
- Nous sommes ici! Répondit-il à Lily.
Une seconde plus tard, James et LIly arrivèrent en courant dans la chambre. Lily me jeta un regard inquiet, j'imaginai qu'elle en raison de mes blessures.
- Mais qu'est-ce qui t'es arrivé? James, j'ai besoin d'une trousse de premier soins! Lui demanda-t-elle.
Il en fit venir une immédiatement en utilisant le sort Accio. Lily me fit asseoir au bout du lit et commença à fouiller dans la trousse.
- Vas-y, Dor, racontes-nous tout, me dit-elle.
- Je… J'étais avec vous, quand j'ai entendu un enfant pleurer… Commençais-je, enlevant ma veste.
- Je vais devoir déchirer ton chandail, me dit-elle.
- Pas de problème, je ne l'aime pas tant que ça de toute façon, dis-je en haussant les épaules.
C'était un t-shirt à manches longues très ordinaire, bleu royal, j'en avais des tonnes du même genre.
- Je suis allée dans cette petite ruelle pour voir si la petite fille avait perdu ses parents ou quelque chose du genre… En réalité, il n'y avait pas de petite fille dans cette ruelle, ce n'était qu'une illusion créée par des mangemorts pour me coincer.
- Pourquoi? Demanda James.
Lily était maintenant occupée à délicatement découper ma manche à hauteur de l'épaule avec sa baguette.
- Pour me faire payer pour les victoires de mes parents sur eux. OUTCH! Criais-je, parce que Lily tirait sur ma manche, qui était collée à mon bras avec le sang de ma blessure.
- Désolée, désolée, Dor, s'excusa-t-elle.
Elle parvint à la retirer.
- De quoi ça a l'air? Lui demandais-je?
- Oh, la coupure est plutôt profonde, mais rien que je ne puisse régler. James, vite, donne-moi l'essence de Dittany, s'il-te-plaît. Comment tu t'es fait ça? Me demanda-t-elle en versant le liquide dans la coupure.
- Je ne sais pas, le connard était excellent pour jeter des sorts informulés, lui dis-je. Alors, comme je disais, outch, soit délicate, Rouquine… Il y avait deux mangemorts qui m'ont coincés dans cette ruelle. Je ne pouvais pas transplaner, et ils avaient magiquement caché la ruelle de où vous étiez. En passant, ils portaient des masques, mais je suis plutôt convaincue qu'ils étaient ce couple bizarre que j'ai vu me dévisager avant d'aller acheter mon chaudron…
- Comment t'as fait pour te sauver? Me demanda Sirius, l'air plutôt impressionné.
- Je suis parvenue à pétrifier la femme tout d'abord, après qu'elle ait tenté de me lancer des Doloris à plusieurs reprises… Puis, l'homme m'a attaqué alors que je tentais de lancer des Protego.
Lily était maintenant agenouillée devant moi, observant mon genou.
- Eh bien, j'ai bien peur de devoir ruiner tes pantalons aussi, Dor, me dit-elle.
- C'est pas grave, lui répondis-je.
Elle les découpa autour de ma cuisse droite.
- Ensuite… Où en étais-je? Ah, oui, j'ai eu une idée vraiment stupide, j'ai décidé de lancer Lumos Maxima pour faire une diversion, lorsqu'il a été momentanément aveuglé, je me suis jeté derrière lui et j'ai pu le désarmer.
- Whoa, c'est brillant, Meadowes, je suis impressionné! Me dit James.
- OH. j'ai presque oublié, j'ai toujours sa baguette… Là, dis-je, pointant son emplacement sur le sol. James la prit et l'inspecta.
- Et ensuite? Dit-il.
- J'aurais aimé les attacher ou quelque chose, mais l'homme a dit que Voldemort s'en venait.
- QUOI? Dit Lily, retirant mes pantalons déchirés trop rapidement par la surprise.
- OUTCH LILY?! Criais-je en réaction à la douleur. Je sais que c'est fou, l'homme m'a dit que c'était une histoire personnelle entre mes parents et lui… Alors, quand j'ai cru le voir arriver, j'ai détalé comme une lâche, sans demander mon reste, dis-je, un peu gênée.
- Chérie, je suis tellement contente que tu sois partie, il est trop puissant, tu aurais pu… Lily commença.
- J'imagine que tu as raison… Dis-je.
- Que je te vois avoir honte, tu viens juste de gagner contre deux mangemorts, t'es une sacrée dure à cuire, Meadowes, me dit Sirius avec un sourire en coin.
- C'est bien vrai, lui répondis-je avec un sourire, puis le sourire se transforma en grimace lorsque Lily toucha à ma blessure.
Elle y versa de l'essence de Dittany, puis appliqua des bandages aux deux blessures, avant de s'asseoir à côté de moi.
- Ça aurait tellement pu mal tourner… Murmura-telle. Ta mère avait raison, Dor, nous devons surveiller nos arrières mieux que ça…
Je ressentis de gros frissons et je sentis mes dents commencer à claquer. Qu'est-ce qui se passait? J'imagine que je devais commencer à réaliser ce qui venait de se passer, et que mon corps réagissait au choc nerveux… Lily me prit dans ses bras et me serra fort. Madame Potter arriva dans l'embrasure à ce moment.
- Hey, James, je ne savais pas que tu avais des visiteurs? Dit-elle, nous regardant avec un sourire.
Puis, voyant nos expressions lugubres et mes bandages, son expression changea vite pour de l'inquiétude.
- Qu'est-ce qui s'est passé? Demanda-t-elle, s'approchant de moi.
- Dorcas s'est fait attaquer sur le Chemin de traverse. Des mangemorts, dit James.
- Merlin! Pourquoi? Vous allez tous bien? Nous demanda-t-elle avec une expression ahurie et inquiète.
- Oui, je vais bien, Lily a bien pris soin de moi, fis-je un clin d'œil à mon amie. Ils m'ont tendu une embuscade et je suis parvenue à m'échapper…
Quelques moments plus tard, nous étions tous assis dans le salon, et Mme Potter revenait de la cuisine avec du thé. Elle m'avait prêté une robe, étant donné mes vêtements déchirés. Une petite robe toute simple, noire avec une coupe classique, puis un cardigan blanc pour me couvrir les bras. Je ne m'y sentais pas à l'aise du tout, ayant l'impression de porter quelque chose de beaucoup trop chic et qui devait valoir une petite qu'avec ma chance, j'allais clairement échapper du thé sur le cardigan blanc… Sirius expliquait un peu comment ça s'était passé plus tôt à Euphemia.
- Elle les a vu lorsque nous sommes allés à la boutique de chaudrons. Ils la dévisageaient. Pourquoi ils risqueraient d'attaquer quelqu'un dans un endroit public comme le Chemin de traverse? Demanda Sirius.
- Peut-être que ma mère avait raison. Mes parents les mettent en colère. Ils en ont mis plusieurs à Azkaban, ils ont changé de stratégie et souhaitaient se venger en passant par moi.
- C'est complètementt dément! Dit Lily.
Avant que je n'aie la chance de lui répondre, l'âtre s'illumina d'une lumière verte et Albus Dumbledore en sortit, enlevant la cendre de ses vêtements d'un coup de baguette, avant de nous regarder avec un air bienveillant.
- Professeur Dumbledore? Demanda James d'un air incertain.
- Bonsoir, James, et vous tous. J'imagine que vous vous demandez ce que je fais à débarquer ici sans m'annoncer, n'est-ce pas?
- Je l'ai contacté, dit Mme Potter, qui venait de s'asseoir avec M. Potter, qui semblait très fatigué, comme s'il venait de se lever. Je vous sers du thé, Albus? Lui offrit-elle.
- Ça serait merveilleux, merci, Euphemia, lui répondit-il. Bonjour, Fleamont, dit-il au père de James.
- Bonjour, Albus, lui répondit-il.
La mère de James servit une autre tasse de thé, alors que Dumbledore venait s'asseoir sur le divan en face de celui sur lequel j'étais assise. Il me regarda par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune.
- Alors, Dorcas, Euphemia m'a dit que vous aviez été attaqués sur le Chemin de traverse? Pourriez-vous m'en dire plus?
Je savais pertinemment que Dumbledore était très impliqué dans la résistance secrète contre Voldemort et ses mangemorts. Je l'avais entendu avec mes parents plusieurs fois, parlant de stratégies pour attraper des mangemorts et autres choses tournant autour du même thème. Je les avais souvent entendu appeler l'opération, ou plutôt le groupe L'Ordre du Phénix.
- Ok, mais je veux en faire partie, professeur.
- Faire partie de quoi, exactement? Dit-il, jouant clairement à l'idiot avec moi.
- Vous savez, l'Ordre du Phénix, je peux aider. Encore plus, maintenant que j'ai apparemment une cible dans le dos, réalisais-je en même temps que je le disais.
- Gardons cette conversation pour le moment où tu auras terminé tes études, n'est-ce pas? Tes parents me tuerait si je t'y enrôlais à 17 ans, me dit-il avec un clin d'œil.
Je lui jetai un regard circonspect, et constatai qu'il semblait sincère, et puisque je lui faisais confiance, je choisis de le croire sur parole. Également, il avait bien raison, à propos de mes parents, ils seraient furieux si je joignais la ''résistance'' maintenant. Après Poudlard, par contre, ils n'auront pas un mot à dire là-dessus. Je jetai un regard à Sirius, assis juste à côté de Dumbledore et il me fixait avec un air sérieux, son regard perçant concentré sur moi… Je forçai mes yeux à retourner sur Dumbledore.
- Hm. D'accord. Nous reviendrons sur ce sujet plus tard, insistais-je.
- Bien sûr, maintenant, vas-y, je suis toute ouïe, me dit-il avec un sourire encourageant.
- Et bien, mes parents m'avaient dit que je pouvais être visée à cause d'eux, mais je ne pense pas qu'ils auraient soupçonné que je puisse être attaquée sur le Chemin de traverse… Nous allions au magasin de chaudrons, quand j'ai remarqué un homme et une femme qui me regardaient vraiment intensément et bizarrement…
- Comment étaient- ils? Ils avaient l'air de quoi? me demanda-t-il.
- Heum… C'était une brunette, d'environ je dirais dans sa trentaine, avec de long cheveux bruns et ondulés, des yeux foncés, une peau cuivrée, très mince… Et l'homme était très grand, je dirais plus de 6 pieds, de longs cheveux noirs corbeau noués, environ du même âge que la femme, ou un peu plus jeune, la peau pâle, les yeux un peu bridés...
- Je vois… Dit-il pensivement.
- Vous les connaissez? Demandais-je.
- Peut-être… Continues… Me pressa-t-il encore.
- Si ça peut aider, voici la baguette de l'homme, mentionnais-je, pointant la longue baguette noire sur la table à café.
- C'est certain, dit-il, merci.
Il la prit et l'inspecta pendant quelques secondes.
- Ensuite? Me dit-il, parce que j'avais arrêté de parler et le regardais.
- Euh… Ensuite, nous sommes allés dans la boutique, nous avons fait nos achats, sommes retournés dans la rue et c'est là que c'est arrivé… dis-je, racontant pour la deuxième fois les événements.
Dumbledore, qui sirotait son thé, me regarda raconter le tout et ne m'interrompit plus jusqu'à ce que je ne termine mon récit. Il attendit la fin avant de reprendre la parole.
- J'oubliais de te mentionner, Dorcas, j'ai envoyé quelqu'un pour avertir tes parents à propos de l'attaque, mentionna-t-il.
- Bien sûr, vous savez ou mes parents se trouvent, dis-je en boudant. Parce que vous êtes celui qui les a envoyés au loin, n'est-ce pas? Demandais-je, oubliant pour un instant à qui je m'adressais quand la réalisation de ce fait m'avait frappée.
- Je ne vais pas discuter des plans de l'Ordre ici avec toi, Dorcas, mais disons que tu as sans doute raison.
À ce moment, mes parents déboulèrent du foyer et fondirent sur moi, alors que je me levais pour me diriger vers eux. Il y eut un autre moment d'inquiétude, d'explications et de consternations… Après un moment, la mère de James alla demander aux elfes de préparer un repas pour tout le monde et insista qu'on reste tous pour partager le repas avec eux. Mon père alla chercher grand-mère pour qu'elle se joigne à nous. Nous prîmes tous place autour de la grande table à dîner avec les Potters et nous délectâmes d'un fabuleux dîner. C'était tout de même étrange de voir qu'après un grand stress comme celui que je venais de vivre, on semblait insousciants et heureux durant ce repas. Mais j'imaginais que lorsque la vie nous lance quelque chose de mauvais au visage, ça te donnait encore plus de raison de profiter de tous les bons moments. Que serait-il arrivé si je n'avais pas eu le temps de fuir avant l'arrivée de Voldemort? Cette pensée me secoua. Je déposai mon verre d'eau sur la table et jetai un œil à mon assiette à moitié mangée, la fixant, pensant à ce qui aurait pu arriver dans cette ruelle sombre. Je sentis une main sur mon poignet gauche qui me sortit de mes sombres pensées. Je levai les yeux vers Sirius, qui était celui qui venait d'effleurer mon poignet.
- Ça va, Dorcas? Me demanda-t-il d'un air inquiet.
- Oui, ça va, je pensais juste… Ah… Peu importe…
Je n'avais pas tellement envie d'en parler et de ruiner l'ambiance. Il posa sa main sur mon poignet et le serra brièvement avant de le relâcher. Lily et James, qui étaient assis avec nous au bout de la table, cessèrent de parler et nous regardèrent.
- Avez-vous terminé? James nous demanda, souhaitant clairement aller discuter dans un endroit moins bondé.
Je repoussai mon assiette et y déposa ma serviette de table, me levant. Je voulais aussi aller à un endroit à l'abri des oreilles de mes parents ou de Dumbledore pour discuter. Sirius prit une dernière bouchée et m'imita. Nous nous excusâmes et montâmes à la chambre de James. Je n'y étais jamais entré, je l'avais seulement vu brièvement durant la visite du manoir plusieurs jours plus tôt. C'était vraiment spacieux. Et ça avait un look Poudlard, en fait, un look Gryffondor, surtout. Du rouge et or partout, avec des fauteuils confortables devant un grand foyer. Je levai ma baguette et lançai un Incendio pour créer un chaleureux feu d'ambiance. Et voilà, maintenant on s'y sentait tout à fait comme dans la salle commune de Gryffondor et ça m'apaisa un peu, d'une certaine façon. J'imagine que c'est parce que Poudlad m'a toujours fait me sentir chez moi. Même si j'avais un chez moi, notre appartement londonien était très moderne et disons-le, un peu froid? Je ne comprendais pas pourquoi diable mon cerveau considérait un vieux château humide plus chaleureux que mon chez-moi… Lily et moi prîmes place sur le divan alors que les garçons s'assirent dans les fauteuils.
- Alors, dit Lily, qui ici savait à propos de l'Ordre du Phénix?
James, Sirius et moi-même levèrent une main dans les airs.
- Vraiment? Et bien, merci, les amis, dit-elle en croisant les bras d'un air boudeur.
- Je n'en sais pas tant que ça, Lily, c'est pour ça que je ne t'en ai jamais parlé, dis-je.
- Nous non plus, et pour ma défense, ça ne fait pas longtemps que nous sommes ensemble, Lily, tu ne sais pas encore tellement de chose à propos de moi, ajouta James en la gratifiant d'un clin d'œil.
- D'accord, d'accord… Et que savez-vous, alors? Nous demanda-t-elle.
- J'ai entendu Dumbledore avec mes parents à quelques reprises. Je pense que c'est un groupe de personnes qui font des missions secrètes contre Voldemort et les mangemorts, dis-je.
- C'est ce qu'on en sait aussi, dit James. Mes parents sont trop vieux pour en être des membres actifs, mais je crois qu'ils financent en partie les opérations et jouent un rôle de consultants ou quelque chose du genre pour l'Ordre… J'ai fait la même chose que toi, en passant, Meadowes. J'ai demandé à Dumbledore d'en faire partie, Patmol aussi. Il nous a dit la même chose qu'à toi, qu'on devait d'abord terminer nos études. Quel rabat-joie, cet homme, tout de même, dit-il en riant.
Je rigolai avec lui.
- Je suis d'accord, comme si on n'était pas capable d'aider avant nos 18 ans, je viens tout de même de me défendre plutôt efficacement contre deux mangemorts, n'est-ce pas?
- En effet, pas trop mal pour une petite non-diplômée, me dit Sirius avec un clin d'œil. En attendant, qu'est-ce qu'on peut faire?
Nous prîmes tous un petit moment de réflexion. Poudlard était l'un des lieux les plus sûrs du monde sorcier. Ce qui était une bonne chose, bien sûr, mais ce qui nous isolait également du monde extérieur lors de l'année scolaire, que pouvions nous faire entre les murs épais de ce château?
- En fait, ta tactique de défense de cet après-midi m'a fait réfléchir, Meadowes, me dit James.
- Ah oui? Dans quel sens? Lui demandais-je, intriguée.
- On sait comment se battre en duel, mais ton idée de provoquer une distraction était en fait une excellente idée. En plus, comme notre réputation nous précède, nous avons plus d'un tour dans notre sac qui pourrait nous aider à causer des distractions de ce genre.
- Bonne idée, j'imagine que plusieurs babioles de chez Zonko pourraient faire l'affaire aussi, dit Sirius.
- Super, et je sais pas, j'imagine qu'on pourrait garder l'œil ouvert sur les serpents louches? Suggérais-je.
- On le fait déjà un peu, ça, dit James. On sait quels sont sur le point de rejoindre les rangs des mangemorts après Poudlard, ajouta-t-il, jetant un regard prudent sur Lily.
Je savais bien d'où venait son inquiétude face à Lily.
- James Potter, si tu dis que Severus… Commença Lily.
- Rien de certain encore, Lily, mais tu sais que c'est une très forte possibilité. Il traîne toujours avec Dolohov et les autres… James lui répondis avec un ton inquiet, sachant que le sujet était glissant.
- Je sais, Merlin, je sais… Je l'ai tout de même banni de ma vie pour une raison, tu sais. Je ne peux juste… Je ne suis pas prête à parler de ça… De lui… Finit-t-elle avec une petite voix triste.
- Très bien, on n'en parlera pas, alors, lui dit-il doucement, se levant de son fauteuil pour venir prendre place à ses côtés, la prenant affectueusement dans ses bras.
Je comprenais tout de même, par empathie (parce que je n'éprouvais aucune empathie pour Severus Rogue). Mais Lily le connaissait depuis presque toujours, ils étaient des amis proches, avant Poudlard. Et puis, au gré des années scolaires, cette amitié s'était peu à peu effritée, année après année, pour s'être terminée dans un fracas épouvantable l'an dernier. Lily était catégorique à ce sujet, malgré les supplications de Rogue, elle ne reviendrait pas sur sa décision, mais cela ne voulait pas dire que ça ne lui faisait pas énormément de peine…
Mes parents vinrent nous chercher un peu plus tard, Lily et moi, pour retourner chez ma grand-mère. Épuisées comme nous étions, nous allâmes directement au lit, sans se faire prier. Nous plongions sous les couvertures quand je décidai de m'ouvrir à Lily.
- Lily, je dois te confesser quelque chose… Commençais-je.
- Okay, qu'est-ce que c'est?
- Sirius et moi… Je pense qu'on s'est presque embrassés.
- Quoi?! Quand? Comment?
- C'était bizarre. C'était juste après que j'ai fui les mangemorts… Quand nous sommes arrivés dans la chambre, on a comme eu un moment, je pense…
- Vraiment? Et pourquoi ce n'est pas arrivé?
- Parce que vous êtes arrivés.
- Oh… Je suis désolée, chérie.
- Et bien, vu que tu t'inquiétais à mort pour moi, je pense que je te pardonne.
- C'était horrible, Merlin, quand je t'ai vu arriver de la foule, couverte de sang… Puis transplaner, j'ai paniqué!
- Merci, pour avoir pris soin de mes blessures, en passant, lui dis-je.
- Ce n'est rien. Mais… Dor, je suis désolé d'avoir peut-être stoppé une séance de bécotage.
- Ne t'en fais pas, peut-être aussi que c'était juste dans ma tête aussi, tu sais, j'ai une imagination fertile.
- J'imagine qu'on ne le saura jamais?
- Ouaip. Bonne nuit, Rouquine.
- Bonne nuit, Dor.
C'était tout de même étrange, qu'après une attaque qui aurait pu me coûter la vie, Sirius était celui qui occupait toutes mes pensées en ce moment alors que je tentais de m'endormir. Juste penser à lui m'occasionnais des sensations de chaleur au bas-ventre. Bon, je devais tenter d'arrêter de penser à ce qui aurait pu arriver et juste dormir. Plus facile à dire qu'à faire, n'est-ce pas? Je travaillai fort à me vider la tête et après un certain moment je sentis que je m'endormais finalement.
