Chapitre 10 - Hermione

Samedi 24 décembre 2005 – Londres.

« Alors, ma puce, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ? demanda le père d'Hermione tandis qu'il nouait un tablier autour de sa taille.

— Tu peux commencer le dessert de demain midi, il a besoin de reposer une nuit au réfrigérateur. Tout est noté là-dessus. »

Hermione lui tendit une feuille portant une multitude de taches de beurre et de chocolat, signe d'une très bonne recette qu'elle avait faite et refaite maintes fois.

« Tant que tu promets de rester loin du batteur électrique… plaisanta la mère d'Hermione, en pleine préparation des petits pains. Je préférerais éviter d'avoir à lessiver les murs de la cuisine.

— Pas besoin de batteur électrique dans cette recette. Je m'en suis assurée, enchérit la jeune femme, hilare.

— Mesdames, sachez que je viens en paix, exagéra-t-il. Mais si vous ne voulez pas de mon aide, je retourne à mon canapé. »

D'un geste théâtral, il commença à retirer son tablier. Hermione rit devant le manque de talent d'acteur de son père et lui fourra dans les mains un fouet et une maryse.

« Certainement pas, objecta-t-elle. Si tu veux manger, mon cher papa, tu devras cuisiner.

— Très bien, chef, fit son père tout en se plongeant dans la recette. Ça ne rigole pas avec elle, chuchota-t-il à l'oreille de sa femme quelques secondes plus tard.

— Et elle a bien raison. » lui dit-elle tout en regardant fièrement sa fille qui lui répondit d'un sourire complice.

Hermione chérissait chaque moment passé auprès de ses parents. Chaque vieille anecdote que le couple évoquait était une bouffée d'air, un rappel que le cauchemar dans lequel elle avait été autrefois plongée était enfin terminé.


- Jeudi 24 décembre 1998 -

Hermione était réveillée depuis quelques minutes, les yeux toujours fermés elle entendait les rares Gryffondors restés pendant les vacances se lever les uns après les autres. Avec elle, ils ne devaient être que quatre ou cinq. Le dortoir d'Hermione était vide, Ginny étant au Terrier et Eden chez ses parents, comme ses deux dernières colocataires très probablement.

Elle ouvrit légèrement les paupières. N'ayant pas fermé les rideaux la veille au soir, la lumière extérieure lui brûla douloureusement les rétines. Elle attrapa sa montre posée sur sa table de chevet et tenta d'y apercevoir les aiguilles.

En voyant l'heure, Hermione ne put s'empêcher de penser, qu'habituellement, ses parents et elle s'affairaient déjà à la préparation du repas de Noël. Ils passaient la journée à cuisiner avant de se mettre à table, entourés du reste de la famille venu pour l'occasion.

Il n'y aurait rien de tout ça cette année. Ni cuisine, ni retrouvailles familiales.

Hermione reposa sa montre et chercha à tâtons sa baguette. Lorsqu'elle sentit enfin le bois sous ses doigts, elle s'en saisit et d'un geste sec du poignet, ferma les rideaux de velours rouges qui paraient les fenêtres du dortoir. Elle avait exceptionnellement décidé de bouder la bibliothèque, n'ayant ni la force, ni l'envie de travailler.

Elle préférait, à la place, s'accorder quelques heures d'apitoiement.

Plongée dans l'obscurité, elle enfouit sa tête dans son oreiller et s'enfonça un peu plus sous sa couverture.

Quelques heures ou la journée entière, elle n'avait pas encore décidé.

Hermione redoutait ce premier Noël à Poudlard mais elle savait également qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Malefoy avait raison, les Weasley l'attendaient pour les vacances. Molly lui avait même envoyé une lettre pour s'assurer de sa présence. Lettre à laquelle Hermione n'avait pas répondu car elle laissait à Ron le soin d'expliquer à sa mère les raisons de son absence. Il méritait amplement d'affronter le courroux maternel.

Après cette preuve de vie décevante qu'il lui avait envoyée en octobre, elle avait de nouveau eu droit à un silence total de sa part. Même elle, ne savait plus très bien si elle devait continuer de lui envoyer des lettres qui restaient à chaque fois sans réponse. Celles-ci se faisaient de plus en plus brèves mais Hermione ressentait tout de même le besoin de lui écrire. Ron était, avant toute chose, l'un de ses meilleurs amis.

Espérant le faire réagir, elle s'apprêtait à prendre la décision d'arrêter quand finalement, au début du mois de décembre, il l'avait contactée via le réseau de cheminée.

Ron s'était excusé à plusieurs reprises. Il s'en voulait réellement, elle l'avait senti. Il lui avait dit penser à elle chaque jour mais étant submergé de travail et tout le temps en mission, il n'avait pas un seul instant à lui. Il avait lu toutes ses lettres avec attention. C'était, selon lui, la seule chose qu'il s'autorisait une fois rentré, avant de s'endormir tout habillé, complètement épuisé.

Hermione, voulant le croire, avait ensuite pris le temps de discuter. Elle lui avait raconté son quotidien à Poudlard et lui avait parlé d'Eden et Marius que Ron ne connaissait que de vue. Au fil de la conversation, elle avait évoqué l'état de ses parents, sans pour autant lui laisser voir à quel point cela l'affectait. Elle ne voulait pas l'inquiéter. De là où il était, Ron ne pouvait pas y faire grand-chose.

C'était après que la dispute avait éclaté.

« Je vais devoir te laisser Mione, je suis désolé…

— Ne t'en fais pas, je dois y aller aussi, on m'attend à la bibliothèque.

— Ah oui ? Tu rejoins qui ? »

Face à cette question innocente, deux choix s'étaient offerts à elle : lui mentir ou simplement lui dire la vérité.

« Malefoy.

— Malefoy ?

— On travaille ensemble.

— Ah je vois, un prof vous y a forcé ? avait demandé Ron, seule explication qu'il était parvenu à trouver.

— Non, pas du tout… Je travaille avec lui parce que j'en ai envie.

— Envie ? » Dans les braises, le sourire du jeune Weasley s'était évaporé. « Hermione, tu te fous de moi ? C'est une blague ?

— Non.

— Qu'est-ce qui te prend ? T'as décidé d'aller chercher les insultes directement à la source ?

— Ça fait des années qu'il ne m'a pas insultée. Malefoy n'est plus comme ça.

— Oh vraiment ? Alors, tout va bien ! On oublie tout, t'as raison. Hermione, sérieusement, ce mec est un malade, il est pourri jusqu'à l'os. Il a ça dans le sang, il ne changera jamais. Comment tu peux oublier tout ce qu'il s'est passé ? Tout ce qu'il t'a fait ?

— Justement, ce qu'il m'a fait. C'est donc à moi et à moi seule de décider s'il mérite d'être pardonné ou non. Alors tu peux garder tous ces reproches pour toi.

— Je refuse que tu passes du temps avec lui, il est malsain.

— Arrête ! Et depuis quand tu choisis les personnes que je fréquente ?

— Tu fais semblant de ne pas comprendre ou t'as complètement perdu la raison ? avait-il aboyé. On parle de Malefoy là !

— Ron, ne me parle pas comme ça.

— On en reparlera quand tu seras au Terrier, je dois vraiment y aller, lui avait-il sèchement répondu.

— Je ne pense pas venir cette année, avait-elle répliqué sur le même ton. A bientôt, Ron.

— Quoi ? Mais att… » Sur ces mots, Hermione avait recouvert le visage de son petit-ami d'un tas de cendre.

Cette décision pouvait paraitre précipitée et exagérée. Elle l'était. C'était sa colère qui avait parlé. Une colère mêlée de déception et de remises en question qui grandissait un peu plus chaque jour et que les excuses de Ron n'avaient pas suffit à faire disparaitre.

Hermione ne se rappelait même plus depuis quand elle espérait que sa relation avec Ron évolue, qu'ils deviennent plus que des amis. Elle l'avait réellement désiré et c'était enfin le cas depuis la fin de la guerre. Pourtant, elle doutait maintenant du bien-fondé de leur couple. Malheureusement, seul Ron pouvait faire taire ses doutes et celui-ci n'en faisait rien.

Les jours suivants leur dispute, Hermione en était arrivée à la conclusion que son absence permettrait peut-être à Ron de prendre conscience de ses actes. Elle ne voulait pas seulement qu'il s'excuse, elle voulait qu'il agisse. Tant pis si, pour cela, elle devait se priver d'un séjour au Terrier, entourée de sa seconde famille.

Ginny avait plus ou moins compris sa décision. Du moins, elle s'était abstenue de la commenter. Tout comme elle s'était abstenue de commenter le temps qu'Hermione passait aux côtés de Malefoy. Visiblement, Ron avait quelques leçons à recevoir de sa petite sœur.

Restait à comprendre pourquoi elle avait parlé du Serpentard à Ron. Elle ne l'avait pas fait dans ses lettres et elle aurait pu facilement lui mentir en lui racontant qu'elle rejoignait Luna, Eden ou Ginny à la bibliothèque. A croire qu'elle cherchait à déclencher les foudres de son petit-ami. Au fond, elle savait très bien qu'il réagirait comme ça en apprenant qu'elle passait du temps avec Malefoy. Elle-même trouvait ça inattendu et improbable. Elle ne pouvait pas en vouloir à Ron de le penser également. Elle pouvait par contre lui en vouloir de ne pas lui faire confiance. Malefoy avait changé, Ron devait la croire là-dessus. Sans ça, elle n'aurait jamais apprécié passer ne serait-ce qu'une seule seconde avec lui.

Or, aussi inattendu et improbable que cela puisse être, elle appréciait sa compagnie. Et ce, de plus en plus.

Trois coups à la porte du dortoir ramenèrent Hermione à la réalité. La tête d'une 1ère année apparût dans l'encadrement de la porte.

« Hermione ? Tu es réveillée ? Il y a quelqu'un pour toi devant le tableau de la Grosse Dame. » demanda-t-elle d'une voix mal assurée.

Hermione ne lui adressa qu'un gémissement étouffé par l'oreiller qu'elle ne comptait pas quitter.

« Il m'a dit que je devais insister jusqu'à te voir sortir de ton lit. »

La Gryffondor avait maintenant une idée précise de qui était ce quelqu'un.

« Il m'a aussi dit que si tu ne bougeais pas, j'avais le droit d'utiliser la force mais je… ne… je ne pense pas…

— J'arrive. » marmonna-t-elle, la tête encore enfouie dans l'oreiller.

La 1ère année disparut, visiblement soulagée de la voir céder aussi vite. Hermione quitta à contre-cœur la chaleur de sa couverture pour rejoindre le carrelage froid de sa salle-de-bain.

Parce qu'il l'arrachait à son lit, Malefoy devra au moins attendre qu'elle se soit douchée.

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Douchée, séchée, habillée, Hermione quitta la Salle commune des Gryffondors. Tandis qu'elle poussait le tableau de la Grosse-Dame, elle entendit cette dernière glousser comme une adolescente.

« … Oh, mais enfin Drago, vous allez me faire rougir… minaudait le portrait, les cils battant à toute allure.

— Je ne fais que dire la vérité. Ah, Granger, lança Malefoy d'une voix posée en la voyant apparaitre. Je suis navré Maggie, je vais devoir vous laisser. »

La Grosse Dame lui fit promettre de revenir très vite et Drago acquiesça. Hermione, elle, tentait de garder son sérieux face à l'échange hautement improbable qui se tenait devant elle.

Les deux élèves s'éloignèrent et lorsqu'ils furent suffisamment loin du portrait, Hermione s'arrêta et se mit à rire. Malefoy la regarda, un léger sourire amusé sur les lèvres.

« Maggie ? réussit-elle à articuler.

— Oui, Maggie, répéta simplement le Serpentard tout en se remettant à marcher.

— Malefoy, il va falloir m'en dire un peu plus, s'exclama-t-elle en le rattrapant. Je ne l'avais jamais vue comme ça. La Grosse Dame ne bavarde pas et elle glousse encore moins.

— Tu sais, elle n'aime pas vraiment qu'on l'appelle comme ça, dit-il d'un air concerné. Il y a quelques années elle m'a raconté que ce surnom venait en réalité d'un élève qui l'avait appelée "La Grosse Dame" un jour où il avait oublié son prénom. Ça a fait le tour de Poudlard et c'est resté… Elle ne l'a jamais choisi. Je te conseille de l'appeler Maggie, ça lui fera plaisir. »

A mesure que le Serpentard parlait, le regard d'Hermione se faisait de plus en plus interrogatif.

« Il y a quelques années ? » reprit-elle, stupéfaite.

Malefoy continua de la regarder, impassible. Il espérait peut-être qu'elle oublie ce qu'elle venait de voir s'il attendait suffisamment longtemps.

C'était peine perdue.

« Bon, je crois que je ne vais pas avoir le choix… dit-il, résigné. Je te préviens, cette histoire ne va pas te plaire. En 3ème année, je m'étais mis en tête de rentrer dans votre salle commune. Je ne sais plus pour quelle raison, quelque chose qui impliquait probablement des arachnides et le lit de Weasley. Mais, n'arrivant pas à soutirer votre mot de passe à qui que ce soit, j'ai essayé de trouver un autre moyen… Plusieurs soirs par semaine, je suis venu discuter avec Maggie, pensant qu'elle finirait par m'apprécier suffisamment pour me laisser entrer.

— Ça a fonctionné ? s'étrangla la Gryffondor.

— Non, sourit-il. Maggie est une femme droite que rien de ne peut corrompre, pas même mes compliments. Mais j'ai bon espoir que ça fonctionne un jour.

— Parce que tu continues ? s'exclama Hermione, atterrée.

— J'ai significativement réduit mes visites mais je n'ai jamais arrêté de venir la voir, fit-il sérieusement. J'ai juste arrêté de le faire pour de mauvaises raisons.

— Pour quelles raisons alors ? »

Drago haussa les épaules. « Elle a de la conversation. Et, je voudrais voir votre salle commune. Je suis curieux de savoir à quoi elle ressemble. Bien que j'imagine déjà un portrait géant de Potter au-dessus de la cheminée. » glissa-t-il dans un demi-sourire.

Hermione lui assena un léger coup sur l'épaule, un geste devenu familier tant il se répétait dernièrement.

« Je suis sûre que dans celle des Serpentards, il doit y avoir un Basilic empaillé dans un coin de la pièce. Quelque chose qui met tout de suite à l'aise quand on entre, ironisa-t-elle.

— Raté, Granger. Les Serpentards ont de la finesse et du goût. » Il marqua une pause. « Attends, tu n'as jamais vu notre salle commune ?

— Non, Harry et Ron y sont entrés en 2ème année, pour… Mais… pas moi. » Hermione préféra éluder la raison de leur visite ainsi que l'accident de polynectar à l'origine de son absence à leurs côtés.

« J'avais prévu autre chose pour débuter cette journée sans bibliothèque que tu as décidé de proclamer, mais ça pourra attendre. Suis-moi. Tu ne peux pas passer toutes ces années à Poudlard sans avoir vu la salle commune des Serpentards. C'est la seule pièce du château qui mérite réellement de l'être.

— Tu es bien présomptueux, Malefoy. Je te rappelle que tu n'as pas vu la nôtre. »

Pour seule réponse, il lui lança un sourire en coin et activa le pas. Hermione le suivit à travers les couloirs. Arrivés aux cachots, les deux élèves respirèrent un air plus froid et plus humide. L'atmosphère y était sombre.

Sombre, froid, humide, pour l'instant, à peu de choses près ce qu'Hermione s'attendait à trouver derrière la porte devant laquelle ils étaient maintenant dressés.

Avant d'articuler le mot de passe des Serpentards, Malefoy se tourna vers Hermione. « Tu permets ? » lui lança-t-il.

Hermione leva les yeux au ciel. « Je ne suis pas mal intentionnée, moi » répondit-elle tout en recouvrant ses oreilles de ses mains.

Elle vit les lèvres de Malefoy remuer et la porte s'entrouvrir. D'un mouvement de la tête, le blond lui demanda d'avancer. Elle laissa retomber ses bras le long de son corps.

« … quasiment tous partis en vacances. Je ne prends pas trop de risque à ramener une Gryffondor ici. » expliquait-il tout en s'engouffrant dans un passage sombre.

Passage qui débouchait directement dans le salon de la salle commune. Effectivement, celui-ci était vide. Pas un élève n'occupait les nombreux canapés et fauteuils en cuir noir de la pièce.

« Alors ? » s'enquit le Serpentard.

Hermione resta silencieuse. Malefoy n'avait pas menti, cette pièce méritait d'être vue. Les yeux de la jeune fille parcoururent les murs en pierres grises, hauts de plusieurs mètres. Le plafond en était également habillé, mais celles-ci avaient été sculptées en un majestueux serpent qui fit sourire Hermione. C'était bien mieux qu'un Basilic empaillé, elle ne pouvait le nier.

La Gryffondor se rapprocha des larges fenêtres qui habillaient une partie des murs. A travers celles-ci, on ne pouvait distinguer qu'un paysage verdâtre et uniforme. Hermione apposa sa main contre l'une des vitres et put sentir les vibrations dues aux mouvements de l'eau du lac. La lumière qui s'engouffrait dans la pièce était teintée de vert, conférant à ce lieu quelque chose de purement indescriptible.

Mystérieux ? Evidemment.

Angoissant ? Non, pas vraiment.

Apaisant ? Etrangement, peut-être.

Hermione se rapprocha du Serpentard, celui-ci se fendait d'un léger sourire satisfait. Sous l'effet de ce halo vert, les stigmates présents sur son visage s'estompaient. Malefoy paraissait reposé et apaisé. Hermione savait que ce n'était qu'une illusion car sa fatigue et sa douleur étaient encore présentes. Il lui avait confié faire moins de cauchemars, mais aucun doute que ses nuits étaient encore agitées.

« Pas la peine de chercher à mentir. La salle commune des Serpentards te plait, je le vois dans tes yeux.

— Oui, elle est pas mal.

— Pas mal ? Vraiment Granger, le mensonge et toi, ça fait deux. Allez suis-moi, le programme est chargé. »

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Pour une raison qu'elle ignorait, Malefoy s'était mis en tête de participer à tout un tas d'activités de Noël, aux côtés des autres élèves restés à Poudlard.

Elle avait interrogé le Serpentard sur les raisons qui le poussaient à s'infliger tout ça. La seule réponse qu'il lui avait fournie avait été un vague haussement d'épaules. Hermione savait qu'il fallait qu'elle cesse d'essayer de comprendre le comportement de Malefoy.

Ils avaient d'abord décoré des sapins dans la Grande-Salle puis participé aux préparatifs du repas aux côtés des Elfes de cuisine. Ce qui avait été l'occasion pour Hermione de reparler de leur libération avec quelques élèves intéressés par le sujet. Malefoy l'avait regardé faire, connaissant déjà tout le discours d'Hermione à ce propos.

Une fois le repas servi et terminé, un 6ème année de Poufsouffle avait, d'un coup de baguette, fait tomber la neige dans la Grande-Salle. Hermione avait pu démontrer à tous, mais surtout au Serpentard, qu'elle était une très bonne lanceuse de boules de neige.

Lorsqu'il reçut la dixième en pleine tête, le blond posa les armes.

« Je me rends, lâche-ça, dit-il en désignant le projectile que la brune s'apprêtait à lui lancer.

— T'es sûr ? Ce sera noté quelque part que le grand Drago Malefoy, héritier de la dynastie Malefoy, a capitulé face à Hermione Granger, héritière de… d'un cabinet dentaire à Londres.

— Sûr, je me rends, sourit-il. On y va ?

— Je te suis » dit-elle tout en laissant tomber sa boule de neige sur le sol.

Les deux élèves quittèrent la Grande-Salle. Hermione avait redouté ce Noël à Poudlard parce qu'elle avait imaginé, à tort, le passer seule.

Ces dernières années, lorsqu'elle grimpait dans le train, elle ne pensait pas à tous ces élèves restant au château. Ils y restaient pour des raisons différentes, toutes plus déchirantes les unes que les autres et elle était heureuse de savoir que Poudlard serait toujours un foyer pour ceux n'en possédant pas.

Malefoy tentait de retirer les multiples flocons de neige restés coincés dans ses cheveux, la magie les empêchant de fondre. Le regardant s'acharner, Hermione s'assit sur l'un des bancs du Grand-Hall.

« Ça t'est souvent arrivé de passer les vacances ici ?

— Quelques fois, répondit le blond en s'asseyant à ses côtés. Mais d'habitude, je suis plutôt du genre à rester dans la salle commune.

— Alors, merci de l'avoir quittée… et d'avoir enduré tout ça, sourit-elle. J'ai passé une très bonne journée, bien mieux que ce que j'avais prévu.

— Pas de quoi. Bon, j'abandonne. » fit-il, s'avouant vaincu face aux derniers flocons encore accrochés à ses cheveux maintenant complètement ébouriffés. Hermione se surprit à penser que cela lui allait bien. Elle attrapa sa baguette et la pointa vers la chevelure blonde du Serpentard. D'un léger mouvement, elle fit disparaître les dernières traces de sa victoire écrasante. Il la remercia d'un sourire.

« Je peux te poser une question ? » osa-t-elle.

Le Serpentard acquiesça.

« Comment ça a été de… grandir dans ta famille ? »

Déstabilisé, Malefoy posa ses yeux sur la brune. Après quelques secondes, ses iris s'agitèrent, ses lèvres se mirent à bouger, sans qu'aucun mot n'en sorte.

Il se noyait et Hermione ne souhaitait pas assister à ça.

« Laisse tomber. C'était une question stupide. Oublie ça.

— Non, je… J'ai envie de te répondre. Mais, pour te dire quoi ? Que ça a été difficile ? Oui, ça l'a été. Mais j'ai été nourri, habillé, soigné.

— Elever un enfant ne se résume pas qu'à ces trois choses, répondit Hermione en fronçant le regard.

— J'ai aussi été aimé et choyé, si c'est ça qui t'inquiète. Par ma mère, du moins.

— Et ton père ? »

Dans le regard que Malefoy lui lança, Hermione comprit qu'il avait espéré qu'elle ne lui poserait jamais cette question. Il détourna les yeux pour fixer un instant le mur qui leur faisait face. Son visage était blême, sa mâchoire serrée.

« Par où commencer ? » murmura-t-il presque pour lui même.

Il reposa les yeux sur Hermione. Il y avait une telle douleur en eux qu'elle en eut la gorge serrée.

« Mon père n'est pas un homme démonstratif. Il l'est à peine avec ma mère. Il ne sait pas aimer comme toi tu dois concevoir l'amour. Il m'a élevé selon des principes qui te révolteraient. "Écrase avant d'être écrasé" par exemple. Il pensait sûrement m'aider en me transmettant ça. Après tout, il n'a fait que reproduire ce qu'il avait lui-même vécu. Mes grands-parents n'étaient pas des tendres… C'est probablement à cause d'eux que mon père ne dévoile jamais ses émotions. Et c'est probablement à cause de lui que j'ai autant de mal à dévoiler les miennes. Quand j'étais enfant, je n'avais pas le droit d'être triste, effrayé, frustré, envieux ou en colère. Ni même heureux, finalement. Je devais garder tout ça pour moi car selon lui, laisser apercevoir ce que l'on ressent, c'est prendre le risque que cela soit utilisé contre nous. J'ai grandi dans la crainte constante des autres. Pour mon père, l'Autre n'est qu'une personne susceptible de nous utiliser et de nous détruire. Je n'ai accordé mon amitié qu'à très peu de personnes, Blaise en fait partie. Les autres n'étaient qu'une façade. Mon père, lui, n'a pas d'amis, seulement des pions qu'il peut déplacer. Ce qui est paradoxal puisqu'il a lui même été le pion de Voldemort. Toute ma vie j'ai essayé de le comprendre et récemment, j'ai pris conscience que ce que mon père redoutait tout particulièrement, c'était la faiblesse. Mais pas celle des autres, comme on pourrait le penser. Il s'en prend à ceux qui l'entourent, justement parce que c'est sa propre faiblesse qui l'effraie le plus. Il s'en est pris à moi comme il s'en prend à tout le monde. Donc non, mon père ne m'a pas choyé et bien qu'il pense l'avoir fait, il ne m'a pas non plus aimé. »

Hermione n'avait pas quitté des yeux Malefoy. Lui, regardait de nouveau le mur d'en face. Elle ne put retenir la vague de tristesse qui s'empara d'elle. Il était difficile, voire impossible pour elle d'imaginer grandir dans un foyer comme celui-ci. Comment pouvait-on se construire lorsque notre propre père ne faisait que nous détruire ?

Il était incroyable de constater le chemin parcouru par Malefoy. Il n'était plus le gamin qui clamait qu'il en parlerait à son père à chaque fois que quelqu'un se mettait en travers de son chemin. Il avait su s'extraire du joug paternel, mais Hermione savait que cela avait forcément eu un prix. Il avait dû prendre conscience que quoi qu'il fasse, il ne connaîtrait jamais l'amour inconditionnel de son père.

Cherchant peut-être à le réconforter, Hermione posa instinctivement sa main sur celle du Serpentard. Il tourna brusquement la tête, délaissant le mur qu'il était en train de fixer pour regarder leurs deux mains liées. Sous ses doigts, elle le sentit tressaillir et se raidir. Un peu surprise de cette réaction, elle la retira avant qu'il n'ait besoin de le faire. D'un air songeur, Malefoy continua de fixer sa main maintenant orpheline, la surprise d'Hermione laissant place à un léger malaise.

Le Serpentard sortit de sa stupeur lorsque le lourd silence qui régnait maintenant autour d'eux fut brisé par deux élèves qui coururent hors de la Grande-Salle. Ils se poursuivaient dans l'hilarité, laissant des traces de neige sur leur passage. Hermione les regarda s'éloigner et emporter avec eux les rires et les cris.

« C'est lui qui t'as appris tout ça ? dit-elle une fois le calme revenu et toute gêne dissipée.

— Appris quoi ?

— Les insultes que… Les insultes que tu utilisais. A l'époque.

— Oui, lui et d'autres. Tu sais, j'ai entendu ces mots toute mon enfance, sans me poser de questions à vrai dire. Pour moi, il n'y avait pas d'autres termes pour vous désigner. "Né-moldu", j'ai dû entendre ça pour la première fois en 1ère année, pas avant. Je n'ai bêtement jamais cherché à remettre en question les principes qu'on m'avait inculqués. J'ai été élevé dans l'unique but de vous détester, alors c'est ce que j'ai fait. Comme mon père, j'ai détesté Potter, les Weasley, toi et tant d'autres. Parfois sans vraiment savoir pourquoi je devais vous détester, mais je l'ai fait.

— Qu'est-ce qui a changé ? En 6ème année, quelque chose avait changé. Je me souviens que je ne redoutais plus de te croiser car quand c'était le cas, tu m'ignorais simplement. Plus d'insulte, plus de menace. A l'époque, je me disais que tu cherchais à te faire discret, à cause de la mission que Voldemort t'avait confiée. C'était pour ça ?

— Oui et non. J'avais pris la marque pendant l'été et en effet, Voldemort m'avait confié cette mission. Mais ce n'est pas pour ça que j'ai arrêté de m'en prendre à toi.

— Alors pourquoi ?

— Je n'en voyais plus l'intérêt. Je ne voyais plus pourquoi je devais te haïr à cause de ton sang alors que cette haine m'était dictée, entre autre, par un homme qui cachait qu'il était lui-même un sang-mêlé, préférant faire croire au monde sorcier qu'il était un sang-pur. Quand j'ai confronté mes parents à ce sujet, ils ont balbutié que pour lui, c'était différent. Ils étaient au courant. Toutes ces histoires de sang, ce n'est que de l'hypocrisie. Pouvoirs et sang n'ont pas de lien, sinon…

— Sinon, pourquoi je serais ici, à Poudlard, murmura Hermione.

— Voilà. J'ai mis du temps à vraiment en prendre conscience. Alors pendant que toutes mes convictions s'écroulaient et que j'essayais de ne pas nous faire tuer, j'ai arrêté de m'en prendre à toi. Encore une fois, je suis désolé. Pour tout. Vraiment.

— Je le sais. » dit-elle d'un sourire sincère.

De nouveau, Hermione voulut avoir un geste réconfortant envers le Serpentard, mais elle préféra le retenir.

« Je vais aller me coucher. Encore merci pour cette journée, Malefoy. Je ne pouvais pas espérer mieux. A demain, lui souffla-t-elle, tout en quittant le banc.

— Attends. » dit-il en la rattrapant. Il se posta devant elle et glissa sa main dans la poche de sa veste. « Il faut que je me rende à l'évidence, je crois que je n'arriverai jamais à charmer Maggie. Encore moins d'ici demain matin, alors à défaut de le déposer au pied du sapin de ta salle commune, je te le donne tout de suite. » ajouta-t-il en lui tendant une petite boite noire qu'il sortit de sa poche. « Mais interdiction de l'ouvrir avant.

— Qu- Mais, je n'ai rien pour toi, répondit-elle, gênée.

— Ce n'est pas grand-chose, la rassura-t-il. C'est simplement pour te remercier de m'avoir laissé un peu de place à ta table. Joyeux Noël, Granger. »

- Vendredi 25 décembre 1998 -

Significations de l'alphabet runique du vieux futhark par Louisa G. Persimmom

[...]

Dagaz bloque le passage du mal. Symbole de lumière, elle marque l'équilibre entre celle-ci et les ténèbres. Elle laisse entrer le positif et bloque le négatif.

[...]

Sowilo incarne et canalise le pouvoir du soleil. Elle est la source de toute vie et de toute lumière. Cette rune nous illumine, nous guide et nous promet des jours meilleurs en nous garantissant le succès par la volonté.

[...]

Hermione reposa le livre et saisit la petite boite noire, passant les doigts sur la pierre que celle-ci renfermait.

Malefoy lui avait offert une rune liée.

Dagaz et Sowilo, parfaitement entremêlées et gravées sur un petit morceau de jaspe rouge.


Mardi 27 décembre 2005 - Londres.

Les bruits de couverts et de mastication emplissaient le salon des Potter-Weasley, sans pour autant couvrir les voix des cinq amis présents autour de la table à manger, ni les cris de James et Albus courant autour de celle-ci.

Hermione passait quelques jours chez Ginny et Harry. Ils avaient été rejoints par Eden et Luna pour la soirée. Cela faisait plusieurs mois qu'elles ne s'étaient pas vues toutes les quatre. Luna parcourait le monde pour son travail et Eden vivait de nouveau au Kenya depuis quelques années maintenant. Malgré le confort et la rapidité qu'offrait le transplanage, leurs agendas avaient souvent du mal à coïncider.

« Luna, l'interpella Harry entre deux bouchées, j'ai croisé ton mari ce matin. Je suis passé au Ministère signer des papiers pour mon congé. Je n'ai toujours pas réussi à savoir ce qu'ils peuvent bien foutre au Département des Mystères. Encore une fois, il n'a rien voulu me dire.

— Ça fait partie de son métier Harry, il ne peut pas te le dire, expliqua Hermione.

— Pour qu'il te raconte ce qu'il y fait, il aurait fallu que tu l'épouses à ma place, Harry… rit Luna.

— Ne me tente pas trop, j'ai des arguments dont tu n'as pas idée.

— Et ces arguments sont uniquement pour moi » répondit Ginny en adressant un clin d'œil à son mari.

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Après quelques heures, le salon était méconnaissable. La table à manger était recouverte d'assiettes sales et d'une multitude de plats entièrement vides. Seul un reste de bûche subsistait en son centre. Le sapin de Noël qui trônait dans un coin de la pièce était entouré de lambeaux de papier cadeau.

Une fois le repas terminé, les cinq amis s'étaient échangé quelques présents. Mais la grande partie d'entre eux fut destiné aux deux petits garçons maintenant endormis dans les bras de leur mère, assise dans un des fauteuils du salon. Hermione et Luna occupaient le canapé, et en face d'elles, Harry et Eden étaient assis sur des coussins qu'ils avaient posés sur le sol.

« … Et tu penses que Marius reviendra un jour jouer en Angleterre ? demanda Hermione en se resservant un verre d'hydromel.

— Aucune idée, répondit Eden. Pour l'instant, il se plait bien en Norvège, les Corbeaux de Paravør sont une très bonne équipe.

— Tu pourras dire à ton frère que partir jouer en Norvège pour éviter de m'affronter en tournoi anglais n'aura servi à rien, chuchota Ginny, de peur de réveiller les deux garçons. J'ai vu que les Corbeaux avaient été sélectionnés pour la Coupe d'Europe. On s'affrontera donc en février. »

L'excitation dans la voix de la rousse fit légèrement remuer Albus.

« Je vais les mettre au lit, murmura Harry tout en attrapant ses deux garçons, pas de bêtises avant que je ne revienne.

— Merci, lui-chuchota Ginny. J'ai dû être une sainte dans une vie antérieure pour mériter Harry, ajouta-t-elle en le regardant disparaître dans les escaliers.

— Toi, une sainte, j'ai du mal à l'imaginer… plaisanta Eden qui dut se protéger du coussin que la rousse lui lança en signe de représailles.

— J'allais te demander si toi aussi tu comptais revenir un jour par ici, mais finalement tu peux rester dans ton hémisphère, pesta Ginny.

— Tu n'en penses pas un mot, elle te manque beaucoup trop, observa Luna.

— Oui elle me manque, et toi aussi d'ailleurs, ajouta Ginny en se tournant vers la blonde. Alors si tu pouvais quitter tes grottes chiliennes un peu plus souvent… Je vais finir par être jalouse de tes Alicantos.

— Combien de temps vas-tu rester là-bas à les étudier ? demanda Hermione.

— La saison de la reproduction approche, répondit Luna. Après ça, je pourrai rentrer quelque temps.

— Ça tombe bien ma Luna car je voulais justement vous annoncer qu'après ma mission à l'Orphelinat magique de Nairobi, j'avais un nouveau projet… dit Eden.

— Tu rentres aussi ? s'exclama Hermione, surexcitée.

— Et bien… Venir en aide à ces enfants, parfois abandonnés à cause de leurs pouvoirs et leur offrir un endroit sûr où ils peuvent être eux-mêmes, je ne me vois plus faire autre chose. Alors avec une collègue, on souhaiterait en créer un en Europe. L'Angleterre nous paraît être une bonne idée. On ne peut pas laisser ces enfants dans des orphelinats moldus, on ne peut pas les laisser découvrir leurs pouvoirs dans un environnement qui ne leur permettra pas de les comprendre. Donc oui, sourit-elle, je rentre aussi. »

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« Ça m'a fait du bien de les revoir. » souffla Hermione, allongée sur le canapé, sa tête reposant sur les jambes de Ginny.

Eden et Luna avaient transplané il y a quelques minutes et Harry était parti se coucher aussitôt. Hermione fixait le plafond blanc du salon, elle y voyait s'y refléter les lumières des décorations qui illuminaient le sapin.

Cela faisait deux jours qu'elle avait rejoint Harry et Ginny. Cela faisait donc deux jours que des souvenirs de son ancienne vie auprès de Ron lui revenaient sans cesse en mémoire. Voir ses deux amis, entourés de leurs trois enfants rappelait à Hermione la vie qu'elle aurait pu avoir. Elle se sentait bien avec Ron, il aurait suffit qu'elle se contente de cela, être bien. Elle aurait pu se lancer et accepter de l'épouser, elle aurait pu lui donner des enfants et elle aurait été bien. Mais elle voulait plus que ça et Ron méritait mieux qu'une femme qui ne serait jamais plus que bien.

Ginny baissa les yeux sur son amie et fit glisser ses doigts dans ses boucles brunes.

« Comment tu vas, Hermione ? demanda-t-elle d'un air préoccupé. Avec Harry dans le coin, je n'ai pas eu l'occasion de te demander comment se passaient les choses avec Malefoy ? »

A l'entente de ce nom, Hermione relâcha un long soupir. Elle avait réussi à ne pas penser à lui de la soirée.

« Merlin. A ce point-là ? »

La brune laissa échapper un rire teinté de dépit.

« Oui, à ce point-là. Toutes ces années, il est resté dans un coin de ma tête, mais je suis plus ou moins parvenue à vivre avec ce souvenir. Tant que je ne le vois pas, il reste simplement quelque part dans mon esprit. Mais là, maintenant, au détour d'un couloir ou d'un escalier, il est plus qu'un souvenir, il est vraiment là, devant moi. Et alors, je te jure Ginny, c'est une véritable lutte que je mène contre moi-même. Ça devient tellement difficile de tenir ce rôle, de l'ignorer ou de forcer le désintérêt. J'en deviens odieuse parce que ça ne fonctionne pas, il ne laisse pas tomber.

— Justement, s'il ne laisse pas tomber, peut-être que ça veut d…

— Arrête, Ginny. Je t'ai déjà tout raconté. Tu sais ce qu'il s'est passé et je ne peux pas oublier.

— Oui, je sais, excuse-moi… Et lui, comment est-ce qu'il se comporte avec toi ?

— Il est comme avant. Il me parle, me taquine et me regarde comme avant. Il ne comprend pas pourquoi je lui en veux, il ne semble même pas savoir que je lui en veux. Il n'a absolument pas conscience du mal qu'il a pu me faire.

— Hermione, dis-le lui.

— Non. Certainement pas. »

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Que voulez-vous, les grands esprits ne prennent pas toujours les meilleures décisions !

J'espère que ce chapitre vous aura plu. Encore de la frustration j'imagine, mais Hermione a une certaine fierté. Elle refuse de laisser voir à Drago à quel point elle a été blessée suite aux événements de leur 7ème année.

Mais cette lutte interne pourra-t-elle encore durer longtemps…? Vous le saurez bientôt !

J'ai adoré écrire les scènes de 98 entre Hermione et Drago, notamment leur conversation où il s'ouvre encore un peu plus. Le sujet de Lucius est une source d'inspiration inépuisable.

Comme cadeau je n'imaginais pas autre chose qu'une rune. C'est, après tout, la matière qui les a réunis. Après quelques recherches, ces deux-là m'ont paru logiques, considérant ce qu'elle traverse avec ses parents. Je l'ai même dessinée pour être sûre du rendu !

Pas de Drago du "présent" dans ce chapitre, mais je compte me faire pardonner puisque les deux prochains seront du point de vue de notre Serpentard préféré.

Encore merci aux reviewers, à ceux et celles qui s'abonnent et qui mettent mon d'histoire en favoris. C'est motivant et ça me rend toujours aussi heureuse !

A dimanche prochain :)