Le jeune homme se réveilla quelques heures plus tard à cause de la lumière, Derek ayant oublié de fermer les volets. Il était environ sept heures, et le soleil allait se lever. Il se retourna pour observer Derek endormi. Son visage était serein, ses traits relâchés, il était extraordinairement beau. Stiles songea au haiku qu'il lui avait offert la veille. Il s'en souvenait très clairement.
Poudre de lumière
Sur tes paupières refermées
Des soleils levants
Il eut l'irrésistible envie de caresser ce visage offert, cette peau pâle illuminée par le soleil du matin, qui contrastait avec les cheveux ébènes. Il voulait entendre d'autres poèmes sortir de cette bouche tentatrice, il voulait voir ces yeux se plisser en un sourire.
Derek ouvrit les yeux, fut surpris de voir Stiles éveillé face à lui, et lui sourit.
- Bon matin, Mr Hale, dit Stiles de sa voix rauque, l'air goguenard.
Le brun ferma les yeux, ses lèvres toujours étirées en un sourire, et roula sur le dos avant de s'étirer.
- Il est tôt, fit-il en repoussant les couvertures. Sept heures, un samedi matin ? Je te savais pas si matinal.
Stiles contempla le corps du musclé de Derek, qui ne portait qu'un marcel blanc léger et un short.
- Tu feras la sieste, feignant.
- Je vais faire des pancakes, annonça-t-il. La salle de bain est à droite, fais comme chez toi.
Il avait l'air d'excellente humeur ce matin.
Stiles se leva, et se dirigea vers la salle de bain. Il se sentait un peu vaseux tout de même, dû à l'alcool qu'il avait ingurgité la veille. Il prit une serviette propre laissée à son intention, et fut amusé de constater que l'étagère au-dessus du lavabo avait été séparée en deux, et qu'un côté était plein à craquer de produits alors que l'autre ne contenait que le strict minimum : tondeuse, déodorant, parfum. Il se demanda à qui elle appartenait : Peter ou Derek ?
Il entra dans la douche et ouvrit l'eau chaude, ce qui lui fit un bien fou. Il farfouilla dans les gels douches avant de trouver ce qui lui convenait et se lava.
Après s'être séché, il enfila le T-shirt et le pantalon que Derek lui avait prêtés. Ils étaient un peu grand, mais ça ferait l'affaire.
Arrivé à la cuisine, il fut guidé par une bonne odeur qui provenait de la poêle. Derek s'affairait au-dessus de la cuisinière, très concentré.
Stiles sourit en songeant qu'il lui avait appris à ne pas les faire brûler.
- Ça sent bon, dit-il.
Il du réfréner son envie de se coller à Derek. Mais t'es fou mon pauvre ami, il va te mettre deux baffes oui !
Les deux jeunes hommes s'installèrent à table et mangèrent leur petit-déjeuner. Peter descendit les escaliers, l'air grognon.
- Bah qu'est-ce qu'il se passe Peter ? C'est dur ce matin ? se moqua Stiles.
Derek pouffa.
- Nianiania… Bon les jeunes, je file.
Il partit sans demander son reste.
- Où est-ce qu'il va ? demanda Stiles.
- Voir Chris Argent, cracha Derek, dégoûté.
- Quoi ?! Mais pourquoi ?
- Il se figure qu'il peut le remettre dans le droit chemin. Il a toujours eu un faible pour Chris, soupira le brun.
Stiles était interloqué, il n'aurait jamais pensé que ces deux ennemis puissent enterrer la hache de guerre. Un faible, c'est-à-dire… ?
Il n'eut pas le temps d'en savoir davantage, Scott l'appela sur son téléphone.
- Où est mon partenaire de footing ?
- Merde ! J'ai carrément oublié !
- Je suis devant chez toi je t'attends !
Et il raccrocha. Sauf qu'il n'avait aucun moyen de rentrer. Il fit les yeux doux à Derek.
- Dis, ça te dérangerait de me ramener chez moi ?
- Bien sûr que non, dit Derek, naturellement. Allez viens.
- Merci pour cette soirée… et matinée, bafouilla Stiles, gêné, alors qu'ils étaient devant chez lui.
- Tout le plaisir était pour moi, dit Derek en le gratifiant d'un magnifique sourire.
Stiles claqua la porte, lui fit signe et se dirigea vers son ami.
- Aloooors ? questionna Scott.
- Toi, aloooors !
Scott était extatique.
- On a dormi chez moi, avoua-t-il.
- Juste dormi ?
Scott fit une moue équivoque.
- Champioooon !
- Et toi alors, juste dormi ?
- Bah, bien sûr. On parle de Derek Sexy Hale là. Il est… inaccessible.
Le brun leva les yeux au ciel.
- J'en suis pas si sûr. Je sais qu'il craque sur toi.
- Quoi ?! Mais qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- T'étais trop bourré pour le voir, mais hier, il était fixé sur toi. Même moi je l'ai vu, alors quand même !
Les deux amis partirent en riant et en se taquinant.
- Salut P'pa ! annonça Stiles en ouvrant la porte, après son footing.
Il se sentait bien, la course l'avait aidé à éliminerles excès de la veille. Son père était dans le canapé, pour une fois, il avait une matinée à la maison.
- Salut, fils. Bien passé hier ? Je savais pas que tu restais dormir, heureusement que Scott m'a prévenu.
- Oui, heu… bafouilla le jeune. Scott était avec Malia, et il a pas pu me ramener…
- T'inquiète pas mon grand. T'as raison d'en profiter.
Stiles était surpris. Son père était plutôt sévère et regardant d'habitude. Mais là, il semblait détendu.
- Ça te dit d'aller manger au Five Guys, ce midi ? J'ai pas envie de cuisiner, déclara Noah.
Stiles approuva chaudement avant de monter dans sa chambre et de découvrir un message de Derek sur son téléphone. C'était un haiku.
Effluve sucrée
Des pas dans l'escalier
Douceur du matin
Stiles rougit à la lecture du poème. Je suis une de ces nunuches ! Ce mec me rend benêt…
Cette attention l'avait énormément touché, et il savait que s'il se rapprochait davantage de Derek, il développerait de forts sentiments. Mais il ne pouvait s'en empêcher, le brun l'attirait irrémédiablement, et son côté intello en rajoutait une couche. Stiles se sentait comme une gamine de douze ans et cela le faisait enrager.
Le jour suivant, Stiles n'avait fait que traîner chez lui en pijama et rattraper ses devoirs en retard. La semaine d'après serait la dernière avant le bal d'automne et les vacances, ce qu'il attendait avec impatience, mais il était moins enthousiaste à l'idée de tous les contrôles et tests que les profs avaient décidé de leur faire passer pour cette semaine-là. Les révisions avançaient bon train, et fort heureusement, Stiles était un bon élève avec des facilités, lorsqu'il s'y mettait…
Cependant, il se demandait bien avec qui il allait pouvoir aller au bal, puisque Scott et Malia, Liam et Cora allaient forcément y aller ensemble, et que Lydia avait décidé d'y aller avec Isaac, en toute amitié. Il aurait bien aimé y aller avec Derek, mais il avait trop la trouille de lui demander et de se prendre un rateau : les bals n'étaient pas vraiment la tasse de thé du brun.
Il se coucha de bonne heure ce soir-là, content d'être au point avec son travail scolaire.
Le lundi matin, Stiles avait contrôle de chimie avec Harris à 8h, la journée ne pouvait pas débuter plus mal. Lorsque son réveil sonna, il faillit rabattre la couette sur sa tête et s'enterrer à jamais dans son lit, mais son père avait préparé des œufs et du bacon pour le petit déjeuner, et cela lui remonta le moral. Le Shérif sifflotait gaiement dans la cuisine, et Stiles sourit à la vue de son père si heureux.
- Pourquoi t'es de si bonne humeur ce matin, papa ? questionna Stiles.
- Oh, je sais pas, pour rien, répondit vaguement Noah. Je me demandais, ça te dirait qu'on parte un week-end pendant tes vacances ? On… on pourrait emmener Scott.
Stiles écarquilla les yeux.
- Mais oui ! Ce serait trop bien ! T'es le meilleur p'pa !
Le Shérif se retourna en murmurant « hehehe », satisfait.
Lorsque Stiles arriva au lycée, il se sentait fin prêt à affronter le démoniaque Harris. Passant devant la bibliothèque du lycée, il fut regonflé à bloc par le discret sourire que lui adressa Derek à son bureau. Il était à tomber ce jour-là. Oui, bon je dis ça tous les jours, je sais…
Il portait un T shirt à manches longues gris clair bien ajusté ainsi qu'un jean noir. Son visage avait repris des couleurs, et il semblait en pleine forme et de plutôt bonne humeur.
À la fin de son contrôle, Stiles rejoignit ses amis à la pause. Lydia et Cora complotaient à propos du bal d'automne, se racontant les derniers ragots, et Isaac tentait vainement d'écouter, puisqu'il était assez commère.
- Alors, Stiles, tu vas au bal avec qui ? demanda Scott en toute innocence.
- Euh, je… je sais pas encore…, bafouilla-t-il.
- Tu n'as qu'à demander à Théo, déclara Lydia. Je suis sûre qu'il acceptera, il en a toujours pincé pour toi.
Stiles faillit s'étouffer avec sa salive. Si j'avais su que tant de mecs étaient sur moi… !
- T'es folle ! Théo est super asocial, pouffa Malia.
Théo était devenu un omega, il s'était fait discret, mais il devait continuer son lycée à Beacon Hills. À vrai dire, les rares rapports qu'il entretenait avec la meute de Derek étaient cordiaux, mais cela n'allait pas plus loin.
- Regarde le, il est toujours seul. Je suis sûre qu'il meurt d'envie d'aller au bal, mais qu'il n'a personne pour y aller, fit Lydia, mesquine.
Elle avait touché la corde sensible de Stiles.
- S'il est seul, c'est bien pour une raison ! fulmina Malia.
- C'est vrai, t'as raison, Lydia, il mérite une seconde chance. Je vais aller lui demander, se résolut Stiles.
Il s'éloigna en direction du jeune homme, alors que Malia levait les yeux au ciel et que Scott ricanait.
- S-salut Théo… ça va ? demanda Stiles, un peu intimidé.
- Oh, salut Stiles, ça faisait longtemps qu'on s'était pas vu, dit Théo, aimablement. Oui, ça va et toi ?
- Super… écoute je voulais te demander… si tu voulais aller au bal d'automne avec moi ?
- Tu me demandes d'être ton cavalier ? s'amusa Théo.
- Ouais… si tu veux bien…, bafouilla Stiles en se tortillant nerveusement.
- J'accepte volontiers, sourit Théo. C'est gentil de penser à moi.
- Super ! Tu peux venir passer me chercher à 19hh. Salut ! fit Stiles, avant de retourner auprès de ses amis.
- Alors ?
- Il a dit oui, se rengorgea Stiles. Je pense qu'on l'a mal jugé, il est très gentil en vérité.
- Niania, souffla Malia, qui avait décidément une dent contre le jeune homme.
- J'en connais un qui va être furax et jaloux, chuchota Lydia à l'oreille de Scott, alors que Stiles se dirigeait vers son prochain cours.
- Tu veux dire… Derek ? demanda le brun en écarquillant les yeux.
- C'est exactement ce que je veux dire…, ricana la rousse.
Elle en avait marre que Stiles et Derek se tournent au tour, ils n'arrivaient pas à passer au stade supérieur, et pourtant, leurs sentiments était bien présents. Elle espérait que la possessivité du plus vieux prendrait le dessus, et tant pis si Théo en faisait les frais.
