Disclaimer : l'univers Marvel ne m'appartient pas
Lia était matinale. Amélia était sûre qu'elle tenait ça de son père. Si elle éprouvait toutes les difficultés du monde à dormir, la brunette adorait traînailler au lit le matin, chose qu'elle pouvait rarement se permettre de faire, sauf lorsque Bucky ne partait pas courir le matin et qu'il emmenait Lia au rez-de-chaussée pour laisser Amélia profiter, comme ce matin-ci.
En entendant les gazouillis provenant du salon, Amélia décida de se lever. Elle attrapa son peignoir en satin et l'enfila avant de descendre les escaliers le plus discrètement possible. Lorsqu'elle arriva sur la dernière marche, elle tourna la tête pour apercevoir Bucky et Lia dans le canapé. Bucky était couché tandis que Lia était assise sur son torse. L'enfant posait une main sur la bouche de Bucky tandis qu'il faisait mine de vouloir la lui manger, ce qui ne manquait jamais de la faire rire. Amélia ne put retenir son propre sourire lorsqu'elle entendit le rire de sa fille.
- On dirait que maman est levée. Sourit Bucky.
Ils tournèrent tous les deux la tête vers elle, et elle les rejoignit rapidement. Bucky se releva, provoquant presque le mécontentement de sa fille mais il parvint à se faire pardonner en déposant un baiser sur son nez, sa barbe la chatouilla et elle éclata à nouveau de rire. Dès qu'Amélia fut assise à côté de Bucky, Lia tendit les bras vers elle et elle ne se fit pas prier pour prendre sa fille dans ses bras.
- Tu t'amuses bien avec papa ? Gazouilla Amélia en déposant un baiser sur son front.
- Dada. Répéta-t-elle.
- C'est ça. Sourit-elle. Pa-pa.
Si Lia essayait volontiers de dire « papa », Amélia n'avait encore jamais réussi à lui faire dire maman, ou du moins, à lui faire dire quelque chose qui y ressemblait. Et Amélia en était maintenant presque sûre, le premier mot de sa fille ne serait certainement pas maman. Elle sentit la barbe de Bucky venir chatouiller sa joue tandis qu'il se penchait vers elle pour déposer un baiser sur sa joue.
- Ça fait longtemps que vous êtes levés ? S'enquit-elle en tournant la tête vers lui.
- Une heure. Je te prépare ton petit-déjeuner ?
- Pas tout de suite.
Il lui lança un regard suspicieux auquel elle répondit par un sourire et elle se pelotonna contre lui. Il passa immédiatement un bras autour de ses épaules tandis que Lia posa la tête sur la poitrine de sa mère, jouant avec les mèches brunes d'Amélia. Ses cheveux avaient retrouvés la longueur qu'ils avaient lorsqu'il l'avait rencontré à Baltimore. Ses doigts à lui se perdirent également dans ses mèches sombres et elle esquissa un sourire en relevant la tête vers lui.
- Profites-en, ils ne vont plus rester là très longtemps.
- Tu comptes t'en débarrasser ? Plaisanta-t-il.
- J'ai pris rendez-vous chez le coiffeur. Se contenta-t-elle d'expliquer.
- Sans m'en parler ?
- Parce que tu as un droit de véto sur mes cheveux ?
- Cette alliance me confère un droit de véto sur toutes les parties de ton corps. Sourit-il malicieusement.
Sa remarque lui arracha un rire, qui fit relever Lia. Elle regarda longuement sa mère sans trop comprendre pourquoi elle riait et puis enfin son père pour revenir sur sa mère.
- Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? S'enquit Amélia. Tu penses que maman peut aller se couper les cheveux ?
- Elle va les regretter sans doute plus que moi. Fit remarquer Bucky.
- Probablement. Approuva la brunette en hochant la tête.
- Dada ! S'exclama la petite en tendant les bras vers Bucky.
- Et bien, puisque notre fille s'est encore une fois rangée de ton côté, j'irais seule. Lança Amélia.
La jeune femme fit mine de vouloir se lever mais Bucky l'en empêcha et l'observa attentivement pendant de longues secondes. Son expression sérieuse lui arracha un froncement de sourcils.
- Quoi ? Interrogea-t-elle.
- Je te regarde une dernière fois avant de ne plus être capable de te reconnaître.
Il s'attira une gentille tape sur l'épaule de la part de sa femme, et père et fille ne put retenir leur amusement, ils éclatèrent de rire.
- Tu me dévisages encore. Soupira Amélia sans détourner les yeux des tomates qu'elle découpaient.
- Non. Réfuta Bucky.
- Alors qu'est-ce que tu fais ?
- Je te regarde. Nuança-t-il. Je n'ai plus le droit de regarder ma femme ?
- C'est ce que tu fais depuis une semaine, est-ce que tu vas t'y faire un jour ou pas ?
- Je n'en sais rien. Avoua-t-il.
- Tu adorais la perruque. Rappela-t-elle.
- Tu adores l'armure. Rétorqua-t-il.
Depuis son tabouret, de l'autre côté de l'ilot central, il vit les joues de son épouse se teinter de rose et elle releva brièvement les yeux vers lui, il devina à moitié son regard derrière une frange qui lui barrait les yeux.
- Tu aimais la perruque. Répéta-t-elle.
- Je n'ai pas dit que je n'aimais pas. Je dis juste…
- Que tu n'aimes pas.
- Que c'est beaucoup de changement. Nuança-t-il. Et qu'il me faut du temps.
- Même Lia s'y est faite.
- Il lui a fallu une journée entière pour être certaine que c'était toi. Et encore maintenant, je la vois hésiter.
- Tu exagères.
- C'est la vérité.
- Cette méfiance ne peut venir que de toi.
- Ça c'est un trait de caractère que je suis content de lui avoir donné, tu manques cruellement de prudence.
- Et toi tu es un peu trop prudent.
- On n'est jamais trop prudent.
Elle leva les yeux au ciel et il vit sa bouche grimacer tandis qu'elle répétait dans un souffle ses mots.
- J'ai compris pourquoi tu as changé de coiffure. Tu veux simplement me cacher les grimaces que tu fais quand tu te moques de moi.
- J'ai changé de coiffure parce que j'en avais envie. Rectifia-t-elle. Je n'aurais jamais à cacher mes grimaces.
Elle s'essuya les mains et repoussa la frange qui lui barrait le visage. Dorénavant ses cheveux s'arrêtaient à hauteur de son menton et elle avait troqué son brun naturel contre un blond.
- Et dire que je pensais que mon mari aimerait que sa femme prenne soin d'elle. Soupira-t-elle.
- Ton mari aime que tu prennes soin de toi. Assura-t-il.
Elle arqua un sourcil et un sourire malicieux naquit sur son visage.
- Alors, tu devrais peut-être me le montrer.
Bucky lui retourna un sourire et abandonna rapidement son tabouret pour se diriger vers elle, elle se débarrassa de son torchon au moment où il la saisit par la taille pour la hisser sur le plan de travail. Leurs lèvres se trouvèrent, il trouva immédiatement l'ourlet de sa jupe et glissa ses mains le long de ses cuisses jusqu'à trouver son sous-vêtement en dentelle. Ses doigts à elle se promenaient déjà sur son torse, relevant son t-shirt au fur et à mesure qu'ils progressaient. Ils n'eurent cependant pas le temps de pousser leur exploration plus loin puisqu'une sonnerie de téléphone portable les interrompit. Amélia se recula légèrement et lui adressa un regard interrogateur tandis qu'il lui retournait l'éternelle moue neutre qu'elle connaissait tellement bien.
- Ce n'est pas mon téléphone. Lança-t-elle incrédule.
- C'est le mien.
Face à la sonnerie persistance, Bucky se dégagea de son étreinte et glissa la main dans la poche de son jeans pour en sortir un téléphone qu'elle n'avait encore jamais vu. Il scruta l'écran quelques secondes avant de relever les yeux vers elle.
- Depuis quand tu as un portable ? S'enquit-elle.
- C'est Steve qui me l'a donné.
- Steve t'a donné un portable ? Répéta-t-elle lentement.
Amélia quitta son perchoir et ajusta sa jupe avant de lancer un nouveau regard au téléphone, maintenant silencieux.
- Pourquoi Steve t'a donné un portable ?
- En cas d'urgence.
- On a le mien en cas d'urgence. Contra-t-elle en fronçant les sourcils.
- Il était temps que j'ai mon propre téléphone. C'est plus simple comme ça.
Si Amélia était incapable de savoir quand il mentait ou non, elle était capable de voir quand il tentait de lui cacher quelque chose. Elle le connaissait trop bien, elle connaissait chacune de ses mimiques, chacun de ses regards fuyants.
- Tu as quelque chose à me dire ? Pressa-t-elle.
- Qu'est-ce que j'aurais à te dire ?
- À toi de me le dire.
Les deux époux se jaugèrent longuement, face à la mine sérieuse et aux sourcils froncés de sa femme, Bucky fut le premier à détourner les yeux, il se gratta nerveusement la nuque et chercha du regard quelque chose qui pourrait bien le sortir de là, en vain.
- Bucky ? Insista-t-elle.
- Ce n'est rien. Assura-t-il. J'ai juste voulu avoir mon portable. Au cas où, tu ne serais pas joignable.
- Je suis toujours joignable.
- C'est uniquement en cas d'urgence. Répéta-t-il. Si Lia est avec Steve ou Wanda et que l'un ou l'autre n'arrive pas à te joindre pour une raison ou une autre, alors ils pourront me contacter.
La moue dubitative de son épouse l'informa qu'elle n'était pas totalement convaincue par ses propos mais il aurait pu soupirer de soulagement lorsqu'il la vit détourner les yeux pour s'intéresser au repas qu'elle était occupée à préparer. Elle se remit en silence à la découpe de ses légumes et aucun d'eux n'abordèrent le sujet à nouveau.
Après l'apparition du mystérieux portable, Amélia commença à remarquer qu'il recevait de plus en plus d'appel ou de textos, la plupart du temps, il disait que c'était Steve. Et puis, Bucky commença à se rendre en ville plus souvent, il partait tôt, rentrait tard. Quand elle l'interrogeait, il disait toujours la même chose : j'ai entraîné de nouvelles recrues avec Steve. Et plus le temps passait, plus elle commençait à douter, et elle maudissait ce doute qui s'était insinué dans son esprit. Elle avait confiance en Bucky, elle avait toujours eu confiance en lui et voilà qu'elle commençait à s'interroger.
Et puis un jour, Amélia en eut le cœur net, elle prépara Lia, empoigna les clefs de voiture et elle conduisit jusqu'à rejoindre le palais, elle avait tapoté le volant tout le long du trajet et lorsqu'elle fut garée, elle se sentit ridicule d'être venue jusque-là. Bucky n'avait rien à cacher, s'il lui disait qu'il entrainait les futures Dora Milaje, alors c'était ce qu'il faisait. Mais puisqu'elle avait fait tout ce chemin, alors autant que ça lui serve à quelque chose.
Et c'est avec Lia dans les bras qu'elle pénétra dans le bâtiment, à sa grande surprise, ce fut Shuri qui l'accueillit, Amélia pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où Shuri s'était donnée la peine de sortir de son laboratoire pour venir l'accueillir. Elle la laissa babiller avec sa fille avant qu'elle ne relève les yeux vers elle et immédiatement, elle comprit qu'elle n'était peut-être pas venue pour rien.
- Je ne savais pas que tu devais passer. Sourit nerveusement Shuri. Tu es venue voir T'Challa ?
- Non. On est venues voir Bucky. Il travaille tellement ces derniers temps, Lia avait très envie de le voir.
Elle vit le sourire de Shuri se figer mais elle hocha néanmoins la tête.
- Tu nous emmènes ? S'enquit Amélia.
- J'adore tes cheveux ! S'écria-t-elle en portant une main à ses mèches blondes. Ça te va très bien.
- Merci.
- J'ai de nouvelles choses au labo, ça te tente de jeter un œil ? Proposa-t-elle.
- Du moment que rien de ce qui se trouve là-dedans ne risque d'exploser dans les mains de ma fille. Accepta Amélia.
Durant l'heure qui suivit, Amélia fit semblant de s'intéresser réellement aux nouvelles inventions de Shuri. Elle écouta avec une avidité factice et posa des questions dont les réponses ne l'intéressaient pas et puis au bout d'un moment, elle perdit patience, elle se tourna vers Shuri qui était toujours au beau milieu d'une explication un peu trop scientifique et croisa les bras sur sa poitrine.
- Où est mon mari, Shuri ? La coupa-t-elle.
La jeune femme s'immobilisa, la bouche toujours ouverte et la referma après quelques secondes de silence.
- Où est Bucky ? Répéta-t-elle.
- Écoute, je… en fait… il est au Nigéria. Finit-elle par lâcher. Je suis désolée, je ne suis pas censée t'en parler, personne n'est censé être au courant mais tu es là et…
Amélia prit une profonde inspiration avant de se tourner vers Lia qui jouait non loin d'elle, d'un pas décidé, elle se dirigea vers sa fille, remballa ses jeux et la pris dans ses bras avant de tourner les talons.
- Merci Shuri.
Elle n'avait pas besoin de rester plus longtemps, elle avait les informations qu'elle cherchait, ces informations qu'elle avait tant redoutées. Et c'est dans une colère noire qu'elle rentra chez eux. Elle passa le restant de sa journée à profiter de sa fille, elles s'amusèrent ensemble dans le jardin avec Huguette et elle fit de son mieux pour ne pas penser à ce qu'elle avait appris aujourd'hui : Bucky avait repris les missions.
