Chapitre 12 - Doux cauchemars
CE CHAPITRE PEUT CONTENIR DES SCÈNES POUVANT OFFENSER VOTRE SENSIBILITÉ.

Elliot et Wesley ainsi que le trio de cyniclons occupaient le laboratoire du sous-sol, scrutant les écrans des multiples ordinateurs. Tout semblait calme sur la ville de Tokyo, aucunes machines ne s'affolaient. Mini-Mew profitait de ce moment de répit pour recharger ses batteries, tandis que Wesley lui exécutait les dernières mises à jour de son système. Sardon et Dren observaient le dernier combat des Mew Mew dans la montagne à la recherche de subtiles détails qui pourraient compromettre Murk, en vain. Ils faisaient défiler les mêmes images depuis le retour des héroïnes. Plusieurs fracas résonnèrent au plafond du laboratoire, déclenchant les râles de blond.

— Mais qu'est-ce qu'elles fabriquent encore ? J'ai pourtant interdit à Kikki d'utiliser sa balle dans la salle du café !
— Ça se voit qu'il connait pas Kikki, elle n'écoute jamais les interdictions ! Rit Tarb.
— Dren, Tarb, allez voir ce qui se passe ! ordonna le patron en lançant un regard noir au plus jeune des cyniclons.

Dren lui renvoya son regard noir en retour en se levant de sa chaise, pendant que Tarb fit une moue d'enfant. Ils quittèrent la pièce, non sans claquer la porte du sous-sol. A peine quelques minutes plus tard, Tarb apparut au milieu de la pièce par téléportation, paniqué.

— On a un gros problème, il faut vite que vous veniez voir ça !
— Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta Elliot en bondissant de son siège.
— Ce sont les Mew Mew...

Il n'en faut pas plus pour que chacun abandonne ce qu'il faisait pour se précipiter dans la grande salle de réception du café. Ils trouvèrent les filles endormies autour d'une table, Estelle et Zoey jonchant sur le sol tandis que les trois autres étaient avachies sur le plateau de la table. Dren tentait en vain de réveiller la rose en la secouant par les épaules.

— Que s'est-il passé ? Demanda Wesley presque horrifié.
— Comment veux-tu qu'on le sache ? On était avec vous ! Dégaina Dren.
— Dren, reprit Sardon, ne t'énerve pas. Il faut les mettre dans un endroit plus...confortable, posa l'aîné.

Il ne fallut pas le dire deux fois à Dren qui soulevait déjà Zoey, un bras sous ses genoux et l'autre derrière ses épaules. Ainsi, Wesley se chargea d'Estelle, Tarb se surprit à porter Kikki quand Sardon s'approchait de Bridget. Elliot observa la tasse renversée de Corina, en renifla le contenu avant de reposer la porcelaine ; son regard se posa sur la petite fiole contenant la poudre violette au milieu de la table. Il la rapprocha de ses yeux et la tourna dans tous les sens admirant les multiples reflets dorés à la lumière. Il fourra le flacon dans sa poche et prit Corina pour la placer dans une des chambres de l'étage du café. Ces dernières ne possédant que deux places chacune, Corina se retrouva dans une pièce seule en face de ses amies. Bridget et Kikki occupaient une pièce, suivit d'Estelle et Zoey dans une autre. Wesley revint du laboratoire avec une petite valisette noire et sa tablette sous le bras. Dren se tenait toujours au chevet de Zoey, inquiet pour la rouquine. La pâtissier ouvrit sa valisette sur le lit de la féline et en sortit deux ronds blancs. Enfin il s'approcha de la féline, déplaça délicatement le col de son uniforme et posa le plus grand des deux ronds près de son cœur.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Dren.
— Ce sont des capteurs pour surveiller leur activité cardiaque et cérébrale, informa-t-il en collant le plus petit sur la tempe droite de Zoey. Ce sommeil est trop soudain pour être normal, je veux les garder en observation.

Il exécuta la même manœuvre sur Estelle et les autres filles avant de rejoindre les cyniclons dans le couloir au milieu des chambres des filles. Il alluma sa tablette et connecta tous les capteurs pour en collecter les données. Plusieurs diagrammes se matérialisèrent sur l'écran, des courbes de différentes couleurs ondulaient au fur à mesure des secondes qui s'écoulaient.

— Pour l'instant leurs rythmes cardiaques semblent normaux, de même pour leurs activités cérébrales, tenta de rassurer Wesley.
— Mais qu'est-ce qui a pu arriver, elles se portaient très bien ce matin, fit Tarb.
— Wesley, Estelle aurait forcé sur la poudre violette à paillettes dorées aujourd'hui ? remarqua Dren en désignant la chemise du brun.

En effet, la poudre ressortait sur la chemise blanche du scientifique. Il frotta son torse pour enlever la substance sans chercher à répondre au cyniclon : probablement avait-il raison. Après tout Estelle était une star à l'international et enchainait des séances maquillages pratiquement tous les jours.

— C'est étrange, mais les cheveux de Bridget en était également recouverts, s'interrogea Sardon.
— Et bien je pense que cette poudre n'est pas innocente dans le sommeil de plomb de nos chères Mew Mew, intervint Elliot du bout du couloir. J'ai trouvé ça sur la table, indiqua-t-il en brandissant le flacon entre son index et son pouce. J'imagine que l'une des filles en a fait un prélèvement.

Elliot s'avança vers le petit groupe et tendit la fiole à Sardon pour qu'il l'examine à son tour. Ce dernier observa la poudre et inclina le flacon pour en déduire l'aspect de la poudre. Il finit par faire un bruit sceptique.

— Ça a surement un lien avec le combat d'aujourd'hui, poussa Dren en croisant les bras.
— Vous n'avez rien vu sur la vidéo du combat ? Reprocha Elliot d'un ton méprisant.
— On a vu et revu tout ce que votre petite boule de poils rose a pu filmer ! Rétorqua le cyniclon. Ce n'est pas de notre faute s'il n'a pu qu'enregistrer le combat de Zoey contre Murk !
— Si j'étais vous, j'irais me changer les garçons, intervint Sardon.
— Pourquoi ça ? fit Elliot.
— Je n'en suis pas sûr, et il me faudrait quelques analyses microscopiques pour le confirmer, mais il semblerait que les Mew Mew aient été en contact avec un puissant poison chimérien...
— Penses-tu que cela peut nous atteindre, Elliot et moi ?
— Je ne peux pas le dire sans analyses approfondies, Wesley.

Les créateurs du projet Mew Mew se regardèrent : Wesley décela dans les yeux du blond de la rancœur, de la culpabilité mais également une étincelle de colère. Ce dernier coupa rapidement le lien visuel établi avec son collègue et quitta l'étage. A peine quelques secondes plus tard, un coup résonna dans la cage d'escalier, signe qu'Elliot venait de taper dans le mur avec colère...

Corina se réveilla doucement à l'entente de son prénom. Son regard navigua autour d'elle, découvrant qu'elle se tenait dans le studio de danse où elle avait l'habitude de s'exercer.

— Corina, tu m'écoutes ? Rappela sa camarade. Est-ce que mon arabesque est assez tendue ? Vraiment je te remercie de me donner des conseils !
— Tu devrais monter un peu plus ta jambe, conseilla la bleue. Attends, je vais te montrer, fit-elle en tentant de se lever.
— Corina, enfin tu sais bien que c'est impossible ! Se précipita sa camarade vers la Mew Mew.
— Quoi ?

La bleue baissa les yeux vers ses jambes : elle pensait être assise sur le banc de la salle de répétition avec une petite couverture bleu ciel sur ces genoux pour se couvrir du froid habituel du studio. A la place, elle remarqua les deux grandes roues sur les côtés de ses jambes. Elle tenta de bouger ses orteils, mais elle ne ressentait plus rien. La panique commença à l'envahir ; elle se regarda dans le miroir mural et s'horrifia à la vue du fauteuil roulant sous son buste.

— Que s'est-il passé ? Lança la bleue.
— Tu ne te souviens pas ? L'accident, ton séjour à l'hôpital... énuméra calmement son amie.
— Quel accident ?! Paniqua Corina. Je ne comprends pas !
— Corina, tu n'as pas pu oublier ça enfin ! Le monstre qui s'en ait pris à ta voiture pendant que les Mew Mew le combattaient, ça t'a sectionné la colonne vertébrale...
— Les Mew Mew ? Non c'est impossible !
— Oh, Corina c'était peut-être pas une très bonne idée que tu m'aides à reprendre ton rôle de Prima Ballerina, j'imagine à quel point cela doit être très dur pour toi de te dire que tu ne pourras plus jamais danser. Je te présente mes excuses, termina enfin sa camarade en se relevant. Tu devrais faire une pause avec la danse avant de vouloir conseiller les petits rats. fit-elle enfin en prenant ses affaires plus loin.

La bleue soupira pour tenter de ravaler ses larmes. Elle réunit ses efforts et essaya de bouger sa chaise roulante au milieu de la pièce sur le parquet. Les roues faisaient un bruit sourd que la jeune commençait à détester, un grincement de caoutchouc. Sans trop savoir comment elle réussit à faire un quart de tour pour se retrouver face au miroir mural.

— Je ne peux pas être paralysée, c'est impossible, je suis née pour danser, se convint Corina. Et je vais le prouver !

Elle enleva d'un geste vif la couverture de ses genoux. La fraîcheur de la pièce vint lui mordiller les mollets, du moins elle l'imaginait car elle n'en ressentait rien. Elle s'observa dans la glace en aidant ses jambes à quitter leur support ; doucement ses pieds trouvèrent le sol. Elle soupira une nouvelle fois et s'appuya sur les accoudoirs de son fauteuil pour se relever. Elle y croyait, elle allait marcher comme elle l'avait toujours fait, elle pourrait danser comme elle en rêvait. A la place, elle s'étala sur le sol du studio. Elle ne ressentait rien, si ce n'est de la colère et de la tristesse. Elle ramena ses bras près de son visage et pleura à chaude larmes en martelant le sol de ses points. La porte du studio s'ouvrit lentement puis plus violemment : elle reconnu les pas précipités de sa gouvernante.

— Corina, il est temps de... Oh mon dieu Corina que s'est-il passé ? S'inquiéta-t-elle en s'approchant de la jeune.
— C'est justement ce que je me demande, souffla la bleue en se relevant sur ses mains.
— Je suis tellement désolée ma petite Corina, tu dois l'accepter, tenta de rassurer Nana tandis que son chauffeur relevait la Mew Mew pour la réinstaller dans son fauteuil. Tu dois faire face à cette nouvelle épreuve ma princesse, susurra-t-elle en remettant la couverture sur les genoux de la Mew Mew. Tout ira bien.

« Non, tout n'ira pas bien Nana, j'ai tout perdu et j'ignore comment ! J'aurais du partir dans cet accident au lieu de survivre dans cette chaise ! » Voulu lui crier la jeune. A la place elle se laissa border comme une enfant. Elle essuya ses larmes sur ses joues roses et le chauffeur se mit à pousser le fauteuil de Corina vers la sortie dans les petits reniflements disgracieux de la jeune.

Le soleil couchant déverse ses rayons orangés sur la ville de Tokyo. La petite Kikki termine de rassembler ses affaires d'artistes de rues dans les fourrés du parc pour les retrouver le lendemain matin. Les Mew Mew ne sont plus, mais les rues présentent toujours les vestiges de leur passage avec cette forêt luxuriante. La blonde avait perdu tous contacts avec ses anciennes coéquipières ; parfois elle recevait la visite de Bridget ou Zoey. Bien que cette présence lui remontait le moral, elle ne gagnait pas d'argent pendant ce temps là et c'était si précieux pour nourrir ses frères et sa sœur. Sur la route de la garderie pour aller chercher Heicha, son pas était rapide et elle tentait de prendre des raccourcis par dessus des murets pour arriver plus vite. La petite serait encore la dernière à partir, comme à l'accoutumé.

— Bonsoir Mademoiselle Rose, salua l'ancienne Mew Mew.
— Kikki, répondit la jeune femme joyeusement. Tu viens encore chercher ta petite sœur ?
— Oui, mon papa travaille très... tard.

Ce dernier mot, elle l'avait prononcé sur un ton hésitant en voyant apparaître deux hommes inconnus à la garderie derrière l'assistante maternelle. Cette dernière s'agenouilla et posa un regard attristé à Kikki.

— Kikki, je suis sincèrement désolée, mais j'ai été obligé de le faire, pour ta sœur, tes frères et toi.
— Non, paniqua-t-elle. Non, vous n'aviez pas le droit, poussa-t-elle plus fort. Vous n'avez pas le droit de séparer une famille ! Où est Heicha ?!

En se décalant de Mademoiselle Rose pour tenter de retrouver sa petite sœur, Kikki aperçut enfin le badge qui se balançait autour du cou des hommes : les services sociaux pour l'enfance venaient pour prendre les frères et sœur de Kikki, et la blonde elle-même par la même occasion. Elle passait entre leurs jambes pour se rendre dans la pièce juste derrière. Sur une table ronde, les quatre frères et la sœur de Kikki dessinait avec de multiples feutres. Quand ils aperçurent leur aînée, tous se précipitèrent dans ses bras. Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux pourtant elle se retint de craquer devant sa fratrie. La Mew Mew se releva et se plaça derrière le petit groupe en toisant les deux hommes.

— Quitte à ce qu'on soit prit par les services sociaux, j'espère au moins que vous avez fait l'effort de ne pas nous séparer, siffla la jeune en posant une main sur ses frères étant aux extrémités de leur rassemblement.
— Nous sommes désolés, répondit simplement l'un.
— Malheureusement aucune famille ne pouvait accueillir six enfants, posa le second en s'accroupissant devant les jeunes. Tes frères pourront rester ensemble, je suis désolé pour ta sœur et toi.

Un second coup de poignard venait de se planter dans le dos de la Mew Mew. Sa famille venait de partir en lambeaux : elle serait séparée de ses frères et de sa sœur. Heicha serait seule avec des personnes qu'elle ne connaissait pas. Tout cela ne pouvait pas être vrai, elle se mordit l'intérieur de la joue et une vive douleur se répandit dans sa bouche, c'était réel, mais elle ne l'acceptait pas.

— Allons-y, vous êtes attendus dans vos familles, confirma le premier homme.
— On va où Kikki, posa Honcha en regardant sa grande sœur.
— On va... vivre une folle aventure, rassura-t-elle, les yeux brillants de larmes. Allez, on y va, ajouta-t-elle en poussant le groupe.

Elle voulait se convaincre qu'elle retrouverait sa vie d'avant, sans avoir à attendre sa majorité pour retrouver sa petite famille. Elle espérait que son père reviendrait de Chine pour s'occuper d'eux, elle espérait, mais au fond elle savait qu'il n'en serait rien, c'était terminé pour elle et le reste de sa famille. Après toutes ses épreuves, celle-ci était le final le plus dur à encaisser pour la petite troupe d'enfants.

La sonnerie indiquant la fin des cours résonnent dans les couloirs du lycée Excalibur. Bridget rassemble ses affaires sur son bureau en ignorant les remarques impertinentes de certains de ses camarades. L'un d'eux passa près d'elle et d'un coup de main fit tomber la pile de livres qu'elle venait tout juste de rassembler pour les enfiler dans son sac. Des feuilles s'échappèrent des manuels scolaires, très vite piétinées par d'autres camarades. Elle attendit que la foule de sa classe s'en aille pour prendre le temps de récupérer ses feuilles, d'estimer ce qu'il lui faudrait recopier au propre. Le calme arriva dans la pièce, seul des bruits de discussions s'élevaient depuis le couloir. La verte s'agenouilla et ramassa ses manuels scolaires. L'instant calme fut de courte durée lorsqu'un groupe de trois jeunes filles entra en trombe dans la pièce.

— Ah Bridget tu es là, on te cherchait. Fit une première fille en entrant dans la pièce.
— Oui tu sais pour te confier nos devoirs ! Assura une seconde.
— Oh et applique-toi un peu mieux, les réponses du second exercice étaient pratiquement toutes fausses, j'ai bien failli me ridiculiser devant toute la classe ! Râla une troisième.
— Nan, c'est pas vrai ?! S'exclamèrent les deux autres.
— Je...Je suis désolée, souffla doucement Bridget.
— Oui, tu peux l'être ! Grogna la troisième.

Les trois Beckys, ces filles populaires, admirées par tout le lycée venaient de poser chacune leur tour leur sac sur les bras de la verte. Bridget pensait qu'en essayant d'être leur amie, elle pourrait se sentir à sa place. Au lieu de cela, elle était oppressée et ensevelit sous trois fois plus de devoirs. Sans compter qu'au lieu de se faire des amies, elle attirait seulement les ennuis au près des personnes populaires. Mais elle se contentait de cela, car au moins, elle avait leur attention, les gens faisait attention à elle... enfin, ils s'amusaient, bien qu'elle détestait leur jeu.

— Je suis désolée, je suis désolée, imita la première d'une voix aiguë, c'est pas en étant désolée tout temps que tu arriveras à te faire des amies ma pauvre Bridget.
— Je suis désolée, posa la verte en baissant les yeux.
— Arrête Becky, elle ne cessera jamais d'être désolée, ça semble être dans sa nature.
— Dans ce cas, je suis désolée qu'on ne puisse pas être amie, mais vraiment je t'apprécie Bridget, beaucoup.
— Allez, à demain Bridget, et bonne nuit...
— Elle risque d'être courte vu tous les devoirs qu'on a, rit la Becky rouquine.

Ses deux homonymes la rejoignirent dans son rire ingrat, quand enfin elles prirent la porte dans une énième conversation lançant une nouvelle rumeur sur une autre élève qu'elles malmenaient. La verte posa les sacs sur une table à côté de la sienne pour finir de ranger ses affaires et s'empressa de quitter le lycée.

Au tournant d'une ruelle, l'hésitation s'empara d'elle lorsqu'elle vit un groupe de quatre jeunes hommes adossés au mur. Elle choisit malgré tout de faire demi-tour et d'emprunter un détour qui rallongeait son chemin.

— Tiens regardez-là, les gars, c'est l'heure du dîner ! Cracha l'un d'eux.

Un frisson lui parcouru la colonne vertébrale et elle accéléra le pas. Elle avait entendu tellement de rumeurs sur les ruelles adjacentes au lycée, mais elle se rassurait en se disant qu'elle n'attirerait jamais des hommes avec sa coupe de cheveux et ses grandes lunettes.

— Eh attends poulette, on veut juste de débarrasser de tes sacs ! lança un suivant qui, à grandes enjambés, rattrapa la jeune.
— Lai...laissez-moi tranquille, tenta la verte.
— Oui, oui, on va te laisser tranquille t'inquiète pas, assura un autre, quand tu nous auras rendu un p'tit service ma p'tite, fit-il en se touchant l'entre-jambe.

Les quatre hommes l'entouraient à présent, l'obligeant à reculer. Elle fut rapidement bloquée par un mur derrière elle, et elle ne voyait aucune issue possible. Les mots refusaient de franchir sa bouche, son corps ne répondait plus non plus et son souffle était court : elle était terrifiée et tétanisée. Personne ne passait par ce chemin, et même si par chance quelqu'un le faisait, jamais il ne porterait secours à une fille comme elle. Les larmes commençaient à envahir ses yeux, c'en était finit pour elle.

— Ne pleure pas, nous allons être très gentils avec toi, ajouta le dernier qui n'avait alors encore rien dit.

A cet instant, elle cligna des yeux, laissant libre champ à ses larmes de rouler sur ses joues. Elle ferma les yeux une nouvelle fois s'attendant à recevoir les mains souillées de ces hommes sur son corps, et en priant tous les dieux du monde que quelqu'un lui vienne en aide. A la place ce fut un contact chaud et rassurant qui se posa sur son épaule. Elle osa alors ouvrir les yeux et s'apaisa devant cette ambiance chaleureuse qui s'offrait à elle...