11- Le Rohan

J'arrive près de mon cheval : Bruni et y accroche mes dernières affaires. J'ai des vivres, des vêtements de rechange et des armes, tout ce dont j'ai besoin pour les prochaines semaines… Et une surprise pour les Uruk-Hai. Les seigneurs Celeborn et Galadriel tiennent à me dire au revoir avant mon départ.

« Une dangereuse quête s'offre à vous, je vous souhaite bon courage. » Me dit solennellement Celeborn avant de laisser la place à Galadriel.

« Avant de vous dire adieux, j'ai quelques présents pour vous. Voici tout d'abord une cape, la même que vous compagnons de route. La route est longue jusqu'au Rohan et le temps frais, elle permettra de vous dissimuler à travers les plaines. Je vous offre également ces cartes, qu'elles vous aident durant votre périple. Enfin, voici une épée forgée spécialement pour vous. Elle est légère, parfaite pour votre taille et puissante comme seuls les elfes sont capables d'en produire. Je vous souhaite bon voyage mon enfant. Et n'oubliez jamais que vous devez garder espoir même dans les moments les plus sombres. Que les Valars vous protègent. »

La Dame de Lórien dépose un dernier baiser sur mon front et me laisse partir. Les gardes ont fait apprêter un navire pour m'accompagne sur la berge opposée. D'ici là, je n'aurai plus qu'à traverser les plaines du Rohan pour rejoindre le Gouffre de Helm, d'après mes estimations, j'en ai pour deux jours. Les armées elfiques ont déjà prit la route, je devrais arriver quelques heures avant eux.

Je m'arrête près d'un ruisseau au crépuscule, préférant mettre ma cape elfique afin de passer inaperçue dans la nuit. J'ai besoin de faire une légère pause pour me restaurer et me rafraichir… Et puis une journée à cheval, c'est assez désagréable tout de même. Alors que je remonte sur mon fidèle Bruni, des bruits se font entendre à ma droite. Je me dirige discrètement vers l'endroit et aperçois en contre-bas une armée : celle des Uruk-Hai.

C'est vraiment la merde. Du genre, grave.

Je suis obligée de faire un détour de plusieurs lieues pour éviter de rencontrer cette armée. Je ne rencontre aucun problème sur la route jusqu'au Gouffre de Helm jusqu'au lendemain midi. Alors que je suis la rivière du Snowbourn, je remarque rapidement que je suis poursuivie. Je presse l'allure, n'ayant aucune envie d'affronter des ennemis en ce moment. Malheureusement, je suis vite rattrapée par un petit groupe d'Uruk, ils sont cinq. Je continue ma course tout en me préparant à me battre. J'arrive à abattre trois des Uruk à l'aide de flèches mais les deux derniers se rapprochent trop. Je sors mon épée et la brandit, prête à frapper.

Un de moins.

Le dernier semble plus résistant, il arrive à me désarmer. Je stoppe mon cheval et sors ma dague que je lance vers l'Uruk. Il s'effondre, mort. Je récupère mes armes et me remets en route. Je laisse mon cheval me guider le temps de me remettre de mes émotions, c'est ma première bataille seule… Je remercie mentalement Haldir et ses précieux entrainements. Grâce à lui, je suis devenue une véritable combattante.

Ce que j'ai pu observer durant mon périple me retourne l'estomac, le Rohan est en ruines. Les plaines sont calcinées, les villages vidés. Saruman a rasé ce royaume sans aucun remords. Mes pensées m'éloignent vers Merry et Pippin qui jouent actuellement un rôle important du côté de Fangorn. Je trouve très satisfaisant de savoir que la nature va reprendre ses droits sur la désolation provoquée par le magicien. L'après-midi se termine au moment où j'arrive enfin devant le Gouffre de Helm.

Je parcours les dernières lieues qui me séparent de l'endroit et m'arrête sur le pont devant les gardes. Je descends de mon cheval et me présente aux hommes :

« Je m'appelle Eleanor, je souhaite voir le roi Théoden. »

« On s'en fout de ton nom, dégage de là. » Dit l'un des gardes.

Ok mon gars, on va pas être potes tous les deux.

« Excusez-moi, je me suis mal exprimée. J'exige de voir le roi Théoden. »

« Tu le fais exprès ? Dégage de là gamine ! »

« Très bien. Dans ce cas, allez chercher le seigneur Aragorn. »

Aucune réponse.

Je vais en prendre un pour taper sur l'autre.

« Lorsque les Uruk-Hai vont arriver, ils vont faire un massacre. Si vous ne me laissez pas entrer, je ferai en sorte que vous soyez en première ligne. »

« C'est une menace la naine ? »

Qu'est-ce qu'il vient de dire là ?

J'encoche une flèche, prête à en découdre.

« Laissez-moi passer. »

« Bien, je vais voir le roi. On verra ce qu'il aura à dire de ton insolence, gamine. »

Je vais buter ces mecs.

Quelques instants plus tard, le garde revient, la mine défaite.

« C'est bien ce que je pensais. Merci pour votre accueil les gars. » je leur dis en leur passant devant sans même attendre de réponse.

Je pénètre dans l'enceinte du Gouffre de Helm, impatiente de retrouver mes amis.

« J'ai entendu dire qu'une jeune femme s'amusait à menacer des gardes, ce ne pouvait être que vous. » Me lance une voix dans mon dos.

Je me tourne et retrouve Legolas, je me jette dans ses bras, heureuse de retrouver Blondie n°1.

« Je ne pensais pas vous revoir si tôt ! »

« Je vous avais dit que je reviendrai ! »

« Eleanor ! » Crie une voix bourrue en sortant de la salle du trône.

« Gimli ! » Je réponds sur le même ton.

« Si vous saviez comme je suis heureux de vous voir ! Venez, entrez ! »

Je suis le nain jusqu'à l'intérieur et retrouve Aragorn accompagné d'un vieil homme blond. Aragorn se précipite vers moi pour m'enlacer, visiblement soulagé de me voir.

« C'est donc vous qui vous amusez à menacer mes gardes. »

« Je ne les menaçais pas, je les informais, c'est différent ! »

Je retire ma capuche bleue pour me présenter :

« Je m'appelle Eleanor monseigneur, c'est un grand honneur pour moi de vous rencontrer. »

« Vous êtes devant le roi, inclinez-vous. » Me lance un garde.

« Désolée, je ne m'incline pas. »

« Eleanor vient d'un endroit lointain et elle n'a pas pour habitude de se prosterner devant les rois. »

« Lorsqu'on est devant un roi, on respecte la coutume. »

« Je ne m'incline pas. Et je prierai d'être plus polis avec moi, je vous apporte une arme de destruction massive. »

« Comment cela ? » Me demande Théoden, intéressé par mes paroles.

« J'ai passé ces derniers jours à parcourir les plaines du Rohan seule, vous ne croyez tout de même pas que je viendrais sans aucunes armes ? »

Je leur explique mon plan avant que les gardes ne l'appliquent. Il n'y a plus qu'à attendre le moment fatal. Je me retire pour faire un brin de toilette et me changer, enfilant ma tenue de cuir noir un peu plus résistante ma tunique bleue et la recouvre de ma cape elfique. Je coiffe mes cheveux de la même manière que d'habitude et profite des quelques minutes de calme pour retrouver le Golden trio quelques minutes avant qu'eux-mêmes soient forcé de s'en aller pour se changer. Je les retrouve sur le chemin de ronde, observant l'horizon.

« Vous n'auriez pas dû revenir aujourd'hui. » Me dit Aragorn d'un ton désapprobateur.

« Et louper la bataille du Gouffre de Helm ? Qui est le meilleur moment de la saga ? Même pas en rêves ! »

« Vous n'êtes pas dans un livre, c'est votre vie que vous mettez en danger. » Réplique-t-il en se tournant vers moi, le visage grave.

« Vous croyez que je ne le sais pas ? Vous pensez que j'ai juste envie de 'tenter l'expérience' comme ça, pour m'amuser ? Ou par arrogance peut-être ? Je sais mieux que personne ce qu'il va se passer cette nuit, je sais très bien quel est le risque encouru. Après tout ce que l'on a déjà vécu, vous doutez encore de moi ? »

« Et moi qui pensais que les bois de Lórien vous rendraient moins virulente, il n'en est rien. » Dit finalement Aragorn avec un léger sourire.

« J'espère que vous leur avez fait la peau à ces oreilles pointues ! » S'exclame Gimli.

« Vous n'avez pas idée… J'ai bien cru que le seigneur Elrond allait m'arracher la tête… »

« Vous pensez que votre plan peut fonctionner ? » Demande Legolas, las des blagues sur son peuple.

« Si tout se passe comme prévu, la moitié des Uruk-Hai pourraient périr en l'espace de quelques secondes. »

« Mais il y a si peu… »

« Croyez-moi, si j'en avais apporté plus, ce ne serait pas les Uruk qui périraient, mais nous tous. »

Quelques minutes plus tard, le soleil commence à décliner, il nous faut rentrer pour les derniers préparatifs. Alors que les hommes sont dans la salle d'arme -surement en train de s'emporter les uns contres les autres, je reste dans la salle du trône, attendant de voir si les elfes ont respecté leur promesse. J'aperçois une femme blonde un peu plus loin : Eowyn. Je m'approche d'elle et lui dis avec douceur :

« Ne vous inquiétez pas, un jour vous aussi vous ferez vos preuves sur le champ de bataille. »

« Pourquoi ne pourrais-je me battre alors que vous oui ? Sans vouloir vous vexer, vous semblez si fragile… »

« La différence entre nous c'est que j'ai eu la chance de faire mes preuves avant… Et que je me fiche totalement de ce que l'on pense de moi. Aragorn ne voulait pas que je me joigne à la bataille mais… A moins de m'attacher à un arbre, rien ne pourrait m'en empêcher et ça, il le sait. »

« Cela est si injuste… »

« Votre heure viendra Eowyn, je vous le promets. »

Alors que s'apprête à me répondre, un cor se fait entendre à l'entrée du Gouffre de Helm. Un cor d'elfe. Je vois Aragorn se précipiter en courant vers l'entrée accompagné de Gimli et Legolas. Je les rejoins en sautillant, les mains dans le dos avec un grand sourire plaqué au visage. La porte s'ouvre sur Haldir et Glorfindel :

« C'est impossible. » Murmure Théoden alors que je me poste près de mon rodeur préféré.

« Je suppose que vous n'avez rien à voir avec ceci. » Me murmure-t-il à l'oreille.

Je réplique d'un « non » innocent tout sauf crédible.

« J'apporte un mot du seigneur Elrond de Fondcombe. Une alliance existait entre les hommes et les elfes. Il y a longtemps, nous avons combattu et péris ensemble, nous sommes ici pour honorer cette alliance une dernière fois. » Dit Glorfindel.

Aragorn enlace Haldir, heureux de cette aide inespérée. L'elfe blond se tourne vers moi avec un sourire aussi inespéré que cette venue.

« Je n'arrive toujours pas à croire que vous ayez réussi ce miracle. » Me dit-il en s'approchant de moi pour me saluer.

« Je vous avez prévenu que je retournerais la Terre du Milieu. » Je lui réponds en rigolant.