Salut !
Bien commençons par le commencement. Déjà dans un premier temps, merci une nouvelle fois pour vos passages, commentaires et investissement dans cette histoire. Ensuite, je dois vous le dire, et ça risque de faire des déçus, mais je ne suis pas sûr de tenir le planning des publications durant les deux prochaines semaines, fête de fin d'année oblige. Je vous rappelle que je ne suis pas seule à travailler sur cette histoire, Lagacy est là aussi. Elle et moi travaillons conjointement sur cette fiction et je ne me vois pas publier sans elle même si mes chapitres étaient prêts.
"Lamemeguest" tu m'as encore fait mourir de rire avec ton commentaire. Mais en effet, j'ai un petit côté drama queen (même au quotidien). Je me doute que tu es déçu de mon manque de guimauve mais là tu vas être servie ;). Lagasy et moi avons même lâché notre petite larme. Je sais aussi qu'il reste des fautes mais c'est difficile de tous corriger, autant te dire que je ne publierais jamais si je voulais éliminer toutes les fautes, je pense même que je n'écrirais jamais. Enfin bref, j'ai hâte de te lire.
Sur ceux, bon lundi
Prenez soin de vous surtout. Et peut-être à lundi prochain ;)
« Il pense que je vais le laisser manger tous les bonbons qu'il va récolter pour Halloween. » Expliquai-je à Paul et Phil qui me regardaient étonnés. « Allez boudeur, on y va. On va manger chez mes parents ce soir. »
« Seth est là ? » Me demanda-t-il intéressé.
« Oui, il est rentré spécialement pour toi. Il était question d'une revanche à Mario Kart. »
« Trop bien ! » S'écria-t-il en courant vers la porte, prêt à partir.
Chapitre 13 : Bon courage, Paul !
« Oncle Charlie ! » Hurla Riley en sautant dans les bras de mon père. « C'est vrai que tu as arrêté Paul ? »
Phil et mon père poussèrent en même temps un gémissement de désespoir, bien sûr pas pour les même raisons. L'un pour le comportement de son fils et l'autre pour cette histoire qui était une nouvelle fois remit sur le tapis.
« Viens ici, crevette ! Je vais te raconter toute l'histoire. » Intervint Seth en attrapant mon petit frère pour le mettre sur son épaule.
Riley gloussa tout en râlant d'être dans cette position. Riley et Seth s'étaient mis d'accord pour dire qu'ils étaient presque frères et qu'ils devaient toujours s'entraider contre les sœurs, à savoir Leah et moi. Ma famille était atypique, mais elle était incroyable. Et j'étais tellement heureuse de les avoir vraiment tous réuni sous le même toit. C'était peut-être la seule chose de bien que Renée avait apportée dans ma vie : cette famille.
« Comment vas-tu, Phil ? » Demanda Sue en l'accueillant chaleureusement dans une accolade.
« Plutôt bien, je suis content d'être ici. Et toi ? »
Elle l'entraîna dans le salon, à son tour, où nous attendaient le reste de la famille à savoir : Leah et Jacob. J'embrassai la joue de mon père en passant, après que Paul m'ait aidé à retirer mon manteau pour l'accrocher dans l'entrée. L'odeur du repas du soir flottait déjà dans l'air et la table avait été dressée. J'aimai vraiment cette chaleur et cette ambiance qui régnaient dans l'atmosphère. J'avais de nouveau l'impression d'être sur mon petit nuage. Le bras de Paul s'enroula autour de moi alors qu'il discutait avec mon père et Jacob. Je savais pertinemment que je devais avoir un sourire idiot collait aux lèvres, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
« Tu viens m'aider, Bella ? » Me demanda Sue.
Paul m'embrassa le front avant de me laisser rejoindre Sue dans la cuisine. Sue avait encore une fois mit les petits plats dans les grands. J'avais l'impression de faire une répétition de nos dîner de Thanksgiving ou même Noël.
« Tu as fait à manger pour un régiment ! »
« Bien sûr ! Seth et Jacob sont là. » Ricana Leah.
« Ehhh ! » S'exclamèrent d'une même voix Seth et Jacob qui l'avaient entendue.
« Ajoutes Paul, là dedans aussi. » Gloussai-je.
« J'ai entendu. Je me vengerai pour cette remarque ! » Râla-t-il aussi.
« Ce n'est pas de notre faute si vous êtes des gouffres. » Protesta Leah en passant une tête hors de la cuisine. « D'ailleurs, on peut mettre Bella dans le panier aussi ! »
« Tu veux jouer à ça, Leah ? » Demandai-je, alors que j'aidai Sue à préparer les plats de services.
« Je me demande si c'est une bonne idée de t'avoir poussée à fréquenter, Paul... Tu deviens aussi méchante que lui ! » Râla-t-elle en m'aidant.
« Ça, c'est ma femme ! » S'exclama Paul, nous faisant tous rire.
Les yeux de Sue pétillaient d'amusement, mais aussi de satisfaction. De mes proches, elle avait été ces dernières semaines, la plus inquiète de l'arrivée de Riley et de Phil. C'était elle qui m'avait ramassée à la petite cuillère quand elle était venue à Phoenix avec Sam. En fait, c'était eux deux. C'était d'ailleurs de là qu'était née ma relation avec Sam. Il n'était pas qu'un ami, un frère ou même le mari de ma cousine, il était plus que ça. Il était mon protecteur. Il était cette figure stable et constante de ma vie.
Il était un homme de peu de mot, mais quand il parlait c'était toujours pour dire quelque chose de juste et d'important. De l'extérieur, nous n'avions pas l'air plus proche que ça, mais en réalité c'était le cas. Donc, de savoir que j'avais son consentement depuis le début sur ma relation avec son cousin avait vraiment été important pour moi. Il était peut-être l'un des rares pour qui ses mots faisaient parole d'évangile chez moi.
« Alors ces essaies ? » Demanda mon père à Phil.
Nous avions réussi à décrocher mes deux petits frères de leur partie de Mario Kart pour passer à table. J'avais vraiment l'impression d'être à la répétition d'une fête de fin d'année. Même si il manquait quelques personnes, comme la famille de Jacob ou encore Sam et Emily. Si c'était le cas, ça serait la première fois que nous serions vraiment tous réunis. Si nous avions fait ça plus tôt peut-être que Paul et moi aurions été ensemble depuis longtemps.
« Portland cherche un nouveau consultant, alors que les Mariners de Seattle cherche un premier entraîneur. Ils veulent me faire passer des essaies pour voir si nous pourrions travailler ensemble pour la saison prochaine. »
« Ça veut dire que vous viendriez vous installer par ici ? » Demanda Sue curieuse.
« Dans l'idée, c'est ça. Mais je n'ai pas encore remis ma démission à Jacksonville. J'attends de voir.» Expliqua-t-il en haussant les épaules.
« Ça te ferait un retour en ligue majeur si tu as le poste chez les Mariners de Seattle. » Siffla mon père, impressionné.
« Ouais, ça pourrait être sympa. Ça me manque un peu, mais ça veut dire aussi beaucoup de déplacements si la saison est bonne. Mais en même temps, ça serait un plus pour Riley qui pourrait être vraiment en famille en vous retrouvant. C'est ce qui nous manque en Floride.»
Mon père acquiesça en comprenant le choix de Phil. Pour avoir était dans la situation de Phil des années plus tôt, il comprenait ses choix, ses motivations, mais aussi ses craintes. Lui et mon père étaient devenu amis au fil du temps. Je savais qu'ils se téléphonaient régulièrement, notamment pour parler base-ball. Sport dont mon père était fan tout comme Paul. Phil n'hésitait d'ailleurs jamais à faire profiter à ma famille des avantages qu'il avait dans le milieu, notamment avec des billets pour aller voir les matchs à Seattle.
« Ça serait chouette, si vous pouviez venir vivre ici. » Avouai-je.
« On verra, ma grande, on verra. » Me répondit-il avec un clin d'œil. « Voyons déjà si vous survivez à ce mois avec Riley et après on décidera si c'est une bonne idée de venir vivre ici. »
« Je suis adorable. » Déclara Riley en roulant des yeux et en détachant chaque syllabe du mot ''adorable''.
« Mange tes légumes et on en reparlera ! » Ricana Phil.
« Je mange toujours mes légumes, papa. »
« Ah bon ? Alors pourquoi j'ai retrouvé ta serviette remplit de petit pois à la poubelle la dernière fois. »
« Parce que ce sont des petits pois. » Répliqua-t-il comme si c'était évident. « Même Bella n'en mange pas. »
« Peut-être, mais elle mange ses carottes ce qui la rend aimable d'ailleurs. »
« J'ai aussi cherché ça sur internet et c'est faux ! De toute façon, je préfère les brocolis. »
Phil poussa un autre soupir, même si il était clairement amusé par l'attitude de Riley. Le reste de la table se retenait de ne pas rire, ce qui d'ailleurs poussait Riley à continuer sa petite performance juste pour le plaisir de voir rire son public.
« Tu en veux trois, n'est ce pas ? » Soufflai-je discrètement à Paul. « Imagines si on se retrouve avec des répliques des jumeaux et de Riley. »
« Alors, notre vie sera rempli de rire et d'amour. » Me chuchota-t-il avec un clin d'œil.
« On mourra d'épuisement. »
« Peut-être, mais on mourra heureux d'avoir vécu ça ensemble. » Conclut-il en m'embrassant la tête.
Je lui souris en réponse. Il avait entièrement raison, encore une fois. Finalement, il était le seul de nous deux à savoir ce qui était bon pour nous. Je devrais vraiment me laisser porter par la vague Paul et accepter plus facilement ses plans pour nous. Cependant comme l'avait dit Phil, attendons de survivre à l'effet Riley avant de mettre la machine en marche.
« Ils sont toujours comme ça ? » Demanda Riley en nous pointant du doigt.
« Carrément, mon pote ! » S'exclama Seth. « Bon courage ! » Finit-il en ricanant.
« Je ne peux pas vivre avec Seth, finalement ? Je ne sais pas si je suis capable de survivre à la vision de bisous avant mon deuxième verre de lait le matin. » Demanda-t-il sérieusement.
« Riley ! » Gronda Phil alors que Paul éclatait de rire.
« D'accord, je note donc que tu ne veux plus de bisous et de câlins. » Déclarai-je sournoisement.
« J'ai pas dit ça ! » S'exclama-t-il choqué.
« C'est ce que j'avais compris. »
« Non, non, non ! Continuez ce que vous faite, c'est très bien ! » Affirma-t-il. « Moi, je vais finir mes légumes. » Conclut-il en enfournant une grosse fourchette de haricots verts.
« C'est ce que je disais, elle est la seule à le maîtriser. » Gloussa Phil en décoiffant les cheveux de son fils.
Seth et Riley repartirent jouer à la console à peine après avoir fini leur repas. Seth avait beau avoir vingt et un an il semblait parfois avoir le même âge que Riley. Ce qui ce confirma d'ailleurs quand il s'enthousiasma à l'idée d'aller à la ferme chercher des citrouilles le lendemain. Riley finit par s'endormir sur le canapé, la journée avait été longue pour lui et il dépensait beaucoup d'énergie à sautiller dans tous les sens.
Phil allait le réveiller pour l'emmener à la voiture quand Paul intervint pour le porter plutôt que de le réveiller. Il le souleva sans effort avec le plaid qu'on avait placé sur lui pour le maintenir au chaud. Il l'installa facilement dans son siège auto sous le regard approbateur de Phil. Je savais pertinemment que c'était ça qui avait finit de convaincre Phil que nous confier la garde de Riley était une bonne idée. Pas une seule fois Riley ne se réveilla, même quand on l'installa dans sa chambre. Phil se chargea de le déshabiller en partie alors que je plongeai sa chambre dans le noir.
« Tu es vraiment entre de bonnes mains. » Me déclara-t-il en embrassant ma joue. « Bonne nuit, ma grande » Dit-il avant de rejoindre sa chambre pour la nuit.
J'entrai donc dans la chambre en sautillant joyeusement, il fallait croire que l'énergie de Riley m'avait contaminée. La lumière était déjà allumée, les rideaux tiraient et la porte de la salle de bain était entrouverte. Je me dépêchai de déposer mon téléphone sur la table de chevet de mon côté du lit, après avoir fermé notre porte, avant de rejoindre Paul dans la salle de bain. Il arrivait à rendre le brossage de dents absolument sexy, ou alors c'était le fait de le voir uniquement vêtu de son boxer qui me rendait toute chose.
Je me collais à son dos et passais mes bras autour de sa taille avant de faire courir mes doigts sur ses abdominaux. Ses muscles se contractèrent sous mes doigts alors que je déposais une pluie de baiser léger sur sa peau nue. J'essayais au maximum de m'imprégner de son odeur et de son goût en lui léchant l'épiderme. Je souriais en voyant sa peau frissonner à chacune de mes actions. Mes mains glissèrent sous l'élastique de son boxer. Je m'amusai à légèrement griffer sa peau que je savais sensible avant de finalement faire courir la pulpe de mes doigts sur son sexe déjà au garde-à-vous.
Il attrapa mes mains avant de m'écarter de lui. Il me posa rapidement sur le meuble de la salle de bain entre les deux vasques avant de se rincer la bouche. Son regard était noir de désir et me promettait mille et un supplices. Je réussis à glisser à nouveau ma main dans son boxer pour continuer de le caresser. Il poussa un grognement sauvage avant de fondre sur ma bouche et de commencer à me déshabiller.
En un rien de temps, je me retrouvai nue, les fesses au bord du meuble, les jambes autour de lui pour l'empêcher de se déloger. Il ne bougea pas pendant un petit moment me laissant profiter de la sensation d'être remplie, mais aussi de lui être intimement relié. Il savait que j'adorai ça, le sentir en moi, j'avais toujours l'impression qu'il grossissait encore plus, mais surtout je me sentais toujours complète. Sa bouche se posa sur la mienne pour atténuer mes gémissements, alors qu'il accélérait le mouvement. Mes mains tentaient de s'accrocher désespérément à lui, alors que ses coups de reins se faisaient plus fort, plus profond et plus violent.
Il n'avait même pas besoin de me stimuler le clitoris pour m'aider à atteindre l'orgasme. Ça avait été rapide, mais tellement intense et sauvage. Il resta encore un instant en moi. Son front était posé contre mon épaule et il essayait de reprendre sa respiration. Je n'étais pas la seule pour qui l'exercice avait été intense et libérateur. J'adorai quand il me faisait l'amour tendrement, mais je crois que j'aimai encore plus quand c'était sauvage, rapide et tellement orgasmique.
En faite, ce que j'aimai encore plus c'était quand il prenait soin de moi juste après. Il avait toujours cette lueur de satisfaction, mais aussi de complétude dans les yeux. J'avais essayé de protester plusieurs fois, mais il ne voulait rien entendre. Alors je le laissai faire parce que je savais qu'il aimait ça. Qu'il aimait savoir qu'il n'y avait que lui qui était capable de me retourner la tête, de m'empêcher de marcher après m'avoir fait l'amour, de me donner une vraie satisfaction sexuelle, mais surtout qu'il était le seul que j'aimai véritablement.
Il me déposa dans le lit avant de s'assurer d'avoir verrouiller la porte de la chambre. J'en profitai pour activer mon réveil pour le lendemain et mettre en charge mon téléphone. Il me rejoignit rapidement et alors je retrouvai la place que j'occupai toujours au creux de ses bras. Les battements de son cœur et ses doigts qui me caressaient me firent sombrer rapidement.
Le lendemain matin, je ne fus pas réveillée par mon réveil, mais par Paul qui s'activa à me satisfaire encore une fois. Cette fois-ci ce fut tendre et doux. Il ne quitta pas une seule fois mon regard même quand j'explosais autour de lui dans un cri silencieux. Il profita encore une fois de mon corps, ou je profitais encore une fois de lui, sous la douche. Son sourire arrogant et fier ne le quitta pas une seule fois quand il me fit atteindre une seconde fois la petite mort.
« Tu es fier de toi, hein ? » Râlai-je alors que je me sentais molle et que je tentai de me préparer.
« Au moins, je sais que tu penseras à moi, bébé. » Murmura-t-il en m'embrassant le cou.
« Comme si je pouvais faire autrement. » Grognai-je alors qu'il ricanait. « Bas les pattes ! Je dois finir de me préparer. »
Il s'écarta de moi en rigolant encore plus fort. Il ne me quitta pas une seule fois des yeux alors que j'enfilai ma robe noir avec des petites fleurs violettes et ma paire de cuissarde noire. Je laissais déboutonné quelques boutons de la robe pour laisser apparaître mon décolleté. Je passais un coup de brosse dans mes cheveux puis les laissais libre dans mon dos. Et j'attrapais mon téléphone avant de le tirer hors de la chambre.
La porte de la chambre de Riley était déjà ouverte, ce qui voulait dire qu'il devait sûrement se trouver en bas. Ce qui n'était pas étonnant puisqu'il y avait un décalage horaire assez conséquent entre la Floride et l'État de Washington. Il était installé sur le canapé une BD entre les mains quand on arriva dans la pièce. Il avait prit le soin d'enfiler un pyjama avant de descendre. L'autonomie de Riley était d'ailleurs l'une des raisons qui m'avait poussé à accepter de l'accueillir ici. Il était ce genre de petit garçon à être capable de s'occuper de lui-même et de trouver quelque chose à faire plutôt que de venir voir un adulte pour avoir son attention. Cependant, c'était aussi un défaut, car ça faisait de lui un petit garçon assez solitaire.
« Tu es réveillé depuis longtemps ? » Demandai-je en m'installant à côté de lui.
Il se blottit contre moi après avoir placé un marque page dans son livre et de l'avoir fermé. J'en profitai pour le câliner et passer ma main dans ses cheveux bruns.
« Un peu. » Marmonna-t-il en s'enfonçant un peu plus contre moi.
Le bruit de la machine à café commença rapidement à se faire entendre ce qui fit sortir Riley de sa position. Il porta un regard curieux à Paul qui s'activait en cuisine pour préparer le petit-déjeuner.
« Qu'est ce qu'il fait ? » Chuchota-t-il.
« Il fait le petit-déjeuner. » Répondis-je en gloussant.
« Il sait faire ça aussi ? » Me demanda-t-il étonné.
J'acquiesçai en gloussant un peu plus fort. Riley quitta définitivement sa place sur le canapé pour rejoindre l'un des tabouret de bar et s'y percher afin d'observer son nouveau sujet de fascination. Je m'appuyai contre le dossier du canapé pour les regarder interagir ensemble. C'était fou le naturel que pouvait avoir Paul pour intégrer Riley à notre quotidien. Riley se retrouva bientôt commis de cuisine pour la préparation des gaufres.
Finalement, j'en profitai pour consulter les messages, mais surtout les mails que j'avais reçu pour le travail. Je finis donc par m'installer au comptoir, mon ordinateur devant moi, lunette sur le nez et surtout café à la main. J'avais réussi à prendre des photos de Paul et Riley en train de cuisiner et je les faisais déjà circuler sur le groupe de conversation que j'avais avec les filles.
« Claire demande pour combien je te loue. » Ricanai-je en lisant son message.
« Qu'est-ce que tu as fait pour qu'elle demande ça ? » Me demanda-t-il en posant une assiette devant moi.
Je lui tendis mon téléphone avec la conversation pour qu'il puisse admirer la photo que je venais d'envoyer. Riley s'installa à côté de moi et commença à manger, sans chercher à savoir de quoi on parlait. La nourriture avait quelque chose de sacrée pour lui, d'où la fascination qu'il avait pu avoir pour Paul en train de cuisiner. Ça faisait d'ailleurs partie des métiers qu'il envisageait de faire une fois devenu adulte. Il se voyait bien chef d'un restaurant, et le pire c'est qu'il cuisinait déjà très bien. Bien sûr on devait être avec lui car ça restait dangereux pour lui de faire ça seul, mais il adorait le faire et il adorait même faire les courses et choisir ses produits.
Paul me rendit mon téléphone où il avait répondu au message de Claire en disant qu'il était bien trop cher pour elle et qu'il n'était ni à louer, ni à échanger, ni à vendre. C'était devenu une blague entre eux deux, c'était tellement bon enfant que j'étais incapable d'être jalouse des propos de Claire. Surtout qu'elle aimait tellement Quil que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.
« Alors qu'est-ce qu'on fait ce matin ? » Demanda Riley une fois son petit-déjeuner englouti.
« Vous déco pour Halloween et moi librairie. » Répondis-je.
J'avais déjà commencé à décorer l'avant de la maison avec des ballots de pailles, des chrysanthèmes et du maïs, mais il manquait le petit côté Halloween pour que ça puisse coller avec la fête et non pas uniquement la période de l'automne. Je voulais notamment ajouter des citrouilles et quelques petites déco un peu plus effrayantes.
« On dépose Bella à la librairie et on va faire les magasins pour trouver la déco qui nous manque. » Ajouta Paul.
« Cool. On part dans combien de temps ? »
« Vingt minutes, champion. Tu as juste le temps de te préparer, j'ai posé tes vêtements de la journée dans la salle de bain. » Dis-je.
« Oui, je sais, j'ai vu. À tout à l'heure ! » S'écria-t-il en bondissant de son siège pour rejoindre sa chambre.
Paul sourit amusé alors que je débarrassai le comptoir du petit-déjeuner, Phil arriva au même moment. J'en profitai pour lui tendre une tasse de café alors qu'il s'effondrait sur la chaise que Riley avait quitté quelques minutes plus tôt. Il était ce genre de personne à être incapable de faire quelque chose avant d'avoir bu de la caféine.
« Qu'est-ce que vous avez dit à mon fils pour qu'il soit aussi excité ? » Demanda-t-il après un moment.
« Paul lui a donné le programme de la matinée, à savoir me déposer au boulot et shopping pour la déco d'Halloween. »
« Oh ! » Fit-il en comprenant. « Bon courage, Paul ! » Ajouta-t-il en tapotant l'épaule de Paul.
« Pourquoi ? » Demanda-t-il étonné.
« Car Riley a la folie des grandeurs quand il s'agit de décorer pour les fêtes. » Gloussai-je.
« Si ça ne tenait qu'à lui, notre maison serait décorée tous les jours différemment pour célébrer les fêtes du jours. »
« Vraiment ? »
« Oh oui ! » Ricana Phil.
Il attrapa son téléphone pour lui montrer à quoi ressembler la maison quand Riley avait décidé de fêter un événement. De ce fait, leur maison était devenue une attraction dans leur quartier. Riley voulait faire ça pour mettre de la joie dans la vie des personnes qui passaient devant chez eux. Et heureusement que Phil avait les moyens pour suivre la folie des grandeurs de son fils, mais en même temps les raisons de Riley de faire ça étaient tellement adorables que c'était impossible de refuser. Le seul veto que Phil avait mit c'était qu'ils ne faisaient ça qu'aux grandes fêtes.
« Paul va te laisser les clés de sa jeep si tu ne veux pas aller avec eux. » Dis-je alors que je venais de déposer une assiette devant lui.
« Ça ne te dérange pas d'y aller seul avec lui ? » Demanda Phil.
« Non, ça sera amusant. »
« Et on va voir si il survit à la folie Riley, le temps d'une matinée. » Gloussai-je.
« Tu ne m'en crois pas capable ? » Me taquina-t-il en m'attrapant par la taille alors qu'il venait de se glisser derrière moi.
« Je te crois capable de tout ! C'est ça le problème. Je me demande dans quel état sera cette maison à la fin du séjour de Riley. »
« Mon fils serait capable de te faire construire une piscine à balles au milieu de ton salon. Ne te laisse pas embobiner par ses petites moues surtout. »
« Ou une piscine tout court ! » M'exclamai-je.
« Donc évitons de lui donner des idées. » Conclut Phil alors que les pas de Riley résonnaient dans l'escalier.
« Je suis prêt ! » Sautilla-t-il en entrant dans la pièce.
« Riley, si tu pouvais éviter de courir dans les escaliers, ça serait chouette. Je n'ai pas envie de faire un séjour à l'hôpital. » Déclarai-je, alors qu'il hochait la tête. « On va y aller dans cinq minutes. Si tu as besoin de passer aux toilettes c'est le moment. »
Il acquiesça avant de se précipiter vers les toilettes de l'entrée. J'avais prit le soin hier de les lui montrer. J'en profitais pour rassembler mes affaires et passer mon manteau.
« Tu viens avec nous, papa ? » Demanda Riley une fois de retour dans le salon.
« Pas cette fois-ci, je dois travailler un peu si je veux pouvoir venir avec vous cette après-midi. » Répondit Phil.
« Cool. » Dit Riley en se frottant les mains.
Il venait de prendre son air de petit coquin qui promettait mille souffrances à mon Paul. Il se dépêcha d'attraper sa veste, que j'avais sortie du placard pour lui, avant de partir en sautillant vers le garage pour atteindre la voiture.
« À tout à l'heure, papa ! » Cria-t-il depuis le garage.
« Bon courage, Paul ! » S'exclama Phil dépité alors que je rigolais.
Riley était déjà installé dans son siège, sa ceinture bouclait quand je pris place sur le siège passager après avoir déposé mes affaires à l'arrière.
« Ne me casse pas mon Paul, tu veux ? » Demandai-je en me tournant vers lui.
« Mais non, je vais bien en prendre soin. » Me répondit-il avec un grand sourire.
Cette fois-ci se fut moi qui poussais un gémissement de dépit alors que Paul prenait place dans la voiture. Le trajet vers la librairie se fit sous le flot de parole de mon petit frère. Il était à la fois excité de voir la librairie en vraie, mais aussi d'aller faire les magasins. Il poussa un petit cri de plaisir quand il découvrit les centaines de livres qui couvraient les murs de ma boutique. Bien sûr, comme beaucoup d'enfants avant lui, il fut attiré par les livres pour enfants toujours rangés en arc-en-ciel.
Les deux finirent par partir après m'avoir arraché la promesse de lui prendre le fameux livre sur la génétique. J'entamai donc ma matinée de travail en musique pour alléger la pénibilité de la tâche qu'était l'administratif. J'avais laissé mon portable sur le comptoir en cas d'appel de Paul, mais rien n'arriva et je passai une matinée très productive. Notamment en organisant la prochaine séance de dédicace avec Jane et la prochaine réunion du club de lecture. Maggie arriva un peu avant midi pour prendre le relais. Elle m'était vraiment d'une aide précieuse, mais surtout pleine de bonnes idées.
« C'est moi ! » S'écria Riley en entrant dans le magasin.
Maggie sursauta de peur et laissa échapper les livres qu'elle était en train de ranger.
« Oups, désolé ! » Dit-il en l'aidant à ramasser alors que je lui jetais un regard noir. « Je suis Riley ! »
« Maggie, et ce n'est pas grave. » Lui sourit-elle.
« Riley est mon petit frère, Maggie. » Lui présentai-je. « As-tu tué Paul ? »
« Même pas. » Me répondit Paul en entrant à son tour.
« Comment ça s'est passé ? » Demandai-je inquiète.
« Bien. » Répondirent-ils d'une même voix en se regardant avec un air complice.
J'écarquillais les yeux en comprenant que ce n'était pas une coalition Riley, les jumeaux et mon père que je devais craindre, mais bien entre Riley et Paul. Je sentis la grosse bêtise venir à plein nez.
« Qu'est-ce que vous avez fait ? »
« Rien. » Répondirent-ils une nouvelle fois d'une même voix.
Finalement c'était moi qui n'allait pas survivre à ce mois de cohabitation. Je décidai d'ignorer leurs airs coupables et fiers de ce qu'ils avaient fait, pour aller chercher mes affaires et laisser la librairie à Maggie. Comme à mon habitude, je ne réussis pas à m'empêcher de lui faire mille et une recommandations, ce qu'elle prit avec le sourire. Riley se chargea de me faire sortir du magasin, sous le rire de Maggie.
Ils avaient réussi à commencer à décorer l'extérieur de la maison. Je m'attendais à quelque chose de plus extravagant connaissant Riley, ce qui me laissait à supposer qu'il y avait vraiment anguille sous roche. Et je ne tardais pas à découvrir ce qu'ils m'avaient caché, en entrant dans la maison.
« Paul ? Peux-tu me dire pourquoi il y a un chien dans cette maison ? » Demandai-je en posant mes poings sur mes hanches.
« Surprise ! » S'exclama Riley en sautillant d'excitation.
« Ne me dites pas que vous avez fait ça ? » Grondai-je alors que le chien se coucha à mes pieds.
Ce qui me fit totalement fondre, malgré moi. Et je ne pu m'empêcher de m'accroupir pour passer une main dans sa fourrure dense. Il n'était clairement pas un chien pur race, mais il était magnifique avec sa fourrure grise, noir et blanche et ses faux airs de loups. Je n'avais jamais imaginé adopter un chien aussi gros, mais apparemment Paul en avait décidé autrement. Est-ce que j'étais en colère ? Absolument pas, mais j'aurais apprécié qu'il m'en parle avant. Même si j'en voulais un depuis longtemps, l'adoption n'était pas un geste anodin. C'était sans compter sur Paul qui n'avait pour but dans la vie que de me rendre heureuse.
« Il s'appelle Biers. » Me dit Paul. « Il a un an. Et il a été retrouvé dans une ferme qui avait l'habitude de faire des combats de chiens clandestins. »
« Est-ce qu'il allait servir à ça ? » Demandai-je inquiète.
« Oui, mais heureusement pour lui, il n'avait que quelques semaines quand l'association a fait la saisie. »
« Oh pauvre bébé. » Murmurai-je en m'asseyant au sol pour le câliner.
Il posa sa tête sur ma jambe, son regard brillait d'intelligence. J'avais l'impression qu'il comprenait qu'il venait enfin de trouver une famille qui allait l'aimer et le garder en sécurité. Il était peut-être impressionnant par sa taille et son aspect, mais il semblait surtout être une grosse peluche d'un calme déconcertant surtout en considérant son jeune âge.
« Il a déjà été adopté plusieurs fois, mais à chaque fois il a été ramené. »
« Pourquoi ? »
« Il ne peut pas rester seul, enfin il ne sait pas rester seul. » Déclara Paul en s'installant derrière moi et en m'entourant de ses bras. « Ce qui en fait un chien parfait pour nous, puisqu'il pourra venir avec toi à la librairie ou avec moi. »
« C'est vrai. » Murmurai-je.
« Tu n'es pas fâchée, Bella ? » Demanda Riley inquiet en s'installant avec nous pour câliner Biers.
« J'aurai aimé que vous m'en parliez avant. » Lui dis-je. « Mais, comme d'habitude, Paul sait ce qu'il y a de mieux pour moi que moi-même. »
Paul déposa un baiser contre ma tempe alors que Riley semblait à nouveau content d'avoir participé à cette surprise.
« Je vois que ta surprise te plaît, ma grande. » Déclara Phil en entrant dans le salon.
« Tu le savais ? »
« Bien sûr, j'ai même été son premier baby-sitter. » Sourit-il. « Bon, je ne voudrais pas vous presser, mais nous avons un rendez-vous avec des citrouilles dans peu de temps. Et le déjeuner est prêt. »
« Je suppose qu'il vient avec nous cette après-midi ? » Demandai-je à Paul en me relevant et en quittant à regret la séance de papouille canine.
« J'ai vérifié si c'était possible avant d'aller le chercher avec Riley tout à l'heure. »
« Parfait. » Déclarai-je en allant me laver les mains. « Je suppose que ça fait de nous des jeunes parents de chien ? » Gloussai-je amusée par l'idée.
« Notre premier fils ! » Rigola Paul. « Je t'avais dit que le premier Lahote est toujours un garçon. »
« Tu as annoncé la nouvelle à mon père ? » Le taquinai-je.
« Non, je préfère lui laisser la surprise ! »
J'éclatais de rire avant de mettre la table pour le repas. Riley m'aida alors que Paul et Phil s'occupaient d'apporter la nourriture et les boissons à la table de ferme qui se trouvait à côté de la cuisine. Biers s'installa d'autorité à côté de moi. Je pensai qu'il allait essayé de chiper de la nourriture, mais à la place il s'allongea à mes pieds. Je compris rapidement pourquoi il avait du mal à rester seul. Il avait en lui une peur de l'abandon, sauf qu'il venait de tomber pile dans la famille qui n'abandonnait jamais un de ses membres, qu'il soit canin ou humain.
Paul avait tout prévu et me raconta comment il était tombé par hasard sur l'association et sur Biers. Ce n'était pas une décision prise sur un coup de tête, mais quelque chose qu'il préparait depuis un mois. Il avait notamment dû être en contact avec le chien qui avait tendance à avoir peur des hommes. Et la carrure de Paul avait de quoi impressionner. Ce qui expliquait aussi pourquoi il était couché à mes pieds et non à côté de Paul.
Cependant, contrairement à ce qu'avait pensé la responsable de l'association, le contact entre Paul et Biers avait été plus facile. Il fallait croire que le chien savait qu'il était sa dernière chance. Il s'était donc occupé de tous les détails techniques et administratifs pour pouvoir accueillir Biers. Notre dossier avait été accepté rapidement, surtout quand il avait été découvert que la maison de Paul était le cadre idéal, que nous avions la possibilité de pouvoir le prendre avec nous au travail, mais surtout que nous étions sportif, enfin surtout Paul.
Riley avait été heureux de participer à l'aventure et surtout très touché de découvrir que certaines personnes n'avaient que peu de compassion pour les animaux. Phil était au courant de la petite aventure et avait accepté que Paul lui montre la réalité sur l'abandon des animaux, lui faisant comprendre qu'adopter un animal n'était pas un geste anodin et que ça demandait énormément de temps, mais aussi d'argent. Je n'arrivai pas à croire que Paul cochait rapidement les cases de ma petite liste de la vie idéale selon Bella. Il me prouvait une nouvelle fois, qu'il était capable de tout pour me satisfaire.
Riley s'était occupé de ranger la table pendant que je montai me changer. Ma tenue n'était clairement plus idéale pour notre sortie, surtout si on y ajoutait un chien comme compagnon de route. Biers m'avait bien sûr suivi. Je troquai donc ma robe et mes cuissardes contre une paire de leggings noire et un t-shirt à manche longue noir. Et je piquais une des chemises canadiennes rouge et noire de Paul avant de mettre ma paire de Timberland. J'attrapai mon énorme écharpe en laine que j'enroulais autour de mon cou avant de sortir du dressing. Paul m'attendait dans la chambre, assit sur le bord du lit.
« Tu ne m'en veux pas, alors ? » Me demanda-t-il en m'attirant à lui.
« Comment le pourrais-je ? Tu viens d'offrir une vie meilleure à un chien. » Répondis-je en entourant son cou de mes bras. « Mais parles-moi en la prochaine fois, d'accord ? »
« Oh, mais tu es déjà au courant de mes prochains plans pour nous. » Sourit-il avant de m'embrasser. « En attendant, j'approuve cette tenue à cent pour cent, personne ne pourra douter que cette chemise m'appartient, ainsi que la personne qui la porte. »
J'éclatais de rire en me détachant de lui.
« Allez, les Lahote, on y va ! » M'exclamai-je en sortant de la chambre.
« On doit vraiment régler rapidement cette histoire de nom de famille. » Dit-il en me suivant dans les escaliers.
Riley nous attendait, le harnais et la laisse de Biers à la main. Le chien se dépêcha de le rejoindre en comprenant qu'une sortie avait lieu. Une fois prête, notre joyeuse troupe prit place dans la voiture. Riley occupait l'un des sièges du coffre, ne voulant pas laisser son nouveau copain seul. Je l'écoutai discuter avec lui et lui montrer des images de la BD qu'il avait emporté avec lui pour le trajet. Phil et Paul discutaient base-ball alors que moi je nous conduisais vers notre destination. J'eus le surprise de découvrir que d'autres participants s'étaient ajoutés à notre petite sortie. J'avais l'impression de refaire un remake de notre sortie au zoo, avec mes parents en plus.
« Oh mon dieu, c'est ce que je crois ?! » S'écria Leah en nous voyant arriver.
Elle surprit tout le monde et attira directement les regards sur nous, mais surtout sur le nouveau membre de notre petite famille. Sam attrapa rapidement les jumeaux avant qu'ils ne se jettent sur le pauvre Biers. Je lui en étais infiniment reconnaissante. Même si Paul m'avait assuré qu'il acceptait les enfants, les jumeaux restaient des tornades qui pouvaient effrayer un jeune chien qui en avait déjà trop vécu. On s'arrêta devant eux, Biers se colla à moi alors que Paul le tenait en laisse. Les jumeaux poussaient des petits piaillement d'excitation. Je posai ma main sur la tête du chien pour le cajoler, mais surtout pour le rassurer.
« Tu es vraiment décidé à remplir les cases du plan de vie idéal selon Bella. » Sourit Jacob.
J'éclatai de rire, il était l'un des rare à part Leah avec qui j'avais parlé de ça. Les autres ne connaissaient que mon plan pour la librairie et pour la maison au bord de mer.
« Tu as vu ça. » Dis-je entre deux rires. « Voici Biers, qui vient de rejoindre notre famille. »
« On peut le caresser, ti' Bee ? » Demanda Tom qui s'était calmé.
« Seulement si tu y vas doucement, il a un peu peur. » Répondis-je avec douceur.
« Je peux te montrer comment faire. » Déclara Riley.
Sam libéra ses deux monstres qui s'approchèrent calmement pour rencontrer notre chien. C'était définitivement bizarre de penser ça, mais pas bizarre bizarre, plus bizarre génial. Paul raconta une nouvelle fois l'histoire de Biers et son arrivée chez nous. Mon père hocha la tête, satisfait de la situation surtout quand Paul déclara que Biers serait avec moi à la librairie la plupart du temps. Même si nous étions dans une ville avec peu de délinquance et que j'avais un équipement de sécurité, la protection que pouvait représenter Biers le rassurait.
On finit par quitter le parking pour enfin rentrer dans la ferme aux citrouilles. C'était vraiment un endroit magnifique et heureusement pour nous, il n'y avait pas énormément de monde. On s'installa rapidement dans une aire de détente pour que les enfants puissent jouer avant de partir à la chasse aux citrouilles. Paul accompagna Riley dans la maison hantée avec pour argument qu'il était plus effrayant que les personnes déguisées à l'intérieur et donc qu'ils ne se feraient pas attaquer. Une partie de notre troupe avait suivit Paul et Riley. J'étais restée à l'extérieur et je profitai d'un cidre chaud en compagnie de mes parents, Phil et Emily pour qui la maison hantée n'était pas vraiment leur tasse de thé.
Par contre, je m'amusai comme une folle à faire le labyrinthe en compagnie de Biers qui prenait plaisir à renifler les odeurs et qui agissait comme un vrai guide, on sortit d'ailleurs les premiers du labyrinthe. Peter râla et décréta que j'avais triché et utilisé mon chien pour m'aider. J'étais tellement contente que ma joie semblait avoir contaminé Biers qui agissait enfin comme un jeune chien en sautillant de joie.
On passa une partie de notre après-midi à profiter des activités que proposaient la ferme et on trouva surtout de superbes citrouilles. J'avais tellement hâte de pouvoir les décorer. La folie des grandeurs de Riley nous avaient contaminé tous et je n'en revenais pas du nombre de citrouilles qu'on avait chargées dans le coffre de la voiture. À tel point que Biers avait dû prendre place sur le siège du milieu pour avoir de la place.
Notre sortie s'était terminée chez Paul, où tout le monde nous avait rejoint pour célébrer l'arriver de Biers dans nos vies. Emily et Sue avaient fait un passage au supermarché pour prendre de quoi faire un barbecue comme la température le permettait. C'était sûrement le dernier de la saison, mais c'était génial. Les enfants jouaient dans le jardin avec le chien alors que les adultes discutaient et plaisantaient entre eux. J'observais cette scène de vie en me disant que c'était ça que je voulais dans ma vie pour au moins les cinquante prochaines années. Un bras s'enroula autour de mes épaules, je reconnus rapidement l'odeur de Sam.
« Alors ? »
« Je regrette de ne pas l'avoir rencontré plus tôt. » Répondis-je en regardant Paul qui parlait avec animation à Jared, Peter et Jasper.
« Tu n'étais pas prête pour ça avant. »
J'acquiesçai. Il avait entièrement raison. Un an plus tôt je n'aurais jamais été prête à accueillir Paul dans ma vie, j'aurais même fuit face à sa détermination à vouloir partager ma vie.
« Merci, Sam. » Lui dis-je, après un petit silence.
« Pour ? »
« Pour ce que tu as fait pour lui, mais aussi pour moi. Merci infiniment, Sam. »
« Oh, chérie. » Répondit-il en m'attirant à lui et m'embrassant la tête.
Ses bras m'entourèrent dans une étreinte réconfortante comme il avait pu le faire plus d'une fois ces dernières années, alors que je commençai doucement à pleurer. Je n'étais pas triste, au contraire, je me sentais enfin soulager. Comme si on venait de retirer un énorme poids qui pesait sur mes épaules depuis tellement d'années. Je tournai enfin la page sur une partie sombre de ma vie pour commencer un nouveau chapitre qui allait être doux, joyeux, haut en couleur et en passion. Je me sentais enfin prête à faire partie, à participer à la vie et l'histoire que Paul construisait pour nous depuis quelques mois.
Sam se détacha de moi et l'instant d'après je reconnus les bras et l'odeur de Paul autour de moi. Ils venaient de se passer le relais. Sam ferait toujours partie de ma vie, mais maintenant je savais que je pourrais compter sur Paul peu importe la situation. Il releva mon visage pour essuyer les larmes qui coulaient sur mes joues. Il me regardait avec tendresse et compréhension.
« Tu es enfin prête, alors. » Murmura-t-il.
Je lui souris avant d'approuver d'un mouvement de tête.
« Demandes-le moi. »
« Veux-tu vivre avec moi, ici, pour toujours et à jamais ? » Me demanda-t-il pour la énième fois.
« Oui. » Répondis-je.
Son sourire s'intensifia avant de m'offrit un baiser à en prendre l'haleine.
