PROMPT : Relique de la mort
Inconscient de l'inquiétude qu'il suscitait, Harry avait finit par reprendre conscience. Il avait ouvert les yeux, et avait eu une grimace résignée en retrouvant le décor familier de l'infirmerie.
L'adolescent ne se souvenait pas - pas encore - de ce qui lui était arrivé pour qu'il termine dans le domaine de Madame Pomfresh. Cependant, une brève inspection de son corps lui apprit qu'il n'avait pas de blessure apparente, et il se sentait parfaitement bien.
Il se redressa en silence, pour sortir du lit. Harry avait l'habitude depuis le temps : à l'instant où l'infirmière le verrait éveillé, elle lancerait une batterie d'examens sur sa personne, et même si ce n'était pas douloureux, Harry n'aimait pas vraiment ce moment.
Une fiole de potion était posée à côté de lui sur la petite table de nuit, et le jeune homme se pencha en plissant les yeux pour détailler le flacon. Il trouva ses lunettes à côté et les enfila, soulagé de voir le monde retrouver des contours nets. En voyant la potion qui l'attendait, la mémoire revint au jeune homme.
Il connaissait cette potion de couleur turquoise, puisqu'il y avait droit à chaque fois que sa cicatrice le faisait souffrir. Ainsi, il se rappela de la salle commune, de Ginny qui l'avait énervé - sans qu'il n'arrive à trouver ce qu'elle avait pu dire de mal - et de la douleur qui l'avait emmené dans les ténèbres.
D'une main tremblante, l'adolescent frotta sa cicatrice, comme pour vérifier qu'elle n'avait pas changé.
Il sursauta lorsque l'infirmière arriva dans son dos.
- Ah enfin de retour parmi nous, Monsieur Potter. Comment vous sentez-vous ?
L'adolescent sourit. Même si elle savait se montrer intraitable, Madame Pomfresh avait toujours été très gentille avec lui.
- Je vais bien. En pleine forme.
La femme secoua la tête en levant les yeux au ciel, mais un léger sourire étira ses lèvres.
- Et bien, nous allons voir ça tout de suite. Allongez-vous que je vous examine !
Malgré ses protestations, elle resta inflexible et elle examina soigneusement le garçon boudeur allongé sur le lit. Habituée depuis le temps, elle ne grimaça même pas lorsqu'elle constata que le gamin était plus maigre que jamais - la rentrée n'était passée que depuis peu. Elle nota des blessures à peine cicatrisées, et elle maudit Dumbledore d'envoyer Harry chez ses moldus encore et encore. Elle protestait chaque année, mais le vieil homme était inflexible.
Hormis ces deux points hélas habituels, l'adolescent avait raison : il était en pleine forme. Aucune séquelle de cette douleur soudaine et inexplicable, et il semblait exactement le même qu'avant.
Poppy pinça les lèvres, pas vraiment rassurée. D'un ton brusque, elle annonça :
- Bien. Je vais vous garder en observation jusqu'à ce soir, puis le professeur Rogue viendra pour vous examiner de nouveau. Suivant les résultats, vous pourrez retrouver vos amis.
- Le professeur Rogue ?
Harry n'avait pas pu s'empêcher de faire une grimace en entendant que ce serait le professeur qu'il aimait le moins qui viendrait s'occuper de lui.
L'infirmière haussa les épaules, et lui lança un regard désolé.
- Ordre du Directeur. Selon lui le professeur Rogue est le meilleur legilimens de l'école et il saura vérifier que la douleur n'a pas… abîmé votre esprit.
- Vous voulez dire que j'aurais pu devenir fou ? Mais je ne me sens pas fou !
Poppy gloussa et lui ébouriffa gentiment les cheveux.
- Jeune homme, aucun fou ne se sent fou.
Harry roula des yeux et soupira dramatiquement.
- Je vais m'ennuyer toute la journée ! Et si je sortais et que je revenais ce soir sans faute pour la séance de torture avec Rogue ?
- Tant que le professeur Rogue ne vous aura pas examiné, vous ne quitterez pas ce lit, Monsieur Potter.
Poppy avait insisté sur professeur et examiné, comme pour lui montrer sa désapprobation quant à son commentaire désagréable sur l'homme. Harry eut un léger sourire, qu'il masqua rapidement au froncement de sourcils de la matrone. Cette dernière lui tendit brusquement un livre.
- Et voilà de quoi vous occuper.
- Les contes de Beedle le Barde ? C'est quoi ?
- Le livre que tous les enfants sorciers lisent.
Harry grommela, dépité.
- Je ne suis plus un enfant.
L'infirmière le regarda d'un air rusé.
- L'avez vous lu quand vous étiez enfant ?
- Non.
- Parfait. Affaire réglée. Disons que vous rattrapez votre retard.
Même s'il avait mis une certaine mauvaise volonté face à Poppy, Harry ouvrit le livre dès qu'il fut seul pour se mettre à lire. Et rapidement, il fut totalement absorbé par le livre, découvrant les légendes du monde magique.
Un des contes lui laissa un sentiment étrange et il le relut attentivement, perplexe. C'était l'histoire des trois frères qui défient la Mort.
Lors de sa relecture, il tiqua sur la mention d'une cape d'invisibilité. Il se souvint de celle de son père, qu'il avait eue à Noël. Ron avait eu l'air extatique en la voyant, comme si c'était exceptionnel.
Puis, plus tard, ils avaient eu une conversation et son ami lui avait avoué qu'il existait des capes d'invisibilité mais qu'elles n'étaient pas aussi parfaites et aussi puissantes que la sienne. Que celle qu'il avait reçu de son père était unique, et probablement précieuse.
Stupéfait, Harry lâcha son livre et se redressa.
- Une relique de la mort…
Ce n'était qu'un conte pour enfant, bien sûr. Une histoire que tout le monde connaissait visiblement dans le monde magique. Cependant, Hermione avait l'habitude de dire que toute légende avait une part de vérité.
Et puis, il n'oubliait pas que pour beaucoup, la chambre des secrets et son basilic n'avaient été qu'une légende, un conte transmis au fil du temps. Pour un conte, le Basilic lui avait semblé extrêmement réel… surtout lorsqu'il avait fallu se battre contre lui !
Le bruit de la porte qui s'ouvrait le fit sursauter et il ferma brusquement le livre, décidé à ne parler à personne de sa supposition un peu folle. Qu'il puisse avoir la cape de la Mort en personne semblait être un peu présomptueux, mais Harry avait tellement l'habitude de ne jamais rien faire comme les autres après tout qu'il ne serait même pas étonné de l'apprendre.
Rogue entra d'un pas pressé, et il s'immobilisa en le voyant assis et visiblement en bonne santé.
- Monsieur Potter.
Harry inclina rapidement la tête pour le saluer, en restant muet. L'homme en noir donna ses instructions d'un ton sec.
- Ne résistez pas. Je dois vérifier que votre petit… malaise n'a eu aucune conséquence fâcheuse. Il serait regrettable que le… champion de notre bien aimé directeur ne soit… incapable de remplir son rôle…
L'adolescent acquiesça, pas vraiment tranquille, mais décidé à rester silencieux. Il prit une grande inspiration essayant de se détendre. Puis Rogue lança le sort.
- legilimens
Et avant que Harry ne puisse comprendre, l'homme était violemment repoussé, tombant brutalement au sol, les yeux écarquillés.
