Après une semaine compliquée, je n'avais qu'une envie : partager avec vous ce nouveau chapitre. Merci de me lire, j'espère que vous appréciez cette histoire, et que la suite vous plaira. Un grand merci à Destrange mais aussi à Tekilou pour leurs reviews !
Très bonne lecture !
DEUX DE PERDUS...
« Je veux en être. »
Quatre petits mots inscrits à l'encre bleue sur un minuscule papier soigneusement plié en forme de grue. N'était pas élégant qui voulait ! Fleur l'avait ensorcelé pour qu'il parvienne à Bill parmi les courriers de service, plus d'une semaine après leur dispute. C'était l'une des semaines les plus longues de sa vie… L'idée de joindre à son tour cette organisation de l'ombre avait rapidement germé dans l'esprit de la Française, mais sa décision était loin d'avoir été prise à la légère. Sa colère était progressivement retombée. « Je veux en être ». S'il risquait sa vie, elle ne pouvait se résoudre à le laisser seul. Elle appréhendait la réponse qu'il allait lui donner. Ce n'était pas seulement la question de l'Ordre qui se jouait ici. Cette missive était autant pour elle une marque de sa volonté de s'engager et de se rendre utile qu'un ultimatum pour celui dont elle se demandait si elle devait encore le considérer comme son petit ami.
Constatant qu'elle avait pris grand soin d'éviter ce dernier à Gringotts, Gornuk s'était moqué d'elle : « Où est passé votre Sorcier bien-aimé ? », « L'amour chez les humains est aussi éphémère que l'or des Farfadets ! » (1). Oh, elle savait qu'il ne pensait pas forcément à mal, et supposait que c'était sa manière à lui de lui témoigner de la sympathie et de la faire rire… Elle avait tout de même répliqué avec hargne que, contrairement à lui, elle mourrait en ayant connu l'amour de quelqu'un. Comme si elle ne se sentait pas assez seule, le gobelin n'avait alors plus prononcé un mot. La jeune femme ne regrettait pas ses propos, parce que lui aussi l'avait blessée, après tout… mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle avait été inutilement cruelle. Le mutisme de l'autre lui était insupportable. L'idée – surréaliste – d'avoir atteint Gornuk la dérangeait bien plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre. La demi-Vélane avait l'impression de revenir des mois auparavant, dans ce wagon silencieux s'enfonçant sous terre, avec pour seule compagnie ses questions et ses tourments.
À son grand étonnement, elle n'avait toujours reçu aucune réponse de la part de Bill au bout de plusieurs jours. Elle s'était préparée à tout, y compris à l'éventualité qu'il refuse et rompe… mais certainement pas à ce qu'il l'ignore ! Pire, du jour au lendemain le jeune homme ne se présenta plus sur leur lieu de travail. Fleur n'avait pas pu feindre l'indifférence très longtemps et, devant le silence toujours aussi pesant de Gornuk lors de leurs trajets quotidiens, elle avait été forcée de se tourner vers Gripsec pour en savoir davantage.
« Mr Weasley est actuellement en déplacement. Il m'a interdit de vous dire où, avait glissé le gobelin d'un air malveillant, mais croyez bien que même sans ses directives j'aurais pris un malin plaisir à ne pas vous en dire plus.
— La dernière partie n'était peut-être pas nécessaire, avait-elle sèchement répliqué. Vous direz à Mr Weasley qu'il ne devra pas s'étonner si ses affaires disparaissent malencontreusement dans un puits sans fond dans le cas où je n'aurais pas rapidement un signe de vie de sa part.
— Je ne suis pas une chouette ! avait protesté Gripsec.
— Et moi je ne suis pas une bouse de Scroutt.
— Jusqu'à preuve du contraire… »
Quelle espèce de vieux pruneau rabougri… Elle avait presque oublié à quel point, à l'exception de Gornuk à ses heures perdues, ce peuple était naturellement détestable. Cela lui aurait presque fait regretter les plus acerbes plaisanteries du gobelin. C'était particulièrement idiot –insensé même ! – mais il commençait sérieusement à lui manquer… Elle ramena l'une de ses mèches blondes derrière l'oreille, troublée. Elle peinait à réaliser ce qu'elle venait de songer. Ils lui manquaient tous les deux.
Deux jours après sa discussion avec Gripsec, un immense hibou grand-duc la réveilla au beau milieu de la nuit en martelant son bec contre la vitre épaisse de sa chambre. Affolée, Fleur dégaina sa baguette en quelques secondes, mais le seul sort qu'elle eut finalement à lancer fut un simple Lumos. Lorsqu'elle avait tendu la main vers le volatile, elle avait froncé les sourcils, car un étrange sceau de cire rouge était apposé sur l'enveloppe. Elle n'arrivait pas bien à se décider quant à ce que cela représentait. Était-ce plutôt un entremêlement de plumes ou un enchevêtrement de flammes ? Impatiente, la demi-Vélane décacheta l'enveloppe. Le message était clair, concis, et signé par une personne qu'elle connaissait bien…
« Miss D.
Vous avez récemment signifié à l'un de nos membres que vous étiez intéressée pour rejoindre notre organisation. Nous avons pris connaissance de votre demande et avons statué, à la lumière des éléments à notre disposition, que vous étiez apte à nous rejoindre.
La prochaine réunion aura lieu le mardi 9 avril, à 3 heures du matin, au 12, square Grimmaurd, Londres. Vous y êtes cordialement conviée.
L'Ordre du Phénix renaît de ses cendres,
Albus Dumbledore
P.S. : Ce message s'autodétruira sous quinze secondes. Sachez lâcher prise !
»
Elle sursauta quand elle vit le papier commencer à rougeoyer, et le lâcha aussitôt. Une immense flamme le dévorait tandis qu'il tombait au sol. Juste avant qu'il ne lèche les lames du parquet, le feu s'éteignit aussi soudainement qu'il s'était allumé. Le parchemin s'était totalement consumé. Celui-ci ne renaîtrait vraisemblablement pas de ses cendres… Il aurait tout aussi bien pu s'évaporer. C'était de la belle magie, élégante, comme elle aimait. Il ne restait plus une trace du message. À part peut-être dans sa tête… Mardi 9 avril… 3 heures du matin… 12, square Grimmaurd… 9, 3, 12… C'était facile à retenir. Cette lettre avait beau avoir été signée par la main du directeur de Poudlard, elle songea avec émotion à la déclaration d'amour entre les lignes : Bill lui faisait confiance et l'acceptait à ses côtés.
Quelques heures plus tard, lorsque Gornuk la conduisit jusqu'à son bureau – toujours en silence, excepté pour se plaindre qu'elle empestait le fumé – elle remarqua un étrange objet posé sur le coin gauche de la table. Un origami noir en forme de dragon crachait de petits amas de papiers orangés en direction du plafond. Ses sourcils blonds se haussèrent avant qu'elle ne comprenne la seconde suivante de qui cela provenait. Sentant son cœur battre à tout rompre, sans un regard pour le gobelin, elle se jeta sur le papier. Elle ne s'attendait pas, en le dépliant, à ce que son cœur rate un battement. Fleur s'était attendue à tout sauf à ça. Deux petits mots absolument insensés gravés à l'encre verte :
« Marions-nous. »
Fleur entendit soudain le bruit d'une porte qu'on claque. Gornuk et ses humeurs… songea-t-elle d'un air maussade. Elle ne remarqua que bien plus tard, dans l'autre coin de son bureau, la vingtaine de larves qui se mouvaient pour former un seul et unique mot : « Désolé ».
(1) L'or des farfadets est réputé pour disparaître au bout de plusieurs heures.
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Trouvez-vous cela normal que la réponse de Bill et de l'Ordre ait mis autant de temps à venir ? Où était Bill ? Que pensez-vous des réactions et des remarques de Gornuk, de Gripsec, et de Fleur ? Jusqu'où allons-nous bien pouvoir aller en deux chapitres ? Mystère, mystère (ou peut-être pas tellement... dites-moi tout!)
Je vous laisse, et vous retrouve très vite pour l'avant-dernier chapitre !
