Bonsoir mes tourterelles en sucre ! Voici un chapitre de plus, que j'ai beaucoup aimé écrire, alors j'espère qu'il sera à votre goût ! Les choses vont commencer à bien changer dans les chapitres suivants, à petits pas comme à mon habitude, mais quand même ;)
Charlybarbiche : ahah en effet, et en voilà un aperçu ! ;) j'espère que ça te plaît toujours, merci pour tes petits mots !
Situation : environ un mois plus tard
Disclaimer : malaise, sang. Je ne promets pas la véracité des symptômes de Toni car je n'ai jamais fait l'expérience de sa situation (vous comprendrez en lisant la suite) mais j'ai demandé conseil à mes proches pour essayer d'être au plus vrai.
PS : la barre transversale est une ellipse temporelle. Pardon pour les fautes, enjoy ! :)
Dire que Cheryl semblait vouloir mettre un couteau sous la gorge de Toni à chaque fois qu'elle posait le regard sur elle paraissait être une bonne définition de la situation dans laquelle la jeune Topaz se trouvait constamment lorsqu'elle se rendait à l'entraînement des cheerleaders.
Cela faisait à présent plus d'un mois que, tous les soirs, elle retrouvait les autres filles de l'équipe pour répéter les chorégraphies créées par l'héritière des Blossom. Et, tous les soirs, c'était avec la même appréhension qu'elle pénétrait dans les vestiaires pour se mettre en tenue.
Les Vixens avaient mis quelques jours à l'accepter comme faisant partie du groupe, surtout parce qu'elles n'avaient pas apprécié que Toni entre en enfonçant les portes plutôt qu'en passant par la case de la sélection, comme cela avait été leur cas. Mais elles avaient vite compris que la jeune Topaz n'avait pas la moindre envie d'être là et qu'elle essayait de se faire aussi discrète et minuscule que possible. Alors elles avaient commencé à se montrer plus humaines envers elle, parce qu'elles sentaient bien que Cheryl lui faisait vivre suffisamment un enfer pour qu'elles n'aient clairement pas besoin d'en rajouter une couche.
-Topaz, tu es encore à la traine ! S'exclama Cheryl, la fixant avec une intensité dérangeante, les bras croisés sur sa poitrine.
Toni soupira. Depuis le début de la séance, le regard de la rousse était dur et impénétrable. Elle n'avait pas eu une seule fois l'occasion de souffler et de détendre son corps endolori. Plus le temps passait et plus elle sentait sa respiration devenir irrégulière. Elle commençait à avoir peur que son cœur ne la lâche au prochain battement et elle cligna plusieurs fois des paupières pour tenter de faire disparaître les étoiles qui peuplaient sa vision.
Elle s'était levée avec plus de fatigue dans le corps que d'habitude. Elle avait eu un mauvais pressentiment toute la journée et elle savait qu'elle aurait dû s'écouter un peu plus et rentrer chez elle dès la fin des cours.
Mais elle s'était forcée à aller à l'entraînement car, après cela, elle avait rendez-vous avec Betty et Kevin. Ils étaient censés discuter de leur article sur le bal de rentrée et elle ne voulait pas les décevoir en leur faisant faux bond.
Elle posa ses mains sur ses genoux pour tenter d'étirer son dos comme elle le pouvait, sans trop attirer l'attention – et les foudres – de Cheryl sur elle. Mais c'était mal la connaître car la rousse semblait avoir des yeux absolument partout.
-Topaz, ce n'est pas l'heure de la pause ! On reprend l'enchaînement, encore une fois ! Aboya-t-elle.
L'ensemble des Vixens protesta à voix basse mais n'osa pas contredire Cheryl car elles avaient toutes peur des conséquences d'une quelconque forme de révolte.
Toni releva la tête et se replaça à côté de Veronica Lodge, qui lui offrit un petit sourire compatissant. La jeune brune était une des seules filles avec lesquelles Toni discutait parfois, lorsqu'elles se changeaient dans les vestiaires. Elles n'avaient pas grand-chose en commun et leurs conversations restaient toujours superficielles, mais c'était ce que Toni préférait de toute la torture que représentait cette activité.
La musique se lança une nouvelle fois et elles recommencèrent l'enchaînement car Cheryl n'acceptait que la perfection.
Alors qu'elles avançaient dans la routine, Toni sentit son corps faiblir et ses doigts se mettre à trembler. Elle ralentit la cadence et observa ses mains, perplexe. Qu'est-ce qui lui arrivait ?
Quelque chose de chaud coula de son nez et elle porta son index sous ses narines. Lorsqu'elle le ramena dans son champ de vision, elle remarqua qu'il était teinté de rouge. Elle entendit la voix étouffée de Cheryl s'exaspérer puis elle sentit ses genoux flancher. Avant que le monde ne devienne noir autour d'elle et qu'elle ne perde complètement connaissance, elle heurta le sol avec fracas. Sa dernière pensée fut pour Cheryl et elle se demanda si elle n'allait pas l'étrangler à son réveil pour avoir mis du sang sur son uniforme, car elle le sentait couler le long de son cou jusqu'à son col.
Toni cligna plusieurs fois des yeux et son regard brouillé se posa sur une masse de cheveux roux.
Elle fronça les sourcils, encore confuse et essaya de se redresser, avant de comprendre qu'elle était allongée dans un lit. Elle observa la pièce autour d'elle mais tout restait relativement flou. Elle avait un goût de sang dans la bouche et une moue de dégoût prit naissance sur son visage.
-Madame Peabody, elle s'est réveillée. Annonça une voix près d'elle.
Toni reporta son attention vers la personne qui venait de parler et, encore une fois, une aura de feu emplit sa vision. Ses yeux s'ajustèrent peu à peu et elle réussit à reconnaître Cheryl Blossom, debout à côté du lit, les bras croisés, la pointe de sa chaussure tapant régulièrement le sol.
Son expression était relativement neutre. Elle fixait Toni avec un air d'indifférence mêlé à une pointe d'inquiétude, et Toni se demanda si son imagination lui jouait des tours ou si Cheryl était bel et bien en train de baisser sa garde et de laisser des émotions apparaître dans ses prunelles foncées.
L'infirmière, Madame Peabody, arriva dans la pièce et soupira de soulagement en voyant Toni éveillée.
-Antoinette, vous nous avez fait peur … Cheryl commençait à s'impatienter de ne pas vous voir reprendre connaissance ! S'exclama-t-elle, son ton chantant.
Elle vit la rousse lever les yeux au ciel et étouffer un petit rire moqueur.
-Vous exagérez … Répondit-elle, agacée par la réflexion de l'infirmière.
Mais, Toni, malgré son manque de clarté, voyait le trouble dans le regard de Cheryl. Madame Peabody avait visé juste. La rousse s'était inquiétée et des traces de sa préoccupation habitaient encore tout son corps. Elle semblait tendue et à fleur de peau.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Toni, la voix rauque.
Cheryl détourna le regard, se désintéressant de la jeune fille aux cheveux roses, et alla se poser dans un fauteuil pour inspecter sa manucure, manifestement ennuyée par la situation.
-Vous avez fait un malaise pendant l'entraînement, alors Cheryl et … hum … Mademoiselle Lodge je crois, vous ont portée jusqu'ici pour que je m'occupe de vous. Vous êtes restée inconsciente environ cinq minutes je dirais. Lui expliqua calmement et gentiment l'infirmière, un sourire rassurant illuminant tout son visage.
Toni fronça les sourcils, incroyablement surprise. Cheryl l'avait accompagnée jusqu'à l'infirmerie ? Pourquoi ? Elle aurait pu demander à n'importe quelle autre Vixen de s'en occuper avec Veronica, alors pourquoi elle ? Elle la détestait au plus haut point, pourquoi faire l'effort de l'aider quand elle aurait pu si facilement passer la main ?
Cheryl sembla sentir le regard curieux de Toni posé sur elle et releva les yeux dans sa direction. Elle la fixa intensément et croisa les bras encore une fois, une pointe d'agacement dans les prunelles, mais Toni y découvrit aussi de la vulnérabilité.
-Mes Vixens n'aiment pas vraiment la vue du sang et Veronica a été la seule à être suffisamment courageuse pour s'approcher de toi. Je n'allais pas la laisser seule … Je n'ai pas eu d'autre choix que de l'accompagner pour t'emmener ici. Avoua-t-elle, à contrecœur, les sourcils froncés.
Mais son attitude allait à l'encontre de ses mots. Sa mâchoire était un peu moins crispée qu'à l'accoutumée, ses bras moins serrés contre sa poitrine. Son langage corporel laissait sous-entendre qu'elle se souciait de Toni et de savoir qu'elle allait bien. Et le simple fait qu'elle soit encore là en disait bien plus long que toutes les déclarations mensongères qu'elle pouvait faire.
-Phonie ?! S'exclama une voix et Toni tourna la tête pour découvrir son oncle à l'entrée de l'infirmerie, le souffle court et une angoisse folle peinte sur le visage.
-Ça va, Tonton, ne t'inquiète pas. Tenta-t-elle de le rassurer, mais son sourire était aussi faible que sa voix.
Elle avait du mal à garder les yeux ouverts et sentit une vague de fatigue s'abattre sur son corps épuisé.
Michael vint à son chevet et s'accroupit près de sa nièce, caressant tendrement son bras. Toni lui offrit un sourire réconfortant, que son oncle lui rendit.
-Je pensais que tu avais laissé ça derrière toi … Chuchota-t-il à voix basse et Toni sentit son cœur se serrer.
Michael s'était déjà inquiété pour elle car elle avait fait plusieurs malaises lorsqu'ils vivaient encore à Mystic. Ses pertes de connaissances étaient liées à une anémie et elle avait suivi un traitement pour s'en remettre.
Michael soupira et fronça les sourcils, apparemment en pleine réflexion.
-Phonie, je veux que tu rentres te reposer mais je ne peux pas te raccompagner parce que je dois présider une réunion importante …
Il resta un instant silencieux puis tourna la tête vers Cheryl, qui avait repris son inspection de ses ongles.
-Mademoiselle Blossom ? Approchez, s'il vous plaît. L'intima-t-il.
La jeune femme eut un petit mouvement de recul sur son fauteuil mais s'exécuta néanmoins.
-Oui ? Demanda-t-elle, pas vraiment intéressée par la situation.
Michael se releva pour se retrouver à la hauteur de Cheryl et son regard était empli de détermination.
-Je vous demande de raccompagner votre camarade chez elle, car elle a besoin de reprendre des forces. Elle vous donnera notre adresse et vous pourrez revenir une fois que vous vous serez assurée qu'elle ne risque pas de recommencer à faire un malaise. Expliqua-t-il.
Un air outré prit naissance sur les traits de Cheryl et Toni la vit serrer les poings à en faire blanchir ses articulations.
-Monsieur, il est hors de question que je la ramène chez elle … Je dois aller m'occuper de l'entraînement des Vixens car Veronica ne fera pas un travail suffisamment sér-
Elle fut coupée par le proviseur qui balaya ses réflexions d'un geste de ses mains.
-Mademoiselle Blossom, je crois que vous avez mal compris… Vous n'avez pas le choix. Vous êtes capitaine, alors vous devez prendre soin de vos cheerleaders. De ce fait, vous conduirez votre camarade pour qu'elle puisse se reposer. Lui ordonna-t-il et son ton ne laissait pas place à la discussion.
Cheryl lança un regard noir et haineux à Toni et la jeune Topaz sentit que le trajet en voiture allait être long et qu'elle allait devoir puiser dans ses dernières ressources d'énergie pour supporter l'humeur massacrante de la rousse.
