Clause de non responsabilité : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Shonda Rhimes.
Chapitre 11
-Il faut lui parler Arizona, elle doit savoir !
-Non Amélia, non on ne va rien lui dire du tout. Tu vas trouver une solution, tu dois trouver une solution, et on ne lui dira rien.
Prononcer seulement les mots était au-dessus de ses forces, ça rendait réels ce qu'elle n'était pas prête à assumer, imaginer l'avouer à Callie la brisait. Elle était en colère, en colère contre tout, en ce moment c'était Amélia qui en payait les frais, elle savait que c'était injuste, elle aimait Amélia, et lui faisait confiance, mais ça, ça ne pouvait pas arriver.
- Arizona, il n'y a pas de solution et tu le sais.
- Nicole ! Tu l'as fait pour Hermann, tu as trouvé !
Le ton de sa voix s'élève plus haut qu'elle ne l'a jamais entendu, trahissant le paroxysme de l'émotion qui la secouait, elle sentait qu'au moindre souffle, au moindre mot, elle allait se briser en mille morceaux, comme un vase en cristal, mille morceaux qu'elle ne recollerait plus jamais ensemble. Elle essaie de se reprendre, s'obligeant à respirer profondément et lentement. Jamais, elle n'avait ressenti une tel désarroi.
- Herman est aveugle
- Mais elle vit ! Je veux que Callie vive. Aveugle, sourde, muette, je m'en fous, je veux qu'elle vive. S'il te plait, fais-le pour Callie
Elle suppliait littéralement son amie, maintenant. Ces arguments étaient faibles, elle ne l'ignorait pas, elle savait également, que du point de vue médical, Amélia avait raison, mais pour l'instant, ce n'était pas le médecin qui était déchiré, c'était la femme amoureuse et cette femme avait le droit d'être irrationnelle, elle n'allait pas accepter, que le couperet tombe, décapitant leurs vies, sans réagir.
- Je suis désolée Arizona, je ne peux pas le faire, et si tu trouves un chirurgien qui veut le tenter, c'est un fou !
La neurochirurgienne avait les larmes aux yeux, ce qui n'était pourtant pas son genre, mais elle ne pouvait pas renouveler la folie dans laquelle elle s'était laissée entrainer par la blonde, pour Herman, et si elle l'avait fait, c'est qu'à cette période son jugement était altéré par sa propre tumeur, ça elle en était absolument convaincue. En pleine conscience, elle ne pouvait pas reprendre ce risque. Elle se sentait impuissante, déchirée pour Callie pour Arizona et pour Sofia. Elles étaient sa famille et encore une fois Amélia Shepherd ne pouvait pas sauver un membre de sa famille. Ça faisait remonter des souvenirs brulants, elle avait envie d'une tequila, mais même ça, elle ne le pouvait pas.
Dans la chambre, Arizona était assise prés du lit de Callie, elle avait mis en place tous ses talents de dissimulatrice et affichait un sourire toujours égal. Inconsciemment, elle la dévisageait, un peu plus que d'habitude, scrutant le moindre détails de son visage expressif, elle voulait mémoriser le moindre trait, la moindre tâche de rousseur, se souvenir de ses lèvres, garder intact l'image devant ses yeux. Elle écoutait, Callie rire, ignorant tout, de la décision d'Amélia et la signification de cette décision, devant ce qu'elle considérait être, LE film « Groundhog Day ». Ne jamais voir l'image de ses yeux rieurs s'effacer, ne pas oublier le son de ce rire, qui avait toujours rendu ses journées plus belle. Elle ne pouvait pas être celle qui allait lui annoncer, en parler, expliquer, demandait d'accepter, et ça elle le ne ferait pas, jamais. Elle racle sa gorge, Callie pose les yeux sur elle en souriant.
-Quoi ?
-Tu es belle
-Tu te fous de moi ? Rappelle-moi de demander à Amélia de te programmer pour un scan cérébral aussi.
- Tu es belle, et je t'aime.
Ignorant les pensées qui torturaient son ex-femme, la brune ricanait.
Derrière le sourire plaqué sur le visage fermé, une expression qu'elle ne pouvait pas vraiment définir la dérange cependant, le bleu des yeux était terni par l'absence de la lueur qu'elle avait toujours quand elle était heureuse, néanmoins, la latine revient au film.
-Tu imagines, revivre toujours le même jour ? Chaque jour tu te réveilles et hop le même jour recommence.
- Ouai, ça dépend lequel. Il y a des jours que je voudrai effacer, et d'autres que j'aimerai vivre encore et encore pour le reste de ma vie, alors ouai en choisissant le bon jour, je pourrai l'imaginer.
Le ton triste et mélancolique empreint de nostalgie avec lequel elle avait prononcé ces paroles alerte la latine qui lève les yeux de l'écran.
- Ça va ? Arizona acquiesce en clignant des paupières
- Je t'aime.
Les yeux bruns plissés interrogent la blonde
- Je ne peux pas dire à la femme de ma vie que je l'aime, sans me justifier ?
- La femme de ta vie hein ?
Hey, voilà la femme qui va ouvrir mon cerveau. Si tu y trouves des pensées sales, gardes les pour toi Shepherd
- Callie… Les poings serrés, enfoncés dans les poches de sa blouse les yeux de la neurologue se déplaçaient de la latine à Arizona. Je suis désolée… Il n'y aura pas d'opération.
Callie connaissait le masque des mauvaises nouvelles, elle avait travaillé dans cet hôpital, elle avait été chirurgien aussi, elle avait dû d'innombrable fois enfiler le costume du messager qui en une seconde et quelques mots, détruit l'espoir et démolit les vies.
La brune tourne la tête vers Arizona, ce qu'elle voit suffit à lui faire comprendre que l'humeur n'était plus à la plaisanterie. Le corps secoué par les sanglots muets, son ex -femme ne retenait plus les larmes qui déferlaient en silence comme des vagues sur ses joues, elle fixait Callie, la désolation dans les yeux. Le cœur de la brune se serre face à la femme qui lui demandait pardon du regard.
- La tumeur a migré et il n'y a aucune possibilité pour l'atteindre, sans faire des dégâts irréversibles, tu…
- Okay Amélia, c'est bon. Merci Interrompt Callie
Elle n'a d'yeux que pour la femme désespérée qui se brisait à ses côtés. Rien d'autre n'a d'importance en ce moment. Incapable de faire face à la situation, Arizona avait posé son visage sur le lit, la brune caresse la chevelure blonde. Elle sait tout du sentiment de culpabilité d'avoir échoué, là où réussir était ce qu'on désirait le plus au monde, elle ne l'avait que trop expérimenté. Elles y étaient, le moment qu'elle redoutait depuis des mois était arrivé.
- Hey on a essayé. Tu as fait tout ce que tu pouvais. Toi, Arizona Robbins, tu as été géniale, tu as vraiment, vraiment essayé, Stevens s'en souviendra jusqu'à son dernier jour, crois-moi, il sera probablement traumatisé pour le reste de sa vie.
Elle ricane. Plaisanter avait toujours aidé, dans toutes les circonstances, Arizona était bon public, elle avait toujours trouvé que Callie était drôle, selon Callie elle était bien la seule à le penser. Mais il est vrai qu'Arizona avait révélé des côtés d'elle, qu'elle était la seule à avoir vu. Elle lui avait donné le sentiment d'être irrésistiblement amusante, géniale dans son boulot quand elle en doutait, belle et sexy quand elle se trouvait trop ci ou pas assez cela, toutes ces choses qui, quand elle avait Arizona auprès d'elle, lui avaient donné confiance en elle, l'avaient fait s'aimer d'avantage.
Réfugiée dans son chagrin, la blonde ne s'était pas rendu compte que la neuro chirurgienne s'était retirée de la pièce, elle lève des yeux rougis vers les yeux tendres de la latine, qui tentaient de l'apaiser. Ces yeux qui l'avaient fait fondre tant de fois, ces yeux dans lesquels elle voulait continuer à plonger, ses yeux dans lesquels elle avait si souvent trouver la force, et dont on voulait encore la priver. Elle s'effondre. Les profonds sanglots redoublant d'intensité, libèrent toutes les peurs, les inquiétudes, les espoirs déçus, retenus pendant des mois. Callie continue à lui parler d'une voix douce.
- C'était bien Portland. Merci, pour ces quelques mois. Arizona, ne pleure pas bébé, tu m'as rendue tellement heureuse pendant ces derniers mois
Elle n'était pas prête à entendre ces mots, qui sonnaient comme une fin, pas à nouveau. Même si les circonstances étaient différentes, elle n'allait pas la regarder se lever et quitter le bureau du thérapeute une fois encore, la laissant derrière désemparée et abattue. Pas après avoir combattu côte à côte cette maladie et avoir presque gagné, pas après avoir fait tout ce chemin et avoir retrouvé leur « nous ». Ce voyage les avait amenées à un amour encore plus fort, plus de respect, plus de confiance, et encore plus de rires et de jeux que par le passé, une admiration sans limite. L'univers se jouait-il d'elles encore, leur faisant entrevoir une vie heureuse, pour la leur retirer, juste au moment où elle était à portée de mains.
- Viens, contre moi
La blonde verrouillée dans un mutisme inquiétant depuis de longues minutes, monte sur le lit d'hôpital sans un mot, elle se blottit contre le corps de Callie, oubliant les craintes, les réticences, elle veut sentir le corps de Callie contre le sien, sentir le parfum, la douceur de sa peau. A la manière de sa fille et de Callie, elle la tire avec force contre elle, afin que tous les centimètres carré de leurs corps soient en contact, afin que plus près ne soit pas possible. Les deux femmes prennent une profonde inspiration, réalisant au même moment que ce sentiment de sécurité, pourrait être un des derniers.
- Peut-on faire comme si tout allait bien juste pour un moment ? Je crois que je pourrai avoir besoin de ça. Propose Callie
C'était leur truc, quand tout s'écroulait, que tout devenait trop difficile, elles faisaient semblant que tout allait bien pour faire baisser la tension. Pendant un instant, elles se mettaient dans leur bulle et se concentraient uniquement l'une sur l'autre, sur ce qu'elles ressentaient. Et à cette minute c'est tout ce dont elles avaient besoin.
A l'extérieur de la chambre Amélia, Alex et Miranda se tenaient au bureau des infirmières.
- Arizona s'effondre et ça ne va pas aider Torres, je crois qu'on devrait faire quelque chose
- Laisse-les rétorque Alex, Arizona a besoin de pleurer et Callie a besoin d'être là pour elle
- Il n'y a rien que l'on puisse faire à part sauver leurs vies. Ajoute Miranda songeuse, les yeux embués de larmes. Les larmes du Dr Bailey, n'étaient pas quelque chose que l'on avait souvent vu au Grey Sloan Memorial, mais ces deux femmes, elle les avait vues grandir pour ainsi dire. S'aimer passionnément, se soucier l'une de l'autre obsessionnellement, se déchirer férocement, mais en prenant toujours soin de ne jamais rompre le dernier lien qui les tenait attachées l'une à l'autre, aussi ténu avait-il été à certaines périodes de leur vie, il avait toujours été là. Alors Miranda Bailey, le nazi, laissait sa carapace se fissurer, et permettait à ses larmes de couler.
- Leurs vies ?
- Dr Shepherd, comprenez-moi bien, Il y a deux vies à sauver ici. Vous sauvez Torres, vous sauvez Robbins, sinon…
- C'est impossible Dr Bailey
- Derek a essayé l'impossible, avez-vous…
- Non, c'est impossible, sans faire des dégâts irréversibles. Voulez-vous que j'en fasse un légume dans un lit ! Dr Bailey, croyez- vous vraiment que Callie voudrait qu'Arizona et Sofia vivent ça !
Son évidente frustration faisait hausser le ton de la neurochirurgienne, elle n'avait pas besoin qu'on lui parle de son frère justement en ce moment, il occupait déjà suffisamment son esprit.
Dans la chambre les deux femmes enlacées ignorent tout de ce qu'il se passe autour d'elles.
- Alors, ce rêve ? suggère Callie
- Quoi ?
- Je dois réaliser ton rêve. On dirait que la date d'expiration approche.
Même si elle voulait sourire, et alléger l'ambiance, l'humour noir devenait plus difficile.
- Inaccessible étoile. Une profonde désespérance dans la voix, Arizona répond entre deux reniflements.
- Dis toujours, on fait comme si tout allait bien. Tu te souviens ?
La blonde hésitante plonge ses yeux bleus tristes dans les tendres yeux chocolat qui cherchaient à lui donner la force. Callie avait redouté cet instant depuis le jour où elle l'avait vue se présenter à la porte de sa chambre à Portland. Quand elle avait accepté que son ex-femme têtue reste, elle s'était promis que si ça ne marchait pas, elle serait là pour aider Arizona à accepter, puis elle partirait à Miami, loin des yeux de Sofia et d'Arizona. Elle leur épargnerait l'horreur des derniers moments et leur laisserait le souvenir d'une femme debout. Elle avait déjà tout arrangé avec son père.
- Mon rêve, … c'est toi, c'est toujours toi et ce sera toujours. Mon rêve c'est une vie avec Sofia et toi.
Elle plonge dans les yeux qu'elle avait adoré, étreignant le corps de la latine dont elle avait aimé gouter chaque millimètre, le temps fugace d'une union intime quand on a le sentiment illusoire que l'autre vous appartient pour toujours. Elle hoche une épaule, reconnaissant sa défaite dans un murmure. Mais tu seras toujours mon inaccessible étoile.
Les larmes coulaient malgré elle, cette fois c'était trop difficile de jouer à faire semblant, mais il le fallait, elle avait senti le corps de Callie se contracter contre le sien, alors elle a rassemblé son courage, et toutes les forces dont elle avait besoin pour continuer.
- Je déteste être ton ex-femme, même si tu te soucies beaucoup de moi, et moi de toi. Elle ricane et sent Callie renifler et se détendre un peu. Si tu veux toujours de moi, mon rêve serait de redevenir ta femme. Tu sais notre mariage c'est un des plus beaux jours de ma vie, bien sûr il y a eu le jour de la naissance de Sofia mais ça a été aussi le jour où j'ai ressenti la peur la plus terrible de ma vie, plus peur que de tomber du ciel, plus peur que de perdre ma propre vie et… elle sourit comme si elle y était, ses larmes cessant au fur à mesure qu'elle racontait. Il y a eu le jour où tu as ouvert les yeux après l'accident de voiture, c'était un jour merveilleux ce jour-là. Mais notre mariage c'était presque un jour parfait, à la réflexion le plus parfait des mariages auquel nous ayons assisté dans cet hôpital. Même s'il n'était pas légal, je m'en fichais, c'était mon engagement spirituel, je voulais m'engager pour une vie avec toi de tout mon être et les papiers officiels n'auraient rien changé à ça.
Callie acquiesçait, elle avait eu un mauvais moment ce jour-là, sa mère s'étant assurée de lui gâcher la journée, mais quand elle avait vu Arizona l'attendre au bout de l'allée, tout le reste n'avait plus eu d'importance.
- Tu étais magnifique dans ta robe blanche. C'est sans aucun doute le plus beau jour de ma vie compte tenu que je n'étais pas présente pour la naissance de notre fille.
- Vraiment ? Malgré…
- Vraiment Arizona.
Arizona avait de nombreuses raisons de douter de ça, dans un état d'ébriété très avancé, aveuglée par la colère et le chagrin elle lui avait d'abord hurlé, que leur mariage était une grosse erreur, quelques années après elle y avait mis fin. Pourtant c'était exact, aujourd'hui, à l'aube de la fin du chemin, elle pouvait l'affirmer sans la moindre hésitation, il n'y avait pas eu dans sa vie un plus beau jour que celui-là.
-J'allais dire malgré l'absence de ta mère Rigole Arizona lisant dans les pensées de son ex-femme, et malgré le chagrin qui les accablait, elles échangèrent un petit rire complice
- Oh ouai, à propos, elle m'a téléphoné, et j'irai peut-être la voir. Mais revenons-en à ton rêve ne gâchons pas notre moment.
- Et puis aussi…Elle secoue la tête… J'aimerai avoir un bébé avec toi, et j'aimerai porter notre enfant.
A ces mots Callie sent monter en elle une émotion qu'elle ne pouvait pas cacher, le thème récurrent des enfants, les nombreuses incompréhensions sur ce sujet, avaient causé beaucoup de dommages dans leur histoire, entendre son ex-femme affirmer que c'était aussi son rêve assombrit son regard, mais il n'est plus temps pour les regrets.
- Hum, c'est…c'est un joli rêve.
- Tu veux ? Demande la blonde d'une voix timide. Callie émue la regardait, un demi sourire désolé sur ses lèvres, elle voulait faire ça mais il fallait se rendre à l'évidence à un moment il allait bien falloir faire face. Faire semblant n'aiderait pas longtemps.
- Bébé tu sais bien…
- On fait comme si tout allait bien !
L'interrompt fermement Arizona, Callie la regarde tendrement, les yeux suppliant de la blonde lui crève le cœur. Elle lui sourit sincèrement, prenant une profonde inspiration, pour empêcher son esprit de divaguer vers l'angoisse de demain, elle se concentre sur ce dont a besoin à cet instant la femme dans ses bras.
- Amélia va retirer cette tumeur. Je serai donc autorisée à te dire « je t'aime », et même que je t'aime passionnément, comme une folle. Ensuite, je te demanderai de m'épouser, légalement cette fois, l'engagement spirituel, mais avec les papiers officiels en plus, le gars à la mairie, les alliances et tout le tralala ! Il y aura des arcs en ciel, des papillons et peut -être même des licornes.
- Tu es vraiment trop conventionnelle Calliope se moque Arizona
- Hey, pas de jugements, je tiens ça de ma mère, et arrête de m'interrompre ; enfin je te ferai un bébé…
- Yay ! Callie feint de lancer un regard noir à la blonde la blâmant pour ses interruptions. Pardon, je me tais, continue
- Euh … Doonc, je disais, avec l'aide de la science bien sûr, je te ferai un bébé. Il aura les yeux de ce bleu étourdissant, qui changera en fonction de son humeur ou de la météo ; je veux qu'il ait tes fossettes, sur ça pas de négociation possible, et ton sourire magique aussi. Tu vas devoir apprendre à être le mauvais flic ma chérie, parce que moi, impossible, je ne saurai pas résister à ce sourire. Face à ce sourire je suis du caoutchouc.
Arizona écoutait, son visage se détendant au fur et à mesure que Callie racontait. Elle pouvait imaginer la scène. Un enfant blond dans les bras de Callie, un petit être sans défense dont elles prendraient soin comme elles l'avaient fait pour Sofia, ensemble pour le reste de leur vie et même si ni l'une ni l'autre n'y croyait, même si ça semblait puéril, pour le moment c'était la seule chose qui pouvait faire du bien .
-Okay, mais tu restes le mauvais flic pour Sofia parce que moi les yeux tendres de chiot et la lèvre boudeuse, je ne peux pas y résister non plus.
-Deal
-La maison ! la mienne sera trop petite ! Callie il nous faut une autre maison pour Sofia et le bébé. Une maison qu'on choisira ensemble
Arizona raconte la maison, avec la piscine, et la balançoire et même la cabane dans l'arbre, et les œufs qu'elles iraient chercher dans le poulailler, car bien sûr il y aurait quelques poulets et un chien aussi, c'est excellent pour les enfants d'apprendre à être responsable d'un animal.
- Les matins de noël seront les plus beaux que tu n'aies jamais vécu. On ira choisir le sapin avec les enfants, on se chamaillera probablement sur le choix de l'endroit de la maison où il faut l'installer. Enfin, après quelques minutes de bouderie de l'une ou de l'autre, probablement de moi, car comme d'habitude tu n'en n'auras fait qu'à ta tête, nous nous réconcilierons.
- Hey je n'en fais pas qu'à ma tête !
- Tu m'as toujours enroulé autour de ton petit doigt Calliope.
- Exactement, tu prouves mon point je n'en fais pas qu'à ma tête, je te convaincs que j'ai raison.
- Peu importe, je bouderai et tu ramperas à mes pieds pour que je te pardonne.
La brune amusée ouvre des yeux éberlués, la moue sur son visage signifiant clairement qu'elle émettait un sérieux doute sur le réalisme de la situation, elle croise le regard narquois de la blonde.
- C'est mon rêve, c'est moi qui décide donc nous en étions aux exercices de rampages pour la réconciliation.
Hum j'adore me réconcilier, avec toi. Crois-tu qu'on se dispute beaucoup dans l'unique but de passer aux réconciliations ? Grrr, les enfants veulent aider à décorer le sapin, c'est la fin de notre séance de réconciliation.
Les épaules de la blonde tombent de déception, elle grimace et Callie rit à ses facéties. Une immense fatigue l'envahit, elle s'installe confortablement, la tête posée sur l'épaule d'Arizona, elle ferme les yeux continuant d'écouter ce que leur vie aurait pu être.
Pendant que les enfants dormiront, en secret, et en silence, ensemble elles installeront les cadeaux, décoreront l'extérieur avec toutes les lumières, explosant de rire comme des collégiennes de crainte de se faire prendre à chaque bruit un peu fort qui pourrait les réveiller.
- Enfin, nous attendront le matin plus excitées que nos enfants, pour voir leurs petits yeux plein de bonheur découvrir les cadeaux au pied du sapin…
C'était ainsi depuis des mois. L'amour n'avait jamais été le problème entre elles, mais à Portland, elles avaient appris à accepter de montrer leur vulnérabilité, de parler de leurs peurs. Avec respect elles avaient écouté et compris leurs erreurs passées. Dans des crises de rires et quelques fois de larmes leur amour avait grandi en même temps que la confiance qu'elles avaient l'une dans l'autre. L'amour n'avait jamais été le problème, mais aujourd'hui il était plus profond qu'il ne l'avait jamais été.
Callie, bercée par les douces paroles, s'était endormie dans les bras d'Arizona. Personne dans l'hôpital n'était venu faire exploser leur bulle, mais pas un de leurs amis ne pensait à autre chose qu'à elles, cette nuit-là.
Alors ils avaient fait ce qu'ils font toujours dans ces moments. Ils s'étaient réunis chez Joe, buvant ensemble, pour partager leur chagrin, se remémorer les bons moments et pleurer sur toutes les tragédies qui avait touché « Seattle Grace Mercy Death », parce que ça fait peut-être moins mal quand on partage la douleur. Teddy et Bayle avait réclamé des « Alzheimer précoces », le cocktail inventé par Cristina, se souvenant de cette soirée il y a seulement 8 ans. Il manquait beaucoup d'entre eux ce soir, soit qu'ils soient décédés ou exilée, ou couchée dans un lit attendant la mort. Tous avaient une pensée pour Derek, Mark Leslie, Henry, et particulièrement pour Callie qui allait les rejoindre. Il était deux heures du matin, quand le bipeur d'Amélia résonne.
- Merde, c'est Arizona
Une chappe de plomb tombe sur la table, les médecins sont ramenés à la triste réalité, leurs visages se ferment.
Merci d'avoir lu. Je sais, je sais que vous me détestez. Pour me faire pardonner je promets de publier la suite le plus tôt possible, je n'ai pas le cœur de vous faire attendre une semaine de plus.
