12 juillet 2012 - 13 : 12
"Tu me détestes ? Je sais que tu peux lancer, mec." Emmett envoie la balle en arrière et je l'attrape tout juste.
Je plisse les yeux face au soleil souhaitant pouvoir partir et rejoindre Bella.
"Je ne le sens pas." Je secoue la tête, utilisant le dos de ma main libre pour essuyer la sueur de mon front. "Puis-je rentrer maintenant ?"
Ça fait deux heures que je suis sous le soleil brûlant. Je suis misérable. Emmett a dit qu'il voulait "lancer la balle", ce qui j'ai supposé signifiait quinze minutes. J'avais tort. Il m'a trainé pour lancer avec lui et il est furieux que je ne puisse rien lancer à plus de soixante.
Je ne suis pas un athlète et je n'ai aucun problème avec ça.
"Tu lances comme une fille Ed," me provoque-t-il comme si j'en avais quelque chose à faire. "Est-ce que tu essaies seulement ?"
Non pas vraiment et je ne me sens même pas mal à cause de ça. Je veux juste rentrer, prendre une douche et aller chercher Bella pour aller aller au cinéma ce soir.
"Il fait très chaud," me plains-je, tapant dans l'herbe avec ma chaussure pour renvoyer la balle. Elle tape contre la chaussure d'Emmett. "Et j'ai faim."
Emmett rit sans humour, enlevant sa casquette de baseball pour essuyer son front en sueur. Il regarde autour de lui et j'essaie de trouver une excuse pour qu'il me laisse partir.
"Je sais que tu vas bientôt partir et je suis vraiment triste mais ne pouvons-nous pas aller casser des boîtes aux lettres ou quelque chose d'autre ?"
Il fronce les sourcils écartant ses bras vers moi. "Quand avons nous déjà fait ça ?"
Je hausse les épaules en souriant. "Pourquoi n'avons-nous pas déjà fait ça ?"
Il secoue la tête, palpant sa joue. "Est-ce une dépression mentale? Est-ce que tu te fous enfin de moi frangin ?"
Je roule les yeux, enlève mon gant et le jette dans l'herbe. "J'ai fini de jouer."
"Euh…" je l'entends appeler derrière moi. "Attends ! Parlons de ça Ed !"
"Arrête de m'appeler comme ça !" je crie par-dessus mon épaule en retournant vers la maison. "Je ne veux pas te parler, je veux juste descendre un gatorade et reprendre le cours de ma vie."
"C'est bien pour ça que je t'ai amené ici !" me hurle-t-il. "Allez reviens Edward, encore un. Faisons en sorte que ça compte."
Je m'arrête net, regardant par-dessus mon épaule avec scepticisme.
"Juste un ?"
"Un." Il a le sourire du gagnant alors que je reviens à ma position précédente au bord de la pelouse. "Mais tu dois en faire un qui compte mon frère. Ne le frappe pas comme Sissy, je veux que tu y mettes tout. Et je veux dire tout !"
Je m'empêche de rouler les yeux, hochant la tête nonchalamment.
"Peu importe mec, lance-moi cette balle."
"Je suis sérieux quand je dis que tu dois reprendre ta vie en main. C'est une bonne thérapie crois-moi. Pense juste à quelque chose qui te stresse vraiment ou tu peux penser à moi comme à quelqu'un que tu veux frapper, comme ce putain de Jacob Black. Il y a ce type qui était dans le cours de chimie de Rose que j'ai imaginé…"
"Pourquoi devrais-je penser à Jacob Black ? C'est mon ami." C'est un demi-mensonge mais peu importe. Ce n'est pas comme si je voulais lui faire du mal. J'ai presque oublié qu'il a dragué Bella, ce n'est pas comme s'il savait que j'étais en quelque sorte en train de tomber amoureux d'elle. Mais il est à peu près absent de ma vie depuis mars, ce qui n'est pas exactement une coïncidence.
Jake Black ne me met pas en colère.
Bella ne me met pas en colère.
Mais pourtant je suis toujours en colère.
Je n'ai que dix-sept ans et il me semble que j'ai une raison d'être en colère contre tout le monde.
Ou quelque chose
Ou tout.
La vie n'est pas juste comme ça, alors peut-être que je suis juste énervé en général. Bella me rend heureux ... mais je suis toujours un boudeur de première classe.
"Tu sais viser." Emmett fait un signe de tête, en balançant sa batte. "Laisse-toi aller, mec, montre-moi ce que tu sais faire."
"Si tu me touches encore, je te tue," lui dis-je, en ajustant mon tir. "Je suis sérieux."
Il sourit, en secouant la tête. "Ce n'est pas ma faute. Arrête de lancer comme une fille. Papa t'a appris à lancer la balle quand tu avais deux ans."
Je roule ma tête, en essayant de trouver mon mojo.
"Maintenant, mauviette..." se moque-t-il.
Je le regarde fixement, prêt à lui envoyer la balle dans la figure. Il me fait un clin d'œil alors que je ramène mon bras en arrière.
Prêt à le frapper avec un autre swing lent, je sens la balle rouler jusqu'au bout des doigts alors que je déplace mon poids vers mon bras et je laisse tout sortir.
Je pense à tout en même temps. Papa avant sa mort, maman en train de boire après l'accident, Brightside me disant qu'elle ressent l'autre vie et à la fin à canal trois et je lance, je me donne à fond.
Avant même de réaliser ce que j'ai fait, j'entends un grand bruit.
Du verre qui se brise.
Je grimace immédiatement, en fermant mes yeux, alors que ma mère se met à crier de l'intérieur de la maison.
J'entends mon frère éclater de rire et j'ouvre un œil pour le voir se pencher sur l'unité d'air conditionné.
Merdeeeeee.
"Je suis désolé, maman !" Je crie, en me frottant nerveusement la nuque.
Emmett s'arrête de rire et secoue la tête. "Oh, mec, c'était putain de génial. Tu es un idiot mais c'était génial. Je parie que tu te sens mieux, non ?"
Je hoche la tête, en fixant la fenêtre cassée.
Un truc de fou ?
"Ouais." Je hoche la tête, comme si un poids m'avait été enlevé des épaules. "Je me sens bien."
