Après moulte aventures, j'ai enfin réussi à poster ce chapitre. Fanfic connait quelques soucis ces derniers temps.
Une lectrice m'a signalé son impossibilité à poster un retour. Puis-je vous demander si c'est le cas, d'avoir le courage de revenir par ici pour donner votre avis ( ça me permettra de voir ainsi si FF a arrangé ce souci là aussi )
.
Sur ce, je tiens à tous et toutes vous remercier d'être encore là que ce soit dans l'ombre ou la lumière.
Merci pour vos mots, vos follow et mise en favori.
.
Un merci ENORME aussi à Cha qui malgré ses journées chargées trouve toujours un moment se pencher sur mes histoires.
.
Enjoy.
.
Chapitre XXIV : " Le frisbee "
.
Cela fait bientôt trois jours qu'ils se sont installés dans ce modeste hôtel. Jumelles visées sur le nez, ils attendent que leur nouvelle piste daigne pointer le bout de son nez.
À nouveau, ce quotidien des chasseurs de prime bien loin du glamour hollywoodien.
Ils ont traversé le Nebraska avant de faire halte à Wichita, Kansas. Un indic de Bobby les ayant guidés vers un tenancier de bar connu pour louer des chambres à prix d'or sous promesse de silence.
Silence que Dean lui a fait rompre en le piégeant.
Une épaisse enveloppe glissée sur le comptoir, son frère prenant une photo en catimini et le tour était joué.
Un peu de chantage. La menace d'une tombe en béton. Quelques vrais billets en suspens et l'homme a cédé après avoir résisté bien plus longtemps que Dean ne l'avait escompté. Bobby n'allait pas apprécier la dépense.
" T'es rude en affaires, cradingue ", a sifflé Dean en refusant de lâcher ses Grant.
" Votre homme a passé un appel depuis sa chambre… Indice 580, Oklahoma. "
" Comment tu le sais ? "
" C'est mon boulot… Je sais tout ", en tirant sur les billets, sourire gras.
" Bon, Monsieur je sais tout ! ", avec sarcasme. " Le 580, c'est l'indice de quel trou du cul du monde ? "
L'homme a louché sur sa main.
" N'y pense même pas ", sourire en coin, tout en indiquant Sam et la photo compromettante affichée sur l'écran de son téléphone.
" La région de Guymon ", en grognant dans sa barbe naissante.
" Et bien, tu vois quand tu veux ", en reprenant l'enveloppe traînant sur le comptoir et lâchant les billets. " Je te conseille d'éviter de faire le con ", l'a menacé Dean alors que Sam secouait son portable à l'autre bout du comptoir.
" Qui me dit que vous n'allez pas me balancer ? ", méfiant.
" Rien ", après une courte et théâtrale hésitation.
" Foutez-moi le camp ", en fourrant les dollars dans la poche de son pantalon de lin.
.
" Qu'est-ce qu'un mec comme Adigan est venu foutre dans ce trou à rats ? " a balancé Dean, dubitatif, tout en claquant la portière.
" Je ne sais pas ", a avoué Sam, " Soit il est acculé soit il a une idée derrière la tête ", en jetant un dernier regard à la devanture du bar.
" Bon… Reste plus qu'à espérer que Charlie pourra faire quelque chose avec ça ", tout en ouvrant l'enveloppe reprise au tenancier.
" Je la contacte directement ", en pianotant sur son téléphone.
" 300 boules le bout de pain… Bobby va en faire une jaunisse ", en retirant un sandwich sous vide de l'enveloppe.
Il l'a jeté sur le tableau de bord avant de prendre la direction d'Oklahoma.
L'état où le travail conquiert tout. (devise de l'état)
.
Le lendemain, Charlie leur donnait l'adresse d'une ancienne relation d'Adigan avec qui il avait gardé contact, si elle en croyait ses relevés téléphoniques.
Ça ne pouvait pas être une coïncidence…
Depuis, ils espèrent la voir franchir le seuil de cet immeuble, ce que d'après Bert, le concierge, elle aurait fait la veille de leur arrivée.
" Bin tiens ! ", a ronchonné Dean en roulant des yeux.
Elle lui a confié les clefs de son appartement pour que Bert puisse s'occuper de son chat, lui promettant de revenir dans les jours qui suivraient.
.
Trois jours…
" Mais qu'est-ce qu'elle fout, putain ! ", peste Dean en s'étirant tout en reluquant la photo de la relation punaisée sur le mur.
Ophélie Porter, 36 ans. Célibataire. Secrétaire médicale.
Charlie n'a pas réussi à la repérer. Porter n'a effectué aucun retrait ni paiement avec sa carte durant ces derniers jours et son nom n'apparaît nulle part. Ni hôtels, ni hôpitaux, ni polices…
Évanouie.
On frappe à la porte.
Une pizza pour deux que Dean vient poser sur la table face à la fenêtre. Il s'apprête à se rasseoir quand Sam se redresse, jumelles collées à la vitre.
" Bingo !", en les tendant à son frère.
" Mon déjeuner, merde ! ", maugrée-t-il, en abandonnant les jumelles sur la boîte à pizza.
.
Moins de deux minutes plus tard, ils franchissent à leur tour l'entrée de l'immeuble sous le regard suspicieux du concierge.
Ophélie habite l'avant-dernier étage.
" Et merde ! ", soupire Dean en empruntant l'escalier.
" Avec tout ce que tu t'es enfilé ces derniers jours, ça ne pourra pas te faire de mal ", balance Sam en le devançant.
" Va te faire foutre, Sammy ", avant de se tâter le ventre. Juste au cas où…
Arrivés devant sa porte, Sam frappe deux coups.
" Qui est là ? ", répond une voix féminine, méfiante.
" Je suis votre voisin d'en bas, madame… Vous avez perdu une enveloppe dans l'ascenseur. "
" Quoi ? ", mime Dean, effaré.
Sam hausse les épaules, dépité. C'est la première chose qui lui est passée par la tête.
Un bruit de verrou, un tour de clef et la porte s'ouvre. Sam y cale aussitôt le pied avant de lui montrer son badge.
" Bonjour… Je m'appelle Sam Winchester et voici mon frère, Dean. "
" Qu'est-ce que vous me voulez ? ", nullement impressionnée. " Vous avez deux secondes pour me répondre ou j'appelle les flics ", le menace-t-elle en sortant son téléphone.
" Faites donc ", intervient Dean. " Je suis sûr qu'ils seront ravis d'apprendre que vous fricotez avec un tueur en cavale. "
" Qu'est-ce que vous me chantez ? Vous êtes dingues, ma parole ", en tentant de repousser Sam.
" Asmodeus, ça vous dit rien ? ", rajoute Dean. " Ou Jeffrey Adigan si vous préférez ", devant son air dubitatif.
" Jeff ? Un tueur ? ", effarée, avant d'éclater de rire. " C'est bon, j'appelle la police ", s'apprêtant à joindre le geste à la parole quand Dean lui colle une affiche sous le nez par l'interstice de la porte.
Elle marque un temps d'arrêt avant de raccrocher.
" On peut parler maintenant ? ", lui demande Sam d'une voix posée, conscient du soudain désarroi de la jeune femme.
.
www
.
Depuis l'annonce de Hudson, Castiel ne cesse de faire le même cauchemar. Récurrent. De jour comme de nuit.
Il revit la mort de Gadreel et la perte de ses jambes avec un tel réalisme, une telle brutalité, qu'il lui faut à chaque fois plusieurs minutes pour prendre conscience qu'il n'est plus là-bas, qu'il n'y sera plus jamais. Que toute cette souffrance physique n'est plus, même si la douleur demeure.
Jimmy est toujours là, fidèle ombre à son chevet quand le jour se lève, ou Lemuel quand le livre tombe de ses mains.
.
Ce vendredi, quand Visyak franchit le seuil du bureau, il est déjà là. Il ne la regarde pas. Il joue avec sa balle anti-stress et se balance, imperceptiblement, sur lui-même.
Elle note la tension dans chacun de ses muscles. Elle la sent jusque dans la moindre molécule présente dans cette pièce. Elle le sent vaciller.
" Novak ", sans même penser à le saluer.
Elle se saisit du dossier, d'une des deux chaises de la pièce et la glisse à ses côtés. Elle maintient une certaine distance entre eux, tant de sécurité que de déontologie, mais elle veut qu'il la sache là. À une main tendue.
" Novak ", d'une voix douce mais ferme pour attirer l'attention de ce soldat toujours sur le qui-vive.
Il cesse de se balancer.
" J'entends encore le sifflement avant l'impact… Le bruit de l'explosion, du sable et de la roche pulvérisée, la poussière qui aveugle… Lui… Son visage et puis…et puis plus rien… Il a disparu… Un amas de boue, de chair et de sang… c'est tout ce qu'il restait ", en serrant si fort la balle dans sa main qu'il en a les phalanges blanches.
" Qui était-ce ? " ose-t-elle, la voix basse, craignant de briser l'aveu.
Il ne lui répond pas, mais relâche ses doigts en se redressant sur son assise.
" Lemuel dit qu'il me faut apprendre à exorciser mes fantômes en leur donnant vie ", lâche-t-il en fixant la fenêtre.
" C'est un sage conseil ", approuve-t-elle.
Il se terre dans le silence et son regard se vide.
" Qui était-il pour vous ? ", insiste-t-elle pour ne pas le perdre.
" Là-bas… Il était tout ", d'une voix atone. " Ici, juste un cauchemar. "
Elle laisse passer quelques secondes.
" Parlez-moi de lui ", formulant différemment sa question. " Comment s'appelle-t-il ? "
" Il s'appelait… ", après une nouvelle pause, appuyant sur l'imparfait. " Gadreel "
" Il s'appelle toujours Gadreel, qu'il soit mort n'y change rien. Son nom, ce qu'il a été pour vous, n'est pas mort avec lui ", souligne-t-elle. " Rappelez-vous de lui vivant… Gardez de lui une image positive. "
" C'était la guerre ", réplique-t-il, étouffant un rire amer.
" L'un n'empêche pas l'autre ", le reprend-elle.
Il s'accote sur son fauteuil et soupire, las. Le temps passe, elle ne le brise pas.
.
" Il adorait les enfants… Malgré leur méfiance et parfois même leur haine et celle de leurs parents, il suffisait qu'il se mette à jongler des pieds avec une boite de conserve ou qu'il lance ce fichu frisbee qui ne le quittait jamais pour qu'ils s'approchent… Un peu de pachto et d'anglais suffisaient pour se faire comprendre… Pendant quelques minutes, la guerre n'existait plus. Ni pour eux ni pour nous… Plus d'uniforme, plus de kurda, juste des rires. "
" Je suis certaine que c'est le souvenir qu'il aimerait que vous gardiez de lui. "
Il se tourne doucement vers elle, les orbes sombres, emplis d'une colère sourde avec, au fond d'eux, une étincelle d'espoir.
" Évoquez à voix haute vos cauchemars… Exorcisez vos fantômes ", l'incite-t-elle doucement, lui laissant l'espace-temps pour éluder son conseil.
Il détourne les yeux et les pose sur la balle qu'il malaxe dans sa main droite. Il garde longtemps le silence avant de se mettre à soliloquer. La voix est basse, presque un murmure.
Visyak n'est plus là. Il n'y a plus que lui et les images qui se succèdent.
.
Pour la première fois depuis son retour d'Afghanistan, il parle.
La discussion juste avant l'embuscade, les explosions, les cris, les ordres hurlés, le sifflement, la mort de Gadreel…
Des phrases courtes avec la violence de l'instant vécu.
Il suffoque, sa voix est hachée, chaque mot lui arrache un bout de tripes qui lui remonte à la gorge. Il a la nausée, mais il ne peut plus s'arrêter. Il vomit ces fichus mots comme autant de bile et de rage…
Il parle de la douleur vive, de Kevin, le toubib agenouillé devant lui, et de cette vision de charpies avant que ses jambes ne cèdent comme deux bâtons qui craquent, incapables de supporter son poids.
.
Puis le noir…
.
C'est là qu'il réalise qu'il pleure. Ces larmes ne guérissent rien, mais elles libèrent la sanie de ces plaies encore ouvertes.
Visyak se garde bien de réagir, tout comme de prendre la moindre note. Son carnet reste ouvert et son stylo posé en son mors.
.
Le dernier quart d'heure, le silence règne…
.
Les larmes sont silencieuses, reflets de celui qui les verse. Quand le sel noie ses lèvres, il s'essuie, rageur, les joues et la morve du nez du revers de son sweat-shirt. Il refuse de la regarder. Refuse de faire face à son vis-à-vis dans l'écho de la vitre.
" Aborder graduellement tous vos souvenirs, vos cauchemars et flash-back… Mettre des mots sur chacun d'eux… Les affronter et les intégrer… En parlez le plus souvent possible, toute cela vous aidera à diminuer les symptômes de reviviscence ", explique-t-elle.
Il se contente d'un léger hochement de tête. Il n'y croit pas, mais il est trop épuisé pour contester. Elle ne rajoute rien. Il n'est plus en l'état de l'entendre.
Un énorme pas a été franchi durant cette séance. En dire plus pourrait le faire hésiter à se dévoiler à l'avenir. Elle vient seulement de réussir à nouer ce lien si précieux elle ne prendra pas le risque de le briser.
.
Cette fois-ci, elle le raccompagne jusqu'à sa chambre. En sortant, elle prévient Jimmy de veiller discrètement sur lui.
Elle se rend jusqu'aux cuisines pour se prendre un café avant la séance du groupe de parole. Elle y retrouver Portia en compagnie de Sully. Quelques échanges de regards, mais rien n'est évoqué.
Secret professionnel pour l'une, respect pour un frère d'armes pour les autres.
.
Ce soir-là, Castiel ne décrochera pas le téléphone. Dean lui laisse un message sur sa boite vocale. Lui et son frère prennent la direction de la Louisiane.
Castiel lui laissera un texto une heure plus tard. Fatigué, désolé… à peine plus développé.
Il aurait voulu écrire :« Tu me manques », mais il n'en a pas eu le courage. Il a encore trop de cauchemars à panser et de sourires à réveiller pour le lui dire à nouveau.
.
www
.
Il leur a fallu des trésors de patience et de preuves affichées par Sam pour qu'Ophélie finisse par admettre que, durant ces derniers jours, elle était bien avec Jeffrey Adigan. Qu'il était bien l'homme sur les photos et sur l'affiche.
Cet Asmodeus, a-t-elle admis, anéantie, en pointant l'écran de l'ordinateur.
Jeffrey, en costume crème, et Calvin Barnes et sa redingote Windsor, photographiés à la sortie du palais de Justice de Sioux Falls.
Elle n'a de cesse de seriner durant tout leur face-à-face, tête entre les mains, que ce n'est pas possible, que ça ne peut pas être lui…
" On se connaît depuis le lycée ", incrédule. " Il est parti sur un coup de tête tenter sa chance dans le Nord… On n'a jamais perdu contact… Il y a quelques années, il m'a annoncé avoir racheté une boîte de nuit branchée de Sioux Falls… Ça lui correspondait tellement que je n'ai jamais cherché à savoir si c'était vrai… Je n'ai jamais aimé ce genre d'endroit, même plus jeune, il le savait ", rassemblant les pièces du puzzle.
" Vous êtes partis où durant ces quatre jours ? " lui demande Dean.
" En Louisiane ", avec un sourire blasé. " Il lui arrive souvent de débarquer à l'improviste… pour décompresser, comme il dit ", en roulant des yeux. " Quelle conne ! ", en rejetant la tête en arrière. " En général, il loge en ville et on se retrouve pour aller manger un bout et se raconter nos souvenirs de jeunesse… Parfois on partait sur la route deux ou trois jours… Je n'ai jamais su lui dire non ", en étouffant un rire las.
" Il ne vous a rien dit sur ce qu'il comptait faire là-bas ? ", insiste Sam.
" Il m'a dit aller voir un ami qui tenait lui aussi une boîte à Monroe… Je n'en sais pas plus… Je suis partie tôt ce matin ", en baissant le menton.
" Vous n'aviez pas de raison de vous méfier de lui ", la rassure Sam, appuyé d'un sourire compatissant.
" Dire qu'il me mène en bateau depuis toutes ces années ", les larmes aux yeux. " Quelle idiote, je suis. "
Dean la laisse se reprendre, passant d'elle à son frère. Attendant que ce dernier opine.
" Ophélie ", lui a-t-il alors demandé. " Vous pourriez nous donner l'adresse du lieu où vous avez logé ? "
Elle a mis quelques secondes à réagir, pesant les conséquences qu'une telle décision allait avoir sur l'avenir de cet homme qu'elle pensait aimer. Puis, tout en inspirant profondément, elle sort son téléphone, scellant son sort par ce simple geste.
" J'ai utilisé le GPS de mon téléphone pour rentrer ", en le fouillant avant de le tendre à Sam. " C'est l'adresse du motel ", d'une voix lasse.
" Merci ", répond le cadet sous le regard posé de son frère.
.
S'ensuit une courte de pause durant laquelle Sam envoie le tout à Charlie avec un mot « garde un œil sur Ophelia Porter ».
L'amour, même trahi et à sens unique, demeure ce qu'il est…
" Je suis désolé ", s'excuse Sam.
Désolé d'avoir balayé près de 20 ans de sa vie en moins de 20 minutes. Cœur y compris.
C'est une Ophélie dévastée et figée sur son canapé que les deux frères laissent derrière eux.
Ils n'ont pas refermé la porte que cette dernière reprend un visage impassible. Elle se positionne à sa fenêtre. Veillant à ne pas se faire voir, elle s'assure qu'ils quittent bien l'immeuble avant de se saisir de son sac et d'en sortir un deuxième téléphone, pré-payé celui-ci.
Tout en tapant un numéro, elle ouvre le buffet…
La sonnerie retentit une première fois. Elle prend un verre et la bouteille de scotch d'une main.
Elle raccroche et rappelle. Ouvre la bouteille des dents et recrache le bouchon sur le buffet avant de se servir un doigt d'alcool.
" Asmo' ? ", au déclic.
" Salut, ma belle ", de sa voix enjôleuse.
" J'ai eu de la visite… Deux chasseurs de prime… Winchester. "
" Je vois ", soucieux.
" Tu ne veux toujours rien me dire ? ", devant son silence.
" Moins tu en sauras, mieux ça sera. "
" Tu me l'avais encore jamais faite, celle-là ", petit rire moqueur avant de boire une gorgée.
Elle le sent hésiter.
" Tu leur as dit quoi ? ", suspicieux.
" La vérité… J'ai juste omis quelques détails ", d'un ton satisfait.
" Débarrasse-toi du téléphone et silence radio ", lui ordonne-t-il.
" Toujours un plaisir de travailler pour toi ", en grimaçant, dépitée par le ton de sa voix.
Il lui raccroche au nez elle en rit. Vingt ans qu'ils se connaissent, vingt ans que ça dure. Elle ne leur a pas menti à ces deux chasseurs. Pas tout à fait, du moins.
Elle s'assied et se met à fouiller son sac, tout en vidant son verre cul sec de l'autre main et sort une enveloppe.
Celle-ci ne contient pas de sandwich, elle… mais plusieurs billets de 100 dollars…
.
Pendant ce temps, l'Impala prend la direction de la Louisiane tandis que Charlie lance un traceur sur les vidéosurveillances des réseaux de transport du nord de l'état. Ville par ville en commençant par Monroe.
En attendant, elle s'est penchée sur celles de Guymon. Rien ne prouvant qu'Adigan et Ophélie sont bien partis ensemble.
" Bonne comédienne et jolie en plus de ça ", note Dean en empruntant la I-20E.
" Reste à démêler le vrai du faux ", en pianotant sur son ordinateur. " En espérant qu'il y ait une part de vrai ", souligne-t-il.
" Pour ça, faisons confiance à notre geek favorite ", appuyé d'un clin d'œil.
.
www
.
La nuit est calme. La fatigue est là mais Castiel a beau fermer les yeux, il n'arrive à pas trouver le sommeil.
Il fixe le plafond, mains sur son torse nu, ses doigts jouant avec les cicatrices de son bas ventre.
Il s'égare dans ses souvenirs.
.
Gadreel se tient droit au milieu de la cour d'école aux murs éventrés. Il a le sourire, le casque visé sur la tête, les mains plantées sur ses hanches à hauteur de ceinturon.
Une bande de gamins, dont le plus jeune ne doit pas dépasser 5 ans, courent derrière le frisbee noir et rouge qu'il vient de lancer et tentent de le saisir au vol.
Le disque les nargue avant de reprendre le chemin de son propriétaire. Gadreel, trois pas en arrière, le rattrape puis, après un court échange de regards, le tend à un gamin à qui il manque la moitié du visage. Cadeau russe d'une guerre que ce gosse n'a même pas connue. Une mine antipersonnel qui a tué son frère et marqué sa chair.
Et pourtant il rit, innocent, avec son frisbee dans les mains. Un cercle s'est formé autour de lui alors que Gadreel lui apprend à manier le disque-volant. Ses camarades se moquent gentiment de lui, l'encouragent tout autant.
Gadreel accompagne son geste sous les yeux méfiants des adultes et le sourire triste des mères cachées derrière leur voile coloré, tombant lâche sur leurs épaules. Les adultes se tiennent pourtant tous un peu à l'écart. Le bonheur même éphémère de leur enfant le vaut bien.
Novak est assis en compagnie de Ion sur les marches de l'entrée. Un moment de paix. Précieux.
Et sous leurs yeux, la raison de leur présence ici qui hurle en se remettant à courir après le frisbee.
Gadreel se tourne vers eux. Le petit garçon est resté près de lui, une grimace de sourire sur son visage déchiré, le bras du soldat lui entourant les épaules. Protecteur.
Il aimait les enfants. Il espérait en avoir avec Élise avant qu'elle ne le quitte, de guerre lasse.
.
" Gadreel ", lâche-t-il avant de fermer les yeux.
Il est près de deux heures du matin.
.
Il n'est pas le seul que le sommeil a eu du mal à emporter.
Dans le salon, Cesar s'est endormi devant la télévision. Sully lutte encore à sa droite. Il n'a pas encore réussi à mettre des mots sur ses propres cauchemars.
.
Fin de chapitre XIV
.
En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain si le coeur vous en dit ( et si fanfic ne fait plus des siennes).
.
Love you
