Re-bonjour tout le monde,

Voici le suite en réparation et c'est Ginny.

Je déteste Ginny, j'adore Ginny, j'adore détester Ginny.

Ginny est une princesse capricieuse. Étant la seule fille et en plus la dernière de sa fratrie, elle est indépendante mais elle a aussi l'habitude qu'on la regarde. Pour être tout à fait honnête, Ginny me fait penser à ma sœur : je l'aime parce que je ne peux pas faire autrement (et qu'elle me touche jusqu'au fond de mon cœur) mais tout, absolument tout, ce qu'elle fait m'énerve !

Je dois avouer qu'au début je la trouvais plutôt anecdotique : Ron a une sœur, c'est une demoiselle en détresse, tant mieux pour elle. Je l'aime mieux quand elle se bat, et là, elle envoie du lourd !

Mais pour moi, Harry et Ginny ne vont pas ensemble. Leur relation est fraternelle. Ginny veut un héros, Harry passe son temps à ne pas vouloir en être un, Ginny veut de la passion, de l'action, Harry en a assez vécu pour une vie à l'âge de 17 ans (au point qu'il veuille mourir pour tout arrêter).

Ginny est une guerrière et je l'aime pour ça. Mais elle est, du coup, incapable d'avoir une vie bien rangée. Pourtant, elle est touchante et attachante parce qu'elle aime ses frères, ses parents et ses amis très profondément.

Bon, en résumé, je m'inspire de ma sœur pour essayer de vous donner une Ginny passionnée et passionnante (et plutôt exaspérante). C'est personnage auquel je ne m'identifie pas du tout et avec lequel je ne pourrais pas être amie mais que j'adore faire évoluer (et torturer un peu, parce que qui aime bien châtie bien).

Des bises baveuses (dans le contexte actuel, c'est important)

Nictocris


- Evaporeto, lança Ginny sur son amant.

Neil se tenait le bras en maugréant.

- Peux-tu être plus douce parfois ?, lui demanda-t-il tout bas.

Ils étaient tous les deux au fond du jardin. Ginny l'avait capturé alors qu'il buvait son whisky avec Ron et Rolf, emmené sous le couvert des arbres en attrapant une bouteille d'eau glacée sur le chemin et la lui avait versée entièrement sur la tête.

- Tu as de la chance que je te sèche, grinça-t-elle. Je t'avais dit de faire attention. Il est hors de question que je doive te sortir comme à la soirée de Noël de ton bureau.

Cette histoire datait de quatre ans mais Ginny, toujours un peu rancunière, la lui rappelait à l'occasion. Lors d'une soirée de Noël au cabinet de Neil, la première où elle était invitée, il avait beaucoup bu. Il faut dire qu'il avait pas mal de choses à fêter : il venait de boucler en fanfare une très grosse affaire grâce à laquelle il accédait enfin à une promotion avec un bureau, une secrétaire et des affaires plus intéressantes à traiter. Ils sortaient ensemble depuis huit mois et ils avaient planifié une rencontre avec les parents pour le début de l'année. Ginny avait même appris plus tard qu'il était un peu stressé car il voulait lui demander de vivre chez lui. Bref, il était heureux, il avait trop bu, et quand un de ses collègues lui avait demandé avec tact ce qu'il faisait pour se taper une aussi jolie souris, il avait fanfaronné grassement sur les femmes et leur désirs secrets, le tout en appuyant fortement ses propos de clins d'œil (Ginny était formelle sur ce point). La gifle qu'elle lui avait donnée résonna longtemps dans la tête de Neil. Elle l'avait ramené chez lui fissa, l'avait mis sous la douche tout habillé et ne lui avait pas adressé la parole pendant plus de vingt-quatre heures.

Neil se passa la main dans les cheveux pour les recoiffer sommairement après le traitement que Ginny leur avait infligé. Il passa un bras autour de la taille de Ginny et déposa un baiser sur sa clavicule.

- Si tu m'en reparles, c'est que je devrais refaire des excuses appropriées, lui chuchota-t-il au creux de son oreille.

De là où il était, il ne vit que son cou rougir rapidement.

- L'idée m'est passée par la tête ce matin, je pense que si nous disparaissons un peu, personne ne remarquera notre absence, continua-t-il. En plus, nous avons vraiment quelque chose à fêter.

Ginny s'appuya contre lui.

- Je te promets de fêter ça dignement si tu te maîtrises un peu aujourd'hui, lui répondit-elle avec un sourire ardent.

Ils retournèrent à la fête enlacés comme les jeunes amoureux qu'ils étaient toujours. En les voyant ainsi, Molly fronça les sourcils en direction de sa fille. Elle connaissait suffisamment le couple pour savoir que ce genre de comportement suivait une dispute.

- Je croyais que c'était réglé depuis longtemps, cette histoire.

Ginny ne comprit pas immédiatement les propos de sa mère.

- Le logement ? Mais c'est réglé, maman. Mais s'il boit trop, il ne va pas décoller du bar et je vais me retrouver entre Diane et les enfants : ce ne sera pas très réjouissant.

- Boire, c'est le but d'une fête, ma sœur chérie.

George se percha sur les épaules de Ginny et Neil.

- Salut, maman. Joëlle me fait demander si tu as besoin de laine ou de tissu en ce moment. Elle part trois jours en Irlande avec son mari, et elle me disait que tu aurais peut-être besoin de quelque chose.

- Je passerai au magasin et je verrai avec elle lundi, répondit Molly.

- Au fait, Ginny, est-ce que tu as vu la nouvelle copine de Charlie ?

Ginny secoua la tête. Charlie changeait de copine assez souvent et Ginny avait décidé de ne retenir les noms que de celles qu'elle voyait deux Noël de suite. Il n'y en avait qu'une qui avait réalisé ce miracle quelques années auparavant : Aude, une jeune femme artiste peintre que Charlie avait larguée après trois Noël. Molly en parlait encore.

George les fit tourner pour qu'ils puissent découvrir la nouvelle. Charlie était en train de servir un verre à une jeune femme perchée sur des immenses talons. Elle portait des résilles noires sur une paire de collants rose fuchsia, une mini jupe en jean, un top noir qui laissait voir la moitié de son dos mais, ce qui interpella le plus Ginny, ce fut ses cheveux roses d'un côté et bleus de l'autre.

- Et vous n'avez pas vu le meilleur, nargua George en partant.

Molly murmura derrière elle :

- Encore une. Malgré le look, elle n'a pas l'air tatouée comme la précédente.

Ginny avait remarqué qu'aujourd'hui sa mère acceptait sans trop de difficulté les compagnons de ses enfants. Elle avait à peine tiqué lorsque Ginny lui avait présenté Neil de quatorze ans son cadet. Mais Molly avait beaucoup de mal avec les piercings et les tatouages. La dernière conquête de Charlie était tatouée jusque dans le cou et sur les mains et avait beaucoup de piercings sur le visage. De dos, la Nouvelle semblait vierge d'encre.

- On y va, lui demanda Neil en riant. Allons découvrir la Nouvelle. Deux bièraubeurres, réclama-t-il en s'approchant du groupe.

- Des bièraubeurres, tu te lâches, rit Charlie en le voyant.

- Ma très chère et très douce petite-amie m'a convaincu d'être raisonnable, dit-il avec un clin d'œil.

- Je vous présente Yseult, elle est Moldue, soyez sages, les gars.

Depuis un incident avec des pâtisseries farceuses avec George, Charlie précisait toujours si ses compagnes avaient des pouvoirs pour se défendre ou non.

La jeune femme se tourna, un grand sourire aux lèvres. Ginny ne s'attendait plus à rien après la réflexion de son frère. Yseult semblait plus jeune que Neil, elle avait la bouche peinte d'un noir profond et quand elle souriait, la blancheur de ses dents occultait le reste de son visage. Comme ses cheveux, elle avait maquillé ses yeux en rose d'un côté et en bleu de l'autre. Il n'y avait pas de trace de piercing, ni de tatouage sur son visage. En revanche, elle portait des boucles d'oreilles pendantes avec des os au bout, une dizaine de colliers avec des clous et des crânes miniatures et de fins bracelets autour de ses poignets qui cliquetaient à chacun de ses mouvements.

Yseult prit les mains de Ginny dans les siennes et lui claqua une bise sur chaque joue. Ginny se tendit : elle aurait préféré seulement lui serrer la main.

- Enchantée, vous devez être Gin', la sœur de Cha ! Vous êtes une vraie célébrité. Cha m'a dit que vous aviez enfin eu le poste d'entraîneur que vous réclamiez depuis longtemps à Quiberon. C'est merveilleux pour une femme comme vous !

Ginny se crispa. Yseult ne la lâchait pas.

- Nous sommes allés voir un match la semaine dernière, Bulgarie-Ukraine, précisa Charlie. Les matches de poules pour la coupe d'Europe sont toujours sympas.

- Gin' c'est super, Cha invite ses copines aux matches européens pour vanter tes mérites, s'amusa Neil.

Ginny se tourna vers Neil pour lui lancer un regard noir. Yseult ne sembla rien remarquer et continua, toujours aussi enthousiaste en serrant les mains de Ginny dans les siennes :

- Le Quidditch est un sport vraiment fascinant. Je trouve ça génial que tu te sois trouvé une équipe à la hauteur de ton talent.

- C'est vrai que la France ne me fait de l'œil qu'à cause de mon talent. Les dix ans de compétition et les résultats de mon équipe au championnat du Royaume-Uni n'ont à aucun moment pesé dans la balance, grinça Ginny.

Yseult blanchit : Ginny avait frappé fort. Charlie se rapprocha de sa copine et répondit sèchement à sa sœur :

- Personne n'a jamais sous-estimé le travail que tu as investi pour gagner cette place ou une autre.

Neil attrapa Ginny pour la tourner vers lui. Il regarda Charlie, l'air navré, et s'excusa rapidement :

- C'est de ma faute, je fais l'idiot depuis ce matin. Je l'ai mise de mauvaise humeur.

Il l'entraîna avec lui. Ginny fulminait.

- Tu n'as pas à trouver une excuse bidon lorsqu'une pimbêche dénigre vingt ans de travail acharné ! Elle couche avec lui parce qu'il est cool, qu'il lui passe tous ses caprices et qu'il lui paie des voyages dans tous les pays du monde mais elle le lâchera dès que ça deviendra plus sérieux ou qu'il se retrouvera sur la paille !

Neil éclata de rire en écoutant la tirade de Ginny.

- Tu te souviens qu'il n'y a pas si longtemps, on disait la même chose de moi et que mon cousin a développé une peur irrationnelle des chauves-souris à cause de toi !

- Ça n'a rien à voir. Tu ne te retrouveras pas sur la paille.

Neil rit devant la mauvaise foi de sa compagne et l'attira contre lui.

- C'est vrai qu'entre nous, ce ne serait jamais sérieux, ajouta-t-il contre ses lèvres.