Chapitre 13 (Hermione)
Il ne me faut pas plus de quelques secondes pour m'effondrer au milieu de mon salon. Le bruit de mon apparition soudaine réveille Neville. Je l'entends bouger en haut. Je n'arrive pas à retenir les sanglots qui viennent enserrer ma gorge et le son l'interpelle. En quelques secondes, il est en bas baguette tendue. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que le seul danger présent dans la pièce est le bouleversement sentimental que je suis en train de vivre.
— Eh ça va aller, m'assure-t-il en m'encerclant de ses deux bras forts.
3 octobre
— H ?
Je marmonne dans ma tasse de thé.
— H ? réitère la voix.
— Quoi ? Ai-je craché.
Je lève les yeux et croise le regard mi-choqué mi-amusé de Neville. La honte couvre mon visage d'une jolie rougeur.
— Calme-toi grizzli, j'ai besoin de te parler quand tu seras un peu plus réveillée.
— J'ai un rendez-vous à Seattle avec mon maître de potion, si tu veux tu peux me rejoindre après et on parlera autour d'une bière au beurre, qu'en dis-tu ?
— Ton rendez-vous est à quelle heure ?
— 9h. Je pense qu'on aura fini vers 11h.
— Ok. Et bien je te laisse te réveiller tranquillement alors… ricane-t-il en quittant la pièce.
Un peu plus loin je l'entends marmonner. Je ne pense pas qu'il soit conscient que je puisse l'entendre. Involontairement, je capte ses mots.
« Qui aurait cru qu'Hermione Granger n'est pas une personne du matin. C'est une première. Dire qu'autrefois elle courrait partout dans le château dès les premières lueurs de la journée. »
Un rictus se dessine sur mon visage. Je bois une gorgée de thé et me plonge dans mes pensées.
« Neville a raison. Il est nouveau pour moi d'agir de cette manière. Je suis plutôt quelqu'un qui démarre sur les chapeaux de roue. Néanmoins avec le peu de sommeil que j'arrive à accumuler en ce moment, il est évident que mon caractère s'en trouve modifié. »
Depuis a fin de la guerre mes nuits sont hantées par mes souvenirs, et parfois même de cauchemars surréalistes que mes peurs et mes angoisses embrasent à foison. Le peu de temps où Jacob était avec moi à Poudlard mes nuits avaient retrouvés leur calme d'antan. C'est comme un catalyseur à mauvais rêves… Sauf qu'aujourd'hui, Jacob n'est pas à mes côtés la nuit.
— Monsieur Bean, dis-je en entrant dans le bureau sombre du maître de potion.
— Mademoiselle Granger. Prenez place je vous prie. Sachez en premier temps que je n'ai pas pris d'apprenti depuis des décennies. Mes exigences sont élevées. J'attends de vous le meilleur. Dans un second temps, j'aimerai vous dire que votre lien avec Severus Rogue n'aura aucun effet sur mon avis quant à vos compétences. Je ne crois que ce que je vois. Vous aurez donc une période d'essai de deux mois à compter d'aujourd'hui. Si je considère que vous n'avez pas les épaules, l'ambition et le savoir pour être mon apprenti, cet apprentissage prendra fin. Et rien ne pourra me convaincre du contraire. Suis-je clair miss Granger ?
— Limpide monsieur, dis-je avec rigueur.
Mon cœur palpite et mon cerveau bouillonne. John Bean est le maître de potion le plus réputé des États-Unis. Pendant plusieurs années, personne ne réussit à l'égaler. Mais ce fut avant que l'un de ses apprentis gagne en puissance et en savoir. Sous les conseils d'Albus Dumbledore, John Bean avait fait une courte escale en Angleterre pour rencontrer Severus Rogue. Impressionné par son savoir et ses prouesses techniques, le maître de potion avait pris sous sa tutelle le serpentard. Le jeune homme avait surpassé toutes ses exigences et a été jusqu'à ce jour son dernier apprenti. Quand j'avais parlé avec Minerva dans le bureau directorial de mon avenir, les deux anciens directeurs s'étaient entendu pour que je contacte le maître de potion. Sceptique, j'avais malgré tout écrit une lettre en expliquant mon parcours et ma discussion avec les deux anciens directeurs. Après trois semaines sans réponse, j'avais abandonné tout espoir d'un retour de la part de monsieur Bean. Mais il faut croire qu'il faut continuer à croire en l'espoir.
Il est un peu plus de onze heure quand je quitte le bureau de mon maître. Mes mains sont déjà surchargées de travail. Pour la première fois depuis de très longs mois, j'ai l'impression que je trouve enfin ma place. Le soleil positionné quasiment à son zénith vient réchauffer lentement mon visage. Nous sommes loin des températures estivales, néanmoins sentir les rayons de soleil sur ma peau m'apaise. Je pourrais me perdre dans cette étreinte dorée si Neville ne m'attend pas à quelques pas de là.
— Deux bières au beurre, ai-je commandé auprès du serveur.
Installés à l'un des tables du bistrot magique situés dans l'une des ruelles de Seattle, je pressens que la conversation avec Neville va être plus tendue que je ne le pensais ce matin. Je vois qu'il est plus nerveux qu'usuellement. Je tente d'apaiser l'ambiance en parlant rapidement de mon entretien avec mon maître d'apprentissage, mais Neville semble insensible à la conversation. Ses réponses sont un roulement entre grognement, « OK » et « cool ». Je finis par rouler des yeux, exaspérée par le comportement de mon ami.
— Neville, est-ce que tu comptes me dire ce qui se passe ?
Je vois le peu de couleur présent sur son visage se volatiliser. Je grogne. Est-ce si mauvais ?
— Écoute, on a affronté Voldemort. Je pense que ça ne peut pas être pire, si ? Sauf si tu viens m'annoncer qu'il est de nouveau revenu d'entre les morts… dis-je sarcastiquement.
— Est-ce que tu crois aux âmes sœurs ? Me demande-t-il brusquement.
— Est-ce que tu parles du mythe grecque de l'androgyne, dans lequel il est dit qu'à l'origine les humains avaient une tête à deux faces, quatre bras et quatre jambes ?
— Dans un sens ça y ressemble…
Je plisse des yeux et me gratte l'arrière de la tête. Je suis un peu surprise par la tournure de cette conversation. Je décide de laisser Neville continuer la conversation, ne sachant pas réellement où tout cela nous mène.
— Dans le monde sorcier, le concept d'âme sœur n'est pas un mythe. Il existe quelque part sur cette terre quelqu'un capable de nous aimer, de nous comprendre au premier regard. Tu m'as dis que Jacob s'était imprégné de toi, que tu étais devenue la personne qui l'ancrait dans ce monde. Si je devais le retranscrire au monde sorcier, je dirai que tu es son âme sœur. En d'autres termes, son noyau magique s'est lié à ton noyau. Ils sont maintenant indissociables l'un de l'autre.
Absorbée par les paroles du Griffondor, mon cerveau démarre au quart de tour pour enregistrer et comprendre toutes ces nouvelles données. Je suis sceptique. Élevée par des moldus, j'ai du mal à croire que nous avons des âmes sœurs. Si je suis l'âme sœur de Jacob, alors est-il également mon âme sœur ? N'est-il pas nécessaire que ce soit un lien bilatéral ? Quel impact ce lien a-t-il sur nous ?
— Neville… ai-je commencé prudemment. Comment sait-on si nous sommes l'âme sœur de quelqu'un ? Suis-je l'âme sœur de Jacob ? As-tu trouvé ton âme sœur ? Quels sont les conséquences d'un tel lien ? Lui demandé-je ma curiosité et ma soif de savoir prenant le dessus.
Neville se met à rigoler devant moi. Je fronce des sourcils ne comprenant pas pourquoi mon ami ricane. Qu'y a-t-il de drôle dans tout ça ?
— Ça fait plaisir de voir que la miss-je-sais-tout de Griffondor est encore là, me taquine-t-il.
En réponse, je grogne et le fusille de mon regard le plus noir.
— Même pas peur, laisse-t-il échapper. Pour répondre à tes questions, un tel lien est forcément à double sens. Cependant, il arrive parfois que l'une des parties ressentent moins le lien… tout du moins dans l'immédiat car l'attraction s'activera à un moment donné. Quand un sorcier trouve son âme sœur, son noyau magique se dérègle et devient instable pendant plusieurs mois. Cet instabilité s'explique par l'ajustement que réalise le noyau pour se synchroniser avec le noyau de son compagnon. Je n'ai jamais entendu d'histoire sur des âmes sœurs qui ne s'acceptent pas… alors je ne sais pas quelles conséquences cela peut produire si tu viens à refuser ton lien avec Jacob, déclare-t-il avec sérieux.
Neville prend une longue gorgée de bière au beurre puis dépose la chope vide sur la table. Il inspire un grand coup et me fixe avec tout le courage dont il est capable. Mon souffle se bloque dans ma poitrine.
— Hermione, j'ai trouvé mon âme sœur. Je pense qu'une partie de toi c'est de qui je parle… Leah, la louve de la meute. Je sais qu'elle a senti le lien tout autant que moi. Je ne sais pas pourquoi elle a fui mais je serai me monter patient. Hermione… tu as peut-être l'impression que tu ne pourras jamais donner ton cœur à Jacob parce qu'il appartient à Ronald, mais si tu te penches sur les faits, tes réactions, tes attentes envers le loup tu te rendras compte que c'est une relation plus profonde, plus pure… plus égale.
— Neville, le prévins-je en grinçant des dents.
— Non, tu dois écouter. Ca fait plusieurs mois que tu as rencontré Jacob et qu'il s'est imprimé de toi. Si tu n'acceptes pas votre lien, ton noyau magique n'arrivera jamais à se synchroniser au sien. Tu es forte. Bien plus forte que tu ne le penses. Je ne te dis pas que tu dois oublier Ron, mais tu peux t'accorder le droit d'être heureuse. Laisse le t'aimer, laisse le toucher ton âme, tu verras que…
— Stop ! Ai-je hurlé.
Je me lève précipitamment de ma chaise. Mes hanches rencontrent le bord de la table et je fais tomber la chope de bière qui se renverse, son contenu coulant sur le sol. Je m'éloigne le plus possible de Neville et sors de l'établissement sans un regard vers mon ami.
25 octobre
Trois semaines se sont écoulées. Je n'ai pas adressé la parole à Neville depuis notre sortie. A la place, je me suis jetée corps et âme dans l'étude de mon apprentissage en potion. Monsieur Bean et moi-même communiquons par cheminette. Son atelier est relié à la cheminée de mon salon. A ce jour, je ne sais pas encore si j'ai fait mes preuves. Si l'on disait de Severus Rogue qu'il était insondable, c'est que le locuteur n'avait pas eu à faire face à mon maître de potions. Je ne rechigne pas devant l'ampleur de la tâche qui m'est donnée. Cela n'a jamais été dans mon tempérament et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer.
Il est un peu plus de sept heure du matin et je suis déjà au-dessus de mon chaudron. Mes cheveux collent à mon front dégoulinant de sueur. Je passe mon avant-bras dessus pour « l'éponger » un minimum. L'air dans mon bureau est chargé de vapeur. Les trois chaudrons sur lesquels je travaille créent une atmosphère totalement différente à la pièce. Un léger charme me permet d'aérer la pièce régulièrement et de protéger le matériel alentour pour que les vapeurs ne les détériorent pas. Ma potion prends un aspect vert gluant me permettant d'éteindre le feu et de la mettre en état de stase d'un coup de baguette. Je recule de deux pas et soupire. Je finis par m'écrouler sur le canapé au coin de la pièce. J'ai envie d'une bonne douche… j'ai la sensation que je suis tombée dans l'un de mes chaudrons tellement je me sens poisseuse. Je m'étire un grand coup, me faisant craquer la nuque.
Sous la douche, je ne peux m'empêcher de repenser à ces trois dernières semaines. Bien que je n'ai pas reparlé à Neville, le Griffondor est toujours près de moi, guettant la moindre attaque comme lui a demandé mon meilleur ami. Quand bien même je ne parle pas avec mon ami, j'ai appris que le jeune sorcier a fait le premier pas vers Leah. Les informations me sont directement venus de Jacob avec qui j'ai beaucoup parlé par téléphone. Pendant deux semaines j'ai refusé de revoir Jacob en face à face. Si le loup ne comprit pas ma réaction dans un premier temps il n'en laissa rien voir. J'avais cependant une excuse imparable : mes cours et l'essai de deux mois uniquement que je ne devais pas louper. Jacob me laissa du temps et je ne pus m'empêcher de trouver ça adorable. Une semaine passa et je me retrouvais à culpabiliser d'agir ainsi. Jacob n'avait rien fait et avant que je ne parle avec Neville, tout allait bien. Puis quand la culpabilité de mépriser Jacob de cette manière m'envahissait, je culpabilisais de mettre Ronald si facilement de côté. Alors pendant encore une semaine j'ai évité de me retrouver en face du loup.
Quelle stupidité !
Il a fallu un hurleur de Ginny pour me remettre les pendules à l'heure. Autant le dire que je fus contente d'être enfermée « seule » chez moi quand l'enveloppe rouge est arrivée, il y a de ça quatre jour. J'étais penchée au-dessus de ma préparation d'armentortia quand le grand duc de Ginny vint frapper à ma fenêtre. Au début surprise, je n'ai pas vu la lettre jusqu'à ce que l'oiseau de malheur entre dans la pièce, faisant tomber une partie des ingrédients de potions posées sur l'une de mes étagères. La lettre s'ouvre alors et mon sang quitte mon visage alors que le hurlement des femmes Weasley retentit.
« HERMIONE GRANGER ! ETES VOUS DEVENU STUPIDE ? MA MEILLEURE AMIE S'EST ELLE TRANSFORMEE EN VERACRASSE !? TU VAS PRENDRE TON COURAGE DE GRIFFONDOR ET ALLER LE VOIR ! Hum… Hermione, tu es ma meilleure amie et crois que si j'avais pu te donner un coup de pied au cul pour ton comportement débile je le ferais, mais chance à toi que je sois occupée par l'entrainement ! Bouge toi ! Ne reste pas accrochée au passé. Je t'ai vu pleurer trop de fois pour la perte de mon frère ! Ce n'est pas de le trahir que d'être heureuse auprès de ton loup. Tu mérites d'être aimé, alors laisse le te chérir. Parle lui de Ronald si besoin, il comprendra et attendra à tes côtés que ton cœur arrête de saigner. Et ce jour là, il t'accueillera les bras grand ouvert et tu rayonneras d'amour pour lui également. Trouver son âme sœur est le plus beau cadeau qu'y nous soit donné par l'univers. ALORS ARRETE DE FAIRE TON TROLL ET BOUGE TOI LE CUL !
Blanc de plusieurs secondes
Hummm je t'aime.. et Harry te passe le bonjour. »
Comment ne pas prendre son courage à deux mains après une telle lettre ? Comment ne pas se sentir aimée ? Soutenue ? Je ne remercierai jamais assez Ginny d'être présente pour moi. La dernière des Weasley et son tempérament de feu aura été mon salut pour retrouver la voie de la raison. Ce jour-là, après avoir pleuré pendant plus d'une heure j'ai finalement pris mon courage et ai transplané chez Jacob sans même l'avoir prévenu de mon arrivée. Le loup venait de se réveiller après sa ronde nocturne et avait encore du mal à imprimer que je me trouvais en face de lui. Enfin, jusqu'à ce que je me jette dans ses bras et me remette à pleurer. Je me souviens avoir articuler des excuses incohérentes entre plusieurs sanglots.
Quelle stupidité vraiment !
Je nous avais fait souffrir inutilement. J'en avais déjà conscience sans avoir vu Jacob, mais après avoir passé plusieurs minutes dans ces bras pour reprendre mes esprits, j'en avais une parfaite certitude. Je fus également lucide de la douleur qui s'était logée en moi sans que j'en ai la connaissance. C'était comme une vibration continue qui s'étire dans tous les sens à la recherche d'un point d'encrage. Ce jour-là, je restais collée à Jacob pendant plusieurs heures. Malgré tout, la miss-je-sais-tout que je suis ne pouvais oublier son travail. Tiraillée entre mon envie d'être avec Jacob et continuer mes potions pour prouver que je suis l'apprentie digne de confiance qu'il faut à mon maître de potions, j'ai alors proposé à Jacob de venir avec moi à la maison. Le loup découvrit alors pour la première fois mon univers. Cependant mon laboratoire de potion ne plus pas forcément à son odorat de loup. Il se mit à éternuer en continue me provocant une hilarité incontrôlable. Ça ne m'était pas arrivée depuis de nombreux jours. Un charme sur Jacob lui permit de rester dans la pièce avec moi. Sans un mot, il resta jusqu'à tard dans la journée, me regardant faire du canapé. Jamais il ne se plaignit. Jamais !
Quelle stupidité d'avoir attendu plus de deux semaines pour le revoir !
Quelle stupidité !
Je sors de ma douche requinquée. En bras, dans la cuisine, j'entends Neville entamer la cuisson du petit-déjeuner. Je me pince la lèvre inférieure. Je dois m'excuser auprès de lui. Je n'ai pas vraiment été très amicale avec lui… et puis j'ai envie d'en savoir plus sur l'avancement de sa relation avec Leah… surtout après avoir quelques brides d'informations de la part de Jacob ! Je prends mon courage à deux mains et descends les quelques marches qui me séparent du rez-de-chaussée. Quand je rentre dans la cuisine, Neville est de dos. Il ne me voit pas et ne m'a pas entendu. Occupé à réaliser des œufs pochés avec des pains anglais, je décide de me positionner à côté de lui et de faire chauffer l'eau pour notre thé du matin. Il laisse échapper un salut après m'avoir vu auquel je réponds avec l'appui d'un sourire. Interloqué, Neville suspend sa main dans les airs, la spatule à plusieurs centimètres au-dessus de la poêle.
— Terminons de préparer le petit-déjeuner et nous pourrons parler, lui ai-je dit avec tout le calme dont je dispose.
Quelques minutes après, nous nous installons à la table de la cuisine et j'ai comme un air de déjà vu. Neville ne dit pas un mot. Il est assis en face de moi et joue avec sa cuillère. J'inspire un grand coup et laisse sortir le mot, la phrase, le discours qui me brûle les lèvres depuis plusieurs minutes, heures, jours.
— Je suis désolée. Mon comportement avec toi est impardonnable. Je me suis comportée comme une véritable garce…
— Quoi ?! Mais non Hermione je, me coupe t il la parole mais je ne le laisse pas aller plus loin.
— Non Neville. Écoute tu avais raison. Je n'ai pas voulu écouter ce que tu avais à me dire à propos de Jacob et de Ron. Tu as raison. Je vis dans le passé, mais Ron n'est plus là. Mon âme appartient à Jacob et son âme m'appartient. Pourtant ces derniers temps je l'ai traité comme s'il n'était rien pour moi. Et toi aussi... j'ai agi avec toi de manière irrespectueuse. Alors que tu t'es montré digne d'un ami je ne t'ai pas rendu l'appareil et je m'en excuse.
Neville soupire. Il me tend sa main au-dessus de la table. Je l'attrape et la serre. Il serre les lèvres et plante ses yeux droit dans les miens.
— Je te pardonne, assure-t-il. Je te pardonne Hermione alors ne culpabilise pas. La vie est trop courte pour que nous nous chamaillons pour des choses, si je puis dire, futiles. Tu as trouvé ton âme sœur. Laisse le t'aime et laisse toi le droit de l'aimer en retour. Chéri-le de tout ton être. Et tu verras que les cicatrices que tu pensais béantes ne sont en réalité que de fines lignes blanches qui s'amenuisent avec le temps.
— Merci. Merci d'être là Neville.
Je me sens calme et sereine. Je retrouve Neville et son amitié. Ma culpabilité est loin derrière moi. Je me penche sur ma tasse de thé tout en souriant. Neville termine son repas et se lève d'un bond. Je fronce des sourcils, surprise par son comportement.
— Un rendez-vous avec une certaine louve ? Lui ai-je demandé alors qu'il s'apprête à courir sous la douche.
Un grand blanc s'installe et j'éclate de rire à la tête de Neville. Le jeune Londubat est en « stand by » sous le pourtour de la porte. Son visage s'est coloré d'une légère couleur rosée et ses yeux sont écarquillés par l'étonnement.
— Alors, la louve ne t'a pas arraché les entrailles ? Comment a-t-elle réagi quand tu es allé la voir ?
Je me lève et parcours la distance qui nous sépare. Je rigole en voyant mon ami perdre un peu de sa couleur. Il faut dire que quand ma curiosité me prend, je peux faire aussi peur que Ginny Weasley !
— Il me semble que tu as un avantage. Tu sais qu'après le hurleur de Gin… d'ailleurs je ne te remercie pas pour ça…. Je suis allée voir Jacob. Et j'ai eu quelques informations sur ta discussion avec Leah. Maissssss, chanté-je, je voudrais les entendre de la bouche de mon ami, ai-je déclaré avec sincérité et bienveillance.
Je me pose contre le mur et croise les bras. Mon regard fusille littéralement Neville, attendant patiemment d'avoir les données tant recherchées.
Bonjour :D
J'espère que ce chapitre vous a plu. Je m'excuse pour le temps de diffusion. Je suis confinée en pleine campagne avec un réseau vraiment pourri ! Néanmoins je ne chôme pas. Pour ceux qui connaissent, je suis en train de réaliser le Nanowrimo (bon j'ai commencé en retard) et j'ai déjà écrit 8k mots. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Nanowrimo est un défi d'écriture : 50k mots en 1 mois. Je ne sais pas quand je pourrais reposter mais il est possible qu'au lieu d'un chapitre ce soit deux chapitres pour me faire pardonner de l'inconstance dont je fais part actuellement.
J'espère également que vous allez tous bien et que votre entourage se porte bien. Pour ceux qui sont touchés par la covid 19, toutes mes pensées vont à vous. Je vous envoie plein d'ondes positives. Protégez vous 3
Avec tout mon amour, Sirphil
