Yo! o/ Petit souvenir aujourd'hui, je n'avais pas envie d'y ajouter plus de choses que ce qu'il nous raconte car il est plutôt chargé émotionnellement je trouve. Quoiqu'il en soit, nous retrouvons Link et Zelda qui s'abritent de la pluie. Discussion assez importante, je vous laisse lire!

Bonne lecture!

Zakuro Kagame: Roh... Je vois comme t'aimais pas trop Mipha dans le dernier souvenir, mais ça c'était AVANT Hyrule Warriors l'Ère du Fléau hein ? XD Enfin bref, retour de Zelda dans ce souvenir-ci pour ton plus grand plaisir! Merci pour ta review!

Mijoqui: Link pige-t-il le truc 100 ans après avec l'armure des Zoras? Aucune idée XD mais vu comme il est et comme je l'imagine, je rejoins ton avis de dire que non, il pipe quedal! Quant à savoir s'il voit souvent sa famille, et bien je ne sais pas trop? Peut-être le verra-t-on dans HW2, je ne sais pas. En tout cas merci pour ta review!


Les vannes du ciel laissent se déverser sur nous une pluie torrentielle. En route pour l'une des trois grandes sources du Royaume d'Hyrule, Zelda et moi nous sommes faits surprendre par cette averse soudaine. Ne souhaitant pas que la princesse tombe malade nous avons préféré nous arrêter près d'un grand arbre au pied duquel se trouve une cavité rocheuse dans laquelle nous pouvions nous abriter. Enfin, j'ai laissé l'héritière royale s'y réfugier, car pour ma part je suis toujours dehors à guetter que l'on ne profite pas de la pluie pour tenter de nous attaquer. Les bruits ont tendance à être étouffés lorsqu'il pleut autant et si fortement. Quelqu'un de malintentionné et sachant cela aurait tôt fait de nous prendre par surprise sans que l'on ne l'entende venir.

Pour ne pas risquer de prendre froid moi non plus et ainsi ne pas être en mesure d'assurer mon rôle de chevalier et la protection de la blonde, j'ai dégainé mon épée pour m'exercer un peu. En plus de me réchauffer cela dissuadera sans doute aussi la moindre tentative d'agression éventuellement. Je serais paré à riposter immédiatement dans le cas contraire. Derrière moi, jusqu'à présent silencieuse, la future souveraine laisse échapper une phrase dans un léger souffle.

—La pluie n'a pas l'air de vouloir s'arrêter.

J'exécute les mouvement fluides, estoc, coup de taille, tour à tour exécutés sans hésitation ni fausse note tant ces enchaînements me sont familiers pour les avoir nombre de fois répétés. Même l'eau ruisselant sur mon visage et collant mes mèches par endroits ne perturbe pas ma concentration. Qu'il vente, pleuve, fasse un froid polaire ou bien encore que j'affronte la chaleur étouffante du désert, rien ne saurait briser ma volonté et mon devoir de protéger Zelda contre vent et marrées.

J'ai déjà subi et enduré moults entrainements dans pires conditions que cela de toute façon. Même ma tunique à la couleur criant mon appartenance aux Prodiges qui est bien alourdie par le liquide qu'elle a absorbé ne me ralentit pas. Après avoir essayé l'armure Goron afin de déambuler dans leurs contrées enflammées, c'est une gageure dont je suis certain que de supporter ce simple vêtement trempé. A travers le son feutré de la pluie frappant le sol et celui de ma lame fendant gouttelettes et air en même temps, j'écoute également d'une oreille attentive la princesse reprendre la parole. Ses mots me surprennent cependant car c'est de moi dont elle parle on dirait. Je suis perplexe mais ne dit rien, la laissant discuter.

—En choisissant de devenir chevalier, tu as suivi les traces de ton père. Tu t'es entraîné durement, jusqu'à devenir si fort que l'Epée Purificatrice t'a reconnu pour maître.

Je poursuis mes passes d'armes, les nuages morcelant par moment l'astre solaire et teintant ce ciel encore un peu pluvieux d'orange rosé à l'horizon. La voix de Zelda glisse entre les gouttes de pluie jusqu'à mes oreilles tandis que je me fais la réflexion qu'elle est certes douce mais aussi teintée de mélancolie. Relâchant mon souffle tout en ramenant mon arme devant moi, je laisse glisser mon regard furtivement vers ma future reine sans pour autant m'attarder avent de regarder de nouveau devant moi. J'ai tout de même eu le temps d'apercevoir qu'elle a plissé légèrement les yeux, me détaillant avec un petit sourire aux lèvres et air presque tendre qui, accompagné de ces éloges qu'elle semble me faire, me chavire quelque peu.

—C'est merveilleux, exceptionnel même !

Hélas sa voix se charge soudain d'une tristesse impossible à ignorer alors que je l'entends se détourner pour sans doute observer le sol à ses pieds. Cette sonorité, cette fragilité alors qu'elle poursuit sur un ton incertain me fendent le cœur car la voilà de nouveau dans une triste humeur.

—Mais si…

Je sers la garde de ma lame dans mes mains, dévoré par l'envie de me retourner pour lui faire face mais j'ignore si ce serait approprié en pareil instant. Une question lui brûle visiblement les lèvres et soudain je redoute de la voir me la poser.

—Si…

Tant pis, je cède à mon envie et abaissant l'épée je me retourne pour la regarder. Presque prostrée tant les mots qu'elle formule semblent lui peser, elle évite mon regard le temps de parler.

—Si tu n'avais jamais fait preuve du moindre talent à l'épée…mais qu'on ne cessait de te répéter depuis ta plus tendre enfance qu'un fils de chevalier se doit de devenir chevalier lui-même…

C'est donc de cela qu'il est question ? Je n'arrive pas à déterminer si c'est là la fin de son interrogation ou si elle va ajouter quelque chose après. Quoiqu'il en soit, je ne sais pas. Devenir chevalier, apprendre le maniement de l'épée… Tout cela fut une évidence pour moi, ce pour quoi j'étais fait et pour quoi j'étais doué. Mon destin n'aurait pas pu être différent, ou du moins je peine à l'imaginer. La chevalerie, un choix ou une question d'hérédité ? Est-ce finalement si différent de la dynastie que représente la royauté ? Sans doute pas tant qu'on pourrait le penser.

Sa voix s'était brièvement tue mais voilà qu'elle s'élève de nouveau pour achever ce qui était bien une question incomplète.

—Si on t'avait répété ces mots toute ta vie… Dis-moi, aurais-tu choisi le même chemin ?

Enfin, comme sa question ressemble à une libération de ce qui depuis si longtemps bouleverse ses émotions, le ciel à son image se libère de ses nuages. La pluie cesse tandis que le soleil reparaît de toute sa gloire dans l'azur cotonneux. Le gris le cède au cyan mêlé de blanc alors que l'averse est chassée par le vent balayant la plaine. Il a soufflé également tout ce que je pourrais dire si tant est que j'allais parler. Que dire à cela, que répondre ? J'ai parfaitement conscience que ce n'est plus de moi dont la jeune femme discourt. Je voudrais tant pouvoir soulager sa peine et son désarroi face à cette situation et son pouvoir qui refuse toujours de se manifester. Hélas je ne peux rien faire d'autre si ce n'est lui apporter mon soutien et peut-être mon amitié, lui changer les idées.

Ma pauvre princesse… Pourvu que la prochaine source soit celle qui éveillera le sceau pour qu'enfin elle soit libérée de tout ceci.