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J'espère que cette suite vous plaira.


Nayden était ressorti chamboulé de la boutique de l'arrogant vendeur. Il se souvenait de la sensation d'appartenance, de chaleur et d'adéquation ressentie lorsqu'il avait attrapé sa baguette de houx dans la boutique d'Ollivander, et il s'attendait naturellement à vivre une expérience similaire. C'était sans compter la marque de fabrique Potter&Cie ; il fallait forcément qu'il se fasse remarquer. A la fois par Gregorovitch, en lui faisait une magnifique démonstration d'apocalypse, et par Léna qui avait dû se demander pourquoi diable il payait plus de quatre fois le prix standard sans rechigner. La sorcière n'avait pas fait de commentaire mais Nayden se doutait qu'il allait devoir trouver une explication.

Lorsqu'il avait attrapé le bois clair, il avait été submergé par une vague de puissance brute, qui ne provenait ni vraiment de lui ni clairement de la baguette, plutôt de leur réunion. Et cette vague ne s'était pas contentée de lui réchauffer légèrement la peau, non, elle avait comme balayé tout son être, son âme, mettant à nu ses souvenirs les plus douloureux et ceux les plus heureux dans un maelstrom désorganisé. Il ne s'était pas rendu compte des dégâts qu'il provoquait, comme coupé du monde. Gregorovitch avait eu une bonne idée avec sa pièce sécurisée.

Le jeune sorcier tenta d'aplatir le nid d'oiseau qui se dressait désormais sur sa tête, mais l'entreprise était vaine. Il songea à utiliser sa nouvelle baguette mais réalisa qu'il ne connaissait absolument aucun sortilège qui pourrait l'aider, à moins qu'un Patronus effraie suffisamment ses épis pour qu'ils se laissent dompter. Ils marchèrent donc jusqu'à la boutique de tissus sans rien modifier, Léna ricanant de temps en temps en levant les yeux vers lui. Ils rejoignirent Oksana qui semblait les attendre depuis un moment mais ne fit pas de remarque. Comme annoncé, la gérante de la boutique guida aisément Nayden dans l'achat de quelques produits "indémodables" et "irremplaçables" comme des caleçons longs jusqu'aux genoux et des bretelles pour tenir ses pantalons sous ses nouvelles robes de sorcier, respectivement noire, noire et vert très foncé.

Pour régler ses achats il dut sortir sa nouvelle baguette de sa poche afin d'atteindre sa bourse et l'œil averti d'Oksana ne manqua pas de s'attarder sur l'objet. Il fallait dire que le bois d'un blanc brillant, presque argenté, et l'anneau d'or à sa base en faisaient une œuvre assez ostentatoire. Léna le devança pour réduire les paquets confectionnés par la vendeuse, il n'eut plus qu'à les caler dans son autre poche.

Léna proposa de s'arrêter pour partager un Sbitegne de Troll, et quoi que ce fut Nayden était intrigué, mais Oksana répondit qu'avec une de leur brebis prête à mettre bas elle préférait être de retour rapidement ; le groupe se plia à cette raisonnable décision et prit le chemin vers la cheminée de la Place Centrale. Les deux sœurs discutaient de leurs ventes tandis que Nayden restait en retrait. Il avait une étrange sensation de lourdeur, qu'il attribuait à sa rencontre magique avec sa nouvelle baguette, mais c'était désagréable ; il avait le même ressenti lorsqu'il sortait dans les rues … avant de remonter le temps.

Ils atteignirent rapidement la cheminée et Oksana sortit une petite bourse de poudre de son manteau pour l'activer. Cette fois-ci il fallut prononcer le nom de l'auberge où les attendaient leurs rennes et Nayden s'entraîna rapidement pour ne pas bafouiller.

De retour dans le petit salon, rien n'avait changé et les deux femmes prirent le chemin de la sortie. Nayden prit une seconde de plus pour s'épousseter, ayant réussi à ne pas décrasser tout le conduit en y passant. Il lui sembla entendre un bruit sourd quand il referma la porte derrière lui mais il ne s'attarda pas, les sœurs Illitch étaient déjà sorties. Il ne manquerait plus qu'elles repartent sans lui !

Léna avait repris les rennes de la troïka et Oksana avait déjà préparé sa place pour qu'il s'installe sur le traîneau. Il n'eut plus qu'à s'asseoir et les véhicules se mirent en route.

Le trajet se déroulait exactement comme à l'aller, pourtant Nayden n'était pas à l'aise. Il ne cessait de triturer sa nouvelle baguette, cherchant à comprendre d'où provenait cette sensation. Avait-il fait un mauvais choix ? Il avait le sentiment d'être encore sous le regard scrutateur du vendeur russe, mais il ne pouvait se retourner pour vérifier, engoncé sous les couvertures du traineau. Il était en train de somnoler légèrement, anxieux, lorsque Léna se rapprocha brusquement de leur traineau. Sa grosse voix l'éveilla immédiatement.

« Oksana, tu as vu ?

- Oui, je les sens. Ils ne sont pas discrets. Répondit sa grande sœur, le visage fermé.

- Depuis quand sont-ils derrière nous ? Il n'y a rien par ici. Reprit Léna

- J'imagine qu'ils sont partis du village comme nous.

- De quoi parlez-vous ? Qui est parti ? Intervint Nayden, son champ visuel réduit à l'avant du traîneau.

- Ils sont dissimulés par des sorts, ou un quelconque autre artifice. Je ne pourrais pas dire leur nombre, mais pas assez pour laisser des traces. Répondit Léna.

- Quiconque nous suit sans se montrer ne me rassure pas. Accélérons un peu le rythme. » La déclaration d'Oksana fit office d'ordre et dans la seconde, les rennes passèrent du trot au galop.

Le cœur de Nayden s'était mis à tambouriner dans sa poitrine, mais il n'avait pas peur. Il connaissait cette sensation mieux que toutes les autres : l'appréhension, la montée d'adrénaline avant une attaque, le frisson d'angoisse hâtive à la perspective d'un affrontement … Ces quelques semaines de calme avaient peut-être reposé son esprit mais son corps n'avait pas oublié la guerre. Sans y réfléchir, il changea de position dans le traineau, rassemblant ses jambes et plaquant son dos contre le montant. Sa nouvelle baguette chauffait doucement dans le creux de sa paume, comme impatiente de faire ses preuves.

Les rennes continuaient de courir et aucun autre bruit que leurs sabots, leurs respirations et leurs cliquetis n'arrivait aux oreilles du sorcier ; c'était effectivement étrange et Nayden comprit ce qui avait alerté Léna : leurs poursuivants leur avaient lancé un sortilège d'étouffement sonore, sûrement pour masquer leur arrivée, mais cela les avait également coupés de tous les bruits environnant.

Léna les dépassa avec sa troïka, ses deux rennes lancées en course. Elle évita une grosse roche en les dirigeant sur le côté et l'instant d'après Nayden ne vit plus qu'une pluie de terre foncée s'abattre sur eux, avant même de réaliser que le bruit qu'il avait perçu était celui d'un sort explosif. Un Bombarda Maxima. Des éclats de bois frappèrent le traîneau et pénétrèrent l'abri de Nayden, Oksana ayant freiné de toutes ses forces pour porter secours à sa sœur.

Dès que le traîneau eut suffisamment décéléré, Nayden bondit hors de son habitacle. Légèrement déboussolé par les retombées de l'explosion, il choisit rapidement de se diriger vers les débris de la troïka. Les rennes brâmaient de peur et l'aidèrent à se diriger. Il les atteignit en quelques secondes. Ces dernières étaient encore attachées à la troïka, du moins à ce qui en restait, et l'une d'entre elles était coincée par un rocher. Il chercha une trace de Charlie mais ne vit nulle part sa grande silhouette ; le choc avait dû l'expulser plus loin.

Un trait coloré le frôla à l'oreille gauche. Il n'avait pas besoin de réfléchir à la suite ; tout était ancré en lui, une routine de défense comme certains connaissent par-cœur leur route pour aller travailler. Il lança un Protego distantia sur les rennes puis enchaîna les sorts en se basant sur la direction de ceux qui l'attaquaient. Les Mangemorts utilisaient facilement le Bombarda depuis que le sien avait coûté la vie de Ron ; ils savaient à quel point cela le rendait fou de rage et de culpabilité. Alors il faisait tout pour essayer de garder son sang-froid tout en réduisant ces fils de chien au silence.

Il ne sut pas combien de temps l'attaque dura. Peut-être vingt secondes, ou alors une heure, il n'en gardait plus de souvenirs depuis longtemps. L'important, c'était de rester vivant et que le camp d'en face reparte perdant. Et, finalement, l'opportunité d'en finir s'offrit à lui. Son alliée s'était abritée derrière un panneau et il la savait en sécurité, ce qui voulait dire que les trois lanceurs au nord est de leur position étaient leurs assaillants. Les idiots de mages noirs s'étaient regroupés et ils lui facilitaient la tâche.

Nayden n'eut qu'une seconde de réflexion avant de préparer son mouvement. Le pied campé dans le sol, il monta le poignet.

« Avada ...

- STUPEFIX »

L'attaque dans le dos le prit par surprise. Pourquoi Hermione avait-elle fait ça ? Depuis quand défendait-elle les Mangemorts ? Quelqu'un avait dû attaquer Hermione ! Leur défense avait été prise à revers ! Il tomba à la renverse, le nez dans l'herbe, sans pouvoir rien faire. Allons bon, il avait déjà été cent fois sous l'emprise d'un Stupéfix, il devait se détendre pour essayer de briser le sortilège. Ensuite, il irait libérer Hermione.

Ainsi placé, il ne voyait rien de ce qui se passait autour de lui, mais il sentait et entendait des échanges de sort. Tout n'était pas perdu. Peut-être que Charlie était revenu dans la course. Mais … Charlie … Charlie était mort. Non, non Bill était mort mais pas Charlie. Il devait se libérer de ce foutu sort par Merlin !

« Nayden … Nayden c'est Oksana. Je vais te retourner. Prévint une voix féminine.

Ce n'était pas Hermione.

Il fut retourné et le soleil l'éblouit un instant.

- C'est fini Nayden, ils ont pris la fuite. Reprit la voix.

Le sorcier s'énerva. Ils les avaient presque ! Si seulement il n'avait pas été attaqué !

- J'ai besoin que tu te calmes. Je ne te libérerai pas avant que tu sois calme. »

L'esprit du jeune homme hurlait. Il haïssait la stupéfixion. Il haïssait être impuissant. Il haïssait laisser les Mangemorts s'échapper. Il amassa tellement de colère que, finalement, le sort d'immobilisation céda. D'un large mouvement, il désarma et envoya au loin cette femme qui le dominait. Elle roula dans l'herbe et resta posée sur le ventre. Il tourna vivement sur lui-même à la recherche des derniers Mangemorts mais il apparut qu'effectivement, tous s'étaient échappés.

Il jura puis se retourna. En voyant les deux traîneaux renversés, dont l'un complètement détruit, il chancela. Il n'y avait pas de traîneaux en Angleterre. Il n'était pas en Angleterre. Les gémissements qu'il entendait … ce n'était pas des membres de l'Ordre. C'étaient ceux des rennes. Les rennes de Léna ! Il était en 1923. Ce n'étaient pas des Mangemorts. Et il avait envoyé un sort à Oksana !

Il voulut s'attraper les bras mais une douleur le retint. Là, plantée dans son bras gauche, une éclisse de bois d'au moins un pouce de large l'empêchait de toucher son biceps. Sûrement un morceau de la troïka ; il n'avait rien senti. Il laissa l'objet en place et se mit à courir vers la silhouette d'Oksana.


Enfin un peu d'action, pour ceux du fond qui pensaient que j'allais lui faire planter des carottes pendant trois chapitres, OUF !

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