Chapitre 11
Candy fut soulagée ce samedi en voyant le dernier patient plus contagieux partir pour une clinique achever sa guérison. Elle avait passé aussi le test sans souci comme Michael et ils pouvaient tous deux rentrer chez eux.
- Voilà! Lui dit-il en enlevant sa blouse. C'est enfin fini et sans vous ça n'aurait pu être, merci Candy.
- Nous avons perdu quatre patients sur dix-sept malades quand même mais ça aurait pu être pire, c'est sûr. Je suis fière d'avoir été là Michael, vous êtes un grand médecin et un homme remarquable.
- Je ne fais que mon travail, comme vous. Nous faisons une bonne équipe, je suis ravi de savoir que dès lundi nous la reformerons mais sans nouvelle épidémie si possible.
- Oui, je préférerai. Mais peut-être pas lundi Michael, je prendrai bien deux jours de plus pour ma famille, ma fille surtout.
- Je comprends Candy. Alors à mercredi à Harlem!
- Oui sans faute. Mais... et vous? Vous avez de la famille ici?
- Non, elle est dans l'Oregon, mes parents, mes sœurs et neveux.
- Vous n'êtes pas marié?
- Non, mon travail me prend trop de temps et je n'ai pas rencontré... la perle rare.
- Ah! Vous la trouverez bien un jour, c'est obligé.
- Sans doute. Au revoir Candy, à mercredi.
Elle sortit et fut étonnée de voir Terry l'attendre alors qu'elle lui avait bien dit qu'elle prendra un taxi. Elle se sentait sale, malodorante, terne après deux semaines dans ce dispensaire sans sortir. Mais elle se sentit encore émue et heureuse qu'il ait désobéi et soit son premier beau paysage dès la sortie.
- Tu es incorrigible! Dit-elle d'un sourire tendre en s'installant à ses côtés. Mais j'apprécie Terry, merci.
- J'ai pensé que tu avais besoin d'un ami pour passer ce couloir venant d'un enfer jusqu'à un paradis.
- C'est vrai que c'est à la fois un soulagement et une peur de sortir d'ici. La peur de ne plus être la même, de ne pas supporter le bonheur après quinze jours à enfouir ses peines et n'être que l'infirmière. Oh! Terry! Comme tu sais ce que mon cœur désire! Comme tu sais ce que je vis!
Et elle s'effondra en larmes. Il la prit dans ses bras et la berça en caressant ses cheveux, sans parler car c'était inutile. Elle se blottit contre lui, elle s'y sentit mieux tout de suite, elle aurait voulu y rester toujours en suspendant le temps. Elle respira son eau de toilette lilas, s'en enivra et profita de cet instant en criant dans sa tête des mots d'amour pour qu'il le sache sans besoin de parler, sans plus le droit de les dire. Mais il ne dut pas l'entendre, il n'y répondit pas, il ne pouvait pas, il n'entendait plus qu'Anthony. Ce prénom passant sans sa tête la ramena à la réalité. Elle lui en voulait mais jamais elle ne le trahira et de toute façon, n'agira plus jamais que pour le bonheur de Terry et de Julia, le vrai bonheur qui lui donnait aussi du réconfort.
- Je suis désolée Terry, j'ai froissé ta chemise, mais ça va mieux, merci de m'avoir éviter ça dans le taxi ou pire, devant Julia.
- Ma chemise je m'en fiche, je suis ton ami Candy, je veux partager tes joies et tes peines, je t'aime.
Elle sourit, entendre ces trois mots était toujours un bonheur même s'il ne lui avait dit qu'en ami et jamais en amoureux. Elle chercha autre chose que : moi aussi, vu qu'elle ne l'aimait pas de la même façon pour le dire.
- Je suis très fière d'être ton amie Terry, avec toi je ne me sens jamais triste ou mal à l'aise. Allons-y maintenant, j'ai hâte d'embrasser notre petite fée.
OoO
Anthony accueillit Candy avec chaleur et grand sourire. Il avait mis un gros bouquet de fleurs dans sa chambre, concocté un gâteau avec Julia et se montra plein d'attention toute la journée. Mais il ne put être seul avec elle que quand Julia fut couchée pour sa sieste et Terry parti pour une représentation théâtrale à seize heures pour un public jeune. Il l'entendit redescendre l'escalier et partir vers la piscine et la suivit. Elle allait ôter sa robe quand il entra et stoppa son geste.
- Si tu préfères je peux revenir plus tard? Lui dit-elle d'un bloc.
- Non Candy, je veux juste te présenter mes excuses les plus sincères.
- Ah! Alors, je les accepte Anthony et je te présente les miennes en retour.
- Toi tu n'as dit que la vérité par amour Candy, moi je t'ai menti par fierté et... jalousie.
- Je t'ai menti aussi, je ne cherche pas à ce que Terry m'aime à nouveau, c'était pour te faire réagir.
- Je sais Candy, ma jalousie n'est pas venue pour ça mais parce que j'ai compris que tu l'aimais aujourd'hui autant que moi et parfois mieux.
- Je ne peux pas nier que je l'aime toujours et maintenant pour ce qu'il est et pas pour mes souvenirs, mais tu n'as rien à craindre, ça c'est juste en moi et ça le restera toute la vie sans souffrir puisqu'il vit sa vie tel qu'il l'aime.
- Je ne peux pas vivre sans lui Candy, je l'aime aussi envers et contre tout et privilégie son bonheur au mien. Je ne peux pas me sacrifier s'il a besoin de moi, s'il m'aime et s'il est heureux avec moi. Mais je sais qu'il est heureux aussi avec Julia et toi et je ne lui demanderai jamais de choisir entre nous, même sans Julia. Il t'aime comme il peut le faire aujourd'hui et son bonheur est aussi de ton fait.
- Merci Anthony. Je chéris son bonheur plus que tout au monde hormis celui de Julia mais le tien compte aussi pour moi, je ne serai jamais ton ennemie, je ne peux pas.
- Moi non plus ma Candy, tu me connais, je suis soupe au lait mais je t'aime pour toujours quoi qu'il arrive. Et puis, ce n'est pas moi qui peut t'interdire de l'aimer toujours, je sais trop qu'on ne peut oublier Terry quand on a eu la chance de le rencontrer. J'ai confiance en vous deux Candy, l'amour qui nous relie tous les trois ne doit jamais nous désunir mais nous rendre plus heureux et forts. Alors, ne retiens pas ton cœur à cause de moi, donne-lui ce que tu as besoin de lui donner sans crainte, je saurai toujours le vrai grâce à cet amour si hors norme.
Elle laissa couler ses larmes et le prit dans ses bras.
- Tu es autant inoubliable mon Anthony. Ça aurait pu être toi toujours aussi si nous ne nous ressemblions pas tant. Mais c'est un bonheur aussi fort, un frère comme toi. Je t'aime.
- Je t'aime ma Candy et pas que pour cette ressemblance troublante.
OoO
Quand Terry revint, il n'était pas seul mais accompagné de sa mère venue le voir par surprise au théâtre et en ayant appris le retour de Candy et la maladie d'Anthony, décidée à les voir. Quand elle entra dans le salon derrière son fils, elle vit Julia, Anthony et cette belle jeune femme blonde dont elle reconnaissait les doux yeux verts, jouer tous trois aux petits cheveux de bois.
- Madame Baker! Laissa échapper Candy en la reconnaissant, toujours belle et à peine moins jeune que dans son souvenir.
- Oui c'est moi chers enfants! dit-elle d'un sourire comme si elle revenait depuis deux heures à peine. Oh! Et voilà ma petite princesse! Bonjour jolie Julia! Je t'ai apporté un petit cadeau.
La petite s'était levée dès qu'elle l'avait reconnue et avait couru jusqu' à elle lui prendre la main et la mettre sur sa joue, chose qu'elle aimait faire avec les gens qu'elle aimait et surtout Terry. Elle savait que la belle dame était la maman de Terry et l'avait appréciée très vite. Alors elle lui donna un bisou après qu'Eléonore se soit baissée et lui ait tendu un paquet enrubanné. La petite le déballa sans attendre et montra à tous la jolie robe de satin blanc perle, robe coûteuse et à la dernière mode, pour l'automne vu les manches longues et le bonnet assorti en cuir. Candy se leva alors et la remercia.
- Merci madame Baker et vraiment heureuse de vous revoir !
- Moi aussi Candy mais j'apprécierai maintenant que vous êtes une dame, que vous m'appeliez Eléonore, comme Anthony.
- Entendu Eléonore.
Elle sourit de contentement et avança maintenant jusqu'à son gendre qui attendait son tour et qu'elle embrassa simplement sur la joue en l'empêchant de se lever. Elle lui demanda pour sa santé et s'indigna qu'on puisse se faire empoisonner si facilement et même en prison. Enfin elle fit un peu son numéro d'actrice en donnant son avis sur la justice et la criminalité de plus en plus grande puis revint à Candy pour savoir tout d'elle. La soirée fut donc un dîner en famille et plein de découvertes pour Terry qui n'avait pas encore appris autant sur ces sept ans sans elle et même de plus loin encore et qui le rendit heureux de pouvoir aussi vivre ça. Anthony l'observa discrètement et devina son plaisir à connaître Candy autrement mais sans se sentir jaloux ou en danger. Il savait bien que seul le nouvel amour de Terry, donc le sien, avait arrêté l'autre et que c'était sa fidélité congénitale et son intégrité qui lui interdisait même d'imaginer encore l'aimer et seulement ça. Il avait décidé par amour de lui que seul Terry pouvait décider de ce que serait son plus grand bonheur mais pour le pouvoir sans trop d'interdit, le pousser doucement vers plus de liberté dans la confiance pour qu'il laisse son cœur désirer plus, comme il l'avait expliqué à Candy tout à l'heure. Ce soir il avait vu Terry plus rêveur et il savait que ce n'était plus vers les souvenirs anciens mais les nouveaux de Candy et pas que pour lui et n'en fut pas triste. Mais cette nuit il comptait bien l'avoir pour lui seul vu qu'il allait partager sa couche et il ne lui permettrait pas de le quitter une seconde.
OoO
Le lendemain, ils partirent tous de bon matin se promener à la campagne. Anthony voulut aller au haras et que Terry et Candy empruntent des chevaux alors que lui conduirait une carriole avec Julia. Ils finirent par accepter vu son air ravi de les voir monter ensemble et Candy oublia vite sa crainte de ne pas être à la hauteur, une fois grimpée sur sa jument. Terry attendit de voir qu'elle n'avait plus peur des chevaux et vit comme elle était souple et se hissa seule sur sa monture très facilement. Alors il prit la bride de l'étalon noir que lui tendait le lad et après quelques caresses sur le museau de Sultan, qu'il connaissait un peu mieux maintenant, il posa le pied sur l'étrier et en une seconde fut sur lui. Candy lui sourit, admirative, sourit à Anthony et fit un coucou à Julia puis s'exclama:
-Terry, je parie que tu ne me rattraperas pas, j'ai oublié de te dire qu'au Mexique je ne me déplaçais qu'à cheval!
Puis elle donna un coup de talons et partit en trombe sous les battements de mains de sa fille. Terry regarda Anthony rire et lui dire:
- Alors! Qu'attends-tu pour partir? Elle t'a lancé un défi et ton honneur est en jeu et le mien par procuration.
Terry haussa les épaules en riant mais lui obéit et fit hennir et se dresser Sultan avant de partir en fusée sur les traces de Candy. Il la vit partir vers le sud, en pleine campagne, entre les champs de céréales et la route menant sur les hauteurs. Il réussit à une centaine de mètres à gagner la moitié de son retard sur elle mais la vit tourner la tête et talonner sa jument qui accéléra encore. Terry en fit autant mais sans pousser Sultan au maximum et réussit juste à ne pas rallonger la distance pendant cinq minutes environ. Il savait que bientôt il y aura plusieurs virages en côte et compta là dessus pour la rattraper vu qu'elle ne connaissait pas le coin. Mais elle l'étonna en calculant avec précision ses virages et sachant garder un parfait équilibre sur son cheval. Cependant Sultan était plein de ressources aussi et plus endurant à la côte. Il fut à trois encolures de Candy à la fin des virages et sur le plateau en gagna encore deux dans la première minute. Puis, Terry lui demanda la puissance maximum et entama un sprint qui lui fit être aux côtés de Candy mais sans tenter de la dépasser. Elle rit mais ne tenta pas d'aller plus vite non plus et resta ainsi jusqu'à ce que Terry lui montre des arbres ombragés pour faire halte. Elle partit donc en ralentissant vers ce bosquet, Terry aussi puis ils sautèrent de leur monture et les laissèrent se reposer.
- Que dirais-tu d'une petite course dans les arbres maintenant?
- Oh! Tu me crois capable de faire ça encore alors?
- Oh! Oui! Je parie que tu as fait ça il n'y a guère longtemps.
- Exact, à la maison Pony il y a un mois, sur le chêne comme à chaque fois que je le revois, c'est mon plus vieil ami arbre. Et toi?
- Plus longtemps mais j'ai gardé un besoin d'être en hauteur quand je dois réfléchir à ma vie.
- Mais aujourd'hui tu n'as rien à cogiter?
- Non, j'ai juste envie de revoir mademoiselle ouistiti à l'œuvre!
- Quoi? Comment m'as-tu appelée?
Terry rit et échappa à sa main en grimpant très vite à l'arbre.
- Si tu crois que je vais oublier ça, tu te trompes monsieur le moqueur, tu vas voir quand je t'aurai montré qui grimpe le plus vite!
Il rit de sa bonne répartie en ralentissant pour la voir à l'œuvre. Il lâcha un wow en la voyant en dix secondes à une branche de lui et se hâta un peu. Mais il s'arrêta quand il vit que les branches suivantes étaient plus mince et attrapa Candy par la taille avant qu'elle ne le dépasse pour gagner.
- Elles sont trop minces, ça ne vaut pas le coup que tu me prouves que tu es la meilleure à ça, j'ai vu.
- Je crois que mon poids ne les casseraient pas mon cher, voilà ce que c'est d'être tant rembourré!
Il rit de revoir son nez en l'air et ses sourcils froncés comme au temps du collège et l'obligea à s'asseoir avec lui contre le tronc pour profiter de ce moment unique. Elle oublia alors humour et moquerie et apprécia qu'il tienne toujours sa taille pour garder l'équilibre. Elle posa sa tête contre son épaule et ferma les yeux en écoutant sa respiration et se permit de s'imaginer ici sept ans plus tôt, sans Susanna, sans Anthony.
- Terry, dis-moi ce que tu as pensé quand tu m'as regardée d'un arbre me changer en Juliette lors du festival de mai?
- Ce que j'ai pensé ou ce que j'ai vu?
- Mum... Les deux.
- Ce que j'ai vu, c'est une toute jeune fille déjà bien jolie et prometteuse de féminité sortir d'un costume de ce que je croyais bien un garçon auparavant et revêtir une robe qui la transformait en désirable nymphe. Ce que j'ai pensé c'est qu' heureux serait celui qui saurait être aimé de cette colombe et devenir son Roméo.
- Alors tu t'es bien trompé Terry.
- Oui hélas. Mais je n'ai jamais regretté ce souvenir merveilleux.
- Moi je regrette encore qu'on n'ait jamais dansé une valse en entier.
- C'est vrai mais ça ne sera pas sur cette branche qu'on le pourra. Si tu la veux redescendons !
Elle allait dire oui et se relever mais son pied glissa et sans Terry elle aurait dévalé en bas de l'arbre.
- Oups!
Elle sentit son bras s'accrocher à sa ceinture et la ramener jusqu'à lui, sur ses genoux. Elle rosit et s'excusa mais il semblait ravi et sourit si tendrement qu'elle posa ses mains sur ses épaules et l'embrassa sur les lèvres. Il fut un peu surpris mais ne put la repousser et la laissa faire. Elle bécota ses lèvres dix secondes puis regarda ses yeux bleu roi et vit qu'il était embarrassé et ça la réveilla.
- Excuse-moi Terry, c'était juste pour le souvenir, je ne ferai plus ça.
- Candy ! Dit-il en l'obligeant à le regarder et rester sur ses genoux. Ne pense pas que c'est toi seule qui as besoin et envie de plus mais... moi je suis un homme qui a peur de dépasser les limites du respect. Je t'aime mais je ne peux pas trahir Anthony ni te prendre ce qui ne sera qu'à celui qui te méritera.
- Je ne sais pas s'il existe Terry mais tu as raison, je ne sais pas grand chose sur mes limites, je ne sais rien du tout d'ailleurs sauf que je ne veux plus te perdre dans ma vie, ni Anthony.
- Alors trouvons ensemble nos limites sans avoir honte et peur de nous, ma Candy.
Elle lui sourit, elle n'avait plus honte, elle lisait en lui sa sincérité et sa tendresse. Elle caressa sa joue et y posa ses lèvres. Il lui fit la même chose mais laissa ensuite ses lèvres caresser ses cheveux et sentir son parfum de roses. Puis il la serra contre lui en s'imaginant sept ans plus tôt, sans Susanna, sans Anthony. Elle fut heureuse, le sentant rien qu'à elle enfin un peu et n'eut plus peur de montrer son désir de lui en le serrant autant. Mais le temps reprit ses droits, un bruit de carriole se fit entendre au loin. Elle le lâcha, ils se sourirent et se préparèrent à descendre, lui devant, elle derrière mais sans plus chuter jusqu'en bas.
A suivre...
