-Hello vous :D Ici Shade!

-Et Kay, comme toujours. Salutations :)

-Et bien sûr Serpenta toujours là, fidèle au poste et qui assure toujours comme une ouf :D

-Le trio de choc vous présente donc son tout nouveau chapitre :)

-On espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant :D

- On vous souhaite une bonne lecture et on vous dit à dans quinze jours.

-Et surtout prenez soin de vous ! Love sur vous 3


Chapitre 11.

Hermione arriva dans le couloir où se trouvait le psychomage Robinson et ne fut pas surprise de trouver Harry assis dans sa salle d'attente. C'était l'heure du rendez-vous de Drago, ça ne devait faire que quinze minutes qu'il était entré. Hermione en avait profité pour faire un tour dans le service qui hébergeait le blond, recueillant les témoignages des infirmières et s'était aussi renseignée chez les aurors. Elle s'installa dans le siège à côté d'Harry avec un sourire qui se voulait sincère.

— Bonjour Harry, murmura-t-elle. Tout va bien ?

— Super, grogna-t-il en secouant sa jambe, les yeux fixés sur la porte.

— Il ne craint rien dans ce bureau, voulut rassurer Hermione en posant une main sur le genou qui bougeait. Plus maintenant que tu as arrêté les mangemorts qui le menaçaient.

Harry grogna mais ne retira pas les doigts sur lui. Il ne pouvait s'empêcher de se rappeler la dernière fois où il avait vu le médecin, où il avait failli perdre Drago, sa belle créature qui le réanimait petit à petit. Plus le temps allait, moins il arrivait à s'éloigner de Drago. C'était presque douloureux dans son corps.

— Je n'ai pas été assez rapide pour les attraper. Et on ne sait jamais, il pourrait encore y en avoir. Le sort sur Drago n'est pas enlevé.

— Tu t'es vraiment attaché à lui, murmura Hermione avec douceur pour ne pas que ça sonne comme un reproche.

— Je...

Oui. Harry s'en rendait compte quand c'était quelqu'un de l'extérieur. Que son comportement était peut-être exagéré. Peut-être qu'il n'agissait pas normalement. Mais peut-être que c'était normal pour un animal. Ou non, il ne savait plus. Il se cacha donc dans ses mains, refusant de se confronter à cette réalité.

— Hey, là, souffla Hermione en glissant un bras autour de ses épaules. C'est une bonne chose, Harry.

— Non, je vais le perdre, comme Ginny...

Car c'était ça qui angoissait le plus Harry, qui le maintenait éveillé la nuit, qui le faisait toujours chercher Drago des yeux. Il refusait de le perdre comme elle. Si Ginny avait été sa vie, Drago était sa rédemption.

— Harry, murmura Hermione avec déchirement en l'amenant contre elle. Il est à l'abri. La guerre est finie, le monde s'est calmé.

— C'était le cas aussi avant. Cela n'a rien empêché. Cela n'a pas évité non plus à Drago d'être torturé. Il n'y a aucune certitude, rien. Je peux juste le garder près de moi pour être sûr qu'il est toujours vivant. C'est tout ce que je peux faire.

— Tu l'aimes à ce point alors ?

Harry se redressa d'un bond, en la contemplant, affolé.

— Quoi ? Non... Non, ce n'est pas ça, cela ne peut pas être ça. J'ai promis... J'ai dit...

Sa main vint aussitôt chercher la bague autour de son cou, pour la serrer fort. Il avait promis qu'il n'aurait plus personne après elle. Que plus jamais il ne se l'autoriserait. Hermione prit une seconde pour observer l'anneau et caressa son épaule.

— Tu aurais le droit, tu sais. C'est normal de retomber amoureux. Il ne faut pas que tu te l'interdises. Tu t'es isolé et replié trop longtemps sur toi-même.

— Non.

C'était catégorique, car c'était impossible. Ginny et Drago n'avaient rien en commun, cela ne pouvait pas être la même chose... Non... C'était irréalisable.

— Harry, tu as été mis à pied parce qu'il est parti, n'est-ce pas ?

Le brun se détourna aussitôt, non il ne voulait pas parler de ça non plus.

— C'est un simple malentendu. J'avais des jours à prendre de toute façon.

— Harry, je ne te jugerai pas, je ne suis pas ton patron ou ton collègue. C'est parce qu'il est parti que tu as perdu la tête ?

Le brun se leva, passant une main dans sa barbe. Il haussa une épaule, refusant de la regarder.

— Je n'avais que ça à faire.

— Tu as frappé un mangemort qui avait déjà répondu à toutes les questions, rappela Hermione d'un ton doux. Pourquoi ne pas simplement admettre que c'est parce que tu es attaché à lui bien plus que tu ne le devrais ?

— Parce qu'on va forcément en profiter, grogna-t-il. Et je refuse qu'on lui fasse du mal à cause de moi. Si je faisais bien mon travail, il n'aurait même pas eu à subir tout ça.

— Harry, tu ne peux pas arrêter tous les ex-mangemorts du monde à toi tout seul, tu ne pouvais pas savoir qu'ils détenaient Drago. Tu dois apprendre à te pardonner, tu sais ? souffla la jeune femme.

Harry se retourna aussitôt vers elle, l'air sombre.

— Je ne veux pas de ces conneries, Hermione. Et tu le sais.

— Je sais, tu ne l'as pas fait pour Ginny alors ce serait vain de croire que tu le ferais maintenant, soupira-t-elle en laissant retomber ses bras. Tu préfères te noyer dans ta culpabilité.

— Et alors ? Qu'est-ce que cela peut bien te faire ? Drago va bien, tu peux donc y aller.

— Je m'inquiète encore pour toi, il faut croire. Finalement, je suis plus stupide que j'en ai l'air.

Harry grommela mais refusa de continuer dans cette direction. Hermione n'était pas stupide, ils le savaient tous les deux. Harry revint s'assoir à côté d'elle avec un soupir. Il garda le silence et sa jambe recommença à bouger.

— Pardon d'être un connard, finit-il par dire.

Hermione méritait au moins ça, car elle s'occupait bien de Drago.

— Tu me manques Harry, soupira Hermione en baissant la tête.

— C'est ma faute si cela a explosé entre Ron et toi...

— Non, vous avez tous les deux des torts.

— Mais tu n'es plus avec lui.

— Vous me manquez tous les deux, souffla Hermione, mais je ne suis pas là pour faire l'arbitre entre vous.

— Il n'y a pas d'arbitre à faire. Il ne veut plus me parler.

— Il t'en veut. Remarque, ça vous fait un point commun vu que tu t'en veux aussi exactement pour la même chose.

— Super... Pourquoi, toi, tu ne m'en veux pas ? C'était ton amie aussi.

— Parce que ce n'est pas toi qui l'as assassiné. Le responsable est mort, tu l'as tué.

— Mais si je n'avais pas été là, elle serait encore là.

— Non, tu ne peux pas le savoir. Ce n'était pas ta faute.

— C'est parce qu'on allait se marier. Ils voulaient me faire mal. Ils ont réussi.

— Harry, elle faisait partie de l'ordre, cette raison à elle seule aurait suffi. Tu n'y es pour rien.

— Cela ne sert à rien, Hermione. Et tu le sais.

— Ce qui ne sert à rien, c'est cette culpabilité avec laquelle tu t'étouffes. Tu ne peux plus rien changer. Concentre-toi sur ce que tu as désormais.

— Je n'ai plus rien.

— Pas même Drago ?

Harry baissa aussitôt la tête, triste.

— Il n'est pas à moi...

— Mais tu aimerais qu'il le soit ? demanda Hermione après un silence.

Harry était incertain. Evidement qu'il aimerait ça mais en avait-il seulement le droit ? Pouvait-il prendre ce risque ? Pour lui, pour Drago ? Est-ce que cela ne serait pas refaire les mêmes erreurs ?

— Peut-être, nuança-t-il en se mordant la lèvre.

— Si ça ne tenait qu'à moi, tu le remmènerais chez toi. C'est bien que tu arrives à t'attacher à quelqu'un.

— Tu as dit que je le violais, reprocha aussitôt Harry l'air sombre.

— Non, je n'ai jamais dit une telle chose. Mais, Harry, il n'a plus conscience de ce qu'est le monde autour de lui. Je veux juste le protéger.

— Moi aussi. Je ne lui veux pas de mal.

— Je sais mais j'ai juste craint que tu ne prennes pas conscience de sa fragilité.

—Qu'est-ce que je devrais faire d'après toi ?

— Je n'en sais rien, Harry.

— Voilà. Alors moi tant qu'il sourit et qu'il est heureux, cela me va. C'est tout ce que je veux.

— On va faire en sorte que ça soit comme ça, rassura Hermione.

Harry hésita une seconde mais rien que d'entendre cette phrase le détendit.

— Merci. Vraiment.

— C'est normal. On va faire de notre mieux pour le remettre sur pied et le faire sourire, d'accord ?

Harry hocha la tête et lui offrit le premier vrai sourire. Il était petit mais bien là. Cela en tira un à Hermione qui hésita mais finit par se lever.

— Je te laisse avec lui. Bonne journée, Harry.

— Hermione, ne me l'enlève pas, s'il te plaît.

— Je ne te ferais pas ça, Harry. D'ailleurs, il ne dépend plus de moi. Il est guéri physiquement, le reste c'est au docteur Robinson de voir.

Harry grogna aussitôt.

— J'aurais dû le laisser blessé lui...

— C'est un bon psychomage. Il fera ce qui est mieux pour Drago, ne t'en fais pas.

— Ouais, mais j'aurais dû tout de même le laisser avoir plus mal, bougonna Harry en baissant la tête.

— Harry, ne sois pas méchant, sourit Hermione avec indulgence pourtant.

Le nez d'Harry se retroussa mais il ne dit rien de plus. Il attendit simplement que Drago sorte encore une fois de ce bureau dans lequel il aurait aimé être une petite souris pour savoir ce qu'il se passait là-dedans.

Lorsqu'il le retrouva cependant, il fut heureux de le sentir contre lui. Oui, il ne voulait plus être séparé de lui. C'était impossible maintenant. Harry en était incapable. Il donnerait tout pour Drago et cela ne l'affolait même pas. Non, parce que Drago lui sourit et lui prit la main pour retourner dans leur chambre. C'était tout ce que voulait Harry. Il ne demandait rien de plus.

Le lendemain, Harry les fit sortir dans le parc pour se promener sous le grand soleil qui réchauffait agréablement leurs peaux. Drago n'avait pas encore eu sa séance avec le docteur, alors Harry restait à ses côtés, tranquillement. C'était un moment agréable. Jusqu'à ce que le docteur n'arrive avec Lexi, du moins. Harry grogna, passa un bras autour de Drago, grognon.

— C'est pas l'heure encore !

— C'est à vous que je viens parler. Pouvons-nous aller marcher ? Lexi va veiller sur lui.

Harry soupira et se tourna vers Drago pour lui demander son avis.

— Cela ira ? Je vais juste un peu plus loin.

Le blond hocha la tête, l'air un peu triste mais finit par se tourner vers Lexi qui lui tendait un livre. Cela attira suffisamment son attention pour que le docteur commence un peu à s'éloigner, attendant Harry. Le brun soupira mais suivit à une dizaine de mètres, son regard revenant toujours vers Drago.

— Qu'est-ce que j'ai fait encore ? demanda-t-il dans un grognement.

— Je veux juste discuter de Drago. Vous êtes très attachés l'un à l'autre.

— Et il vous a fallu combien d'années d'études pour arriver à cette évidence ?

— Vous savez, l'ironie et le sarcasme sont assez couramment utilisés pour masquer la douleur. C'est plus facile de repousser les autres que d'accepter sa propre souffrance.

—Oh pitié, gémit Harry. Je n'ai pas demandé de séance. J'aurais dû vous laisser blessé...

— C'est une simple constatation. Vous savez que Drago m'a demandé à retourner chez vous ?

— On peut ? réclama aussitôt Harry, le visage rempli d'espoir.

— Pourquoi vous me voyez comme un ennemi ?

— Ici, ce n'est pas chez nous. Et on n'est jamais tranquille.

— Ce n'était pas ma question. Lorsque vous étiez encore chez vous, vous me traitiez déjà comme un ennemi.

— Parce que vous voulez toujours entrer dans nos têtes, grimaça Harry. Vous disséquez ce qui se trouve à l'intérieur, vous jugez et finalement c'est toujours pareil qu'avant. Même pire. Alors oui, vous êtes un ennemi.

— Je ne juge personne, M. Potter. Quel psy vous a suivi et vous a donné une si piètre opinion de nous ?

— Il y en a eu tellement. Et je ne parle même pas de ceux qui ne veulent qu'entendre le Survivant. Mais la question n'était pas là. On peut rentrer ?

— Ecoutez, je comprends que certains de mes collègues aient pu vous braquer mais m'être hostile va pousser Drago à le devenir aussi et ça ne l'aidera pas.

Harry bougonna un peu plus mais finit par soupirer pour s'ordonner au calme.

— Qu'est ce qui se passe alors ?

— Il veut être avec vous, révéla Robinson. Il n'aime pas être ici alors vous allez pouvoir le ramener mais, en contrepartie, vous l'amènerez ici, trois fois par semaine pour me voir, vous ne me traiterez pas comme un ennemi et vous me laisserez lui rendre visite régulièrement chez vous, sans être hostile. J'aimerais également vous suggérer quelques activités pour l'aider à s'ouvrir mais nous verrons les détails plus tard. Cela vous conviendrait ?

Harry n'hésita presque pas avant de souffler un « d'accord ».

— Les activités, cela serait bien. Je l'avais emmené se balader en forêt mais cela lui avait fait peur, avoua-t-il alors que son regard revenait sur Drago pour l'admirer, triste de ne pas pouvoir l'aider plus.

— Nous trouverons des choses qui ne lui feront pas peur. Si vous avez des idées vous pouvez venir m'en parler, nous pourrions en décider ensemble.

Harry allait répondre qu'il était grand et qu'il savait surement mieux que lui mais il se retint. Ce n'était pas bon pour Drago visiblement alors il retint la grimace et hocha simplement la tête.

— D'accord.

— Je suis content que nous soyons d'accord. J'emmène Drago le temps de notre séance et vous pourrez le ramener après. Je vous laisse lui dire ?

— Je lui dirai. Je vais préparer nos affaires en attendant.

— Harry, souffla le docteur avec un sourire. Je sais que vous prendrez soin de lui et j'espère qu'il prendra soin de vous comme vous en avez besoin.

Cela surprit tellement l'auror qu'il se stoppa, la bouche entrouverte pendant quelques secondes avant de tousser légèrement.

— Vous ne dites pas comme les autres que je vais le corrompre ou le blesser ?

— Je n'y crois pas un instant.

— Vous êtes sûr ? demanda Harry comme s'il n'y croyait pas non plus.

— Pas vous ?

Le haussement d'épaules fut la seule réponse. Car Harry ne savait plus vraiment. Il était bien sûr évident qu'il ne voulait pas blesser sa petite créature fantastique mais il n'était pas certain pour autant de ne pas faire les mauvais choix. Ne les avait-il pas faits depuis longtemps ? Toujours tant de dangers autour de lui. Bientôt, il devrait retourner au travail et il ne savait pas vraiment quoi faire. Il était perdu.

— Vous lui avez fait beaucoup de bien ces derniers jours, reprit Robinson. Il est bien mieux avec vous.

Harry ne fit qu'hocher la tête, se passant une main dans sa barbe.

— J'essaye, murmura-t-il.

— Vous y arrivez bien, continuez comme ça. Il va déjà mieux.

— Est-ce que... Est-ce qu'il va redevenir comme avant, après ?

— Non, je ne compterais pas là-dessus, répondit Robinson avec une pointe de tristesse. Mon but, c'est qu'il se sente à nouveau humain, plus serein, qu'il soit capable de ressentir le bonheur, le débarrasser de ses cauchemars. Mais il ne sera jamais celui d'avant.

Harry devrait surement se maudire mais il en était heureux. Parce que le Drago d'avant, il n'en voulait pas. Il voulait celui de maintenant, qui le regardait avec un sourire, qui lui faisait tout oublier. C'était ça qu'il voulait.

— Je vais aller le chercher. Si vous avez une question, ou besoin de quelque chose, n'hésitez pas.

— D'accord. Merci...

Harry ronchonna et se rattrapa aussitôt.

— Merci pour lui.

— À plus tard, Harry, salua le docteur avant de s'éloigner vers Drago.

Quand il l'appela, le blond jeta un regard vers Harry puis, déçu, il finit par suivre le docteur.


— Tu as pris tout ce qu'il faut, dit Harry en montrant le sac de vêtements.

Drago sortait enfin de sa séance et Harry avait réuni tout ce qu'il pouvait dans le sac et il n'avait pas envie de revenir ici alors il voulait s'assurer qu'ils avaient tout. Drago hocha la tête après avoir ramassé son nouveau bloc à dessins et il vint vers lui à pas tranquille.

— On peut rentrer alors ? proposa Harry avec un sourire.

Cela tira un sourire aussi à Drago qui l'enlaça aussitôt, visiblement soulagé et ravi. Harry prit le sac d'un bras, l'autre s'enroula autour de la taille fine et, la seconde suivante, ils étaient devant la porte de l'appartement d'Harry.

— Nous voilà chez nous, claironna Harry en sortant ses clés pour ouvrir et laisser passer Drago.

Drago entra en trouvant les mots très justes. Chez nous. Chez lui et Harry. Il y avait dans cet appartement le concept du mot maison qui se rappelait à lui. Alors dès qu'Harry referma la porte, Drago l'enlaça et vint l'embrasser, soulagé et ravi d'être de retour. Harry en lâcha aussitôt le sac pour l'attirer contre lui. Il était si heureux de le retrouver dans le confort de leur chez eux, seuls, juste eux.

Harry le serra même contre la porte. Cette odeur, ce gout, c'était si bon, si délicieux qu'il passa sa main sous le tee-shirt de Drago pour le toucher un peu plus et effleurer ses reins. Drago en frémit de bonheur. Là-bas, il avait dû se retenir parce qu'Harry avait dit que ce serait mal vu. Mais il avait besoin de ces contacts.

Ils le rendaient vivant, comprit-il. Cela ranimait quelque chose en lui alors ses doigts se serrèrent sur les vêtements d'Harry, comme si sa vie dépendait de ce contact. Harry tenta de se contenir autant qu'il pouvait et finit par poser son front contre lui, le souffle court, excité.

— Je suis content d'être rentré, dit-il avec un sourire doux.

— Moi aussi, gémit Drago toujours agrippé à lui.

— Tu ne m'aides pas, frissonna le brun au son de sa voix.

— Pardon, souffla le blond en baissant les yeux. Je dois faire quoi pour t'aider ?

— Ce n'est pas toi, c'est moi, assura Harry en venant l'embrasser de nouveau sur sa joue. Cela fait juste longtemps qu'on n'a pas pu se caresser. Et tu sens tellement bon, que j'ai envie mais je vais me calmer.

— Pourquoi ? On n'a toujours pas le droit ?

— Ce n'est pas ça... Je ne veux pas te presser, c'est tout.

— J'ai envie aussi.

— Tu es sûr ? Ce n'est pas parce que j'en ai envie et que tu veux me plaire ? demanda Harry en lui caressant le visage avec tristesse.

— Cela m'a manqué. On ne pouvait pas le faire là-bas, à cause des autres.

Harry reprit aussitôt sa bouche. Il était incapable de lutter. Surtout quand Drago lui disait qu'il le voulait aussi. Il ne put donc s'empêcher de chercher sa langue avec un gémissement désespéré. Oui, lui aussi, cela lui avait tellement manqué. Drago se perdit aussitôt dans le baiser, ses mains passant dans le dos d'Harry pour s'accrocher en le rapprochant le plus possible. Harry le plaqua aussi doucement qu'il le pouvait contre la porte, pour se frotter contre lui. Il en gémit aussitôt et l'une de ses mains pales descendit dans une caresse pressée pour aller effleurer la bosse, avide de le sentir nu contre lui.

— Bordel, grogna Harry en lui attrapant la taille.

Il le tira à lui, sans lâcher ses lèvres et le mena jusqu'au canapé où il se laissa tomber avec Drago sur lui. La seconde d'après, il lui enlevait sa veste pour mordiller son cou.

Drago glissait déjà ses mains sous le tee-shirt d'Harry, soupirant d'aise en touchant enfin sa peau. Sa chaleur était ce dont il avait besoin, surtout après ces quelques jours entouré d'étrangers. Alors il caressa le ventre et remonta plus haut en venant embrasser chaque portion de peau à sa portée. Harry n'en pouvait déjà plus. Fébrile, il ouvrit le pantalon de Drago pour sortir son érection et commencer à le caresser alors qu'il jouait toujours avec ses lèvres. Par Merlin, ce que cela lui avait manqué. De le toucher, le ressentir, l'admirer. Drago était tellement magique entre ses bras, sous ses lèvres, prenant son plaisir sans aucune pudeur.

Le corps de Drago se cambra au contact et il gémit. C'était exactement ce dont il avait envie alors il reprit ses baisers épars, caressant la peau de sa langue tandis que ses mains défaisaient les vêtements d'Harry tant bien que mal.

— Cela m'a tellement manqué aussi, haleta Harry en se laissant faire. Tu sais que j'adore ta peau douce...

Même les cicatrices qu'il sentait sous ses doigts le rendaient encore plus beau à ses yeux. Et pour une fois, il avait envie que Drago le sache. Ce dernier en frémit, relevant un regard intense vers Harry, le fixant presque avec vénération. Il ignorait si c'était l'émotion de son retour ici après ces jours dans cet endroit trop fréquenté ou juste le fait de pouvoir enfin agir librement avec Harry mais il se sentait retourné, chamboulé, par une vague de bonheur.

L'idée même du bonheur le paniqua presque tout en l'apaisant, c'était très étrange. Alors il préféra ne pas s'attarder sur tout ça et vint simplement reprendre les lèvres d'Harry avec plus de ferveur. Harry le serra contre lui et finit par l'aider à dégager son érection pour les frotter ensemble. Il ne tiendrait pas longtemps, c'était trop brusque, trop fort d'un coup. Mais il voulait partager tout cela avec lui. Drago gémit dès qu'ils furent en contact et s'agrippa plus fort à Harry avant de descendre une main. Il voulait aussi le toucher, augmenter leur plaisir, entendre Harry, le sentir frissonner. Alors ses longs doigts saisirent les deux sexes pour les caresser et il en émit un nouveau son indécent sous la vague de plaisir.

Harry entrelaça leurs doigts et il tenta de durer un peu plus longtemps mais la voix de Drago le fit jouir puissamment entre eux dans un souffle étranglé, sa prise se resserrant sur Drago, la tête cachée dans son cou. L'autre main de Drago s'entremêla à ses cheveux bruns alors qu'il accompagnait l'orgasme d'Harry avec des gestes plus lents, ses doigts jouant même avec la semence d'Harry qui rendait le contact plus glissant, encore meilleur, sur son sexe encore dur. Harry prit quelques secondes pour planer un peu plus, sentant le plaisir arrêter la tension dans son corps. Pourtant en admirant Drago toujours aussi dur, il revint à lui. Il ne pouvait pas le laisser comme ça. Il retira aussitôt sa main et prit ses hanches pour l'encourager à se lever. Le blond poussa un soupir frustré, lâchant Harry à regret alors qu'il rouvrait des yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermés, pour contempler son brun, toujours assis avec un regard sombre.

Harry lui fit un simple sourire, avant de le tirer à lui, toujours par les hanches, pour le prendre en bouche avec un grognement appréciateur, se fichant bien qu'il y ait sa propre semence partout. Il voulait juste encore entendre Drago, le voir se perdre dans le plaisir, plutôt que dans la peur comme certaines nuits. Les doigts se crispèrent dans les cheveux de geais et Drago laissa échapper un bruit de gorge absolument indécent. Le plaisir enflait, devenait si grand que chaque mouvement des lèvres d'Harry sur lui le rapprochait de l'orgasme. C'était tellement fort, tellement puissant, qu'il oublia enfin les jours précédents et son monde ne se résuma à nouveau qu'à Harry. Harry et ses lèvres. Harry et sa douceur. Harry et sa chaleur.

Il ne lui fallut pas longtemps de ce traitement pour jouir dans la bouche chaude et délicieuse avec un gémissement rauque. Harry continua de bouger pendant un moment, pour l'accompagner, comme Drago l'avait fait avec sa main, ses propres doigts caressant les fesses, avant de laisser sortir le sexe de son antre chaud et attirer de nouveau Drago sur lui. Le blond se cala aussitôt contre lui, l'enlaçant avec force, cachant son visage dans son cou alors qu'il caressait la peau nue de ses doigts, avec une douceur extrême comme s'il avait peur de le casser. Harry le serra avec la même force, l'entourant de ses bras. Son visage se cacha dans les cheveux blonds et il n'osa plus bouger. Parce qu'il se sentait enfin bien, tranquille, et en paix. Entre ses bras.

Drago ferma les yeux, savourant la chaleur si parfaite d'Harry. Il était enfin détendu, apaisé, alors qu'il retrouvait sa place dans ce monde. Harry le laissa faire pendant un long moment mais quand il sentit quelques frissons prendre sur le corps fin, il le rhabilla, avec la même douceur avant de s'apercevoir que la soirée commençait.

— Tu as faim ? demanda-t-il en lui embrassant la tempe.

Drago hocha la tête en caressant tendrement le visage tout proche du sien. Harry le fit glisser sur le canapé, non sans quelques baisers avant de se lever. Il se rhabilla aussi, avant de se diriger vers le frigo mais après une semaine sans être là, le peu qu'il avait semblait périmé. Harry referma donc la porte avant de se tourner vers Drago. Il allait prendre le téléphone, avant qu'une idée ne se fasse dans son esprit. Il revint vers le blond pour s'agenouiller devant lui et lui caresser la joue.

— Tu es fatigué ? demanda-t-il tendrement.

La tête de Drago fit un mouvement de gauche à droite pour répondre alors qu'il revenait toucher le visage du brun.

— Et si on allait chercher à manger ensemble ? proposa doucement Harry. Me semble que je te dois toujours un italien et il y en a un très bon au bout de la rue. On pourrait aller le chercher ensemble, qu'est-ce que tu en dis ?

— Dehors ? demanda Drago dont le corps se crispa.

Harry passa aussitôt ses bras autour de lui pour le rassurer.

— Avec moi. Juste au bout de la rue. On prend à manger et on rentre pour retrouver le canapé.

— Que je sorte avec toi ? réalisa Drago la gorge nouée.

— Tu ne veux pas ? Ce n'est pas grave, tu sais. Je pensais juste qu'être dehors rien que tous les deux sans surveillance, nous ferait oublier ces derniers jours. Mais si tu préfères rester là, je peux appeler. C'est à toi de choisir.

— Je ne sais pas, avoua Drago en baissant les yeux. Tu ne me lâcheras pas, hein ?

— Tu veux faire le voyage sur mon dos ? proposa Harry avec un sourire amusé.

Drago hésita mais finit par prendre la main d'Harry dans la sienne en la serrant très fort.

— Comme ça.

— Tout ce que tu veux, assura Harry. Tu veux bien alors ?

— Je vais essayer.

— Si tu ne veux plus, tu me le dis et on rentre aussitôt, d'accord ?

Harry accompagna ses mots d'un long baiser, puis d'un sourire.

— Tu pourras choisir toi-même ce que tu veux. Allez, viens, on va s'habiller un peu.

Drago acquiesça et se releva pour aller vers la chambre qu'il retrouva avec un sourire étrangement ému. Harry le laissa faire et alla passer sa veste. Drago piocha avec une joie certaine dans les affaires d'Harry, retrouvant le plaisir de passer un tee-shirt trop grand et il revint une fois vêtu, emmitouflé dans la veste trop grande de leur première sortie. Il vint saisir la main d'Harry en essayant de ne pas avoir peur de ce qui se trouvait derrière la porte. Harry l'attira aussitôt contre son torse, enroulant son bras autour de lui et déposa un nouveau baiser sur sa tempe.

— Un seul mot et on rentre, rappela Harry en ouvrant la porte.

— D'accord.

Harry sourit et leur fit descendre les escaliers avant d'ouvrir la porte pour les faire sortir dans la ruelle où la nuit commençait doucement à tomber. Drago se rapprocha aussitôt de lui mais la rue était presque vide et la main d'Harry tenait fermement la sienne alors il se contenta d'observer les lieux, inquiet mais pas effrayé.

— Tu sais déjà ce que tu vas prendre ? demanda Harry pour le distraire.

— Les pâtes, avec la sauce verte, répondit Drago sans cesser d'observer autour d'eux alors qu'ils avançaient.

— C'est ton préféré ?

— Non, c'est le dessert. Le tiramisu. Au café.

Cela déclencha aussitôt un petit rire chez Harry alors qu'il les faisait traverser.

— Oui, tu préfères le sucré. Tu es gourmand.

— C'est parce que c'est bon, souffla Drago en rougissant un peu, reportant son regard sur Harry. C'est grave d'être gourmand ?

— Oh non, c'est adorable, dit Harry en lui embrassant le front. J'aime bien te regarder manger.

— Ah bon ?

— Oui. Le sucre m'écœure vite mais j'adore comment il illumine ton visage.

— J'aime le gout. Et celui du café aussi. Et la poudre qu'il y a dessus.

— C'est du cacao, comme le chocolat. J'en prendrai si tu veux, pour faire des chocolats chauds. Le restaurant est là. Cela va aller ?

— Je crois, souffla Drago en observant la devanture du restaurant.

Harry l'embrassa une dernière fois sur le front avant de pousser la porte. Drago suivit, resserrant la main qu'il tenait alors que son regard observait l'endroit. Le restaurant était bien rempli, il y avait plus d'une dizaine de tables où se trouvaient des couples, des familles, des amis, mangeant autour d'assiettes plus ou moins remplies. Des serveurs circulaient entre les tables, rapides et souriants. Tout ce monde poussa Drago à se rapprocher d'Harry mais ils se dirigeaient à l'opposé, près d'une sorte de bar où la mention « à emporter » était inscrite. Un homme se trouvait juste derrière et les salua quand ils furent tout près, Drago restant un peu derrière Harry.

— Bonjour, on voudrait passer une commande, dit Harry en resserrant sa prise sur Drago. On va vous prendre des pâtes au pesto, c'est ça ?

Drago hocha la tête pour approuver, évitant le regard de l'inconnu. Harry continua la commande, tranquillement, pensant à prendre le dessert de Drago et l'homme les avertit que tout devrait être prêt d'ici une quinzaine de minutes. Harry paya sans lâcher Drago et laissa l'homme partir dans les cuisines pour apporter leur commande.

— Tu préfères attendre dehors ? demanda Harry.

Il hocha la tête et entraîna lui-même Harry à l'extérieur, se détendant un peu une fois que la porte se fut refermée sur le boucan du restaurant. Il triturait les doigts d'Harry, avec nervosité quand il sursauta. Parce que son nom complet raisonna dans la rue.

— Drago Malefoy.

C'était une voix féminine et un peu aigue qui poussa Drago à se réfugier derrière Harry alors qu'une grande blonde, perchée sur une paire de talons aiguilles vertigineux, se dirigeait vers eux. Harry ne lâcha pas la main de Drago et se redressa de toute sa hauteur face à la nouvelle arrivante.

— Un problème ? grogna-t-il.

— Harry Potter, reconnut la femme.

Elle était magnifique, avec sa chevelure claire parfaitement coiffée dans un chignon et dans son tailleur, elle dégageait une prestance charismatique. Elle s'arrêta tout près d'eux, cherchant le regard de Drago Malefoy, visiblement étonnée de le trouver en compagnie du Survivant.

— Je suis une amie de Drago.

— Et alors ? continua Harry avant de se tourner vers Drago pour voir sa réaction.

— Alors il avait disparu de la circulation ! Je te croyais mort, Drago.

Mais le blond se planqua dans le dos d'Harry, tentant de se soustraire à la vue de la blonde. Harry comprit le message et revint vers la femme.

— Il ne veut pas vous voir, alors dégagez. On ne va pas tarder à s'en aller aussi de toute façon.

— Drago ? appela la jeune femme.

Mais le blond avait agrippé la chemise d'Harry et s'était tourné, posant son dos contre celui d'Harry, pour regarder à l'opposé de la femme, incapable de lui faire face. La femme hésita une seconde avant de tourner les talons pour partir, sans rien ajouter. Harry soupira et attendit qu'elle disparaisse pour se tourner vers le blond et le serrer contre son torse.

— Tu te souviens d'elle ? demanda-t-il en lui caressant les cheveux dans un geste tendre.

— Oui, souffla Drago en se blottissant contre Harry.

— C'était vraiment une amie ?

— Non. On peut rentrer ?

— On prend juste notre commande et on rentre, assura Harry en revenant vers le restaurant.

Drago acquiesça en le suivant, incapable de le lâcher ou de se détacher un tout petit peu de lui. Harry prit le sac tendu par l'homme, ressortit sans lâcher Drago et attendit que personne ne les regarde pour disparaitre et réapparaitre sur le seuil de leur appartement. Il laissa Drago rentrer avant de l'enlacer.

— Je suis désolé. Tu veux en parler ?

Drago hocha négativement la tête, se contentant de s'enrouler autour de lui, soulagé d'être dans l'appartement. Il voulait repousser loin tout souvenir de cette femme. Il ne voulait pas qu'on le reconnaisse. Il n'était pas Drago Malefoy. Il ne voulait pas l'être.

— Hé, tout va bien. On est chez nous. On va manger tranquillement et après on pourrait aller prendre un bain. Qu'est-ce que tu en penses ? Cela fait longtemps.

— Oui un bain, acquiesça Drago en se redressant un peu. Cela m'a manqué.

Harry eut un sourire rassuré, en retirant sa veste.

— On mange pendant que c'est chaud et après on va au bain, dit-il en embrassant son nez.

Drago eut un sourire un peu faible mais se dirigea vers la table en se débarrassant des chaussures et de la veste en chemin. Harry reprit le sac et ils s'installèrent sur la petite table. Harry sortit tous les plats et commença à manger.

— C'est bien que tu sois sorti aujourd'hui, félicita-t-il. Je suis fier de toi.

— Vraiment ? C'est si important que ça ? soupira le blond.

— Non, ce n'est pas important. Mais je me disais que c'était signe qu'on pourrait peut-être faire de belles balades. Comme aller à la mer ou peut-être la montagne. Ensemble...

— S'il n'y a personne alors. Que nous.

Harry hésita un long moment, avant de prendre la main de Drago dans la sienne et chercha son regard.

— Tu sais que je te protégerai toujours, n'est-ce pas ?

— Toujours ? répéta Drago en l'observant intensément.

L'avenir. La notion percuta Drago avec violence. Jamais ils n'avaient parlé de futur. Ils n'allaient jamais plus loin que demain. Toujours était si lointain. Mais il réalisa qu'il le voulait. Toujours avec Voix Grave. Parce que c'était encore plus parfait qu'un moment tendre. L'idée qu'il y en ait des milliers d'autres était idyllique et fit briller les yeux de Drago.

— Bien sûr, toujours. Alors, tu veux me parler de cette femme ?

— Tu veux que je t'en parle ? sembla croire Drago en fronçant les sourcils.

— Je ne veux pas que tu paniques. Alors, si tu veux en parler, je veux que tu saches que tu peux. Si tu ne veux pas, on oublie cette femme, d'accord ?

— Je veux l'oublier.

— D'accord.

Et Harry reprit son repas comme si de rien n'était. Drago hésita mais finit par faire de même, sans le lâcher du regard. La femme était déjà loin dans son esprit. Il se foutait des souvenirs de Drago Malefoy, de ses amis, de son monde. Lui, tout ce à quoi il pensait, c'était l'idée que Voix Grave voudrait toujours de lui. Ce mot « toujours » tournait en boucle dans sa tête et faisait pétiller son regard.

— Tu veux manger ton dessert tout de suite ou on va au bain d'abord et tu le mangeras dans le canapé ? demanda Harry à la fin du repas.

— Dans le canapé, décida Drago en se levant. Après.

Cela fit sourire Harry qui finit par venir chercher un baiser, avant de l'entrainer vers la salle de bain.

— Comme il te plaira.

— Est-ce que je resterai toujours ici ? demanda Drago en le suivant.

Cela stoppa aussitôt Harry, incertain, avant de se tourner vers lui. Il n'était pas sûr de vouloir avoir la réponse à sa future question mais il le devait.

— C'est ce que tu voudrais ?

Drago n'eut même pas une once d'hésitation avant d'hocher la tête, avec vigueur, le regard pétillant d'espoir. Ne jamais partir tenait vraiment du rêve. Vivre ici, avec Voix Grave, pour toujours. Harry sentit sa respiration se ralentir mais voulut être sûr.

— Tu veux dire avec moi ou dans cet appartement ?

— Avec toi, répondit Drago comme si c'était une évidence.

Et Harry en fut bêtement ému. Il l'attira peut-être trop violement à lui mais c'est avec une douceur presque extrême qu'il posa ses lèvres sur les siennes.

— J'en serais honoré, finit-il par dire. Je ne comptais plus te laisser partir de toute façon.

Drago enroula ses bras autour d'Harry, soulagé, son corps se détendant enfin. C'était tout ce qu'il souhaitait à cet instant. La douceur et la tendresse de Voix Grave, l'idée que ça dure toujours. Harry l'enlaça un long moment, butina ses lèvres, avant de lui sourire tendrement.

— Viens, sinon on n'ira jamais au bain.

— D'accord.

Harry l'entraina dans la salle de bain et commença à le dévêtir avec bonne humeur.

— Il y a d'autres choses que tu voudrais ?

— Non. Je suis content d'être rentré.

— Tu es sur ?

— Pas toi ? s'étonna Drago qui trouvait les questions d'incertitude d'Harry étranges.

— Bien sûr que je suis content d'être là avec toi, assura Harry en venant l'embrasser encore, une fois qu'il fut nu.

— Est-ce qu'il y a des choses que, toi, tu voudrais ? demanda Drago d'un ton hésitant.

— Te voir sourire. Plus souvent.

— Oh, souffla Drago. D'accord. J'essaierai.

— Je ne veux pas te forcer. Il faut que ce soit sincère, sinon cela ne sert à rien, apprit Harry en se déshabillant aussi.

— D'accord, acquiesça Drago en se dirigeant vers la baignoire pour commencer à s'y glisser.

— Tout va bien, tu sais, garantit Harry en le suivant. On va être enfin tranquille. Enfin, le docteur passera de temps en temps.

— Oui, je dois continuer à y aller, soupira Drago.

— Il viendra aussi ici, apprit Harry en l'attirant contre lui après s'être assis.

— Tu veux bien ? Tu ne l'aimes pas pourtant.

— Ce n'est pas lui que je n'aime pas, c'est sa profession, dit Harry en commençant à lui laver les cheveux avec la même douceur qu'avant. Mais il n'est pas si horrible que ça pour un psy... Et il semble te faire du bien.

— Pourquoi tu n'aimes pas sa profession ?

— Des gens comme lui... m'ont fait du mal. Enfin, au lieu de m'aider, ils m'ont enfoncé.

Drago en fut peiné et se tourna vers lui pour l'enlacer, dans l'espoir de le réconforter, caressant sa tête et ses cheveux avec douceur.

— Tout va bien, assura aussitôt Harry. C'était il y a plusieurs années.

— Il n'est pas obligé de venir, je peux y aller, ça ne me gêne pas. Je ne veux pas te l'imposer, décida Drago en se redressant un peu.

— Non. Lui... ça va.

Il avait été étonné de leur dernière conversation, alors il voulait laisser une chance au docteur. Pour Drago. Ce dernier acquiesça gravement, venant caresser le visage humide avec douceur et finit par embrasser tendrement ses lèvres avant de reprendre sa place contre lui.

— Il t'aide ? Tu arrives à lui parler ? demanda Harry en commençant à laver son corps.

— Au début, il ne disait pas grand-chose et maintenant, il me pose des questions. Certaines sont bizarres, d'autres un peu agaçantes. Il aime bien regarder mes dessins.

— Et tu penses que cela t'aide ?

— Je n'en sais rien.

Harry finit par l'attirer contre lui et embrassa sa tempe.

— Pardon, je dois t'ennuyer avec tout ça.

— Tu ne m'ennuies jamais, répondit Drago en fermant les yeux, se laissant aller contre lui.

— Oublions tout ça, ce soir on est que tous les deux, gémit Harry en lui flattant le ventre.

— À la maison, compléta Drago avec un soupir satisfait.

Harry sourit et profita de ce moment calme. Oui, enfin chez eux, ensemble. Et c'était parfait comme ça.


Qui parie sur le fait que cela va rester tranquille? :D