Bonsoir !
J'espère que tout va bien pour vous ! De mon côté, j'ai conscience d'être lente dans la publication et je m'en excuse, mais j'essai de tenir un certain rythme ! J'ai un autre projet à côté et les chapitres étant de plus en plus longs, je prends plus de temps pour la correction !
N'hésitez pas à me donner votre avis :)
Bonne lecture !
Edith.
"La séparation"
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Drago et Ron montèrent dans le ciel si rapidement que Harry les perdit presque immédiatement de vue. À ce moment-là, il se mordit les doigts en pensant qu'il aurait dû prendre un balai lui aussi pour les surveiller, car s'il connaissait Ron, il ne connaissait pas vraiment l'adversaire de ce dernier. De son côté, Hermione scrutait le ciel pour tenter de suivre ce qu'il se passait, mais elle ne tarda pas à abandonner, car elle ne voyait rien.
-Je reviens ! Déclara Harry en partant vers les vestiaires. Ginny surveille !
-Bien chef !
Ginny fila au centre du terrain et leva la tête.
-Tu crois que ça va bien se passer ? Demanda Hermione inquiète.
-Disons que je parierais sur quelques membres cassés.
-Ginny ! Tu es censé me soutenir !
-C'est ce que je fais. Je pourrais parier sur la mort de l'un d'entre eux, et ce ne serait pas Ron étant donné la situation.
-Me revoilà !
Harry revint avec un balai qu'il enfourcha avant de s'élever lui aussi dans le ciel pour suivre l'évolution de la situation.
Les deux adversaires étaient chacun à un bout du terrain. Drago décrivait de petits cercles tout en scrutant la pénombre, guettant le moindre mouvement suspect, ou le moindre éclat doré. Cette balle, le serpentard en avait longtemps rêvé, mais il n'avait cessé de l'effleurer sans jamais parvenir à l'attraper. Cette balle minuscule était la clé pour qu'il puisse parler à la jolie gryffondor sans que Weasley n'ait son mot à dire. De plus, l'idée de ravir la victoire à ce roux stupide comme un botruc donnait à Drago un étrange et doux sentiment de satisfaction. Néanmoins, le jeune homme pouvait sentir la rage de vaincre de son adversaire, ce ne serait pas de la tarte, même s'il avait l'avantage d'être attrapeur, il avait gagné si peu de fois qu'il partait tout de même avec un désavantage.
De l'autre côté du terrain, Ron était aussi à la recherche du vif d'or, une main en visière sur son front. La nuit ne rendait pas la tâche facile. Il n'était pas à l'aise, même s'il avait accepté le défi de Malfoy, il n'était pas attrapeur, il n'était pas Harry, et même si Malfoy était un attrapeur plus que moyen à ses yeux, il restait un attrapeur, un serpentard, un Malfoy et il fréquentait Hermione. Cette simple idée mit le feu à ses pensées et Ron décida d'agrandir sa zone de recherche. Malfoy ne gagnerait pas.
Ron et Drago tournoyèrent sans but dans le ciel nocturne un long moment, dans le plus grand silence. Harry les surveillait, tandis qu'en bas sur la pelouse, Hermione faisait les cent pas autour de Ginny qui gardait les yeux rivés sur ce qu'il se passait. Elle finit tout de même par arrêter Hermione par le bras.
-Tu vas réussir à me donner le tournis à ce rythme. Dit-elle.
-Je dois faire quelque chose Ginny. C'est vraiment une idée stupide ! Pourquoi ils ont besoin d'en passer par là ?! Elle manqua de crier.
-Ils en passent par là parce que Ron tient à toi et que Malfoy… je crois qu'il t'aime beaucoup et ça, Ron ne le vit pas bien. En même-temps, c'est pas bien compliqué à comprendre. Vous vous battez contre Malfoy depuis si longtemps, c'est un peu choquant quand on ne s'y attend pas. Vous voir... tous les deux.
-Je pensais… je me disais que ça pouvait peut-être… être une bonne chose. De plus, les choses arrivent sans qu'on les contrôle alors…
-Hermione, je ne te critique pas, même si parfois t'aurais besoin d'un bon coup sur la tête. Je dis juste que le peux comprendre la colère de Ron, mais je ne le défends pas. Sa façon de faire est débile. Enfin bref, je suppose que seul la gente masculine peut expliquer tout ça. En attendant, regarde, de toute manière, tu ne peux faire que ça. Si tu continus de réfléchir, tu vas exploser.
Ginny sourit à son amie, puis elle retourna à l'observation du petit match qui se déroulait sous ses yeux. Hermione, quant à elle, resta là à fixer le sol. Qu'allait-il se passer ? Les promesses de l'un et de l'autre allaient-elles être tenues ? Elle connaissait maintenant un peu plus son homologue et se doutait que même dans la défaite il ne lâcherait rien et cela risquait de poser un problème. Au contraire, si le serpentard gagnait elle prenait aussi le risque de devoir choisir et de se brouiller un peu plus avec Ron ce qui lui faisait peur, même si elle lui en voulait pour son comportement et ses mots, il restait son ami. Au final, elle pouvait comprendre sa façon d'agir, même si elle aurait voulu qu'il réfléchisse un peu plus et tente de la comprendre elle aussi.
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Plus haut, Drago et Ron s'étaient encore rapprochés et pouvaient à présent s'analyser et de haïr de plus près. En silence, ils tournèrent l'un près de l'autre un moment, tout en se foudroyant du regard. Drago s'éloigna légèrement, il sentait la colère l'entourer et il refusait d'y céder, car il se sentait incapable de la contrôler. Il fixa son regard sur le lac noir qui apparaissait au loin, lorsque quelque chose de minuscule frôla son oreille. Drago sursauta et tourna vivement la tête, manquant de se tordre le cou. Là, à quelques mètres d'eux, voletait le vif d'or. La petite balle semblait les narguer, puis après quelques secondes dans le champ de vision des deux adversaires, elle s'envola de nouveau.
Cet instant précis le stade se mit à trembler et les cœurs de Drago et de Ron s'accélérèrent. Sans se jeter un seul regard, ils se lancèrent à la poursuite de la petite balle. Le corps de Drago heurta bientôt celui de Ron et tout deux se retrouvèrent épaule contre épaule, se donnant des coups pour tenter de ralentir l'autre sans y parvenir. Si leur vitesse n'augmentait pas, leur rage et leur envie de vaincre avait pris toute la place, si bien, que plus personne ne semblait pouvoir respirer. Hermione se rongeait les ongles à côté de Ginny qui tenait à présent la main de sa meilleure amie pour tenter de l'aider et de la rassurer. Harry de son côté faisait de son mieux pour les suivre.
Ron, qui se sentait perdre patience, donna un coup d'épaule plus fort et Drago manqua de tomber de son balai. Il fallait être honnête, Ron était physiquement bien plus fort que lui et c'était un point que le serpentard ajouta à l'équation tout en agrippant son balai plus fort. Il fit de son mieux pour mettre de la distance entre eux et fonça tête baissée vers le vif d'or qui continuait de les narguer. Une fois à bonne distance de la balle, Drago tenta de tendre la main, mais Ron surgit et le repoussa.
-Lâche l'affaire Malfoy ! On sait très bien que tu te sers d'elle ! Laisse-là !
-Brown doit probablement t'attendre Weasley, laisse les grands régler leurs affaires !
-Tu ne peux pas tenir à elle comme ça ! Tu n'as pas cœur !
-Pour elle, dit alors Drago en regardant Ron droit dans les yeux. J'ai accepté d'en avoir un.
Ron ne put retenir un élan de rage et frappa Drago au visage. Coup que le serpentard ne vit pas venir et qui le déséquilibra au point de ne pas comprendre pourquoi il chutait si vite et pourquoi son balai était si haut. Il pouvait sentir l'air glacial s'immiscer sous sa cape, puis il y eut un hurlement.
- Non !
- LEVIS CORPUS !
Il y eut un moment de flottement et sa chute sembla ralentir. Pourtant, ce ralentissement n'adoucit pas pour autant le contact de son corps avec le sol qui révéla plus brutal qu'il l'aurait cru. Il eut l'impression d'entendre des craquements, sans doute ses os et si dans un premier temps il ne sentit rien d'autre que le vent sur son visage, bientôt chaque parties de son corps se mirent à brûler. Il serra les poings et tenta de retenir un cri qui se tranforma en un grognement de douleur.
- Non, non, non...
Quelqu'un s'agenouilla près de lui. Il sentit bientôt deux mains froides, mais terriblement douces et délicates, caresser son visage. Il reconnut son parfum et sa façon de paniquer en s'agitant pour trouver une solution.
A genoux près de son homologue, Hermione cherchait quoi faire, mais elle se sentait incapable de réfléchir correctement tant l'état du serpentard était préoccupant. Son visage était rougi par le coup de Ron, il gémissait de douleur, mais c'est autre chose qui attira le regard de la jeune femme. Là, sous sa cape, quelque chose bougeait. Ginny ouvrit de grands yeux, Harry sembla être bloqué par ce qu'il voyait, ou plûtot par ce qu'il ne voyait pas. Interloqué et piqué par la curiosité, Hermione souleva le pan de la cape, mais ne vit rien. C'était visiblement sous le pull du serpentard, au niveau de son buste. Hermione rougit si fort qu'elle fit de son mieux pour le cacher. Elle prit une profonde inspiration puis elle glissa timidement sa main sous le pull du jeune homme en passant par son col et tout en évitant de faire bouger son visage. À cet instant, le cœur de la gryffondor commença à jouer une douce et piquante mélodie qu'elle chercha à faire taire. Hermione secoua la tête et tenta de se concentrer sur sa tâche tout en cherchant à occulter le bout de ses doigts qui effleuraient la peau brûlante du serpentard. Il allait vraiment finir par la tuer et ce ne serait pas forcément désagréable. Le chemin de ses doigts se termina en touchant une forme ronde en métal. Elle referma sa main sur l'objet et sortit sa main du pull du jeune homme. Ginny avait dû fermer la bouche de Harry avant que la mâchoire de celui-ci n'atteigne le sol.
Hermione resta interdite devant le vif d'or qui gigotait dans sa main.
-Finalement, la trajectoire était assez bien maîtrisée. Fit remarquer Ginny.
-Ginny ! Siffla Hermione. Il aurait pu se tuer !
-Mais, il a fait en sorte de manquer de mourir en attrapant le vif d'or. Enfin… il est tombé dessus. On peut dire qu'il nous a fait une "Harry".
Harry, qui avait reprit ses esprits après ce qu'il venait de voir, avança vers Hermione et prit le vif d'or de la main de son amie avant de se tourner vers Drago à peine conscient de ce qu'il se passait. Il souffrait, sentait à peine son bras gauche et ne parvenait pas à former un seul mot.
-Et bien, il semble que Malfoy ait gagné. Puis il remit le vif d'or dans sa boite.
-Jte l'avais dit. Parvint à murmurer le serpentard qui tenta de sourire, mais perdit connaissance.
-Hé ! S'écria Hermione. Harry, il faut l'amener à l'infirmerie !
Harry s'agenouilla près de Drago et tenta de le faire réagir en claquant des doigts à défaut de pouvoir le gifler.
-Malfoy, si tu pouvais éviter de claquer en ma présence ce serait super ! Malfoy ! Reviens parmi nous ! Allez, debout !
- TOI ! La voix d'Hermione fut si forte que les cognards cessèrent de s'agiter dans leur boite.
Ron était redescendu de son balai et avait l'air mal à l'aise. Apparemment, il n'avait pas voulu causer autant de dégâts et il savait ce qui l'attendait. Hermione s'approcha de lui et le gifla avec une force telle que Ron tourna sur lui-même. Ginny décida de ne pas s'en mêler et alla aider à Harry.
- S'il lui arrive quelque chose ! Tonna la voix d'Hermione. Je jure que tu subiras le même sort !
Ron ne répondit pas. Il savait qu'il n'avait rien à dire.
-Je me fiche ouvertement de ce pari stupide ! Si tu avais gagné, cela n'aurait rien changé à mes yeux ! Je vous ai laissé faire parce que j'ai bien compris que votre fichue fierté ne vous en aurait pas empêché, mais ça Ronald ! c'est stupide, déloyal et surtout… je ne te pensais pas comme ça… Tu aurais pu le tuer ! Je sais que tu ne l'aimes pas, je sais que vous ne vous aimerez jamais, mais même si je déteste Lavande, je ne suis pas allée si loin. Je ne te comprends pas Ron… Tu me déçois… Elle baissa les yeux et se retourna. Ne me parle plus. Du moins… pas pour le moment. Je pense que c'est mieux.
Laissant Ron seul, Hermione revient vers Ginny et Harry qui avaient réussi à faire reprendre conscience au serpentard qui oscillait entre deux états et peinait à mettre un pied devant l'autre.
-Il pèse son poids mine de rien. Se plaignit Ginny.
-Il a de la chance d'être « ami » avec Hermione sinon je l'aurai laissé par terre. Continua Harry.
-Arrête, ça t'aurait manqué de ne pas le pourrir.
-T'as raison…
- Harry, sa tête saigne ! s'écria Hermione en venant vers eux.
- Il faut l'emmener à l'infirmerie au plus vite.
- Et on va dire quoi ? Se demanda Ginny.
- Il a voulu venir sur le terrain s'entraîner. Il ne nous a pas vu et il à prit un cognard en pleine figure. Il va vraiment passer pour un crétin, mais c'est mieux que rien et c'est tout ce que j'ai en stock. Proposa Harry.
Le petit trio emmena Drago à l'infirmerie en tentant de n'être vu de personne.
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Une fois là-bas, Harry et Ginny se chargèrent des explications auprès de Madame Pomfersh qui goba l'histoire du premier coup, ce qu'Harry n'aurait pas cru. Elle fit s'allonger Drago puis jeta Hermione, Ginny et Harry, dehors, leur intimant de revenir un peu plus tard. Une fois dehors Hermione fit les cent pas dans le couloir.
-Tu vas bien ? Demanda Harry.
-Non, ça ne va pas ! Il a failli se tuer par ma faute. J'aurai dû les arrêter…
-Même avec toute la bonne volonté du monde, même si tu les avais menacé… ils l'auraient fait quand même. Répondit Ginny. C'est la faute de Ron qui l'a frappé et l'a fait tomber de son balai.
-Il est tellement stupide ! Explosa Hermione au milieu du couloir. Je peux les comprendre, je ne suis pas sans cœur, mais… je pensais que Ron serait comme vous… qu'il chercherait à comprendre…
-Tu le connais. Tu connais ses relations avec Malfoy et sa famille. Il t'aime beaucoup.
-Et il m'a caché sa relation avec Lavande avant de m'humilier devant tout le monde. Trancha la gryffondor.
-Coulé. Murmura Ginny en imitant avec ses mains un bateau en train de couler.
-Laisse-lui le temps, il comprendra. Mais j'espère que Malfoy est vraiment sincère. Je ne mets pas tes choix en doute, mais au vu de qui il est et à été, je préfère émettre des réserves. Confia Harry.
-Je le comprends. Merci. Hermione sourit à son ami.
Il y eut un léger silence, puis Hermione versa quelques larmes dans les bras de Ginny. De son côté, Harry tentait de comprendre la situation. Il commençait à l'accepter, même si c'était encore compliqué. Il n'aimait pas Drago Malfoy, mais il adorait Hermione, elle était comme sa sœur et il avait confiance en elle. Elle était intelligente et ne se serait jamais laissée avoir par un maléfice pour la manipuler. En la voyant si mal, si triste, Harry su qu'elle était sincère, que cette histoire comportait une grande part de vérité et c'était le plus incroyable. Peut-être que comme Ginny l'avait dit, la douceur d'Hermione avait un peu fait changer le serpentard en plus des événements de l'année dernière. Le survivant souffla et tourna la tête lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Madame Pomfresh.
- Il va bien. Les quelques fractures dues à la chute seront réparées dés demain et il gardera une sacrée bosse sur le crâne pendant quelques jours, mais il va bien. Miss Granger, il a demandé à vous voir. Entrez.
Hermione lâcha Ginny et entra précipitamment dans l'infirmerie.
- A l'avenir, maugréa madame Pomfresh à l'égard de Harry, procédez aux entraînements de jour et arrangez-vous pour les horaires. Puis elle referma les portes.
Une fois seuls dans le couloir, Harry se tourna vers Ginny. Il avait la mine inquiète.
-Tu y crois, à tout ça ? Demanda-t-il.
-Je ne sais pas, mais j'ai confiance en Hermione.
-Je ne sais pas si la confiance peu suffire cette fois…
-Attendons de voir. J'ai l'impression qu'Hermione a une bonne influence sur Malfoy. Fit remarquer Ginny. Je pense qu'elle le mène sur la bonne voie.
-Tu le penses vraiment ?
-Il a accepté de manquer de se tuer pour ça et il a montré à tout le monde qu'ils étaient amis, au risque de se mettre sa propre maison à dos. Et vu la réaction des autres, je ne pense pas que ce soit une blague. Rien que la tête de Parkinson veut tout dire.
-Tu dois avoir raison.
-J'ai toujours raison. Souris la rousse. Maintenant allons tuer mon frère.
Ils filèrent en direction de leur salle commune afin de parler à Ron sans le tuer.
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Pendant ce temps, Hermione s'était assise près du serpentard qui s'était endormi. Comme ça, il semblait moins souffrir. Son front était bandé, son bras gauche en écharpe au-dessus de la couverture et la partie gauche de son visage avait bien désenflée. En tout cas, il n'y avait plus de cris, plus de gémissements de douleurs, ni de difficultés à parler. Plus de sang, plus de bruits terrifiant à chaque mouvement. Madame Pomfresh l'avait aidé à enfiler un pyjama propre et ses vêtements étaient à prsent posés sur une chaise près du lit. Son pantalon était plein de terre et son pull vert et argent était tâché par un liquide rouge foncé au niveau du col. Hermione déglutit et préféra regarder ailleurs. Elle concentra alors son regard sur ses genoux, tout en se demandant si Maly dormait bien prés de la cheminée et si Pattenrond avait élu domicile sur le lit du serpentard comme il aimait le faire de temps en temps.
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La jeune femme veilla Drago un moment. C'est lorsqu'elle sentit ses yeux se fermer et qu'elle s'éveilla brusquement, qu'Hermione remarqua que la blessure de la main de son homologue avait guérit. Sans prendre le temps de réfléchir à son geste, elle posa délicatement sa main sur celle du jeune homme resta comme ça quelques minutes. Elle ne bougea pas et se concentra sur le contact de sa peau avec celle du serpentard. Elle était froide, comme si elle avait besoin de contact pour se réchauffer, pour se rassurer. Hermione resserra doucement la pression de sa main et laissa son cœur battre un peu plus fort et quelque chose s'affoler en elle. Elle commençait à avoir l'habitude de ces changements quand elle était près de lui, mais elle n'osait pas encore poser des mots sur tout ça. La jeune femme leva les yeux vers la fenêtre pour observer les étoiles qui scintillaient au loin, puis, elle sursauta. Quelque chose serrait sa main.
Il avait les yeux ouverts. Il était réveillé et son mince sourire en disait long sur ce à quoi, il pensait. Prise la main dans le sac.
-Depuis quand ? Demanda Hermione d'une voix légèrement tremblante.
-Disons, un certain temps.
-C'est… terriblement gênant.
Elle chercha à retirer sa main, mais il l'en empêcha.
-Tu crois vraiment t'en sortir comme ça ?
-Je ne voulais pas... S'affola la gryffondor incapable de contrôle les rougeurs de son visage.
-Hé Granger, il n'y a personne ici.
Il prononça ces paroles d'une voix si douce qu'Hermione céda et laissa sa main là où elle se trouvait. C'était mentir que de nier que ce contact était agréable et puis, il avait raison, il n'y avait qu'eux ici. Elle le laissa entrevoir sa faiblesse et se laissa rougir face à lui.
-Comment te sens-tu ? Demanda alors Hermione pour détourner la conversation.
-J'ai vu pire. En revanche, je peux t'assurer que Weasley va regretter son geste.
-En même temp, si tu n'avais pas proposé ce stupide pari…
-En effet. Je n'ai pas réfléchi sur le moment. Mais maintenant, j'ai une raison de lui refaire le portrait.
-Je m'en suis occupé. Fit Hermione en s'approchant un peu plus du lit.
-Oh, tu l'as frappé ? Drago ouvrit de grands yeux.
-Non, je te laisse cet honneur, mais j'ai usé de mes cordes vocales.
-Chapeau Granger.
-Merci. Elle sourit.
Hermione adressa un timide sourire au serpentard qui profita de cette vue qui lui était offerte à lui seul, tout en occultant du mieux qu'il pouvait son cœur qui cherchait à sortir de sa poitrine pour sauter sur la gryffondor. Il n'aurait pas cru qu'elle reste près de lui, pour lui et ce, malgré la stupidité de l'acte qui l'avait conduit ici. Drago remarqua alors que son homologue semblait lutter contre le sommeil.
-Tu devrais dormir. Retourne à la salle commune. De plus, ton crétin de chat va finir par manger mes chemises.
-Je reste là. Répondit-elle fermement.
Sans demander la permission et surtout parce qu'elle était trop épuisée pour faire le chemin jusqu'à son lit, Hermione posa sa tête sur le lit du serpentard et ferma les yeux.
-Mon chat n'est pas un crétin, puis tu l'aimes bien… Je dors un peu… juste…
Elle ne termina pas sa phrase et sombra en quelques secondes.
Cette fille était en fait une enfant, enfin par moment il ne la voyait pas autrement et c'est cela qui la rendait si hypnotique, si étrange et si jolie. Quand il fut sûr qu'elle dormait profondément, Drago retira doucement sa main de celle de son homologue puis il glissa ses doigts dans les cheveux de la jeune femme qui s'étalaient près de lui. Il se souvint alors du coup brutal de Weasley, de sa chute, de l'atterrissage, de la douleur. Comme quoi l'honnêteté n'était pas forcément la meilleure des choses. Tandis qu'il pensait à la façon de faire avaler ses dents à Weasley, il baissa les yeux sur le visage endormit et paisible d'Hermione. Son acte était clairement stupide, il avait laissé parler sa fierté et avait proposé ce pari à Ron tout en sachant que la possibilité que cela se termine mal était présente. Il était stupide. Quand il tenait à quelqu'un, Drago Malfoy devenait stupide. Voilà pourquoi il n'aimait pas s'attacher, car quand cela arrivait, il cessait de réfléchir et faisait parfois les mauvais choix. Non pas qu'il n'était pas heureux de s'attacher à la gryffondor, il ne pouvait dire le contraire, mais il savait que cela pouvait maintenant lui apporter pas mal de problèmes et il n'en avait pas besoin, pas maintenant. Mais pouvait-il lui dire non ? renoncer à elle maintenant ? Non.
Il chercha à s'asseoir et décida de rester allongé quand son corps menaça de se briser sous la doul
-Balle à la con. Murmura le serpentard en fermant les yeux.
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Hermione rouvrit les yeux au lever du soleil, aux alentours de 7h00. Pas totalement éveillée, elle mit un petit moment avant de prendre conscience de l'heure et de sauter sur ses pieds.
-J'ai trop dormi ! Je dois aller me changer, prendre mes affaires et aller déjeuner et…
-Ne hurle pas… pitié… supplia la voix encore endormie du serpentard.
-Inutile de grogner. Je sais bien que n'est pas du matin.
-Ni d'aucun autre moment de la journée.
Hermione leva les yeux vers le plafond tout en secouant la tête. Rapidement, elle arrangea ses cheveux en les attachant et attrapa sa cape sur la chaise. Elle se tourna vers son homologue avant de le laisser.
-Ca ira ?
-Je suis cloué sur un lit, dans un hideux pyjama, loin de Weasley et je n'irai probablement pas en cours ce matin. Je suppose que ça va.
-D'accord. Elle lui accorda un bref sourire.
-Ah, une dernière chose ! La retint le serpentard.
-Oui ?
-Je ne me sentais pas bien hier soir et j'ai préféré aller à l'infirmerie.
-Je me ferai un plaisir de le dire à Parkinson. Elle viendra te donner à manger.
-Voilà. T'as tout compris. J'attends midi avec impatience.
-A midi ? vous serez déjà sortis ! Intervint Madame Pomfresh. Vous semblez aller mieux Monsieur Malfoy. Voyons cela. Miss Granger, vous pouvez partir et allez manger un morceau, vous êtes pâle comme un fantôme !
-Bien.
Hermione hocha la tête en direction de l'infirmière et fila vers la grande salle pour déjeuner, mais décida de se passer de nourriture en se disant que Ron allait probablement s'y trouver. Elle passa alors par sa salle commune pour donner à manger à Pattenrond et Maly, elle se changea et se rendit à son cours de sortilèges. Dans la salle, Harry gisait sur sa chaise et paraissait terriblement fatigué.
-Harry, tu vas bien ? S'inquiéta Hermione qui sortait ses affaires.
-Plus jamais. Dit-il simplement. Plus jamais je ne chercherais à raisonner Ron. C'est peut-être mon meilleur ami, mais je jure que la prochaine fois, je l'assomme. Personne n'a dormi.
Hermione leva la tête et vit en effet que les autres gryffondors, affichaient de terribles mines. Seamus dormait derrière son livre ouvert, Dean tentait de trouver un point suffisamment intéressant pour qu'il garde les yeux ouverts et Neville se pinçait les poignets pour se maintenir éveiller malgré les lourds cernes sous ses yeux.
-Vous n'avez vraiment pas dormi ?
-Pas vraiment et toi, comment vas-tu ?
-Je vais bien, j'ai réussi à dormir un peu et j'ai eu l'autorisation de rester à l'infirmerie.
-Heureux de te l'entendre dire. En revanche, tu m'excuseras, mais je compte bien passer le cours à rattraper ma nuit. A plus tard.
Harry s'étira rapidement, puis il entreprit d'enfouir sa tête dans ses bras pour ensuite s'endormir.
Dés la fin du cours, Hermione fut obligée de frapper Harry avec son livre pour le réveiller et fit de même avec les autres.
-Allez-vous reposer dans le parc. Il fait beau. Je vous rejoins après mon cours de runes anciennes. Leur proposa Hermione.
-Comment tu fais pour supporter autant de cours ? Demanda Seamus toujours surprit par l'application d'Hermione dans ses études.
-Je dors la nuit. Répondit la gryffondor en tournant les talons pour partir.
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Plus tard, à la fin de son cours de runes anciennes, Hermione alla rejoindre ses amis dans le parc. Ils avaient visiblement pris le temps de se reposer et riaient tous les quatre. Quand la préfète arriva vers eux, elle posa son sac sur le sol et alla s'asseoir près de Neville.
-Alors, pour hier ? Demanda-t-elle.
-Ron a été un fléau… Souffla Neville. Il a passé son temps à insulter Malfoy. Il l'a traité de…
-Connard de manipulateur à la con. Compléta Dean.
-Et puis il a dressé ton portrait en disant que tu étais naïve etc... Enfin, tu vois le genre ? Termina Harry. Ron en colère dans toute sa splendeur.
Hermione eut du mal à se mettre en colère. Elle se retint et préféra souffler. Elle comprenait et connaissait Ron, donc elle savait que c'était une réaction normale chez lui.
- Ensuite... Neville s'arrêta et eut un regard hésitant vers Harry.
- Ensuite, reprit Harry, il nous a dit que malgré ses sentiments pour Lavande, c'était pour te rendre jalouse. Il pensait que si tu étais jalouse, tu cesserais de voir Malfoy.
-Tout ça pour dire, termina Dean, que Ron nous à fait un sacré numéro durant près de sept heures. Sept longues et interminables heures à l'écouter, râler, critiquer, crier sur l'univers, son injustice et la couleur de cheveux de Malfoy qu'il n'aime vraiment pas.
Il s'arrêta de parler en remarquant qu'Hermione s'était décomposée en les écoutant. La rendre jalouse. Elle avait été humiliée pour ça ? La jeune femme fit de son mieux pour se contrôler et prit une profonde respiration avant de lâcher.
-C'est un crétin ! Il n'avait pas besoin d'en arriver là ! Me rendre jalouse… c'est complètement débile. Tout est stupide dans cette histoire ! Je n'ai pas d'autre choix que de fréquenter Malfoy au vu de nos rôles de préfets. Alors d'un côté, mieux vaut que nous soyons amis, et puis il est gentil avec moi. Je ne veux pas détruire cet équilibre juste parce-que ne plait pas à certains…
Elle avait parlé à une telle vitesse que les autres se demandèrent si elle était encore capable de respirer. Il se passa un moment durant lequel personne ne parla, puis Seamus décida de détendre l'atmosphère.
-Sinon, Parvati à finit par taper dans l'œil de Dean.
-Mais tais-toi ! S'écria l'intéressé, le visage rouge.
-Tien donc ? Sourit Hermione.
-Ca ne vous regarde pas ! Laissez-moi. Bougonna le gryffondor.
Il ne fallut que quelques secondes pour que Ron ne tombe dans l'oubli le plus total et que tous se tournent vers Dean et ses vues sur Parvati. Le temps passa doucement et les visages fatigués laissèrent place aux rires, jusqu'au moment ou Neville se mit à fixer le chemin menant au château, mal à l'aise.
-Tout va bien Neville ? Demanda Harry.
-C'est… C'est pas le père de Malfoy là-bas, avec Zabini et Parkinson ?
Tous se tournèrent vers le château. Là-bas, se dessinaient les silhouettes de Pansy, Blaise et Lucius Malfoy. Ils marchaient d'un pas décidé vers le château et le sujet de la présence du père ne Drago ne fit aucun doute. Il l'avait fait. Blaise avait bel et bien prévenu Lucius Malfoy de ce qu'il se passait et celui-ci s'était déplacé en personne pour tenter d'étouffer l'affaire. Hermione devint blanche et une vive douleur la transperça de part en part. Un terriblement présentiment s'empara d'elle. Le pire allait arriver. Elle n'entendit pas les autres lui demander comment elle se sentait, puis la gryffondor se leva, attrapa son sac et se mit à courir vers le château. Elle ne savait pas ce qu'elle allait faire, elle ne valait rien face à eux, mais son corps semblait avancer seul et ses pensées étaient dirigées vers son homologue. Etait-il au courant ?
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La gryffondor courrait à en perdre haleine. Elle sentait sa poitrine se déchirer à mesure qu'elle courrait, mais elle tint bon et arriva bientôt devant les portes closes de l'infirmerie qu'elle poussa avec l'énergie du désespoir. Vide. Le lit du serpentard était vide. Son père était-il déjà passé ? L'avait-il emmené ? Hermione avança tout de même dans l'infirmerie en espérant que le serpentard soit avec Madame Pomfresh qui sortit à cet instant de son bureau et toisa la jeune femme qui semblait être à la recherche de son homologue.
-Si vous chercher monsieur Malfoy, il est dans le bureau de monsieur Dumbledore. Ah et il a aussi demandé à vous voir ! Le mot de passe est… Elle réfléchit quelques secondes. Ah oui, « patacitrouille »
Une fois l'information enregistrée, Hermione n'attendit pas et tourna les talons pour se remettre à courir. Elle entendait son sang battre à ses tempes, ses poumons menacaient de la lâcher à tout instant, ce qui la força à s'arrêter un instant le temps de reprendre son souffle. Assise sur une marche, elle se mit à maudire Zabini, Parkinson, et même Drago. Si seulement ils ne s'étaient jamais rapprochés, si seulement ils avaient continué de se haïr. Qu'allait-elle faire une fois là-bas ? Allait-elle être confrontée à Lucius Malfoy et à Drago ? Comment cela allait-il se passer ? Son ventre se crispa et elle crut que jamais elle ne pourrait se relever, mais elle se força et continua sa route jusqu'à la gargouille qui gardait l'entrée du bureau du directeur. Hermione prononça le mot de passe d'une voix mal assurée et monta les premières marches de l'escalier en colimaçon qui s'éleva lentement.
Tout en se rapprochant de sa destination Hermione sentit son courage s'envoler. Elle aurait voulu devenir une petite sourie afin de pouvoir s'enfuir et se cacher, mais elle n'était pas un animagus. Une fois devant la porte du bureau du directeur, Hermione se força à retrouver sa contenance. Elle refusait qu'on la rabaisse ou qu'on la critique. Elle voulait être forte. Elle leva une main légèrement tremblante et frappa à la porte.
-Entrez Miss Granger. Lui intima chaleureusement la voix du directeur.
Hermione poussa la porte avec précaution et entra. Dumbledore était assis derrière son bureau. Face à lui, se tenait Drago et son père, tous deux assis sur les fauteuils près du bureau. Dans un coin de la pièce, Blaise et Pansy restaient debouts et immobiles. Après une légère hésitation et un geste du directeur, Hermione avança vers son bureau, sans un mot.
-Miss Granger. Demanda Dumbledore. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?
-Et bien, non monsieur le directeur. Répondit Hermione, mal à l'aise.
Elle osa un rapide regard vers son homologue. Il ne la regardait pas et avait mis son masque, celui du serpentard méchant et glacial. Il tripotait sa chevalière d'une main maladroite.
-Et bien. Ricana Dumbledore. Figurez-vous que Monsieur Malfoy ici présent, vient me faire part d'une étrange peur.
-Taisez-vous vieillard ! Siffla Lucius qui serrait le pommeau de sa canne si fort que les jointures de sa main étaient blanches. Il serait temps de prendre votre retraite afin que quelqu'un de compétent prenne votre place et fasse votre travail correctement.
Lucius se leva et s'approcha d'Hermione, la dominant ainsi de toute sa stature. On pouvait sentir qu'il n'en menait pas large. Il n'était pas très bien rasé, ses cheveux étaient ternes et son regard avait perdu cette lueur mauvaise qu'il avait toujours eu, mais il parvint à faire peur à la gryffondor.
-Miss Granger. Je suppose qu'en tant que gryffondor, vous êtes au courant des relations de votre maison avec la maison Serpentard ? Interrogea Lucius d'une voix aussi calme qu'autoritaire.
-Parfaitement. Répondit sèchement Hermione. Elles ne sont pas très bonnes.
-J'ose donc espérer que vous et mon fils, respectez ceci ? Il s'approcha encore un peu plus d'elle. Elle pouvait sentir de lourds effluves de parfum.
-Nous nous détestons toujours autant si c'est votre question et écartez-vous de moi s'il vous plait. Je n'apprécie pas ce genre de comportement.
-Attention à ton langage devant mon père Granger. Siffla la voix enfin la voix de son homologue.
Drago s'était retourné et foudroyait Hermione du regard. Il avait compris.
-Va fouiner ailleurs. Répondit Hermione en haussant un sourcil, comme pour le provoquer.
-Tu vas le payer. Grogna Drago.
-Je suis terrifiée. Répondit la gryffondor en haussant les épaules.
-Et bien voilà. Dumbledore ricana. Je pense que cela devrait suffire à vous rassurer Lucius ?
-Absolument pas. Objecta Lucius.
-Et que puis-je faire de plus ? Demanda joyeusement le directeur. Sachez que je ne peux destituer un préfet en chef de son rôle.
-Je veux que mon fils réintègre sa salle commune, là où est sa vraie place ! Cette histoire de salle commune entre préfets, c'est encore une lubie stupide à laquelle vous avez probablement réfléchit en choisissant votre prochain modèle de paire de chaussettes ! Mon fils n'a pas à fréquenter une…
-Je vous déconseille de proférer des insultes Lucius. Prévint Dumbledore sur un ton un peu plus sérieux.
-Renvoyez mon fils dans sa salle commune. Immédiatement. Lucius serrait les dents, il semblait être prêt à devenir fou.
Le silence retomba. Hermione regarda Drago, malgré les regards qu'ils se jetaient l'un à l'autre, ils avaient la même peur, mais le serpentard parvint à adresser à son homologue un mince sourire. Son cœur se serra, mais de façon si douce qu'elle se détendit. Le serpentard ressentit la même chose.
-Bien, il sera fait comme vous le souhaitez monsieur Malfoy.
-Je l'espère. Siffla Lucius qui se retourna vers Pansy et Blaise qui n'en menaient pas large, car leur plan n'avait pas fonctionné. Vous deux, hors de ma vue. Sur-le-champs.
Dumbledore autorisa Blaise et Pansy à sortir du bureau, ce qu'ils firent presque en courant. Une fois la porte du bureau fermée, Lucius se tourna vers son fils et l'attrapa par le bras en le foudroyant du regard.
-Quant à toi fils. J'ose espérer que tu ne me mens pas, sinon tu sais ce qu'il va se passer. Tu le sais, Drago n'est-ce pas ?
-Lucius. Intervint Dumbledore. Drago est certes votre fils, mais entre ces murs, il est aussi mon élève et je me dois d'assurer sa... sécurité. Veuillez le lâcher avant que je ne vous fasse sortir.
Lucius lâcha Drago qui massa son bras devenu douloureux, puis il sortit sans un mot. Ils attendirent un instant que les pas de Lucius ne s'éloignent, puis Drago explosa.
-Vous ne pouvez pas faire ça ! S'emporta le serpentard.
-Je n'ai pas vraiment le choix Drago. Je doute que tu souhaites que ton père nous rende encore une petite visite ? De plus, cela pourrait apaiser quelque peu les tensions qui règnent. En tout cas, sachez que cette salle vous sera toujours accessible. J'ai accepté de vous y renvoyer, je n'ai pas dit que cela serait définitif, ni que j'allai faire disparaître la salle commune. Le directeur sourit par-dessus ses lunettes en demie lune. De plus, je suis plutôt heureux de voir que tout cela permet à gryffondor et à serpentard de créer de nouveaux liens.
Dumbledore sourit face aux mines rouges des deux préfets.
Malgré le petit sourire du directeur et ce qu'il venait de dire, Hermione bouillonnait de rage au fond d'elle. Elle qui avait enfin réussi à trouver un certain équilibre dans lequel elle se sentait bien et on le lui enlevait. Hermione avait l'impression de perdre un égal contre lequel se battre, une personne qui la faisait se révéler peu à peu. Drago de son côté perdait la fille qui sans le vouloir l'aidait à se battre contre ses démons.
-Bien. Miss Granger, je vous libère de vos obligations ici. J'aimerais parler à Drago.
-Très bien monsieur le directeur. Murmura Hermione.
Après une courte hésitation et un dernier regard en direction de son homologue, elle sortit du bureau, le pas un peu traînant.
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Une fois la gryffondor hors du bureau, le directeur regarda le visage plein de stupéfactions et d'interrogations de Drago, qu'il invita d'un geste de la main à se rasseoir, ce qu'il fit. Il était mal à l'aise, seul en présence de l'homme qu'il avait tenté de tuer l'année précédente. Machinalement, il commença à trafiquer sa cravate tout en se demandant ce qui allait lui arriver.
-Ne t'en fais pas Drago, je ne compte pas te parler de ce qu'il s'est passé il y a quelques mois.
Le serpentard se décomposa et perdit tous ses moyens.
-Je ne souhaite pas non plus te blâmer. Comment pourrais-je le faire quand je vois tout ça ? Dumbledore sourit doucement.
-Tout ça ? Demanda Drago surprit.
-Miss Granger.
Drago retrouva brutalement tout sa contenance et son vira au rouge.
-Ah l'amour. Songea à haute voix le directeur tout en admirant le plafond étoilé qu'il venait de faire installer et dont il était plus que fier.
-Que... quoi ?
-N'est-ce pas pour cela que tu n'es pas en accord avec le souhait de ton père ? Tu t'attaches visiblement à miss Granger. Je suis peut-être un vieux crouton Drago, mais j'ai encore de bons yeux et mon ouïe se porte très bien. J'ai aussi la manie d'avoir le nez partout, surtout où il ne faut pas. Comme dans les toilettes de cette chère Mimi, mais ne t'en fais, je n'en dirais rien. Vous savez…
Dumbledore sortit d'un tiroir quelques aiguilles à tricoter et commença à les regarder, certainement pour en choisir.
-Je suis heureux de constater que Miss Granger et toi puissiez vous entendre. Je remarque qu'elle semble t'apporter la paix et ce qu'il te faut pour te contrôler. Ne t'avais-je pas dit que tu étais quelqu'un de bien ?
-Alors… cette salle… tout ça ?
-Oh non, ne crois pas cela. Ces salles, nous en avions eut l'idée moi et le professeur McGonagall depuis des années et nous avons décidés de le mettre en place. J'avais dans l'idée de t'éloigner de tes comparses pour que tu te concentres sur toi, loin de la noirceur dans laquelle tu as toujours évolué. Ne te sens tu pas mieux depuis que tu vis loin d'eux ? De tout cela ? Pour Miss Granger, elle méritait pleinement ce poste et je doute que tu sois entendu avec miss Lovegood. J'avoue avoir eu quelques doutes au début. Pour une fois, je suis heureux d'avoir eu tort. Ne te sens tu pas différent ? Changé au contact de miss Granger ?
- J'ai peur de ne pas comprendre, monsieur.
Il était perdu.
- Changer ? C'est un terme étrange n'est-ce pas ? Tu ne te sens pas mieux depuis que tu connais Miss Granger ?
- Je... Si, mais...
-N'aie pas peur. Je ne suis pas ton ennemi Drago. Ce secret, ce que tu gardes au fond de toi et qui concerne miss Granger ne sortira jamais d'ici. Cela n'appartient à vous deux et à personne d'autre. C'est quelque chose de pur, d'extraordinaire que personne ne pourra vous prendre tant que vous vous y accrocherez. Ce que tu ressens n'est pas un mal, bien au contraire. N'est-ce pas agréable ?
Drago hocha timidement la tête.
-Tu peux cacher ce que tu ressens, mais tu ne dois surtout pas en avoir honte.
À cet instant Drago se rendit compte que Dumbledore était bien loin du portait qu'il s'en était toujours fait. Il n'était pas un vieillard sénile et stupide, au contraire, c'était un homme étrange et éclairé. Le jeune homme déglutit et gêné, il baissa la tête pour fixer ses pieds. Il avait raison, depuis qu'il connaissait Hermione, depuis qu'il était loin de toute la noirceur, il changeait, il avait l'impression de prendre la bonne route et se sentait bien, pour la première fois. Pourtant, cela n'aida pas Drago. S'il changeait tellement à ses côtés, comment allait-il faire maintenant ?
-A savoir, que vous garderez vos rondes. Précisa Dumbledore d'un ton qui semblait malicieux. Les élèves ne souhaitent apparemment pas vous croiser lors de vos rondes, vous devriez être tranquilles.
Dumbledore, qui sentait que Drago était sur le point de se liquéfier, lui fit signe afin que le serpentard puisse sortir.
-Je te rends ta liberté Drago.
-Merci monsieur.
Mal à l'aise et passablement en colère à cause des raisons qui l'avaient ammené ici, Drago se leva et sortit du bureau pour rejoindre Hermione qui faisait les cent pas, anxieuse.
-Alors ? S'empressa-t-elle de demander.
-Oh, rien de grave, menti Drago. Il m'a un peu parlé de mon père.
-Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé. Lui dit Hermione sur un ton compatissant.
-Ne le sois pas. Ce n'est pas de ta faute ou quoi que ce soit, c'est… c'est mon père. Au fait, très bon jeu d'actrice. Il lui sourit.
-Oh, j'ai fait au mieux, mais tu n'étais pas mal non plus.
-Je cultive l'art de la comédie depuis pas mal d'années. Répondit Drago en mettant ses mains dans ses poches. Bien, on devrait aller faire nos affaires…
-En effet.
L'atmosphère entre les deux jeunes gens évolua en quelque chose de subitement triste et gris. Ils n'osèrent pas se regarder et commencèrent à marcher l'un près de l'autre sans échanger le moindre mot. Que dire de la situation ? Peu de choses. On avait décidé pour eux et ils n'avaient rien à dire.
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Le chemin jusqu'à la salle commune sembla plus long que jamais, et ce, même s'ils savaient que la porte ne serait jamais vraiment fermée. Cette intrusion dans leur intimité, dans leur équilibre, était terrible. Sur le tableau de l'entrée, la jeune femme était debout face au jeune homme et tout deux se tenaient les mains en se regardant comme si c'était la dernière fois. Hermione, la voix tremblante prononça le mot de passe, qu'elle continuait de trouver stupide, mais qui lui manquerait, et ils entrèrent.
Jamais la salle n'avait paru si froide. Le ciel dehors était gris et la pluie s'était mise à tomber, c'était une vraie tempête. Tout devenait sombre, et même le feu crépitant dans l'âtre ne parvint pas à redonner un peu de chaleur au lieu. En silence Hermione alla s'asseoir sur le canapé aux couleurs de sa maison et Drago fit de même. Et dire que quelques semaines auparavant ils auraient tout donné pour fuir, aujourd'hui ils donneraient tout pour rester. Drago souffla.
-Je vais les tuer. Je vais tuer Blaise et Pansy. Je… Il pencha la tête en arrière pour fixer le plafond.
-Si ce n'était pas arrivé, peut-être que ça aurait été pire… Dumbledore l'a dit, ça ne va pas durer. Donnons-leur le temps de se calmer, de croire qu'ils ont gagné. Et puis la porte ne sera jamais fermée.
Elle tentait de relativiser, mais cela restait tout de même compliqué et Drago sentait la colère qui continuait de monter en lui sans parvenir à la contrôler. C'est alors que le canapé sembla bouger. Il baissa la tête et s'aperçut qu'elle était venue s'asseoir à côté de lui. Elle souriait timidement, ses joues étaient rosies et une mèche de cheveux se baladait sur son front. Cela allait lui manquer. Le joli minois de son homologue, ce qu'elle était et qui avait créée un quotidien et lui avait permis pendant un temps de se sentir si bien, si normal. Il n'avait pas envie d'abandonner tout ça et surtout pas ce petit grain de beauté sur sa joue droite, celui qu'il se prenait souvent à fixer en lui parlant, car il savait qu'il tomberait en la regardant trop longtemps dans les yeux. Cette personne compréhensive et tête de mule allait lui manquer et c'était difficile à avouer, tout comme beaucoup de choses. Le serpentard tout en repensant aux paroles du directeur secoua la tête. Il ne devait pas penser à cela alors qu'elle était si proche de lui. Il préféra penser à ces petites choses matérielles, mais si agréables auxquelles il n'aurait plus le droit. Rentrer après les cours et la voir assise à la table du salon entrain de travailler. La regarder discrètement, capter un sourire. La voir sortir en serviette de la salle de bains, car elle avait oublié ses affaires. Rire et l'écouter hurler pour ce pas qu'il la regarde, mais il n'en avait plus besoin. Il avait parfaitement capturé pour lui, la vision du corps menu de son homologue, enroulé dans une serviette rouge, mais c'était son secret.
De son côté, Hermione redécouvrait les traits du visage son homologue tout en se demandant s'il allait survivre avec tout ces vautours autour de lui, s'il allait tout oublier et revenir en arrière pour la haïr comme autrefois. A cette pensée, le cœur de la jeune femme lui donna quelques coups. C'était top douloureux pour lui. Cela eu pour effet de faire briller les yeux d'Hermione et Drago le remarqua.
Lentement, sans réellement réfléchir à ses gestes, il s'approcha d'elle, leva une main hésitante et vint replacer une mèche de cheveux derrière l'oreille de son homologue qui plaqua alors sa main sur celle de Drago, gardant ainsi la main du jeune homme tout contre sa joue. Elle ferma les yeux et fit tout son possible pour imprimer la sensation de la main du serpentard contre sa peau. Depuis l'infirmerie le matin même, elle y pensait sans arrêt et quelque chose au fond d'elle, ne demandait qu'à revivre ça encore et encore.
Ils restèrent un moment sans bouger. Lui, surprit et sentant son corps imploser. Elle, bouillonnant intérieurement. Hermione savait ce qu'elle était en train de faire. Elle savait aussi que si elle croisait le regard de Drago, des choses plus ou moins voulues pouvaient se passer, mais elle sentait que ce n'était pas le bon moment, alors elle garda les yeux fermés et retira doucement sa main pour libérer celle de son homologue qui glissa tout contre sa peau jusqu'à la quitter. Jamais un contact comme celui-ci ne l'avait faite se sentir si apaisé. Elle aurait pu en redemander, mais elle était consciente que c'était tout bonnement chose impossible.
-Comment crois-tu que tout cela va évoluer ? Demanda alors Hermione.
-Je ne sais pas. J'aimerais le savoir, mais… j'en sais rien du tout…
Elle rouvrit les yeux et croisa le regard bleu du jeune homme qui amorça un geste vers elle et se ravisa. Elle se sentit rougir. Elle rougissait un peu trop à son goût d'ailleurs.
-On devrait monter faire nos sacs. Dit-elle précipitamment.
-Oui, oui, tu as raison.
Sans rien dire d'autre Drago se leva et monta dans sa chambre afin de penser à l'idiot qu'il était et qui avait manqué de tenter d'embrasser se homologue et ainsi ruiner toutes ses chances, mais ses chances de quoi ? Dos à la porte close de sa chambre, Drago fixa la fenêtre et fit de son mieux pour penser à autre chose, comme son sac et la façon dont il allait tuer Blaise et Pansy.
Hermione, quant à elle, cherchait à comprendre ce pas en avant. Debout devant sa valise et tout en se demandant quels objets elle allait volontairement oublier, elle se demanda si Drago n'avait pas voulu l'embrasser, mais c'était impossible, pas elle. Elle n'était pas si jolie, pas si intéressante, ce n'était pas possible… Tout en cherchant à chasser les scénarios qui commençaient maintenant à se bousculer dans sa tête, elle fourra quelques livres et vêtements dans sa valise.
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Une fois les valises dans le salon et un certain nombre d'objets volontairement oubliés, les deux préfets se firent face. Ils ne savaient pas quoi faire et encore moins quoi dire. Hermione fit grimper Maly sur son épaule et Pattenrond vint se placer entre elle et Drago.
-Il reste là ? Demanda le serpentard.
-Je préfère. Il aime le calme et s'est habitué aux lieux. Je ne pense pas que cela pose problème. Je viendrais le nourrir et le voir tous les jours de toute manière.
-D'accord.
La tension monta jusqu'à ce qu'Hermione ose enfin mettre des mots sur ce qu'ils refusaient d'exprimer à voix haute.
-ça me manquera… tout ça…
-Tu sais qu'on peut toujours revenir ici et que, nous avons encore l'autoriation de faire nos rondes ?
-C'est vrai. Elle reprit contenance.
-Bien. Il va falloir aller poser nos valises et… et puis on verra bien.
Il prit sa valise, prêt à sortir, mais elle le retint par la manche de sa chemise.
-Attends. Pourquoi fais-tu tout ça ?
-Je ne sais pas. Il resta dos à elle pour qu'elle ne le voit pas rougir et chercher ses mots. Je continu de me demander si je fais bien de m'attacher comme ça, alors… je veux savoir, si j'ai réellement cette étincelle d'humanité que toi seule semble voir en moi.
Hermione lâcha doucement la manche du jeune homme, surprise et pourtant pas tant que ça. Le temps s'arrêta. Un instant durant lequel Drago se retourna vers son homologue pour venir déposer un doux baiser sur son front. Le premier, celui qui fit chavirer si fort le cœur d'Hermione. Et tout en gardant ses lèvres collées sur le front de son homologue, il murmura :
-Je te propose de jouer la comédie durant un temps. Faisons comme si cette réunion, c'était si mal passée qu'il ait fallu nous séparer. Retrouvons-nous lors de nos rondes et parfois ici.
Sa voix était à cet instant si calme, elle aurait pu l'écouter des heures durant sans jamais se lasser. Ne sachant plus où se mettre, Hermione glissa doucement ses mains sur les bras de Drago et hocha doucement la tête pour approuver son plan. Il s'écarta d'elle. Son visage dégageait une sensation d'apaisement et une douceur inconnue à Hermione. Il prit sa valise et tout deux quittèrent la salle avant de se séparer en silence pour rejoindre leurs salles communes et pour prendre le temps d'encaisser tout ce qu'il venait de se passer.
