Bonjour, Bonsoir. Les chapitres sont un peu longs, mais c'est comme ça que j'aime les écrire, donc la plupart auront cette longueur. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 12 : Ailleurs
Voilà huit mois que Jellal était devenu le Roi d'Edolas, et c'était la première fois qu'il se rendait dans l'armurerie. C'était l'heure du déjeuner et n'ayant pas faim, il avait décidé de la visiter. Il observait minutieusement les armes entreposées autour de lui. De la lance à l'épée, tout indiquait que l'armurerie était bien entretenue. Pas étonnant, alors que celles qui s'en occupaient n'étaient autre qu'Erza Knightwalker et Juvia. Il sourit en effleurant du doigt l'une des épées accrochées au mur, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas exercé. Il se surprit à ressentir une légère nostalgie. Lorsqu'il était à Earthland, il pouvait vagabonder là où il voulait. Personne n'était derrière son dos, ni n'attendait quelque chose de lui. Il pouvait s'entraîner à souhait, dormir aussi longtemps qu'il le voulait et se tenir comme il l'entendait. Mais voilà, Jellal devait se plier à certaines contraintes. Même s'il était plus que reconnaissant de voir que sa vie comportait malgré tout un peu de légèreté. Grey était très présent et lui permettait de souffler presque à chaque fois. Avoir son ami à ses côtés le rendait heureux. Il y avait aussi les seconds des commandants avec qui il s'entendait très bien. Juvia était très drôle et Cobra avait ses moments d'humour dans des timing presque parfaits. Il préférait tout de même la subtilité de Zeref, avec qui il avait noué une amitié forte. Jellal admirait son ami qui, au même âge que lui, avait déjà une vie épanouie. Le comte s'était marié par amour, et avait la chance de vivre loin du château où toutes les médisances se tenaient. Jellal pensa ensuite aux commandants, qui s'étaient très bien intégrés dans la vie du palais. Lui-même les appréciait grandement et leur faisait dorénavant confiance. Même si lui-même ignorait ce qu'en pensaient les commandants de leur côté. Il se tourna en entendant un bruit derrière lui :
-Tiens, tiens, tiens. Que faites-vous là Majesté ?
Erza Knightwalker venait de débarquer dans l'armurerie avec son air détaché.
-Je suis venu visiter l'armurerie, je ne l'avais jamais vue et j'étais curieux.
-Curieux ? Vous avez le chic de vous intéresser à des choses insignifiantes.
-Des choses insignifiantes ? Je ne vois pas ce qu'il y a d'insignifiant à examiner les armes que mes soldats utilisent et à se renseigner sur les escapades de ma commandante les samedis après-midi.
Il remettait ça sur le tapis, la jeune femme soupira et lui rétorqua :
-Bien, si vous voulez « examiner » les armes de vos soldats, comme vous le dites si bien, pourquoi ne pas les essayer ?
Voilà que la commandante lui lançait un défi. Elle ne lui faisait pas peur :
-Je suis d'accord, vous n'avez qu'à choisir une arme et je vous fais une démonstration.
-Très bien. La jeune femme fit le tour de la pièce et réfléchit minutieusement à l'arme qu'elle allait sélectionner. Elle s'arrêta devant quelque chose que Jellal ne vit pas, puis se retourna vers lui avec un petit sourire.
Jellal ne savait pas comment elle avait fait. Et maintenant qu'il avait voulu faire le fier, le Roi ne pouvait plus reculer. La commandante avait choisi la pire arme pour lui : l'arc. Il se plaça tout de même à dix mètres d'une cible. Prit une flèche, l'installa sur l'arc et décocha.
-Je… Je suis…
-Mauvais ? Oui, difficile de ne pas s'en rendre compte, le coupa-t-elle en observant la flèche plantée dans le sol.
-Vous avez choisi la pire de toutes les armes, je vous ferais dire ! Amenez moi Cobra et je vous montrerais mes capacités au corps à corps. Il fallait bien l'avouer, Jellal était gêné.
-Pourquoi appeler Cobra ? Je suis là moi. Quoi que, vous parliez bien de vos capacités en Combat au corps à corps, n'est-ce pas ? Erza eu un sourire.
-Je vous en prie, vous m'avez très bien compris. En tout cas, je n'oserai pas vous affronter. Vous êtes une femme tout de même.
Erza leva un sourcil : -Je ne savais pas que vous aviez la capacité de dire des choses aussi machistes.
-Ma… Machiste ? Jellal s'était figé.
-Dites-moi, si lors d'un combat vous tombez sur une femme soldat, risqueriez-vous de tout stopper au nom de votre royale « galanterie » ? J'espère que vous avez conscience que l'ennemi ne sera pas du même avis que vous.
Jellal se reprit et lui déclara avec un sourire :
-Vous n'avez vraiment aucun scrupule à vous moquer de votre Roi ?
Elle ne mit pas longtemps à répondre : -Aucun. Mais je crois vous avoir averti sur ma riposte. Et c'est en toute connaissance de cause que vous avez commencé ce petit jeu puéril.
Jellal s'approcha d'elle sans qu'elle ne bouge. Elle ne reculerait pas devant lui, parole de commandante !
-Est-il si puéril que cela commandante ? Ne me dites pas que vous n'en prenez pas un plaisir certain.
-Je ne sais pas. C'est ennuyeux lorsque l'adversaire déclare forfait.
Les deux se regardèrent dans les yeux, à quelques centimètres l'un de l'autre. Le souverain dit alors en se reculant :
-Je peux très bien vous comprendre commandante. Mais je préfère vous confesser que ce n'est pas dû à ma galanterie si je n'ai pas consenti à vous combattre. En vérité, j'ai senti d'instinct l'humiliation évidente qui m'attendait. J'ai, de ce fait, préféré prendre la fuite dignement.
Jellal voyait bien que la commandante se retenait de sourire et il en fut très heureux. Seuls les plus forts pouvaient prétendre avoir fait sourire la jeune femme. Et en cet instant, le Roi se sentait puissant.
*…*
Jellal s'ébouriffait les cheveux devant la masse de parchemins qui se trouvait devant lui. En effet, le souverain, en vue du prochain conseil avec les Seigneurs, avait pris l'initiative de ressortir tous les textes de lois d'Edolas. Il voulait connaitre son pays sur le bout des doigts afin de bien le représenter devant les autres dirigeants. Jellal n'était pas uniquement le Roi d'Edolas, il en était la figure. Et montrer l'exemple faisait partie de ses prérogatives. C'est pourquoi il se trouvait dans la salle de conseil devant une table et des parchemins lui servant de nappe. Jellal releva la tête un instant lorsqu'il vit la commandante Knightwalker s'avancer vers lui. Il retourna à sa lecture et attendit qu'elle fasse son rapport quotidien de la journée. Habituellement, les rapports étaient mis sous forme écrite, mais la commandante avait dit un jour qu'elle trouvait cela d'une perte de temps monumentale. Depuis, elle relatait, tous les jours à la même heure, sa journée de commandement.
-Il ne s'est pas passer grand-chose aujourd'hui. Entrainement. Patrouille. Inventaire de l'armurerie… Course poursuite. Concours de tarte. Préparation de la pendaison du Roi qui n'écoute pas un traître mot de ce que je dis !
Jellal avait subitement relevé la tête en entendant la commandante parler plus fort. Il soupira et fit sur un ton désolé :
-Je vous présente mes excuses, ce n'est pas professionnel du tout.
-Vous y êtes depuis longtemps ?
-Vous avez commencé votre journée à quelle heure ? Demanda-t-il à sa suite.
-Huit heures du matin.
-C'est toujours une heure de plus que moi. Erza examina le souverain qui n'avait jamais été aussi décoiffé depuis qu'elle le connaissait. Il avait des taches d'encre sur les doigts et de petits yeux signe de fatigue. Elle regardait successivement les textes de lois et le Roi, puis soupira et prit une chaise à côté de lui. Elle s'installa confortablement et commença à lire le parchemin devant elle. Le Roi fronça les sourcils et demanda : Qu'es… Je peux savoir ce que vous faites commandante ?
-Je cède. Vous voir aussi pathétique me donne le tournis.
Jellal sourit en secouant la tête de gauche à droite :
-C'est si dur pour vous d'admettre que vous avez envie de m'aider ?
-Vous préfériez que je m'en aille ?
-Du tout. Faites, je vous en prie.
Le Roi et la commandante analysèrent des tonnes et des tonnes de lois. Mais cette tâche, pénible lorsqu'elle était réalisée en solitaire, s'avérait plutôt divertissante avec quelqu'un comme la commandante. Ils rirent beaucoup en lisant des lois absurdes ou sans profondeurs. Les deux apprirent aussi beaucoup de choses sur les devoirs du Roi et celui du peuple. Erza et Jellal en étaient à ces lois-là, lorsque l'homme aperçut le visage dure de la rousse. En effet, celle-ci lisait le même parchemin depuis dix minutes et n'avait pas dit un mot depuis.
-Tout va bien commandante ?
-Pas tout à fait. Je me rends compte que certaines lois sont vraiment exécrables. Elle avait dit ces mots avec dureté et frustration.
Jellal fronça les sourcils : -Montrez-moi. La jeune femme lui tendit le parchemin et il lut à voix haute : « Dans une mesure d'urgence et dans une situation justifiable, l'époux peut prendre une décision à la place de sa femme ». Oui, en effet ce n'est pas juste du tout.
-Et dire que beaucoup pense qu'Edolas est un pays où être une femme ou un homme ne fait aucune différence, fit la commandante en serrant les dents.
-Ce sont de vieilles lois, et elles n'ont malheureusement pas été modifiées depuis des siècles. Et plus encore, personnes ne se souvient plus de ces vieux textes.
-Mais ils existent tout de même.
Erza ne semblait pas être capable de se calmer. Lui-même ressentait l'injustice sous cette loi et il savait au fond de lui qu'il en existait plusieurs semblables. Jellal eut alors une idée, il attrapa la plume d'oie et la plongea dans le flacon d'encre, il lui dit tout en commençant à écrire sur le parchemin :
-Je n'ai pas le pouvoir de supprimer une loi comme cela, cependant… Il s'appliqua dans une inscription qu'Erza ne percevait pas, puis poursuivit : … cependant je peux l'améliorer. Il tourna le parchemin vers la jeune femme et termina : Maintenant la femme a exactement le même pouvoir.
Comme un peu plus tôt, Erza fixa successivement le parchemin et le Roi. Elle réalisait doucement ce qu'il venait de faire. Celui-ci souriait - très fier de lui - tellement qu'il ne se rendit pas compte de la lueur étrange dans les yeux d'Erza.
*…*
Jellal se tenait sur le balcon de sa chambre. Il observait la pleine lune qui projetait sa lumière sur les jardins du château. Le souverain profitait de ce silence réparateur qu'il méritait largement. Il n'avait de cesse de recevoir tout un tas de gens durant cette longue journée. Et enfin, il avait pu souffler lorsque le dernier noble lui avait rendu visite. Jellal n'avait même pas mangé, et avait préféré se retirer dans sa chambre. Dans le silence. Il savait que Grey ne lui en voulait pas. Et avait aussi compris que les commandants s'étaient posés des questions sur son attitude. Mais en ce jour, il n'avait aucune envie de se justifier. Il le regrettera surement le lendemain, mais pas aujourd'hui.
Jellal ne bougea pas lorsqu'il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Il ne répondit pas lorsqu'on l'appela. Et ne réagit pas lorsqu'une personne se posta à ses côtés.
-Tu t'es enfui comme un voleur, commença la personne près de lui.
-Je suis désolé, murmura le souverain.
-Du coup j'ai dû ficeler une histoire comme quoi tu serais indisposé à cause de terribles maux de ventre.
-Grey ! C'est incroyable ! Tu ne veux pas plutôt fomenter des rumeurs qui me sont profitable ? Sérieux ?
-Je plaisantais, je leur ai simplement dit que les nobles avaient un pouvoir destructeur sur ta personne. Ils n'ont pas posé plus de questions.
Jellal retourna à la contemplation des jardins, il demanda ensuite :
-Qu'est-ce que tu as amené ?
Grey sortit d'un sac une bouteille et deux verres.
-Du saké. J'ai cru bon de t'en rapporter. Et puis, ce n'est pas encore l'heure.
Le conseiller servit un verre chacun et ils burent une gorgée.
-Je n'ai pas pu m'empêcher de réagir ainsi, continua Jellal au bout d'un moment.
-Personne ne t'en veux, moi le dernier. Tu peux agir comme bon te semble, dit Grey avant d'avaler une autre gorgée.
-Je ne veux pas être injuste.
-Tu n'es pas injuste, tu es humain. Je pense qu'en plus de paraitre blasé j'aurais été insupportable.
Un silence s'installa. Grey remplit une seconde fois les verres et Jellal continua à demander :
-Suis-je un bon Roi, Grey ?
Le conseiller fixa le ciel en inspirant. Il avait l'air de réfléchir sérieusement à la question de son ami. Il finit par répondre avec nonchalance :
-Es-tu un bon Roi ? En tout cas jusque-là tu es le meilleur qu'on ait eu.
Jellal se mit à rire et Grey le suivit après avoir failli recracher la gorgé de saké qu'il avait pris. Ils mirent plusieurs minutes à se calmer et ils profitèrent ensemble du calme de la nuit.
-Je suis content que tu sois venu. Merci de m'épauler comme tu le fais.
Grey lui répondit simplement avec un sourire chaleureux. Il tendit son verre vers Jellal, celui-ci l'avait suivi, puis termina en disant :
-Joyeux anniversaire Jellal.
Les deux amis trinquèrent et restèrent dans le silence jusqu'à ce que minuit sonne.
*…*
Le départ pour la province de Zendor était prévu dans deux mois. Et plus le temps passait, plus Jellal appréhendait cette réunion plus qu'importante pour Edolas. Le souverain devait le reconnaitre, il était jeune, il avait eu 20 ans il y a peu. Et même si Edolas était dorénavant stable, il doutait encore de sa capacité à être un bon Roi. Jellal le sentait, il lui manquait quelque chose. Quelque chose qu'il n'avait jamais osé demander, par peur de la réponse. Anxieux, le souverain n'arrivait pas à chasser de ses pensées la réunion à venir. Fait que les proches du Roi avaient remarqué. Grey avait essayé pas mal de choses, des répliques sanglantes aux moqueries subtiles des nobles. Mais rien n'y faisait, Jellal se contentait de sourire. Juvia, qui ne supportait plus les plaintes incessantes du brun avait demandé conseil à la commandante, qui avait, au grand étonnement de la jeune femme, des avis assez proches de la réalité.
-Je ne suis pas une psychologue ! Pourquoi tout le monde se tourne vers moi lorsqu'il s'agit de secouer quelqu'un ?! S'indigna la commandante.
-C'est certainement dû à ton altruisme, sourit Juvia.
Erza leva les yeux au ciel : -Je ne peux pas aider le Roi. On ne se comprend pas, je n'ai pas envie de parler pour rien dire comme Soluge.
-Tu ne perds rien à essayer. Tu n'as qu'à te dire que c'est pour bien t'assurer que le Roi sera opérationnel pour la réunion.
-C'est de la manipulation Juvia, tu as conscience de ça ?
-Ça dépend du point de vue.
-Mais bien sûr, toi qui as l'habitude de mener Soluge par le bout du nez, tu n'as plus la perception de ces choses. Sorcière.
-Tu es bien placée pour parler évidemment. Erza fronça les sourcils d'incompréhension, elle ne voyait pas du tout de quoi Juvia parlait. La seconde comprit la question silencieuse de la rousse et poursuivit : Tu devrais aller parler au Roi tout de suite, il devrait être seul dans son bureau à cette heure. Et je te suggère d'y aller avec des pincettes, c'est le Roi tout de même. Juvia partit ensuite sans ajouter un mot et la commandante se dirigea malgré elle, vers le bureau du Roi. Juvia voulait qu'elle y aille doucement ? Alors elle ferait exactement le contraire.
-Bon, je ne passerai pas par quatre chemins. Les gens s'inquiètent à votre sujet et m'ont envoyé vous secouer un peu. C'est pourquoi je vous conseille de vous réveiller avant la grande réunion, sinon je ne donne pas chère de votre peau. Erza était entrée dans le bureau de Jellal et Grey sans autorisation. Elle s'était postée devant le bureau alors qu'il regardait dans le vide. Il avait relevé les yeux vers elle et l'observait, ailleurs.
-Je ne suis plus sûr de rien. Comment savoir si tout ira bien ? J'ai le pressentiment que je serai la cause de la chute d'Edolas. Je ne sais même pas si mes choix sont les bons. À tel point que je doute de ma propre fiabilité.
Un silence s'installa où Jellal paraissait déconnecté de la réalité. Mais la commandante ne le voyait pas du tout de cet œil :
-C'est bon ? Vous avez fini ? Non, parce que vous avez un pays à diriger. Ce n'est pas en déblatérant des questions philosophiques que vous arriverez à une conclusion satisfaisante.
-Et que suis-je supposé faire ? Dites-moi commandante, que dois-je faire ?
-Vous réveiller pour commencer, je pense que c'est un très bon départ. Après vous excuser auprès de ceux qui attendent impatiemment votre retour à la vie réelle. Et enfin, montrer à tous ces Seigneurs que titre ou non, expérience ou non, cela ne fait pas d'eux de meilleurs dirigeants que vous.
-Alors selon vous je suis un bon dirigeant ?
Il avait dit ça avec un ton incertain et attendait avec une pointe d'appréhension la réponse de la commandante. De son côté la jeune femme regarda le Roi comme s'il avait trois têtes.
-Vous êtes sérieux ? C'est vraiment ça votre problème ? Vous avez peur d'être un mauvais souverain ? Jellal ne répondit pas, mais la rousse prit son silence pour une confirmation. Quand je pense que vous flânez comme une âme en peine depuis deux semaines justes pour cette broutille.
-Pour cette broutille ? Ne comprenez-vous pas à quel point c'est primordial ! Je ne pourrai supporter de savoir que je fais mal mon travail ! Que mon peuple n'est pas satisfait de son souverain !
-Continuez sur cette voie et cela arrivera surement. Mais je ne m'en fais pas pour vous. Le simple fait de vous en soucier prouve le mérite que vous avez à vous tenir derrière ce bureau.
-Me soucier de mon peuple ne me suffira pas à le protéger. Dégout, tristesse, et déception. À cet instant Erza pouvait lire en son Roi comme dans un livre ouvert.
-C'est vrai, vous avez raison. Mais vous ne m'avez pas choisi justement pour cela ? Vous êtes devenu la tête lorsque vous avez pris le pouvoir, et j'en suis devenue le bras lorsque vous m'avez renommée commandante. Edolas est un corps, le peuple en est son âme. Et c'est grâce à sa tête qu'il est en paix aujourd'hui. Vous avez fait beaucoup de choses ces derniers mois. Et c'est une réalité, tout n'était pas parfait. Mais cela n'est rien comparé à ce que vous avez apporté en globalité. Vous avez forcé le respect de toutes les personnes qui vous ont côtoyé, mais sans instaurer la peur et la terreur. Arrêtez de vous torturer l'esprit et rassurez-vous sur l'obtention de la confiance et le respect du peuple d'Edolas, vous l'avez déjà.
Erza restait de marbre après sa déclaration. Elle avait dit ce qu'elle pensait, sans amoindrir ni exagérer ses propos. Mais le Roi ne semblait pas satisfait car il demanda une chose qui surprit la commandante :
-Et vous ? Ai-je réussi à obtenir votre confiance et votre respect ?
Elle mit un petit moment à répondre, mais se décida enfin :
-Jusqu'à preuve du contraire, je fais partie du peuple d'Edolas. Moi et l'armée au complet.
Jellal semblait avoir savouré chaque mot qu'elle ait dit, et dans un soupir de soulagement il dit intentionnellement :
-C'est toujours un plaisir pour moi de voir ta facilité à me secouer comme tu le fais. Merci Erza.
Il avait dit son prénom. Erza faillit vaciller. Il avait dit son prénom. Et il l'avait tutoyé. Se moquait-il d'elle ?
-Me tutoyer fait partie de votre petit jeu ? Si c'est le cas, cela ne m'amuse pas une seconde. Elle avait pris un ton un peu plus froid qu'un peu plus tôt.
-Tu te trompes, je ne tutoie que mes amis.
C'était la première fois de sa vie qu'Erza rencontrait quelqu'un la laissant sans voix. Alors maintenant il la considérait comme une… une… Une amie ? La commandante était confuse et elle ne trouva qu'une chose pour combler le silence qui s'était installé. Erza Knightwalker prit la fuite.
