Note d'autrice :
Bonjour à tou·te·s,
Surprise ! Nous ne sommes pas jeudi 1er octobre mais mercredi 30 septembre. Et oui, voilà le chapitre prévu normalement pour demain un peu en avance. Pourquoi, me direz-vous ? Eh bien parce que je fête mon anniversaire aujourd'hui et que je voulais vous faire un petit cadeau. Sachant qu'il y aura bien un chapitre demain aussi !
Je vous remercie infiniment pour vos très nombreuses reviews sur le chapitre précédent, vous me gâtez énormément. Et ça me touche vraiment beaucoup, alors merci et continuez à me donner vos ressentis :)
Un merci particulier pour les non enregistré·e·s : Ayauasca et Anahi, je ne peux vous répondre en privé.
Alors, dans ce long chapitre il y a : des excuses et de nouvelles mésaventures pour Drago… Mais il y a aussi du positif pour lui, vous verrez ;)
Bonne lecture !
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+
Chapitre 10 — Investigations
Mercredi 26 janvier 2000
Drago s'était encore une fois réveillé très tôt, les cauchemars ne lui laissant que peu de répit. Cela l'agaçait au plus haut point, sachant qu'en plus il devait attendre que Théodore ou Harry soit levé pour aller à la salle de bain.
Au départ, l'y accompagner était une simple question de sécurité. En effet, aux yeux du petit groupe soudé autour de Drago, personne n'était au-dessus de tout soupçon. Et ils étaient tous convaincus qu'au moins l'un·e des coupables était en Huitième année.
Depuis les photographies, Drago avait besoin qu'on l'accompagne, littéralement. Après en avoir parlé à Harry quand il s'était occupé de lui, Drago en avait touché un mot à Théodore. Sans rentrer autant dans les détails des confidences, il avait avoué avoir une trouille bleue de se retrouver seul dans une pièce où il était sans défense.
Ce matin-là, le mauvais rêve persistait et il se sentait vraiment mal. Tous les réveils n'étaient pas équivalents cependant et certains se déroulaient plus en douceur. Il prit son mal en patience et ouvrit un livre de cours pour passer le temps.
Après une petite demi-heure, du bruit lui fit relever la tête. Harry venait de se lever et titubait vers la porte du dortoir. Il ne portait qu'un bas de pyjama informe et avait même oublié ses lunettes. Drago s'éclaircit la gorge pour attirer son attention.
Harry tourna les yeux vers lui puis s'avança à petits pas prudent. Drago sut quand il fut assez proche de lui pour le distinguer suffisamment.
— Déjà debout ? chuchota le Gryffondor. Un cauchemar ?
— Ouais, encore…
— Pourquoi t'es pas venu me réveiller ?
— C'était pas si terrible, mais impossible de me rendormir.
C'était un mensonge si gros qu'il eut peur que Harry ne s'en rende compte. Ce dernier était devenu bien trop attentif à ses expressions et devinait un peu trop facilement quand il n'allait pas bien. Encore quelque chose que faisaient visiblement les amis, mais qu'il n'avait jamais soupçonné avant cette année. Cette fois-ci pourtant le Gryffondor ne fit pas de remarque et Drago remercia Salazar qu'il n'ait pas ses lunettes sur le nez. Il ne voyait vraiment rien sans elles.
— J'allais juste aux toilettes et comptais retourner flemmarder jusqu'à sept heures, indiqua Harry. Mais vu que tu ne dors plus, tu veux peut-être venir avec moi, pour la douche ?
Drago sauta sur l'occasion et suivit le brun après avoir pris sa trousse de toilette et des vêtements propres dans sa malle. Sa robe d'uniforme et sa cravate, lavées par les elfes de maison, l'attendaient comme tous les matins sur la chaise à côté de la table de nuit. Il les enfilerait au dernier moment.
Une fois dans la salle de bain, Harry disparut dans les toilettes. Drago commença à se déshabiller. Quand il fut en caleçon, il se força, comme tous les matins depuis dix jours, à se regarder dans le miroir. Il tentait vaillamment de suivre les conseils que le Gryffondor lui avait donnés. Pourtant cela ne portait pas ses fruits pour le moment, il continuait à se trouver répugnant. Et de plus en plus mince. Encore un problème qui était loin d'être résolu.
Il attrapa une mèche de cheveux entre ses doigts, se demandant s'ils n'étaient pas un peu plus longs que la dernière fois qu'il avait vérifié. Cela lui procura une petite étincelle de bien-être, même s'il savait que c'était très superficiel et égocentrique.
— Jour du shampoing ? lança Harry dans son dos.
Drago sursauta, il ne l'avait pas entendu sortir des toilettes. Il mit un peu de temps à faire la relation entre la question du brun et ses mèches blondes, toujours dans sa main.
— Je suppose…
— Tu veux que je le fasse ?
— Harry… soupira Drago. Je peux me débrouiller seul, tu sais.
— Oui. Mais sans vouloir te vexer, tu as une tête affreuse ce matin et je pense que ça te détendrait. Cela t'avait fait du bien l'autre fois, non ?
Drago réfléchit un moment, pesant le pour et le contre. Est-ce qu'il ne ferait pas mieux d'accepter quand on lui proposait un peu de bonheur alors qu'il avait déjà tant de mal à en trouver au quotidien ? Les amis étaient faits pour ça, après tout.
— Tu comptes venir encore tout habillé ? plaisanta-t-il en se dirigeant vers la cabine du coin.
— Je suis nu sous mon pantalon de pyjama. Sois je le garde et j'aurais l'air aussi con que l'autre jour, soit je m'impose à poil dans ta douche. C'est toi qui vois, répliqua le brun avec un sourire espiègle.
— Garde-le, alors. Je ne suis pas prêt à ça avant un moment encore.
Il entra dans la cabine de douche en conservant lui-même son sous-vêtement et tourna les robinets. En quelques secondes, l'eau fut bien chaude et Harry le rejoignit en tirant la porte derrière eux.
Ce fut un vrai moment de détente pour Drago. Il laissa Harry lui shampouiner les cheveux et lui masser le crâne. Une bulle de bonheur simple dans sa vie pourrie, il avait bien fait d'accepter. Ils se lavèrent ensuite chacun à un bout de la petite cabine de douche, sans se regarder, d'un commun accord.
OooO
Quand ils revinrent dans le dortoir, Drago habillé et Harry avec une serviette autour des hanches, le Serpentard remarqua que le temps était passé plus vite qu'il ne l'avait pensé. Les autres garçons étaient déjà réveillés et descendus. Il n'avait pourtant entendu personne dans la salle de bain. Il haussa les épaules, il avait encore largement le temps de prendre le petit-déjeuner. Surtout vu le peu qu'il avalait.
Drago suivit Harry jusqu'à la Salle Commune où ils devaient retrouver le reste du petit groupe. C'était devenu une habitude, quelle que soit l'heure du lever, ils s'attendaient tous avant d'aller prendre le premier repas de la journée.
Ce matin-là, Drago fut contrarié de constater que deux personnes, à qui il n'avait pas la moindre envie de parler, se trouvaient en pleine conversation avec Seamus, tout près du reste du groupe qui semblait désapprouver.
— Salut tout le monde, lança Harry quand ils furent près d'eux.
Drago fit des signes de tête plus discrets, mais avec le sourire.
— Bonjour Drago, saluèrent Blaise et Daphnée en même temps.
— Qu'est-ce que vous voulez ? se méfia Drago.
— On aimerait te parler, commença Blaise.
— J'ai rien à vous dire, décréta le blond en croisant les bras.
— On voudrait s'excuser, continua Daphnée.
— C'est un peu tard, vous ne pensez pas ?
— On ne s'est pas rendu compte de la gravité de la situation, enchaîna Blaise. Parce que c'est bien de toi dont la directrice a parlé dimanche ? Qu'est-ce qu'on t'a fait ? Et d'où elles sortaient ces photos bizarres le jour du match ?
— Demande à Daphnée, elle doit en avoir une petite idée.
— Je te jure que j'ai rien fait du tout ! s'offusqua l'interpelée.
— C'est pourtant bien toi qui as souhaité que je me fasse « défoncer mon petit cul de Mangemort » le jour de l'anniversaire de Théo !
La jeune femme mit ses mains devant sa bouche, l'air horrifié. Blaise la regarda avec une pointe de dégoût.
— Daph'…
— Je promets que je n'y suis absolument pour rien ! J'ai simplement voulu être méchante ce jour-là, c'est tout ! Je ne voulais pas vraiment que ça arrive ! Je comprends mieux pourquoi la directrice m'a convoqué pour me reparler de ça après les vacances de Noël…
— C'est vrai alors Drago ? Tu as été agressé par ces trois idiots ? questionna Blaise, encore sous le choc.
— Je ne rentrerais pas dans les détails, les photos sont assez parlantes d'elles-mêmes. Et sache que même si ça n'en a pas l'air je ne suis pas le moins du monde consentant, sur aucune d'elles !
— On est réellement désolés, Drago. On aimerait vraiment se racheter.
— Je suis navré, mais vous arrivez trop tard. Ça fait cinq mois que je suis harcelé et agressé et vous n'avez jamais rien fait pour moi… Rien à part m'ignorer. Et Blaise, tu es bien placé pour savoir que je suis très rancunier !
Drago entendit des raclements de gorge près de lui. Il se tourna vers les autres.
— Oui ?
— On aurait bien besoin d'alliés supplémentaires, suggéra Hermione.
— On a aucune raison de croire qu'ils sont dignes de confiance, réfuta Ron.
— On est pas obligé de leur raconter ce que l'on sait, proposa Seamus.
— Et on ne le fera pas ! confirma Harry avec un visage dur. La seule chose que vous pouvez faire pour vous racheter c'est ouvrir les yeux et les oreilles, ici et dans le reste de l'école, si jamais ça parle de Drago. On cherche toujours les coupables principaux.
Drago était sans voix. Le groupe entier, Ronald Weasley en tête, le soutenait et faisait face aux deux Serpentard. S'il avait eu besoin de la confirmation que ces gens étaient maintenant ses amis, il l'avait.
— Faites donc ça, décida Drago. Et on verra plus tard si je peux vous pardonner.
Sans leur laisser le temps de répondre, il leur tourna le dos et sortit de la Salle Commune. Ses amis sur les talons.
OooO
Après le petit-déjeuner de cette journée qui avait commencé un peu bizarrement, le petit groupe de Gryffondor et Serpentard retourna aux dortoirs récupérer leurs affaires de cours. Ils en ressortirent séparés : Ron, Harry, Hermione et Drago se dirigèrent vers les cachots pour aller en Potions ; Théodore et Seamus prirent le chemin de la bibliothèque.
Arrivés au deuxième étage, les escaliers ne voulurent plus bouger. Impossible pour le groupe de quatre étudiants de continuer à descendre jusqu'au rez-de-chaussée sans traverser le couloir principal de cet étage. Drago se tendit, il avait tout fait pour éviter de passer de nouveau devant les toilettes de Mimi depuis son agression. Malgré son attachement envers le fantôme, il n'avait pu se résoudre à y retourner, même accompagné.
— Si on veut être à l'heure, on ne peut pas attendre que les escaliers soient conciliants, exposa Hermione. Désolée, Drago, on doit passer par là.
— C'est bizarre quand même, s'étonna Harry. Tous les autres escaliers bougent, sauf celui-là. Si vous voulez mon avis, ça sent encore le coup fourré.
Ron et Drago tournèrent la tête dans tous les sens, vérifiant s'il n'y avait pas quelqu'un de suspect dans les environs. Mais c'était difficile à déterminer, il y avait des étudiants un peu partout, dans les couloirs, les escaliers, ils semblaient tous mener leur vie sans leur prêter attention.
— Allons-y, soupira Drago. On ne peut pas se permettre d'être en retard, surtout moi.
Il prit courageusement la tête et marcha rapidement en regardant droit devant lui, se fixant sur l'extrémité opposée du couloir. Les trois autres se portèrent à son niveau et tous gardèrent le silence. Drago se sentait terriblement mal, mais il serra les poings pour ne pas trembler et avança sans dévier. Il récita dans sa tête les propriétés du sang de dragon, en boucle, pour éviter de penser à autre chose.
Une fois qu'ils furent arrivés au croisement avec les autres allées de l'étage, tout au bout du couloir, Ron poussa un petit grognement. Et il se frotta les yeux. Un instant plus tard, Harry retira ses lunettes pour l'imiter et nettoyer ses verres. Hermione et Drago ressentirent rapidement une sensation similaire, un impérieux besoin de soulager une pression désagréable au niveau des globes oculaires.
— Qu'est-ce que c'est encore que ce merdier ? jura Ron, une fois le malaise dissipé. Vous l'avez ressenti aussi, hein ?
Les trois autres acquiescèrent.
— Restons sur nos gardes, on ne sait jamais, enjoignit Harry. Ça ne m'étonnerait pas qu'on se soit pris un mauvais sort.
— Je n'ai pas le souvenir d'un sortilège qui nous causerait ce genre de trouble, réfléchit Hermione à haute voix.
— On s'en fiche de savoir ce que c'est, je vous rappelle qu'on va être en retard, les pressa Drago. De toute façon, on se rendra rapidement compte si quelque chose ne va pas, je commence à être habitué.
— Oh, ça va, t'énerves pas Malefoy, on va y aller en Potions !
— Ta gueule, Potter, et avance !
Harry soupira en suivant Drago qui était déjà reparti. Le Gryffondor comprenait que le blond ne pouvait pas se permettre d'avoir un mauvais dossier scolaire cette année, mais un léger retard ne provoquerait pas plus qu'une éventuelle retenue. Et encore, Slughorn était plutôt coulant sur ce genre de choses, surtout si Harry était concerné.
Au croisement suivant, le petit groupe avait le choix entre un escalier en colimaçon qui descendait ou un autre couloir. Harry n'avait pas le moindre souvenir d'être déjà passé par là un jour, mais il était persuadé que leur route devait emprunter ce couloir très précisément. Il s'y engagea.
— Hey, Potter, qu'est-ce que tu fous ? Les Potions c'est par là ! s'exclama Drago en montrant l'escalier.
— Absolument pas. Je suis certain que c'est de ce côté, rétorqua Harry.
Ron les regarda, perplexe. Pour sa part, il n'avait plus aucune idée du chemin pour se rendre aux cachots. C'était inquiétant.
— Hermione, peux-tu trancher ? lui demanda-t-il.
— Je suis d'accord avec Harry, déclara-t-elle.
— Vous avez intérêt à avoir raison, fulmina Drago en se précipitant dans le couloir en question.
Les autres suivirent. Ils arrivèrent rapidement devant un escalier qui montait et un deuxième qui descendait. Les avis divergèrent de nouveau : Drago et Hermione voulaient monter, Harry et Ron voulaient descendre.
Ne souhaitant pas se séparer, ils tirèrent au sort et descendirent. Une fois au premier étage, plusieurs couloirs s'offraient à eux, en plus de l'escalier qui continuait vers le bas. Cette fois-ci, chacun avait un avis différent. Cela provoqua une violente dispute entre les quatre étudiants.
Pendant ce temps-là, les minutes s'écoulaient. L'heure du début du cours de Potions était dépassée et cela ne manqua pas d'alarmer Drago et Hermione. Agacé par la situation, Harry se mit à hurler et prit un couloir au hasard, espérant que les autres le suivent.
Finalement, après presque trente minutes d'errance dans l'établissement scolaire, Ron eut un léger malaise et reprit ses esprits. Tout à coup, tout lui sembla plus clair dans sa tête. Il s'arrêta net, obligeant le groupe à faire de même. Il observa ses camarades et constata que chacun d'eux changeait d'expression.
— Par Salazar, c'était quoi ce maléfice ?
— Sortilège de désorientation, grommela Hermione. On a tourné en rond comme des idiots !
— Tout le monde sait de nouveau où se trouvent les cachots ? demanda Harry.
— Oui ! répondirent les autres en chœur.
— Alors, on se dépêche. On va se faire passer un savon !
Malheureusement pour les quatre amis, leur professeur de Potions ne fut pas très heureux de leur arrivée : trois quarts d'heure de retard étaient tout de même excessifs. Ils eurent beau expliquer qu'ils s'étaient perdus dans le château à cause d'un sortilège, on ne les crut pas. Cependant, Slughorn ne fut pas trop sévère et leur imposa une retenue commune pour le dimanche à venir.
Hermione et Drago étaient particulièrement énervés de la situation, cette punition allait fortement impacter leur temps de révision du week-end. Et l'un comme l'autre considéraient les ASPIC comme un objectif primordial, même si c'était pour des raisons différentes.
Après le double cours de la matinée, Harry implora Drago d'aller reporter leur mésaventure à la directrice. Il était indispensable que cette dernière soit au courant de tout ce qui se passait. Il était clair pour tout le groupe que cette attaque avait été dirigée contre Drago avant tout. Ils avaient tous été touchés parce qu'ils accompagnaient le blond, tout simplement. Le Serpentard rechigna, mais il accepta tout de même d'aller voir McGonagall et suivit Harry en ronchonnant ; il savait pertinemment qu'aller se plaindre ne changerait absolument rien.
oOoOooOoOo
Dimanche 30 janvier 2000
Il était quatorze heures et Harry grommelait dans sa barbe en suivant son petit groupe d'amis. Le quatuor se dirigeait vers les cachots pour la retenue imposée par Slughorn suite à leur retard. Cela faisait bien longtemps que Harry n'avait pas eu de retenue en Potions, depuis que le poste était occupé par l'homme jovial et ventripotent. Et cela ne lui avait pas manqué.
Cette retenue avait mis tout le petit groupe de mauvaise humeur. Hermione et Drago auraient voulu réviser et finir leurs devoirs, Harry et Ron allaient devoir supporter leurs récriminations.
Et pour couronner le tout, la directrice n'avait rien pu faire pour eux quand ils avaient reporté l'incident. Drago était fataliste et ne s'attendait plus à rien, mais cela mettait Harry et Hermione très en colère. L'injustice agaçait la brune au plus haut point et Harry prenait un peu trop à cœur la situation. Il se rendait bien compte que ça n'aurait pas dû autant le toucher, il avait l'impression d'être directement concerné. C'était encore ces foutus sentiments pour Drago qui impactaient sa façon de voir les choses. Il tentait de contrôler ses remarques et son ressenti pour que le Serpentard ne s'en rende pas compte. Heureusement pour Harry, Drago ne se doutait de rien et était à mille lieues de pouvoir détecter ce genre de choses.
Hermione toqua au battant de bois et la porte s'ouvrit. Le professeur les fit entrer dans la salle de classe. Il leur expliqua rapidement en quoi consisterait la retenue : trier, nettoyer, ranger, étiqueter les fournitures et ingrédients nécessaires à la préparation des potions pour le mois à venir. En effet, Slughorn refaisait son stock complet chaque mois.
La punition n'avait pas de durée imposée, dès que ça serait terminé — et contrôlé — ils pourraient partir. Harry soupira de désespoir en regardant la pile monstrueuse de caisses et sacs entassés, attendant d'être déballés. Ils en auraient pour toute l'après-midi, à coup sûr !
— Au travail, les enfants, les encouragea le professeur avant de quitter les lieux.
— Bon, procédons avec logique, commença Hermione. Si on s'organise comme il faut, on ira vite.
Elle se dirigea vers la pile des choses à ranger, jetant un œil rapidement, puis fit le tour de la pièce en un regard.
— Certaines fournitures sont en vrac, quelqu'un sait où sont les pots de stockage ?
— Ici, geignit Ron en pointant du doigt un évier rempli de bocaux vides et crasseux. Il faut tout laver.
— Il nous a pris pour des elfes de maison, ou quoi ? grimaça Drago.
— Ça te fera pas de mal de te salir un peu les mains, Malefoy, ricana Ron.
— Au moins les miennes sont propres en temps normal ! rétorqua le Serpentard.
— Ça suffit vous deux ! réprimanda Hermione. Ce n'est pas comme ça qu'on va avancer. Et je vous prierais d'avoir un peu plus de respect pour ces pauvres créatures que sont les elfes, leurs conditions de vie sont inacceptables. Si on peut leur éviter un surplus de travail, c'est une très bonne chose !
Drago ouvrit la bouche pour répondre, mais Harry lui fit signe de se taire. Il s'approcha de lui et chuchota.
— Ne dis rien à propos des elfes, tu vas te faire démonter par Hermione. Elle a raison sur le fond, mais elle a tendance à exploser facilement à ce sujet.
— Ha ha ha, tu viens de découvrir dark-Hermione, pouffa Ron après les avoir rejoints. On a tous arrêté de la contredire sur son obsession pour la libération des elfes de maison, fais-en autant ou je parie que la baffe de troisième année sera une caresse à côté de ce qui te tombera dessus.
Harry hocha la tête avec vigueur pour appuyer son meilleur ami. Drago les regardait avec méfiance, comme s'ils avaient été frappés d'un sortilège de confusion. Puis il haussa les épaules et rejoignit Hermione près des caisses.
Les quatre jeunes s'organisèrent rapidement. Tout d'abord, faire la liste de tout ce qu'il fallait ranger. Ensuite, préparer les contenants pour les stocker. Enfin, laver si nécessaire, découper au besoin puis répartir les ingrédients, en n'oubliant pas les étiquettes. Il y avait aussi du matériel : chaudrons, louches, couteaux, et autres, à mettre sur les étagères appropriées.
Les rôles distribués, une petite routine s'instaura rapidement. Et cela laissa du temps à Harry pour réfléchir. Si le bureau des Aurors ne faisait pas son travail d'investigation, pourquoi est-ce qu'ils n'essaieraient pas de le faire eux-mêmes ? Après tout, ça ne serait pas la première fois que le brun enquêterait à Poudlard : la recherche de la pierre philosophale, celle de la chambre des secrets, la sixième année quand il espionnait Drago. Sans compter la quête des Horcruxes, la plus difficile. Si le trio avait pu trouver et détruire ces objets maléfiques, dans le dos de Voldemort, alors il devrait être possible de déjouer les plans de quelques élèves ?
Il commença à faire la liste dans sa tête des différentes agressions subies par Drago : le sort de désorientation, les photos, la lettre de menaces, la tentative de viol, l'humiliation avec le feutre indélébile, le maléfice jeté à la bibliothèque, la fouille de ses affaires, les beuglantes. Et il était possible qu'il ne soit pas au courant de tout. Il ne prenait pas en compte les insultes quotidiennes, malheureusement ce n'était pas directement lié au petit groupe de malfaiteurs, il ne s'agissait que de l'expression du rejet général du Serpentard.
Comment faire le lien entre tous ces éléments ? Il aurait besoin de ses amis, comme toujours. Et il faudrait mettre Seamus et Théodore à contribution, plus nombreux ils seraient à cogiter, mieux ça serait.
— Dites, je crois que j'ai une idée, lança Harry.
— Ah bon, ça t'arrive de réfléchir ? se moqua Drago.
— Ta gueule, Malefoy !
Harry n'eut comme seule réponse qu'une grimace immature. Cela le fit sourire, ils avaient définitivement passé le cap de l'amitié.
— Quelle idée, Harry ? demanda Hermione, clôturant l'échange entre les deux garçons.
— On va enquêter à la place des Aurors pour trouver les coupables.
— Harry… soupira la brunette.
— Tu vas encore une fois nous plonger dans les ennuis, Harry, raisonna Ron.
Harry se doutait qu'il aurait affaire à des récriminations. Il comprenait que ses amis ne voulaient pas avoir plus de problèmes qu'ils n'en avaient déjà, surtout qu'il s'agissait de Drago Malefoy. Et Hermione, fidèle à elle-même, ne voyait pas d'un bon œil son entêtement à aller au-devant du danger et à briser le règlement de l'école.
— Inutile de te prendre la tête, Harry. Je ne mérite pas tant de considérations, refusa Drago.
— En fait, je ne vous demandais pas votre avis, mais votre aide. Et quoi que vous décidiez, je le ferais, s'entêta Harry. On a réussi des choses bien plus difficiles que de trouver quelques étudiants stupides !
— Ils sont loin d'être stupides, sinon ils se seraient déjà fait attraper, remarqua Ron.
— Je vous rappelle que trois d'entre eux ont été renvoyés. Si les autres continuent, c'est parce que personne ne les cherche vraiment !
— La directrice s'en occupe, Harry. Que peut-on faire de plus que ce que l'on fait actuellement ? raisonna Hermione.
— On s'est déjà mis d'accord sur le fait que McGonagall est débordée. Il faut agir !
Les trois autres gardèrent le silence. Harry se moquait de leurs avis, s'il le fallait il se débrouillerait seul. Ron et Hermione se regardaient et Harry devina qu'ils allaient plier, comme toujours.
— Je suis avec toi, mec, décida Ron. Ça manquait de baston contre des méchants cette année.
— Je vais vous aider, sinon vous courez à la catastrophe, ajouta Hermione.
Harry fixa Drago. Il n'avait pas cessé de remplir les étiquettes à coller sur les pots en verre, méthodiquement.
— Ta gentillesse maladive te perdra un jour, Potter, dit-il d'une voix légèrement traînante, comme il en avait l'habitude avant. Mais, merci.
oOoOooOoOo
Mardi 1er février 2000
Drago attendait que le dîner passe. Ces moments censés être conviviaux et agréables étaient devenus ennuyeux et source de déprime. Depuis la diffusion des photos parmi les étudiants de l'école, les insultes et brimades aux repas avaient explosé. L'un de ses amis en avait parlé à la directrice qui avait proposé de déplacer la table de leur année à un endroit moins exposé au passage des élèves. Drago avait refusé, il ne manquerait plus qu'il passe pour le « chouchou pleurnichard ». Pour la première fois de sa vie, il ne désirait pas de traitement de faveur de quiconque, il voulait mériter ses ASPIC. Même si pour cela il devait subir et subir encore. Harry lui avait assuré son soutien et ses autres amis aussi, il s'en sortirait. Même Daphnée et Blaise étaient revenus à de meilleurs sentiments, cependant Drago n'avait plus du tout envie de les fréquenter. Il n'avait plus confiance, ils semblaient trop versatiles.
Le blond avait avalé un potage, grignoté un peu de pain et englouti autant de jelly que son estomac lui avait permis. Il n'avait plus aucun goût pour la nourriture, plus aucune sensation de faim, mais se voyant mincir de semaines en semaines il se forçait autant que possible. Seuls quelques aliments semblaient être tolérés par son corps et ça ne suffisait visiblement pas à le remplumer. Par ailleurs, il se sentait surveillé par Théodore, qui scrutait le contenu de ses assiettes, et par Harry qui ne cessait de lui jeter des regards entendus pendant les repas. Maudis Gryffondor borné, depuis qu'il lui avait dit qu'il n'arrivait plus à manger, il le surveillait comme un potionniste devant son chaudron ! Si seulement le brun en faisait de même en cours de Potions, il aurait de meilleurs résultats.
Drago se détestait d'avoir eu la faiblesse d'en parler. Ils étaient bien loin les préceptes de son paternel : ne pas se livrer, ne pas montrer ses émotions, ne pas faire confiance aux autres. Drago avait toujours rêvé de pouvoir être lui-même sans oser se rebeller face à son père. Les circonstances lui avaient offert une seconde chance et il avait fini par la saisir. Sauf qu'il n'avait pas imaginé que cela aurait pour conséquence d'être dorloté comme un enfant par ses amis.
Drago s'arracha à la contemplation du mur en face de lui pour vérifier où les autres en étaient. Visiblement, la fin du repas était proche : la plupart des élèves discutaient avec leurs voisins, et seuls quelques-uns s'empiffraient encore. Ronald Weasley en tête. Drago se demandait comment le roux faisait pour ne pas être énorme étant donné la quantité astronomique de nourriture qu'il engouffrait à chaque repas. Cela faisait partie des traits de caractère du jeune homme qui agaçait le Serpentard et il savait qu'il n'était pas le seul. Même les plus proches amis de Ron le taquinaient à ce sujet, plus ou moins gentiment d'ailleurs.
Alors que la Grande Salle commençait à se vider lentement, Hermione et Harry donnèrent le top départ. Aussitôt tout le petit groupe se leva et escorta Drago. Après plusieurs essais, cette méthode était finalement la meilleure pour éviter au maximum que Drago soit malmené. Quand le Serpentard quittait la pièce avant la majorité des élèves, seules quelques voix s'élevaient sur son passage, celles des étudiants qu'il était obligé de croiser pour s'en aller. La présence de l'équipe enseignante empêchait visiblement que le blond soit pris à parti par l'ensemble de la Grande Salle à voix haute. Ils avaient tenté de partir les derniers, mais cela permettait à nombre d'élèves de l'insulter en passant à son niveau.
Ce soir-là, Drago put filer avant tous les autres étudiants de son année. Il se hâta, entouré de sa garde rapprochée, de rejoindre la Salle Commune. Depuis le sort de désorientation, il évitait de traîner les pieds, avançant aussi vite que possible. Il ne souhaitait pas que ses amis soient de nouveau les victimes d'un maléfice qui lui était destiné. Il s'en voulait encore et tentait de trouver des arguments pour qu'ils cessent de se déplacer en groupe. Moins il y aurait de monde avec lui, mieux ça serait. Mais évidemment, il n'avait pas pris en compte l'entêtement et la grande loyauté des Gryffondor. Ils avaient tous refusé farouchement, d'autant plus que son escorte était exigée par la directrice.
Quelques mètres avant le couloir où se trouvait l'armure camouflant le passage vers leur Salle Commune, Drago repéra au sol des petits points rouges. Un mauvais pressentiment le traversa, on aurait dit du sang. Et ces traces allaient en direction de l'armure. Il attira l'attention de Théodore qui se trouvait juste à côté de lui et désigna les gouttes du doigt.
Ils donnèrent le mot de passe et s'engouffrèrent dans le couloir. Les torches illuminaient les lieux et la traînée macabre se poursuivait au sol. Maintenant, tous les autres s'en étaient aperçus et les suppositions allaient bon train dans son dos. Drago n'était vraiment pas rassuré de constater que ce liquide rouge menait tout droit vers les dortoirs. Il était dorénavant certain que cela le concernait.
Il grimpa les escaliers quatre à quatre et s'arrêta net en voyant la porte conduisant à son dortoir. La bouche sèche, il déglutit avec effort puis ferma les yeux, espérant que cette vision d'horreur allait disparaître. Le temps qu'il les rouvre, Harry et Seamus s'étaient approchés du battant en bois. Mais c'était toujours là.
Il y avait une mare écarlate au pied de la porte, qui ne faisait que s'étendre au fur et à mesure que le sang goûtait, s'échappant d'une plaie béante dans le cou de l'animal cloué sur le bois. Drago sentit toutes couleurs déserter son visage et la nausée retourna son estomac. Il lui fallut toute sa concentration pour éviter de rendre le maigre repas qu'il venait d'avaler.
Il s'approcha de quelques pas, sans quitter des yeux le spectacle macabre. Cela ne pouvait pas être…
— Perseus… chuchota-t-il en tremblant de tous ses membres. Comment est-ce possible ?
Théodore lui posa une main sur l'épaule pour le soutenir. Seamus et Harry avaient fini leur inspection et les avaient rejoints. Drago resta hébété, sans bouger. Il avait l'impression qu'un poids immense l'empêchait de faire le moindre mouvement.
— C'est un hibou grand-duc, égorgé. Ce n'est pas un oiseau de Poudlard, il n'est pas marqué, dit Seamus.
— Qui a pu faire quelque chose d'aussi horrible ?
— Les mêmes qui s'en prennent à Drago depuis des mois, Hermione, soupira Harry.
— Mais pourquoi ? demanda Ron. Je peux comprendre le but des autres agressions, mais là je ne vois vraiment pas le rapport.
— C'est Perseus… Le hibou de ma famille, expliqua Drago la voix tremblante, au bord des larmes.
— Mais je croyais que tous vos biens avaient été saisis par le Ministère, y compris les animaux, s'étonna Hermione.
— C'est le cas, confirma Théodore à la place de Drago. Les Malefoy n'ont plus accès à rien, exactement comme moi. Comment ont-ils pu retrouver Perseus ?
— Et si ce n'était pas lui, mais un autre grand-duc, suffisamment ressemblant ? supposa Ron. Ça serait quand même bien plus probable, vous ne pensez pas ?
— Possible… Drago, est-ce que tu saurais le reconnaître à coup sûr en t'approchant ? demanda Hermione.
Mais Drago n'écoutait plus vraiment, il était dans un état second. Insulté, agressé, il pouvait comprendre, mais pourquoi une telle cruauté envers un animal totalement innocent ? Qui pouvait égorger ainsi un hibou dans le seul but de le faire souffrir ? Seule une personne dénuée d'âme pouvait faire ce genre de chose, quelqu'un comme le Seigneur des Ténèbres ou un Mangemort acharné… Drago lui-même avait eu le cœur brisé de sacrifier les petits oiseaux pour réparer l'armoire à disparaître en sixième année. Harry avait eu raison la dernière fois en lui affirmant que ses tortionnaires ne valaient pas mieux que ceux dont ils voulaient se venger.
Un cri le ramena à la réalité. Tout le monde le fixait étrangement.
— Drago, est-ce que Perseus a un signe distinctif ? répéta Hermione.
— Oui, cinq petites plumes blanches au niveau de son poitrail, ça forme une flèche vers le bas. Pourquoi ?
— On pense qu'il s'agit d'un autre grand-duc que le tien, expliqua Théodore pendant que Ron et Harry allaient vérifier l'oiseau.
— C'est pas lui, affirma Ron. Pas de plumes blanches.
Drago sentit un poids s'envoler de sa poitrine, un immense soulagement. Il n'en restait pas moins triste pour ce pauvre volatile qui avait fait les frais des envies de vengeance d'un groupe d'individus malveillants.
Alors que Seamus proposait d'aller chercher la directrice, d'autres élèves de leur année arrivèrent aux dortoirs : Justin Finch-Fletchley, Blaise Zabini et Terry Boot. Les trois garçons fixèrent l'animal avec horreur et firent demi-tour, le teint livide. En repartant, le Poufsouffle tituba et s'appuya contre le mur pour vomir tripes et boyaux. Drago fronça le nez et détourna les yeux. Il avait envie de le traiter de petite chose fragile, mais se retint en se souvenant qu'il avait également failli rendre son dîner.
— Bon, tout le monde dans la Salle Commune, encouragea Hermione en les dirigeant vers les escaliers. Seamus, tu vas voir McGonagall, nous on va empêcher les autres de monter ici.
Drago passa à côté du Poufsouffle blanc comme un mort sans même le regarder, évitant du mieux possible la flaque immonde et descendit les marches. Il entendit Ron et Harry parler avec Finch-Fletchley et lui proposer de l'aide. Il accéléra le pas, mettant de la distance entre le garçon timide et lui. Une fois dans la Salle Commune, il s'installa avec Théodore dans un petit coin tranquille et attendit.
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La directrice et les Préfet·e·s-en-chef étaient venus constater le sinistre spectacle et Hagrid avait emmené le pauvre oiseau pour l'enterrer. Tout avait été nettoyé et les élèves interrogés avant d'être confinés. McGonagall avait interdit toute sortie pour ce soir-là, même si l'heure du couvre-feu était encore très loin. Drago et Théodore avaient révisé en silence puis étaient montés se coucher tôt.
Le blond était totalement déprimé. Les choses ne s'amélioraient pas du tout pour lui. Certes, depuis la rentrée des vacances il n'avait pas subi d'agressions physiques, mais la vengeance continuait, ainsi que la lettre de menaces l'avait promis.
Il se glissa dans les draps froids et jeta un sort de silence sur son lit, comme chaque soir. Il se réveillait régulièrement en criant et se doutait qu'il était agité pendant son sommeil. Et il ne voulait pas déranger les autres élèves à cause de ses mauvais rêves. Ces derniers étaient très fréquents et Drago dormait mal, il avait des difficultés à se reposer. D'autant plus qu'il mettait parfois des heures à se rendormir après un cauchemar.
Le Serpentard se souvenait parfaitement de la proposition de Harry de venir le réveiller en cas de mauvais rêves, mais Drago s'y refusait. Il se sentait déjà beaucoup trop redevable de tout ce que le Gryffondor faisait pour lui depuis le début de l'année. Et il n'aimait pas cette dette qu'il avait envers lui, parce que cela avait souvent des conséquences dans le monde des sorciers.
Si Drago faisait le compte, Harry lui avait déjà sauvé la vie deux fois pendant la Bataille de Poudlard, mais également après le maléfice jeté dans la bibliothèque — cela aurait pu le tuer si Harry n'avait pas insisté pour le ramener à la Salle Commune. Et il y avait aussi toutes les fois où il l'avait aidé, créant un impact positif sur son intégrité corporelle et psychologique : le feutre indélébile, la douche après la diffusion des photos et son arrivée in extremis lors de la tentative de viol. Étant donné l'état dans lequel il se trouvait actuellement et les cauchemars qui le hantaient, Drago se demandait s'il aurait survécu à cette année sans Harry et les autres. Et il avait un gage sur lui. En tous les cas, la situation pouvait très bien finir par échapper à son contrôle et la magie ancienne pourrait décider que Drago devait rembourser sa dette.
La tête pleine des théories à propos des dettes de vie, Drago sombra dans le sommeil. Malheureusement, cela ne l'aida pas à bien dormir et un mélange des évènements de la journée créa un mauvais rêve totalement terrifiant.
Le Serpentard se réveilla en sueur et chercha à tâtons sa baguette pour éclairer les ténèbres. La lumière supprima les ombres qui l'effrayaient : il n'y avait pas du tout de hibou sanglant revenu le hanter pendant ses rêves, réclamant vengeance. Il respira amplement pour apaiser les battements de son cœur et se leva pour aller se rafraîchir le visage et boire un peu d'eau.
Le trajet ne le rassura pas le moins du monde et la peur, qu'il avait commencé à maîtriser dans la sécurité de son lit, revint en force. Comme un enfant effrayé par le noir, il courut jusqu'aux toilettes et alluma toutes les lumières de la pièce d'un sortilège. Il s'appuya au lavabo, tremblant, au bord du malaise. Les larmes affleuraient à ses yeux et il respira lentement, se répétant en boucle qu'il ne risquait rien.
Il but un peu et se mouilla le visage à l'eau froide pour achever de se réveiller. Il attendit quelques instants, repoussant le moment où il devrait reprendre le couloir pour revenir au dortoir, dans le noir et le silence de la nuit. Finalement, il inspira profondément, lança un Finite pour éteindre les lumières et courut jusqu'à son lit à la lueur d'un Lumos.
Drago s'enferma derrière ses rideaux et tenta de se raisonner : il ne risquait rien. Il se rallongea et rangea sa baguette. Les ténèbres reprirent leur place. Sauf que ça n'allait plus du tout, le Serpentard se sentait mal : son cœur battait vite et il avait des difficultés à respirer, ses membres se mirent à trembler et une peur grandissante envahit son esprit. Il eut beau tenter de se rassurer, le malaise ne passait pas.
Il ne pouvait pas se rendormir et fit la seule chose qu'il pouvait encore essayer : se lever pour réveiller Harry. Malgré ses bonnes résolutions de ne pas faire appel à lui, il sentait bien que cette fois, il n'avait pas le choix. Il avait besoin que quelqu'un le rassure, comme un petit enfant. Une chose de plus à ajouter à la liste des humiliations qu'il vivait depuis le début de l'année. Drago n'arrivait pas à accepter que demander de l'aide était au contraire un gage de sagesse, c'était trop éloigné de ce qu'il avait appris avec son père. Et déconstruire son éducation prendrait du temps.
Il traversa la chambre en quelques pas, baguette allumée, et repoussa les rideaux du lit du Gryffondor. Ce dernier dormait à poings fermés. Drago le secoua doucement par l'épaule et Harry finit par ouvrir les yeux, un peu désorienté.
— Harry, c'est Drago. Désolé de te réveiller.
— Quelque chose ne va pas ? chuchota Harry d'une voix rauque et pleine de sommeil.
— Je… Non, ça ne va pas du tout. Alors comme tu avais dit que je pouvais te réveiller…
— Oui, oui, bien sûr, confirma le brun en se redressant. Tu veux t'asseoir à côté de moi ?
Drago hocha la tête et s'installa près de Harry. Il resta silencieux un long moment avant de raconter son cauchemar et la sensation de malaise intense qui l'avait envahi au retour des sanitaires. Alors qu'il en parlait, il réalisa que tous les symptômes s'étaient dissipés sans qu'il en soit conscient.
— Je pense que tu as fait une petite crise d'angoisse. C'est pas grave du tout, mais c'est handicapant si c'est fréquent. J'en ai fait pas mal après la Bataille et ça a fini par s'arrêter avec le temps. Tu as bien réagi en venant me voir, exprimer tes peurs a permis à ton corps de s'apaiser.
— Je peux en avoir d'autres ?
— C'est possible, mais on ne peut pas savoir. Il est probable que ce soit un concours de circonstances et que ça ne se reproduise pas, puisque c'est la première fois que ça t'arrive.
Drago hocha la tête en silence. Il espérait que ça serait l'unique fois qu'il expérimentait ça, il n'avait pas besoin que cela se rajoute à ce qu'il vivait déjà. Au moins, il se sentait beaucoup mieux maintenant.
— Tu veux rester avec moi pour dormir ?
— Je ne sais pas… Il n'y a pas beaucoup de place pour deux. Et que diront les autres s'ils s'en rendent compte au matin ?
— Si tu savais comme je me moque de ce que peuvent penser les autres ! Mais si tu préfères, on met un réveil pour six heures et tu pourras rejoindre ton lit discrètement.
— D'accord, accepta Drago après un instant de réflexion.
Ils s'allongèrent, dos à dos, dans le petit lit du Gryffondor. Drago se sentait rassuré par la présence et la chaleur qui se dégageait du brun. Après un très long moment, la fatigue reprit le dessus et il se rendormit.
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Mercredi 2 février 2000
Harry avait tenu sa promesse et Drago avait pu rejoindre son lit avant que les autres ne soient éveillés. Il se sentait moins fatigué qu'il aurait pu l'être s'il n'avait pas pu dormir un peu et se félicita d'avoir réveillé le Gryffondor en pleine nuit. Drago décida tout de même que ce genre de choses ne devait pas devenir une habitude, il était un adulte et devait se débrouiller tout seul. Son orgueil faisait partie de sa personnalité et il avait du mal à s'en défaire.
La journée se passa normalement, avec le double cours de Potions le matin, durant lequel il houspilla Harry plusieurs fois. Le Gryffondor continuait à faire des erreurs qui désespéraient Drago, même s'il devait admettre qu'il s'était amélioré depuis le début de l'année.
Après le déjeuner, durant lequel il mangea peu, car rien ne lui faisait envie, il alla réviser à la bibliothèque avec Hermione. Théodore et Seamus avaient cours de Soins aux créatures magiques, et Harry et Ron étaient partis voler.
Quand il fut l'heure d'aller au cours de soutien, Drago rangea parchemins, plume et encre dans son sac et se rendit dans les rayonnages pour reposer les livres dont il avait eu besoin. Hermione le suivit, s'assurant de sa sécurité et déposant également quelques ouvrages sur les étagères. Drago ne put retenir un soupir de désespoir sur cette obligation à toujours être escorté partout. Visiblement, cela n'empêchait pas les coupables de s'en prendre à lui de manière détournée. En réalité, Drago ne craignait plus vraiment d'attaque physique, persuadé que ses détracteurs n'utiliseraient pas deux fois les mêmes agressions, surtout après le fiasco des toilettes de Mimi. Le Serpentard y avait vécu un enfer, mais c'était un échec pour le groupe qui lui en voulait, ils avaient perdu trois membres et n'avaient finalement pas mené à bien la mission prévue. À côté, tout ce qui pouvait lui arriver lui semblait dérisoire, y compris le pathétique meurtre du hibou. Il avait vraiment souffert de l'évènement la veille et pendant la nuit, mais il avait eu le temps d'y repenser dans la journée et il refusait que cela l'affecte durablement. Ainsi qu'il se l'était promis, il arriverait à aller mieux. De toute façon, le petit groupe lui avait assuré qu'il serait derrière lui pour l'y aider.
Dans les couloirs, en se rendant dans leur salle de classe, Drago discuta avec Hermione. Ils échangeaient à propos de certaines des disciplines qu'aucun de leurs amis n'avait choisies. Et de la difficulté à suivre autant de matières tout en n'ayant pas le loisir d'être eux-mêmes aidés pendant le cours de soutien. En effet, plus le temps passait, plus les référents étaient sollicités pendant ce temps de révision en commun. Même Drago répondait à des questions. Certes, seule une poignée de personnes lui adressaient la parole, mais cela l'occupait suffisamment.
Une fois arrivé dans la classe, Drago prit sa place habituelle aux côtés des autres référents. Le reste de leur année était déjà presque entièrement là et les demandes ne tardèrent pas.
Au bout d'un moment, Blaise posa une question à propos des Potions et l'ensemble de la classe se tut pour écouter. Cela agaçait Drago au plus haut point, personne ne voulait lui parler, mais tous les étudiants étaient bien contents d'avoir des réponses malgré tout.
— Pour l'Élixir d'Euphorie, peux-tu me confirmer le nombre de fèves sopophoriques à ajouter dans le chaudron ? Et comment doit-on les préparer ? Les sources sur ce sujet divergent.
— Laisse-moi vérifier l'info sur mes notes.
Drago n'était plus sûr de sa réponse, il préférait s'en assurer. En effet, il avait lu des recettes qui variaient légèrement pour cette potion et il ne voulait pas donner une explication erronée à Blaise. Or, il avait préparé un Élixir parfait lors de la dernière évaluation aléatoire de Slughorn. Et il avait noté très précisément tout ce qu'il avait fait.
Il se pencha et attrapa son sac. Il l'ouvrit, mit sa main à l'intérieur et commença à fouiller sans vraiment regarder ce qu'il faisait. Il connaissait la texture de son carnet de potions par cœur et n'avait pas besoin de le voir pour le reconnaître. Une intense douleur lui traversa soudainement la main droite et remonta jusqu'à son poignet.
Drago sortit ses doigts du sac et manqua tourner de l'œil. Sa main était couverte de sang. Celui-ci coulait abondamment de son index et de son majeur. Il eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait qu'il y en avait déjà partout sur lui, sur ses affaires.
Heureusement, Hermione réagit à une vitesse impressionnante. Elle métamorphosa un parchemin en tissu et le lui enroula fermement autour de la main.
— Serre bien fort par-dessus, lui ordonna-t-elle.
Dans un état second, Drago obéit. Seamus prit le relais.
— J'accompagne Drago à l'infirmerie, annonça-t-il. Vous autres, vous continuez le cours de soutien normalement.
Seamus se mit debout et attrapa Drago sous le bras gauche pour le lever de sa chaise. L'Irlandais récupéra également son sac que Hermione lui tendait ostensiblement avec un air entendu. Le Serpentard se laissa guider par le Préfet jusqu'à l'infirmerie. Décidément, il avait un abonnement à cet endroit cette année !
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Harry eut l'impression que le cours de soutien dura des heures et des heures. Il se força à rester concentré sur les questions de ses camarades, Hermione l'y aidant régulièrement en lui donnant des coups de coude dans les côtes. Le Gryffondor n'avait qu'une envie : aller à l'infirmerie rejoindre Drago.
Quand le temps du cours fut écoulé, Seamus n'était toujours pas revenu et cela inquiétait Harry. Est-ce que la coupure de Drago était plus sérieuse qu'elle n'y paraissait ? Le brun savait d'expérience que les doigts pouvaient saigner énormément sans que ce soit forcément grave.
Harry attrapa son sac pour s'en aller et fut retenu par Hermione.
— Sois discret, Harry, l'implora-t-elle à voix basse. Prends ton temps pour partir.
Évidemment, son amie avait parfaitement raison. Le rapprochement du Serpentard et du petit groupe de Gryffondor n'était pas un secret pour les autres élèves de leur année. Si Harry s'enfuyait comme il en avait eu l'intention, tout le monde saurait qu'il rejoignait Drago. Or, une personne au minimum était concernée par la vendetta contre le blond, il ne fallait pas trop éveiller les soupçons non plus. Certes, Drago semblait proche de Harry, mais il n'était pas intelligent que le Gryffondor montre un trop grand empressement à aller le retrouver.
Alors Harry se força à aller discuter avec Ron, le temps que la salle de classe se vide un peu. Il lança le sujet de la coupe de Quidditch de l'école, sachant qu'il était facile d'en parler sans trop se concentrer.
Harry laissa passer plusieurs minutes après le départ de Théodore. Il était plus logique que ce soit lui qui ait l'air de se préoccuper du sort de l'ex-Mangemort. Après un échange de regard avec Hermione, il s'approcha d'elle et parla assez fort pour que les quelques retardataires l'entendent.
— Tu viens ?
— Je voudrais emprunter un livre à la bibliothèque, répondit Hermione avec un clin d'œil discret. On se retrouve tout à l'heure ?
— Ça marche.
Harry espéra avoir compris et emmena Ron. Ils prirent d'abord le chemin de la Salle Commune avant de bifurquer vers l'infirmerie quand Harry fut certain qu'aucun Huitième année ne traînait près d'eux.
Ils passèrent la porte et trouvèrent Seamus et Théodore dans la petite salle d'attente.
— Comment va-t-il ? demanda Harry.
— Il va bien, Pomfresh a soigné ses doigts. Il s'entretient avec McGonagall pour le moment, répondit Seamus.
Ils attendirent quelques minutes et Hermione les rejoignit. Harry avait donc bien interprété, il n'était pas du tout question de se retrouver dans la Salle Commune, mais à l'infirmerie. Théodore informa la brune de la situation et ils patientèrent tous en silence.
La directrice finit par sortir de la pièce où s'effectuaient les soins.
— Ah, vous êtes tous là, évidemment.
— On peut le voir ? questionna Théodore.
— Dans un instant. Miss Granger, pouvez-vous me confirmer que monsieur Malefoy n'a pas laissé son sac sans surveillance aujourd'hui, excepté lorsque vous avez été ranger des livres dans les rayonnages de la bibliothèque ?
— Oui, je suppose.
— Je vous remercie. Vous pouvez rendre visite à votre ami, maintenant. Quant à moi, j'ai un hibou à envoyer d'urgence au Bureau des Aurors, termina-t-elle en pinçant les lèvres.
Et elle s'en alla d'un pas pressé.
— Hé ben, elle a l'air furieuse ! remarqua Ron.
— Il y a de quoi en même temps ! Ça va durer encore combien de temps cette histoire ? s'énerva Théodore.
— On pense tous la même chose, Théo, le rassura Seamus en le poussant vers la porte.
Harry suivit les autres dans la grande pièce de soins où étaient disposés plusieurs lits. Deux seulement avaient les rideaux tirés pour l'intimité du patient. Seamus leur indiqua la direction à prendre. Ils furent très vite agglutinés autour de Drago.
Le Serpentard était allongé, deux doigts de la main droite bandés, pâle comme jamais. Il n'était déjà pas très hâlé en temps normal, mais il avait vraiment l'air affaibli. Harry sentit son cœur se serrer. Merlin, il était tellement dans la merde avec ses sentiments incontrôlables !
— Arrêtez de me dévisager comme si j'étais à l'article de la mort, grommela Drago. Vous avez vu vos têtes, franchement ?
— Désolé, s'excusa Théodore au nom du petit groupe. Tu sors quand ?
— Pas tout de suite… Pomfresh veut me garder encore un peu en observation.
— Je croyais que la blessure était soignée ? s'étonna Seamus.
— Simple mesure de précaution, éluda le blond.
Harry trouvait son comportement suspicieux. Il cachait quelque chose.
— Qu'est-ce que tu ne nous dis pas ? demanda Théodore.
Le Gryffondor était content que quelqu'un d'autre s'en soit aperçu. Cela voulait dire qu'il ne s'était pas trompé. Il commençait à vraiment bien connaître Drago.
— Il se pourrait que j'ai perdu connaissance un petit instant, avoua le blond, rougissant.
— Mais… commença Harry.
— Votre camarade ne mange pas assez ! intervint madame Pomfresh, qui arrivait derrière lui. La perte de sang et l'émotion ont été trop dures à supporter puisqu'il n'a plus beaucoup de réserves d'énergie.
— N'exagérez pas, s'il vous plait, rétorqua Drago. Ce n'est pas si grave.
— Je sais ce que je dis, mon petit ! Vous autres, vous allez l'inciter à se nourrir correctement rapidement, sinon il sera obligé de manger ici, ordonna-t-elle d'une voix ferme à tout le groupe d'amis.
Harry hocha vigoureusement la tête, ne désirant pas s'attirer les foudres de l'infirmière. Elle pouvait être très effrayante quand elle voulait. Tous les autres l'imitèrent.
— Vous pourrez sortir quand vous vous sentirez mieux et que vous aurez dîné, expliqua-t-elle à Drago. Voilà un flacon de potion pour vous redonner un peu d'énergie. Vos amis peuvent rester pour le moment.
Et elle les laissa seuls. Hermione jeta aussitôt un œil de l'autre côté des rideaux puis prononça Assurdiatoen agitant sa baguette. Harry distingua la très faible lueur de la bulle de silence qui grossissait autour d'eux. Elle était très grande, englobant le volumineux lit, les rideaux et l'espace d'un mètre entre les deux, du sol au plafond. Une fois le sort achevé, il devint invisible. Harry était impressionné, cela nécessitait beaucoup d'énergie et une maîtrise parfaite. C'était bien plus difficile que d'isoler son petit lit personnel sur lequel il ne jetait qu'une petite bulle. Son amie méritait vraiment d'être majore de promotion. Et elle le serait sans aucun doute.
— Alors ? demanda Théodore après que Drago eut avalé sa potion en grimaçant.
— Deux doigts coupés assez profondément. Pomfresh a dit que j'avais eu de la chance que les nerfs n'aient pas été touchés.
— Comment est-ce arrivé ? McGonagall m'a posé des questions à propos de ton sac.
— Il y avait un miroir brisé dedans. Il ne m'appartient pas. Quelqu'un l'a glissé là volontairement pour que je me blesse.
— Inutile de se demander qui sont les responsables, marmonna Harry, énervé de la situation.
— Bon, si on faisait le point sur ce que l'on sait pour commencer à enquêter, proposa Hermione.
Harry acquiesça, il était temps de s'y mettre. Ensemble, ils listèrent la totalité des évènements en rapport avec la vengeance contre Drago. Ce dernier ajouta quelques maléfices qu'il avait reçus plus tôt dans l'année, et dont il n'avait parlé à personne jusque-là.
— Vous vous souvenez comme il a été difficile de détacher Drago du mur en novembre ? remarqua Seamus. Les sorts étaient complexes et bien exécutés, probablement par un élève âgé d'au moins seize ans.
— Oui, mais il y a aussi des sorts très basiques, pointa Ron. Le Crache-Limaces je savais le lancer en deuxième année.
— Ça, on s'en souvient, pouffa Drago. Il m'était destiné d'ailleurs.
— Tu l'avais bien mérité si mes souvenirs sont bons, répliqua Hermione en croisant les bras et fronçant les sourcils.
— Oui, tu as raison, Hermione. Toutes mes excuses.
Harry s'en rappelait également parfaitement, Drago avait traité Hermione de Sang-de-bourbe dans le stade de Quidditch. Le pauvre Ron avait subi le sortilège à cause de sa baguette abimée. Il était loin ce temps, maintenant Drago s'en excusait aussi facilement qu'il respirait. Cela faisait du bien à Harry de constater une fois encore à quel point le blond avait changé. Et qu'il méritait son amitié, son soutien. Et au moins, Harry se rassurait en se disant que les sentiments qu'il éprouvait avaient pour cible quelqu'un de bien.
— On se concentre un peu ? rappela Théodore.
— On sait que plusieurs personnes font partie de cette bande. Au moins un·e élève de notre année ou l'un·e des Préfet·e·s en chef, personne d'autre n'a notre mot de passe normalement. Il est possible que les sorts soient de niveaux différents pour brouiller les pistes, résuma Hermione.
— Seamus, est-ce que tu as repéré des gens en particulier pendant que tu enquêtais au début de l'année ? demanda Harry.
— Franchement c'était compliqué, plus de la moitié de notre année aurait pu assassiner Drago si les regards tuaient… Ça ne veut pas dire qu'ils sont coupables.
— Qu'est-ce que vous savez sur le Poufsouffle de notre dortoir, Finch-Fletchley ? demanda Drago. Parce qu'il fait partie des gens qui m'ont jeté des regards si haineux que j'en ai eu des sueurs froides.
— Justin ? Il ne ferait pas de mal à une mouche.
— Il est très influençable, mais franchement il n'a jamais été du genre violent ou méchant, renchérit Harry.
Harry réfléchissait en même temps que toutes sortes de théories fusaient. Faire le point sur la situation était nécessaire, mais il se demandait s'ils arriveraient à dénicher les coupables. Il avait été très optimiste quand il avait proposé d'enquêter, mais il se rendait bien compte de la difficulté d'y parvenir. Il était possible qu'une des têtes pensantes soit un·e élève de leur année, par rapport aux compétences et aux mobiles de la vengeance. Mais qui ?
Après deux heures à discuter, madame Pomfresh vint déloger le petit groupe, et envoya tout le monde dîner dans la Grande Salle, gardant Drago à l'infirmerie. Elle promit de le libérer après manger s'ils revenaient le chercher. Harry partit en traînant des pieds, essayant de ne pas laisser son regard s'attarder sur Drago. En plus, il était déçu parce que rien de très concret n'avait émergé de leur première réunion pour débusquer les coupables.
Voilà pour ce chapitre 10, en espérant que vous avez aimé ! Si c'est le cas, un petit mot pour me le dire me fera plaisir.
Nous nous retrouvons donc exceptionnellement demain pour la suite !
Prochain chapitre…. roulements de tambour… : Fantasmes et premier baiser.
Oui je vous laisse sur ce suspense jusqu'à demain ! Et ne vous plaignez pas, normalement il y aurait dû avoir deux semaines d'attente avant de l'avoir ;)
