Et bien le bonsoir tout le monde ^^ J'espère que tout va bien pour vous x3
Voici la suite des aventures estivales de nos deux loulous ! Une suite calme pour le coup, qui vous permettra de souffler après ce que je vous ai balancé au chapitre 10 xD (que vous avez merveilleusement bien accueilli, merci mille fois ToT) Il n'y a qu'une brève mention de tentative de suicide dans une phrase, mais à part ça, pas de TW pour ce chapitre-ci o/ J'espère qu'il vous plaira ! Je vous souhaite bonne lecture ^^
Réponse au guest : Hey Nino ! Ravie de voir que tu es toujours au rendez-vous x3 Merci beaucoup pour tes reviews ! (et désolée pour le chapitre précédent, j'essayerai de vous envoyer des mouchoirs pour vous consoler xD) J'espère que le chapitre d'aujourd'hui te plaira ! Au plaisir de te relire ^^
Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.
Chapitre 11 – Le soleil
5 août, dans les couloirs de l'hôtel de la station balnéaire d'Ishigaki :
Lorsque Touya quitta sa chambre, il était près de onze heures du matin. Il avait passé le début de la matinée à dormir, et le reste en consultation avec Aizawa à revoir ses blessures et à faire un point quant à la veille. Il se dirigeait désormais vers la chambre de Natsuo où lui, Fuyumi et Shoto, l'attendaient. Il avait demandé à son frère de leur faire livrer à manger pour qu'ils puissent rester au calme, en privé. Il fallait qu'il leur parle.
Après que Hawks était parti, Touya avait tout expliqué à sa mère. La crise à cause du film, son réveil auprès du blond, les aveux… Rei avait été si fière de lui. Elle lui avait confié à quel point elle se sentait heureuse de voir son état s'améliorer, qu'il accepte enfin de croire en lui, de faire à nouveau confiance. Et il s'était senti profondément heureux de faire le bonheur de sa mère. Il lui avait également parlé du voyage que la station prévoyait et de son envie d'y participer, accompagné de Hawks ; Rei avait confirmé à quel point c'était une bonne idée qu'il parte quelques jours se changer les idées, d'autant plus si le maître-nageur était là. Il avait fini par s'endormir dans ses bras, alors qu'elle lui avait chanté la berceuse de son enfance pour le relaxer.
Sa mère au courant, c'était maintenant au tour de sa fratrie de l'être. Déjà parce que Shoto devait encore se demander s'il allait mieux depuis la veille, et persuadé que son frère et sa sœur avaient été mis dans la confidence, il se devait de tous les rassurer. Au-delà de ça, Touya voulait prouver à ses proches les progrès qu'il avait pu faire ; ils savaient qu'eux aussi seraient fiers de lui.
Alors il débarqua dans la chambre de son petit frère sans frapper. Évidemment, ils lui sautèrent presque dessus lorsqu'il entra. Il grogna qu'on lui laisse de l'espace et le temps de manger, après quoi il leur expliquerait tout.
Après avoir dégusté une grande portion de soba sur le lit très confortable de son frère, il se lança finalement. Il passa rapidement sur son état post-crise pour concentrer son récit sur les points les plus importants, soit sa prise de parole et Hawks. Il n'oublia aucun détail. Face à lui, ses frères et sœurs traversèrent plusieurs émotions : leurs yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'ils apprirent que leur frère avait osé parler de son accident, leurs visages se voilèrent de tristesse à l'évocation de sa tentative de suicide. Leurs lèvres – surtout celles de Natsuo – s'étirèrent dans un grand sourire quand Touya leur révéla à quel point sa relation avec Hawks avait pu évoluer en l'espace d'une simple soirée. Il n'omit rien.
Lorsqu'il arrêta de parler, Fuyumi se jeta dans ses bras après un bref instant de réflexion. Voyant que leur frère ne s'y opposait pas, elle fût rejointe par Natsuo, et même par Shoto – après un long instant d'hésitation. Le brun n'aurait pu rêver meilleure réaction ; parfois, un simple geste exprimait bien plus qu'un millier de mots. Et puisqu'il n'avait jamais été un grand bavard, cela lui convenait parfaitement.
À l'unanimité, sa fratrie lui exprima sa fierté et son soulagement quant à toute cette histoire. Touya les remercia sincèrement, et ils restèrent dans les bras les uns des autres pendant plusieurs secondes ; jusqu'à ce que Natsuo relance la conversation en priant pour avoir plus de détails concernant son histoire avec le maître-nageur.
Habituellement, Touya évitait de parler de ses histoires avec ses proches. Déjà parce qu'il trouvait ça gênant, mais surtout parce qu'il n'en avait pas plus que ça. Sa dernière histoire sérieuse remontait à Kai, et son dernier plan remontait à… il ne savait plus, il ne se souvenait que du prix que cela lui avait coûté. Cependant, cette fois-ci, il accepta de leur en parler pour la simple et bonne raison que ses frères et sœurs étaient bien plus doués que lui en termes de relations amoureuses – enfin, surtout Natsuo – et qu'il était complètement largué. Alors, il leur raconta tout ce qu'il s'était produit la veille, et à quel point sa relation avec Hawks avait pu évoluer en si peu de temps.
« - Écoute, Touya… »
Fuyumi prit la parole en premier, bien que le tremblement de sa voix trahissait son malaise. Il était si rare que son grand frère se confie à eux, surtout concernant… un tel sujet. Elle ne savait pas vraiment où commencer, mais il fallait qu'elle s'exprime avant que Natsuo ne dise des bêtises. Alors, elle inspira un grand coup, et reprit.
« - Tu sais… Je te connais, Touya… »
Il eut une violente envie de lui confirmer que oui, elle le connaissait, mais il la réfréna.
« - Je… Je vois comment tu te comportes, comment tu agis avec… les autres. Et ces derniers temps, tu… comment dire… »
Elle chercha ses mots pendant que Natsuo, près d'elle, semblait perdre patience.
« - Tu es… moins agressif, plus détendu… Je sais parfaitement ce qui en est la cause… Et si en plus de ça, tu nous dis que tu as réussi à lui parler de ton accident, alors…
- Alors qu'est-ce que t'attends, putain ? » s'exclama finalement le plus jeune en se rapprochant. « T'es pas si rouillé que ça, quand même ! Sérieusement Touya, Fuyumi a raison. Si t'as été capable de dire la vérité à Hawks, c'est que t'as un minimum envie que ça aille plus loin entre vous deux, non ? »
Touya soupira et se mît à fixer ses jambes croisées en tailleur. Évidemment qu'il voulait que cela aille plus loin, mais ce n'était pas dans ce but qu'il s'était confié. Il l'avait fait parce qu'il s'en était senti capable, parce qu'il… Parce qu'il avait confiance en Hawks, et qu'il avait eu envie de lui dire. Et ça s'était bien terminé, en plus de ça. Alors… était-ce censé signifier quelque chose ? Il ne savait plus où donner de la tête.
« - J'en sais rien. » lâcha-t-il en se redressant. « J'sais juste que… » Il se mordit la langue ; il n'arrivait pas à croire qu'il s'apprêtait à dire une pareille connerie. Surtout à ses frères et sœurs. « … J'me fais chier quand il est pas là. Et c'est tout.
- C'est tout ? Tu te fous de moi ! » répéta l'étudiant en grimaçant. « Touya, tu sursautes quand je te touche sans te prévenir. Tu vas me faire croire que tu laisses Hawks t'approcher sans aucune arrière-pensée ? »
Touya prit un instant pour réfléchir. Même si ça l'emmerdait profondément de l'admettre, son frère n'avait pas tort… Bien sûr, le maître-nageur n'avait pas fait disparaître ses complexes par magie, il lui faudrait encore des années pour qu'il puisse s'en débarrasser. Mais il reconnût ses efforts, et forcément, admit qui en était à l'origine ; une amitié des plus platoniques n'aurait jamais pu le pousser à se dépasser autant, d'une façon aussi naturelle en plus de ça… Peut-être qu'il ne voulait tout simplement pas reconnaître ce qu'il ressentait. Il était complètement perdu.
« - Ouais... T'as peut-être raison.
- Je n'ai pas « peut-être raison », Touya, j'ai raison tout court. » rétorqua Natsuo, après quoi il empoigna ses épaules – et en effet, il sursauta – et le força à le regarder dans les yeux. « Dis-moi. T'as envie de coucher avec lui, non ? »
Touya crut que Fuyumi allait faire un infarctus. Depuis la salle de bain où il se lavait les mains, Shoto laissa échapper un petit rire, néanmoins assez fort pour que sa fratrie puisse l'entendre. Les yeux de Touya s'écarquillèrent d'effroi, de dégoût – il n'allait certainement pas parler de sa vie sexuelle avec son petit frère – et de colère.
« - J'vais te refaire le portr-
- Ça vaaa, j'ai compris. » L'étudiant leva les yeux au ciel et soupira face à la mine colérique de son aîné. Il reformula : « Bon… T'as envie d'être plus proche de lui, non ? Je me doute que le contexte de la crise t'ait aidé à te dérider, mais…
- En réalité, ce n'est pas tout à fait vrai. »
Ils s'attendaient tous si peu à ce que Shoto prennent la parole que leurs trois regards convergèrent vers lui, devant l'entrée de la salle de bain. Touya eut un très, très mauvais présentiment ; si même lui se mettait à dire des conneries, il allait tous les jeter par la fenêtre.
« - Hawks était déjà dans ses bras pendant le film. C'est comme ça qu'il a su qu'il faisait une crise. »
Il se rassit sur le lit tandis que Natsuo ouvrit la bouche à s'en décrocher la mâchoire. Touya plongea sa tête dans ses mains. Il allait finir avec une putain de migraine ; pourquoi était-il venu dans la chambre de Natsuo, déjà ? Et ce sale petit morveux de… Ça voulait dire que pendant tout ce temps où il avait pensé être tranquille avec Hawks, Shoto les épiait ?!
Il réussit à relativiser en réalisant qu'il n'avait certainement pas pensé mal. La plupart du temps, Shoto ne faisait qu'exposer des faits sans réfléchir aux conséquences de ses mots. C'était d'ailleurs un miracle qu'il soit intervenu dans leur conversation. Et puis finalement, heureusement qu'il avait gardé le silence durant leur visionnage ; Touya n'osait pas imaginer la honte qu'il aurait ressenti, ni le calvaire qu'il lui aurait fait vivre s'il avait osé l'ouvrir…
Bien évidemment, le futur infirmier profita de cette nouvelle information pour l'assaillir de nouvelles questions, tandis qu'il perdait le peu de patience qu'il lui restait. Fuyumi intervint avant que cela ne tourne au vinaigre.
« - Les garçons, laissez-le un peu tranquille… » Ses joues étaient rouges d'embarras, mais elle parvenait tout de même à canaliser leurs énergies. « Pour une fois qu'il arrive à se confier, soyez plutôt fiers de lui au lieu de l'embêter… »
Les garçons se détendirent finalement. Le retour du calme et du silence permit à Touya de réfléchir encore un instant. Son frère était quasiment aussi subtil que lui mais une fois encore, il avait raison, et Shoto aussi. Chaque fois qu'il avait fini dans les bras de Hawks, ou inversement, il s'était senti bien. Ajouté à cela tous les moments qu'ils avaient passé ensemble, la soirée blanche où il lui avait révélé son homosexualité, l'après-midi sur la plage… Toutes ces fois où il avait louché sur son corps de rêve et sur ses lèvres…
Touya devait le reconnaître. Hawks lui plaisait plus que de raison.
« - Touya. » reprit Fuyumi, remise de ses émotions. Le bleu de ses yeux dégageait un tel amour qu'il eut l'impression de regarder sa mère. « Quoi que tu décides, nous serons là pour te soutenir. J'espère que tu le sais… »
Évidemment qu'il le savait, mais il était toujours bon de s'en souvenir. Il lui adressa un faible sourire et abandonna finalement le lit de son frère ; en parlant du loup, Hawks devait très certainement l'attendre sur une des plages, bien qu'il fût censé travailler. Touya remercia une dernière fois sa fratrie, pour le soutien et les… conseils, et il quitta la chambre ; il ignora les dernières paroles de Natsuo qui l'encourageait à « s'activer pour conclure », et il claqua la porte.
Il s'empressa de rejoindre l'ascenseur. Avec tout ce qui s'était dit dans la chambre de son frère, Touya avait encore plus envie de rejoindre Hawks. En plus, il n'avait même pas eu le temps de l'appeler lorsqu'il s'était réveillé, comme il le lui avait demandé de le faire. Le connaissant, cet abruti devait s'inquiéter.
Cet abruti… C'était plutôt Touya qui était le plus stupide d'eux deux à l'heure actuelle. Évidemment que Hawks lui plaisait. Il lui avait plu dès le premier regard, il craquait sur lui comme un pauvre collégien fantasmerait sur un lycéen. Le réaliser l'effrayait, mais il était néanmoins convaincu que, peu importait comment toute cette histoire se conclurait, le blond serait toujours à ses côtés. Et bien qu'il préférait tout de même que leur relation tourne à son avantage, cela le rendait heureux.
L'ascenseur le déposa au rez-de-chaussée, et rapidement, la chaleur propice au mois d'août le frappa de plein fouet. Il lui semblait qu'au plus les jours passaient, au plus il faisait chaud. C'en était presque s'il pouvait ressentir la température ardente du sable sous ses pieds chaussés, mais il ne s'y intéressa que très peu. Au loin, il reconnut parmi les diverses silhouettes celle qui l'intéressait le plus, ce dos ailé qui ne laissait aucun doute quant à l'identité du tatoué.
Sa vue s'accommoda à la forte luminosité ambiante, et à mesure qu'il s'approcha, Touya réalisa qu'Hawk était occupé à discuter avec deux jeunes femmes, d'à peu près leurs âges sûrement. L'une d'entre elle, une brune, était suspendue à ses lèvres comme s'il était en train de répandre la Sainte parole qui les sauverait tous. L'autre, une rousse, riait toutes les demi-secondes. Elle profitait même parfois de l'euphorie de cette conversation qui semblait des plus intéressantes pour poser sa main sur l'épaule du maître-nageur, aussi musclée que le reste de son corps.
Touya sentit son estomac se tordre, et la colère lui monter au nez ; ces deux nanas étaient celles qui s'étaient foutues de lui, dans la file d'attente de la soirée blanche. Et elles étaient là, à faire du rentre-dedans au maître-nageur le plus stupide et le plus beau des alentours.
Qu'est-ce qui l'énervait le plus, finalement ? Qu'Hawks converse avec celles qui s'étaient ouvertement moquées de son physique, ou qu'une main étrangère ose le toucher ? Option numéro deux, bien évidemment. Il se serait trouvé pitoyable si seulement il avait pu réaliser l'état dans lequel il était. Seulement, son cerveau laissa à ses émotions le total contrôle de son corps, et avant qu'il ne puisse comprendre ce qu'il était en train de foutre, Touya s'élança en direction de la petite troupe.
Dès qu'il fût suffisamment proche d'eux, la rouquine le dévisagea d'un air à la fois dégoûté et condescendant ; il avait envie de lui cramer la gueule et de jeter ses cendres à la mer. Sans même qu'Hawks ne remarque quoi que ce soit – en plus d'être idiot, il était aveugle – elle chuchota quelque chose à sa copine qui lui lança alors le même regard. Touya était devenu le centre de leur attention ? Parfait. Qu'elles profitent bien du spectacle, il promettait d'être intéressant.
Lorsqu'il arriva à leur hauteur, instinctivement, comme pour marquer son territoire, sa main se posa sur la hanche d'Hawks qui sursauta en sa direction. Dès que ses yeux brillants comme le soleil se posèrent sur lui, ses lèvres s'étirèrent dans un immense sourire. Mais le brun n'y prêta pas attention ; il était bien trop occupé à dévisager les deux… pétasses qui osaient faire du rentre dedans à son maître-nageur. Le regard de la brune s'abaissa vers sa main serrant le corps du blond contre le sien, et Touya aurait juré apercevoir ses sourcils se froncer de dégoût. Il allait arracher ses putains de cheveux et les lui faire bouffer.
« - Ah, tu es enfin là ! » lui lança alors Hawks, ce qui le fît revenir sur Terre. Le plus naturellement du monde, il passa son bras autour de ses épaules et reprit. « J'ai renseigné ces charmantes demoiselles en t'attendant. Elles participeront au séjour de demain. »
Plusieurs informations convergèrent en même temps vers son esprit. La première lui fît considérer le fait qu'il allait donc passer deux jours entier avec ces deux parasites, et qu'il lui restait un peu moins de vingt-quatre heures pour se débarrasser de leurs cadavres et les empêcher de se pointer. La seconde, bien plus agréable, lui permit de réaliser à quel point le maître-nageur s'était rapproché de lui en si peu de secondes ; ç'aurait presque pu le détendre si les deux pimbêches ne le fixaient pas avec un regard aussi mauvais. Il aurait mis sa main au feu qu'elles étaient homophobes en plus de ça… Mais il se foutait de la façon dont elles le regardaient, parce que le seul regard qui l'importait n'était intéressé que par lui. Le monde entier aurait pu le dévisager qu'il n'y aurait pas prêté attention.
Hawks donna quelques informations complémentaires aux deux vacancières qui, après un très – trop – long moment pour Touya, finirent par les laisser tranquille. Il ne put s'empêcher de les regarder rejoindre vers leurs affaires en roulant des hanches, s'installer sur leurs serviettes pour s'enduire de crème auto-bronzante, vérifier que le beau maître-nageur continuait de les observer. Touya en eut presque la nausée.
« - Je rêve de voir la gueule qu'elles tireront quand elles apprendront que t'es gay. »
Ne s'attendant sûrement pas à ce que le brun sorte une raillerie pareille - de son côté, il ne s'était pas attendu à parler sur un ton si agressif -, Hawks éclata de rire. Il réchauffa le cœur de Touya, encore énervé de voir une telle vermine traîner près de lui. Pendant qu'il riait, le bras du blond abandonna sa nuque pour se glisser dans le creux de ses reins, là où sa peau n'était pas cicatrisée. À cause de son t-shirt, il ne sentit pas ses doigts contre son épiderme ; pourtant, son corps frissonna de toute part, comme si cela avait été le cas.
« - Tu sais que tu leur vends de faux espoirs ? continua-t-il.
- Et tu sais que je ne vois pas du tout de quoi tu parles ? »
D'un air malicieux, les lèvres de Hawks s'étirèrent dans un sourire. La main de Touya demeurait encore contre sa taille, il pouvait sentir la chaleur de cette source de lumière contre sa peau, et il ne sût s'il avait chaud à cause des fortes températures ou de leur proximité corporelle. Il fallait vraiment qu'il se reprenne, il passait vraiment pour un putain de puceau…
« - Te fous pas de moi. » rétorqua-t-il sur le même ton. « Même moi, j'te mate pas autant.
- Ah oui, et tu me mates comment toi ? »
Intéressé, les sourcils d'Hawks s'étaient haussés et son sourire s'était agrandi ; il partit en fou rire lorsqu'il constata la mine déconfite de Touya, qui venait de réaliser ce qu'il avait dit. Mais quel putain de débile. Est-ce qu'il venait vraiment de… Putain, il se demandait sincèrement s'il n'avait pas fini par choper une insolation pour avoir osé sortir une connerie pareille. Il sentit l'agacement poindre et, voyant que le maître-nageur n'arrêtait pas de se foutre de lui, il profita de son hilarité pour le mettre à terre dans une balayette parfaitement maîtrisée. Lorsque Hawks percuta le sable chaud, ce fût à son tour de se moquer ; un point partout, balle au centre. Il appréciait tellement les moments comme celui-ci.
En se relevant, Hawks secoua son bermuda rouge, couvert de tas de petits grains. En rigolant, il lança au brun :
« - Si je m'étais attendu à ça venant de toi, Touya…
- Quoi, tu me pensais pas capable de te foutre au sol ?
- Non, je ne te pensais pas capable d'être jaloux. »
Sa franchise l'estomaqua et instinctivement, Touya se renfrogna sur lui-même. Il n'était pas… jaloux. Il savait pertinemment que ces vacancières n'avaient aucune chance auprès de Hawks, mais… ça le faisait définitivement chier. Il ne voulait pas qu'on l'observe de trop près non plus.
« - J'suis pas jaloux. » se justifia-t-il en détournant le regard, la mine grincheuse. Bien plus agressivement que prévu, il rajouta : « J'en ai rien à foutre d'à qui tu parles. »
Il pouvait songer à entamer une carrière de menteur, à ce rythme-là… Il aurait très certainement bien gagné sa vie.
« - C'est ça, c'est ça… » renchérit le blond en agitant ses mains. Trop occupé à replacer ses lunettes de soleil, il ne remarqua même pas le regard noir que Touya lui lançait.
En ce début d'après-midi, la plage était terriblement occupée. Les serviettes et les transats se jonchaient presque les uns sur les autres ; au loin, Touya aperçut Kaminari et Ashido enterrer Kirishima dans le sable, entre leurs affaires étalées dans un bordel sans nom. Il avait terriblement chaud, et être en présence de Hawks – torse nu, qui plus est – n'arrangeait pas son affaire. Il n'avait qu'une seule envie, c'était de se jeter dans l'eau pour se rafraîchir. Mais il y avait trop de monde, alors, il prit sur lui et se concentra à nouveau sur le maître-nageur.
« - J'ai cru que tu m'avais oublié, ce matin. » Touya s'apprêta à lui dire qu'il se souviendrait de lui que même s'il avait Alzheimer, mais le blond continua sur sa lancée. « Alors, bien dormi ? »
Sa capacité à faire comme si de rien n'était ne cesserait jamais de l'étonner. Il lui adressa un faible mais sincère sourire, après quoi il se renferma à nouveau et s'intéressa soudainement au sable sous leurs pieds ; sans ses claquettes, il se les cramerait certainement. Terriblement, il se remémora les révélations de la veille et un étrange sentiment l'envahit. Cela lui faisait quelque chose, qu'Hawks se comporte toujours aussi naturellement avec lui, alors que… Cela allait au-delà de tolérer son physique disgracieux, le maître-nageur avait parfaitement assimilé le fait qu'il était responsable de son fameux accident. Et malgré cela… Il était encore si gentil avec lui, comme si de rien n'était ?
Lorsqu'il releva ses saphirs sur ses cheveux d'or, il remarqua le sourire qu'il lui adressait ; et à nouveau, tous ses doutes et ses questionnements quittèrent le navire de ses pensées. Il avait une de ses capacités à l'apaiser…
« - J'me sens mieux qu'hier, si c'était ta question. » Cela sembla lui convenir, puisqu'il lui sourit de toutes ses dents. Le brun enchaîna sur un tout autre sujet pour éviter de reparler de ce qu'il s'était passé la veille. « J'ai parlé à ma mère et à Aizawa du séjour. Ils sont d'accord uniquement s'il peut s'incruster avec nous. »
En réalité, Rei était d'accord tout court, c'était le chirurgien qui avait insisté pour participer au voyage. Cela ne le dérangeait pas plus que ça, mais s'il pouvait sortir une excuse plutôt que d'avouer qu'il attendait de partir avec lui dès qu'il avait évoqué ce foutu séjour…
Le visage d'Hawks s'éclaira comme celui d'un gosse le matin de Noël. Il n'avait rien dit de si spécial, pourtant… Alors pourquoi cela lui faisait plaisir qu'il réagisse de la sorte ?
« - C'est vrai, tu peux venir ? C'est génial ! »
Il ne contint absolument pas sa joie, et il lui arracha un sourire ; parfois, Touya se disait qu'il avait suffisamment d'énergie pour eux deux. Rapidement, il fût noyer sous des milliards de détails, tous énoncés à la vitesse de l'éclair : l'heure à laquelle ils partiraient le lendemain, la durée du trajet – à l'annonce du mot « bus » et du mot « bateau », Touya eut déjà envie de vomir -, comment ils s'organiseraient pour dormir… Fort heureusement pour eux, les nuits qu'ils passeraient sur l'île de Taketomi serait se ferait dans une auberge de jeunesse que la station avait louée pour l'occasion. Tant mieux, Touya ne supportait pas le camping ; toutes ces tentes, et tous ces matelas qui jonchaient le sol… Très peu pour lui, il était bien trop habitué au confort et ne comprenait pas le concept de se faire autant chier pendant des vacances.
Hawks termina finalement ses explications lorsqu'il fut hélé par un collègue à lui ; apparemment, c'était à son tour de surveiller la plage depuis le haut siège. Comme à son habitude, il porta une main dans sa chevelure et ses doigts fins grattèrent son cuir chevelu. Il lui adressa un nouveau sourire, puis lui dit :
« - Il faut que j'aille. »
Il s'apprêtait à se justifier lorsque d'un hochement de tête, Touya lui fît comprendre qu'il n'y avait pas de soucis ; de toute façon, même s'il aurait préféré passer le reste de son après-midi en sa compagnie, il aurait deux jours entiers pour se consacrer à lui…
À déjà quelques mètres de lui, il entendit Hawks lui lancer :
« - Et sois à l'heure demain ! Si tu n'entends pas ton réveil, c'est moi qui viendrai te sortir du lit ! »
Les lèvres de Touya s'étirèrent dans un sourire amusé ; la perspective d'Hawks dans son lit lui tordit délicieusement l'estomac, mais ce n'était définitivement pas le moment de penser à ce genre de choses. Sur un ton encore plus moqueur, il lui rétorqua :
« - J'vais faire exprès de pas me lever alors. »
Le rire de Hawks parvint à ses oreilles et enveloppa tendrement son cœur. Il était tellement… Ses yeux d'or brillaient de malice et son sourire propageait sa bonne humeur dans tous les alentours. Un vrai soleil, un astre rayonnant sur le sable chaud de la plage ; Touya ne se lasserait jamais de le voir rire.
« - Donc en plus de me mater, tu me dragues maintenant ? » releva-t-il en riant de plus belles. Touya ne perdit même pas de temps à démentir, bien trop obnubilé par sa prestance et sa beauté. « J'ignorais que tu mettais autant les pieds dans le plat, Touya. »
Il lui sourit sans même s'en rendre compte. Avant qu'il ne puisse se moquer encore plus de lui, Touya lui adressa son plus beau doigt d'honneur, après quoi il se détourna et abandonna la plage. Son cœur battait à mille à l'heure et il ne pouvait s'empêcher de sourire comme un demeuré. Il se sentait… bien. Vraiment bien. Il ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie.
Lorsqu'il s'apprêta à pénétrer dans le hall d'entrée, il accorda un dernier regard au maître-nageur ; en haut de son perchoir, il venait de retrouver sa place. Sincèrement, il se demanda si Hawks se languissait autant que lui de partir découvrir l'île de Taketomi…
Et voiilààà, c'est fini pour aujourd'hui ^^ On s'apprête à entamer un nouvel arc narratif, j'ai juste suuper hâte que vous le découvriez x3 Si vous avez aimé les récents rapprochements entre Touya et Hawks... vous risquez d'être servi-e-s owo
Si je ne vous revois pas d'ici là, je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d'année ! Des bisous à tou-te-s,
Zodiaaque.
