Chapitre 12

Je n'avais pas pour habitude de faire la grasse matinée. L'horaire des camps était toujours imprimé dans mon horloge interne, me réveillant naturellement vers 6h. Pourtant, quand j'ouvris les yeux, je constatai que tout les autres étaient déjà levés. Il ne devait pas être midi, mais il n'était pas 6h non plus. Les rayons du soleil matinale traversaient les rideaux. Je m'assis sur le lit et me frottai les yeux. Zu était assise par terre et regardai une rediffusion d'un vieil épisode de Scooby-doo ; je m'étonnai d'ailleurs qu'ils diffusent encore des dessins animés étant donné que tout les enfants étaient théoriquement soit morts soit enfermés dans un camp. Le bruit de la douche nous parvenait depuis la salle de bain. Liam, très certainement. Aucune signe de Chubs en revanche. Ruby, elle, était debout au bord du lit, en train de refaire son sac. Elle sourit en voyant que je la regardais.

- Bonjour. Bien dormi ?

Zu se retourna en l'entendant parler et me fit un signe de la main que je lui rendis avec un sourire. J'hochai la tête à l'intention de la Verte.

- Plus aussi bien depuis longtemps. Et toi ?

- J'ai eu un peu trop chaud. Tu es un vrai radiateur ! gloussa-t-elle.

Je ris avant de m'interrompre brusquement.

- Ca doit être les microbes. Tu ne te sens pas malade, au moins ? m'enquis-je, fébrile.

Même si je n'avais presque plus rien, j'avais moyennement envie de tous les contaminer avec ma maladie. Ruby secoua la tête sans se départir de son air amusé.

- Ne t'inquiète pas, ça va.

J'hochai la tête, sans être vraiment convaincue pour autant.

- Où est Chubs ?

- Dehors. Il prépare notre itinéraire.

L'eau de la douche se coupa et Ruby tourna la tête vers la salle de bain. A son expression, je devinai que Liam lui en voulait toujours. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi il avait réagi aussi mal. Je suivis le regard de la Verte un instant avant de la regarder.

- Tu devrais lui parler. Je suis certaine que ce n'est pas réellement après toi qu'il en a. Je crois que c'est entendre à nouveau parler de Jack comme ça qui le chiffonne. Et il y a quelques jours, je lui ai appris qu'un autre garçon que nous connaissions n'avait pas survécu, ça a pas vraiment dû aider. Parle-lui, vraiment. Et puis quelque chose me dit que tu devrais pouvoir trouver les bons mots, Verte, ajoutai-je en lui faisant un clin d'oeil.

J'avais remarqué que Chubs avait la manie de toujours l'appeler comme ça et presque jamais par son prénom. Liam le faisait aussi de temps à autres et j'avais fini par prendre ce tic.

Le regard qu'elle me jeta indiquait clairement qu'elle n'y croyait pas mais elle n'eut pas l'occasion de s'étendre sur le sujet comme la porte de la salle de bain s'ouvrit sur un Liam aux cheveux mouillés.

Comme je n'avais pas vraiment de pyjama, je ne m'étais pas changée et ne devais donc pas m'habiller maintenant. J'enfilai rapidement mes baskets et attrapai mon sac à dos que je n'avais pas défait.

- Zu ? Tu viens ? On va voir si Chubs a besoin d'un coup de main.

Elle leva la tête vers moi et fronça les sourcils. Nous savions toutes les deux que Chubs n'avait très certainement pas besoin de notre aide. Même pas du tout. Mais ce serait sûrement plus facile pour Ruby de parler à Liam si nous n'étions pas là. Zu sembla comprendre et regarda les deux adolescents avant d'acquiescer à mon attention. Elle prit son sac et passa devant moi pour sortir. Ruby me jeta un regard inquiet avec une légère touche de "pourquoi tu fais ça ?!" et une touche de "je vais te raser la tête dans ton sommeil". Je lui fis un clin d'oeil pour l'encourager.

En suivant Zu sur le chemin jusqu'à Black Betty, je me dis que mes émotions faisaient vraiment des trucs étranges. Surtout par rapport à Ruby. Par moment j'étais horriblement jalouse et ça ne me dérangerait pas qu'elle quitte le groupe, alors qu'à d'autres moments je la trouvais sympa et je me disais que nous pourrions devenir bonnes copines. Mais qu'est-ce qui clochait chez moi ?!

Comme je m'en étais doutée, Chubs n'avait pas besoin de nous. Il avait tout de même rapidement compris pourquoi nous avions laissé Ruby et Liam dans la chambre. Zu tira ma main pour attirer mon attention et désigna quelque chose au rez-de-chaussée du motel. A la forme, je devinai qu'il s'agissait de distributeurs.

- Tu as faim ?

Elle hocha la tête.

- Zu, on a pas d'argent...

- Laisse-la faire, dit Chubs sans relever la tête de sa carte. Elle est Jaune, tu te souviens ?

- Oh.

Zu esquissa un sourire amusé et m'entraîna vers les distributeurs sans lâcher ma main. Je la laissai faire en riant. Alors que nous ne nous connaissions pas vraiment, j'étais heureuse qu'elle agisse avec moi comme elle agissait avec les autres. Et même si je nourrissais des sentiments étranges à l'égard de Ruby, je sentais que j'avais déjà parfaitement intégré leur petit groupe, même si je n'étais réellement avec eux que depuis un peu moins de deux jours.

- Doucement, Zu, doucement. Le distributeur ne va pas s'envoler.

Elle s'arrêta net, manquant de nous faire tomber toutes les deux. Je dérapai mais parvins tant bien que mal à ne pas m'étaler lamentablement.

- T'étais pas obligée de le prendre au pied de...

Mes mots moururent sur mes lèvres quand je vis ce qu'elle avait aperçut avant moi.

Le dégoût tordit le visage du chasseur de prime quand son regard croisa le mien. Il porta la main à son pistolet et je réagis en même temps. De la main, j'envoyai Zu plusieurs mètres plus loin en lui criant de retourner près de Chubs. Je ne savais pas me battre et ma maîtrise de mon aptitude n'était pas aussi bonne que Liam, mais je pouvais toujours espérer le retenir quelques minutes.

D'un mouvement de la main, j'envoyai l'homme valser contre le mur. Le coup de feu retentit au même instant et je retins ma respiration dans l'attente de l'impact. Au lieu de quoi, la balle frôla mon oreille. Je relâchai mon souffle et m'enfuis à toutes jambes sans vérifier si je l'avais bien assommé.

Le sang quitta mon visage quand j'arrivais près du van. Chubs était assis par terre, les mains attachées dans le dos et les jambes tendues, chevilles liées. Une chasseuse de prime était en train de finir d'attacher les chevilles de Zu. Je dus produire un bruit sans m'en rendre compte car, avant même que j'aie pu esquisser le moindre geste, la chasseuse de prime braqua son arme sur ma tête. Un sourire mauvais étirait ses lèvres.

- Cassiopée Lennox. Tu étais la prochaine sur ma liste. Approche. Lentement.

Elle avait un accent britannique. Si même les étrangers se mettaient à traquer les jeunes aux Etats-Unis, nous n'étions pas sortis d'affaire.

Je m'exécutai, lentement, les lèvres serrées. Mon regard se posa sur l'insigne jaune accrochée à sa ceinture. Cette femme n'était pas une débutante ; elle savait ce qu'elle faisait. Quand j'arrivai à sa hauteur, elle me contraignit à me retourner et m'attacha les mains dans le dos. J'aperçus l'homme se relever et récupérer son arme qu'il avait lâchée quand je l'avais lancé. Mon coeur accéléra dans ma poitrine quand je compris. Ce n'était pas un hasard. Ils nous traquaient. Ils savaient exactement dans quelle chambre nous étions. Et ils savaient que Liam et Ruby étaient toujours à l'intérieur.

J'aurais dû tenter quelque chose, je le savais. Mais j'ignorais quoi. Et l'idée de me prendre une balle en pleine tête pour un acte vain n'était pas motivante. Je n'étais pas non plus du genre courageux. Au contraire, la peur me paralysait pratiquement et je parvenais à peine à écouter les directives de cette femme quand elle me fit asseoir entre Chubs et Zu. Je ne voulais pas retourner dans un camp. Tout mais pas ça.

La chasseuse de prime me poussa par terre et m'attacha les chevilles. Plus loin j'entendis des cris indistincts sans parvenir à en déterminer les propos. J'échangeai un regard inquiet avec Chubs. J'aperçus finalement l'autre chasseur de prime, l'homme, s'écraser contre des tables de pic-nique un peu plus loin. Liam, sans aucun doute.

Liam et Ruby apparurent dans mon champ de vision quelques instants plus tard. Mon coeur rata un battement. Le visage de Ruby était à moitié couvert de sang, contrastant violemment avec sa peau claire.

- Salut, Liam Stewart, lança la chasseuse de prime.

Liam écarta les jambes et se mit en position comme pour la repousser. Il s'arrêta soudain quand l'adulte braqua son pistolet sur la tempe de Zu.

- Lee..., s'étrangla Chubs d'une voix stridente.

Je n'étais plus en mesure de penser. La situation était en train de virer au cauchemar. Nous n'avions aucune chance. Liam était le seul à être en mesure de nous sortir de cette situation et il était coincé. Je ne voyais pas l'expression de Zu, mais en revanche je pouvais parfaitement apercevoir celle du Bleu se décomposer.

- Approche. Lentement, les mains sur la tête... tout de suite, Liam, sinon tu peux être sûr que mon doigt ne tremblera pas.

- Ah ouais ? cracha Liam. Et je vaux combien par les temps qui courent ? De combien la prime a-t-elle diminué durant les cinq semaines qu'il t'a fallu pour nous retrouver ?

- Tu rapportes encore deux cents cinquante mille dollars, chéri. Tu devrais en être fier. Tu n'en valais que dix mille la première fois. Tu ne peux pas imaginer mon étonnement quand ton nom est apparu dans la banque de données des jeunes recherchés... et avec une forte récompense. Tu sembles avoir eu de gros ennuis depuis notre dernière rencontre.

Mon regard fit des allers-retour entre la chasseuse de prime et Liam, tremblant de fureur. Lady Jane, compris-je. La chasseuse de prime qui l'avait attrapé la première fois.

- Ouais, bon, je fais de mon mieux, marmonna-t-il.

- Mais, chéri, comment as-tu pu être assez stupide pour retourner à cet endroit ? Tu aurais dû prévoir que j'irais. J'ai promis à tes amis de les laisser libres et ils n'ont pas hésité à me dire où tu allais. Lake Prince, c'est ça ?

J'écarquillai les yeux. Il ne fallait pas que cette femme trouve East River. Surtout pas. Si les rumeurs étaient vraies -et elles l'étaient sans aucun doute-, ce campement était rempli de centaines de jeunes en fuite. Ca pouvait rapporter un très beau paquet d'argent.

Et ce serait très très mauvais pour les jeunes en cavale. Même pour moi qui n'avais jamais vraiment été intéressée par East River, savoir que l'Insaisissable, un jeune comme nous -même si la rumeur voulait qu'il soit un Orange-, ait parvenu à échapper au gouvernement plusieurs fois, ça restait une lueur d'espoir. J'imaginais qu'il en allait de même pour d'autres jeunes en cavale.

- Si tu les laisses partir, j'irai avec toi, dit Liam, les mains toujours sur la tête. Je serais docile.

- Non !

J'ignore lequel de Chubs ou de moi avait réagi en premier, mais nos voix s'étaient mêlées d'une étrange façon sur cette même syllabe. Lady Jane ricana.

- Je n'ai pas de raison de négocier. Non, Liam Stewart, je vous emmènerai tous, même ta copine... Tu devrais t'intéresser un peu à son état avant de marchander.

Liam se tourna vers Ruby en même temps que nous tous. Elle était encore plus pâle que lorsqu'ils étaient arrivés quelques minutes plus tôt. J'ignorais si c'était à cause de la perte de sang ou de l'idée de retourner dans un camp. Probablement les deux.

- Approche, jeune fille, fit Lady Jane. Je ne sais pas d'où tu viens, mais l'endroit où tu iras sera sans doute pire. Approche, toi d'abord. Je m'occuperai tout spécialement de toi.

L'arme de Lady Jane était toujours braquée sur Liam, mais elle dardait son regard sur Ruby. Celle-ci avança lentement. Je l'observai, fébrile. Elle semblait à peine capable de tenir sur ses pieds. Elle nous regarda tour à tour, nous, les trois échappés de Caledonia, ligotés contre un mini-van noir. Notre destin était scellé. Nous pouvions dire au revoir à la liberté, au goût qui serait désormais si amer, et re-bonjour à notre cher camp de l'Ohio. Comme ils renvoyaient ceux qui s'étaient évadés dans les camps où ils étaient à l'origine, c'était probablement la dernière fois que nous voyions Ruby.

- Retourne-toi ! ordonna Lady Jane.

Elle sembla avoir une seconde d'hésitation en jetant un regard à son équipier inconscient, si bien que Ruby en profita pour la frapper à la poitrine. Son arme tomba au sol. Liam esquissa un mouvement vers elles, mais Ruby fut plus rapide. Elle attrapa Lady Jane à la gorge et la plaqua contre Betty.

Je voulus tenter de me relever, mais Ruby fit un geste pour nous intimer de ne pas bouger.

- Pousse ton arme dans sa direction, ordonna Ruby en désignant Liam d'un signe de tête.

Comme si j'étais soudainement à des kilomètres de là, je vis la femme s'exécuter. Je me sentais comme engourdie. Une autre scène se rejoua dans mon esprit comme s'il avait déjà compris ce que mon conscient ne voulait même pas envisager. Un sourire satisfait sur les lèvres et une lueur prédatrice dans le regard, une fille au teint de bronze et aux cheveux roses dominait un homme. "Où sont tes menottes ?" Un regard vide. Une voix blanche. "Dans la poche de mon pantalon."

- Ecoute-moi bien, reprit Ruby. Tu vas faire demi-tour et entrer dans cette forêt et marcher pendant une heure... Ensuite, tu t'assiéras et tu ne bougeras plus. Tu ne mangeras pas... tu ne dormiras pas... tu ne boiras pas, même si tu en as très envie. Tu resteras immobile.

Elle marqua une pause alors qu'une autre scène se déroulait dans mon esprit. Le militaire braqua brusquement son arme sur la femme. La fille aux cheveux bleus leva les yeux au ciel. "Accélère un peu, on a pas que ça à faire." Le sourire de l'autre fille, plus inquiétant que jamais. "Tu sais qu'il n'obéit qu'à moi ?" "Alors dis-lui d'accélérer un peu. Ca a assez duré." Les bras de Christian. Une détonation. Des voix lointaines. "J'aurais préféré que tu me laisses lui tirer dessus plutôt que de l'obliger à se tirer une balle dans la tête."

La voix de Ruby me ramena à la réalité.

- Maintenant, tu... tu ne te souviendras pas de ceci, ni de nous.

- Je ne me souviendrais pas de ceci, répéta Lady Jane d'une voix vide.

A l'entente de ce ton, la voix de Gabe résonna à nouveau dans mon esprit. Mes mains se mirent à trembler sans que je puisse les en empêcher. Je bénis les liens qui les retenaient dans mon dos, empêchant Chubs et Zu de le remarquer. Ruby lâcha l'adulte qui se mit immédiatement en marche vers la forêt.

Je fis un bond en sentant des mains se poser sur mes poignets. Chubs. Il avait réussi à libérer ses mains par je ne savais quel tour de passe-passe et s'affairait désormais à détacher les miennes.

Comme dans un rêve, j'écoutai Liam s'inquiéter de l'état de Ruby en faisant un pas vers elle. Je la regardai s'accroupir à coté de Betty. Je regardai le corps de la jeune femme s'écrouler vers l'avant comme elle perdait connaissance. Je regardai Liam courir vers elle pour la rattraper avant que sa tête ne touche le sol.

Je ne revins à la réalité que lorsque Zu me prit par les épaules et me secoua comme un prunier. Je clignai des paupières face aux grands yeux de la petite Jaune. Je ne parvenais pas à reprendre mon souffle. Je respirai trop vite, beaucoup trop vite. Le sang tambourinait dans mes oreilles. Quand je repoussai Zu pour me lever sur des jambes tremblantes, je me rendis à peine compte que Chubs avait aussi terminé de libérer mes chevilles.

Orange, Orange, Orange, hurlait mon esprit. Fuis, fuis, fuis, ajoutait mon corps. Je croisai le regard de Chubs sans vraiment le voir. Celui-ci, hésitant, faisait des allers-retour entre Ruby, que Liam avait allongée correctement par terre, et ma personne. Zu frappa violemment le flanc de Betty pour attirer l'attention du jeune homme. Chubs sembla comprendre un message que je ne perçus pas et se rua vers moi. Il m'attrapa par les épaules et me regarda dans les yeux. Du moins ce dût être son intention mais je n'en fus pas sûre comme je ne parvenais pas à fixer mon regard sur lui. Mes yeux ne pouvaient se détacher de Ruby. Orange, Orange, Orange. Ce mot continuait à tourner dans mon esprit avec la même consonance que Danger, danger, danger.

- Cassie. Cassie. Hé, regarde-moi. Cassie ! Tu es blessée ? s'enquit-il quand je parvins à le regarder pour une petite seconde.

Je parvins tant bien que mal à faire non de la tête. Mon regard se reposa sur Ruby.

- Il faut que tu te m'écoutes. Concentre-toi sur ma voix. Tu es en train de faire une crise de panique. Tu peux reprendre le contrôle. Il faut que tu m'écoutes.

Il prit mon visage dans sa main pour m'obliger à confronter son regard marron. Le souffle de plus en plus court, je parvins tout de même à essayer de me concentrer sur ce qu'il disait.

- Inspire. Expire, fit-il en accompagnant les respirations avec moi. Fais comme moi. Doucement. Compte avec moi. Une inspiration. Une expiration. Deux inspirations. Deux expirations...

Il continua ainsi pendant une éternité. Je finis par comprendre le sens de ses mots et calmai ma respiration. Je ne m'étais pas calmée pour autant, mais je pouvais respirer. Quand Chubs s'en aperçut, il me lâcha.

- Ca va mieux ?

J'acquiesçai.

- Merci...

- Chubs ! cria Liam. Tu peux l'aider ?

Pas besoin d'être savant pour savoir qu'il parlait de Ruby. Le jeune homme hocha la tête avant de regarder autour de nous. Nous étions toujours sur le parking du motel. Il était encore tôt mais si nous n'avions pas encore attiré l'attention d'autres personnes ça ne saurait tarder.

- Pas ici. Il faut qu'on s'arrête un peu plus loin.

Je regardai Liam soulever Ruby comme si elle ne pesait rien, éberluée. Comment pouvaient-ils être aussi calmes tout les trois ?! Cette fille était une Orange ! Elle pouvait foutre le bordel dans nos têtes autant que l'envie lui en prenait ! Elle l'avait probablement même déjà fait. Et elle nous tuerait dès qu'elle en aurait l'occasion. Comme Lydie.

Liam redescendit du van pour faire le tour et reprendre sa place au volant. Il fronça les sourcils comme j'étais toujours plantée là.

- Cassie ? Tu viens ? Il faut pas qu'on reste là.

J'hochai machinalement la tête.

Ils avaient peur des adultes qui pourraient mal réagir face aux monstres que nous étions ; moi, j'avais peur du monstre sur la banquette arrière.


Hey guys ! J'espère que ça vous plaît jusque-là ! Vous pensez quoi de la réaction de Cassie ?

Il reste deux chapitres et l'épilogue pour cette partie, donc si vous voulez les lire, faîtes-le moi savoir !

Luna