Comme promis voici le chapitre suivant ! Un petit lemon pour la route ;) merci à ceux qui commentent ça fait toujours super plaisir ! j'espère que l'histoire continuera de vous plaire


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CHAPITRE 13

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Il avait suffit d'une nuit à Harry Potter pour percevoir toute la potentialité de sa transformation en Animagus, pour comprendre l'ampleur de cette évolution. Il ne saisissait pas encore complètement l'impact qu'elle aurait sur son être mais en pressentait la profondeur.

Toujours est-il qu'au matin, il était devant le portail du manoir Malefoy.

Il avait fait son choix.

— Je souhaiterais voir monsieur Draco Malefoy, dit Harry avec une assurance qu'il ne possédait pas.

— Monsieur Malefoy est dans la cave, je vais aller le chercher.

— oh ne le dérangez pas, mais si vous voulez bien m'y conduire…

L'elfe acquiesça et Harry le suivit dans un dédale de couloirs sombres, il n'était jamais venu au manoir Malefoy, mais celui-ci était bien trop sombre, trop porteur des stigmates du passé. Il frissonna et déboucha dans une sorte de cachot éclairé par plusieurs torches. Draco était penché au dessus d'un gros chaudron bouillonant, l'air très concentré. La pièce était bien rangée, les bocaux aux ingrédients étranges s'alignaient sur les étagères. Draco avait certains points communs avec Hermione quand même, c'était indéniable. L'elfe transplana et Harry se retrouva tout seul, un peu gêné, Draco n'avait pas levé la tête de son bouillonnement violet.

Le brun donna deux coups sur la porte de bois :

— Hey…

Draco releva la tête de son chaudron, surpris mais agréablement

— Eh bien Potter, si matinal !… quelqu'un est mort ?

Harry lui fit une grimace;

— Je voulais te parler, à propos de l'héritage

— Je t'écoute,

Draco alla chercher un torchon pour s'essuyer les mains tout en continuant de surveiller sa mixture du coin de l'œil. Harry espéra qu'elle ne lui saute pas au visage.

— Hum… bon je … tu sais que je veux… enfin… je pars… je t'avais dit que je devais aller en … France… et…

Draco se racla la gorge, l'interrompant, il croisa son regard interrogateur ;

— crache le morceau Harry

Le brun incroyablement mal à l'aise et incapable de soutenir le regard se gratta la tête.

— Je pars dans deux jours, pour la France, dans dix je commence ma quête du château. Je te propose de m'accompagner...

Draco écarquilla grand les yeux. Pendant cinq longues minutes il n'y eut plus de bruit dans la pièce que les craquements du feu et le bouillonnement épais de la potion mauve. Cinq minutes c'est très long, Harry pensa que l'ancien Serpentard s'était fait stupefixer discrètement.

— Donne moi une seule bonne raison, fit il en détournant enfin le regard.

Il se mit à découper d'une main experte ce qui ressemblait à une patte de dragon.

Facile, songea Harry

— ça me ferait plaisir.

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Tu vois Harry, si je suis en train de faire des potions c'est entre autres parce que je n'ai toujours pas récupéré ma baguette. Parce que j'ai failli devenir fou à cause de toi. Donc partir en voyage à la recherche d'un hypothétique château avec toi ne me semble pas sain.

Il semblait très froid et très sûr de lui.

Le survivant hocha la tête, masquant sa déconfiture, il ne pouvait que s'y attendre, lui avait tellement hésité déjà. Il s'approcha au dessus du chaudron.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Calmessence

— on dirait un nom de parfum.

— C'est un anxiolitique.

— Pour toi ?

— Oui

— Je croyais que tu allais mieux…

— Ma vie ne tourne pas autour de toi Potter

— eh ça va détend toi !

— C'est pour ça que je fais la potion !

Ils restèrent tous deux en chiens de faïence, Harry aurait bien papoté un peu, mais visiblement ça n'était pas le moment, le blond avait l'air tendu et passablement énervé par sa demande. Il soupira ;

— Bon je vais te laisser, je ne te demande pas si ta décision est irrévocable ?

— Non

— D'accord, bye Drake amuse-toi bien avec tes potions.

Il transplana immédiatement, et de retour au château décida de faire ses valises, il n'avait pas envie de perdre de temps ici, et se morfondre du refus de Draco ne servirait à rien.

Il préférait largement passer ce temps avec Ron et Hermione dans un mas provençal, et jouir des beaux jours de cette fin d'été avant de partir pour un automne écossais. Il se réjouissait de revoir ses amis Gryffondor et même les autres si, comme l'avait prévu Ron, une réunion se préparait. Il irait jeter un œil à cette maison en ruine qui ne devait pas être très loin. Peut être trouverait-il quelques informations supplémentaires qui pourraient l'aider dans sa quête. Sinon il devrait se résoudre à parcourir tout le pays sur son balais, l'Ecosse n'était pas immense mais tout de même, il prévoyait deux mois si aucune précision ne lui était apportée.

Il en profiterait pour visiter les différents villages, sorciers et moldus, pour boire des Bierraubeurres, faire de nouvelles rencontres, se ressourcer, et apprivoiser sa part animale. Il n'avait pas besoin de ce prétentieux Serpentard après tout, il en ferait un voyage initiatique. Seul.

Il passa à Gringotts pour retirer l'argent nécessaire à son voyage. Sirius lui donnait tout ce qu'il voulait mais il préférait agir sur ses réserves, et puis il était surement plus riche que son parrain grâce à ce nouvel héritage. Il demanda à Ron de venir le chercher le lendemain matin. Tout était emballé. Ses habits, quelques affaires magiques, des livres qu'il avait réussi à trouver sur les châteaux et les familles nobles d'Ecosse et qu'il espérait refiler à Hermione. Son Icarus, balais français offert par Astrid, qu'il préférait désormais à l'Eclair de Feu et une carte ensorcelée. Il plia le tout dans sa grande valise de cuir qu'il rétrécit. Il passa un bon repas avec Sirius, son parrain se montrait favorable à son aventure à venir, il ne serait de toutes les manières qu'à un transplanage d'aller le voir ce qui le rassurait beaucoup.

Sa baguette lui fut retournée, dieu qu'elle lui avait manquée, certes il pouvait se débrouiller sans mais c'était comme manger avec les doigts. Moins précis, moins efficace, moins élégant, plus jouissif. Ils discutèrent un peu de ses projets puis Harry alla se coucher, enthousiaste à l'idée de voir ses amis le lendemain. Il adorait Sirius, mais avec Severus ils étaient quasiment les seules têtes qu'il avait vu en deux mois, il était en manque de discussions puériles, de débats de Quidditch, d'histoires mièvres et croustillantes sur qui couchait avec qui dans leurs anciennes connaissances. Ron et Hermione sauraient à coup sûr lui apporter cela.

Il s'endormit un sourire aux lèvres, dans un coin de la pièce la coupe de feu qu'il avait gagnée quelques années au paravent reflétait la lune pâle.


Potter mais dépèche toi bon sang, tu n'as pas le bon gout d'être préfet donc on est dans l'illégalité

— Ouuh fit Harry, en riant mais en pressant tout de même le pas. Il n'avait pas peur des représailles, mais il voulait arriver à la salle de bain.

— Si au moins tu t'étais débrouillé pour rester capitaine du Quidditch

— Mais je n'y peux rien à cause de ma défaite en France, ils ont préféré nommer Ginny.

Le préfet soupira et, arrivé au 5ème étage, poussa la 4ème porte derrière la statue de Boris le Sanguinaire.

— Aloe Vera

Une deuxième porte s'ouvrit et ils purent pénétrer dans la salle, vide à cette heure tardive. Les centaines de bougies éclairaient l'atmosphère d'une lumière chaude et mouvante, le château avait beau être glacial en ce milieu d'hiver, cette pièce était agréablement tiède et humide. Les serviettes moelleuses s'entassaient sur un banc et l'on sentait déjà des effluves de fleurs et de savon. Harry verrouilla la porte et se retourna, Draco était déjà nu, un grand sourire sur la figure. Il s'approcha de lui, capta son regard tranquille et sentit la chaleur émaner de sa peau. Il se laissa un peu aller contre lui, effleura ses lèvres passa derrière le cou, juste en dessous de l'oreille pour y déposer une série de petits baisers brulant. Il sentit les mains de Draco passer sous sa chemise pour le débarasser de tout cet encombrant tissu. Depuis qu'ils étaient rentrés de France deux semaines plus tôt il n'arrivait plus à se passer de son corps, de sa bouche de ses mains. Sans même le réaliser il était nu lui aussi, il sentit leurs membres se frôler, déjà réveillés et gémit.

Draco prit son visage entre ses mains.

— Retiens toi cinq minutes je fais couler le bain. Il alla d'une main experte tourner plusieurs robinets et Harry se laissa glisser dans l'eau brulante. Dire qu'il n'était pas revenu ici depuis… trois ans. Alors que cet endroit était un véritable Paradis. Il voyait le ciel clair en dehors des carreaux, la lune, une légère buée s'y déposait. Le glouglou des robinets et le doux bruits de sirènes qui clappaient leurs queues dans les vitraux produisaient une atmosphère paisible. Si paisible.

Draco entra dans l'eau près de lui

— tu sais que j'ai du payer Padma dix mornilles pour qu'elle nous laisse tranquille, elle voulait y venir avec Goldstein

— alors nous ferions bien d'en profiter murmura Draco en se coulant contre lui.

Il glissa sa main dans ses cheveux mouillés, ouvrit les lèvres mêla leurs langues sauvagement. Harry ferma les yeux, attira à lui le corps svelte, C'était sympa dans l'eau chaude, de nouvelles sensations. Il lui attrapa les fesses dans les mains, grogna quand Draco descendit deux doigts derrière lui.

— Je vais te faire gémir jusqu'à ce que tu me supplies de te prendre

Harry rougit, son ennemi avait murmuré tout contre son oreille, il savait que ce n'étaient pas des paroles en l'air.

— je sais que tu as un peu honte d'aimer tant ça…donc tu me supplieras uniquement quand tu n'en pourras vraiment plus. Draco glissa deux doigts en lui, et Harry retint un gémissement, son corps était en feu, son esprit ne répondait déjà plus.

— oh Drake, sa main se crispa sur la nuque. Il savait qu'au moment où il supplierai, il serait dans un abandon absolu, sans plus de fierté, que du plaisir.

— peut être que je vais juste rentrer une fois en toi Harry, juste un aller retour, pour te donner un avant gout…

Harry lui mordit la lèvre, alangui, papillona des yeux embrumés de fièvre en se sentant pénétré, empli doucement sous la poussée. Il savourait chaque centimètre de sensation. Draco ferma les yeux, colla son front au sien, c'était incroyable jamais, jamais de sa vie il n'avait senti ça avec quelqu'un d'autre. Une telle connexion, une telle avidité des corps. Il en avait faim alors qu'il était dedans. Il commença à ressortir, Harry le bloqua avec ses jambe :

— Non reste!

— tu me supplies déjà mon amour ?

— Dans tes rêves.

Draco eut un sourire carnassier et se retira doucement, ses doigts revinrent remplacer le sexe.


— TU N'AVAIS PAS LE DROIT DE FAIRE ÇA !

Harry se réveilla en sursaut, le cœur bâtant à mille à l'heure de la peur et du rêve, encore ithyphallique, il mit un temps à comprendre qu'il n'était plus dans la salle de bain des préfets, il leva la main pour envoyer un stupefix mais son cerveau réalisa juste à temps qu'il connaissait la voix. Draco, se tenait debout devant son lit l'air très en colère. Il faisait des grandes enjambées dans la chambre, apparemment hors de lui. Harry regarda la fenêtre, la nuit était encore noire.

—Drake mais…

— TAIS TOI ! TU N'AVAIS PAS LE DROIT !

Harry, un peu gêné, réarrangea ses couvertures autour de lui. L'ancien Serpentard déambulait dans la pièce, en furie

— Mais à quoi tu pensais ! Tu débarques comme ça comme une petite fleur coucou Draco pourquoi nous n'irions pas en balade à travers l'écosse tous les deux tiens c'est vrai c'est une bonne idée après tout on a pas vécu comme des miséreux pendant des mois à cause de ces conneries. Harry ! C'était horrible d'accord ! Pire que les mangemorts et toutes ces pressions, pire que le procès de mon père ! Pourquoi alors, pourquoi tu viens me voir, tu sais que c'est dur tu sais qu'on a cette attraction alors pourquoi tu cèdes ! es-tu si faible ? On ne peut pas Harry sinon on va mourir ! Et la tout allait mieux entre nous et tu viens et tu bouleverses tout. Tu brises ce fragile équilibre que nous avions ! Tu es bête Harry, stupide et complètement inconscient comme tu l'as toujours été !

Il s'arrêta, essoufflé.

— Alors… qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Harry après un moment de silence.

— Je viens te dire à quel point tu es idiot ! Serieusement quoi tu penses que on va aller en randonnée dans la lande s'embrasser et faire l'amour sous les étoiles et que tout ira bien pas de soucis, on vivra à jamais heureux et sans soucis. Mais Harry je ne sais même pas pourquoi tu m'as quitté à Poudlard, on n'a aucune explication sur cette rupture et toi tu veux qu'on reparte dedans mais comment savoir que ça ne se reproduira pas. Tu crois que je vais revenir vers toi encore et encore et attendre que tu me rejette et que je sois malheureux comme une pierre ?

— Ne me remets pas la faute dessus ! Toi aussi tu voulais rompre j'ai juste eu le courage de le faire en premier ! et j'en ai souffert aussi autant que toi

— Beh c'est à se le demander puisque tu te soumets au risque d'y retomber aussi facilement ! Ou alors tu es suicidaire ? Expliques toi !

— Je n'ai pas grand chose à dire Draco, oui j'ai peur, vraiment ça me troue le ventre mais j'ai aussi une force qui me pousse vers toi, une attraction inexplicable. J'ai hésité j'ai suivi la deuxième.

— Mais alors pourquoi on s'est séparés ? Hein ?

— J'en sais rien ! Peut être que c'était une erreur !

Harry regretta ces mots au moment même où ils sortirent de sa bouche.

— Une erreur ? t'es en train de dire que tu m'as quitté tu m'as laissé misérable, pleurer des nuits entières, réfléchir et me morfonde en tournant dans ma tête, jusqu'à devenir fou ce que j'avais pu faire de mal pour une erreur ?

— Je ne sais pas ok ! toi non plus tu ne savais pas ce qui se passait on était bizarre quelque chose n'allait pas ! Qu'est ce que tu voulais qu'on fasse ? Il fallait prendre une décision et tu ne l'as pas fait alors j'ai du me montrer à la hauteur.

— Mais alors pourquoi tu viens me chercher Harry ? Tu veux quoi qu'on redevienne bizarre, pour quoi ? un, deux mois de… d'amusement

— Tu sais que c'est plus que de l'amusement entre nous.

Draco s'arrêta de bouger et regarda son adversaire. Harry était emmitouflé dans ses couvertures les cheveux en bataille mais ses yeux si clairs si sincères qui ne le lâchaient pas. Il regarda son visage, si jeune. Si énervaaaant. Il ne put empecher un sourire de d'étirer sur ses lèvres, Harry lui répondit de même. Il s'agaça de ne pouvoir se contrôler mais c'était plus fort que lui. Il attrapa ce qui lui tombait sous la main et le jeta sur le survivant pour faire bonne figure. Il marcha un peu dans la chambre puis s'adossa à un mur. Se laissa glisser sur le sol.

— Je ne peux pas prendre le risque de nous replonger dans une rupture Harry

— Alors ne viens pas

— Mais j'en ai envie… il n'y a qu'avec toi que je me sente si vivant. Mais il garda ces mots pour lui.

Il se releva posa son front sur les pierres froides et resta là un moment, une tempête faisait rage sous son crâne. Harry attendit un peu puis osa murmurer.

— Tu pourrais venir… juste quand je trouve des châteaux, ou juste faire un petit point à la fin de la journée. Comme mon notaire ? Et ensuite tu rentrerais chez toi. Comme ça on y va doucement… on peut essayer d'être juste amis.

Cette proposition sembla mettre un terme au tourment de Draco, il se décolla du mur.

— ça me va Potter, de toute façon je n'ai aucune idée de ce qu'il faut ou ne faut pas faire.

Las, il attrapa sa veste posée sur un dossier de chaise.

— Désolé d'avoir transplané à l'improviste. Mais Sirius devrait vraiment faire installer une protection.

Harry se rallongea gardant les yeux rivés sur la silhouette blonde.

— Tu veux rester dormir ?

Draco lui tendit son majeur

— Drake ?

— Oui ?

— Je t'ai quitté par ce qu'on avait un problème tu sais… pas parce que je ne t'aimais plus

— Et maintenant ?

— Quoi ?

— Tu m'aimes toujours ?

Harry lui envoya un regard éloquant de ses grandes prunelles, et battit trois fois des cils.

— Bye Drama Queen.


Et voilààà qu'en avez vous pensé ? :)