« Votre Altesse vous allez bien ? Questionna Levy inquiète, vous tremblez !

— Oh oui ! Je suis juste un peu troublée.

— L'émotion sans doute, vous êtes ravissante, s'exclama la Duchesse de Magnolia. »

Lucy lui sourit gentiment, elle appréciait vraiment ses dames de compagnie. De plus en plus, surtout depuis qu'elle avait pu leur parler chacune en tête à tête. Elle en avait ainsi appris plus sur la Duchesse de Magnolia qui lui avait raconté presque tout à savoir sur les intrigues actuelles de la cour. Lucy avait beaucoup rigolé en se rendant compte que d'un royaume à l'autre, les histoires qui intéressaient la noblesse ne changeaient pas : argent, amour, rivalité, et coups bas.

Seulement elle avait déchanté en s'intéressant un peu plus à la Comtesse de Foss, celle-ci semblait bien noyée de problème. La Duchesse de Magnolia lui avait vaguement expliqué que personne ne savait rien sur la jeune femme à part qu'elle était l'unique fille d'un Archi Duc du royaume. Malheureusement, elle était fille illégitime et jamais son père ne l'avait reconnu, il avait engrossé une de ses domestiques et l'avait congédiée sous pression de son épouse quand elle eut appris la grossesse.

Lucy trouvait cette situation honteuse, faire un enfant à une domestique, puis s'en débarrasser ensuite sans assumer les conséquences de ses actes, c'était vraiment lamentable. Pourtant, c'était chose courante dans la noblesse du continent qu'importe le pays. Seul Stella punissait les adultères, même quand un noble était impliqué. Elle voulait savoir quelle était plus précisément l'histoire de sa dame de compagnie. Comment avait-elle réussi à parvenir à se hausser au titre de comtesse ? Avait-elle fait valoir ses droits malgré son illégitimité ? Ou avait-elle gagné son titre par la puissance magique ?

Tout ce que Lucy savait, c'était que la Comtesse de Foss semblait bien malheureuse. La jeune princesse avait alors excusé son comportement lors du bal masqué lui faisait promettre de ne plus abuser de la liqueur. Lucy avait décidé qu'elle viendrait en aide à cette femme, en commençant par lui offrir son amitié. Ensuite, elle pourrait mieux comprendre la situation et peut être offrir des solutions à sa dame de compagnie.

Une chose était sûre, Lucy voyait déjà sa vie de Princesse Héritière se dessiner. Elle voulait prendre en main l'éducation de la petite Wendy, même si elle se doutait bien qu'elle devrait faire face aux désaccords de la Reine. Lucy se savait persuasive, elle pourrait la convaincre, de toute manière Wendy ne semblait pas résignée à la lâcher d'une semelle. Puis Lucy voulait s'occuper des problèmes de la Comtesse de Foss. Cela lui faisait déjà deux bonnes occupations, d'autant plus qu'elle imaginait bien qu'en tant que femme du prince elle allait surement avoir d'autres responsabilités qui aillaient se rajouter.

Lucy se regarda à nouvelle fois dans le miroir et se trouva vraiment très belle dans sa robe de mariée. Elle ne ressemblait pas à ce qu'elle avait imaginé mais elle en était plus que satisfaite.

« Porter un diadème serait une superbe idée ! Balança Wendy sans vraiment réfléchir. »

Personne ne répondit rien, Lucy trouvait que c'était en effet une bonne idée. Porter un diadème le jour de son mariage pouvait appuyer son nouveau statut de Princesse Héritière. Si l'idée séduisit la Princesse de Stella, les dames de compagnie restèrent bien silencieuses, Lucy s'en inquiéta.

« Vous pensez qu'il vaudrait mieux éviter ?

— C'est préférable, Votre Altesse, répondit la Duchesse de Magnolia, attendez d'être mariée. On pourrait vous reprocher votre impatience...

— C'est n'importe quoi ! Qu'est-ce que ça change ? S'énerva la petite princesse.

— Voyons, Princesse Wendy, j'ai bien le temps de porter des diadèmes, rien ne presse. »

L'enfant se calma directement, acquiesçant le choix que venait de faire Lucy. Wendy ne voulait surtout pas la fâcher ou se la mettre à dos. Elle avait l'impression d'avoir réussi à se rendre attachante, alors elle ne voulait pas perdre ce début de relation. Malgré tout, elle restait tout de même convaincue que c'était des bêtises ; que Lucy porte un diadème ou non cela n'avait pas d'importance ou alors ça en avait une qu'elle ne comprenait pas.

Finalement Wendy concentra son attention sur la robe de sa future belle sœur, vraiment magnifique ! Elle était heureuse de pouvoir la voir en avant première. Elle avait hâte d'être le jour du mariage pour porter la longue traîne. Elle était demoiselle d'honneur avec les autres dames de compagnie.

Elle savait que c'était Lucy qui avait choisi elle même qui seraient celles qui l'aiderait à porter sa traîne. C'était bien la seule chose qu'elle avait pu choisir, et encore Lucy ne connaissait personne alors il était logique qu'elle ait désigné ses dames de compagnie et la petite princesse.

Wendy se disait d'une certaine manière que c'était assez triste de se marier loin de sa famille. Le Roi de Stella ne serait même pas là pour le mariage, il n'y aurait que les membres de la haute noblesse de Fiore. Wendy ignorait si Lucy serait contente ou non de leur présence. Sauf qu'à leur rang on ne choisissait pas vraiment qui on invitait. Les noms s'imposaient d'eux même sans que l'affection n'ait à jouer un quelconque rôle.

On invitait les membres de la noblesse qu'on ne voulait surtout pas vexer, parce que s'ils tournaient le dos au royaume cela serait dangereux. Wendy détestait l'hypocrisie et la superficialité de la Cour. Tout était fait pour plaire et contenter ceux qui pouvaient être utiles à la Couronne. Les amitiés se tissaient et se ruinaient par intérêt, rien n'avait de vrai valeur, même la famille n'avait que peu de sens.

Wendy ne connaissait pas la notion d'affection maternelle, sa génitrice était bien plus Reine que Mère. Quant à son père, il semblait parfois s'intéresser à elle en dehors de ce qu'elle pourrait apporter stratégiquement au Royaume. Plus elle grandissait et plus les mots semblaient vides. Elle qui se sentait encore une enfant était presque déjà considérée comme une femme, mais elle ne savait pas ce que voulait dire être une femme.

On lui demandait d'assister à des salons littéraires, de s'intéresser aux dernières avancées technologiques, scientifiques, de pouvoir tenir des discussions avec des peintres, des musiciens. Tant de chose qui en soit l'intéressait que très peu sauf peut être le progrès médical et la musique. Encore que, cela n'était pas ses grandes passions. D'ailleurs des passions, elle n'en avait pas, elle se demandait ce que Lucy aimait par dessus tout.

« J'espère ne pas décevoir les attentes du royaume de Fiore. »

Lucy avait plus dit cela pour elle-même, en caressant les plis de sa robe de mariage, pourtant tout le monde l'avait entendu. Les couturiers ne s'attardèrent pas dessus trop occupées à ajuster les derniers détails de la tenue.

La duchesse de Magnolia envoya un petit regard entendu à la Comtesse de Foss qui semblait regardait les tissus en soie sans faire attention au reste. Wendy n'osa rien dire, elle aussi espérait que Lucy conviendrait à tous, elle savait que cela ne serait pas facile. Le plus important, c'était qu'elle convienne au Prince. Si c'était le cas, alors qu'importe les ennemis qu'elle aurait à la cour, on ne pourrait rien contre elle, pas vrai ?

Levy fut la seule à intervenir pour rassurer Lucy :

« Cessez de vous angoisser, vous êtes parfaite ! »

Lucy fit la moue, sachant pertinemment que c'était loin d'être le cas, même si elle s'efforçait d'avoir le moins de tâche sur son tableau. Elle savait qu'elle avait des défauts et qu'elle ne pourrait jamais totalement les faire taire. Elle essayait juste de les cacher, elle voulait attendre le plus longtemps possible avant qu'on ne se rende compte qu'elle pouvait, elle aussi, être pleinement victime de ses humeurs.

« Parfaite, oh non ! Mais si j'ai été choisie, c'est que je conviens surement ?

— Assurément, intervint la Duchesse de Magnolia, vous êtes si jolie, ne vous inquiétez de rien, nous sommes là.

— Merci de votre réconfort. »

Très touchée, Lucy aurait sans doute prit la main de la Duchesse en marque d'affection si elle n'était pas contrainte de rester en place à cause des couturiers. Elle était ravie de voir que ses dames de compagnie qu'elle connaissait depuis si peu de temps, étaient d'un tel soutien pour elle.

Lucy se sentait plus forte et plus sereine à l'idée d'affronter la Cour avec ces deux femmes et Levy à ses côtés. Sans compter la petite princesse qui serait sa plus puissante alliée au fils des années. Wendy était sans doute, avec son futur mari les clés de la porte de l'affection de la Cour. C'était important pour elle de bien s'intégrer à la noblesse de son nouveau royaume, et ensuite Lucy tenterait de se faire bien voir de la population.

Déjà, au niveau du peuple, si elle s'en fiait à l'effervescence de la ville d'Hargeon, cela s'annonçait plutôt bien. Elle ne voulait toute de même pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuer. Peut être qu'Hargeon n'était qu'une exception et qu'à la capitale on ne montrerait pas le même entrain.

Après tout, il était déjà arrivé dans son propre royaume que dans une petite ville, on l'accueille avec les hommages qui lui sont dus, et que dans d'autre, sa visite soit clairement anecdotique. Au final, cela dépendait surtout de l'ambiance générale d'une ville et de sa population.

Plus tard, dans la soirée, alors que Lucy était enfin seule dans ses appartements, après avoir réussi à chasser la petite princesse, elle était assise à son bureau. Elle écrivait la première lettre qu'elle allait envoyer à son père. Sûrement, il ne la lirait pas, ou alors il la ferait lire par un domestique pendant qu'il serait occupé à autre chose. Au fond d'elle, elle espérait qu'il la lirait attentivement. Elle lui raconta d'abord à quel point elle avait été exemplaire et acclamée par la population d'Hargeon, elle écrit également qu'elle avait rencontré le Roi de Fiore et la Princesse. Elle se garda bien de dire qu'elle avait vu son fiancée.

Elle omit également que la Reine lui semblait hostile alors qu'elle ne l'avait pas rencontrée, et ne précisa pas non plus que le Roi avait critiqué leur lignée. Cela ne paraissait pas intéressant à raconter, elle préférait mettre en avant les points positifs, tout autant pour se rassurer elle même d'ailleurs. Elle lui parla beaucoup de la petite princesse, qu'elle appréciait beaucoup. Elle termina sa lettre sur le mariage qui approchait à grands pas. Dès demain, en début d'après midi, elle et sa suite prendrait la route pour la capitale.

Lucy ne voulu faire part à son père de ses angoisses, elle savait très bien qu'il ne chercherait pas à la réconforter et qu'au contraire, la savoir fébrile l'agacerait. Néanmoins, Lucy confia un peu plus intimement qu'elle regrettait son absence pour le jour de son mariage, et aussi celle de sa mère.

Elle releva la tête et regarda le plafond, tristement. De toute personne qu'elle aurait voulu avoir à son mariage, c'était sa défunte mère. Elle aurait sut trouver les mots, et la soutenir. Faire d'elle une femme digne et aimée. Au lieu de cela, Lucy était une femme peu ambitieuse et très apeurée.

Lucy qui se trouvait déjà en robe de nuit se leva et alla chercher une couverture pour se réchauffer. Puis elle revient vers son bureau, enveloppa sa lettre, et fit couler de la cire pour sceller le cachet. Elle nota le nom de son père sur l'enveloppe et la laissa sur un coin du bureau. Elle demanderait à faire partir la lettre demain matin à la première heure. En attendant, elle partit pour fermer les rideaux de ses fenêtres mais en voyant le ciel nocturne, elle ne put s'empêcher d'accéder à son balcon.

Dire qu'elle partait demain. Elle se sentait si bien ici, comme si elle était déjà Princesse Héritière sans l'être. Tout le monde la considérait comme telle, alors qu'elle n'avait toujours pas le diadème du royaume pour y signifier son appartenance. Elle était à la fois pressée, et stressée. Elle voulait être la femme du prince, devenir épouse, c'était définitivement sortir du joug de son père qui l'avait étouffé pendant bien des années. En même temps, elle se demandait si ce mariage n'était pas juste la transition entre deux dominations, passant de celle de son père à celle de son mari.


Hello ! je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau chapitre ! En fait, j'adore écrire des chapitres calmes, c'est mon péché mignon !

Je suis en pleine réécriture de cette partie 1, parce que le NaNoWriMo arrive bientôt et que je veux être prête pour écrire la partie 2 ! Donc je revois des trucs, je corrige beaucoup. Aussi je me rends compte que mon histoire est très douce à la lecture. Il n'y a aucune action à vrai dire haha. Du coup, j'espère que vous aimer quand même. Pour ce chapitre, on en apprend un tout petit peu plus sur la Comtesse de Foss, et sur ce que pense Wendy !

Aussi n'hésitez pas à me laisser votre avis, ça fait toujours plaisir de savoir ce que vous pensez ! Merci à ceux qui ont déjà pris le temps de me laisser un commentaire 3 Je vous dis à dans deux semaines pour le chapitre 12 ! Bisous