12 Eau
Les vagues caressaient paresseusement les hanches d'Annabeth, l'invitant à avancer encore au sein de l'océan. Nerveuse, elle se tourna vers Percy à qui elle tenait la main, ou plutôt à qui elle la broyait.
« -Ne t'inquiètes pas Annie, ne me lâche pas la main et tout ira bien. Ça vaut le coup, tu verra, le palais de mon père est vraiment fabuleux. J'ai tellement pensé à toi la dernière fois que j'y suis allé : tu vas adorer les dernières modifications, l'architecture y est magnifique ! »
Là dessus, il lui sourit tout en l'enlaçant. Le fils de Poséidon déposa un baiser tendre sur son front. Tout doucement, il commença à s'enfoncer de plus en plus dans l'eau.
L'eau. Cet élément à la fois vital et mortel. Annabeth n'en avait jamais vraiment eu peur jusqu'à présent, exception faite du Cocyte, bien entendu. Même lors du premier baiser qu'elle avait échangé avec Percy, tout au fond du lac de la Colonie, elle n'avait eu aucune crainte. Après tout, il s'agissait d'une zone aquatique assez peu profonde et close. Rien à voir avec cette étendue écrasante et dangereuse qu'était l'océan...
Pourtant, elle avait accepté d'accompagner son petit ami chez son père... La fille d'Athéna avait vraiment envie de voir ce palais dont Percy lui rabattait les oreilles et duquel il lui avait ramené un corail qu'elle portait en pendentif. Mais une peur primale lui broyait les entrailles, elle se savait incapable de respirer sous l'eau !
Mais, peu à peu, pas à pas, Percy la guida dans le creux de l'océan. Elle eu beaucoup de mal à prendre sa première respiration une fois sous la surface. Toute ce qui avait de rationnel en elle était en état d'alerte rouge, elle était comme paralysée devant cette immensité bleue, silencieuse et glacée...
La fille d'Athéna sentit un courant marin léger comme une brise la pousser vers Percy qui la prit dans ses bras. Tout en l'amenant vers les profondeurs obscures, il lui adressa un sourire rayonnant.
Cet au moment où elle aperçu la ville sous-marine qu'Annabeth se dit que les Parques pouvaient couper le fil de sa destinée tout de suite, elle mourrait sans regrets.
Le jeune homme qu'elle aimait la guidait vers un endroit magnifique où lui seul pouvait l'amener, ce jeune homme lui communiquait tout son bonheur et sa joie par un sourire à faire frétiller les orteils -oui, Annabeth avait de orteils plein d'initiatives- voir Percy dans son élément, au sein de l'océan, c'était un spectacle superbe... La façon gracieuse, naturelle et légère qu'il avait de se déplacer... Réellement hypnotisant.
Si hypnotisant qu'Annabeth ne vit la ville que quand ses pieds touchèrent le sol marin, et même là ses yeux eurent du mal à se détacher de sa Cervelle d'Algues.
