Chapitre 13 - Course-poursuite - Héroïsme ou malchance ?

- Accio balai ! Cria-t-il.

Le sort heurta le balai du sorcier le plus proche, mais il fut sans effet. Le mangemort continua à lui tourner autour. En pleine rue, il était trop vulnérable. James courut vers la ruelle d'où ils venaient. S'il pouvait au moins attirer ceux-là ailleurs...

Il esquiva de justesse un sort de Stupéfixion en sautant derrière la poubelle. Cette fois, elle tombait à pic. Le sort du deuxième mangemort, un Réducto puissant, la réduisit en miettes.

- Stupefix !

La réplique de James atteignit son attaquant en plein poitrine. Il se raidit aussitôt et tomba. Son balai vide n'était qu'à deux mètres. Pressentant le sort du dernier mangemort, James fut plus rapide.

- Protego ! Cria-t-il.

- Reducto ! Lança son opposant.

Le sort de James explosa mais le balai était intact. Il sauta dessus et fila à toute vitesse. Le sort lui avait donné assez de temps pour passer à l'action. S'il y avait un domaine dans lequel James excellait, c'était le vol. Il s'élança vers les nuages pour prendre du recul sur la typographie du terrain. Il eut à peine le temps d'apercevoir sa famille que le mangemort repassait à l'attaque.

Deux autres attaquants sortirent soudainement des nuages. James bifurqua et plongea à toute vitesse vers une zone boisée. Il devait retourner la situation à son avantage. Quelques obstacles seraient autant de boucliers.

Un nouveau sort fila à quelques centimètres de ses cheveux. James n'avait jamais senti son coeur battre aussi vite. Son souffle s'accordait parfaitement avec ses efforts. Le vent fouettait son visage et pour la première fois de sa vie il était incapable de s'en réjouir. Ils étaient plus nombreux et plus forts que lui. Il devait les semer. Il entra dans les bois par une ouverture complexe de branches enserrées.

Par chance, le premier mangemort prit une branche en pleine tête, ricocha sur celles en-dessous, tomba sur le sol et ne bougea plus. James n'eut pas le temps de s'y attarder, car le deuxième mangemort fit griller les arbres aux alentours pour forcer le passage.

James fila dans la végétation. Il devait leur tendre un piège. Il louvoya entre troncs et branches. Un sort fit griller le tronc derrière lequel il venait de passer. La sueur coulait le long de ses tempes et de son dos. Un piège, certes, mais quel piège ? Tout en continuant cette course-poursuite insensée jusqu'au coeur de la forêt, James fit se remémora, sort par sort, tout ce qu'il connaissait.

Il devait bien y en savoir un…

- Oh oui ! Souffla-t-il entre ses dents.

Baguette en main, il effectua deux grands cercles et pointa la végétation qu'il survolait.

- Herbivicus ! Cria-t-il.

La végétation se développa aussitôt de manière chaotique. Les herbes, branches, lianes envahirent l'espace entre ses poursuivants et lui. Si le premier mangemort passa de justesse avec un mouvement habile de vol, le deuxième se retrouva totalement emprisonné par une forêt plus dense que celle d'Amazonie.

- Oui ! S'exclama James en voyant le dernier mangemort se faire coincer entre deux troncs épais.

Mais il était trop tôt pour célébrer.

- Reducto ! Cria le dernier poursuivant.

Le balais de James explosa. Il se retrouva propulsé sur les branches d'un cèdre qui lui griffèrent le visage et le torse. Il tomba lourdement sur son coude et une douleur l'inonda jusqu'à la mâchoire. Sa baguette atterrit un mètre plus loin. Le mangemort avait abandonné son balais entre les deux arbres et se redressait, baguette en main, prêt à frapper. James se jeta sur sa baguette.

Trop tard.


Jun vit soudain James voler devant ses yeux pour s'écraser dans le buisson de buxus sempervirens qu'elle avait cherché toute la matinée. Un homme en noir sortit soudain de derrière un arbre. Il leva sa baguette.

Jun fut plus rapide. Elle lança la première chose qui lui vint à l'esprit, un vieux sort oublié qu'elle avait appris au milieu des pages jaunies d'un grimoire impopulaire.

- Cucurbitasucus !

Le mangemort s'arrêta dans son mouvement, stupéfait. Il tenait à la place de sa baguette une fontaine de jus de citrouille. Le stupéfait manant fut aussitôt stupefixé par James.

Alors que le mangemort complètement immobilisé tombait lourdement au sol, le jeune homme se releva difficilement. Si lui n'était pas stupéfait, il n'en était pas moins étonné. Ces cheveux blonds, ces lunettes rondes, ce petit air malin, aucun doute, c'était elle.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Lâcha-t-il, encore sous le choc.

- Un merci suffit. Répondit Jun en ramassant le sac d'ingrédients qu'elle avait laissé tomber.

- Merci… Souffla-t-il.

Il avait l'air hagard.

- Je vis ici. Déclara Jun.

- Tu vis ici ? Répéta James en regardant les arbres autour de lui.

- Pas dans les arbres ! En bordure de forêt.

- Ah...

Jun n'avait jamais vu James avec si peu de répartie. Son regard dévia vers l'homme immobile. Elle grimaça. Si James était connu, il n'était clairement pas aimé de tous. Vu sa tendance à martyriser les uns et les autres, Jun n'était même pas surprise qu'il se soit fait attaqué comme un malotru.

- Et toi, à qui tu as cherché des poux pour te faire poursuivre comme ça ?

- J'ai rien fait !

Un coup d'oeil dubitatif de Jun le poussa à se justifier. James rangea sa baguette en soupirant.

- Ecoute, je sais que je ne suis pas un ange, mais là, c'est pas moi. On allait chez Paul et ma famille…

Il s'arrêta soudainement. Sa famille ! Ils étaient encore en danger.

- Il faut retourner les aider ! S'écria-t-il.

Mais il ne savait pas dans quelle direction partir. Jun remarqua qu'il hésitait.

- Paul ? Paul Dursley ? Demanda Jun.

James hocha la tête.

- Suis-moi. Dit-elle.


Un peu plus tôt…

Un bruit d'explosion le fit sursauter. Paul courut vers la fenêtre. Il vit d'abord des sorciers en noir qui volaient sur des balais dans le quartier moldu. Une famille de bruns et de roux se tenait dos à dos les uns contre les autres. Avec les éclairs de lumières produits par l'échange de sorts, il faillit ne pas les reconnaître. La famille Potter se faisait attaquer !

Mais ce qui fit sauter Paul par la fenêtre, baguette en main, fut la vision de sa mère et de sa soeur, dans la voiture au milieu de la rue, au milieu des feux de la bataille. Il invoqua un coussin d'air qui amortit sa chute et attaqua l'homme le plus proche de la voiture. Il était de dos. Paul lui sauta dessus et le plaqua à terre. Il saisit ses cheveux près à lui tirer la tête en arrière.

- Paul ! Cria une voix.

Paul se jeta à terre, juste à temps pour que le sort qui lui était destiné atteigne son prisonnier. Ce dernier mourut sur le coup. Albus courait vers lui. Il agita sa baguette en criant. Le mangemort qui venait de surgir derrière Paul tomba raide, stupéfixé. Au même moment, Paul se releva. Il fallait qu'il les attire ailleurs. Il fallait qu'elles puissent s'enfuir.

Il échangea un regard avec sa mère dans la voiture. Elle avait l'air paniquée. Terrorisée. Avec toute la force dont il était capable, il lui transmit son intention. Tout son corps lui envoya le message.

Partez.

Son regard capta quelque chose en même temps que son corps. Derrière la voiture !

- Crache-limace ! Hurla-t-il.

Le sort frôla le toit du véhicule. Il atteignit le mangemort de plein fouet. Il tomba à terre et disparut derrière la voiture. Paul courut vers lui. Il devait le mettre hors d'état de nuire.

- Utilise Stupéfix Paul ! Lui cria Albus pour couvrir le fracas de la bataille.

Stupéfix ? Pensa Paul en sautant sur le mangemort pour lui asséner un coup à la tête. Il était sûr de ne jamais avoir appris ce sort. Par contre, il avait assez appris en se battant dans la cour de l'école. Le premier qui frappe, demeure. Le mangemort à moitié assommé commença à lever sa baguette.

- Elasticus ! Lança Paul.

Le bras du mangemort devint tout flasque, il perdit sa baguette. Il regarda Paul, effrayé. Ce mec était un malade ! Le dit-malade le regarda avec un visage déformé par la haine.

- Pars et ne revient pas. Grogna entre ses dents Paul.

Il y avait un bruit assourdissant dans la rue, mais le mangemort comprit très clairement. Paul se releva, tandis que l'homme crachait une nouvelle limace et rampait le plus loin possible de cet individu.

- Paul ! Cria Albus à nouveau.

Il entendit un Stupefix voler vers le mangemort le plus proche. Pile à cet instant, Paul sentit l'impact d'un sort puissant contre son bras. Une douleur intense se diffusa jusqu'à son épaule. Il se mit à saigner abondamment. On l'attrapa par le bras le tirant en arrière, juste avant qu'un nouveau sort ne l'atteigne. Il heurta le sol. Chaque nerf de sa boîte crânienne se mit à hurler. Des fourmis remontèrent de ses orteils jusqu'à sa colonne vertébrale. Une chevelure rousse au-dessus de lui.

- Paul. Fit une voix maternelle.

Ginny se pencha vers lui. Harry se tenait entre eux et les derniers mangemorts. Il lançait des sorts si rapidement que sa baguette était floue. Ou peut-être était-ce Paul qui tournait de l'œil. Autour d'eux, Albus et Lily maintenaient un bouclier. Ils suaient. La vue de Paul se brouillait. Son cerveau l'emmenait vers un noir tellement plus plaisant…

- Paul ! Répéta Ginny. Reste avec nous !

Il serra les dents. Facile à dire, il se vidait comme vache qui pisse. Et il avait peur. Son coeur battait tellement vite qu'il allait sortir de sa poitrine. Il allait mourir.

Rose…

Alors que Ginny jetait des sorts sur son bras, Paul se laissa partir dans un monde qui sentait la rose. Ginny essayait tous les contre-sorts qu'elle pouvait trouver. Si seulement...


Le dernier mangemort tomba sous un stupéfix d'Harry au moment où James et Jun arrivèrent dans la rue. D'un seul coup d'oeil, ils avaient établi la situation.

- Paul ! Crièrent-ils en même temps.

Avant qu'ils n'aient pu trop s'approcher, Ginny les arrêta d'un signe de main.

- Il faut trouver un matériel de potion. Dit-elle. Et vite !

- Venez ! Répondit Jun.

Ginny ne demanda pas qui elle était, ni ce qu'elle faisait là. Elle la suivit en courant. Ils entendirent à plein une porte claquer et une voiture démarrer en trombe. Leah courut vers son frère.


Lorsque Paul se réveilla, il sentit d'abord une matière douce et moelleuse. Son bras le grattait énormément. Il entendait James et Jun.

- Et… Pourquoi ta chambre dans un plus sale état que la rue ? Demanda James.

- Je me suis battue avec mon frère. Répondit simplement Jun.

- Quoi ? Croassa James malgré lui. Fffh… Il vaut mieux t'avoir pour alliée qu'ennemie.

Jun lui fit un clin d'oeil.

- Maintenant tu sais ce qui arrivera si tu me mets en colère.

- Oh, tu sais bien que ça n'arrivera pas. Je ne suis que paix et amour. Répliqua James.

Jun rit.

- Tout à fait. Laissa-t-elle échapper sur un ton moqueur.

Franchement ces deux-là… pensa Paul. Comment ça se fait qu'ils ne sortent pas encore ensemble ? Quand je pense qu'ils ont osé menacer Rose.

- Paul a souri ! S'écria Leah. Paul ? Paul, tu es réveillé ?

Ouvrir un oeil demanda à Paul un effort surnaturel. Il préféra grogner pour confirmer son éveil et décida que bouger ne serait-ce qu'un muscle n'était pas dans ses plans pour les trente prochaines minutes.

C'était sans compter Leah qui lui sauta littéralement dessus.

- Paul ! Cria-t-elle.

Ginny écarta Leah.

- Dis-donc jeune fille, si tu veux que Paul reste parmi nous, je te déconseille de l'écraser ainsi.

- Ehh… Fit Leah.

Elle eut l'air tellement déçue que Paul ne put s'empêcher de laisser échapper un gloussement. Il décida que finalement, pour son propre bien, il était peut-être mieux qu'il fasse l'effort d'ouvrir un oeil. Ce qu'il fit difficilement. Il lui fallut quelques instants pour comprendre où il était. Il y avait un bureau rempli de potions, de chaudrons et de fioles fumantes en tout genre.

- Paul ! Cria à nouveau Leah.

- Leah… Moins fort. Grogna-t-il.

Il tendit le bras pour lui caresser le sommet de la tête tout en analysant l'endroit.

- Jun… C'est ta chambre ?

La jeune fille hocha la tête.

- On a dû te transporter là pour te soigner. Déclara Ginny qui était assise sur le lit à côté de Leah.

- Merci Ginny. Dit-il. J'ai… J'ai cru que…

Une larme coula sur sa joue. Ginny se pencha pour lui embrasser le front.

- Tout va bien maintenant. Dit-elle.

Assis de l'autre côté du lit, Dudley tenait la main de son fils sans rien dire. Il la serrait tellement fort que Paul avait presque mal. Il observa son père en silence. Dudley finit par craquer et enlaça son fils.

- Merci mon dieu, tu es vivant. Lui souffla-t-il.

Ginny tapa sur le bras de Dudley en grimaçant.

- Non mais ! Vous allez arrêter de l'enlacer, l'écraser, l'agiter dans tous les sens ?! S'écria-t-elle en rallongeant Paul. Il est vivant, mais il a besoin de repos !

Harry mit ses mains sur les épaules de sa femme pour lui transmettre un peu de tranquillité. Elle souffla pour se calmer. A cet instant, quelque chose attira le regard de James.

- Ce journal… Déclara James en attrapant un bout de papier coincé sous une pile de livres.

Au même instant, un homme transplana en plein milieu de la chambre.